Kolondiéba : Fin d’un atelier sur les devoirs et droits du citoyen

Kolondiéba, 25 décembre (AMAP) Un atelier de formation sur les devoirs et droits du citoyen, organisé par l’ONG Sigida Yiriwa à l’intention des jeunes, a pris fin le dimanche dernier à Kolondiéba, sous la présidence  du  1er adjoint du maire, Amadou Doumbia, a constaté l’AMAP. L’atelier a été financé par l’Association Malienne pour la Promotion du Sahel (AMAPROS) à travers son Programme d’Appui à l’Education Civique et Politique(PAECP). Les participants ont échangé sur entre autres  la notion de démocratie, les devoirs du citoyen, la paix et la décentralisation. L’élu local a salué l’ONG Sigida Yiriwa pour son initiative allant dans le sens de la promotion de la jeunesse avant de féliciter le PAECP pour son soutien financier et  les autorités administratives, politiques et coutumières pour leur entière disponibilité. Le modérateur Adama Koné de Sigida Yiriwa  a explique que la paix est plus que l’absence de guerre avant de préciser qu’elle est une situation où les conflits sont réglés par la non- violence. «  La paix  est liée aux droits de l’homme et à la démocratie,  c’est la résultante d’un ensemble de conduites démocratiques, inspirées de droits humains. Elle naît du respect de droits humains, du développement, du respect de l’environnement, dans la société et même en classe. Certaines activités devaient la favoriser comme la coopération entre autres », a  t-il conclu. La cérémonie s’est déroulée en présence de la conseillère du PAECP, Nana Bah, des élus locaux, des représentants des services techniques et de la société civile. DK/KM ‘AMAP)

Sikasso : Le ministre Yaya Sangaré rend visite aux déplacés de la région de Mopti

Sikasso, 25 décembre (AMAP) Le ministre de la Communication, Chargé des relations avec les Institutions, Porte parole du Gouvernement, Yaya Sangaré a rendu visite mardi à Sikasso, aux déplacés de la région de Mopti dans la cité du Kénédougou, a constaté l’AMAP. Cette visite intervient, en marge de la rencontre du ministre Sangaré avec les hommes de médias à Sikasso. Le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement a saisi l’occasion pour remettre  une enveloppe symbolique aux autorités communales pour la prise en charge de ces déplacés constitués de femmes, d’enfants et de personnes âgées. Les autorités communales  du Kénédougou ont enregistré cinq vagues de déplacés s’élevant à 2000 personnes venant de la région de Mopti suite à l’insécurité et  dont la dernière vague qui  s’ajoute aux précédentes, est arrivé seulement dimanche dernier. Ces déplacés  sont logés dans la salle de conférence de la mairie et dans d’autres  logements de fortune dans les différents quartiers de la ville. FD/KM (AMAP)

Kangaba : Les commerçants détaillants à l’école de la comptabilité simplifiée

Kangaba, 25 décembre (AMAP) Un atelier de formation sur la comptabilité simplifiée, à l’intention d’une trentaine de commerçants détaillants, a pris fin mardi à Kangaba, sous la présidence de l’adjoint du préfet de Cercle, Alidji Bagna, a constaté l’AMAP. Organisé par la délégation régionale de la chambre de commerce et d’industrie de Koulikoro, il avait pour objectif d’initier les commerçants détaillants à l’établissement de leurs états financiers. Les participants ont échangé sur entre autres, les notions de comptabilité simplifiée, le bilan financier, le compte de résultat,  le cahier de référence, les charges d’exploitation, les charges financières, les charges hors activités ordinaires (HAO), les produits d’exploitation, les produits financiers et les HAO. Le chef de l’exécutif local qui a remercié les organisateurs pour la tenue de l’atelier, a saisi l’occasion pour rappeler que la maitrise des outils financiers assure la promotion des bénéficiaires. Le président de la délégation régionale de la chambre de commerce et d’industrie de Koulikoro, Baba Sanogo a déclaré que l’établissement des états financiers demeure un défi pour les commerçants au Mali en général et ceux de la région de Koulikoro en particulier. « Les commerçants détaillants sont confrontés à un problème crucial à savoir l’établissement des états financiers notamment le bilan et le compte de résultat et ce constat se justifie par le fait que bon nombre d’entre aux ne sont pas en mesure de déterminer le résultat de leur activité commerciale », a-t-il conclu. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence des élus, du président de la délégation régionale de la chambre de commerce de Koulikoro, Yaya Magassouba, des responsables des services techniques et des représentants de la société civile. SD/KM (AMAP)    

Message du Président de la République à la Communauté chrétienne du Mali à l’occasion de la fête de Noël 2019

Toute la communauté chrétienne du monde entier commémore ce 25 décembre la naissance de Jésus Christ.  Je saisis cette heureuse occasion pour souhaiter à tous les adeptes de la confession religieuse chrétienne du Mali et celle vivant sur notre territoire de joyeuses fêtes de Noël. Au lendemain de la tenue du Dialogue National Inclusif que vos vœux de réussite ont accompagné, j’espère ardemment que les ferventes prières de commémoration aussi de ces jours qui continueront d’accompagner ce processus, seront exaucées. Je reste convaincu en effet, que grâce à vos supplications, le Dieu unique de Miséricorde aidera les Maliens à surmonter les difficultés de l’heure. Je voudrais au nom de tout le Peuple malien, de son Gouvernement et en mon nom personnel souhaiter un joyeux Noël à tous les Chrétiens du Mali et à ceux vivant sur notre territoire. Puissent toutes les prières être exaucées afin que notre pays retrouve sa sérénité !  Joyeux Noël ! Ibrahim Boubacar Keita, président de la République, Chef de l’Etat

Macina : Echanges sur la mise en œuvre du programme d’appui à l’éducation civique et politique

Macina, 24 décembre (AMAP) Le préfet de cercle, Karimou Coulibaly a présidé ce mardi à Macina la réunion du cadre de concertation sur la mise en œuvre des activités du Programme d’appui à l’éducation civique et politique des populations (PAECP) dans le Cercle, a constaté l’AMAP. Il s’agissait d’apprécier l’état de mise en œuvre des activités planifiées pour le troisième semestre du PAECP (juillet 2019), faire  le point de l’état de mise en œuvre des activités du PAECP dans le Cercle conformément au plan d’actions et d’identifier les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des activités par les conseillers. Il s’agissait également de proposer des solutions concrètes pour la bonne réalisation et la coordination des activités et de valider le plan d’actions du quantième semestre du PAECP (janvier 2020-juin 2020). Les associations partenaires locales financées par le Programme ont également  présenté les  résultats de leurs activités et une évaluation intégrale de l’état d’exécution du Programme, les difficultés rencontrées, les solutions à porter et les recommandations ont été faites A l’issue de leurs travaux, les participants ont validé  le plan d’action du 4ème semestre du PAECP (Janvier 2020-juin 2020). Le chef de l’exécutif local qui s’est dit satisfait des conclusions des travaux,  a  exhorté les différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre du Programme à faire véhiculer les messages reçus pour le développement du Cercle de Macina D’un montant estimé à plus de 311 millions de francs CFA, le programme intervient dans 10 villages des trois communes ‘Macina, Bokry-were et Kokry et dans 6 Cercles des régions de Kayes Koulikoro, Sikasso et Ségou, pour une durée de 2 ans. La rencontre s’est déroulée en présence des Sous Préfets, des Maires des Communes d’intervention, des points focaux des services techniques, des représentants de la CAFO, et les associations partenaires du Programme. AOK/KM (AMAP)

Quinté+ du jeudi 26 décembre 2019 à Vincennes, 1ere course, Prix de Salvanhac

13-partants-Course Européenne – Attelé – Femelles – Course C – 56.000 € – 2.700 mètres – Grande piste – Corde à gauche – Terrain pour juments de 6 à 9 ans inclus, n’ayant pas gagné 255.000 €, seules admises à participer. Cheval annoncé 12-COMEDY JET Elle est véritablement calamiteuse. Ainsi, elle peut se montrer fautive à n’importe quel moment du parcours. Lors de ses deux plus récentes tentatives, elle a commis l’irréparable alors qu’elle était en passe de jouer un très grand rôle. Si elle veut bien rester sage ici, elle peut se réhabiliter pleinement. Liste des partants Peu de partants ce jeudi à Vincennes à l’occasion du prix de Salvanhac qui sera âprement disputé par 13 concurrents de belle facture prêts à en découdre sur le parcours classique de 2700 m. Un quinté qui s’annonce très ouvert et difficile à déchiffrer malgré le faible nombre de partants. Grosse surprise en vue. 1-DREAM LANE Elle a quelques moyens c’est une évidence mais voilà, elle reste quand même très fautive dans un parcours. Ainsi, lors de ses plus récentes tentatives, elle a passé le plus clair de son temps au galop. Il est donc logique dans cette épreuve de se montrer très prudent. Ce sera tout ou rien. 2-NY DIAMONDINTHESKY Elle a couru le 20 décembre dernier sans être véritablement extraordinaire. Mal partie, elle n’a quasiment joué aucun rôle utile. Auparavant, sur un parcours de vitesse, elle n’avait pas été ridicule du tout. Si elle s’élance sur la bonne jambe, elle peut se réhabiliter. 3-WELL DONE LA MARC En ce moment, elle est en très grande condition physique. Elle vient de terminer troisième dans un lot bien composé en tout dernier lieu causant toutefois ce jour-là une très grosse surprise. Si elle est capable de rééditer, elle doit pouvoir ici jouer un rôle de bonne importance. 4-DONA VIVA Le 20 décembre dernier, dans une épreuve très bien composée, son comportement a été exemplaire. Auparavant déjà, elle avait annoncé la couleur. Elle découvre ici une tâche très largement à sa portée et doit en profiter pour se montrer sous son meilleur jour. Attention à elle. 5-ALTEA DE PIENCOURT Disons-le tout net, elle est véritablement calamiteuse. Bien sûr, elle n’a pas mal tenu sa partie le 11 décembre, améliorant son chrono ce qui est toujours une bonne chose. Si elle reste sage, elle n’est visiblement pas incapable de venir accrocher un strapontin. On va s’en méfier. 6-DEESSE DES LANDES Plus rien ne va en ce qui la concerne depuis des lustres. En tout dernier lieu, sur la piste de Chartres, elle a été totalement incapable de faire parler d’elle en bien. Ici, la tâche ne sera pas très simple même si elle ne va affronter que les femelles. Ce n’est qu’un simple outsider. 7-BOCSA DE LESPI Voilà encore une concurrente qui ne respire pas la santé actuellement. Elle a quasiment été incapable ces derniers mois de faire parler d’elle en bien que ce soit à l’attelage ou sous la selle. Il est donc logique ici de tout simplement la regarder courir. Cela s’annonce compliqué. 8-DASCALIA Une chose est certaine, elle cherche actuellement son jour avec une très belle application. Elle a très bien tenu sa partie lors de sa plus récente tentative et doit pouvoir ici jouer un rôle de bonne importance. En tout cas, son entourage affiche avant le coup une réelle chaleur. 9-DOUCEUR DU CHENE Il est véritablement très difficile d’aller contre sa candidature actuellement. Elle ne cesse de faire parler d’elle en bien. Que ce soit sur les longues ou les courtes distances, elle répond toujours présente. Une nouvelle fois, il va falloir compter avec elle lors de l’emballage final. 10-DARLING BERRY Elle a connu un début de saison en fanfare, passant le poteau en tête en trois occasions. Ensuite, elle a légèrement accusé le coup. Lors de sa plus récente tentative, elle a beaucoup mieux couru que ne l’indique son classement brut. Elle devrait cette fois être au top. 11-COUMBA KUKY C’est véritablement très bien ce qu’elle nous montre depuis plusieurs semaines. Bien sûr, elle ne gagne quasiment jamais mais elle termine quasiment toujours sur le podium. Une nouvelle fois, elle va donc avoir un très bon rôle à tenir lors de l’emballage final. Belle chance. 12-COMEDY JET Elle a toujours été fantasque et cela ne s’arrange pas. Par deux fois ces dernières semaines, elle s’est montrée fautive dans la phase finale alors qu’elle était en passe de s’imposer. Une nouvelle fois, ce sera donc tout ou rien en ce qui la concerne. C’est un sacré coup de poker. 13-CRESCENDIS Voilà encore une concurrente qui fait preuve d’une très belle régularité depuis plusieurs semaines. Elle vient d’échouer de très peu pour la victoire dernièrement, pulvérisant au passage son record. Sauf accident, elle devrait elle aussi se révéler redoutable pour finir. PROPOSITIONS    10 DARLING BERRY    12 COMEDY JET      11 COUMBA KUKY     9 DOUCEUR DU CHÊNE       13 CRESCENDIS           3 WELL DONE LA MARC SWE             4 DONA VIVA      8 DASCALIA          INCONTOURNABLES     12-9-10-11-13-8-3-4 MEFIANCE                                    AOUTSTYPES                           LES COTES DE ID    5 – 2                                                   1- 6 -7                                 12-9-10-11-13-8      TICKETS SECRETS 12-9-11-10-1                                                                          12-9-11-10-13 12-9-11-10-2                                                                          12-9-11-10-14 12-9-11-10-4                                                                          12-9-11-10-8 12-9-11-10-5                                                                           12-9-11-10-6 12-9-11-10-7                                                                           12-9-11-10-3

Faits divers : Fin de parcours pour un duo infernal

Bamako, 24 décembre (AMAP) Les suspects Cheick M.S alias « Gabonais » et son complice A.M dit « Lakaré » vont comparaître, dans les jours à venir,  devant les juges du Tribunal de grande instance de Kati pour « vol avec agression et viol collectif », a appris l’AMAP de source policière. Les hommes du commissaire divisionnaire, Moussa Cissé, en charge du Commissariat de police du 1er arrondissement de Kati, ont interpellé deux braqueurs, il y a quelques jours. Cette arrestation est intervenue à la suite de la dénonciation d’une victime. Un certain Abdoulaye Koné, vigile de son état, accompagné de sa copine HS, s’est présenté dans les locaux du commissariat du 1er arrondissement. Il s’est plaint d’avoir été braqué par deux inconnus armés d’un poignard,  le 09 décembre dernier, aux environs de minuit. La scène se serait déroulée au niveau du cimetière de Kati-Mission, raconte notre source. Les braqueurs l’ont dépossédé de la somme de 200.000 Fcfa, en espèces, et de deux téléphones portables haut de gamme. Comme si cela ne suffisait pas, les agresseurs ont assouvi leur libido en violant la compagne du vigile, avant de disparaitre avec ses deux bagues dont l’une, en argent, avec l’inscription HS et l’autre, en zinc. Entre-temps, les limiers avaient recueilli le maximum de renseignements sur eux, Ce qui a permis de les identifier rapidement. Le premier malfrat a été interpellé non loin de la Maison des anciens combattants de Kati alors qu’il tentait d’écouler l’un des téléphones portables volés. Il a, aussi, été trouvé en possession du reste du butin dont les bagues de la jeune fille. Il a reconnu être, effectivement, le nommé Cheick M.S alias « Gabonais ». Conduit manu militari dans les locaux du commissariat par les éléments de la brigade des recherches, « Gabonais » a reconnu les faits, avant de dénoncer son complice A.M « Lakaré ». Ils ont, rapidement, été déférés pour « vol avec agression et viol collectif » devant le procureur de la République, près le Tribunal de grande instance de Kati. YD/OD/MD (AMAP)  

Mali : Geste de solidarité du président de la République à l’endroit des pupilles

Bamako, 24 décembre (AMAP) Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a remis lundi à Koulouba, un chèque de 180 millions de francs CFA à trois cents pupilles sous les ors de la République, venus de cinq régions (Ségou, Mopti, Koulikoro, Sikasso et Gao), des garnisons militaires de Kati et du District de Bamako, a constaté l’AMAP. Le Chef de l’Etat a également remis à ces enfants  qui ont perdu un parent, mort en défendant le Mali ou victime de catastrophes naturelles, une carte d’identification. Ibrahim Boubacar Keïta a déclaré que le sacrifice de nos soldats ne sera jamais oublié avant de préciser que l’impératif de solidarité vis-à-vis de leurs familles et ayants droit sera assumé, malgré les contraintes objectives auxquelles l’État fait face. Le Président Keïta  a exhorté l’ensemble des Maliens à prendre l’exacte mesure de la situation du pays et de se comporter comme « les citoyens d’un pays en guerre». «Une trêve sociale est nécessaire, elle participe de notre commune obligation de vouloir que le Mali gagne cette guerre injuste qui lui est imposée», a souligné le Chef de l’Etat qui a annoncé que l’Onapuma aura son siège et que cette cérémonie sera organisée tous les ans. Le ministre de la santé et de l’Action sociale, Michel Hamala Sidibé a saisi l’occasion pour rappeler que plusieurs actions ont déjà été initiées à leur profit, dont des cours de soutien scolaire, une préparation au concours d’entrée au Prytanée militaire, des distributions de kits scolaires et d’hygiène. La qualité de pupille permet aux enfants qui la reçoivent de bénéficier d’une protection particulière. Faut-il le rappeler, il y a les pupilles de la Nation et ceux de l’État. Les premiers sont des enfants mineurs dont un des parents a été blessé ou tué lors d’une guerre, d’un conflit armé ou en rendant certains services publics. Font également partie de ce lot, les enfants ayant perdu leurs parents des suites de catastrophes naturelles reconnues par l’État. Et les seconds, ceux de l’État, sont les enfants mineurs abandonnés, de parents inconnus, de mère malade mentale sans substitut parental valable, de parents condamnés à de lourdes peines privatives de liberté et sans substitut valable. Leur prise en charge s’améliore depuis la création, en 2018, de l’Office national des pupilles en République du Mali (Onapuma). ID/KM (AMAP)

L’économiste Cheickna Bounajim Cissé, à propos de la réforme du Francs CFA : « Paris a réussi son pari de partir tout en restant »

Entretien realisé par Cheick M. TRAORE Dans cet entretien, il décrypte les réformes majeures qui vont s’opérer en 2020, passe au peigne fin les interrogations et les incertitudes qui demeurent, lève un coin du voile sur les intentions réelles de l’ancienne puissance colonisatrice, les enjeux géostratégiques, géopolitiques et géoéconomiques. Bamako, 24 decembre (AMAP) Le président en exercice de l’Union économique et monétaire ouest-africauine (UEMOA) et le président français ont signé, samedi, à Abidjan, un accord monétaire considéré comme « une réforme historique » du Franc CFA. Rappelons que cet accord prévoit entre autres le changement du nom de la monnaie du franc CFA à l’éco, l’arrêt de la centralisation de 50% de nos réserves de change au Trésor et la fermeture du compte d’opération, le retrait des représentants de la France de tous les organes de décision et de gestion de l’UEMOA. Pour connaitre les tenants et aboutissants de cette réforme, l’Amap a rencontré, lundi, à son bureau Cheickna Bounajim Cissé. Ce chercheur de renommée internationale est économiste et essayiste. Auteur de l’ouvrage « FCFA, Face Cachée de la Finance Africaine », il est, récemment, nominé parmi les meilleurs économistes africains de l’année 2019par Financial Afrik. Parlant du changement de nom, l’économiste malien pense qu’il répond aux préoccupations des jeunes africains. Qui ont toujours refusé la colonisation et l’esclavage auxquels renvoie l’histoire du Franc CFA. D’où d’ailleurs, le mépris qu’ils ont pour cette monnaie. En outre, la décision de libérer 50% des réserves de change (le produit des exportations faites par les Etats africains) est une reforme majeure, note M. Cissé. Rappelant qu’avant la création du Fcfa, on nous prenait d’abord jusqu’à 100%, puis 64% des réserves de change, M. Cissé a salué la décision de fermer le compte sur lequel ces réserves étaient domiciliées. Pour lui, cette reforme donnera une bouffée d’oxygène à nos économies qui pourront mobiliser de l’argent sur le marché international à des taux marginaux. Par exemple, le Mali était sur le marché financier international pour emprunter 100 milliards de Fcfa. Le taux était de 7%. Si vous faites une méthode linéaire, c’est 70 milliards que le Mali va rembourser sur 10 ans. Alors qu’avec les réserves de change, appelées cash collatéral, le Mali peut emprunter sur le marché international au taux nul de 0% ou à un taux négatif. « Imaginez que sur 100 milliards de Fcfa, le Mali va économiser au moins 70 milliards de Fcfa », illustre l’économiste. Un autre avantage est que le loyer de l’argent que nous empruntons sur le marché international est très élevé parce que le taux risque pays est très bas auprès des agences de notation. « Or, quel que soit le niveau de dégradation du risque pays, les réserves de change peuvent garantir les emprunts », analyse-t-il, soulignant que les Etats de l’UEMOA sont, aujourd’hui, confrontés à un réel problème de financement de leur économie. Toutefois, l’enjeu serait, prévient l’essayiste, la gestion des réserves de change. Si elles sont utilisées pour financer le déficit budgétaire en lien avec les investissements, les infrastructures, c’est toujours utile. « Mais, c’est contre productif si elles sont utilisées pour financer le fonctionnement », alerte l’économiste. Aussi, si le retrait des représentants français des organes de gestion est salutaire, la France continuera à garantir la nouvelle monnaie. « Une décision pour le moment nécessaire qui caractérise le maintien du statuquo. Nécessaire, car la plus grande garantie d’une monnaie, c’est son économie. Nos économies sont faibles, fragilisées et mêmes extraverties. Elles ne sont pas suffisamment crédibles pour garantir notre monnaie. Seule une économie forte et bien portante peut donner cette garantie », analyse-t-il. Statuquo, car les principes fondateurs de la zone franc restent, malgré cette reforme, notoires. Il s’agit du maintien de la parité fixe, contrairement à l’agenda de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui prévoyait un régime de change flexible. Le cours actuel va, aussi, être maintenu. Un Eco sera égal à un Fcfa. « C’est juste le mot Eco qui va remplacer le Fcfa dans les écritures scripturales », déduit Cheickna Bounajim Cissé. Donc, « Paris a réussi son pari de partir tout en restant », analyse-t-il. Toutefois, la France quitte, également, le statut de co gestionnaire pour celui de garant de nos économies. A rappeler que l’émission monétaire, selon le mode de gestion actuel, ne doit pas descendre en dessous de 20% des réserves de change. Pour lui, cela conférait aux Etats de l’UEMOA la possibilité d’importer tout ce qu’ils voulaient, sans se faire de souci par rapport au solde du compte. Puisque les réserves de change disparaissent avec la réforme, la garantie nouvelle sera l’ouverture de ligne de crédit. Par exemple, lorsqu’une banque vous accorde une garantie autonome, elle vous garantit à 100%. Ainsi, vous pouvez acheter tous les produits que vous voulez, en disposant des montants que vous voulez. Toutefois, la banque peut décider de mettre fin à cette garantie de convertibilité illimitée, en mettant à disposition une ligne de crédit qui précise le montant et les conditions de rémunération de cette ligne de crédit. « C’est ce que la France va faire désormais », explique l’économiste. Pour lui, cet agenda franco-UEMOA va contrarier l’agenda de la CEDEAO. Car, le Nigéria a précisé qu’il n’adhérera jamais à la monnaie commune tant qu’il a un lien monétaire avec la France. Cette relation demeure à travers l’arrimage à l’Euro et la garantie de l’Etat français. « Les chefs d’Etat de la CEDEAO ont précisé qu’ils veulent d’un régime flexible. L’Eco UEMOA a préféré un régime fixe », analyse M. Cissé. Assurant que les réserves de change, qui ne représentent que 3% du Produit intérieur brut (PIB) français, sont insignifiants pour la France. Aussi, ajoute-il, ce que la France produit en 22 jours représente la production annuelle de toute l’UEMOA. « Pourquoi continue-t-elle alors à payer le prix fort pour maintenir son influence dans la zone ? » « Elle cherche juste à maintenir un lien monétaire avec ses anciennes colonies », tranche l’essayiste. Le but premier, culturel, est la préservation de la langue française. Celle-ci est le socle sur lequel repose la culture française. « Toutes les statiques, révèle-t-il, prouvent qu’en

Bréhima Amadou Haïdara, Directeur général de la Banque de développement du Mali (BDM) : «Les banques contribuent pour près de 3000 milliards de Fcfa, par an, au financement de l’Economie» 

Propos recueillis par Fatoumata Maïga Le Directeur général de la Banque de développement du Mali (BDM), qui est aussi le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBEF) parle de la situation du système bancaire dans notre pays. C’était à l’occasion de la 9è édition de la Journée de l’APBEF  L’Essor: Monsieur le président, l’APBEF a organisé, le 12 décembre dernier, la 9è édition de sa Journée sous le thème : « La révolution digitale : quels enjeux pour les banques ? » Qu’est-ce qui a motivé le choix de ce thème ? Pouvez-vous expliquer ce que c’est que la révolution digitale ? Bréhima  Amadou Haïdara : La révolution digitale est un phénomène qui a entrainé un profond bouleversement de la société grâce aux techniques de l’internet, de la télécommunication et des applications numériques. Cette révolution concerne le secteur bancaire. Quant au  thème de cette 9è édition, il  est d’actualité. Il a été choisi pour accroitre la connaissance de la population, des clients, des partenaires, des autorités et des actionnaires par rapport à la nouvelle donne qui a entrainé, aujourd’hui, des bouleversements dans notre façon de faire la banque. Hier, pour faire une opération bancaire, il fallait se rendre dans une agence bancaire. Aujourd’hui, avec le digital, avec son téléphone ou même si vous avez une connexion internet, vous pouvez faire, à partir de votre maison, toutes les opérations bancaires classiques, à savoir : les virements, les paiements, les demandes de carte bancaire, les oppositions sur votre compte, votre carte. Toutes choses qui étaient impossibles, il y a quelques années. L’Essor : Quelles sont les innovations de l’édition de cette année ? B. A. H. :Cette année, nous avons effectivement fait des innovations en commençant par une caravane d’information et de sensibilisation des populations sur la Journée. Ladite caravane a sillonné les six communes de Bamako pendant trois jours. En fait, c’est après avoir fait le bilan des 8 éditions passées, que nous avons constaté que, d’année en année, la mobilisation faiblissait alors que l’objectif de ces journées, c’est d’approcher les populations afin qu’elles comprennent les opérations bancaires. Il s’agit aussi pour nous d’être plus attentifs à leurs préoccupations. L’objectif étant de rapprocher les banques des populations, nous avons réfléchi à un nouveau format qui implique lesdites innovations. Comme deuxième innovation, nous avons organisé une tombola qui a attiré beaucoup de gens puisque nous avons mis en jeux de nombreux prix. La 3è innovation, c’est la conférence débat sur le thème de la Journée. A cette occasion, des experts sont venus  expliquer les contours, les enjeux et les perspectives du digital. La 4è innovation est l’invité d’honneur qui est la Chambre permanente des   métiers des artisans. Pourquoi ? Parce que l’artisanat joue un rôle très important dans le système socio-économique du pays mais a des problèmes d’accès au financement. Nous avons invité les artisans afin  qu’ils puissent être plus proches des banques et du secteur financier, pour échanger, dialoguer et mieux nous comprendre. Par conséquent, les artisans sont massivement sortis et, en plus, des étudiants, ils ont contribué à la réussite de la Journée qui a été l’occasion d’une forte mobilisation. Ce qui a permis de faire une bonne sensibilisation grâce à une bonne communication. L’Essor: La mobilisation, c’est à Bamako seulement ou dans tout le pays ? B.A.H. : La mobilisation est générale puisque nous avons organisé une conférence de presse qui a été relayée par les médias afin que chacun se sente concerné. L’Essor: En gros, quels sont les enjeux de la révolution digitale pour les banques ? B.A.H. : L’enjeu majeur, c’est l’étendue des capacités d’adaptation et de relever le défi sécuritaire. Ce qui fait qu’aujourd’hui, la formation du personnel et des clients est une de nos principales priorités. Il faut, aussi, constamment chercher à sécuriser les opérations d’intégration des nouvelles applications et de la digitalisation des processus parce que c’est nouveau et il faut que notre système d’information puisse s’adapter. Le défi sécuritaire est un enjeu très important en ce qui concerne la digitalisation. L’Essor : Comment se caractérise aujourd’hui le paysage bancaire malien ? B.A.H. : Aujourd’hui au Mali, nous avons 14 banques et trois établissements financiers (Fonds de garantie hypothécaire du Mali, spécialisé dans la garantie du financement du logement, Alios finance spécialisé dans le crédit-bail et le Fonds de garantie du secteur privé). L’Essor : Existe-t-il une banque d’investissement au Mali ? B. A. H : Non.Aujourd’hui, nous avons des banques universelles qui font toutes les opérations. Nous n’avons pas de banque spécialisée exclusivement dans l’investissement, mais toutes les banques financent, quelque part, l’investissement en fonction de leur sensibilité et des priorités par rapports aux orientations données par les organes de décision. L’Essor : Comment évolue la bancarisation de la population ? B.A.H : La bancarisation a fait un grand bond en avant dans notre pays. Actuellement, elle permet aux populations de faire plus facilement les opérations, notamment les transactions commerciales. Le taux de bancarisation s’élève, aujourd’hui, à 23,26%. Il y a deux ans, il était autour de 15,17%. Quand on l’étend à la microfinance, il atteint 36,73% et quand on l’étend aux émetteurs de monnaie électronique, il s’affiche  à 54,19%. La semaine de l’inclusion financière, qui est organisée par la Banque centrale et la Journée de l’APBEF, contribuent, toutes, à booster la bancarisation parce que leur objectif est de rapprocher les populations  du système bancaire. L’Essor : Quelle est la contribution des banques à l’économie ? B.A. H. : Notre contribution à l’économie est très forte.J’entends souvent dire que le secteur privé est le moteur du développement. C’est une réalité parce que le secteur privé tire la croissance, mais il est essentiellement financé par le système bancaire. Aujourd’hui, notre apport dépasse les 20% du PIB. En termes de financement, nous contribuons pour près de 3000 milliards de Fcfa par an. L’Essor : Quelles sont les grandes difficultés auxquelles les banques sont confrontées ? B.A.H : Nous sommes  d’abord, confrontés au problème des ressources longues. Nous avons, généralement, des ressources à court terme. Ce qui ne permet pas de faire face au financement de l’investissement. La deuxième difficulté, c’est l’environnement juridique et judiciaire. Nous subissons, souvent, certaines décisions de justice dont nous ne