Pandémie de coronavirus : L’inquiétude monte chez les commerçants maliens
Reportage de Lassana NASSOKO Bamako, 18 mars (AMAP) Jusque-là, le Mali n’a enregistré aucun cas de coronavirus, mais plus les jours passent, plus l’inquiétude monte chez les commerçants. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour au marché Dabanani où, nombre de vendeurs craignent l’épuisement de leurs stocks, alors qu’ils ne peuvent pas se rendre en Chine, en ce moment, à cause du Covid-19. Ici, les négociants que notre équipe de reportage a rencontrés, lundi, sont unanimes : la pandémie du coronavirus commence à se faire sentir dans le monde des affaires. Aujourd’hui, une question est sur toutes les lèvres au marché Dabanani : que se passera-t-il, dans deux ou trois mois, si cette maladie pandémique n’est pas maîtrisée ? Pour l’heure, comme d’habitude, au centre commercial de Bamako, on constate l’affluence. Des clients massés devant des articles dans des charrettes ou devant des magasins. Partout, les mouvements incessants des commerçants ambulants qui vantent la qualité de leurs marchandises. Devant une boutique de téléphones, des jeunes discutent. Boubacar dit ‘Chinois’ est l’un d’eux. Ce jeune homme, la trentaine révolue, a fait plusieurs fois le voyage en Chine, bien avant l’apparition et la propagation fulgurante du coronavirus. Lui et trois camarades ne cachent pas leur inquiétude. Depuis janvier, ils sont sans nouvelle de la cargaison de batteries qu’ils ont commandée. La raison ? La pandémie du Covid-19 a paralysé le fonctionnement des usines de fabrication. Les mesures de confinement des populations, prises par les autorités chinoises, ont plombé la production industrielle. «Nous savons que les activités ont maintenant repris timidement en Chine, mais la demande dépasse largement l’offre», explique ‘Chinois’. PRIERES – Assis sur une chaise haute, Diagouraga, vêtu d’une chemise wax, vend des panneaux solaires et des ventilateurs. Que pense-t-il du Covid-19 ? Le quadragénaire commence d’abord par des prières. «Quelle maladie destructrice qu’est le coronavirus !», s’exclame-t-il, la mine et la voix exprimant son inquiétude. Son souci est qu’il ne parvient plus à se procurer des ventilateurs de type TMC qu’il importait de Chine et d’autres pays asiatiques. «Regardez dans ma boutique, il n’y a plus cette marque depuis un mois. Et c’est introuvable sur le marché. Pour la majorité des clients, c’est la meilleure qualité en période de chaleur», se lamente le commerçant. A quelques mètres de là, une autre boutique. Là, on ne vend que des motos Djakarta. Des caisses contenant des motos en pièces détachées sont superposées les unes sur les autres dans le magasin. Derrière un comptoir, un homme au regard vif. Sous couvert de l’anonymat, il se dit être tout simplement anxieux. « Comment ne pas l’être si vous peinez à faire des commandes ? », s’interroge-t-il. A côté de lui, un autre commerçant ne semble pas s’intéresser à la conversation, absorbé par ses comptes. L’homme plonge le nez dans un registre qu’il n’arrête pas de feuilleter. Plus loin, deux jeunes proposent des marchandises exposées sur des charrettes. Ce sont des vendeurs de chaussures. Ils redoutent aussi la diminution des stocks. A les entendre, ils n’ont plus de nouveautés à offrir ou à montrer aux clients. Ils ont remarqué que depuis plus d’un mois, leurs fournisseurs chinois ne viennent plus au marché. Du coup, ils assistent, impuissants, à l’épuisement progressif de leurs stocks. Là où le bât blesse, c’est que les deux vendeurs constatent que les prix de certaines chaussures augmentent, légèrement, auprès de certains fournisseurs locaux qui ont en leur possession une grande quantité mais préfèrent tirer profit de la situation de pénurie qui se dessine, actuellement, sur le marché. LN/MD (AMAP)
Communiqué de la session extraordinaire du conseil supérieur de la défense nationale du 17 mars 2020
Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, Président de la République, Chef de l’Etat, a présidé ce mardi 17 mars 2020, à Koulouba, une réunion extraordinaire du Conseil Supérieur de la Défense Nationale (CSDN) à laquelle ont pris part, outre les ministres concernés, les experts du Comité Scientifique du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales et ceux de la Défense. L’ordre du jour unique a porté sur les mesures relatives à la Pandémie du coronavirus au Mali. Même si tous les cas suspects notifiés au Mali ont été testés négatifs, la menace demeure, d’où la nécessité d’une plus grande vigilance. Par conséquent, le Conseil Supérieur de la Défense Nationale a pris les mesures importantes suivantes à compter du jeudi 19 mars 2020 : 1. la suspension jusqu’à nouvel ordre, des vols commerciaux en provenance des pays touchés, à l’exception des vols cargos ; la fermeture des écoles publiques, privées et confessionnelles (maternelles, primaires, secondaires et supérieures) y compris les medersas et ce, pendant trois (3) semaines; la suspension jusqu’à nouvel ordre, de tous les regroupements publics y compris les ateliers, les colloques, les séminaires, les meetings populaires ; l’interdiction jusqu’à nouvel ordre, des regroupements à caractère social, sportif, culturel et politique de plus de cinquante (50) personnes, sous réserve du respect des gestes-barrières. Il s’agit des mariages, des baptêmes, des funérailles ; La fermeture jusqu’à nouvel ordre des boites de nuit et bars dancings. Par ailleurs, en ce qui concerne les rassemblements à caractère religieux, le gouvernement engagera incessamment des consultations avec les responsables du Haut Conseil Islamique, de la Ligue des Imams, des Eglises Catholiques et Protestantes ainsi qu’avec d’autres autorités religieuses et cultuelles du Mali afin de convenir des mesures appropriées pour assurer la santé des fidèles. Son Excellence Monsieur le Président de la République exhorte l’ensemble des populations vivant au Mali à la responsabilité et au strict respect des mesures de Santé Publique. Vu l’urgence de la situation, le Président de la République a décidé la mise en place d’une enveloppe initiale de six milliards trois cent millions (6 300 000 000) F CFA pour lutter contre la pandémie de Coronavirus.
Tominian : Réunion du comité de pilotage des épidémies sur le Coronavirus
Tominian, 17 mars (AMAP) Le préfet de Cercle, Zoumana Norbert Dembélé a présidé ce mardi, une réunion d’informations sur l’épidémie du Coronavirus qui sévit dans des pays frontaliers et dans plusieurs endroits à travers le monde, a constaté l’AMAP. La rencontre s’est déroulée en présence du maire de la commune rurale de Tominian, Boba Abed Négo Dakouo, des membres du comité local de pilotage des épidémies du cercle, des représentants de la Direction régionale de la Santé (DRS) de Ségou et de STOP-TEAM/OMS. Le Chef de l’exécutif local a saisi l’occasion pour remercier les responsables locaux pour leur présence avant de les inviter à prendre les mesures nécessaires pour prévenir cette épidémie dans le cercle. « Nous ne voulons pas être surpris dans notre cercle particulièrement et de façon générale dans notre pays d’où l’objet de la présente rencontre » a déclaré le Médecin chef du District Sanitaire de Tominian. Les participants ont échangé sur entre autres, l’historique de la maladie de coronavirus, ses modes de transmission, les symptômes et moyens de protection contre l’épidémie. ST/KM (AMAP)
Région de Ségou : Le Commandant du Secteur Centre sur le terrain pour rehausser le moral des troupes
Ségou, 17 mars (AMAP) Le commandant par intérim du secteur centre de l’opération « Maliko », le colonel major Félix Diallo s’est rendu, la semaine dernière à Diabaly, Alatona et Macina, dans la Région de Ségou pour rehausser le moral des troupes, dans le cadre de la réussite de leur mission régalienne de sécurisation du pays, a appris l’AMAP de source officielle. Le colonel major Félix Diallo, qui était accompagné du commandant de la 2ème Région militaire, le colonel Didier Dembélé et plusieurs autres chefs militaires, voulait s’imprégner des conditions de vie et de travail des hommes sur le terrain. Le nouveau commandant du secteur centre a assuré le commandement et les troupes sur le terrain de son soutien face aux difficultés qu’ils vivent quotidiennement dans la sécurisation du pays. Les échanges entre le responsable militaire du Centre, la hiérarchie et les soldats sur le terrain ont essentiellement tourné autour des conditions de vie et de travail des hommes engagés dans les opérations. Le colonel major Félix Diallo a félicité la hiérarchie militaire et les soldats engagés sur le terrain pour leur engagement et leur dévouement patriotique, avant de les instruire de conjuguer leurs efforts pour la sécurisation des élections du 29 mars prochain. OD/KD (AMAP)
Douanes : Saisie de basin caché parmi des effets personnels
Bamako, 17 mars (AMAP) Les douaniers de la Brigade mobile d’intervention (BMI) de Bamako ont saisi, dans la nuit du lundi au mardi dernier, 54 pièces de basin de qualité « Getzner » dans deux fûts en plastiques cachés parmi des effets personnels venus d’Europe. Sur le marché local, ces pièces que transportait un camion chargés d’objets divers, valent une vingtaine de millions de Francs Cfa. A la découverte de la marchandise importée en contrebande, le chef de la BMI, l’inspecteur des douanes Toumani Diallo, a instruit son équipe de conduire le camion au bureau, à Faladiè, pour une fouille approfondie. La fouille a permis de découvrir une importante quantité de produits pharmaceutiques dont plusieurs boites sont déjà ouvertes et d’autres colis contenant des bouteilles de liqueur. En dehors des basins, des médicaments et des bouteilles d’alcool, la cargaison contient, également, des produits alimentaires variés qui ne sont accompagnés d’aucun certificat dûment délivré par les services compétents « Nous sommes en présence d’un cas emblématique de fraude et commerce illicite de produits dangereux pour l’homme », a expliqué l’agent des douanes en charge du dossier. Généralement rassemblés dans une barrique plastique ou dans des cartons bien emballés, ces effets personnels sont censés être sans grande valeur marchande. A ce titre, les droits de douane sont calculés sur la base d’un forfait, et au gabarit du contenant. Les services de répression ont constaté que ce mode de transport d’effets personnels est utilisé par de contrebandiers professionnels qui transportent, ainsi, des marchandises à forte taxation douanière pour échapper à la réglementation douanière. Cette saisie de basin, intervient quelques mois après une autre saisie de basin d’une valeur de plus de 200 millions de Fcfa. AC/MD (AMAP)
TIC : Huawei va envoyer une dizaine d’étudiants maliens en Chine
Bamako, 17 mars (AMAP) Le groupe de téléphonie chinois, Huawei, enverra, cette année, dix étudiants maliens en Chine pour découvrir la culture chinoise et la technologie informatique, dans le cadre de la 3èsession du programme «Graine de Future» (Seeds for the Future), a annoncé, vendredi dernier, le directeur général de Huawei Mali, Kenny Song. Seeds for the Future est le programme phare mondial de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) Huawei. Grâce à ce programme, Huawei sélectionne les meilleurs étudiants et jeunes fonctionnaires travaillant dans des départements liés aux TIC pour un voyage d’étude en Chine. Au cours de ce programme, Huawei partage son expertise en TIC et son expérience en gestion d’une multinationale avec de jeunes professionnels des TIC, contribuant ainsi à l’essor du développement des industries locales intervenant dans le domaine des TIC. Lancé par Huawei en 2008, le programme vise à développer les talents locaux en TIC, à améliorer le transfert de connaissances, à promouvoir une meilleure compréhension et un plus grand intérêt du secteur des télécommunications. Il entend aussi améliorer et encourager la construction régionale et la participation à la communauté numérique. Au cours d’une rencontre avec la ministre malienne de l’Economie numérique et de la Prospective, Mme Kamissa Camara, ledirecteur général de Huawei Mali a rappelé que neuf étudiants avaient été envoyés en Chine, en 2018 contre dix en 2019. Le manager local du géant chinois a, aussi, noté que sa société a créé la Huawei Académie TIC, un programme de formation dédié aux universités et ouvert à l’international. «A travers ce projet, les universités participantes accèdent à des cours sur les TIC dispensés par des instructeurs agréés de Huawei », a-t-il expliqué. Depuis la création de cette école, en mars 2019, Huawei a collaboré avec les ministères de l’Enseignement supérieur et celui en charge de l’Economie numérique. « Huawei a, aussi, formé plus de 330 étudiants dont 17 ont obtenu le certificat Huawei», s’est réjoui Kenny Song, avant d’ajouter que deux étudiants travaillent, déjà, chez Huawei et deux autres ont été envoyés en France pour le stage. Prenant la parole au cours des échanges, la ministre de l’Economie numérique et de la Prospective s’est dit très heureuse de constater que ces jeunes, qui reviennent de cette formation, auront les compétences requises pour travailler pour le compte des opérateurs de téléphonie mobile. Ils pourront, aussi, vendre leur compétence à l’internationale. «Ce que nous cherchons, en plus de former les jeunes, leur donner une plateforme pour démontrer leur savoir-faire, c’est de leur offrir une ouverture à l’internationale. Et Huawei leur donne cela, en leur permettant d’aller en chine d’apprendre sur la 5G qui arrive à toute vitesse sur le continent», a indiqué Mme Camara. AG/MD (AMAP)
Exposition : « Inaudible », la femme qui se bat pour les hommes
Bamako, 17 mars (AMAP) La galerie d’art contemporain de Bamako ou «Art Galerie» présente, du 14 mars au 30 avril prochain, l’exposition intitulée «Inaudible» de l’artiste plasticienne, Mariam Ibrahim Maïga, dont le vernissage s’est déroulé, le weekend dernier, à Baco Djicoroni, en présence de plusieurs opérateurs culturels et artistes. L’exposition, «Inaudible», gratuite et ouverte au public, du mardi au samedi, de 13 heures à 18 heures. L’artiste, bien connue pour la qualité de ses productions, dénonce ce qui est devenu, aujourd’hui, tabou pour les hommes face aux femmes. Sur le revers d’une affirmation de l’estime de soi féminin, l’artiste lance un cri du cœur aux hommes qui ruminent en silence leur souffrance. Ces œuvres renvoient ainsi à penser aux droits des hommes. Les tableaux de Mariam Ibrahim Maïga décrivent le contexte actuel de notre société, tout en mettant en évidence les stéréotypes sur les violences contre les hommes par leurs compagnes. «Pourquoi tant de cruauté, de haine, de mépris. Nous sommes tous des humains et méritons de vivre en paix», est le message que l’artiste veut véhiculer à travers cette exposition. Environ une quinzaine de tableaux qui expriment les violences faites aux hommes. Contrairement à plusieurs artistes féminines qui travaillent sur les violences faites aux femmes, Mariam Ibrahim Maïga pense que les hommes sont aussi, souvent, violentés par leurs compagnes. Mais, ils n’ont pas le courage de le dénoncer. «Donc, en tant qu’artiste engagée, j’ai décidé, dans le cadre de la célébration du 8 mars, d’évoquer cette préoccupation des hommes», a-t-elle soutenu. Selon l’artiste, «Inaudible» est aussi une invitation à l’introspection, à la franchise et, par la suite, à une corrélation entre la femme et l’homme. Mais c’est, également, une exhortation à la prise de conscience et à la valorisation féminine, non seulement à travers la reconnaissance des capacités réciproques, le respect du rôle et de la place de tout un chacun dans la société mais, aussi, à l’éveil des consciences sur un aspect qu’on évite d’aborder. Mariam Ibrahim Maïga est une artiste plasticienne, originaire de Gao. Très vite, elle comprend que sa destinée est de devenir artiste. Ce qui l’amène à s’investir, à l’âge de 12 ans, dans la création à travers des dessins. Diplômée du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasseké Kouyaté, elle commence sa carrière professionnelle en 2012. Elle est, aujourd’hui, promotrice de Siif Arts et Tim Art. L’artiste a, à son actif, plusieurs expositions nationales et internationales, notamment «Sous le manteau islamique», «Indépendance», « Je me libère et j’évolue», «Ame de mérite». Elle a, également, participé à plusieurs ateliers et résidences de créations régionales. AS/MD (AMAP)
Réhabilitation du Tombeau des Askia : La Fondation Aliph finance pour plus de 300 millions de Fcfa
Bamako, 17 mars (AMAP) Le projet de réhabilitation du site du Tombeau des Askia, cofinancé avec l’Etat malien et l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (Aliph) qui va mobiliser 500.000 dollars, soit environ 300 millions de Fcfa, a été solennellement lancé, le 10 mars dernier, à Gao, a-t-on appris, jeudi, Lors d’une conférence de presse, au ministère de la Culture, le secrétaire général du département, Yamoussa Fané, a insisté sur l’importance de la réhabilitation de ce patrimoine culturel. Le site du Tombeau des Askia, construit en terre, en 1495 par l’empereur songhay, Askia Mohamed, comprend un tombeau pyramidal et une mosquée. Celle-ci, l’une des plus grandes de la ville est encore utilisée par les habitants. Le site ne présente pas de signe flagrant de dégradation mais est soumis à un risque structurel. « Le plan de réhabilitation, qui s’étend sur deux ans, jusqu’en 2022, doit permettre de sauvegarder « un témoignage spectaculaire de la richesse du patrimoine malien », a déclaré Valery Freland). « Concrètement la réhabilitation consistera à restaurer certains piliers qui soutiennent la toiture, la réfection de la toiture car, plusieurs couches de banco ont été déposées sur les murs au cours des différents crépissages annuels. Cela commence à peser assez lourd », a déclaré le directeur national du patrimoine, Moulaye Coulibaly. A cela s’ajoute la réfection du mur d’enceinte et de la mosquée attenante au tombeau, entre autres. Le Tombeau des Askia représente un pan important de l’histoire du Mali, de son savoir-faire et du désir de vivre ensemble de ces populations. Il est surtout le symbole d’un islam tolérant et ouvert sur le monde. Classé au patrimoine mondial en 2004, le site a été ajouté en 2012 sur la liste du patrimoine en péril en raison des turbulences enregistrées au Mali, depuis 2012. Lorsqu’un groupe jihadiste avait occupé Gao, pendant dix mois, la population de la ville avait protégé avec détermination ce patrimoine qui demeure l’un des principaux héritages de la culture songhay dont le peuple régna sur un large empire ouest-africain entre les 15e et 16è siècles. Créée en 2017 sous l’impulsion de la France, l’Aliph est une organisation internationale de sauvegarde du patrimoine en zone de conflit. Huit pays en sont les bailleurs parmi lesquels la France, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite. Elle subventionne, aussi, au Mali, un second projet sur la réhabilitation des manuscrits anciens de la mosquée de Djinguirayber de Tombouctou. « Aliph finance, actuellement, 50 projets pour un coût total de 17 millions de dollars », a révélé Valéry Freland. Chaque année, la fondation fait un à deux appels à projets. Mais, elle peut intervenir, en urgence, sur des cas dont elle est saisie, soit par des Etats, soit par des associations. La ministre de la Culture, Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo et de l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, étaient présents à la conférence de presse. YD/MD (AMAP)
Général Siaka Sangaré : « L’approche inclusive a permis de faire accepter les résultats de l’audit du fichier électoral »
Les préparatifs des élections législatives, l’audit du fichier électoral sont, entre autres, sujets sur lesquels se prononce le délégué général aux élections dans les lignes qui suivent. Il revient également sur les missions et attributions de la structure qu’il dirige. Propos recueillis par Massa SIDIBE L’Essor :La Délégation générale aux élections (DGE) est un acteur incontournable des processus électoraux au Mali. Concrètement, quelles sont ses missions et attributions ? Général S.S :Selon l’article 27 de la loi n° 2016-048/du 17 octobre 2016 portant loi électorale, la DGE est chargée de l’élaboration et la gestion du fichier électoral ; la gestion du financement public des partis politiques ; l’assistance à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à la demande de celle-ci. L’Essor :A moins de deux semaines du premier tour des élections législatives, où en est la DGE avec les préparatifs ? Général S.S :La DGE est dans la dynamique de la mise en œuvre de son plan d’action en termes de préparatifs des élections législatives 2020, conformément à ses missions définies à l’article 27 de la loi électorale et conformément au chronogramme général. A cet effet, à la date d’aujourd’hui, les actions suivantes ont été déjà exécutées : la mise à jour du fichier électoral ; l’audit du fichier électoral sous la responsabilité de la CENI ; la confection et la personnalisation des cartes d’électeur (tâche confiée à la DGE en 2020 par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation), sous la supervision de la CENI. La distribution des cartes d’électeur est en cours depuis plus d’une semaine. L’impression des documents électoraux relevant de la DGE (listes électorales de la commune, extraits de listes par bureaux de vote et listes d’émargement) ainsi que leur remise au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation sont en cours. Les applications informatiques destinées à l’information des électeurs sur les centres et bureaux de vote sont en cours de test. J’avoue que nous sommes en retard dans ce domaine par rapport aux échéances électorales précédentes. L’Essor :Le rapport d’audit du fichier électoral a été remis au Premier ministre il y a quelques jours avec, semble-t-il, une relative satisfaction. Qu’est-ce qui a concouru à ce résultat accepté par la quasi-totalité des acteurs politiques ? Général S.S :Je dirais plutôt une réelle satisfaction et non une relative satisfaction des acteurs politiques et sociaux. Les facteurs ayant concouru à l’acceptation des résultats de l’audit du fichier électoral 2020 par la quasi-totalité de ces acteurs sont à rechercher dans l’approche inclusive, participative et transparente qui a fait appel à la classe politique dans sa diversité et à la société civile ; la participation d’experts nationaux librement désignés par ces acteurs politiques et sociaux et d’experts internationaux choisis par la CENI ou le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Mais surtout dans les travaux d’évaluation et de correction réalisés à l’interne par la DGE sur la base de données après la mise à jour du fichier électoral. Vous avez dû constater que les résultats de ladite évaluation interne ont été intégralement confirmés par les travaux du Comité d’audit. Cela dénote dans une certaine mesure le sérieux et le professionnalisme des agents de la DGE. L’Essor :Où en est-on avec le chronogramme de confection et de mise à disposition des documents électoraux (cartes d’électeurs biométriques, bulletins de vote…) Général S.S :Sous la responsabilité de la DGE, les cartes d’électeur ont été confectionnées et personnalisées. Elles ont été livrées au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Les listes électorales (listes électorales de la commune, extraits de listes par bureaux de vote et listes d’émargement) sont en cours d’impression et seront remises au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation entre le 09 et 18 mars 2020. Les autres documents (bulletins de vote, procès verbaux, …) relèvent de la compétence du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. L’Essor :De plus en plus, des voix s’élèvent pour demander la mise en place d’un organe unique de gestion des élections. Qu’en pensez-vous ? Cette proposition est revenue sur la table lors du Dialogue national inclusif ? Général S.S :Quand on fait la typologie des structures de gestion des élections dans le monde, on en trouve trois : les structures étatiques comme le bureau des élections en France directement rattaché au ministère de l’Intérieur ; les structures indépendantes (la CENI du Burkina Faso ou le directeur général des élections du Québec) ; les structures mixtes comme le cas du Sénégal où coexistent la CENA, la DGE… En tout état de cause, la meilleure structure de gestion des élections est celle qui inspire confiance aux acteurs politiques comme le précise l’article 3 du Protocole additionnel de la Cedeao en ces termes : « les organes chargés des élections doivent être indépendants et/ou neutres et avoir la confiance des acteurs et des protagonistes de la vie politique. En cas de nécessité, une concertation nationale appropriée doit déterminer la nature et la forme desdits organes ». C’est pour dire que si les acteurs politiques maliens doivent mettre en place une structure unique comme en 1997, je ne vois pas d’inconvénients. Mais il faut que cette structure unique inspire confiance à l’ensemble des acteurs politiques et ne soit pas budgétivore. MS/MD (AMAP)
Agriculture : Le pari sur l’amélioration des performances
Bamako, 17 mars (AMAP) La 10è session du Comité exécutif national de l’Agriculture présidée par le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé, tenue lundi, a recommandé d’augmenter le nombre d’exploitations agricoles en activité malgré l’insécurité et d’améliorer la gestion des excédents agricoles. Cette rencontre, un exercice annuel, a permis au Premier ministre et aux spécialistes du développement rural de passer en revue les résultats de la campagne agricole. Ils ont également examiné le programme de production végétale 2020, les projections 2021 et 2022, notamment avec des productions céréalières en hausse, alors que le taux d’accroissement annuel des superficies tourne autour de 2%. Notre pays mise sur l’intensification des filières et la mise en œuvre des mesures de sauvegarde de l’environnement. Les projets de production céréalière 2020, 2021 et 2022 doivent faire l’objet de validation par le président de la République. Mais, en attendant cette validation, on peut respectivement retenir 11.093.093 de tonnes, 11.594.410 et 12.248.172 tonnes de céréales toutes spéculations confondues. Pour le Premier ministre, Boubou Cissé, les résultats obtenus au cours de la campagne agricole 2019/2020 sont encourageants. Il s’agit de la production de 10.544.068 tonnes de céréales, de 704.000 tonnes de coton graine, 84.184 tonnes de viande, entre autres. « Il nous a été recommandé d’améliorer nos performances, la recommandation principale est qu’on doit travailler à atteindre nos objectifs », a déclaré au sortir des travaux, le ministre de l’Agriculture. Moulaye Ahmed Boubacar a regretté le déficit pluviométrique de l’année dernière. Le comité a, également, demandé d’apporter des améliorations à la « gestion des subventions que l’Etat met à la disposition des producteurs en termes d’engrais, d’équipements agricoles », a expliqué le ministre de l’Agriculture qui a promis que ces aspects seront pris en compte. Selon Moulaye Ahmed Boubacar, le chef du gouvernement a estimé que désormais le Mali doit travailler à prendre toute sa place dans la sous-région et en Afrique en ce qui concerne le développement agricole. Il a, ensuite, donné l’assurance que toutes les observations seront prises en compte dans un nouveau document qui sera soumis à l’appréciation du président de la République, lors du Conseil supérieur de l’Agriculture. L’économie du Mali repose, essentiellement, sur le secteur rural qui occupe près de 80% de la population active et contribue à environ 40% du Produit intérieur brut (PIB). Les autorités ont décidé de faire du secteur agricole, le moteur du développement économique du pays. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement alloue, chaque année, au secteur agricole, 15% du budget national et soutient un programme de subvention des engrais et des équipements agricoles. KD/MD (AMAP)

