Niono : Restitution des résultats de la campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées
Niono, 25 Janvier (AMAP) Un atelier de restitution des résultats de la campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée(MILD) dans le district sanitaire a pris fin jeudi à Niono, sous la présidence du sous préfet central, Mme Diassana Fatou Daou, a constaté l’AMAP. Il avait pour entre autres objectifs, de partager les résultats de distribution des MILD par aire de santé, de valider les résultats de distribution des MILD par aire de santé et de recenser les difficultés rencontrées au cours de la campagne. Les participants ont relevé suite à la présentation des résultats, suivie de discussions et d’échanges, que le district sanitaire de Niono a distribué 355.995 moustiquaires sur 357.368 prévues, soit un taux de 98,01%. La représentante du Chef de l’exécutif local a saisi l’occasion pour insister sur l’importance de la prévention du paludisme à travers les campagnes de distribution des MILD. A l’issue de leurs travaux, les participants ont formulé entre autres recommandations, le respect du chronogramme de la campagne, le renfort de la distribution de routine, l’archivage des coupons et souches et le suivi des différentes recommandations par niveau. MS/KM (AMAP)
Ouverture des travaux d’une réunion de Haut niveau sur la gestion de la crise scolaire, sous la présidence du PM
Bamako, 25 janvier (AMAP) L’ouverture des travaux d’une réunion de haut niveau sur la gestion de la crise scolaire, a été présidée ce samedi, par le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé, à la Cité administrative, a constaté l’AMAP. Il s’agit d’informer et d’échanger avec tous les acteurs impliqués dans le processus de conciliation depuis les perturbations de l’année dernière. Dr Boubou Cissé, le Ministre de l’Education, Pr Famanta, les administrateurs de l’école, les représentants des associations de parents d’élèves, des organisations de la société civile et des syndicats, vont examiner les questions relatives à la crise scolaire qui secoue le pays avant de trouver des alternatives et des stratégies adaptées pour la reprise des cours et la prise en compte des préoccupations des syndicats. Depuis plus de deux mois élèves, parents d’élèves manifestent dans plusieurs localités du pays pour la reprise des cours et les syndicats pour la prise en compte de leurs revendications par le Gouvernement. La dernière manifestation des syndicats d’enseignants du fondamental et du secondaire, remonte à vendredi avec une série de marches de protestations dans plusieurs localités dont Bamako et les Capitales régionales. Le Collectif des syndicats d’enseignants signataires du 15 octobre 2016 exigent l’application de l’article 39 qui leur confère une augmentation des salaires à hauteur de 20%. KM (AMAP)
Mali : Lancement des activités de la Cellule régionale de prévention de la radicalisation
Bamako, 25 janvier (AMAP) Le lancement des activités de la Cellule régionale de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent (CellRad) a été présidé vendredi à Bamako, par le Secrétaire général du ministère des Affaires Religieuses et des Cultes (MARC), Toumany Sangaré, a constaté l’AMAP. C’était en présence de plusieurs personnalités dont le chef de l’antenne locale, Bakary Kouma, chef de Cabinet dudit département. Le chef de l’antenne locale a saisi l’occasion pour rappeler que les Nations-Unies et le G5 Sahel ont identifié la radicalisation menant à l’extrémisme violent comme l’une des principales menaces à la stabilité des pays du Sahel, au regard de son lien avec le terrorisme et la déstabilisation de certains pays. Bakary Kouma a précisé que le G5 Sahel et les Nations-Unies ont décidé de placer ce phénomène au cœur de leur action, en favorisant une réunion de haut niveau des ministres de l’Intérieur et des ministres en charge des Affaires religieuses des cinq pays du G5-Sahel, afin de rationaliser le contexte de radicalisation, discuter des pistes de solutions et proposer une feuille de route pour lutter contre ce phénomène régional et ses implications. « Cette Feuille de route a servi de base pour la Déclaration des pays du G5 Sahel, le 14 mai 2015, sur la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent au Sahel, lequel soutient la mise en place, au sein du Secrétariat permanent du G5 Sahel, d’une Cellule régionale de prévention de la radicalisation » a conclu le chef de l’antenne locale. L’ensemble des réflexions doivent permettre d’aboutir à un plan d’action visant à réduire considérablement les indicateurs communautaires de la radicalisation et de l’extrémisme violent dans notre pays, selon le Segal du Ministère des Affaires Religieuses et du culte, Toumany Sangaré. KM (AMAP)
Kita : Six morts et 28 blessés dans un accident de la circulation sur l’axe Keniéba- Bamako
Kita, 24 janvier (AMAP) Six personnes ont trouvé la mort et 28 autres blessés dont 5 grièvement dans un accident de la circulation ce vendredi, non loin de l’arrondissement de Kokofata, à 74 km de Kita sur l’axe Kéniéba – Bamako, a appris l’AMAP de sources concordantes. Les mêmes sources précisent que le bus de transport de la Compagnie AK Trans en provenance de Kéniéba, s’est renversé dans les environs de 6H30, dans l’arrondissement de Kokofata, à 74 km de Kita, faisant 6 morts et 28 blessés dont 5 grièvement. Informé le préfet de Cercle, Mamadou Diakité à la tête d’une délégation comprenant le procureur du Tribunal de première instance de Kita, le commandant de la compagnie de gendarmerie, des éléments de la protection civile et un personnel socio- sanitaire, s’est rendu sur les lieux du drame, selon les mêmes sources. Nos sources précisent que les victimes ont été acheminées au centre de référence de Kita avant leur inhumation, ainsi que le chauffeur se trouvant dans un état critique et autres blessés pour des soins appropriés. Un témoin qui attribue l’accident à la non observation des règles de la circulation a déclaré que le tronçon de prés de 100m où le drame est survenu ne présente aucun obstacle pour la bonne circulation des engins et que le véhicule en question n’était pas surchargé. Une enquête a été ouverte par la Brigade de Gendarmerie de Kita afin d’élucider les circonstances exactes du drame. KM (AMAP)
Stabilisation des Régions de Mopti et Ségou: Pr Dioncounda Traoré dévoile sa stratégie
Bamako, 24 janvier (AMAP) Le Haut représentant du président de la République pour les Régions du Centre, Pr Dioncounda Traoré, a esquissé, jeudi, des pistes de solutions pour la crise au Mali, qui consisteraient à offrir une alternative sécuritaire et socio-économique crédible, ainsi qu’une meilleure gouvernance basée sur une présence plus accrue de l’Etat. Au cours d’une conférence de presse, l’ancien président par intérim a indiqué avoir, d’abord, pris le temps de cerner les causes profondes, avant de livrer son analyse sur la situation. Il a déjà écouté près de 500 intellectuels, cadres, religieux, politiques, citoyens ordinaires et de citoyens étrangers. M. Traoré a ajouté que ces auditions ont été effectuées dans le cadre de sa mission consistant à trouver des solutions aux conflits inter et intra communautaires qui sévissent dans les Régions du Centre. Ces entretiens ont permis à l’ex-chef d’Etat de toucher du doigt les vraies causes de la crise dans cette partie de notre pays. Selon lui, la crise dans cette zone n’est pas due à des problèmes ethniques, mais plutôt au terrorisme qui a profité du retrait progressif de l’Etat voire de son absence totale dans certaines localités (forces militaires et sécuritaires, administration, justice et services sociaux de base). Pour le Pr Dioncounda Traoré, les populations, livrées à elles-mêmes, ont perdu toute confiance en l’Etat. « L’heure des règlements de vieux comptes et de vieilles rancunes accumulées, avait sonné, engendrant des violences intra et inter communautaires qui devaient rapidement conduire à la création des milices, de groupes d’autodéfense », a-t-il analysé. TERREAU FERTILE – « Ces violences, poursuivra-t-il, ont contribué à créer un banditisme opportuniste et à renforcer le trafic et la criminalité transfrontalière préexistants ». Cela a conduit rapidement, d’après Dioncounda Traoré, à des amalgames et à des stigmatisations qui ont trouvé là un terrain fertile pour tout ce qui se nourrit de ce genre de situations en l’occurrence les terroristes. « Ces terroristes, mis à mal en 2013 et dispersés dans la sous-région, ont, avec l’intelligence de situation et le pragmatisme qui les caractérisent, très vite compris tout le parti qu’ils pouvaient tirer de l’opportunité inespérée qui leur a été ainsi offerte », a développé l’ex-président par intérim. C’est pourquoi, a-t-il déduit, les terroristes sont venus au Centre pour « rendre la justice », aider certains habitants à récupérer leurs bétails volés, tantôt par la terreur tantôt par l’endoctrinement religieux. Ce qui leur a permis, aux dires de Dioncounda Traoré, d’enrôler des éléments de toutes les ethnies de la zone, qu’ils utilisent pour des opérations ciblées. « Lorsqu’ils attaquent un village dogon, a fait remarquer Dioncounda Traoré, ils utilisent les peuls et vice versa, pour laisser les uns penser que ce sont les autres les responsables ». « Cela a conduit à penser hâtivement que nous vivions un problème ethnique dans cette partie de notre pays », a-t-il soutenu. Le Haut représentant du président de la République pour les Régions du Centre a promis que les actions que son équipe mènera dans le sens de l’atténuation des conflits entre les différentes communautés et à l’intérieur de celles-ci, feront tomber progressivement le masque. « Nous sommes pratiquement convaincus qu’au bout, nous arriverons à mettre fin à ces violences intra et inter communautaires parce que ces communautés auront compris qu’elles ont été manipulées par les terroristes », a-t-il indiqué. Avant d’inviter nos compatriotes à ne pas demander le départ des forces étrangères, estimant que cela ne profitera qu’aux forces obscurantistes. En perspective, Dioncounda Traoré envisage d’offrir aux communautés concernées une alternative sécuritaire et socio-économique crédible qui amènera un regain progressif de la confiance envers l’Etat qui devra redorer son blason en remplissant pleinement ses missions régaliennes et en instaurant une bien meilleure gouvernance. Et tout cela sera soutenu, ajoutera-t-il, par une action militaire conséquente qui sera relayée à terme par une présence idoine des forces sécuritaires. Pour le Haut représentant du président de la République pour les Régions du Centre, le combat contre le terrorisme devra être une lutte commune menée par une large coalition. BD/MD (AMAP)
Le Canada promet 39 milliards de francs CFA d’aide additionnelle au développement pour le Mali
Bamako, 24 janvier (AMAP) Le Canada promet une contribution additionnelle d’environ 39 milliards de francs CFA (78,9 millions de dollars) d’aide au développement et pour les projets qui visent à faire avancer la paix, la stabilité, la justice et renforcer la place des femmes, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite par le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philipe Champagne qui a été reçu en audience jeudi à Koulouba, par le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Le Chef de l’Etat et son hôte ont eu des entretiens sur entre autres, les enjeux de sécurité, de stabilité et de prospérité, les infrastructures, l’aide au développement et le commerce. « Une fois qu’on établit la sécurité et qu’il y a la stabilité, on parle de développement économique, de diplomatie culturelle, de Francophonie, des liens qui existent entre les deux pays, des grands enjeux comme la nutrition », a déclaré le diplomate canadien.. Choisissant le Mali pour sa première visite en Afrique, François-Philipe Champagne dit avoir choisi notre pays pour venir exprimer au peuple et aux jeunes maliens l’appui du Canada dans leur quête pour la justice, la stabilité, la sécurité et la prospérité. Depuis 2000, le Canada a contribué à hauteur de 1,6 milliard de dollars (environ 800 milliards de Fcfa) pour des projets d’assistance au Mali. De 2017 à 2018, sa contribution s’est élevée à 136 millions de dollars, soit 68 milliards de Fcfa. Le Canada apporte une contribution à la Minusma à travers le déploiement d’une équipe spécialisée dans les évacuations aéromédicales pour un an achevé en août dernier, et le déploiement de policiers et des membres des Forces canadiennes en son sein. DD/KM (AMAP)
Communiqué du gouvernement suite à l’attaque de Dioungani ayant causé la mort de 7 soldats et plusieurs blessés
Le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion publique nationale et internationale que dans la nuit du 22-23 janvier 2020, le poste des Forces Armées Maliennes (FAMa) à Dioungani, dans le cercle de Koro, région de Mopti, a fait l’objet d’une attaque terroriste. Les FAMa déplorent sept (07) morts et des blessés (bilan provisoire). Le gouvernement du Mali condamne énergiquement cette attaque et exprime toute sa solidarité et ses encouragements aux Forces de défense et de sécurité. Le gouvernement s’incline devant la mémoire des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Bamako, le 23 janvier 2020 Le Ministre de la Communication, Chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement, Yaya SANGARÉ
Ségou : Alimata Coulibaly, une ébéniste dans un univers d’hommes
Par Abdoulaye TALL Ségou, 24 janvier (AMAP) Le métier d’ébéniste est dominé, encore, dans notre pays, par les hommes. Cependant, depuis peu, des pionnières font leur entrée dans les ateliers. Mme Alimata Coulibaly est, aujourd’hui, menuisière à Ségou, au Centre du Mali. Déscolarisée, elle a choisi le métier du bois. Elle a réussi à faire son trou dans la confection des meubles. L’atelier de l’ébéniste Mme Alimata Coulibaly est situé sur l’avenue conduisant au gouvernorat de Ségou. Les passants des deux sexes qui découvrent, pour la première fois, les installations de la femme ébéniste, marquent le pas. Leur étonnement n’est pas feint. Les gens prennent le temps de fixer dans leur mémoire les traits de l’artisane. Moulée dans un pantalon jean et un tee-shirt, un chapeau sur la tête, elle exerce son métier sans complexe. Les regards des curieux ne la distraient nullement. Nous sommes en pleine révolution dans l’environnement familial et le monde des métiers. Cela est, de plus en plus, patente dans tous les domaines d’activités au Mali. A ce progrès social, des femmes volontaires contribuent, véritablement, profitant des avancées de l’émancipation féminine. Aujourd’hui, de nombreuses femmes évoluent dans des domaines restés longtemps réservés aux hommes. Elles sont menuisières, conductrices de train, chauffeurs de taxi. Bref, plus aucun secteur n’échappe aux braves dames. Ces épouses et leurs filles, qui refusent de rester confinées dans la cuisine, forcent l’admiration et l’étonnement, notamment dans le domaine du transport et de la menuiserie. DONNER VIE AU BOIS – Le métier d’ébéniste n’a plus de secret pour Mme Coulibaly qui passe ses journées à scier, couper, raboter et donner vie au bois. Rien ne prédestinait, cependant, Alimata à ce métier, dans un milieu conservateur. Native de Ségou, elle a effectué ses études fondamentales à Niono. Le Diplôme d’études fondamentales (DEF) en poche, elle est revenue à Ségou où elle a été orientée au lycée Cabral. Après son échec au baccalauréat en 2011, elle a décidé d’abandonner le lycée pour un centre de formation professionnelle. Elle a choisi la menuiserie dont le cycle dure trois ans. Toujours dans sa quête de se frayer un chemin dans ce métier, Alimata a suivi une autre formation supérieure de dix mois. « Je viens d’une famille moins aisée. Je suis mère de deux adorables filles. Je ne pouvais pas me permettre de perdre mon temps au lycée. L’ébénisterie était ma passion depuis toute petite. J’ai eu l’opportunité, je l’ai saisie », confie-t-elle. Son choix a-t-il été approuvé par sa famille, son entourage ? Elle répondra sans hésiter que si elle devait avoir, au préalable, l’approbation des uns et des autres, elle n’aurait pas pu réaliser son rêve. Et le menton volontaire elle fait ce commentaire : « Vous savez déjà ce qu’on pense des femmes travailleuses. Alors, imaginez ce qu’on peut penser des femmes, comme moi, qui ont choisi des métiers longtemps réservés aux hommes ». DÉTERMINATION – Après une brève pause, Alimata ajoute qu’au fil des ans, tous ceux, qui étaient réticents face à son choix, voire sceptiques sur ses chances de réussite, ont fini par se résigner. Se résigner ? « Non. Je dirais plutôt qu’ils ont été séduits par ma détermination, mon courage. Je savais qu’il fallait les convaincre, les séduire à travers mon sérieux et l’amour du travail bien fait », relève l’artisane Alimata qui est du genre à ne pas abandonner face aux difficultés. « Mon secret, c’est mon acharnement à devenir une ébéniste quoiqu’il advienne. J’ai ignoré les moqueries et les mauvaises langues qui me prêtaient d’autre but que la recherche du bien-être », affirme-t-elle. Debout près d’une grande table, une scie à la main, la professionnelle s’attèle à son travail quotidien. Elle propose à la clientèle des tabourets, des tables, des armoires, des lits et des meubles de salon. Aujourd’hui, la qualité du travail de l’artisane est reconnue dans la ville de Ségou. Elle est, de plus en plus, sollicitée par les clients pour le montage des bureaux. Grace à cette activité, Alimata est une femme épanouie. Elle parvient à prendre en charge ses deux enfants et contribue aux dépenses de sa maison. Les débuts et son parcours ont été difficiles. « Quand je proposais mes services, on ne me prenait pas au sérieux. On ne croyait pas à ma capacité à faire un travail de qualité. Dieu merci, j’ai dépassé ce stade. Aujourd’hui, je suis, de plus en plus, sollicitée. Les meubles que je propose à la vente sont vite enlevés. Les bénéfices générés me permettent de faire face à mes dépenses. » Mme Coulibaly aurait pu tirer davantage profit de son métier si elle n’était pas confrontée au manque d’équipements. Et, surtout, elle ne dispose pas encore d’un bon atelier. Ambitieuse, Alimata demande de l’aide pour promouvoir son activité et soutenir son autonomisation. Est-elle en contact avec des associations ou groupements de femmes entrepreneures ? A-t-elle sollicité l’appui des services de microfinance ou des banques pour développer son entreprise ? Elle répond par la négative. Pourtant, l’Etat et ses partenaires ont mis en place plusieurs mécanismes afin d’aider les femmes et les jeunes filles entrepreneures. Alimata exhorte ses sœurs qui n’ont pas encore trouvé leur voie, à se battre. Elles doivent faire siennes ce vieil adage : « Il n’y a pas de sot métier, il n’ y a que de sottes gens ». Dans une société comme la nôtre, la femme doit faire face aux préjugés sociaux. Elle doit s’armer de patience, de courage, de détermination. « Nous devons prouver à travers ce que l’on fait qu’il n’y a pas un métier spécifique pour l’homme ou pour la femme », soutient-elle. « En la matière, explique-t-elle, les femmes ne doivent s’attendre à aucun traitement de faveur ». « Nous devons nous battre pour faire notre chemin lentement mais sûrement. A cœur vaillant rien d’impossible », conseille l’ébéniste dont l’exemple a déjà séduit la jeune Fanta, âgée de 14 ans, qui n’a pas eu la chance d’aller à l’école. Elle est devenue l’apprentie de Mme Coulibaly. Le rêve de Alimata est d’ouvrir un centre d’apprentissage pour les jeunes filles et les femmes qui désirent faire carrière dans l’ébénisterie. Pour réaliser
Diéma : Une croyance populaire veut qu’on ne lave pas le visage de l’enfant, sinon…
Par Ouka Ba Diéma, 23 janvier (AMAP) Dans le Cercle de Diéma, rares sont les mamans qui lavent le visage de leurs enfants, à leur réveil le matin. L’eau ne touche le visage de l’enfant qu’au moment où on procède à son bain ou s’il a mal aux yeux. Un comportement non hygiénique qui, selon les spécialistes, est nuisible à la santé visuelle de l’enfant mais qui perdure toujours. Les moments de bain de l’enfant dépendent, souvent, de la disponibilité de la mère ou, même, de ses humeurs. En période de fraicheur, certaines femmes évitent de plonger, quotidiennement, dans l’eau leur progéniture pour ne pas l’exposer à des maladies respiratoires dont le traitement coûte, parfois, très cher. Elles se contentent de nettoyer le corps de l’enfant avec une éponge mouillée. Selon une croyance populaire, quand on lave toujours le visage de l’enfant, à son réveil, le matin, il deviendra un escroc, il racontera tout ce qu’il verra ou entendra, il sera, d’après Seydou, « comme une vieille cloche qu’on n’a pas besoin de sonner pour cliqueter. Le vœu de chaque femme, n’est-t-elle pas d’avoir des enfants bien éduqués, avec de bons comportements ? Il est, aussi, vrai que tout bon parent a le devoir d’inculquer à ses enfants des qualités et des valeurs communément admises dans la société. C’est pourquoi, au moment de son initiation, l’enfant apprend surtout à garder le secret. « Un enfant doit être maître de sa bouche », déclare, en substance, une femme qui n’a jamais voulu laver le visage de ses enfants, malgré l’insistance de son époux. Dans le campement où habite Binta, une transhumante peulh, on cherche d’abord à boire et à faire abreuver les animaux, avant de songer à se verser de l’eau sur le corps. A propos, la dame n’y voit aucun inconvénient. « Au moment venu, l’enfant se débrouillera, tout seul, pour se laver le visage », renchérit-elle. Une croyance populaire ancrée dans les habitudes des femmes. La règle consiste à laisser l’enfant jusqu’à ce qu’il soit capable de faire, tout seul, son hygiène corporelle. Il pourrait, ainsi, se laver le visage. Peu importe le temps que cela prendra. TENACE SUPERSTITION – Le phénomène est général, y compris chez les femmes censées être des intellectuelles. Soumba fustige cette situation irrationnelle. Elle pense que c’est par paresse que beaucoup de femmes ne font pas, quotidiennement, la toilette de leurs enfants. Superstitieuses ou non, les femmes refusent, du moins, elles se méfient d’aller à contre courant de la croyance populaire si intériorisée et si tenace. Le prêcheur Drissa, répond que « beaucoup de personnes sont hors du chemin de Dieu ». « Laver le visage de l’enfant, à son réveil le matin, ne peut aucunement le transformer en rien. « C’est une idée à bannir. L’Islam conseille la propreté », poursuit le religieux, qui prenait goulûment son petit déjeuner, avant d’embarquer dans un bus. Aliou, rencontré en ville, soutient que scientifiquement, cette allégation ne tient pas debout. « En aucune manière, le simple fait de laver le visage d’un enfant, ne peut influer négativement sur son comportement. Au contraire, cela contribue à son bien-être », dit-il, en grinçant des dents. Méconnaissant, jusque-là, les raisons de cette pratique qu’elle qualifie de sale, la présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), Mariam Soucko, compte désormais insérer dans son programme, avec l’aide de certains partenaires, des activités de sensibilisation sur le lavage du visage des enfants, compte tenu des nombreuses maladies oculaires auxquelles ceux-ci s’exposent. Interrogé sur le sujet, l’assistant médical en ophtalmologie, Salif Sidibé, a signalé que ne pas laver le visage de l’enfant, à son réveil, « pourrait entraîner chez lui des maladies oculaires dangereuses, notamment le trachome ». L’ophtalmologiste explique qu’au cours de ses tournées périodiques de dépistage et de chirurgie de la cataracte, dans les aires de santé, il essaie de convaincre les parents de prendre des mesures pour une meilleure prévention de la conjonctivite chez leurs enfants. Cette croyance n’est pas totalement effacée de l’esprit des populations, Loin s’en faut. Les enfants du Cercle de Diéma continuent d’en souffrir. OB/MD (AMAP)
Marche des enseignants à Kayes
Kayes, 23 janvier (AMAP) Le Collectif des syndicats d’enseignants signataires du 15 octobre 2016 a organisé, jeudi, à Kayes une marche pacifique pour exiger l’application de l’article 39 qui leur confère une augmentation des salaires à hauteur de 20%, a constaté l’AMAP. Les marcheurs sont partis de la Tribune de l’indépendance au gouvernorat, en passant par le rond-point Harlem et le camp militaire. Peu après l’arrivée, le gouverneur de la région de Kayes, Mahamadou Zoumana Sidibé, est allé rencontrer les organisateurs de la marche rassemblés devant le portail du gouvernorat. Il ressort des différentes interventions que les enseignants, tout comme les parents, n’entendent pas baisser les bras tant que le gouvernement ne créera pas les conditions de la reprise des cours dans les écoles (préscolaire, fondamentale et secondaire). « Je vais transmettre votre déclaration à qui de droit. Vous (les enseignants) êtes essentiels. L’activité de l’enseignant est primordiale dans la vie de la nation. Vous êtes au départ et à l’arrivée de tout. Revendiquez vos droits dans l’ordre et la discipline », a déclaré le gouverneur Mahamadou Zoumana Sidibé. Le discours du gouverneur a été fortement apprécié par les organisateurs de la marche. Cette marche a enregistré la participation des enseignants à la retraite. Toutes les écoles publiques de la Cité des rails sont affectées par la grève de 14 jours qui a débuté le 21 janvier 2020. La participation des écoles privées à ces mouvements fait l’objet de débats au sein du Collectif des syndicats. BMS/MD (AMAP)

