Trafic de stupéfiants dans le Nord du Mali: L’ONU épingle des groupes armés

Bamako, 12 mars (AMAP) Des groupes armés affiliés à la Plateforme sont autant impliqués que la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) dans le trafic de drogues et collaborent, désormais, pour faire circuler des cargaisons de stupéfiants à travers le désert malien, révèle le Groupe d’experts des Nations unies sur le Mali. Dans leur rapport à mi-parcours, transmis le 28 février dernier au Conseil de sécurité, les experts onusiens mettent en exergue un rapprochement entre la CMA, le MAA-Plateforme et le GATIA-CMA qui aurait servi à la coordination un trafic de stupéfiants entre les Régions de Gao et de Kidal. Pour en savoir plus sur les individus qui contrôlent le commerce et les convois associés, les experts approfondiront les enquêtes à partir des récentes saisies de résine de cannabis en Mauritanie et au Sahara occidental, en provenance du Maroc et en route vers le Mali. Des indices laissent croire à l’implication de certaines personnalités bien connues des registres de l’ONU. Il s’agit, notamment, de Ahmoudou Ag Asriw, qui fait l’objet de sanctions et dont le nom est cité dans un précédent rapport des experts comme un des auteurs des violentes escarmouches et détournements de résine de cannabis (haschich) de Gao vers la région de Kidal. Depuis le 19 avril 2019, les experts affirment n’avoir pas reçu d’informations analogues concernant une quelconque rivalité sur cet axe. Ag Asriw a été nommé chef d’état-major dans la nouvelle section du GATIA qui a cherché à se rapprocher de la CMA en septembre 2019, de même que du MAA-Plateforme. Les experts onusiens font le lien : « Il semble qu’en raison de cette évolution, Ag Asriw ait été suffisamment accommodé dans des opérations de trafic qui nécessitent une coordination entre les réseaux criminels associés au MAA-Plateforme et à la CMA, à Gao et à Kidal, respectivement, à mesure que la drogue circule dans leurs zones de contrôle respectives. » Dans les réseaux criminels associés à la CMA et impliqués dans les convois de drogue, le rapport cite, également, Mohamed Ag Akly, commandant régional du MNLA et Mahamadou Ag Attayoub qui agit au nom de Khalid Ag Mohamed, fils de Mohamed Ag Intallah. Le rapport fait remarquer que, contrairement, à ce qui s’est passé dans les Régions de Gao et de Kidal, des convois de stupéfiants ont été attaqués dans la région de Tombouctou. Pour le contrôle de cette zone, plusieurs réseaux se livrent bataille. Certaines attaques ont été diligentées par Hussein Ould Ghaname, alias Guigoz, de la fraction Oulad Ghanam. Des attaques contre les convois de Guigoz en 2018 ont été attribuées à des hommes agissant pour le compte de Settar Ould Ahmed Hairi, homme d’affaires et membre de l’autorité intérimaire de Taoudenni. Ce dernier a été assassiné le 8 juillet 2018, en même temps que le commandant du MAA-Plateforme du Mécanisme opérationnel de coordination à Gao, Mohammed Ould Hinnou. Il ressort également rapport que Settar a entretenu des relations d’affaires avec le chef du MAA-Plateforme, Hanoune OuldAli. « Guigoz compte aussi sur le soutien militaire du MAA-CMA à Ber, notamment du colonel Goulam », ajoutent les experts. Et de préciser que les réseaux criminels convoyant la drogue et soutenus par le MAA-Plateforme et la CMA dans la région de Tombouctou ne sont pas interdépendants, comme dans les régions de Gao et de Kidal. Mais, tous ces réseaux se serviraient de société écrans, installées notamment au Niger et au Mali, pour blanchir de l’argent et financer des opérations. ID/MD (AMAP)

Coronavirus : Le gouvernement malien suspend tout grand rassemblement jusqu’à nouvel ordre

Bamako, 12 mars (AMAP) Le gouvernement du Mali, pour faire face à la pandémie du coronavirus (COVID-19), a pris plusieurs mesures parmi lesquelles la prise de température systématique de tous les voyageurs aux entrées aériennes et terrestres du pays Devant la propagation rapide du coronavirus que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié, mercredi, de « pandémie mondiale », le gouvernement a recommandé, aussi, des mesures d’auto-isolement, d’hygiène individuelle et collective et a mis en place un numéro vert (36 0 61) à toutes fins utiles. Les voyageurs avec des symptômes mineurs, qui arrivent avec de la fièvre (température supérieure à 37,5 degrés C) en provenance de pays fortement touchés par le COVID-19, seront soumis à un auto-isolement pendant 14 jours et feront l’objet d’un suivi journalier par une équipe médicale. En outre, les voyageurs avec symptômes majeurs, qui arrivent avec de la fièvre (température supérieure à 37,5 degrés C) et d’autres signes et symptômes respiratoires, en provenance de pays fortement touchés par le COVID-19, seront conduits sur un site d’isolement pour être testés. Concernant les mesures individuelles et collectives, le gouvernement a décidé de réduire, au maximum, les grands rassemblements non nécessaires, de suspendre la participation des cadres maliens aux grandes réunions ou fora dans les pays fortement touchés, de suspendre les regroupements importants au Mali (conférences, colloques, symposiums, festivals, etc.) jusqu’à nouvel ordre. Il a été, aussi, décidé de renforcer les mesures d’hygiène individuelle et collective(lavage des mains au savon, utilisation du gel hydro alcoolique devant tous les services publics et les lieux de cultes), d’éviter de se serrer les mains et de faire des accolades en tous lieux et en toutes circonstances. Le gouvernement ne préconise pas la fermeture des frontières avec les pays touchés par le COVID- 19. Au contraire, il n’y a aucune restriction sur les vols aériens et le Mali « manifeste sa solidarité avec tous les pays touchés ». YD/MD (AMAP)

Rokia Traoré arrêtée en France à la suite d’un différend avec son ex compagnon

Bamako, 12 mars (AMAP) La star internationale de la musique et de l’opéra, Rokia Traoré, a été arrêtée, jeudi, à sa descente d’avion à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, à Paris, où elle devait faire une escale avant de rallier Bruxelles (Belgique). Selon son avocat, Me Kenneth Feliho, cité par notre confrère Raduio France internationale (RFI), un différend oppose la chanteuse malienne à son ex compagnon autour de la garde de leur fille. Le mandat d’arrêt international, dont Rokia Traoré fait l’objet, a été émis en fin d’année 2019 par la justice belge pour « enlèvement, séquestration et prise d’otage ». Les faits concernent la fille que Rokia Traoré a eue avec son ex compagnon, Jans Goosens, un Belge. Le tribunal de première instance de Bruxelles a donné la garde exclusive de l’enfant à son père. Mais la chanteuse a fait appel. Elle se rendait en Belgique pour, justement, son audience à la Cour d’appel de Bruxelles. Mais les choses ont pris une autre tournure avec son arrestation à Paris, selon Me Feliho. Celui-ci explique, aussi, que Rokia Traoré refuse de remettre sa fille à son ancien compagnon parce qu’une plainte aurait été déposée à l’encontre de ce dernier pour attouchements sexuels sur l’enfant. Rokia Traoré est actuellement sous écrou à la prison de Fleury-Mérogis, en attendant que la chambre d’instruction du tribunal de Paris se prononce sur son éventuelle extradition vers la Belgique, mercredi prochain. L’artiste encourt une peine de cinq ans de prison, selon Me Feliho. Joint au téléphone, la famille a confirmé l’arrestation qu’elle qualifie d’ « injuste » et précise que la présidence du Mali et les avocats de l’artiste sont à pied d’œuvre afin que qu’elle puisse faire valoir ses droits. YD/MD (AMAP)

AMAP : Un budget de près de 3 milliards de Fcfa pour 2020

Bamako, 12 mars (AMAP) Pour l’exercice 2020, le budget de l’Agence malienne de Presse et de Publicité (AMAP),équilibré en recettes et en dépenses, est arrêté à 2.988.295 000 de Fcfa, a-t-on appris lors de la 38èsession du Conseil d’administration de l’AMAP, tenue jeudi, sous la présidence du ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du gouvernement, Yaya Sangaré, en présence du directeur général, Bréhima Touré. Ce budget est en baisse de 22,24% par rapport à 2019. La subvention de l’Etat y représente 768.295.000 de Fcfa, contre 2,2 milliards de Fcfa de prévisions de ressources propres. Cette diminution continue du budget de l’AMAP ne manquera pas d’ajouter aux difficultés que vit actuellement la première institution de presse du Mali. En effet, cette session se tient à un moment décisif dans l’évolution historique de l’AMAP avec le retrait de la régie publicitaire de l’ORTM, suite à l’entrée en vigueur de la loi fixant le nouveau régime de la publicité.L’application de cette nouvelle législation engendrera pour l’AMAP d’importantes pertes de recettes financières. Alors qu’au même moment, aucune mesure d’accompagnement n’a été envisagée par le gouvernement pour combler le manque à gagner. En dépit de ces difficultés imposées à l’AMAP, le président du Conseil d’administration s’est réjoui que, conformément aux directives et orientations de la dernière session, l’AMAP a su mobiliser ses moyens de production et ses ressources humaines, afin de s’acquitter convenablement de ses missions de collecte et de diffusion de l’information, et enclencher, par la même occasion, des innovations majeures. En effet, au cours de l’année écoulée, l’AMAP a apporté, à travers L’Essor, l’Agence de Presse et Kibaru, sa contribution à l’information du public sur les activités du gouvernement et sur les questions touchant la vie quotidienne de la Nation. Dans le cadre de l’amélioration et de la diversification du contenu du quotidien national L’Essor, l’année écoulée a été marquée par le lancement de deux suppléments hebdomadaires : L’Essor Sports et L’Essor Culture. Un sondage effectué auprès des abonnés et autres lecteurs, indique que 64% des lecteurs apprécient le contenu de ces suppléments. Cet accueil favorable du public a encouragé la direction à lancer, il y a quelques jours, un supplément mensuel dédié au Genre. En plus des suppléments, le contenu de L’Essor a été enrichi avec de nouvelles rubriques sur divers domaines d’activités, a noté le président du Conseil. Yaya Sangaré a, également, souligné que l’Agence de presse a connu une importante mutation se traduisant par l’amélioration de la qualité des dépêches.Il a exhorté l’AMAP à poursuivre sa mutation avec l’allocation par le gouvernement, au titre du Budget spécial d’investissement (BSI) 2020, de 300 millions de Fcfa, destinée à la construction de sa représentation régionale à Sikasso. Pour un pays à grande tradition d’oralité, le président du Conseil dit avoir apprécié l’évolution de la direction de la presse communautaire, communément appelée Kibaru. Celle-ci est en train de développer des supports numériques avec la mise en ligne de sa chaîne Youtube qui diffuse des vidéos en langues nationales. «Il m’est aussi remonté que bientôt sera lancée une application mobile sur laquelle des vidéos seront diffusées en bambara, soninké et fulfulde. Ce qui offrira une possibilité supplémentaire d’accès à l’information aux non locuteurs du français, la majorité de nos concitoyens». Au regard des brillants résultats déjà obtenus par l’AMAP, M. Sangaré a adressé ses félicitations au directeur général et à son équipe. Tout en donnant l’assurance au syndicat que son cabinet et lui resteront constamment à leur écoute pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions a invité l’AMAP à innover et à entreprendre des changements majeurs dans son organisation et dans son fonctionnement, tout en veillant sur sa stabilité financière. «Les différentes actions à ce titre doivent s’inscrire dans une démarche de réforme en profondeur de l’Agence dont l’une des urgences me parait être comment mieux rentabiliser la grosse imprimerie, la rotative qui a été acquise par I’AMAP. Un partenariat avec la Maison de la presse, les journaux et les faitières de la presse pour faire chuter le prix de l’impression au Mali qui augmente tant le budget de nos rédactions, un mécanisme avec la Poste du Mali pour ouvrir la messagerie de l’AMAP à l’ensemble de la presse malienne sur la base d’un partenariat public-privé mutuellement avantageux, sont aussi des priorités relevées par le ministre. « Car, l’AMAP, comme toutes les structures en charge des médias, est confrontée aujourd’hui aux transformations engendrées par la révolution numérique dans l’espace médiatique », a dit Yaya Sangaré. Pour lui, les réseaux sociaux et l’Internet ont imposé la culture de l’instantanée dans la diffusion de l’information. « Les médias traditionnels ont donc l’obligation d’embarquer dans le train de l’évolution numérique, en créant de nouveaux supports de diffusion à la pointe de l’information », a insisté le ministre Sangaré. ADS/MD (AMAP)  

Liptako-Gourma : Un cadre de concertation pour faire face aux défis communs

Bamako, 12 mars (AMAP) Les ministres en charge de l’Administration territoriale de l’Autorité de développement intégré des Etats du Liptako-Gourma (ALG), réunis à Bamako, ont formalisé le cadre de concertation des gouverneurs des régions frontalières, mis en place pour mieux faire face aux défis communs. Ils ont, aussi, donné des orientations pour une coopération transfrontalière renforcée entre les autorités administratives frontalières des trois États. Cette réunion, sous la présidence du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, intervient après celle des gouverneurs des régions frontalières du Liptako-Gourma regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, les 10 et 11 mars derniers. Le thème était : «la stabilisation de la région du Liptako-Gourma». Dans son intervention, la représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Sénégal et coordinatrice par intérim du Hub sous régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a relevé que la rencontre des gouverneurs était une occasion opportune d’écouter ceux-là mêmes qui sont confrontés, quotidiennement, aux difficultés sécuritaires sans moyens efficients pour répondre aux besoins de leurs communautés. Le PNUD, a indiqué Mme Diabaté Amata Sangho, a participé avec un réel intérêt aux discussions des deux jours et apprécié la décision des gouverneurs des trois frontières de mettre en place un cadre de concertation pour faciliter la coopération transfrontalière dans cette zone devenue l’épicentre de la crise au Sahel. «Aujourd’hui, la coopération transfrontalière est encore plus nécessaire car c’est dans ces zones frontalières que la crise sécuritaire et humanitaire, qui sévit et s’aggrave tous les jours, se fait le plus sentir. C’est aussi dans ces zones que les efforts de développement ont une régression alarmante », a-t-elle fait remarquer. Pour sa part, la ministre de tutelle de l’ALG, Mme Lelenta Hawa Baba Ba, en charge des Mines et du Pétrole, s’est réjouie de la tenue de cette rencontre qui se situe dans le cadre du renforcement de la coopération transfrontalière entre les Etats membres du Liptako-gourma. Elle a rappelé la décision des chefs d’Etat de l’organisation d’inscrire désormais ses actions dans le continuum «sécurité-développement» eu égard à la situation sécuritaire dans chacun des pays. Selon la ministre, la zone frontalière commune aux Etats de l’ALG constitue, de nos jours, un sujet de préoccupation majeure pour les autorités du pays, pour la sous-région voire l’ensemble de la communauté internationale. Ornella Moderan, directrice des programmes de l’ONG DDG (Groupe danois de déminage) abondera dans le même sens. Elle a, aussi, ajouté que la stabilisation du Liptako-Gourma est une préoccupation partagée par sa structure qui intervient aux cotés de l’ALG dans le cadre d’un partenariat stratégique et par l’ensemble de la communauté humanitaire. Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a rendu hommage à l’Union africaine (UA) qui, dans son agenda 2063, indique que l’Afrique va se construire à travers ses régions. Selon Boubacar Alpha Bah, la création du cadre de concertation des régions frontalières du Liptako-Gourma est un acte très important dans ce sens. Cependant, il a suggéré une dynamique de rapprochement pour «effacer» les frontières. Cette réunion, a rappelé le ministre Bah, se tient à un moment où les trois Etats concernés font face à des défis similaires dans la région du Liptako-Gourma reconnue comme étant l’épicentre de la crise sécuritaire dans le Sahel. D’après lui, la sécurité et le développement sont, aujourd’hui, les défis majeurs de notre espace et aucun Etat pris seul ne peut y faire face. Cette situation commande donc aux Etats d’agir en synergie pour non seulement réfléchir sur les voies et moyens pour y faire face mais, aussi, s’accorder sur les actions à mettre en œuvre collectivement. Même s’il reconnait que des progrès ont été accomplis dans la lutte que mènent nos Etats contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, le ministre malien en charge de l’Administration territoriale pense que la situation sécuritaire demeure encore préoccupante. Il a dit que face aux défis multiformes auxquels la région du Liptako-Gourma est confrontée, chacun des Etats développe et met en œuvre des initiatives au niveau national. Mais pour des problèmes qui ont une dimension transfrontalière, il faut trouver des solutions communes, en inscrivant les démarches dans une dynamique de coopération transfrontalière. DD/MD (AMAP)

Diéma : On joue au football dans la poussière

Par Ouka Ba Diéma, 12 mars (AMAP) Le cas n’est pas propre à Diéma seulement, partout les terrains de football sont envahis par la poussière lors des matchs, des entraînements, des séances de gymnastique et autres activités sportives. La poussière soulevée par les joueurs flotte dans l’air, réduisant souvent la visibilité. Une bonne partie de cette poussière est aspirée par les joueurs et même les spectateurs. Dans le cercle de Diéma,  il existe, partout, des terrains de football  aux dimensions variées. A part, le stade de la ville de Diéma où la terre est plate, damée, tout le reste des terrains de football dégagent de la poussière, à telle enseigne qu’il est, parfois, difficile de suivre correctement les joueurs. Même les élèves qui y font souvent des séances de gymnastique, trouvent leur compte en poussière. Seydina explique que celui qui court derrière le ballon, ne sent pas la poussière. C’est la personne qui est à l’extérieur du terrain qui peut voir les nuages de poussière et se couvrir le nez avec un mouchoir. Selon ce père de famille, au lieu de se maintenir en bonne santé, les enfants courent le risque d’attraper des maladies respiratoires, en s’exposant quotidiennement aux couches de poussière. Sébé, du haut de ces quarante ans, pense qu’il faut sensibiliser les enfants pour l’abandon de cette pratique qu’il qualifie de non hygiénique, pour ne pas accabler  leurs parents avec des ordonnances. Ousmane pose un seul préalable. « Avant de commencer à jouer ou à s’entraîner, dit-il, il faut arroser le terrain avec de l’eau ». Harouna, lui,  s’oppose à cette idée qu’il trouve extravagante. Il soutient qu’il est difficile d’avoir la quantité d’eau nécessaire pour arroser un terrain de football, surtout avec la rareté du précieux liquide, en cette période de canicule. Un passager bloqué à cause de la panne du bus qu’il avait emprunté, ajoute son grain de sel. L’homme raconte que le phénomène existe même dans les grandes villes. « A Kayes, poursuit-il,  je quittais mon logement à Légal Ségou pour me rendre au marché de légumes. Sur mon chemin, deux équipes étaient en compétition. On distinguait à peine les joueurs, tant ils étaient enveloppés par la poussière ». Saïbou, pense différemment. D’après lui, il suffit de boire régulièrement du lait frais pour enlever tous les résidus de poussière qui s’accumulent dans les poumons. En la matière, Issiaka l’infirmier, affirme qu’à défaut d’arroser le terrain avec de l’eau, il faut  mettre de l’huile goménolée dans les narines pour empêcher les microbes de s’infiltrer et attraper des maladies respiratoires et autres pathologies. OB/MD (AMAP)  

Dr J Peter Pham: nouvel envoyé spécial des États-Unis pour le Sahel

Bamako, 12 mars (AMAP) Le Département d’Etat des Etats Unis d’Amérique a annoncé la nomination du Dr J Peter Pham en qualité d’envoyé spécial pour le Sahel. Ce diplomate était auparavant l’Envoyé spécial de son pays pour la région des Grands Lacs d’Afrique et était chargé de coordonner la mise en œuvre de la politique américaine sur la sécurité transfrontalière, les questions politiques et économiques dans cette partie du continent. Ce, en mettant l’accent sur le renforcement les institutions démocratiques et la société civile, ainsi que le retour volontaire, en toute sécurité des réfugiés et des personnes déplacées de la région. Dr J Peter Pham est titulaire d’une licence en économie de l’Université de Chicago et d’un doctorat de l’Université grégorienne, ainsi que des diplômes de troisième cycle en histoire, droit, relations internationales et théologie. Il a été professeur agrégé de sciences politiques et d’études africaines à l’Université James Madison de Harrisonburg, en Virginie. Dr Pham a également été directeur du «Nelson Institute for International and Public Affairs». Il est l’auteur de plus de 300 essais et revues. Il est aussi l’auteur, éditeur ou traducteur de plus d’une douzaine de livres, principalement sur l’histoire, la politique et l’économie africaines. De 2008 à 2017, Dr Pham a été vice-président de l’Association pour l’étude du Moyen-Orient et de l’Afrique (ASMEA), une organisation académique qui représente plus de 1300 chercheurs en études du Moyen-Orient et d’Afrique dans plus de 300 collèges et universités aux États-Unis et à l’étranger. En 2015, les responsables de la Smithsonian Institution l’ont élu au Conseil d’administration du «National Museum of African Art», dont il est actuellement le vice-président. MS/MD (AMAP)    

Le général Salif Traoré à Tombouctou : Le dispositif sécuritaire en place pour les législatives

Tombouctou, 12 mars (AMAP) Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Salif Traoré, après Mopti, s’est rendu à Tombouctou où il a échangé avec l’ensemble des acteurs sur la sécurisation des législatives de mars-avril 2020. Accueilli à sa descente d’avion par le gouverneur de région, Koïna Ag Ahmadou, le ministre a rendu une visite de courtoisie aux notabilités, avant de présider une réunion au gouvernorat avec les préfets des cinq cercles de la Région, les responsables des partis politiques, de la société civile et des forces de défense et de sécurité, ainsi que les chefs des mouvements armés signataires et non signataires. Le gouverneur de Région, Koïna Ag Ahmadou, s’est réjoui de la visite du ministre qui, selon lui, vient conforter les efforts déjà entrepris par les autorités locales. Il a rappelé que l’organisation et le déroulement des élections législatives est une émanation de la volonté du peuple exprimée lors du Dialogue national inclusif. Prenant la parole, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a déclaré être venu recueillir les préoccupations de la population en matière de sécurité. «Nous voulons que tout le monde se sente concerné. Nous sommes  conscients que la situation à Tombouctou est difficile aujourd’hui mais il va falloir du temps et de l’engagement de tous pour venir à bout de ces problèmes qui assaillent le pays. Malgré toutes ces difficultés, nous devons atteindre notre objectif majeur à court terme, à savoir l’organisation et la réussite des élections», a indiqué le général Salif Traoré, pour qui la sécurité est transversale et la collaboration de la population est indispensable. A ce propos, il a salué les efforts de Barkhane et de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) qui œuvrent au quotidien aux cotés des Forces de défense et de sécurité maliennes. Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a assuré que toutes les dispositions seront prises pour sécuriser l’organisation et le déroulement des élections législatives. Lors des échanges, les candidats ou leurs mandataires ont réaffirmé leur adhésion à la démanche des autorités. A la suite de cette réunion, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a rencontré au camp militaire les responsables de la MINUSMA et de Barkhane, les chefs de la sécurité et de défense et ceux des mouvements signataires pour débattre du plan de sécurisation des élections dans la région. MS/MD (AMAP) Amap-Tombouctou  

Mali : « Tous les tests sur le coronavirus se sont révélés négatifs » (Gouvernement)

Bamako, 12 mars (AMAP) Le ministre de la Communication, Yaya Sangaré a déclaré mercredi à Bamako que face à la persistance des rumeurs sur d’éventuels cas de coronavirus, le gouvernement, après des vérifications, dément et rassure les Maliens et les amis de notre pays, a appris l’AMAP de source officielle. «Le gouvernement rassure l’opinion nationale que les mesures appropriées sont prises pour le renforcement du dispositif de contrôle aux différentes entrées du pays pour prévenir le Coronavirus. Il rappelle que tous les cas d’alerte signalés jusque-là ont été testés négatifs», a tweeté le ministre Sangaré. Le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du gouvernement invite, par ailleurs, nos concitoyens à ne pas céder à la panique suite aux informations erronées faisant état de cas positifs déjà présents sur notre territoire. KM (AMAP)

Poisson fumé ou séché : La sécurité sanitaire sujette à caution

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 12 mars (AMAP) Les conditions de transformation et de conservation du poisson fumé ou séché laissent à désirer. L’hygiène est le cadet des soucis de nombre des acteurs de la filière. Pour ne rien arranger, il y a aussi l’utilisation de produits chimiques non homologués.Un tour sur les différents marchés de Bamako a permis de constater les conditions de vente de ce produit alimentaire tant sollicité par nos ménagères. Au Grand marché de condiments de Bamako, le poisson fumé et séché est exposé dans les cartons et à même le sol pour attirer la clientèle. Un peu partout, dans ce marché, les vendeurs installés en rangs dispersés vous propose un produit dont eux-mêmes ne maîtrisent pas la qualité. On note, rapidement, les mauvaises conditions de conservation et de vente du produit. Interrogé sur la conservation, Adama Diallo explique que sa marchandise provient de Mopti, mais, ignore pratiquement les conditions de transport. A ses dires, le poisson fumé arrive déjà infesté d’insectes et dans un état perceptible de dégradation. « Pour ne pas perdre notre bénéfice, nous le vendons tel quel », affirme-t-il. Non loin de ce vendeur, se trouve installé une dame. Elle s’appelle Alima Koné, également vendeuse de poisson fumé. On remarque, à vue d’œil, l’état poussiéreux de son produit avec les larves d’insectes. Fataliste, elle affirme ne rien maîtriser de la transformation et de la conservation du poison fumé et estime que la poussière et les infestations n’ont pas d’effets sur la santé puisque le poisson est d’abord cuit avant sa consommation. Spécialiste du fumage, Ramatou Bagayoko exerce ce métier depuis plus d’une dizaine d’années. Cette dame explique que le fumage et le séchage du poisson passent par plusieurs processus. Selon elle, pour avoir un bon poisson fumé et séché, il faut d’abord disposer de moyens adéquats de transformation tels que des fours, des séchoirs et accessoires. Aussi, il faut que le poisson à fumer soit de bonne qualité et non pas à l’état de putréfaction. Notre interlocutrice regrette que, très généralement, certains pêcheurs ou personnes chargées du fumage choisissent les poissons en état de putréfaction. Et certains utilisent des produits non conformes à la règlementation au plan national. Le poisson de mauvaise qualité, même bien fumé et séché, n’aura pas un goût agréable, ni de valeur nutritive et ne peut pas être conservé plus longtemps. Notre spécialiste affirme avoir reçu une formation dans le domaine. Elle explique que le séchage est une technique qui vise l’élimination de l’eau du poisson par évaporation en vue de réduire le taux d’humidité et baisser les chances de survie des bactéries. Quant au fumage, il consiste à réduire l’humidité du poisson par un feu et l’entretenir dans la fumée pour être séché. Ramatou Bagayoko explique qu’au cours de la transformation et de la conservation ou la mise sur le marché, le poisson peut subir les détériorations majeures de sa qualité nutritive et commerciale. Des infestations par les larves d’insectes, dont les mouches et les coléoptères, peuvent causer des pertes colossales sur la valeur marchande du poisson fumé et séché. Cette thèse est soutenue par notre premier interlocuteur Adama Diallo. La plupart des transformatrices et vendeurs interrogés sur la transformation et la conservation du poisson, ignorent que des produits comme des pesticides sont utilisés sur le poisson fumé et séché. Mais tous ont conscience qu’un pesticide peut avoir des effets préjudiciables sur la santé humaine. Selon une enquête réalisée par l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), en 2015, sur la conservation du poisson fumé et séché, et dont nous nous sommes procurés une copie, le marché du District est approvisionné à partir des marchés d’autres régions particulièrement celle de Mopti, mais, aussi à partir des marchés de Dakar et de la Mauritanie en ce qui concerne le poisson de mer. Selon le même rapport, pour 20% des enquêtées, la méthode la plus courante de préservation du produit passe par un traitement du stock. 69% pensent que le poisson fumé est la catégorie la plus attaquée par les parasites. 76% des réponses fournies mettent en évidence la méconnaissance des produits chimiques utilisés dans la conservation du poison transformé. Cette méconnaissance des effets nocifs de l’utilisation des pesticides dans cette filière est source de danger pour le consommateur. La pratique des techniques traditionnelles de transformation du poisson frais en poisson fumé et séché s’explique, selon le directeur national adjoint de la pêche, Alhousséyni Sarro, par la nature périssable du produit, l’absence d’une chaîne de froid (glace, chambre froide), la lenteur des moyens de déplacement, l’enclavement des zones de production et le manque de moyens de conservation. « Ce sont là, autant de facteurs qui obligent le pêcheur à recourir à la transformation par le séchage et le fumage », a-t-il ajouté. La transformation est une alternative de premier choix pour remédier au problème de conservation du poisson frais. « Le poisson qu’on arrive pas à vendre frais, on le transforme rapidement en poisson fumé et séché pour pouvoir le vendre », a expliqué M. Sarro. Pour lui, la problématique du poisson transformé vient du fait que les producteurs ne respectent pas certaines normes d’hygiène. C’est à cause de cela que les avaries sont plus fréquentes. A ces difficultés, s’ajoutent le manque de formation des acteurs à mieux transformer et le manque d’équipements. Le directeur national adjoint de la pêche, pense que pour avoir une bonne qualité de poisson fumé et séché conservable, il faut d’abord former les acteurs de la chaîne de transformation, fournir des moyens adéquats de transformation et de conservation (fours et séchoirs adaptés). Pour la conservation de longue durée, Alhousséyni Sarro, ingénieur vétérinaire d’élevage, a souligné qu’il existe des produits homologués, par le ministère de la Santé et celui de l’Elevage et de la Pêche, pour que le poisson ne soit pas infesté par les insectes. La structure d’encadrement appelée « Opération pêche » s’occupait de ce processus. Ces produits pour le traitement du poisson fumé et séché autorisés par l’arrêté interministériel n°89-2459/MEE/MSPAS sont le K-Othrine 25 mg, et l’Actellic 50 mg. M. Sarro indique