Liptako-Gourma : Un cadre de concertation pour faire face aux défis communs

Bamako, 12 mars (AMAP) Les ministres en charge de l’Administration territoriale de l’Autorité de développement intégré des Etats du Liptako-Gourma (ALG), réunis à Bamako, ont formalisé le cadre de concertation des gouverneurs des régions frontalières, mis en place pour mieux faire face aux défis communs. Ils ont, aussi, donné des orientations pour une coopération transfrontalière renforcée entre les autorités administratives frontalières des trois États. Cette réunion, sous la présidence du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, intervient après celle des gouverneurs des régions frontalières du Liptako-Gourma regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, les 10 et 11 mars derniers. Le thème était : «la stabilisation de la région du Liptako-Gourma». Dans son intervention, la représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Sénégal et coordinatrice par intérim du Hub sous régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a relevé que la rencontre des gouverneurs était une occasion opportune d’écouter ceux-là mêmes qui sont confrontés, quotidiennement, aux difficultés sécuritaires sans moyens efficients pour répondre aux besoins de leurs communautés. Le PNUD, a indiqué Mme Diabaté Amata Sangho, a participé avec un réel intérêt aux discussions des deux jours et apprécié la décision des gouverneurs des trois frontières de mettre en place un cadre de concertation pour faciliter la coopération transfrontalière dans cette zone devenue l’épicentre de la crise au Sahel. «Aujourd’hui, la coopération transfrontalière est encore plus nécessaire car c’est dans ces zones frontalières que la crise sécuritaire et humanitaire, qui sévit et s’aggrave tous les jours, se fait le plus sentir. C’est aussi dans ces zones que les efforts de développement ont une régression alarmante », a-t-elle fait remarquer. Pour sa part, la ministre de tutelle de l’ALG, Mme Lelenta Hawa Baba Ba, en charge des Mines et du Pétrole, s’est réjouie de la tenue de cette rencontre qui se situe dans le cadre du renforcement de la coopération transfrontalière entre les Etats membres du Liptako-gourma. Elle a rappelé la décision des chefs d’Etat de l’organisation d’inscrire désormais ses actions dans le continuum «sécurité-développement» eu égard à la situation sécuritaire dans chacun des pays. Selon la ministre, la zone frontalière commune aux Etats de l’ALG constitue, de nos jours, un sujet de préoccupation majeure pour les autorités du pays, pour la sous-région voire l’ensemble de la communauté internationale. Ornella Moderan, directrice des programmes de l’ONG DDG (Groupe danois de déminage) abondera dans le même sens. Elle a, aussi, ajouté que la stabilisation du Liptako-Gourma est une préoccupation partagée par sa structure qui intervient aux cotés de l’ALG dans le cadre d’un partenariat stratégique et par l’ensemble de la communauté humanitaire. Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a rendu hommage à l’Union africaine (UA) qui, dans son agenda 2063, indique que l’Afrique va se construire à travers ses régions. Selon Boubacar Alpha Bah, la création du cadre de concertation des régions frontalières du Liptako-Gourma est un acte très important dans ce sens. Cependant, il a suggéré une dynamique de rapprochement pour «effacer» les frontières. Cette réunion, a rappelé le ministre Bah, se tient à un moment où les trois Etats concernés font face à des défis similaires dans la région du Liptako-Gourma reconnue comme étant l’épicentre de la crise sécuritaire dans le Sahel. D’après lui, la sécurité et le développement sont, aujourd’hui, les défis majeurs de notre espace et aucun Etat pris seul ne peut y faire face. Cette situation commande donc aux Etats d’agir en synergie pour non seulement réfléchir sur les voies et moyens pour y faire face mais, aussi, s’accorder sur les actions à mettre en œuvre collectivement. Même s’il reconnait que des progrès ont été accomplis dans la lutte que mènent nos Etats contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, le ministre malien en charge de l’Administration territoriale pense que la situation sécuritaire demeure encore préoccupante. Il a dit que face aux défis multiformes auxquels la région du Liptako-Gourma est confrontée, chacun des Etats développe et met en œuvre des initiatives au niveau national. Mais pour des problèmes qui ont une dimension transfrontalière, il faut trouver des solutions communes, en inscrivant les démarches dans une dynamique de coopération transfrontalière. DD/MD (AMAP)

Diéma : On joue au football dans la poussière

Par Ouka Ba Diéma, 12 mars (AMAP) Le cas n’est pas propre à Diéma seulement, partout les terrains de football sont envahis par la poussière lors des matchs, des entraînements, des séances de gymnastique et autres activités sportives. La poussière soulevée par les joueurs flotte dans l’air, réduisant souvent la visibilité. Une bonne partie de cette poussière est aspirée par les joueurs et même les spectateurs. Dans le cercle de Diéma,  il existe, partout, des terrains de football  aux dimensions variées. A part, le stade de la ville de Diéma où la terre est plate, damée, tout le reste des terrains de football dégagent de la poussière, à telle enseigne qu’il est, parfois, difficile de suivre correctement les joueurs. Même les élèves qui y font souvent des séances de gymnastique, trouvent leur compte en poussière. Seydina explique que celui qui court derrière le ballon, ne sent pas la poussière. C’est la personne qui est à l’extérieur du terrain qui peut voir les nuages de poussière et se couvrir le nez avec un mouchoir. Selon ce père de famille, au lieu de se maintenir en bonne santé, les enfants courent le risque d’attraper des maladies respiratoires, en s’exposant quotidiennement aux couches de poussière. Sébé, du haut de ces quarante ans, pense qu’il faut sensibiliser les enfants pour l’abandon de cette pratique qu’il qualifie de non hygiénique, pour ne pas accabler  leurs parents avec des ordonnances. Ousmane pose un seul préalable. « Avant de commencer à jouer ou à s’entraîner, dit-il, il faut arroser le terrain avec de l’eau ». Harouna, lui,  s’oppose à cette idée qu’il trouve extravagante. Il soutient qu’il est difficile d’avoir la quantité d’eau nécessaire pour arroser un terrain de football, surtout avec la rareté du précieux liquide, en cette période de canicule. Un passager bloqué à cause de la panne du bus qu’il avait emprunté, ajoute son grain de sel. L’homme raconte que le phénomène existe même dans les grandes villes. « A Kayes, poursuit-il,  je quittais mon logement à Légal Ségou pour me rendre au marché de légumes. Sur mon chemin, deux équipes étaient en compétition. On distinguait à peine les joueurs, tant ils étaient enveloppés par la poussière ». Saïbou, pense différemment. D’après lui, il suffit de boire régulièrement du lait frais pour enlever tous les résidus de poussière qui s’accumulent dans les poumons. En la matière, Issiaka l’infirmier, affirme qu’à défaut d’arroser le terrain avec de l’eau, il faut  mettre de l’huile goménolée dans les narines pour empêcher les microbes de s’infiltrer et attraper des maladies respiratoires et autres pathologies. OB/MD (AMAP)  

Dr J Peter Pham: nouvel envoyé spécial des États-Unis pour le Sahel

Bamako, 12 mars (AMAP) Le Département d’Etat des Etats Unis d’Amérique a annoncé la nomination du Dr J Peter Pham en qualité d’envoyé spécial pour le Sahel. Ce diplomate était auparavant l’Envoyé spécial de son pays pour la région des Grands Lacs d’Afrique et était chargé de coordonner la mise en œuvre de la politique américaine sur la sécurité transfrontalière, les questions politiques et économiques dans cette partie du continent. Ce, en mettant l’accent sur le renforcement les institutions démocratiques et la société civile, ainsi que le retour volontaire, en toute sécurité des réfugiés et des personnes déplacées de la région. Dr J Peter Pham est titulaire d’une licence en économie de l’Université de Chicago et d’un doctorat de l’Université grégorienne, ainsi que des diplômes de troisième cycle en histoire, droit, relations internationales et théologie. Il a été professeur agrégé de sciences politiques et d’études africaines à l’Université James Madison de Harrisonburg, en Virginie. Dr Pham a également été directeur du «Nelson Institute for International and Public Affairs». Il est l’auteur de plus de 300 essais et revues. Il est aussi l’auteur, éditeur ou traducteur de plus d’une douzaine de livres, principalement sur l’histoire, la politique et l’économie africaines. De 2008 à 2017, Dr Pham a été vice-président de l’Association pour l’étude du Moyen-Orient et de l’Afrique (ASMEA), une organisation académique qui représente plus de 1300 chercheurs en études du Moyen-Orient et d’Afrique dans plus de 300 collèges et universités aux États-Unis et à l’étranger. En 2015, les responsables de la Smithsonian Institution l’ont élu au Conseil d’administration du «National Museum of African Art», dont il est actuellement le vice-président. MS/MD (AMAP)    

Le général Salif Traoré à Tombouctou : Le dispositif sécuritaire en place pour les législatives

Tombouctou, 12 mars (AMAP) Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Salif Traoré, après Mopti, s’est rendu à Tombouctou où il a échangé avec l’ensemble des acteurs sur la sécurisation des législatives de mars-avril 2020. Accueilli à sa descente d’avion par le gouverneur de région, Koïna Ag Ahmadou, le ministre a rendu une visite de courtoisie aux notabilités, avant de présider une réunion au gouvernorat avec les préfets des cinq cercles de la Région, les responsables des partis politiques, de la société civile et des forces de défense et de sécurité, ainsi que les chefs des mouvements armés signataires et non signataires. Le gouverneur de Région, Koïna Ag Ahmadou, s’est réjoui de la visite du ministre qui, selon lui, vient conforter les efforts déjà entrepris par les autorités locales. Il a rappelé que l’organisation et le déroulement des élections législatives est une émanation de la volonté du peuple exprimée lors du Dialogue national inclusif. Prenant la parole, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a déclaré être venu recueillir les préoccupations de la population en matière de sécurité. «Nous voulons que tout le monde se sente concerné. Nous sommes  conscients que la situation à Tombouctou est difficile aujourd’hui mais il va falloir du temps et de l’engagement de tous pour venir à bout de ces problèmes qui assaillent le pays. Malgré toutes ces difficultés, nous devons atteindre notre objectif majeur à court terme, à savoir l’organisation et la réussite des élections», a indiqué le général Salif Traoré, pour qui la sécurité est transversale et la collaboration de la population est indispensable. A ce propos, il a salué les efforts de Barkhane et de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) qui œuvrent au quotidien aux cotés des Forces de défense et de sécurité maliennes. Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a assuré que toutes les dispositions seront prises pour sécuriser l’organisation et le déroulement des élections législatives. Lors des échanges, les candidats ou leurs mandataires ont réaffirmé leur adhésion à la démanche des autorités. A la suite de cette réunion, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a rencontré au camp militaire les responsables de la MINUSMA et de Barkhane, les chefs de la sécurité et de défense et ceux des mouvements signataires pour débattre du plan de sécurisation des élections dans la région. MS/MD (AMAP) Amap-Tombouctou  

Mali : « Tous les tests sur le coronavirus se sont révélés négatifs » (Gouvernement)

Bamako, 12 mars (AMAP) Le ministre de la Communication, Yaya Sangaré a déclaré mercredi à Bamako que face à la persistance des rumeurs sur d’éventuels cas de coronavirus, le gouvernement, après des vérifications, dément et rassure les Maliens et les amis de notre pays, a appris l’AMAP de source officielle. «Le gouvernement rassure l’opinion nationale que les mesures appropriées sont prises pour le renforcement du dispositif de contrôle aux différentes entrées du pays pour prévenir le Coronavirus. Il rappelle que tous les cas d’alerte signalés jusque-là ont été testés négatifs», a tweeté le ministre Sangaré. Le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du gouvernement invite, par ailleurs, nos concitoyens à ne pas céder à la panique suite aux informations erronées faisant état de cas positifs déjà présents sur notre territoire. KM (AMAP)

Poisson fumé ou séché : La sécurité sanitaire sujette à caution

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 12 mars (AMAP) Les conditions de transformation et de conservation du poisson fumé ou séché laissent à désirer. L’hygiène est le cadet des soucis de nombre des acteurs de la filière. Pour ne rien arranger, il y a aussi l’utilisation de produits chimiques non homologués.Un tour sur les différents marchés de Bamako a permis de constater les conditions de vente de ce produit alimentaire tant sollicité par nos ménagères. Au Grand marché de condiments de Bamako, le poisson fumé et séché est exposé dans les cartons et à même le sol pour attirer la clientèle. Un peu partout, dans ce marché, les vendeurs installés en rangs dispersés vous propose un produit dont eux-mêmes ne maîtrisent pas la qualité. On note, rapidement, les mauvaises conditions de conservation et de vente du produit. Interrogé sur la conservation, Adama Diallo explique que sa marchandise provient de Mopti, mais, ignore pratiquement les conditions de transport. A ses dires, le poisson fumé arrive déjà infesté d’insectes et dans un état perceptible de dégradation. « Pour ne pas perdre notre bénéfice, nous le vendons tel quel », affirme-t-il. Non loin de ce vendeur, se trouve installé une dame. Elle s’appelle Alima Koné, également vendeuse de poisson fumé. On remarque, à vue d’œil, l’état poussiéreux de son produit avec les larves d’insectes. Fataliste, elle affirme ne rien maîtriser de la transformation et de la conservation du poison fumé et estime que la poussière et les infestations n’ont pas d’effets sur la santé puisque le poisson est d’abord cuit avant sa consommation. Spécialiste du fumage, Ramatou Bagayoko exerce ce métier depuis plus d’une dizaine d’années. Cette dame explique que le fumage et le séchage du poisson passent par plusieurs processus. Selon elle, pour avoir un bon poisson fumé et séché, il faut d’abord disposer de moyens adéquats de transformation tels que des fours, des séchoirs et accessoires. Aussi, il faut que le poisson à fumer soit de bonne qualité et non pas à l’état de putréfaction. Notre interlocutrice regrette que, très généralement, certains pêcheurs ou personnes chargées du fumage choisissent les poissons en état de putréfaction. Et certains utilisent des produits non conformes à la règlementation au plan national. Le poisson de mauvaise qualité, même bien fumé et séché, n’aura pas un goût agréable, ni de valeur nutritive et ne peut pas être conservé plus longtemps. Notre spécialiste affirme avoir reçu une formation dans le domaine. Elle explique que le séchage est une technique qui vise l’élimination de l’eau du poisson par évaporation en vue de réduire le taux d’humidité et baisser les chances de survie des bactéries. Quant au fumage, il consiste à réduire l’humidité du poisson par un feu et l’entretenir dans la fumée pour être séché. Ramatou Bagayoko explique qu’au cours de la transformation et de la conservation ou la mise sur le marché, le poisson peut subir les détériorations majeures de sa qualité nutritive et commerciale. Des infestations par les larves d’insectes, dont les mouches et les coléoptères, peuvent causer des pertes colossales sur la valeur marchande du poisson fumé et séché. Cette thèse est soutenue par notre premier interlocuteur Adama Diallo. La plupart des transformatrices et vendeurs interrogés sur la transformation et la conservation du poisson, ignorent que des produits comme des pesticides sont utilisés sur le poisson fumé et séché. Mais tous ont conscience qu’un pesticide peut avoir des effets préjudiciables sur la santé humaine. Selon une enquête réalisée par l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), en 2015, sur la conservation du poisson fumé et séché, et dont nous nous sommes procurés une copie, le marché du District est approvisionné à partir des marchés d’autres régions particulièrement celle de Mopti, mais, aussi à partir des marchés de Dakar et de la Mauritanie en ce qui concerne le poisson de mer. Selon le même rapport, pour 20% des enquêtées, la méthode la plus courante de préservation du produit passe par un traitement du stock. 69% pensent que le poisson fumé est la catégorie la plus attaquée par les parasites. 76% des réponses fournies mettent en évidence la méconnaissance des produits chimiques utilisés dans la conservation du poison transformé. Cette méconnaissance des effets nocifs de l’utilisation des pesticides dans cette filière est source de danger pour le consommateur. La pratique des techniques traditionnelles de transformation du poisson frais en poisson fumé et séché s’explique, selon le directeur national adjoint de la pêche, Alhousséyni Sarro, par la nature périssable du produit, l’absence d’une chaîne de froid (glace, chambre froide), la lenteur des moyens de déplacement, l’enclavement des zones de production et le manque de moyens de conservation. « Ce sont là, autant de facteurs qui obligent le pêcheur à recourir à la transformation par le séchage et le fumage », a-t-il ajouté. La transformation est une alternative de premier choix pour remédier au problème de conservation du poisson frais. « Le poisson qu’on arrive pas à vendre frais, on le transforme rapidement en poisson fumé et séché pour pouvoir le vendre », a expliqué M. Sarro. Pour lui, la problématique du poisson transformé vient du fait que les producteurs ne respectent pas certaines normes d’hygiène. C’est à cause de cela que les avaries sont plus fréquentes. A ces difficultés, s’ajoutent le manque de formation des acteurs à mieux transformer et le manque d’équipements. Le directeur national adjoint de la pêche, pense que pour avoir une bonne qualité de poisson fumé et séché conservable, il faut d’abord former les acteurs de la chaîne de transformation, fournir des moyens adéquats de transformation et de conservation (fours et séchoirs adaptés). Pour la conservation de longue durée, Alhousséyni Sarro, ingénieur vétérinaire d’élevage, a souligné qu’il existe des produits homologués, par le ministère de la Santé et celui de l’Elevage et de la Pêche, pour que le poisson ne soit pas infesté par les insectes. La structure d’encadrement appelée « Opération pêche » s’occupait de ce processus. Ces produits pour le traitement du poisson fumé et séché autorisés par l’arrêté interministériel n°89-2459/MEE/MSPAS sont le K-Othrine 25 mg, et l’Actellic 50 mg. M. Sarro indique

Bankass : Dix personnes tuées et des habitations incendiées à Kourkanda

Bankass, 12 mars (AMAP) Dix personnes ont été tuées et des habitations incendiées par des hommes armés non identifiés, lundi, à Kourkanda, localité située dans le Cercle de Bankass, Région de Mopti (Centre), vers la frontière avec le Burkina Faso, a appris l’AMAP mercredi de sources concordantes. Les mêmes sources déclarent que les assaillants, à motos, ont attaqué le village vers 19H 30 e, faisant 10 morts avant de mettre le feu aux  habitations et disparaître dans la nature. Nos sources ne précisent pas s’il y a des blessés, ni la direction prise par les assaillants après leur forfait, encore moins leur motivation ou encore le déploiement des forces de défense dans la zone pour retrouver les terroristes et protéger les populations. Le Centre du Mali est devenu, depuis 2015, le théâtre de  grandes violences ayant fait plusieurs victimes civiles et militaires et de nombreux dégâts matériels avec l’apparition d’un groupe jihadiste dirigé par le prédicateur Amadou Koufa qui a  rejoint le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel affiliée à Al-Qaïda. KM (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi, 11 mars 2020

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 11 mars 2020 dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence de Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté des projets de texte ; et procédé à des nominations. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté : des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de prêt, signé à Bamako, le 29 octobre 2019, entre le Gouvernement de la République du Mali, la Banque Africaine de Développement et le Fonds Africain de Développement, relatif au Projet d’Aménagement de la route Transsaharienne (RTS-phase 2-Section Bourem-Kidal). Des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de prêt, signé à Bamako, le 29 octobre 2019, entre le Gouvernement de la République du Mali et le Fonds Africain de Développement, en vue du financement du Projet d’Aménagement de la route Transsaharienne (RTS-Phase 2-Section Bourem-Kidal). Par le premier Accord, la Banque Africaine de Développement et le Fonds Africain de Développement accordent au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 23 millions 140 mille Unités de Compte, soit 18 milliards 257 millions 112 mille 9 cents francs CFA environ. Par le second Accord, le Fonds Africain de Développement accorde au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 8 millions 460 mille Unités de Compte, soit 6 milliards 674 millions 813 mille 100 francs CFA environ. Les prêts sont destinés au financement de la construction de la route Transsaharienne au Mali. La réalisation de cette route facilitera la circulation des personnes et de leurs biens. Des projets de texte relatifs à la ratification de la Convention financière, signée à Bamako, le 27 novembre 2019, entre le Gouvernement de la République du Mali et la Société CASSA DEPOSITI E PRESTITI S.p.A, pour le financement de la Brigade verte pour l’emploi : « Projet d’Aménagement de 3 000 ha dans les Régions de Kayes et de Nioro du Sahel ». Dans le cadre de la réalisation de ce projet, la Société CASSA DEPOSITI E PRESTITI S.p.A met à la disposition du Gouvernement de la République du Mali, un montant maximum de 9 millions d’Euros, soit 5 milliards 903 millions 613 mille francs CFA. Le projet contribuera à la sécurité alimentaire, au renforcement de la résilience dans les zones affectées par la désertification et à la gestion durable des ressources naturelles. Il permettra également de procurer des revenus aux jeunes, aux familles démunies et aux migrants de retour. AU TITRE DU MINISTERE DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA POPULATION Sur le rapport du ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du Schéma local d’Aménagement du Territoire 2019-2038 du Cercle de Kadiolo, Région de Sikasso. La mise en œuvre du schéma approuvé permettra entre autres : de réduire les disparités géographiques et socioéconomiques entre les Communes du Cercle ; de favoriser l’émergence de zones économiques axées sur des pôles de développement agro-sylvo-pastoraux ; de promouvoir la gestion concertée de l’espace territorial du Cercle à travers la répartition équitable des infrastructures et équipements sociaux de base ; de valoriser les potentialités naturelles, socioéconomiques et culturelles existantes du Cercle ; d’améliorer le cadre de vie à travers des investissements créateurs d’emplois et de richesses. L’approbation du Schéma local d’Aménagement du territoire du Cercle de Kadiolo s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Gouvernance Locale Démocratique. AU TITRE DU MINISTERE DU DIALOGUE SOCIAL, DU TRAVAIL ET DE LA FONCTION PUBLIQUE Sur le rapport du ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant le taux mensuel de l’indemnité de résidence allouée au personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Education préscolaire et spéciale. L’adoption du présent projet de décret s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Procès-verbal de conciliation, signé le 18 mai 2019, entre le Gouvernement et les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016. L’octroi de cette indemnité s’inscrit dans le cadre de l’apaisement du climat social. AU TITRE DU MINISTERE DES DOMAINES ET DES AFFAIRES FONCIERES Sur le rapport du ministre des Domaines et des Affaires foncières, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi domaniale et foncière. La gestion domaniale et foncière au Mali connait de nombreuses difficultés dont : la multiplicité des acteurs et des titres de propriété ; l’occupation anarchique du domaine public ; l’insuffisance de la publicité lors de la procédure d’immatriculation ; les difficultés d’application de certaines décisions de justice. Le projet de loi adopté apporte un certain nombre d’innovations entre autres : la possibilité donnée au ministre chargé des Domaines d’annuler à tout moment, toute attribution faite dans le domaine public sans déclassement préalable ; la suppression de la concession rurale comme mode d’attribution des terrains du domaine privé immobilier de l’Etat ; la limitation de la cession directe aux parcelles à usage d’habitation ; la constatation des droits coutumiers conformément aux dispositions de la loi sur le foncier agricole ; l’insertion d’un titre dédié au cadastre ; la création du Guichet unique du foncier ; l’amélioration de la publicité foncière et son adaptation aux réalités socioculturelles ; le recours à l’action récursoire contre les agents fautifs ; la primauté accordée à la première immatriculation régulière en cas de double immatriculation d’un même immeuble ; la reconnaissance de la validité des titres précaires donnés par l’Administration avant l’adoption de la présente loi, ce, jusqu’à leur transformation en titre foncier ; la fixation d’un délai de dix (10) ans pour la transformation des titres provisoires en titres fonciers en milieu urbain.

Mali : Le rapport de l’ONU souligne des accointances entre la CMA et les terroristes

Bamako, 11 mars (AMAP) Le Groupe d’experts des Nations unies déclare que les postes avancés et les bases militaires à Tombouctou et à Ménaka de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) « illustrent clairement sa stratégie de coexistence avec les groupes terroristes et sont des vecteurs clefs de son expansion ». Dans son rapport à mi-parcours, en date du 28 février dernier, les experts onusiens confirment ainsi que les ex-rebelles continuent de pactiser avec les groupes terroristes qui avaient lreurs alliés, en 2012, pour occuper les Régions dans le Nord du Mali. Les experts, dans le document de 43 pages, transmis au Conseil de sécurité de l’ONU, le 28 février dernier, souligne le retrait de la CMA de l’alliance des groupes armés destinée à combattre le terrorisme et à reprendre le contrôle du terrain perdu d’abord face au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et, ensuite, la «Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique». Courant 2019, le général El Hadji Ag Gamou avait convié à Bamako les chefs des principaux groupes armés pour mettre cette alliance en place. Après avoir adhéré à l’initiative, la CMA a poursuivi sa propre stratégie de coexistence avec les terroristes. Une façon pour la coordination d’étendre et maintenir son emprise sur les plans politique et de la sécurité hors la Région de Kidal, sans solliciter excessivement son appareil militaire limité à environ 2 500 hommes. C’est ainsi que dans la Commune de Talataye (Gao), développent les experts, la « CMA a imposé sa présence au MSA-D après une série d’actes terroristes revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), qui ont contraint les fractions Daoussak soutenant le Mouvement à négocier et à accepter le retour des adeptes parmi elles de la Coordination et leurs chefs politiques ». La CMA s’est adossée à ce même groupe et à la Province d’Afrique de l’ouest de l’État islamique pour étendre ses tentacules dans les Régions de Tombouctou, de Gao et de Ménaka, où certains soutiens du GATIA ont assassinés. Les experts font, également, remarquer que la perte progressive de contrôle territorial et d’influence de la part du GATIA dans la région du Gourma, ainsi que de l’alliance GATIA/MSA dans les régions précitées, coïncide également avec une pression de plus en plus grande exercée sur les armées nationales (Mali, Burkina Faso et Niger). L’axeGao-Ansongo-Labézanga, voie commerciale majeure reliant Gao au Niger, traditionnellement contrôlée par des milices locales affiliées à la Coordination des mouvements et fronts patriotiques de résistance, serait à présent sous le contrôle de la « Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique ». De quoi renforcer la capacité de nuisance de ce groupe terroriste dans la zone des trois frontières A coup d’attaques barbares, ces terroristes ont contraint les Forces armées maliennes (FAMa) à abandonner certaines bases. Et ces retraits ont «servi à justifier l’extension constante de la présence de la CMA dans le secteur de Gourma et la Région de Ménaka », selon les experts qui ajoutent que, dans le même temps, les chefs traditionnels et militaires Imghad et Daoussak ont été nombreux à changer d’allégeance en 2019, passant du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA) et du MSA au Haut conseil de l’unité de l’Azawad (HCUA). Ce dernier, dans des communiqués officiels, a ouvertement fait savoir « qu’adhérer au Haut-Conseil protégerait les populations contre le terrorisme». Aussi, « les postes avancés et les bases militaires à Tombouctou et à Ménaka de la CMA illustrent clairement sa stratégie de coexistence avec les groupes terroristes et sont des vecteurs clefs de son expansion ». En particulier, celles de Foïta et de Tinfadimata, situées respectivement aux frontières avec la Mauritanie et le Niger. Depuis 2015, la base de Foïta est suspectée de s’être mise en contact avec des groupes terroristes armés basés dans la forêt de Ouagadou, dans la zone de Méma et dans le Centre du pays. Et de multiples sources ont rapporté aux experts qu’elle avait servi de base arrière ou apporté un soutien aux raids contre les bases des FAMa à Nampala, Dioura et Soumpi. Bah Ag Moussa, qui a mené l’attaque contre Dioura, aurait été accueilli plusieurs fois à Foïta. Aussi, Hamza Ag Iyad, le fils de Iyad Ag Ghali, se serait rendu fréquemment dans la zone de Nampala. Quant à la base de Tinfadimata, elle sert de centre militaire au HCUA dans la Région de Ménaka. Le Groupe d’experts enquête, actuellement, sur la façon dont cette position a récemment servi de base arrière au cours d’attaques contre les forces militaires et de sécurité du Mali et du Niger. Aussi, en juillet 2019, la CMA a mis en place un poste de contrôle sur la route RN20 à Inhagana, à 30 kilomètres à l’est d’In-Délimane. Ce poste est sous le commandement d’un certain « Alwayjam », ex-membre du Mujao et qui était soupçonné de commander une grande « ferka »ayant mené plusieurs attaques dans la région d’In-Délimane. La CMA n’a toujours pas apporté de démenti à ces incriminations. Approché par nos confrères de Studio Tamani, son président, Sidi Mohamed Ould Sidati, a annoncé la « mise en place d’une commission pour analyser le rapport ». ID/MD (AMAP)

Les gouverneurs des régions frontalières du Liptako-Gourma discutent stabilisation de l’espace commun

Bamako, 11 mars (AMAP)  La deuxième rencontre des gouverneurs des régions de la zone des trois frontières (Mali- Burkina- Niger) se tient, du 10 au 12 mars, à Bamako, sous le thème de  «La stabilisation de la Région du Liptako-Gourma»m avec comme objectif de formaliser ce cadre de concertation. La rencontre est organisée par le secrétariat exécutif de l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG), avec le soutien du Programme des Nations-unies pour le développement (PNUD) et le Groupe danois de déminage (DDG). La cérémonie d’ouverture des travaux a présidée hier par le chef de cabinet du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Haminy Belco Maiga, en présence du secrétaire exécutif par intérim de l’ALG, Oua Seydou. Dans son allocution, celui-ci a indiqué que grâce au partenariat entre l’ALG et le système des Nations unies, ainsi que d’autres partenaires, plusieurs opportunités s’offrent désormais à son institution, pour une meilleure implication des autorités administratives frontalières et des élus locaux. Ce, a poursuivi Oua Seydou, « pour faire face aux menaces transnationales multiformes, aux défis humanitaires et ceux liés au développement qui se posent avec acuité dans l’espace du Liptako-Gourma, encore appelé la zone des trois frontières ». Dans son discours d’ouverture, le chef de cabinet du ministre en charge de l’Administration territoriale, Haminy Belco Maiga, a souligné que de multiples initiatives de stabilisation sont en cours dans chacun des États membres de l’espace ALG. « Malgré tout, a-t-il-tempéré, les solutions aux problèmes de cette zone doivent être aussi trouvées dans une dynamique de coopération transfrontalière à tous les niveaux où cela est possible ». «D’où l’attention toute particulière que les autorités politiques des trois États membres de notre organisation sous régionale accordent à votre initiative de créer un cadre de concertation transfrontalier formel et pérenne», a déclaré le chef de cabinet. Le représentant du PNUD, Jo Scheuer, a souligné que selon les chiffres officiels, en 2019, environ 90% des fatalités au Mali ont eu lieu dans les régions du Liptako-Gourma (Mopti, Gao, Tombouctou et Ménaka). D’autres chiffres aussi alarmants, publiés en janvier dernier, a ajouté M. Scheuer, indiquent « que plus de 1.200 écoles sont fermées au Mali dont la grande partie se trouve dans la Région de Mopti ». Et le diplomate onusien de rappeler que la détérioration de la situation dans cette zone a fait l’objet de discussions au niveau des chefs d’États à Pau, en France. Au nom du Conseil danois pour les réfugiés, Malek Akchour, a salué l’initiative de cet espace qui constitue, selon lui, un outil formidable pour l’accompagnement des dynamiques transfrontalières en matière de sécurité et de développement. Mercredi s’ouvre, à Bamako, la réunion des ministres en charge de l’Administration territoriale des pays membres de l’Autorité de développement intégré des Etats du Liptako- Gourma. AT/MD (AMAP)