Lutte contre l’extrémisme violent dans le Liptako-Gourma : Les acteurs en conclave à Bamako, au Mali

Bamako 28 Oct (AMAP) Un atelier pour poser le diagnostic commun des multiples risques, vulnérabilités, défis, enjeux et interactions dans la Région du Liptako-Gourma a débuté, lundi, à l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye (EPM-ABB) à Bamako, au Mali, et a pris fin mercredi. Le séminaire, dont le thème est : « Initiatives de transformation des conflits et la lutte contre l’extrémisme violent : expériences et bonnes pratiques des femmes et des jeunes dans le Liptako-Gourma», vise aussi à créer un espace de partage d’expériences transfrontalières dans le cadre de la lutte contre la criminalité, le terrorisme et l’extrémisme violent mais, aussi, à favoriser la synergie d’actions et le réseautage entre les différents acteurs, intervenant dans la Région La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Bintou Founè Samaké, en présence de son collègue des Affaires religieuses et du Culte, Dr Mahamadou Koné, de l’ambassadeur du Japon au Mali, Daisuke Kuroki et du directeur général de l’EMP-ABB, le général Mody Beréthé. Le projet, financé par le Japon, à hauteur de 131,5 millions de Fcfa, vise à créer un espace de partage d’expériences, tirées des différentes initiatives locales entreprises par les femmes et les jeunes dans le Liptako-Gourma pour la recherche de la stabilité. Le directeur général de l’EMP-ABB a indiqué que la Région frontalière du Liptako-Gourma, couvrant des parties du Niger, du Mali et du Burkina Faso fait face, depuis 2012, à un climat d’insécurité et de violence permanente et continue. « Il s’agit notamment de deux régions au Niger (Tillabéry et Dosso), de quatre régions au Mali (Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal) et de huit autres au Burkina Faso (Ouagadougou, Tenkodo, Manga, Kaya, Fada-N’Gourma, Ziniaré, Ouahigouya et Dori)», a-t-il précisé. Le général Béréthé a aussi souligné que la jeunesse de ces pays est touchée par le chômage, l’insuffisance de perspectives, la porosité des frontières, la fragilisation des liens entre les autorités locales et les populations. Mais aussi par les vulnérabilités socioéconomiques qui sont parmi les éléments constituant le lit de la criminalité, de l’extrémisme violent et du terrorisme. La ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille a dit qu’aujourd’hui, la Région frontalière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger est minée par un climat d’insécurité et de violence, depuis 2012. Selon Bintou Founè Samaké, la fragilité de cet espace puise ses racines dans un terreau de vulnérabilités socioéconomiques. « Dans ce contexte, dira-t-elle, les femmes et les jeunes ont un rôle prépondérant à jouer pour le retour de la paix et de la cohésion sociale ». Pour la ministre en charge de la Promotion de la Femme, l’apport et le potentiel de ceux-ci dans la prévention des conflits et de l’extrémisme violent dans les trois pays est mal connu et peu documenté. Pourtant leur rôle est déterminant au triple plan : local, national et international. C’est au regard de ce constat, en termes de non visibilité de leurs actions dans ces zones de conflit que l’EMP-ABB a voulu attirer l‘attention des décideurs et des partenaires techniques et financiers sur le travail abattu dans l’ombre par les femmes et les jeunes à travers cet atelier. Quant au ministre des Affaires religieuses et du Culte, il a rappelé que le gouvernement a élaboré et adopté en 2018 la Politique nationale de la prévention et de la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme au Mali. A en croire Dr Mahamadou Koné, cette politique s’articule autour de cinq axes principaux, à savoir : la prévention, la protection, la poursuite, la réponse et la cohésion sociale. Pour sa part, l’ambassadeur du Japon dira que le projet vise à développer un cadre de partage des meilleures pratiques et expériences entre les acteurs de la sécurité et coordonner les mécanismes, actions et initiatives de stabilisation. Daisuke Kuroki a confirmé l’engagement de son pays à contribuer à une paix durable dans les zones en conflit, dont le Liptako-Gourma. AD/MD (AMAP)  

Négociation avec les terroristes : La France isolée ?

Par Issa DEMBELE Bamako 28 Oct (AMAP) Faut-il négocier ou non avec les terroristes ? La question a refait surface à l’occasion de la récente visite du ministre français des Affaires étrangères et de l’Europe, Jean-Yves Le Drian, au Mali. Paris et Bamako ne sont pas sur la même longueur d’ondes sur le sujet. L’ancienne puissance coloniale s’en tient exclusivement à la mise en œuvre de l’Accord pour ramener la paix. Les Maliens, las d’une crise interminable, veulent bien dialoguer avec certains chefs terroristes. S’étalant au grand jour, cette divergence, qui n’était qu’un secret de polichinelle, a quelque peu froissé les enthousiasmes suscités par l’arrivée du chef de la diplomatie française. Nombre de Maliens ne s’expliquent pas la posture de l’ancienne puissance coloniale qui devrait pourtant se rendre à l’évidence : malgré les actions militaires, aucune amélioration substantielle de la situation ne semble se concrétiser du point de vue de la sécurité. Un constat qui a d’ailleurs amené nombre d’analystes à préconiser un changement de cap via l’instauration d’un dialogue avec les groupes terroristes, tout particulièrement avec Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Koufa. L’instauration d’un tel dialogue permettra, au moins, d’assurer aux populations une baisse des actions terroristes et ouvrir la voie aux convois humanitaires à destination des zones où les hommes de ces deux chefs terroristes sont actifs. Nul doute que les populations dans la Région de Mopti sont aujourd’hui preneuses d’un cessez-le-feu, même précaire. Et dans les rangs des forces armées, on applaudirait pour moins que ça. Car le décompte des victimes est devenu lassant dans les états-majors. Un tel dialogue avait été proposé, naguère, par les rédacteurs d’un rapport de l’International Crisis Group (ICG). Ce rapport a eu un fort impact, tant dans le monde de la recherche qu’auprès des décideurs politiques. Pour le chercheur Ibrahim Yahaya, auteur principal de ce rapport rendu public le 28 mai dernier, négocier est une nécessité pour l’Etat malien. «Il n’y a pas d’autres alternatives crédibles et il devient urgent de sortir de l’impasse », soutient le chercheur. Mieux, les appels à engager des négociations avec les groupes terroristes ont émané des milieux où on s’y attendait le moins. Dans une tribune parue dans le quotidien suisse  « Le Temps », le commissaire de l’Union africaine à la paix, Smaïl Chergui, soutient qu’il convient désormais « d’explorer la voie du dialogue avec les extrémistes » en faisant le parallèle avec l’Afghanistan. Quelques jours plus tard, dans une interview au journal « Le Monde », le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appuyé clairement cette approche. « Il y aura des groupes avec lesquels on pourra parler et qui auront intérêt à s’engager dans ce dialogue pour devenir des acteurs politiques dans le futur», a analysé Antonio Guterres, citant aussi l’exemple afghan. A l’échelle nationale, l’ancien président, Ibrahim Boubacar Keïta, avait publiquement reconnu « la nécessité d’explorer les voies d’une sortie de crise après huit années de guerre sans issue rapide en vue». Lui aussi avait cité les modèles algérien et afghan. Il sera conforté dans son analyse par les conclusions du Dialogue national inclusif (DNI) lors duquel, les participants ont jugé utile d’engager des pourparlers avec les « terroristes maliens». Il est important que la France souscrive à cette démarche. Paris aurait une voix beaucoup plus audible si les actions militaires avaient un tant soit peu réduit l’ampleur des activités des terroristes. Malgré l’action de Barkhane et des militaires des pays sahéliens, les groupes terroristes continuent d’étendre leur emprise sur le territoire malien. Un temps, l’ampleur des attaques et leur caractère meurtrier avait même provoqué une levée de bouclier contre la présence militaire française sur notre sol. Ceux qui voulaient pousser les soldats français hors de nos frontières soutenaient que leur présence n’avait pas de sens du moment où elle ne nous évitait pas de subir les assauts meurtriers des terroristes. Si cette position semblait extrémiste, il est vrai que l’attitude des militaires français ne manquait pas de susciter des interrogations. Les soldats maliens isolés subissaient des assauts massifs des terroristes et les combats duraient des heures. Mais Barkhane ne volait pas au secours des soldats submergés par l’ennemi. Aussi, Paris feint d’ignorer l’existence de passerelles entre certains groupes signataires et les groupes terroristes. Les experts indépendants des Nations unies ont même révélé récemment les identités de ceux qui pêchent en eau trouble. Confirmant ainsi les accusations portées par le président nigérien à l’encontre des maîtres de Kidal, d’où seraient « planifiées des attaques terroristes contre les forces nigériennes ». On ne perd rien en essayant la voie du dialogue avec ceux qui veulent bien faire la paix. ID (AMAP)

Covid-19 au Mali : 16 nouveaux cas enregistrés mardi

Bamako, 28 octobre (AMAP) Seize (16) nouveaux cas positifs à la Covid -19 ont été enregistrés mardi au Mali, portant le nombre total de la contamination à 3515 dont 2665 guérisons et 136 décès, a appris l’AMAP de source officielle. Les services de santé précisent que sur les 16 nouveaux cas enregistrés, 3 cas ont été découverts à Kéniéba (région de Kayes), 2 cas à Yanfolila (région de Sikasso), 3 cas en CI, 1 cas en CII, 6 cas en CV et 1 cas en CVI du district de Bamako. L’Institut de santé publique (ISP) déclare par ailleurs que 503 personnes -contact font l’objet d’un suivi quotidien avant d’inviter les populations à la sérénité et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)

Le reporter sportif Cheick Amadou Barry de l’ORTM est décédé mardi à l’âge de 55 ans

Bamako, 28 octobre (AMAP) Le reporter sportif Cheick Amadou Barry de l’ORTM est décédé mardi à l’âge de 55 ans, à Bamako dès suite d’une maladie, a appris l’AMAP de sources concordantes. Cheick Amadou Barry a rejoint l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM), en 2002, après avoir travaillé à Radio Guintan et à Radio Patriote. En 2008, il intègre la fonction publique et commence, à l’instar des autres reporters sportifs, à travailler simultanément à la radio et à la télévision nationales. Ainsi, il faisait régulièrement des reportages à la radio et animait des débats et des émissions à la télé. Sans compter les animations de plateau lors des directs de football, notamment la Ligue des champions d’Europe. Les vendredis, il présentait l’émission Performance à la télé et Mondial sport à la radio. Ce n’est pas tout, Barry, comme on l’appelait familièrement présentait également le journal de 22h30 à la radio et l’émission « Chronique des expatriés » qui était très appréciée par les auditeurs de la radio nationale et les téléspectateurs de l’ORTM. À travers l’émission « Chronique des expatriés », il a grandement contribué à la promotion des jeunes sportifs du pays, toutes disciplines confondues», témoigne l’actuel directeur des infos de l’ORTM, Kalifa Naman Traoré qui a travaillé avec Barry pendant plus d’une décennie (avant d’être directeur des infos de la télé, Kalifa Naman avait occupé le poste de chef du Desk sport de l’ORTM, ndlr). Pour Alassane Souleymane, son collègue de service et voisin de quartier, à Yirimadio aux 759 Logements, Cheick Amadou Barry était un peu le chef de leur grin. « C’est chez lui qu’on se retrouvait et si on avait le temps, on parlait de tout. C’était presque la famille. Il avait la passion du journalisme de sport et s’est beaucoup battu dans la vie pour arriver à ce niveau. Il est passé par beaucoup d’épreuves comme tout humain. Il avait la passion de ce qu’il faisait», souligne Alassane Souleymane. Et d’ajouter : «On s’est connu en 1997. Lors des éliminatoires de la CAN 1998, nous avons voyagé ensemble pour le match Côte d’Ivoire-Mali à Bouaké. C’est depuis là-bas que nous avons sympathisé. Il était à la Radio Guintan. Ce voyage a déterminé nos rapports et nous avons collaboré à l’ORTM où il est venu dans les sillages de la CAN 2002 car l’ORTM avait besoin du personnel pour pouvoir faire face au défi de la CAN que le Mali a abritée. Il n’a pratiquement fait que du sport à la radio et à la télé. Il a suivi les équipes nationales et les clubs à travers le monde». Dans sa carrière, Cheick Amadou Barry a couvert plusieurs grands événements sportifs au Mali et en Afrique. Entre autres on peut citer la CAN 2002, la CAN U17, Niger en 2015, l’Afrobasket, Bamako 2011. Notre confrère sera conduit à sa dernière demeure ce mercredi, au cimetière de Yirimadio, laisse dernière lui une veuve et trois enfants inconsolables.  LD/KM (AMAP)     

Coopération Mali – France : Signature des accords de convention de 100 milliards de francs CFA

Bamako, 27 octobre (AMAP) Cinq accords de convention d’un montant estimé à 100 milliards de francs CFA ont été signés lundi à la Primature, entre le Mali et la France, en présence du Premier Ministre Moctar Ouane et du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à la tête d’une importante délégation, a constaté l’AMAP. La première convention porte sur une ligne de crédit en faveur de la Banque nationale de Développement agricole (BNDA) sous la forme d’un prêt de 26,4 Mds de F CFA assorti d’une subvention de 1,5 milliard de F CFA. La seconde porte sur un prêt de 36,3 Md de F CFA rétrocédé à EDM.SA pour le financement de la Boucle haute tension nord de Bamako. La troisième porte sur un prêt de 19,8 Mds de F CFA rétrocédé à la Société malienne de Gestion de l’Eau Potable (SOMAGEP) pour le financement de l’adduction d’eau potable dans plusieurs villes secondaires. La quatrième porte sur une subvention de 6,6 Mds de C CFA en faveur du Projet pour l’autonomisation des femmes et le Dividende démographique. La dernière portant sur une subvention de 6,6 Milliards F CFA, va financer des projets de filets sociaux portés par Jigisèmè Jiri. Du côté français, toutes les conventions ont été signées par Jean-Yves Le Drian et le Directeur général de l’AFP. Et les signataires du côté malien, étaient respectivement le Directeur général de la BNDA, le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou et le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeïni Moulaye. Le ministre Le Drian pour qui ces signatures illustrent la solidité des liens entre la France et le Mali, a salué les avancées enregistrées dans le processus de la Transition conduite par les nouvelles autorités maliennes. Le Drian a déclaré qu’il appartenait « d’abord et avant tout aux Maliens, de trouver la solution à la crise qu’ils traversent » avant de d’affirmer que la France et l’Union européenne sont disposées à apporter leur plein soutien pour une coopération renforcée et rénovée. Le Premier ministre, pour sa part,  s’est réjoui de la signature de ces conventions qui traduisent le soutien constant des partenaires et particulièrement de la France à notre pays. Moctar Ouane a saisi l’occasion pour rappeler la forte aspiration des Maliens au changement et à la construction d’un nouveau Mali et pour y parvenir, « le gouvernement de Transition s’est fixé des objectifs qui sont le renforcement de la sécurité, l’adoption des réformes institutionnelles et la promotion de la bonne gouvernance » a-t-il soutenu. Le Chef du Gouvernement a affirmé la détermination du Gouvernement à poursuivre la lutte contre le terrorisme et à tenir les engagements, tant régionaux qu’internationaux pris par notre pays avant de revenir sur la nécessité de l’accompagnement de la communauté internationale, pour la réussite de la Transition, avec la tenue d’élections générales libres, transparentes et incontestables. KM (AMAP)

Covid-19 au Mali : 28 nouveaux cas enregistrés samedi

Bamako, 26 octobre (AMAP) Vingt-huit (28) nouveaux cas positifs à la Covid -19 ont été enregistrés samedi au Mali, portant le nombre total de la contamination à 3472 dont 2636 guérisons et 132 décès, a appris l’AMAP de source officielle. Les services de santé précisent que sur les 28 nouveaux cas enregistrés, 8 cas ont été découverts à Kéniéba (région de Kayes), 1 cas à Kati, 2 cas à Kalaban Coro( 2ème région), 2 cas en CII, 2 cas en CIII, 2 cas en CIV, 2 cas en CV et 9 cas en CVI du district de Bamako. L’Institut de santé publique (ISP) déclare par ailleurs que 539 personnes -contact font l’objet d’un suivi quotidien avant d’inviter les populations à la sérénité et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)

Mali : Jean Yves Le Drian entame une visite de deux jours à Bamako

Bamako, 25 Oct (AMAP) Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, qui était annoncé, samedi, est arrivé, dimanche après-midi, à Bamako, pour une visite de deux jours. A son arrivée, M. Le Drian a été accueilli par son homologue malien, Zeïni Moulaye Haidara, et par l’ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer. Il s’est entretenu avec son homologue malien aux premières heures de sa visite. Lors de cette visite de 24 h, le chef de la diplomatie française fera le point sur les récentes avancées positives dans le processus de transition au Mali devant aboutir à la tenue d’élections crédibles et au rétablissement de l’ordre constitutionnel. Il sera, également, questions de la poursuite des engagements pris au sommet de Pau, de soutien en matière de développement et de combat commun contre le terrorisme en mettant en œuvre la stratégie de Pau. Le ministre français signera avec la partie malienne plusieurs conventions de l’Agence française de développement (AFD) pour un montant de plus de 140 millions d’euros, dans le domaine des infrastructures et de l’eau, de la politique sociale et de l’autonomisation des femmes. Lundi, dans la matinée, Jean Yves Le Drian aura un tête à tête avec le Premier ministre Moctar Ouane à la Primature où il prendra part, également, à une cérémonie de signature de plusieurs conventions. Puis suivra un point de presse animé conjointement par les deux personnalités. Le ministre français sera, ensuite, reçu en audience par le président Bah N’Daw et le vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, avant de s’envoler pour Brazzaville, au Congo. TC/MD (AMAP)

Infrastructures au Burkina Faso : Fiches techniques des ponts de Boromo et de la Sirba

Bamako, 25 Oct (AMAP) Le pont de la Sirba a été inauguré le 25 septembre 2018. Plus long pont réalisé au Burkina Faso depuis l’accession du pays à l’indépendance, avec 309 mètres, il a été construit en neuf mois, conformément au délai contractuel. Il soulage les usagers et les riverains de la Route national (RN18) et profite à toute l’Economie de la province de la Gnagna et, plus largement, à la Région de l’Est, qui dispose d’un vaste potentiel touristique, halieutique, cynégétique et agro-pastoral. Il a été réalisé par un groupement d’entreprises pour un montant de 2,040 milliards de Fcfa, sur le budget de l’État. Le 28 septembre 2018, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a inauguré le pont mixte de Boromo sur le fleuve Mouhoun. L’ouvrage est situé sur la Route nationale (RN1) qui relie Ouagadougou à la Côte d’Ivoire, au Mali et à la deuxième ville du pays, Bobo Dioulasso. Long de 106,2 mètres, il est constitué d’un tablier en béton armé reposant sur une charpente métallique de 180 tonnes, ce qui en fait le premier pont mixte acier-béton réalisé au Burkina Faso. Son financement par les Partenaires techniques et financiers (PTF) du Burkian Faso est estimé à 6,5 milliards de Fcfa. MD (AMAP)  

Burkina Faso : En dépit des vents contraires

Par Moussa DIARRA Envoyé spécial Bamako, 25 Oct (AMAP) Il n’y a pas que la distance qui rapproche le Burkina Faso et le Mali (moins d’une heure trente minutes par avion), ni la longue frontière de plus de 1000 km qui les séparent ou, plus précisément, réunit leurs populations, de part et d’autre. Il y a, fondamentalement, l’adversité que ces deux pays ont en commun : un défi de développement, plus souvent, contrarié par la nature et, aujourd’hui, fortement chahuté par une crise sécuritaire. Pour ce qui est du Burkina Faso, la résilience, doublée d’une forte volonté, au service du développement, rencontre des bourrasques de vents contraires qui, malgré leur force, ne sont pas parvenues à remettre en cause les actions et leurs résultats Ici, la promotion de la consommation des produits locaux reste une priorité pour le gouvernement. Cette option, mise en œuvre à travers le mot d’ordre du « Consommons burkinabè », se concrétise par la volonté du gouvernement qui a pris des mesures pour susciter la consommation des produits locaux, au sein de l’Administration publique. Une circulaire du 13 janvier 2017 du Chef du gouvernement, a instruit “les structures publiques à consommer, prioritairement, les produits locaux dans le cadre de la commande publique”. Un arrêté du 31 janvier 2017, qui porte achat des produits alimentaires locaux par les structures étatiques, dans le cadre de leur approvisionnement, exige la priorisation des produits locaux dans la commande publique. Il a été révisé le 10 février 2020 pour élargir la liste des produits de 10 à 26. “Nos pays, comme on le sait, sont riches en ressources naturelles et regorgent d’énormes potentialités pour la production agricole. Malheureusement, ces ressources sont peu transformées. Et même transformées, ils sont peu consommés par rapport aux produits exotiques et importés”, constate le ministre burkinabè du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré. “Fort heureusement, nos gouvernements actuels, conscients de cette situation et de ses enjeux, ne tarissent pas d’initiatives. D’où l’institution de ce « mois du consommer local dans l’espace de l’Union monétaire et économique ouest africaine (UEMOA)», s’est réjoui M. Kaboré, s’exprimant lors de la célébration du “consommons local”, dans le cadre du mois dédié à cette initiative, dans l’espace UEMOA, le 15 octobre 2020, à Ouagadougou. Au Burkina Faso, dans le but de disposer, à l’horizon 2023, d’un secteur industriel dynamique, compétitif et durable qui accroît sa contribution à la transformation structurelle de l’économie nationale, le pays s’est dote, en avril 2019, d’une Stratégie nationale d’industrialisation. Dans cette même dynamique, un nouveau Code des investissements a été adopté en octobre 2018, pour promouvoir la transformation des matières premières du pays. De 2017 à 2020, c’est au moins 425.590.783.224 Fcfa qui ont été injectés dans l’achat des produits locaux par les structures publiques burkinabè. Les retombées de ces achats pour les Petites et moyennes entreprises (PME) ne se traduisent pas seulement en chiffres d’affaires, mais ce sont également des emplois qui sont créés. A titre d’exemple, le gouvernement burkinabè, à travers le Plan national de développement économique et gocial (PNDES), s’est donné comme cible, d’atteindre un taux de transformation des produits agricoles de 25%, en 2020. “Toutefois, il sied de reconnaitre que la consommation par nous-mêmes de notre production locale reste un défi à relever. Pourtant, la dynamique de la transformation structurelle et le contexte d’instabilité du marché international nous invitent à faire de la consommation de cette production locale une priorité”, a plaidé M. Kaboré. En fait, les actions de développement au Burkina Faso sont suivies par le bien-nommé Bureau de suivi du programme présidentielle (BSPP), comme un aiguillon de l’Administration publique, « le moteur de l’action de développement, tout comme le capital humain qui sont autant de facteurs de développement de l’Economie pour créer des emplois », ainsi que le résume le directeur du BSPP, Dr Mathias Somé. Comme pour, encore une fois, tester la résilience du pays, les tout débuts du mandat du président actuel, Roch Marc Christian Kaboré, ont été mis à rude épreuve par l’irruption inattendue du terrorisme, avec une première attaque d’envergure sur la capitale, Ouagadougou. Au début des cinq dernières années, il faut aussi noter, outre l’insécurité, l’équilibre instable d’un budget plombe par les « engagements du gouvernement de transition » et dont a hérité le pouvoir démocratiquement élu, relève Dr Somé du BSPP. Si on ajoute au cocktail quasi-explosif le réveil du front social avec les revendications syndicales devenues plus impatientes et pressentes, avec l’insurrection qui a mis fin au pouvoir ancien, les couleurs des difficultés étaient annoncées. Cinq ans après, Dr Somé énumère les résultats : un accès plus large aux soins de sante avec la gratuité des soins aux femmes en grossesse et aux enfants de moins de cinq ans, l’assurance maladie, des infrastructures, moins de classes sous paillotes et plus de salles en dur. « En somme, 85% de réussite dans tous les domaines », assure-t-il. Si on note que le BSPP avait tablé sur 626 engagements dont il a fallu tirer 147 engagements traceurs qui ont conduit aux réalisations à impacts, dans une approche de « delivery », il est aisé de comprendre que les 6 domaines (Santé, Eau, Energie, Agriculture, Nutrition, Infrastructures) soit retenus comme ayant le plus atteint les populations, dans la vraie vie, au quotidien. Il s’est agi, pour le BSPP, dans sa vision, de faire face à l’insécurité, qui a causé le déplacement de près du million de personnes et la fermeture des services sociaux de base, en œuvrant pour le retour des populations et de l’Administration, la cohésion sociale en péril, la réconciliation nationale, avec en toile de fonds la création des conditions du développement national. « Ce qui ne va pas sans le renforcement de l’Etat et de l’Administration publique, à travers une réforme constitutionnelle, pour plus d’accessibilité des populations aux services publics et sociaux de base », selon Dr Mathias Somé. Le but ultime est, ainsi, un changement des mentalités afin de sortir « d’une Administration de procédures pour celle de résultats ». Le très politique Simon Compaoré, Président du non moins parti présidentiel, Mouvement du peuple pour

Niono : Contrôle de Farabougou par les forces spéciales maliennes, après l’encerclement du village par les terroristes durant 2 semaines

Niono, 23 octobre (AMAP) Des éléments du Bataillon des Forces spéciales de l’Armée Maliennes sont arrivés jeudi à Farabougou à bord d’un avion de l’Armée de l’Air de type Mi-24, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite dans un communiqué rendu public jeudi par le Ministère de la Défense et des Anciens Combattants. « En plus du personnel, beaucoup de colis dont des médicaments ont aussi été largués. Il s’agit d’abréger la souffrance des populations », déclare le communiqué qui précise  que cette « situation qui fait l’objet d’une grande préoccupation est suivie avec attention par le Ministère de la Défense et des Anciens Combattants ». Ces derniers jours, l’Armée avait déjà annoncé avoir largué des vivres en vue de soulager les habitants du village de Farabougou, localité située dans le Cercle de Niono, région de Ségou, qui a subi un blocus des hommes armés non identifiés qui l’ont encerclé deux semaines durant. MT/KM (AMAP)