Dr Bakary Sambe : “Timbuktu Institute appelle à la co-construction des stratégies au Sahel et au Mali

Propos recueillis par Mohamed Ag AHMEDOU Journaliste indépendant À l’occasion de l’ouverture de son bureau au Mali, le directeur de Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies, Dr Bakary Sambe, connu comme l’un des plus grands experts des réseaux transnationaux et du terrorisme au Sahel, répond à nos questions sur les objectifs et axes de travail de son Institut, de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA). Ses travaux actuels s’intéressent aux stratégies endogènes, dynamiques transfrontalières et l’expérimentation des approches agiles en zone de crise. Expert auprès des Nations unies, de l’Union européenne (UE), de l’Union africaine (UA), il a notamment conçu et mené le plaidoyer pour l’implantation de la Cellule régionale de prévention et de lutte contre la radicalisation du G5 Sahel (CELLRAD), accompagné le processus d’élaboration des stratégies nationales au Niger, au Burkina Faso, en Centrafrique et réalisé le premier manuel de bonnes pratiques de résilience. Il s’exprime, aussi largement, sur la situation politico-sécuritaire au Mali en pleine transition de même que le rôle des partenaires internationaux, comme la France, ainsi que sur les pistes pour la stabilisation du Mali et l’avenir des coopérations sécuritaires. Pouvez-vous nous parler du Timbuktu Institute ? Dr Bakary Sambe : Timbuktu Institute se veut un cadre de production de connaissances endogènes, d’échanges et de diffusion autour d’une contribution africaine à la promotion et à la consolidation des valeurs universelles de paix. Pour la réalisation d’une telle ambition portée par une nouvelle génération africaine assumant son passé riche de ses métissages et brassages, consciente de son rôle présent en faveur de la paix et de la stabilité ainsi que de sa responsabilité historique pour un meilleur avenir, Timbuktu Institute est un cadre ouvert, inclusif et pluridisciplinaire de recherche et d’actions. Pour ce faire, l’Institut est conscient des difficultés liées aux contraintes politiques, socioreligieuses, culturelles, et à un contexte international et régional où foisonnent les zones de tensions et les crises multiformes. La préoccupation du Timbuktu Institute et de ses chercheurs est que sur toutes les questions importantes pour l’Afrique et le monde puissent s’exprimer des voies africaines audibles et scientifiquement crédibles. Les partenaires internationaux aussi ont besoin d’une ethnologie inversée qui pourrait les aider avec un regard extérieur à leurs paradigmes dominants. Quels sont ses grands axes pour le Mali ? Dr Bakary Sambe : Beaucoup d’acteurs nationaux comme internationaux consultés avant l’ouverture de notre bureau de Bamako nous ont exprimé leur regret de l’absence de l’Institut au Mali qu’ils considéraient comme un non-sens. C’est conscient de la nécessité d’une approche holistique et de réponses multidimensionnelles aux nombreux défis liés au développement, la sécurité, la promotion des droits humains, de la bonne gouvernance, de la réduction des inégalités conflictuelles, des extrémismes religieux et politiques que Timbuktu Institute a été mis en place par des chercheurs et acteurs divers de la société civile régionale. Nous étions toujours convaincus que la seule approche sécuritaire des conflits n’a jamais suffi à les éradiquer. L’Institut privilégie un traitement pluridisciplinaire, ouvert et valorisant les ressources endogènes pour inspirer des méthodes innovantes et agiles de médiation et de résolution de crises en Afrique. Les solutions militaires sont nécessaires pour gérer les urgences sécuritaires mais ne sont ni efficaces ni durables contre le terrorisme. L’expérience américaine en Afghanistan l’a suffisamment démontré. Une kalachnikov n’a jamais pu tuer une idéologie. Quelle est sa particularité par rapport aux autres observatoires sahéliens? Dr Bakary Sambe : Notre Institut allie recherches et actions, plaidoyer et sensibilisation dans le but de promouvoir la paix co-construite, de prévenir et lutter contre toutes formes d’instrumentalisation des idéologies ou religions à des fins de violence et de conflits pouvant déstabiliser ou compromettre la paix et la stabilité des différents pays. De ce point de vue, l’Institut a voulu se distinguer d’autres centres et instituts dont les recherches sont uniquement orientées vers l’académisme classique, ne visant pas forcément à contribuer au changement. Les publications de Timbuktu Institute cherchent à accompagner et éclairer l’élaboration des politiques publiques et proposer des pistes exploitables par les acteurs, décideurs et partenaires internationaux. N’est-ce pas une ambition démesurée dans des pays comme les nôtres ? Dr Bakary Sambe : Je ne le crois pas et c’est justement cette attitude d’esprit qu’il va falloir dépasser. Nous voulons rendre plus évidente la connexion et l’interdépendance entre le monde de la recherche et de la décision. L’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA), animé par les chercheurs de l’Institut, à partir de plus de dix pays de la région, est pour nous une matérialisation d’une telle vision d’anticipation et de prospective sur ces conflits qui couvent, en décelant les signaux faibles que le regard extérieur ou occidental a du mal à capter par les statistiques et autres études décalées des réalités du terrain. Dans nos pays, il est insensé de dépenser les maigres ressources que nous avons dans la recherche sans que celle-ci puisse impacter le vécu de nos concitoyens. Nous sommes dans une logique d’opérationnalisation de la recherche et de ses résultats sur le modèle des grands Think tanks qui structurent la politique étrangère des pays du Nord, en nous imposant la même rigueur scientifique et les mêmes standards en matière d’innovation. Quelle analyse faites-vous de la situation institutionnelle, politique et sécuritaire au Mali ? Dr Bakary Sambe : Le Mali est à la croisée des chemins. Il vit un paradoxe et semble revivre la même situation qu’en 2012 avec une crise institutionnelle à Bamako et une situation sécuritaire qui a du mal à se stabiliser aussi bien au Nord que dans le Centre. L’autre paradoxe est que voilà la jeunesse d’un pays qui s’était soulevée contre la mal gouvernance éprise de liberté et de démocratie et qui se retrouve dans une impasse politique où les institutions tant rêvées ne sont pas encore totalement en place et la paix si désirée n’est pas, non plus, au rendez-vous. Comme nous l’écrivions dès le lendemain du coup d’État d’août 2020, la jeunesse malienne qui, par dépit ou espoir, s’était rangée avec une classe politique désemparée derrière un imam Dicko

Covid-19 au Mali : 16 nouveaux cas enregistrés dimanche

Bamako, 8 février (AMAP) Seize (16) nouveaux cas positifs à la Covid -19 ont été enregistrés dimanche au Mali, portant le nombre total de la contamination à 8176 dont 6066 guérisons et 338 décès, a appris l’AMAP de source officielle. Les services de santé précisent que sur les 16 nouveaux cas enregistrés, 2 cas ont été découverts en CII, 2 cas en CIII, 3 cas en CIV, 4 cas en CV et 5 cas en CVI du district de Bamako. L’Institut de santé publique (ISP) déclare par ailleurs que 932 personnes -contact font l’objet d’un suivi quotidien avant d’inviter les populations à la sérénité et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)

Kolondiéba : Un policier disparu et 3 autres blessés dans l’attaque de leur Commissariat par des hommes armés

Kolondiéba, 8 février (AMAP) Un policier est disparu et 3 autres ont été blessés dans la nuit de dimanche à lundi, dans l’attaque du Commissariat de la ville de Kolondiéba, localité située à 150 km de Sikasso, 3ème région du pays, par des hommes lourdement armés et non identifiés, a appris l’AMAP de source locale. Selon notre source, des hommes lourdement armés sur des motos entonnant « AllaHoukbar », ont attaqué vers 1H du matin le Commissariat de la ville, criblant de balles le bâtiment et les engins stationnés avant de disparaitre avec un policier et laissant sur place trois autres blessés. La riposte des agents a permis de repousser les assaillants qui voulaient mettre à feu les engins et tout le commissariat selon notre source qui précise par ailleurs que les blessés ont été évacués à Bamako pour des soins appropriés. Notre source qui déclare que des enquêtes ont été ouvertes pour élucider les circonstances exactes de l’attaque, précise que les populations qui ont fait appel aux forces de défense pour sécuriser la localité, vit dans une peur bleue. DDK/KM (AMAP)

Finale du CHAN 2021 : Les Aigles locaux terminent vice-champions

Par Ladji M. DIABY Bamako, 8 février (AMAP) Les Aigles locaux ont terminé, sur la deuxième marche de la 6è édition du CHAN 2021,  s’inclinant 0-2, dimanche, en finale, face au détenteur du titre, le Maroc,  au Stade Amadou Ahidjo de Yaoundé, au Cameroun, a constaté l’AMAP. La dernière marche a encore été fatale au Mali. Comme en 2016 et la lourde défaite 0-3 face aux Léopards de la RD Congo, les Aigles locaux ont chuté à une marche du sacre continental. Et cette fois encore, c’est un champion d’Afrique, le Maroc, qui a brisé le rêve de la sélection nationale de soulever sa première couronne africaine, grâce à deux réalisations de Soufiane Bouftini (69è min) et d’Ayoub El Kaabi (79è min). Tout s’est joué pour les Lions de l’Atlas en deuxième période. Jusque-là, les protégés du sélectionneur national, Nouhoum Diané, avaient plutôt tenu tête au champion d’Afrique en titre et tout pouvait arriver, d’un côté comme de l’autre. Le face à face perdu par Moussa Koné devant le gardien marocain, alors que le score était de 0-0 (64è min) illustre parfaitement cette réalité. Et ironie du sort pour le Mali, c’est dans la foulée de cette action que la sélection du Royaume chérifien va débloquer le tableau d’affichage. Suite à un corner, le défenseur Omar Namsaoui domine son vis-à-vis, Barou Sanogo, et place une tête puissante qui ne laisse aucune chance au capitaine Djigui Diarra (69è min). En première période, le même Moussa Koné avait buté sur le gardien Anass Zniti (23è min). A la 79è minute, nouveau corner et nouveau but pour les Lions de l’Atlas. Cette fois, c’est le meilleur buteur du CHAN 2018, Ayoub El Kaabi, qui, opportuniste, fait parler de lui. À la réception d’une remise de la tête de son coéquipier, Mohamed Aly Benamme, l’attaquant marocain surgit au cœur de la défense malienne et prolonge le ballon dans les buts de Djigui Diarra. Avec ce but, les carottes étaient cuites pour les Aigles locaux qui s’inclinent, pour la deuxième fois, en finale, après celle de 2016 au Rwanda, contre la RD Congo. La sélection nationale a même terminé la finale à dix contre onze, suite à l’expulsion du latéral Issaka Samaké pour cumul de cartons jaunes. Pas de trophées donc pour les protégés de Nouhoum Diané, mais plus que ce nouvel échec en finale, on retiendra surtout le beau parcours de la sélection nationale qui a fait vibrer tout le peuple pendant toute la durée de cette 6è édition du CHAN. Non seulement, le capitaine Djigui Diarra et ses coéquipiers sont restés invaincus jusqu’en finale, mais en plus, ils ont produit l’un des meilleurs jeux du tournoi. La marche était un peu haute contre des Marocains plus expérimentés et qui n’ont pas eu à mener des combats durs pour se qualifier, contrairement aux Aigles locaux qui sont passés par deux prolongations et des séances de tirs au but pour valider leur ticket. La seule fausse note du CHAN pour le Mali a été la ligne d’attaque qui a été, sans conteste, le maillon faible de l’équipe. En atteste le nombre de buts marqués par les attaquants maliens en six sorties : une seule réalisation œuvre de Demba Diallo. Disons-le sans ambages, c’est trop peu à ce niveau et le staff technique des Aigles locaux devra déjà s’atteler à corriger les lacunes étalées dans ce compartiment pour mieux aborder les échéances à venir. Avec ce sacre, le Maroc remporte son deuxième titre et rejoint la RD Congo qui a été sacrée en 2009 et 2016. Mais, contrairement aux Léopards congolais, les Lions de l’Atlas sont les premiers footballeurs du continent à s’adjuger le trophée, deux fois consécutivement, depuis le lancement du CHAN en 2009. Nous reviendrons sur la finale de cette 6è édition du CHAN avec les réactions des acteurs. Dimanche 7 février au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé Mali-Maroc : 0-2 Buts de Soufiane Bouftini (69è min), Ayoub El Kaabi (79è min) Expulsion d’Issaka Samaké (90è min +3) Arbitrage du Kenyan Peter Waweru Kamaku assisté de son compatriote Gilbert Kipkoech Cheruiyot et de la Camerounaise Carine Atezambong Fomo Mali : Djigui Diarra (cap), Issaka Samaké, Yacouba Doumbia, Barou Sanogo, Siaka Bagayko, Moussa Kyabou, Sadio Kanouté, Makan Samabaly (Ousmane Kamissoko, 78è min), Moussa Ballo (Zoumana Zimpara), Demba Diallo, Moussa Koné (Bassékou Diabaté, 78è min). Entraîneur : Nouhoum Diané Maroc : Anass Zniti, Hamza El Moussaoui, Soufiane Bouftini, Omar Namsaoui, Abdelmounaim Boutouil, Yahya Jabrane, Mohammed Ali Bemammer, Abdelilah Hafidi (Walid El Karti, 90è min +4), Soufiane Rahimi, Noah Saadaoui (Zakaria Hadraf, 90è min +4), Ayoub El Kaabi (cap). Entraîneur : Houcine Ammouta LMD (AMAP)

Yélimané : Pose de la première pierre de la clôture du cimetière de la ville

Yélimané, 8 février (AMAP) Le Préfet de Cercle,  Fadio Fané a procédé samedi à la pose de la première pierre de la clôture du cimetière de la ville à Yélimané-cébé, en présence du maire de la commune rurale de Guidimé,  Soumaïla Kandé Diakité et des chefs de village des localités voisines, a constaté l’AMAP. Les travaux de la clôture qui s’étendront sur 7 Ha, sont estimés à 1.965.000 FCFA, financés par la diaspora à travers l’Association pour la Promotion et le Salut de Yélimané-Cébé (APROSA). La main d’œuvre sera assurée par la jeunesse locale du village. Le Chef de l’exécutif local à salué la diaspora pour cet acte humanitaire, de dévotion et d’engagement pour  le Cercle tout en ayant une pensée pour les défunts qui ont fondé le village. Le Maire a déclaré, pour sa part,  que cette œuvre est le fruit de l’entente dans la communauté, l’engagement de la diaspora et de toute la jeunesse à l’endroit de notre dernière demeure. Le Chef de village de Yélimané-Cébé, Sadio Henda Niakaté a abondé dans le même le sens tout en soulignant que le cimetière est au centre de trois villages d’où son intérêt va au delà d’un seul, mieux plusieurs martyrs reposent dans ce cimètière. AS/KM (AMAP)

Covid-19 au Mali: Quinze nouveaux cas et deux décès samedi

Bamako, 7 fév (AMAP) Les services de santé ont enregistré, samedi, quelque 15 nouveaux malades du coronavirus sur un total de 885 échantillons testés et 02 décès, annonce le communiqué quotidien du ministère de la Santé et du Développement social.. Les médecins ont déclaré 17 patients guéris au cours des dernières 24 heures, selon la même source Les nouveaux cas positifs du jour sont dépistés dans les Régions de Koulikoro (Près de la capitale) et Tombouctou (Nord), ainsi qu’à travers plusieurs Communes du District de Bamako, précise le communiqué. Avec ces nouvelles données, le Mali enregistre à ce jour, 8.160 cas positifs, 6.054 patients guéris contre 338 décès dont plus de 260 survenus dans les centres de prise en charge. AT/MD (AMAP)

Gratin de céréales : Symbole d’humilié et de solidarité

Par Aminata DIARRA Bamako, 5 fév (AMAP) Dans notre société, le résidu de repas appelé « Sènin dialan» en bamananka est offert, généralement, aux familles démunies. Il peut servir également de goûter pour les tout-petits. Le gratin de riz contient des protéines, des lipides, des glucides et de l’eau. Nos ménagères, particulièrement sur le conseil des vieilles femmes, prennent l’habitude de collecter et de faire sécher ce résidu de repas. Plus tard, en période de soudure ou de difficultés au sein d’une famille, les ménagères laissent libre cours à leur esprit de cordon bleu. Les mères réussissent diverses préparations culinaires africaines savoureuses à base de gratin. La sagesse malienne conseille aux familles de faire preuve d’humilité, en collectant les divers gratins de riz, de mil, de maïs. De temps en temps, des pères de famille réclament de la bouillie de gratin ou un plat de gratin à la sauce ou cuit comme le riz au gras. Mais le plus souvent, cette matière est offerte généreusement aux mendiants, aux ménages démunis. Cette nourriture dans nos foyers, est un moyen de se conformer au précepte religieux d’aider son prochain. STIMULANT – Dr Fodé Moussa Sidibé, enseignant et chercheur, domicilié à Faladiè, définit le gratin de riz comme la partie qui reste collée dans la marmite, après la cuisson. Il pourrait être préparé pendant les petits soirs ou devenir une marchandise. Le médecin a indiqué que le gratin de riz est un complément alimentaire qui doit être conservé soigneusement pour être consommé, éventuellement. Il a ajouté que le gratin de riz est important pour les enfants en bas âge. Trempé dans l’eau sucrée et du lait, le gratin deviendrait, selon la croyance populaire malienne, un fort stimulant de l’intelligence des enfants. La grand-mère Fanta Sidibé habite à Sogoniko. Elle a affirmé qu’auparavant, le gratin de riz, après cuisson, était exposé au soleil, pilé ensuite dans le mortier et, enfin, préparé à base d’huile, d’ingrédients et d’épices. « De nos jours, a déploré la grand-mère, le gratin de riz n’est plus à l’honneur dans la plupart des familles bamakoises. Les mères ne connaissent plus l’utilité de cet aliment. Traditionnellement, ce fond de marmite n’était pas jeté dans les poubelles. Un tel acte était considéré comme un pêché ». La vieille Sidibé a insisté sur ce conseil : « il est interdit de donner du gratin de riz simple à son prochain, sinon, un jour, celui qui donne finira affamé. La bonne manière, sans conséquence nuisible, est de mélanger le gratin avec le riz non cuit ». La couturière Alimata Doucouré a soutenu que, contrairement à l’affirmation de la vieille Sidibé, le gratin de riz occupe toujours une très bonne place dans la famille. Cette artiste mélange la poudre de gratin à la pâte d’arachide et du sucre. Ce mets est un complément alimentaire pour ses enfants. Mme Doucouré s’en réjouit : « Le gratin de riz me permet de donner aux enfants un goûter pour apaiser leur faim. Ainsi, ils garderont les yeux ouverts avant le plus prochain repas ». APPROVISIONNEMENT SIMPLE – Le gratin est, aussi, une marchandise. Au marché de Banankabougou, Nanténin Kouyaté achète du gratin de riz dans les foyers pour le revendre. Cette femme se rend au marché, chaque jour, à partir de 9heures, pour son commerce et est décidée à continuer jusqu’à la fin de ses jours. L’approvisionnement de Mme Kouyaté est simple. Elle achète le gratin de riz auprès de grandes cuisinières lors des cérémonies sociales (mariages, baptêmes, enterrements) et autres évènements. La mesure du gratin de riz est une petite tasse, dont le contenu est vendu à 50 Fcfa. Cette nourriture est achetée par les femmes des foyers démunis, les mendiants, les personnes âgées et les sans domicile fixe. La vieille Kouyaté a affirmé que le gratin est bon pour soigner les constipations. Du point de vue de Mahmoud Camara, chargé de secrétariat CODEX Alimentarus à l’Agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments (ANSSA), le riz perd toujours sa valeur nutritive sous l’effet de la chaleur au cours de la cuisson. Le gratin se carbonise et perd une partie des protéines, des glucides, des lipides et de l’eau. Il devient moins nutritif. Il ne faut jamais oublier que l‘organisme humain a besoin de protéines, de glucides, lipides et de l’eau. Camara a souligné qu’il est temps de revoir le mode de cuisson pour pouvoir cuire le riz sans gratin. Si la cuisson du riz se fait à une température très élevée, les lipides se décomposent, en libérant des substances âcres, toxiques et cancérigènes. Le gratin perd, aussi, la valeur nutritive et gustative du riz. Pour avoir une bonne santé, le riz doit être cuit sans gratin pour ne pas nuire à la santé de l’homme sur le plan nutritionnel.

Etats-Unis-Afrique: Joe Biden s’engage pour un partenariat

Bamako, 6 fév (AMAP) Le président des Etats-Unis, Joe Biden, s’est engagé, à travers l’Administration américaine, à travailler avec l’Union africaine (UA) pour promouvoir une vision partagée d’un avenir meilleur. Dans un message vidéo, à l’occasion du 34è sommet de l’UA tenue par visioconférence, samedi, le président américain, a relevé que l’année qui vient de s’achever « nous a montré à quel point notre monde est interconnecté et nos destins indissociables ». « C’est pourquoi, mon administration s’engage à renouer nos partenariats dans le monde entier et à reprendre le dialogue avec les institutions internationales comme l’Union africaine », annoncé M. Biden. « Nous devons tous travailler ensemble pour promouvoir notre vision commune d’un avenir meilleur », a assuré Joe Biden. Selon lui, un avenir de commerce et d’investissements croissants qui favorisent la prospérité pour toutes nos nations. « Un avenir qui favorise la vie dans la paix et la sécurité pour tous nos citoyens. Un avenir résolu à investir dans nos institutions démocratiques et à promouvoir les droits humains de tous. Les femmes et les filles, les personnes LGBTQ, en situation de handicaps et de toutes les origines ethniques, les religions et les cultures, détaille le président des Etats-Unis », a estime le président américain. Selon lui, pour parvenir à cet avenir, « il est essentiel de relever les défis importants auxquels nous sommes confrontés ». Il faut, pour cela, investir davantage dans la santé mondiale, vaincre la Covid-19 et travailler pour prévenir, détecter et riposter aux crises de santé publique futures, et en partenariat avec les CDC africains et les autres institutions au service de la sécurité sanitaire. Joe Biden a, aussi, insisté sur l’élévation de nos ambitions climatiques et faire en sorte que les nations en développement puissent réduire les impacts climatiques qui causent déjà des souffrances, et s’y adapter. Il faut aussi pratiquer une diplomatie cohérente à long terme, en connexion avec l’UA pour faire face aux conflits qui coutent des vies sur tout le continent africain.  « Rien de cela ne va être facile », a averti le président Biden. « Mais les Etats-Unis sont aujourd’hui prêts à être votre partenaire solidairement, et à vous soutenir dans le respect mutuel. Nous croyons en les nations d’Afrique. En l’esprit d’entreprenariat et d’innovation dans l’ensemble du continent », s’est-il adressé aux Africains. Et face aux défis qui se présentent, même s’ils sont immenses, il ne fait aucun doute, selon Biden, que « nos nations, nos peuples, l’Union africaine sont à la hauteur de ceux-ci ». « J’espère que je pourrai être avec vous en personne la prochaine fois », a-t-il souhaité, concluant son message. MS/MD (AMAP)

34è Sommet de l’Union africaine : le Mali, pays leader pour le thème de l’année 2021

Bamako, 6 fév (AMAP) Le 34è sommet ordinaire de l’Union africaine (UA), ouvert, samedi matin, fait du Mali, pays leader pour le thème de l’année 2021 : « Arts, culture et patrimoine : des leviers pour construire l’Afrique que nous voulons ». En 2020, l’ancien président, Ibrahim Boubacar Kéïta, a, en effet, été désigné par ses pairs du continent comme « Champion de l’Union africaine pour les arts, la culture et le patrimoine ». Le Premier ministre, Moctar Ouane, qui s’est exprimé au nom du président de la Transition, a réaffirmé que le Mali est le pays leader pour le thème de l’année 2021. A ce propos, M. Ouane a assuré qu’en dépit des changements intervenus à la tête de l’Etat, au cours de l’année dernière, le Mali est honoré et résolument engagé à poursuivre cette mission que la Conférence de l’UA lui a confiée. L’ouverture des travaux de l’organisation continentale, par visioconférence, en raison du contexte de la pandémie de Covid-19 a été dirigée par le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, président en exercice sortant de l’UA. Le fait marquant de ce rendez-vous majeur pour les chefs d’Etat et de gouvernement du continent, a été l’élection du chef de l’Etat de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, comme président en exercice de l’UA, en remplacement du président Ramaphosa. Le président de la Transition, Bah N’Daw, a pris part au sommet virtuel, depuis le palais de Koulouba, en présence du Premier ministre, Moctar Ouane, du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeïni Moulaye ainsi que d’autres personnalités. La réponse de l’Afrique à la Covid-19 figure à l’ordre du jour de cette importante rencontre. S’exprimant sur ce sujet, le chef du gouvernement, Moctar Ouane, a indiqué que le Mali prend la mesure de l’importance de la lutte contre la maladie et se réjouit de la création, à cet effet, du Fonds de lutte contre la Covid-19. Signe de son engagement dans ce combat, le Mali a apporté une contribution financière volontaire, respectivement au Centre africain de contrôle et de prévention des maladies et au Fonds d’intervention de l’UA contre la Covid-19, pour un montant total qui avoisine le milliard de Fcfa. Sur un autre registre, le Premier ministre a réitéré l’expression de sa reconnaissance à l’UA et à ses Etats membres pour leur soutien multiforme au Mali dans la lutte contre le terrorisme et les effets d’une crise sociopolitique que connaît le pays. « Mon pays ne saurait être insensible à cette solidarité africaine et internationale qui l’engage résolument à œuvrer à une transition réussie, avec le retour à l’ordre constitutionnel dans le délai imparti », a assuré Moctar Ouane. Du reste, le terrorisme, cette menace à la paix et à la sécurité internationales, reste une préoccupation majeure pour l’ensemble du continent africain, en particulier pour les pays du Sahel. Le Premier ministre en appelle à la mutualisation de nos moyens pour une synergie afin de « lutter, de manière coordonnée et efficace, contre ce fléau». Le chef du gouvernement a remercié les pays partenaires et amis du Mali pour leur appui constant en faveur du développement de notre pays. Singulièrement l’UA pour, notamment, la mise en place d’un Groupe de soutien chargé de coordonner et d’harmoniser les efforts des partenaires pour soutenir le gouvernement de Transition et le peuple malien dans un cadre conjoint et collaboratif.   Moctar Ouane a réaffirmé l’engagement des autorités du Mali à mener la transition dans les délais requis et à souscrire à la mise en œuvre de toutes les décisions et recommandations qui seront issues du 34è sommet de l’UA. MS/MD (AMAP)  

Le braquage de deux véhicules fait un mort sur le tronçon Ansongo-Labbezanga (Nord)

Ansongo, 6 fév (AMAP) Le braquage de deux véhicules de particuliers, par quatre individus armés non identifiés, a fait, vendredi, un mort, un léger blessé et des biens emportés, sur le tronçon Ansongo-Labbezanga, à 13 km de la ville malienne, dans le Nord, a appris l’AMAP de passagers du convoi. « Il était 9 heures passées, lorsque quatre personnes bien armées ont commencé à tirer sur nous, à 13 km de la ville d’Ansongo. Une balle a mortellement atteint un jeune, de nationalité nigérienne, âgé de 30 ans et un autre a été légèrement blessé », a raconté une victime. “Nous sommes des chauffeurs nigériens assurant le convoyage de véhicules de Cotonou (Bénin) à Gao (Mali). Nous sommes sept passagers, dont mon épouse et ma mère, à bord de deux véhicules. Nous avons quitté Gao ce matin (Ndlr, vendredi) en direction du Niger, avec ces véhicules pour des travaux de réparation à Niamey, au Niger”, a expliqué l’homme. “Nous avons été contraints de nous arrêter. Les assailants nous ont ordonnés de descendre du véhicule, avant de nous mettre, tous, ventre à terre. Nous avons été dépouillés de tous nos biens (argent, téléphones et autres objets plus précieux), a dit un passager du deuxième véhicule. “Pire, même le passager tué a été dépouillé!!!”, a-t-il ajouté, encore interloqué et horrifié. Sous le choc, une voiture a fait un accident qui l’a sérieusement endommagé. “Ils nous ont abandonnés sur place, après avoir fini leur opération. Nous étions donc obligés de rebrousser chemin sur Ansongo”, a dit cette victime, un habitué du tronçon. “C’est ma première fois de vivre une telle horreur”, a-t-il conclu. En attendant son enterrement, le corps de la victime est à la morgue du Centre de santé de référence (CSRéf) d’Ansongo. Les braquages et autres actes sont devenus quotidiens le tronçon Ansongo-Labbezanga. Le mercredi 3 février 2021, des passagers ont été victimes d’un braquage sur ce tronçon, En décembre dernier, deux camions ont été brûlés, par des individus non identifies, au même endroit que le braquage de ce vendredi. SAM/MD (AMAP)