Comité mixte Mali-Algérie : Le développement des relations militaires en ligne de mire

Bamako, 11 fév (AMAP) La 14è session du Comité mixte Mali-Algérie chargé du suivi de la coopération militaire et technique se tient, depuis mercredi, dans les locaux du ministère de la Défense et des Anciens combattants. L’ouverture des travaux a été présidée par le secrétaire général du département, le général Souleymane Doucouré, en présence de la délégation algérienne conduite par le chef d’état-major adjoint de l’armée de ce pays, le général-major Kaidi Mohamed. Pendant trois jours, les deux parties se pencheront sur le bilan des activités de l’année écoulée. Mais d’ores et déjà, il ressort des différentes interventions que certaines décisions n’ont pas pu être exécutées pour cause de Covid-19 qui a endeuillé le monde entier. « Je ne doute pas un seul instant que vos travaux feront un bilan exhaustif et marqueront un nouveau jalon dans la coopération militaire entre nos deux pays », a dit le secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants. Cette rencontre offre l’occasion de faire une évaluation de cette coopération bilatérale et de stimuler le développement des relations militaires entre ces deux pays « amis ». L’année 2020 a été, également, marquée par une recrudescence des attaques terroristes dans la bande sahélo-saharienne, en général et au Mali, en particulier. Ces attaques, en plus de causer d’innombrables pertes en vies humaines et des destructions de biens matériels, ont provoqué des déplacements massifs de populations. Les Forces armées maliennes (FAMa), dans leur mission régalienne de défense et de sécurisation du territoire national, ont payé un lourd tribut à cette situation. Cependant, les FAMa montent en puissance depuis quelques, selon le secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants. « Nous sommes déterminés à poursuivre cette dynamique jusqu’à vaincre les forces du mal », a lancé le général Souleymane Doucouré. Pour lui, « le chemin pour y arriver est certes long et parsemé d’embuches mais l’Armée réussira cette mission à elle confiée par les plus hautes autorités du pays ». « Nous la réussirons grâce à l’appui de nos partenaires et des pays amis comme l’Algérie », a-t-il laissé entendre. L’Algérie, par la voix de ses émissaires, a réitéré sa totale disponibilité à accompagner notre pays dans ses efforts visant à consolider la paix et la sécurité ainsi que dans la lutte contre les différents fléaux notamment ceux liés au terrorisme et aux filières du crime transfrontalier. Et ce, à travers le renforcement des capacités de nos forces armées. « L’Algérie est consciente de l’importance de la coopération militaire entre nos deux pays pour assurer à l’armée malienne une montée en puissance nécessaire à l’accomplissement de ses missions », a indiqué le général-major Kaidi Mohamed. L’Algérie, partenaire stratégique du Mali, entend également œuvrer pour répondre aux besoins militaires de des «frères maliens», en les assistant dans leurs efforts visant à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, et à la concrétisation des objectifs de mécanisme de coopération de sécurité instaurée entre les pays membres du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC). « Cette dynamique est illustrée par la formation depuis 2016 de dix compagnies de lutte contre le terrorisme et des forces spéciales », a dit le chef de la délégation algérienne. BD/MD (AMAP)

Enseignement secondaire : Gestion des nouveaux lycéens, un vrai casse-tête

Par Sidi Y. WAGUÉ Bamako, 11 fév (AMAP) La plupart des établissements secondaires éprouvent des difficultés à trouver de la place aux effectifs qui y sont orientés et qui dépassent, le plus souvent, leurs capacités d’accueil. Ainsi, trois semaines après la rentrée scolaire 2020-2021, plusieurs lycées publics et parapublics ont des difficultés à accueillir tous les détenteurs du Diplôme d’études fondamentales (DEF) qui y ont été orientés. Ces effectifs pléthoriques dépassent largement les capacités d’accueil de ces lycées. Cette situation est en train de devenir préjudiciable pour les intéressés. Le lycée du Centre culturel islamique de Hamdallaye, premier à être visité par notre équipe de reportage, a été créé en 1987 sous forme de Medersa. Cet établissement scolaire parapublic, géré par le Mali, en partenariat avec la Libye et les Émirats arabes unis, a démarré l’enseignement classique dans les lycées en 1994. Il compte deux classes de 10è année pour une capacité d’accueil de 120 élèves à ce niveau, (en raison de 60 élèves par classe). L’établissement s’est retrouvé, cette année, avec 400 nouveaux élèves orientés à repartir entre les deux 10è. Le proviseur de l’établissement, Sidiki Koné, a dit que sa direction a expliqué, par une correspondance administrative, au ministère de l’Éducation nationale son incapacité à contenir cette pléthore. Le ministère aurait fait la proposition d’octroyer deux classes supplémentaires de 10è année pour le compte de l’établissement, au sein du Groupe scolaire « Marie Diarra » de Hamdallaye, à quelques encablures des lieux. Selon le proviseur, cette alternative ne pourra pas régler la problématique puisque son établissement ne dispose pas suffisamment d’enseignants. Face à cette réalité, le département de l’Éducation nationale a été obligé de revenir sur cette proposition et de s’en tenir à l’orientation de seulement 120 élèves, conformément à la capacité d’accueil du lycée du Centre islamique. Le surplus a été réparti entre d’autres établissements publics et parapublics. Détail important, la scolarité est gratuite dans ce lycée au statut particulier. Mais l’État prend en charge la dotation des élèves qui y sont envoyés. Le lycée Prosper Kamara vit les mêmes difficultés. L’établissement dispose de 14 classes de 10è pour une capacité de 700 élèves. Mais, il a accueilli, dans un premier temps, 623 élèves nouvellement orientés. Le proviseur de cet établissement parapublic, Cléophas Dakouo, explique que ce nombre était dans les cordes du lycée puisqu’en deçà de ses capacités d’accueil. Pour lui, il est clair que compte tenu de la réputation de son établissement, certains parents d’élèves y ont fait transférer leur enfant. C’est dans ce cadre que le lycée Prosper Kamara a reçu 80 autres élèves, en plus des 150 redoublants des 10è années et d’autres cas de transfert en cours. Ce qui fait un effectif de 853 élèves à caser dans les 10é, en raison de 60 élèves par classe. Or, les normes de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) recommandent 45 élèves par classe. La gestion de cet effectif est donc un casse-tête pour l’établissement. Le lycée « Mammadou Sarr » dispose aussi de 14 classes de 10è année pour recevoir 895 admis au DEF. Tous les apprenants n’ont pu trouver de place du fait de l’insuffisance de tables-bancs. Ils ont été, finalement, regroupés dans les quatre salles des laboratoires physique-Chimie et de biologie. Ils partagent à 3 voire 4 élèves des chaises métalliques pour une personne et des tables en béton. Cet effectif ne prend pas en compte les 92 redoublants des 10è années. Avec 437 élèves nouvellement orientés par l’État, le lycée « Notre Dame du Niger», un établissement scolaire parapublic qui ne reçoit que des filles a aussi du mal à loger ses «bleues» dans ses 7 classes de 10è année. Trois élèves occupent un banc. Alors que les normes recommandent deux apprenants par banc. Covid-19 oblige. Le ministère de l’Éducation nationale a instruit de ramener ce ratio à un élève par table-banc, en cette période de pandémie, pour éviter une éventuelle propagation de la maladie à une certaine échelle. À la date du 8 février dernier, 87 élèves ont été transférés de plusieurs établissements scolaires parapublics et publics vers l’établissement. Le proviseur du lycée « Notre Dame du Niger », sœur Denise Kodio, explique que plusieurs détenteurs du DEF orientés dans d’autres lycées publics et privés souhaitent venir dans son lycée. De sources proches du ministère de l’Éducation nationale, la situation reste une épine dans le pied du département. Rappelons que 134.571 élèves réguliers déclarés définitivement admis au DEF ont été orientés cette année. Sur les 1.961 structures scolaires éligibles à recevoir des admis au DEF pour des études secondaires, on dénombre 109 écoles publiques et 1.852 établissements scolaires privés. SW/MD (AMAP)

Réformes politiques et institutionnelles : Le premier ministre exhorte au rassemblement

Bamako, 11 fév (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane, a souligné, mercredi, à Bamako, la nécessité du toilettage de certains textes législatifs, « dans l’inclusivité et la convergence », dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles. « Aujourd’hui, nous faisons honneur à la démocratie, celle qui se nourrit de dialogue et se fortifie dans la concertation. Aujourd’hui, nous célébrons la République, celle qui rime avec inclusivité et convergence », a déclaré le Premier ministre, au cours d’échanges directs avec la classe politique, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Le chef du gouvernement, Moctar Ouane, avait à ses côtés, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga et le secrétaire général du ministère de la Refondation de l’État, Abraham Bengaly. Pour M. Ouane, la classe politique a un rôle de premier plan dans la promotion de la jeune démocratie malienne et une place centrale dans les réformes politiques et institutionnelles « que nous attendons, tous, avec impatience ». Il a ajouté que « ces réformes ne sont pas un effet de mode, mais une nécessité, en raison de l’obsolescence de nos pratiques de tous les jours, dans le service rendu aux usagers ainsi que dans l’inadéquation entre nos actes et les espérances de nos concitoyens ». «Il n’est point besoin d’être grand clerc pour constater les limites objectives des textes qui nous gouvernent ainsi que les menaces qui pèsent sur les vertus qui guidaient nos relations sociales et nous valaient admiration et respect au-delà des mers et des océans», a dit  le chef du gouvernement. À l’issue de la rencontre, le secrétaire général du Rassemblement pour le Mali (RPM), Me Baber Gano, a indiqué que le chef du gouvernement a voulu, à travers cet échange, recueillir le sentiment des partis politiques,. « mais aussi, engager cette discussion avec ceux-ci pour en tirer bénéfice dans le cadre de l’agenda de la Transition et surtout du plan d’actions qu’il souhaiterait présenter, très prochainement, devant le Conseil national de Transition (CNT) ». Pour sa part, le président de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ), le Pr Tiémoko Sangaré, a estimé que cette rencontre était une bonne occasion, car c’était le maillon manquant des démarches actuelles. Pour lui, les changements attendus doivent s’opérer sur deux plans : le plan institutionnel et le plan électoral. « Nous nous sommes engagés à l’accompagner, à l’appuyer », a dit M. Sangaré. « Les propositions qu’il dit avoir faites portent sur une révision constitutionnelle à minima. Il s’agit de changer dans la Constitution les éléments dont la transformation est indispensable pour permettre d’avoir des élections transparentes, crédibles, inclusives et incontestées », a-t-il indiqué. Le président du Parti pour la renaissance nationale (PARENA), Tiébilé Dramé, a jugé que la démarche du Premier ministre était un bon début de recherche de consensus, de dialogue, de concertation parce que le pays fait face à tellement de défis qui ne peuvent être abordés sans cela. Selon lui, les réformes politiques et institutionnelles sont extrêmement importantes pour l’avenir institutionnel et la stabilité du pays Quant au chef du gouvernement, il a salué l’esprit dans lequel « nous nous sommes retrouvés cet après-midi qui me permet de dire, au nom de tous les participants, à savoir le gouvernement et la classe politique, que la nécessité d’engager les réformes politiques et institutionnelles devrait se faire dans un esprit de rassemblement de tous les fils du pays ». Moctar Ouane dit avoir constaté l’engagement unanime de tous à soutenir la transition dans cette perspective. DD/MD (AMAP)

Gao : Un leader influent de la ville assassiné par des individus armés non identifiés

Gao, 11 février (AMAP) Un leader influent de Gao, Abdoulaye Kaba Koné, entrepreneur de son état a été assassiné mardi tôt le matin à son domicile par des individus armés non identifiés, a appris l’AMAP de source locale. «Ablo», comme  l’appelait affectueusement ses proches,  était très apprécié et surtout engagé auprès notamment des jeunes de la Cité des Askia, en témoigne la teneur des hommages qui lui sont rendus. Pour Anass Maïga, bloggeur et leader auprès d’organisations de jeunes à Gao, la mort brutale d’Abdoulaye Kaba Koné est particulièrement triste d’autant plus qu’il était « l’ami de toute la jeunesse de Gao d’abord, mais de tous ceux qui l’ont connu à Gao ». « Abdoulaye Kaba Koné était un homme qui dit ce qu’il pense même si cela devait lui coûter la vie. J’étais témoin à plusieurs reprises de ses bagarres avec certains éléments du MNLA en 2012 pour ses prises de positions, sous l’occupation de Gao », a commenté un jeune internaute sur Facebook. « Il était toujours avec la jeunesse sans aucune distinction. Avec sa mort, la jeunesse perd un immense soutien et Gao, un grand fils. De 2012 à sa mort, il a été de tous les grands rendez-vous. À travers les différents témoignages sur les réseaux sociaux, Gao lui rend un hommage mérité », souligne un jeune bloggeur. En effet, les exécutions se sont accentuées ces dernières semaines et mois dans la ville, même s’il reste difficile de faire la part des choses entre les crimes crapuleux et les assassinats ciblés. En rappel, une marche avait été organisée, le 27 janvier dernier, par des organisations de la société civile pour dénoncer « l’insécurité grandissante ». Une enquête ouverte par la Police permettre d’élucider cet énième meurtre qui vient d’endeuiller la ville de Gao  MT/KM (AMAP)

Mali: Onze nouveaux cas de Covid-19 mercredi

Bamako, 10 fév (AMAP) Les services de santé maliens ont enregistré, mercredi, onze nouvelles contaminations à la Covid-19, sur la base de 1120 échantillons testés, annonce le communiqué quotidien du ministère de la Santé et du Développement social. Par ailleurs, on note une dizaine de patients guéris contre zéro décès au cours des dernières 24 heures. Selon le département, les nouveaux cas du jour ont été identifiés dans les Régions de Kayes (Ouest) et Koulikoro (près de Bamako), ainsi que dans plusieurs Communes du District de Bamako, la capitale. À ce jour, la situation cumulée au Mali est de 8.203 cas positifs, 6.100 personnes guéries du coronavirus contre 339 décédées. AT/MD (AMAP)

Mopti : Une vingtaine de Casques bleus blessés dans une attaque à Kéréna (Centre)

Mopti, 10 fév (AMAP) Une vingtaine de Casques bleus ont été blessés, mercredi, dans une attaque contre une base temporaire de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à Kéréna, dans le Cercle de Douentza, Région de Mopti (Centre). Dans un communiqué rendu en mi journée, la MINUSMA indique que, le mercredi, vers 7h du matin, sa base temporaire à Kéréna, située dans les environs de Douentza, a été la cible d’une attaque complexe. «La réponse robuste des Casques bleus a eu pour effet de repousser les assaillants, qui ont pris la fuite. Suite à l’attaque et selon un bilan provisoire, une vingtaine de Casques bleus ont été blessés», précise le communiqué. Le chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif, a fermement condamné cette «attaque lâche» contre les soldats de la paix. «Nous menons depuis plusieurs mois de nombreuses opérations de sécurisation dans cette partie du Mali dont l’objectif principal est de contribuer à réduire les violences sur les populations, à ramener le calme dans les zones où les tensions communautaires sont signalées, et à réduire la menace des engins explosifs improvisés, comme c’est le cas dans la Région de Douentza », a dit M. Annadif. « Ces opérations dérangent les ennemis de la paix, mais nous restons engagés aux côtés des Maliens, pour les Maliens», a-t-il ajouté. Le chef de la MINUSMA, selon le communiqué, s’est assuré que toutes les mesures ont été prises pour que les blessés reçoivent rapidement les soins appropriés, auxquels il souhaite un prompt et complet rétablissement. MK (AMAP)    

Sahel : Les sénateurs français favorables au maintien de Barkhane

Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 10 fév (AMAP) Plusieurs élus français se sont montrés, plutôt, favorables au maintien du dispositif antiterroriste français au Sahel, lors d’un débat sur « l’Opération Barkhane : bilan et perspectives », mardi, au Sénat. La présence des forces armées françaises au Sahel est un sujet que regarde de près la Haute assemblée. En effet, si cette action militaire a remporté d’importants succès, elle est aussi une charge très importante pour l’État français. Le Sénat a donc jugé qu’il était indispensable d’organiser un débat permettant la confrontation des points des vues sur ce dossier et la discussion des options de sortie progressive de la crise dans cette région. Lors des débats, plusieurs élus favorables au maintien du dispositif au Sahel, on estimé qu’il a mis en échec le projet funeste de création d’un Califat et permet aujourd’hui aux armées locales de prendre le dessus sur les terroristes. «Ce n’est pas au moment où le bilan de l’opération Barkhane s’améliore qu’il faut baisser la garde», a déclaré le sénateur Joël Guerriau du Groupe des indépendants (INDEP), tout en précisant que le retrait ne devrait être envisagé que lorsque Paris aura réussi à mobiliser le maximum de contingents européens pour combler le vide. « Le retrait n’est pas une option, parce qu’il ruinera tous nos efforts. Certes Takuba est une avancée, mais elle est insuffisante », a renchéri Bruno Retailleau du Groupe les républicains. Des sénateurs ont estimé que les récents succès militaires ne devraient pas faire perdre de vue la forte capacité de régénération des groupes armés terroristes. « Aujourd’hui encore, a enchainé Olivier Cigolotti de l’Union centriste, force est de reconnaître que la guerre est loin d’être gagnée». La situation impose, selon lui, un renforcement de la coopération européenne, qui ne peut se limiter à l’EUTM. Aussi a-t-il jugé « insuffisant » le dispositif G5 Sahel, qui devrait s’élargir aux pays côtiers. Les résultats mis en avant pour convaincre de l’utilité du dispositif Barkhane, semblen,t à la limite, insignifiants pour le sénateur Guillaume Gontard du Groupe écologiste, solidarité et territoire (GEST) qui a déclaré que le «bilan laisse perplexe, huit ans après l’engagement de la France». « Le coût s’est amélioré au fil des ans, mais pour quel résultat ? », s’est interrogé l’élu. Pour lui, la neutralisation d’individus de haut rang ne fera pas disparaître le terrorisme. Et surtout, la solution militaire ne remplacera jamais la solution politique. « Raison pour laquelle, a-t-il plaidé, il faut donner une nouvelle impulsion à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali ». En somme, la majorité des sénateurs reconnaissent l’importance de la présence de Barkhane au Sahel. Selon eux, il s’agit donc de persévérer, en faisant adhérer le maximum de partenaires européens à la cause sahélienne et en aidant les forces locales à poursuivre leur montée en puissance. Le tout chapeauté par de véritables actions de développement. Ainsi, tout en saluant le professionnalisme des soldats français, plusieurs intervenants ont évoqué les volets politique, diplomatique et de développement de la stratégie déployée au Sahel. SURSAUT DIPLOMATIQUE – À cet égard, ils sont en phase avec Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. «Le sommet de Pau a été le sommet du sursaut militaire et celui de N’Djamena, sera le sommet du sursaut diplomatique, politique et de développement», a ainsi annoncé le chef de la diplomatie française. Concernant singulièrement le Mali, le sursaut politique espéré devra se concrétiser à travers la mise en œuvre effective de l’Accord pour la paix et la réconciliation. « Maintenant, il faut passer aux actes », a déclaré Jean-Yves Le Drian, pour qui cet « appel vaut pour tous les acteurs ». Il a indiqué que la réunion annoncée du Comité de suivi de l’Accord à Kidal est un signal positif. Globalement, le ministre Le Drian a soutenu que les lignes ont considérablement bougé au Sahel. Et depuis le sommet de Pau, d’énormes progrès ont été faits dans le cadre de la «Coalition pour le Sahel». Pour lui, non seulement la lutte contre le terrorisme au Sahel a pris une dimension internationale (plus de 45 pays impliqués), mais aussi les différents appuis aux États du Sahel ont permis des progrès dans les domaines de la sécurité intérieure et du renforcement de la chaîne pénale. Il a, aussi, insisté sur le redéploiement de l’administration dans les zones libérées au Mali et la mise en place de projets d’urgence, notamment la création d’infrastructures scolaires et sanitaires. Abondant dans le même sens, Florence Parly, ministre des Armées, est revenue sur les succès opérationnels dans la zone dite des trois frontières. « L’Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS) a été fortement entravé», s’est-elle réjouie, tout en faisant remarquer que les forces locales n’ont, depuis Pau, subi aucune attaque d’ampleur. Autre motif de satisfaction pour elle : la montée en puissance des armées locales qui sont désormais capables de résister et de répliquer. «Notre présence n’est pas éternelle», a martelé à plusieurs reprises Florence Parly devant les sénateurs. Et c’est en cela qu’il importe de mobiliser les partenaires européens pour prêter main forte à Paris. ID/MD  (AMAP)  

Accord pour la paix et la réconciliation : Vers la redynamisation des actions de défense e de sécurité

Bamako, 10 fév (AMAP) Les travaux de la réunion de niveau décisionnel des parties à l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, se sont ouverts, mardi, à Bamako, pour redynamiser certains aspects de défense et de sécurité. « L’objectif des autorités est de redynamiser les cadres inclusifs de concertations inter maliennes afin de diligenter la mise en œuvre du document et pérenniser la paix, la stabilité et les équilibres politiques et institutionnels, économiques et sociaux du pays », a déclaré le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, qui a présidé la rencontre, rappelant l’attachement du gouvernement à la mise en œuvre intégrale de l’Accord. Cet engagement politique repose, selon lui, sur une exigence de stabilisation progressive de la situation sécuritaire dans le Nord et le Centre du Mali, qui appelle à l’affinement de la compréhension commune de certains aspects de défense et de sécurité « Il s’agit, pour nous, de pallier les retards constatés dans l’exécution de certaines actions en matière de défense et sécurité », a précisé le ministre de la Défense et des Anciens combattants, ajoutant que ces retards s’expliquent en partie par la brièveté des délais, la pandémie de la Covid-19, la non appropriation du processus et des concepts par certaines parties à l’Accord. Sans oublier le manque d’attributions requises à d’autres pour prendre valablement des engagements au sein des différents mécanismes de mise en œuvre de l’Accord. « Il s’agit, pour nous, de trouver ensemble des réponses consensuelles appropriées, nécessaires et réalisables à ces questions, comme nous l’avons fait, maintes fois, lors de nos précédentes réunions…», a indiqué le colonel Camara Il a invité les participants à approfondir la réflexion et prendre des décisions concrètes sur des questions spécifiques susceptibles de faire avancer sensiblement l’application de l’Accord pour une stabilisation du Mali et un retour définitif de la paix. En effet, ces questions tournent autour du « Concept des forces armées et de sécurité reconstituées ; des quotas (civils et militaires) à intégrer dans les corps constitués de l’État (y compris les forces armées et de sécurité) ; du processus de réintégration des combattants anciennement membres des Forces armées et de sécurité S’y ajoute l’intégration des éléments de mouvements signataires, suivant les critères retenus, dans les Forces armées et de sécurité, les services paramilitaires et les fonctions publiques. « Ce sont là autant de défis qui exigent, pour être surmontés, une entente entre nous Maliens », a signalé le ministre Camara. Cette rencontre offre l’occasion de faire un état des lieux des avancées substantielles accomplies dans la mise en œuvre des principales dispositions de l’Accord. Mais aussi, et surtout, de prendre des mesures concrètes pour l’exécution de ce qui reste à réaliser sur la base des actions prioritaires de la feuille de route actualisée du 18 décembre 2020. Cette rencontre est aussi, une opportunité pour parachever les ambitions de l’Accord et assurer, ainsi la préservation de l‘unité nationale, de l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’État du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et de son caractère laïc. Les ministres en charge de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, et de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga, étaient présents à la rencontre. L’on notait également la présence de la hiérarchie militaire et des représentants des mouvements signataires de l’Accord B D/MD (AMAP)  

Comité d’état-major opérationnel conjoint : Le général Mohamed Ould Bamba Ould Meguett de la Mauritanie aux commandes

Bamako, 10 fév (AMAP) Le président en exercice sortant du Comité d’État-major opérationnel conjoint (CEMOC), le chef d’État-major général des armées maliennes, le général Oumar Diarra, a passé le témoin au rentrant, son homologue de la République islamique de Mauritanie, le général Mohamed Ould Bamba Ould Meguett. C’était à l’issue des travaux de la réunion annuelle du CEMOC, mardi, à Bamako, sous la présidence du général Oumar Diarra. L’organisation, qui regroupe le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, s’étend de la frontière libyenne à l’Est à celle du Sahara espagnole à l’Ouest. La zone d’intérêt commune est longue d’environ 1.956 kilomètres. Dans son discours d’ouverture, le chef d’État-major général des armées du Mali, a indiqué que la vocation de cette organisation est d’œuvrer à assurer aux populations de l’espace, les conditions optimales d’un développement harmonieux auquel elles aspirent légitimement. Selon le général Oumar Diarra, cette réunion, faisant suite à la rencontre annuelle de Tamanrasset, fera le point des opérations militaires conjointes transfrontalières (OMCT) effectuées au cours de l’année 2020. « Elle statuera également sur l’état d’avancement des différents projets sécuritaires relevant de l’axe défense et sécurité des États membres du Comité », ajoutera l’officier général. Il a fait savoir que tous les efforts déployés seront vains si la sécurité et la paix ne règnent pas dans l’espace du Comité Auparavant, le chef d’état-major du CEMOC, le colonel-major Abdoul Faye du Mali, avait procédé à la présentation sommaire du Comité conjoint, fait le bilan d’exercice annuel des activités et proposé de meilleures solutions pour la nouvelle année. L’on retient de cette présentation que le CEMOC a pour objectifs de lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée le long des frontières des pays membres ; de favoriser les échanges d’informations en temps réel entre les différentes forces. Pour atteindre les objectifs ci-dessus cités, le Comité d’État-major opérationnel conjoint est chargé, entre autres, de gérer et de maintenir en état de fonctionnement les réseaux de communication radio sécurisée, pour l’échange en temps réel de renseignements et d’informations sécuritaires ; de mettre à jour les documents réglementaires de coordination et de coopération. En termes de difficultés rencontrées lors de l’exercice écoulé, figure en bonne place la non effectivité des rencontres au niveau des bornes frontières en raison de la Covid-19. Mais, aussi, la lenteur du système de géolocalisation dans le cadre des poursuites sécuritaires le long des frontières. En vue d’améliorer le fonctionnement de l’organisation commune, le colonel-major Abdoul Faye a recommandé, entre autres, de rendre opérationnelle la cellule logistique afin d’assurer efficacement les patrouilles ; conjuguer les opérations militaires par les efforts politiques soutenus en vue d’éradiquer le phénomène du terrorisme transfrontalier. De même, prévoir un drapeau CEMOC installé au siège de l’organisation auprès des autres emblèmes nationaux… Pour sa part, le représentant du chef d’État-major de l’armée algérienne a rappelé que les efforts de son pays, ayant trait à la fourniture de matériels et à la formation de composantes maliennes, visent à permettre au Mali, de disposer de potentiels de combat à même de sécuriser notre frontière commune. « Dans ce cadre, l’Algérie est disposée à examiner d’autres demandes en la matière, pour permettre à l’armée malienne de se déployer dans la partie nord de son territoire », a assuré le général-major Kaïdi Mohamed, ajoutant que cette offre concerne également les frères Nigériens et Mauritaniens La cérémonie a enregistré la présence des chefs d’État-major ou représentants des pays membres du CEMOC. AT/MD (AMAP)  

Coopération Mali-Chine : 4,5 milliards de fcfa pour financer des projets

Bamako, 10 fév (AMAP) Le gouvernement chinois s’engage à mettre à la disposition du Mali, à titre de don, un montant de 4,5 milliards de Fcfa destiné à financer des projets qui seront déterminés ultérieurement par les deux parties. L’accord de coopération économique et technique a été signé, mardi, au ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeïni Moulaye, et l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Mali, Zhu Liying. La signature de cet accord de coopération économique et technique est la mise en œuvre des huit initiatives du dernier sommet du Forum de coopération sino-africain (Focac), tenu à Beijing les 3 et 4 septembre 2018. Selon le diplomate chinois, l’utilisation de ce montant sera définie, de commun accord, par les parties, de telle sorte qu’il soit bénéfique au développement économique et social du Mali et au renforcement de la capacité de ses institutions. Pour Zhu Liying, c’est un nouveau fruit de l’amitié et de la coopération sincères entre les deux grands pays. L’ambassadeur chinois a, par ailleurs, rassuré que son pays se tiendra toujours aux côtés du Mali. « À tout moment et en toutes circonstances, nous nous prêtons compréhension et soutien mutuels sur tous les dossiers fondamentaux : la sauvegarde de l’unité nationale, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, le maintien de la paix et de la stabilité et le renforcement du développement économique et social », a détaillé Zhu Liying. De son côté, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a déclaré que le peuple et le gouvernement maliens sont heureux d’avoir un partenaire constant et soucieux du développement socioéconomique du Mali. « La signature de cet accord de don, a-t-il indiqué, magnifie les excellentes relations de coopération entre la République du Mali et celle populaire de Chine ». Le chef de la diplomatie malienne est persuadé que cet accord ouvrira davantage la voie à d’autres. « Il vient à point nommé et intervient à un moment de crise et de baisse des revenus de l’État dans un contexte marqué par la maladie à coronavirus », a expliqué Zéïni Moulaye, avant d’assurer que le gouvernement veillera à une utilisation rationnelle de cette importante enveloppe. Le ministre Zéïni Moulaye a remercié le gouvernement chinois pour ses nombreux appuis en faveur du Mali, notamment dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19 mais, aussi, son apport à la stabilisation du pays. OD/MD (AMAP)