Procès de Clément Dembélé : Le ministère public a requis l’abandon des poursuites

Bamako, 2 sept (AMAP) Le Parquet a requis, mercredi, l’abandon des poursuites contre le président de la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage (PCC), Clément Dembélé, pour défaut de preuve, dans son procès pour propos séditieux, au tribunal de Grande instance de la Commune I du District de Bamako, la capitale malienne, a constaté l’AMAP. Clément Dembélé, poursuivi pour incitation à la désobéissance civile et appel à la désobéissance des militaires et des hommes de troupes, a comparu sur la base d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et censée l’incriminer. Devant plusieurs partisans du prévenu et des médias, les débats, dans la salle d’audience, ont duré deux heures d’horloge au cours de desquelles, la défense, Me Alifa Habib Koné, Me Abdramane Touré et Me Drissa Doumbia, a soulevé un certain nombre d’exceptions qui ont été jointes au fond. Le ministère public, qui a soutenu que le mis en cause a essayé d’inciter les militaires à ne pas obéir, a relié les faits poursuivis aux délits de presse dont il fallait apporter la preuve de leur commission, dans un débat contradictoire. Devant la défense qui a contesté l’existence de la vidéo supposée incriminer son client, le parquet a brandi une clé USB qui était, selon lui, dans les scellés. Dans l’impossibilité de faire lire cette clé, à l’audience, il n’y a plus d’éléments de preuve pour le ministère public qui s’est trouvé « dans l’obligation d’abandonner purement et simplement les poursuites ». Il a, aussi, requis de restituer les avoirs scellés de M. Dembélé. Clément Dembélé a déclaré qu’il respecte et croit à la justice malienne. « Acquittez-moi si on doit m’acquitter, condamnez-moi, si on doit me condamner », a-t-il dit. La présidente du tribunal a mis l’affaire en délibéré pour le 30 septembre prochain. Ce procès a eu lieu après une première audience publique renvoyée le 1er juillet à la demande du parquet. Le procureur, à la suite de son audition et après son inculpation pour les deux chefs d’accusation d’incitation à la désobéissance civile et d’appel à la désobéissance des militaires et des hommes de troupes, avait remis en liberté provisoire M. Dembélé. OD/MD (AMAP)

Gao : 160 jeunes déployés pour le curage des caniveaux

Gao, 2 sept (AMAP) Le gouvernement du Mali, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a mis en place un projet dénommé « emploi et jeunes pour la paix », pour accompagner 160 jeunes des Régions de Mopti (Centre), Tombouctou, Gao et Kidal (Nord), après la période de la pandémie du Covid-19. Le projet touchera des manœuvres,  chefs d’équipes et un superviseur. Munis des pelles, brouettes, gants, de pioches et de râteaux, ils vont curer les caniveaux et ramasser des débris à travers la ville de Gao moyennant 5000 Fcfa par jour et par personne. L’objectif du projet « emploi et jeunes pour la paix », dont la durée est de trois mois, est de lutter contre le chômage des jeunes du cercle de Gao, où la première phase du projet, le curage de caniveaux, a débuté en juillet. La deuxième phase a débuté au mois août et la dernière phase sera exécutée au mois de septembre. Le représentant du Conseil régional de la jeunesse de Gao, Halidou Malick, a indiqué qu’un nombre important des jeunes de Gao est déployé pour curer les caniveaux afin d’éviter d’éventuelles inondations. « C’est une initiative de l’Agence pour la promotion d’emploi (APEJ) avec le concours de ses partenaires. C’est un projet qui permet de lutter contre le chômage des jeunes mais aussi de protéger leur environnement », a-t-il relevé. Le coordinateur régional de l’APEJ à Gao, Douga Diallo, a expliqué que l’exécution du projet a été confiée à sa structure qui a l’expérience des programmes d’urgence comme les approches à Haute intensité des mains d’œuvres (HIMO). Il a ajouté que pour la bonne réussite du projet, le Comité de pilotage de l’APEJ a associé la mairie, le Conseil régional des jeunes, la Direction régionale de l’assainissement et la préfecture de Gao. AT/MD (AMAP)

Ibrahim Bocar Ba, président de l’UMRDA Faso- Jigi, ancien diplomate est décédé dans la nuit de dimanche à lundi, à Bamako

Bamako, 2 septembre (AMAP) Le doyen Ibrahim Bocar Ba, président de l’Union malienne-Rassemblement démocratique africain (UM-RDA Faso Jigi) et vice-président de l’Alliance «Ensemble pour le Mali», est décédé dans la nuit de dimanche à lundi, à Bamako, des suites d’une maladie de courte durée, a appris l’AMAP de sources concordantes. Homme politique et économiste d’une grande expertise professionnelle, Ibrahim Bocar Ba entama sa carrière en 1973 dans des Institutions financières de renommée, après de brillantes études en économie à Paris où il décrocha, en 1971, un Diplôme d’études supérieures en sciences économiques à l’université Paris (Panthéon Sorbonne). D’abord gouverneur suppléant du Fonds monétaire international (FMI), il devint en 1975 le président de la Commission ad hoc Franco-malienne pour le renouvellement des Accords monétaires, poste qu’il quitta pour celui de président du Conseil d’administration de la Banque centrale du Mali (1976-1977). A partir de 1980 jusqu’en 1984, l’économiste occupa le poste de gouverneur suppléant de la Banque mondiale, avant d’être appelé à exercer ses mêmes fonctions à la Banque africaine de développement (BAD). Il a également été directeur général de la Banque de développement du Mali (BDM SA) de 1979 à 1987, directeur général de la Caisse autonome d’amortissement (1988-1989), membre du Conseil d’administration de la Bceao (1989 à 1991) et Commissaire en charge des politiques macroéconomiques et de la recherche économique de la Cedeao de février 2012 à mars 2016. Ibrahim Bocar Ba est aussi connu dans le monde diplomatique, pour avoir été, entre 2003 à 2012, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali auprès du Royaume de la Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand-Duché de Luxembourg, du Royaume Uni (Grande Bretagne et Irlande du Nord) et de l’Union Européenne. Avide de savoir, il mettra ces années à profit pour approfondir ses connaissances en économie. En 2009, il obtint, avec mention très honorable, un doctorat d’état en sciences économiques à l’Université Jean Moulin Lyon III. Depuis juin 2017, Ibrahim Bocar Ba était conseiller spécial de l’ancien président de la République, en charge des politiques économiques, une fonction qu’il cumulait avec celle de coordonnateur de la Cellule économie et prospective de la présidence. Les collaborateurs, les camarades et les connaissances du doyen Ba, retiennent de lui son humanisme et son engagement constant au service de son pays et de la sous région. ID/KM (AMAP)

Marché du poisson : Les temps sont durs pour les vendeurs

Par Makan SISSOKO Bamako, 2 sept (AMAP) Le marché des poissons au Mali a pris un coup dur depuis le début des crises sociale, économique et sanitaire qui secouent le pays. Cette morosité du marché est due en grande partie à la crise sanitaire qui affecte directement le panier de la ménagère. La montée des eaux de nos fleuves (Niger et Sénégal), due à la saison des pluies, ne semble rien arranger à la situation, car les poisons locaux se font désirer. Comme conséquence, les poissons importés des pays voisins comme le Sénégal, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire ont la côte sur nos marchés. Leurs prix restent stables (600 à 900 Fcfa le kilo). En dépit de cette disponibilité en quantité suffisante, les clients ne semblent pas se bousculer devant les étals, magasins et boutiques de vente en gros et de détail comme le confirment de nombreux vendeurs et revendeurs de poissons. Rencontrés dans différents marchés de la capitale, ils s’accordent tous à dire que cette mévente est liée à la situation économique difficile que traverse le pays. Le marché de Médina-coura, communément appelé «Sougouni coura», est l’un des plus fréquentés par les Bamakois. Ils viennent généralement s’approvisionner en légumes, fruits et surtout en poissons frais. Ces produits proviennent de l’intérieur du pays. Ils sont aussi importés des pays voisins comme le Sénégal, la Mauritanie, la Côte d’Ivoire, le Maroc et la Chine. Korotoumou Dienta est grossiste dans ce marché. Assise devant un conteneur rempli de poissons prêts pour la vente, la quadragénaire se plaint de la rareté des clients. Le marché des poissons n’est plus florissant depuis l’avènement de la Covid-19, argumente la commerçante. Pour qui, cette pandémie a freiné l’activité des vendeurs de poissons, mettant plusieurs d’entre eux en chômage technique. Les poissons pêchés dans nos fleuves sont de plus en plus rares sur le marché à cause de l’hivernage. Car, en cette période, explique la vendeuse Korotoumou, «nous assistons à la montée du niveau d’eau dans le fleuve grâce aux eaux de pluies». « Par contre, dit-elle, les poissons importés dominent le marché et les prix n’ont pas flambé cette année ». « Toutefois, les clients se plaignent de la conjoncture économique actuelle du pays », déplore Korotoumou Dienta. D’où la mévente. «Les revendeurs détaillants de poissons, qui viennent s’approvisionner auprès de nous, n’arrivent plus à écouler rapidement leur marchandise. Souvent, nous conservons les poissons dans les frigos pendant longtemps et cela est une énorme perte», explique Korotoumou. En ce qui concerne la faible affluence de la clientèle, la crise sanitaire a plombé les affaires, selon notre interlocutrice. « Le panier de la ménagère pèse de moins en moins lourd », ajoute-t-elle, tout en précisant que la bourse des ménages s’est effondrée. «Les autorités doivent penser à nous soutenir financièrement pour pouvoir relancer nos activités et sortir de cette impasse », plaide Korotoumou. En la matière, les statistiques suffisent pour constater la baisse drastique des recettes quotidiennes des vendeurs de poissons. «Je vends les poissons du fleuve et ceux de la mer. Autrefois, ma recette était entre 75.000 à 100.000 Fcfa par jour. Aujourd’hui, je ne dépasse pas 22.000 Fcfa par jour. Parfois, je ne gagne absolument rien», regrette Korotoumou Dienta. LONGUE CONSERVATION – Le marché du poisson est également menacé par l’insécurité permanente dans le pays, fait savoir la vendeuse. Elle se rappelle, à cet effet, de l’attaque d’un camion-remorque chargé de poissons, en provenance de Gao. Les poissons pêchés localement viennent notamment des régions du Nord et du Centre du Mali, en direction de la capitale pour y être écoulés à des prix exorbitants. « Des assaillants se sont emparés du véhicule et de son contenu. Ils restent encore introuvables », explique Korotoumou. Au marché aux poissons «Les Halles de Bamako» à Faladié en Commune VI du District de Bamako, Rokia Dao est marchande de poissons de mer. Elle confirme que le prix du poisson n’a pas augmenté, mais que le marché est morose. «Nos clients qui venaient acheter des poissons en gros, se plaignent actuellement de la pauvreté. Beaucoup d’entre eux confient être en chômage technique à cause de la crise sanitaire. Nous sommes obligés de conserver les poissons dans les congélateurs pendant plus de dix jours», détaille Rokia Dao, comme pour dire que les conséquences auraient pu être catastrophiques sans cette possibilité. Le marché aux poissons « était florissant avant l’apparition, en mars dernier, de la maladie à coronavirus dans notre pays », se rappelle Rokia. A l’en croire, la fermeture des frontières, imposée à cet effet par les états de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), suite au changement de régime, a entraîné une hausse du prix à l’importation des poissons. Les prix appliqués aux consommateurs varient entre 600 à 900 Fcfa le kilo pour les poissons de mer importés et 1.300 à 1.400 Fcfa pour les poissons d’eau douce. Rencontrée au marché de Kalaban coura, en Commune V, la ménagère Fatoumata Keïta informe que le prix du kilo du poisson importé a connu une légère hausse de 100 Fcfa en cette période de l’année. « Elle aime préparer les plats avec le poisson qui, argumente-t-elle, donne une saveur particulière à la sauce, surtout les poissons importés du Sénégal ». MS/MD (AMAP)

De fortes pluies attendues du 31 août au 06 septembre (Météo) 

Bamako, 2 sept (AMAP) Des quantités importantes de pluies sont attendues, localement, dans toutes les régions du Mali et ainsi que dans le le District de Bamako, la capitale, durant la semaine du 31 août au 06 septembre 2020, a annoncé la cellule communication du ministère des Transports et de la Mobilité urbaine/Agence Mali-Météo. La répartition des pluies au cours de la semaine se fera comme suite : lundi, il est prévu des pluies dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Ménaka, Kidal, Tombouctou, Taoudenit et le District de Bamako. Mardi : les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Taoudenit, et le District de Bamako. Par contre, des pluies sont prévues mercredi, uniquement, dans les régions de Kayes, Sikasso et Kidal. Les Régions de Koulikoro, Gao, Ménaka, Kidal et le District de Bamako doivent s’attendre à des pluies le jeudi. Quant au vendredi, il est annoncé des pluies dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Ménaka, Kidal, Tombouctou, Taoudenit et le District de Bamako. Les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou et le District de Bamako seront arrosées le samedi. Enfin, il doit pleuvoir, le dimanche, dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka et le District de Bamako. Selon les mêmes prévisions, la période sera caractérisée par un ciel nuageux à couvert localement et un vent dominant de composante sud-ouest dans toutes les régions du pays. Les températures maximales seront comprises entre 24°c et 45°c avec les maximales dans la Région de Taoudenit. Les minimales seront situées entre 17°c et 34°c avec la plus forte moyenne dans les Régions de Kayes et de Koulikoro. OD/MD (AMAP)

Diéma : Les candidats à la migration irrégulière n’attendent plus la fin des travaux agricoles

Par Ouka BA AMAP-Diéma Diéma, 31 août (AMAP) Le phénomène est nouveau à Diéma ! De jeunes candidats à la migration clandestine et irréguliere n’attendent plus la fin des récoltes. Ils déposent délibérément leurs outils agricoles, avant même de finir les différentes phases de désherbage des champs. Ils partent, en catimini, à l’insu de leurs parents. Ces départs vers l’inconnu ne font qu’accentuer l’insuffisance de bras valides dans cette bande sahélienne où l’agriculture et l’élevage demeurent les moteurs de l’économie locale. Selon des constats, le Cercle de Diéma enregistre, chaque année, un plus grand nombre de départ sur les chemins de la migration irrégulière. Près de 90%  des jeunes, âgés de 18 à 25 ans, empruntent la route de l’incertitude ou « route de la mort », pour tenter de franchir, à leurs risques et périls, la Mer Méditerranée. Un vieil homme n’en finit pas de pleurer son fils disparu en mer. « Durant le temps qu’il a passé  en Libye, explique l’homme du troisième âge, sur un ton nasillard, mon fils m’envoyait régulièrement de l’argent ». Son oncle lui avait trouvé une fille à marier. « Le jour où j’ai appris la mort de ce fils béni, je suis resté deux jours sans pouvoir avaler la moindre nourriture. La mort s’est trompée de cible. C’est moi qu’elle devait emporter à la place de mon fils », se lamente le père inconsolable. La vieille Minétou, raconte que sa dernière communication avec son fils remonte au moment où il a posé le pied sur le bateau. « Je ne suis plus parvenue à le joindre au téléphone. Dès lors, le doute a commencé à m’habiter. Quelques jours après, mon frère qui réside en France, m’a informée de son décès », dit la maman endeuillée. Dans une maison, à Nafadji, le chef de famille cache toujours la mort de son fils. « Si la nouvelle est sue, la mère et la femme du garçon seront anéanties », déclare-t-il. La traversée de la Méditerranéen ne fait plus peur à Wandé, ancien migrant, originaire de Torodo. D’ailleurs, il s’apprête à repartir en Libye. Il explique que son jeune frère a péri lorsque le bateau qui le transportait a chaviré. « De nombreux jeunes de Torodo ont succombé », déclare l’homme, venu renouveler sa carte d’identité à la préfecture de Diéma. Cette fois-ci, il compte passer par Gao, dans le Nord du Mali, pour atteindre l’Algérie, D’après lui, les migrants ont moins de problèmes, sur cette piste, à part, quelques fois, les bandits qui les rançonnent. Par contre, l’itinéraire par la Mauritanie ne prospère plus, avec les mesures imposées par ce pays. PHENOMENE CULTUREL – Dans la plupart des cas, les enfants soninkés s’en sortent. Dès leur bas âge, leurs parents leur apprennent à travailler, à adopter de « bons comportements », pour affronter les dures épreuves qui les attendent dans « les pays des Blancs ». C’est pourquoi, certains soutiennent, qu’il est difficile de voir un migrant soninké fainéant. Pour le départ, ils s’organisent en petits groupes de 3 à 5 pour effectuer le déplacement périlleux. Ils vont en Libye, pour atteindre ensuite l’Italie, la France, les Etats-Unis, etc, en passant par l’Algérie ou la Mauritanie, dans l’espoir de gagner de l’argent et  aider leurs parents. Là-bas, ils créent des chaînes de solidarité et entreprennent, souvent, des actions de développement dans leur localité, à travers, notamment la construction d’écoles, de mosquées, la réalisation de forages, l’aménagement de barrages, le paiement des impôts et taxes, etc. Malgré les efforts de sensibilisation contre la migration irrégulière par le ministère des Maliens de l’Extérieur et ses partenaires, notamment l’Union européenne (UE) et l’Agence espagnole pour la coopération internationale et le développement (AECID), le nombre de départ vers les côtes, s’accroit, chaque jour, un peu plus. Dans le Cercle de Diéma, les Communes de Diéma, Diangounté Camara, Lambidou, Fatao, Béma, Madiga Sacko et Diéoura, zones à majorité Soninkés reconnus pour leur grande mobilité, la migration est ancrée dans les habitudes et les coutumes. Elle fait partie de leur quotidien, de leur culture. Les enfants qui restent ont moins de considération dans la société. Rares sont les parents qui acceptent de leur donner leur fille. Par contre, ceux qui parviennent à rentrer en Europe, ont droit à tous les honneurs. Aussi, le rêve de chaque parent, est-il d’avoir un fils à l’extérieur du pays, afin d’acquérir des moyens matériels suffisants et construire des maisons en dur. Dans les localités à prédominance bambara, la migration s’opère de façon tempérée. Généralement, cette communauté privilégie le travail de la terre dont elle tire la majeure partie de ses revenus. A côté, elle pratique d’autres activités lucratives. DRAME HUMAIN – En 2015, le bilan d’un naufrage survenu en Mer méditerranéenne a été macabre, avec 184 victimes dans la Région de Kayes. Parmi ces naufragés, 34 provenaient du Cercle de Diéma, endeuillant plusieurs familles. Une enquête du Comité international de la Croix Rouge (CICR), en partenariat avec le Comité régional de la Croix Rouge malienne de Kayes, dans plusieurs villages de la première Région, a révélé que des dizaines de migrants sont morts en Mer méditerranéenne. Cette mission avait pour objectif de procéder au Rétablissement des liens familiaux (RLF) afin de renforcer le mécanisme de mise en relation des parents avec leurs enfants dont ils sont restés sans nouvelles. La disparition de nombreux migrants a fait, aujourd’hui de nombreuses veuves. Les croyances locales qualifient ces pauvres femmes de porte-malheur. Elles sont stigmatisées, rejetées, souvent, par leurs beaux-parents. Aucun homme ne veut d’elles. «Dans notre société, quand une jeune femme perd son mari, les hommes se méfient d’elle », laisse entendre Sédifo. « Cette femme qui porte la poisse est capable de tuer jusqu’à trois maris. C’est son quatrième époux qui la conduira dans sa tombe », poursuit l’homme, en ôtant de sa bouche, un morceau de cola. En milieu soninké, avant de partir à l’aventure, on oblige le jeune garçon à prendre femme, pour lui faire subir le poids d’une certaine responsabilité vis-à-vis de sa famille et de la société. C’est pour faire en sorte qu’il n’oublie pas son village d’origine, qu’il se souvienne toujours de ses

Mali : Un civil tué et deux autres blessés par des soldats français à Gao (Barkhane)

Bamako, 01 sept (AMAP) Un bus de transport de passagers a essuyé des tirs de la Force Barkhane, mardi, faisant trois blessés dont un grave, a une cinquantaine de kilomètres de Gao, dans le Nord du Mali, a appris l’AMAP de source officielle. Selon un communiqué de l’état l’état-major français, le blessé grave, qui a été transporté à Gao pour y recevoir les soins appropriés par l’Armée française, a succombé à ses blessures. La France confirme « la mort d’un civil malien et deux autres blessés par des militaires français de la force antidjihadiste Barkhane lors d’un incident impliquant un bus ayant refusé de ralentir malgré des sommations », a indiqué la même source. AC/MD (AMAP)

Telenovelas : Quand les séries télévisées nous tiennent

Par Aminata DIARRA Bamako, 01 Sept (AMAP) Nos compatriotes sont devenus accrocs aux telenovelas, feuilletons télévisés qui sont, très souvent, produits dans les pays d’Amérique du Sud ou de Turquie. Ils restent, le plus souvent, scotchés devant leur téléviseur et ne sont pas près de rater, même pour tout l’or du monde, le moindre épisode de ces séries dramatiques à fortes émotions en termes d’amour, de libertinage sexuel, de suspense, mais aussi de sentiment de révolte contre l’injustice. «El diablo», «Meryem», «La dona» et «Farmagul», autant de titres de séries télévisées qui suscitent commentaires et débats passionnants dans notre société. Certains estiment qu’elles impactent, négativement, le comportement des enfants et des jeunes qui tentent de s’inspirer de ces films. Or, ceux-ci n’ont rien à voir avec les réalités maliennes, d’où la condamnation sans équivoque des puritains et conservateurs qui n’apprécient guère ces feuilletons. Pourtant, ces mélodrames sur petit écran bénéficient d’une très grande popularité dans les pays africains, notamment le nôtre. Aux heures de diffusion, les femmes tombent dans un autre univers où plus rien ne compte. Elles perdent jusqu’à la notion du temps et en viennent même à ignorer leurs époux, le temps d’un épisode. Une certaine opinion pense même, à tort ou à raison, que nombre de déviations actuelles des mœurs dans notre pays sont liées à ces séries télévisées. Adama Samaké est conscient de la passion que suscitent les séries télévisées sud-américaines. Le jeune homme cite volontiers son exemple pour avoir failli divorcer d’avec son épouse à cause des telenovelas. «Mon retour du bureau, coïncide, très souvent, avec la diffusion d’un feuilleton que ma femme regarde. Elle a tendance, en ces moments, à ne plus s’occuper de moi. A peine si elle me salue ou me donne à manger. Elle semble absorbée par ces feuilletons au point de ne plus jouer son rôle d’épouse », souligne-t-il. Samaké a brandi la menace du divorce pour recadrer son épouse.   PASSION – Certains soutiennent que les telenovelas en Afrique ont plus d’inconvénients que d’avantages. Une ménagère à Faladiè, qui a requis l’anonymat, ne partage pas cet avis. Elle estime que les telenovelas permettent de s’épanouir même pour celles qui viennent de la zone rurale. «Quand je termine les travaux ménagers, je me distrais avec les séries télévisées», explique notre interlocutrice. Comme elle, Salimata Coulibaly, âgée de 26 ans, apprécie les feuilletons. Cette femme au foyer précise : «Grâce aux séries télévisées, je me fais une idée de la vie d’autres communautés, notamment américaines mais aussi de l’évolution du monde». Elle est toujours à l’affût de nouveaux feuilletons sur les chaînes de télévision parce que le cinéma reste son pêché mignon. Touré, fonctionnaire à la retraire, regarde avec passion ces séries télévisées au point d’oublier, parfois, qu’il est juste devant un poste téléviseur. Il se range du côté des férus des feuilletons télévisés. Mais il préfère ne pas verser son avis dans le débat sur les inconvénients. Pour nos interlocuteurs, il est clair que ces séries télévisées ont aussi un impact sur le mode de vie des jeunes, notamment des jeunes filles. Certains estiment que ces séries télévisées devraient être destinées plus aux adultes qu’aux enfants et aux jeunes. D’autres incriminent les parents qui ne respecteraient pas les messages qui, parfois, indiquent clairement, sur l’écran : «Déconseillé au moins de…..». Dans notre pays, les feuilletons ont une incidence sur l’éducation des enfants qui sont tentés d’imiter la vie des stars du cinéma. Ténin Coulibaly est ménagère. Elle est, aussi, d’avis que les séries télévisées influent négativement sur le comportement de nos enfants. «Ma fille doit faire le baccalauréat cette année. Elle ne s’en soucie point pour l’instant. Elle passe plus de temps à regarder les séries télévisées. C’est un vrai souci pour moi », se plaint-elle. Pour elle, les télénovelas posent un problème d’assimilation. Elle explique tout simplement que c’est une faiblesse de note société et s’interroge : « Pourquoi ne pas s’intéresser, plutôt, aux séries africaines qui reflètent mieux nos réalités ? » AD/MD (AMAP)    

Marché de la cola : Des soucis d’approvisionnement

Par Amadou GUÉGUÉRÉ & Babba B. COULIBALY Bamako, 01 sept (AMAP) Depuis quelques jours, le prix de la noix de cola a grimpé dans un contexte marqué par l’embargo imposé au Mali par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), suite à la démission de l’ancien président Ibrahim Boubacar Kéita. A ce propos, les avis et analyses des vendeurs de ce fruit aux vertus multiples, rencontrés lundi, à Bamako, divergent selon les différents espaces de vente. A «Worokourou» (marche de colas), au Grand marché, le président des vendeurs de cola estime que la pénurie, ces derniers temps, s’explique par deux raisons. «La première raison est la faible production au niveau des pays d’approvisionnement. La seconde s’explique par l’embargo. Ils ont dit que les frontières sont fermées, les fournisseurs ont eu peur d’envoyer la marchandise. Après, ils ont appris que les produits alimentaires ne font pas partie des produits soumis à la sanction», détaille Mamadou Traoré qui ajoute que cette difficulté a eu peu d’impact sur le prix de la noix cola. Les tarifs varient en fonction de la qualité et de la disponibilité. «Nous avons beaucoup de types de cola. Aujourd’hui, le prix du panier varie entre 52.500 et 55.750 Fcfa, selon la qualité. Souvent cédée à 42.500 Fcfa, la même quantité peut valoir 100.000 Fcfa», explique le patron des vendeurs de cola de «Worokuru». «Hamdallaye Worokuru», est l’un des plus grands marchés de vente de noix de cola à Bamako. Ici, les marchands de cola, comme ceux des autres marchés, s’approvisionnent à partir de la Côte d’Ivoire et de la Guinée. Président des vendeurs de cola au niveau de ce marché, Bourama Sangaré reconnaît que le marché de cola est peu attrayant depuis quelques mois, précisant que les prix n’ont pas changé. « La noix de cola est accessible s’il est abondant sur le marché, surtout en période de récolte. Passée cette période, les prix grimpent à cause de la réduction de la production », estime le vendeur. «Actuellement, l’importation de la cola se fait comme d’habitude. L’embargo n’a apporté aucun changement négatif sur le marché de cola», insiste le septuagénaire. Qui estime que nos dirigeants doivent faciliter le dédouanement. Surtout au niveau de Zégoua où les marchandises trainent, selon lui, à cause du scanning. Pour Massiri Keita, vendeur de cola au même marché, le fruit est disponible en abondance. «Nous avons accueilli deux véhicules chargés de noix de colas, il y a deux à trois jours. Quand le produit manque, les prix augmentent. Mais la différence de tarif excède rarement 2.500 Fcfa. Depuis l’arrivée des commandes, les prix sont revenus à la normale et commencent à partir de 50.000 Fcfa le panier», précise-t-il. Pénurie ou pas, la noix de cola est utilisée en bien de circonstances au Mali. Toutefois, traditionnalistes et religieux sont unanimes que son usage en ces occasions n’est pas obligatoire. «La cola a toujours existé dans tous ce que nos parents font : démarches de mariage, baptêmes et décès, etc», rappelle le vice-président du Réseau des communicateurs traditionnels du Mali (RECOTRAD). Pour Amadou Dagamaïssa, la rareté et la cherté ces dernières années de ce produit symbolique a amené les gens à utiliser les dattes et les bonbons lors des cérémonies de mariages, baptême ou de décès. «S’il y a une crise de cola, on peut utiliser les dattes. Pour la bonne compréhension, il appartient aux communicateurs traditionnels (les intermédiaires) d’expliquer que ce changement est dû à l’embargo que le pays subit ou autre», propose le griot. Qui précise que la noix de cola est symbolique, mais pas obligatoire dans la célébration de mariage ou de baptême. Selon l’imam Seydi Malick Diallo de la mosquée de Garantiguibougou 300 logements, la noix de cola fait partie de nos traditions non interdite par la religion musulmane. En cas de rupture, on peut utiliser des dattes ou des bonbons, comme cela est, d’ailleurs, de plus en plus fréquent lors de nos cérémonies de mariage et de baptême, estime le religieux. AG/BC/MD (AMAP)  

Préparatifs de la concertation nationale : Consultations tous azimuts

Bamako, 01 sept (AMAP) Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), a annoncé pour « très prochainement » l’avant-projet des termes de référence pour l’organisation de larges concertations sur la Transition, a appris l’AMAP, lundi, en marge des pré consultations que les militaires ont engagées, au ministère de la Défense et des Anciens combattants, avec la classe politique et l’ensemble des forces vives de la nation. La rencontre, présidée par le 1er vice-président du CNSP, le colonel Malick Diaw, avec une large palette d’acteurs nationaux a permis d’échanger sur l’organisation des assises nationales devant aboutir à un consensus autour de la gestion de la Transition. A la fin de la rencontre, Dr Bocary Tréta de la coalition Ensemble Pour le Mali (EPM) a indiqué que lui et ses camarades étaient venus répondre à l’invitation du CNSP dans le cadre de ce qu’ils ont appelé « une pré-consultation » en vue d’organiser de larges concertations sur la transition. Il s’agit, selon lui, de l’organisation institutionnelle de la Transition, ses organes et sa feuille de route. «Nous avons félicité les membres du Comité pour leur initiative de consulter les forces politiques et sociales de notre pays. Nous avons marqué notre totale adhésion au processus de la Transition politique et civile qu’ils ont annoncé», a déclaré Dr Tréta, ajoutant qu’ils espèrent que les membres du CNSP tiendront parole en ce qu’ils se sont engagés à rendre le processus participatif et d’être « d’égal commerce vis-à-vis de l’ensemble des forces politiques et sociales ». «Nous avons accueilli très favorablement l’annonce faite par eux (les militaires) de rendre disponible très prochainement un avant-projet des termes de référence pour l’organisation de la concertation nationale. Nous avons annoncé que nous leur ferons parvenir, dans les jours à venir, nos propositions dans le sens de contribuer à l’élaboration desdits projets de termes de référence», a signalé le président de l’alliance EPM. Selon lui, la rencontre s’est déroulée dans une parfaite compréhension mutuelle. Ils ont donc encouragé les membres du CNSP à poursuivre dans ce sens, tout en leur donnant l’assurance que l’alliance EPM est disponible et apportera toute sa contribution à l’organisation de la Transition politique et civile qu’ils ont annoncée. Concernant la présidence de la Transition, Dr Bocary Tréta dira que du moment où il y aura une concertation nationale sur la base des termes de référence qui seront communiqués, l’alliance EPM viendra comme toutes les forces politiques et sociales dire ce qu’elle pense. Mais déjà, Dr Tréta a déclaré que les propositions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vont dans le bon sens. « Seulement, elles ont besoin d’être adaptées à la situation réelle de notre pays », a-t-il ajouté. INCLUSIVITE TOTALE – Pr Tiémoko Sangaré, président de l’Alliance pour la démocratie-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) a abondé dans le même sens. Selon lui, au niveau de la coalition EPM, ils  ont déjà élaboré le draft d’un document qui sera finalisé et transmis au CNSP. « En même temps, a-t-il dit, quand nous auront le projet de termes de référence, nous allons l’analyser en fonction des différentes positions qu’ils (les militaires) auront déjà énoncées dans leur projet de document ». Pour Pr Tiémoko Sangaré, le plus important c’est que tout soit fait pour d’abord mettre les Maliens ensemble. «Il y a beaucoup de problèmes dans le pays qui ne pourront avoir de solutions que dans l’unité des Maliens. On entend beaucoup de discours mais tout cela c’est du superfétatoire », a-t-il laissé entendre, ajoutant que notre pays a, aujourd’hui, des défis importants à relever et qui doivent amener les uns et autres à accepter de dépasser certaines considérations pour se consacrer à l’essentiel. «De ce point de vue, nous avons dit aux membres du Comité l’importance d’organiser tout ce qui sera fait dans le cadre d’une inclusivité totale pour qu’à l’arrivée, tous les Maliens se sentent concernés par ce qui sera décidé et puissent, ainsi, apporter chacun du sien pour que ce qui est envisagé puisse être réalisé», a insisté le président de l’Adema-Pasj. Pour lui, la rencontre a été positive et ils ont senti la volonté, au niveau du CNSP, d’agir avec l’ensemble des Maliens et de faire face aux urgences de notre pays. C’est donc à ce titre qu’ils ont exprimé leur disponibilité à accompagner cette démarche, à jouer le rôle qui est le leur en tant que force politique dans le cadre de ce qui sera fait. De son côté, le colonel Malick Diaw a rappelé que notre pays traverse une période cruciale. Et, donc, il est important que tous les Maliens, toute la classe politique, tous les regroupements et l’ensemble des forces vives de la nation se réunissent autour d’une table dans un processus de concertation. «Les Maliens vont se réunir et échanger afin de convenir sur quelque chose pour la bonne marche de la transition», a précisé le 1er vice-président du CNSP, ajoutant que le pays a aujourd’hui besoin de tous ses fils. Il a dit que tout se passe bien et que les travaux sont en cours pour trouver un bon projet de Charte, une bonne feuille de route et, ensuite, une bonne architecture pour mettre en place une bonne Transition. Toujours dans le cadre des concertations pour la mise en place de la Transition, les membres du CNSP ont aussi, lundi, rencontré d’autres entités de la nation, notamment l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), les magistrats, le Haut conseil des Maliens de l’extérieur (HCME), le Conseil supérieur de la diaspora du Mali (CSDM), le Patronat, les Chambres consulaires et des Ordres, le Haut conseil islamique du Mali (HCIM), l’Église catholique et l’Église protestante. La longue journée a été bouclée par la synthèse de l’ensemble des rencontres au Quartier général du CNSP à Kati. DD/MD (AMAP)