Filière anacarde : Les acteurs en conclave pour valider la Stratégie nationale de développement
Bamako, 16 sept (AMAP) Le ministère de l’Agriculture, à travers le Projet d’appui à la filière anacarde au Mali (PAFAM), a organisé, mardi, au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba un atelier de validation de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Mali. La rencontre était présidée par le conseiller technique du ministère de l’Agriculture, Yacouba Koné, en présence de la coordinatrice nationale du projet PAFAM, Mme Baba Kongo, du président de l’Interprofession de la filière anacarde au Mali (IPROFAM), Dr Ibrahim Togola, des partenaires techniques et financiers et de nombreux acteurs de la filière anacarde. Cet atelier de deux jours, vise à consolider et valider les travaux réalisés dans le cadre de l’élaboration du document de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde, ainsi que le plan d’action pour sa mise en œuvre avec la contribution de tous les acteurs impliqués. Mme Baba Kongo a souligné que cet atelier est d’une importance capitale pour la filière, car il réunit « tous les intervenants de la filière pour faire le diagnostic et donner des axes stratégiques pour assurer le développement de la filière avec un plan d’action sur 5 ans ». Selon elle, le point fort est l’organisation des acteurs de la filière pour assurer la production et la productivité de l’anacarde afin d’apporter de la valeur ajoutée. Le PAFAM cofinancé par l’Union européenne (UE) et par l’Agence espagnole de coopération internationale au développement (AECID) à travers le «Fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique» a pour mission de valoriser la filière cajou au niveau national. L’objectif principal du projet est de contribuer à la lutte contre la pauvreté, au développement durable et à la réduction de l’émigration au Mali par la mise en valeur de la filière anacarde. La filière anacarde est, aujourd’hui, parmi les plus porteuses au Mali. Les bassins de productions sont situés dans les Régions de Sikasso, Kayes, Koulikoro, Ségou. L’anacarde constitue une source importante de revenu pour une bonne partie de la population de ces zones de production et demeure l’une des principales cultures de rente au Mali. Introduite au Mali depuis les années 60, la culture de l’anacarde connait un essor de développement sans précédent grâce aux appuis des partenaires techniques et la politique de développement sectorielle du gouvernement pour diversifier les produits d’exportation, afin d’équilibrer la balance commerciale. Selon Yacouba Koné, le Mali produisait environ 50.000 tonnes de noix brutes et plus du triple en pomme, et cette production a évolué pour atteindre 87.455 tonnes de nos jours. Elle emploie une frange importante de main d’œuvre surtout en milieu rural et occupe une place importante dans les produits d’exportation. Nonobstant cette place de choix des produits de cajou dans le tissu économique du Mali, la filière reste confrontée à des difficultés telles que, le faible niveau d’opérationnalisation et de coordination entre les maillons de production, de transformation et de commercialisation, l’insuffisance des infrastructures et technologies de transformation à grande échelle. Depuis 2007, un processus de structuration de la filière anacarde au Mali a été engagé. Dans cette dynamique, le PAFAM a commandité, une étude pour l’élaboration de la stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Mali. Cette étude a pour but de corriger les insuffisances, disposer d’une vision globale de promotion de la filière, définir les principes d’intervention clairs, fixer les objectifs stratégiques et déterminer les axes de travail et actions concrètes en vue de booster la filière anacarde au Mali. MS/MD (AMAP)
Colonel Assimi Goïta face à la communauté malienne au Ghana : « Tout le monde doit se mettre à la tâche »
Envoyés spéciaux Issa DEMBELE Oumar DIOP Accra, 16 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta, a invité, lundi, tout le monde à se mettre à la tâche, s’adressant à la communauté malienne au Ghana, en marge du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) sur la situation au Mali, qui s’est tenu, mardi, à Accra, la capitale ghanéenne. Entouré de ses proches collaborateurs, et l’ambassadeur du Mali, au Ghana, Abdoul Kader Touré, le président du CNSP a évoqué les problèmes comme la mauvaise gouvernance, la corruption, l’insécurité qui font sombrer notre pays qui ont justifie la prise du pouvoir par les militaires. «Nous sommes intervenus pour l’intérêt supérieur du pays. Et cela sans effusion de sang », a-t-il soutenu,. Il a indiqué que son ambition « est de poser les jalons du Mali de nos rêves. Toutes choses qui imposent une conjugaison des efforts ». « Tout le monde doit se mettre à la tâche. Et cela demande des sacrifices à consentir », a prôné le colonel Assimi Goïta, ajoutant que « le Mali est notre seul patrimoine commun que nous devons sauvegarder ». Environ deux millions de Maliens sont établis au Ghana, d’où ils suivent, avec intérêt, l’évolution de la situation politique au Mali. Le déplacement des responsables de CNSP a été aune occasion pour eux de mieux comprendre ce qui se passe au Mali. Massivement, ils étaient venus à l’hôtel Peduase Valley, lundi dans la soirée. Devant nos compatriotes établis au Ghana, le porte-parole du CNSP, le colonel-major Ismaël Wagué, a soutenu que l’Armée est intervenue le 18 août pour sauver la nation. Une « mission de sauvetage » dont l’objectif est, selon lui, de « mettre en place les bases essentielles pour qu’on puisse repartir vers un Mali nouveau, à l’issue d’une transition et des élections générales”. Pour y arriver, le CNSP compte sur l’apport de tous les Maliens. «La contribution de tout un chacun est non seulement essentielle, mais aussi vitale», a lancé le colonel-major Ismaël Wagué. L’urgence pour les nouvelles autorités du Mali est de convaincre les chefs d’Etat de la CEDEAO à lever les sanctions qui vont « surtout contre la population, déjà soumise à de rudes épreuves”. Selon lui, la quasi-totalité de la population fait confiance au CNSP. «Que les uns et les autres comprennent cela», a-t-il déclaré, tout en précisant que c’est un «contrat moral» qui lie désormais le CNSP et la population. Ces messages du CNSP ont rassuré nos compatriotes qui, dans leur majorité, ont accueilli favorablement la prise du pouvoir par les militaires. «Nous avons confiance en vous et à tous ceux qui sont impliqués dans la recherche de solutions à la crise malienne », a indiqué Mohamed Maïga. Pour lui, le déplacement du CNSP au Ghana, à l’invitation du président Nana Akufo Addo, prouve que leur pays d’accueil et l’ensemble de la CEDEAO ont « le souci du Mali ». ID/MD (AMAP)
Produits de consommation : Les stocks peuvent couvrir plusieurs mois, selon la Direction nationale du commerce et de la consommation
Par Cheick M. TRAORE Bamako, 16 sept (AMAP) Les sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) font planer le risque de pénurie de certaines marchandises importées. Mais la Direction nationale du commerce et de la consommation (DGCC) rassure sur le niveau de nos réserves, Un mois après la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, suite à l’intervention de l’Armée, le Mali reste sous embargo de la (CEDEAO). La tenue, les 10, 11 et 12 septembre, de la concertation nationale sur la transition n’a pas fait fléchir les chefs d’Etat de l’organisation ouest-africaine. Ces assises ont même étalé au grand jour les divergences de vue entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et une partie du Mouvement du 5juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui a rejeté la Charte de la transition. Ces désaccords assumés semblent être mis à profit par certains pour tenter de créer la panique au sein de la population, prédisant ainsi une rupture très prochaine des stocks en denrées de tout genre. Les Maliens doivent-ils craindre ce scénario professé par les individus aux intentions inavouées ? La disponibilité en denrées peut-elle couvrir les besoins essentiels avant la levée des sanctions ? Existe-t-il des alternatives crédibles d’approvisionnement en cas de prorogation ou d’alourdissement du blocus ? Cet embargo arrive au mauvais moment pour le Mali. Très vaste pays sans débouché sur la mer, le Mali vit depuis 2012 une crise sécuritaire, sociale et politique qui affecte, année après année, ses efforts de développement. La croissance de son Produit intérieur brut (PIB) a régresser de plus de 6% à un peu moins de 5% (2019) sur la même période. Ce taux est, selon le dernier rapport des services du Fonds monétaire international (FMI), estimé à 0,9% cette année, contre une projection initiale de 5%. Cette chute drastique est consécutive aux effets de la crise sanitaire. S’il faudrait y ajouter les effets néfastes de l’embargo, l’économie malienne tomberait en récession. Comme ce fut le cas après le coup d’Etat de 2012. Cette régression économique est à nouveau envisageable eu égard au volume des échanges entre le Mali et les autres pays membres de l’organisation sous régionale. Ceux-ci comptent pour environ 17% de nos recettes d’exportation dont 6.1% sur le Burkina Faso, 4,9% vers la Côte d’Ivoire, 4,7% en direction du Sénégal et 0,91% vers la Guinée. En direction de ces pays, le Mali exporte principalement le bétail, les noix de karité, les denrées agricoles (pomme de terre, mangue, etc.). En revanche, notre pays dépend en grande partie d’eux en matière d’importations. Le Sénégal vient en tête avec 21% du volume des produits importés dans la zone. Il est suivi par la Côte d’Ivoire avec 9.7%. Nos achats de biens dans les pays membres de la CEDEAO avoisinent 40% du total de nos importations. A titre illustratif, le Mali a, en 2018, importé pour 472 milliards de Fcfa auprès du Sénégal et 377 milliards de Fcfa auprès de la Côté d’Ivoire. La moyenne quotidienne est de 2,3 milliards de Fcfa de produits importés auprès de ces deux pays : 1,3 milliard de Fcfa en faveur du Sénégal et un milliard de Fcfa pour la Côte d’Ivoire. SOUVERAINETE ECONOMIQUE – “Les hydrocarbures constituent l’essentiel de nos produits d’importation (24%), suivis des machines (8,4%), des véhicules (6.9%), des équipements électroniques (6.6%)”, précise l’analyste Abdoul Karim Coulibaly. Selon lui, ces produits transitent ou sont revendus pour la plupart par ces pays. «C’est par exemple, ajoute le spécialiste, le cas des hydrocarbures dont le Mali s’approvisionne à travers le Sénégal. Bien que n’étant pas producteur de pétrole, le Sénégal arrive à exporter le pétrole en direction du Mali, bénéficiant ainsi dans les termes de l’échange». Il ajoute que d’autres produits tels que le poisson, la banane plantain, le ciment, le bois, sont directement produits par nos voisins de la CEDEAO. Une restriction sur les échanges n’est pas alors sans conséquence pour l’économie et sur la population maliennes. «Un embargo sera très ressenti par la population malienne, car il nous priverait de 40% de nos produits d’importation», analyse M. Coulibaly. Pour l’expert, ce ressenti se manifestera par un accroissement du prix des denrées et des produits manufacturés à cause de leur rareté sur le marché et une baisse des recettes de nos opérateurs économiques. Ces derniers verront leurs biens stockés au niveau des différents ports. « Cela peut avoir des contraintes de coûts de stockage, et même affecter certaines denrées périssables », déplore-t-il. Ces chiffres illustrent à suffisance que le Mali est loin de pouvoir se passer de ses voisins de la CEDEAO. L’économiste Étienne Fakaba Sissoko, lui, rappelle, à juste titre, notre dépendance économique. «Savez-vous qu’aujourd’hui, l’ensemble du patrimoine (argent, liquidité) du Mali est dans un compte unique à la BCEAO ? Avec l’embargo de la CEDEAO, on n’y a plus accès. Aujourd’hui, nous fonctionnons sans caisse régulièrement alimentée, donc exclusivement avec les nouvelles entrées de recettes et la liquidité existante au Trésor», a-t-il écrit dans un récent post. Toutefois, le directeur général du commerce, de la consommation et de la concurrence, Boukadary Doumbia, intervenant sur une radio, invite les consommateurs à la sérénité. « Dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, le ministère en charge du Commerce, à travers la DGCC, avait pris des mesures pour faciliter l’importation des denrées de première nécessité », rappelle M. Doumbia. «Toutes les provisions n’ont pas été utilisées. A ce jour, les stocks que nous avons dans les magasins peuvent couvrir plusieurs mois. Et n’y a pas de raison d’augmenter les prix, comme le font certains commerçants en cas de crise», rassure le DGCC. Menaçant de sanction les contrevenants, il précise que son service a décidé de ne plus donner d’autorisations pour l’exportation des produits de base maliens dans les pays de la CEDEAO. Cela jusqu’à la levée de l’embargo. Rappelons aussi que les produits alimentaires, pharmaceutiques, les hydrocarbures, sont exclus des sanctions de la CEDEAO. ALTERNATIVES – Afin de renforcer notre capacité de résilience, Boukadary Doumbia propose de tout mettre en œuvre
Sommet d’Accra sur le Mali : La CEDEAO réclame toujours une transition dirigée par des civils
Envoyés spéciaux Issa DEMBELE et Oumar DIOP Accra, 15 sept (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) réclame toujours une transition au Mali dirigée par des civils mais a, en revanche, fait une concession sur la durée du pouvoir intérimaire en entérinant la proposition de 18 mois de la délégation malienne, a-t-on appris de source malienne, dans la capitale ghanéenne, Accra, où un sommet de l’organisation commune ouest-africaine sur le Mali. En se rendant à Accra, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) espérait obtenir la compréhension et l’adhésion des chefs d’Etat de la CEDEAO aux conclusions de la concertation nationale. À l’épreuve, Assimi Goïta et sa délégation ont dû se rendre à l’évidence : l’organisation sous-régionale s’en tient à ses principes. Si les dirigeants ouest-africains sont d’accord pour une transition de 18 mois, ils sont, cependant, restés catégoriques sur le profil des personnalités devant la conduire. En effet, ils ont réitéré leur exigence concernant la restauration d’un pouvoir civil. Et c’est à cette seule condition que les sanctions seront levées. C’est ce qu’a annoncé le président ghanéen à l’issue des travaux du sommet consacré à Mali. Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, qui assume la présidence tournante de l’organisation commune ouest-africaine, était entouré lors de cette réunion consultative par six de ses homologues : Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Mahamadou Issoufou du Niger, Macky Sall du Sénégal, Rock Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Alpha Condé de la Guinée Conakry et Faure Gnassingbé du Togo. Il y avait également le vice-président du Nigéria. Les échanges avec les dirigeants du CNSP ont permis, au moins, d’éclairer davantage la lanterne des chefs d’Etat sur la situation politique et les souhaits des populations dont une bonne frange n’est pas contre une transition dirigée par les militaires pour une durée de 18 mois. Le président burkinabé, Rock Marc Christian Kaboré, a confié à la presse que les informations fournies par le CNSP ont permis à la CEDEAO de mieux comprendre et d’orienter, par conséquent, sa stratégie de sortie de crise. « Cependant, a-t-il précisé, les chefs d’Etat ont fait comprendre aux dirigeants du CNSP que le président de la transition et le Premier ministre doivent être forcément des civils ». Une position que l’organisation sous-régionale a maintenue parce que cela fait partie de ses principes. Par contre, elle a reconsidéré sa position sur le délai qui pourra légèrement excéder les 12 mois pour atteindre les 18 mois. « Sur ce plan, on n’a pas véritablement de contradiction sur le fond », a indiqué le président Burkinabé qui a justifié cette concession par la nécessité de « bien organiser les choses et permettre au processus de tenir sur le bon délai ». « Une fois que le président et le Premier ministre de la transition seront mis en place, il va de soit que le CNSP serait dissout de fait », a ajouté Rock Marc Christian Kaboré. S’agissant de la vice-présidence, le président burkinabé a révélé que cette question n’a pas été débattue au cours de la rencontre. Ainsi, le CNSP pourrait l’occuper, « mais uniquement pour des questions de défense et de sécurité ». Aussi, a-t-il précisé, ce « vice-président ne pourra pas remplacer le président en cas de vacance du pouvoir ». DEUX HEURES D’HORLOGE– Sans plus de détails, le président Alassane Dramane Ouattara a estimé que les nouvelles décisions prises par la CEDEAO permettront d’aller de l’avant. Selon lui, ce que les chefs d’Etat souhaitent, c’est d’arriver rapidement à la levée des sanctions pour mettre fin à la souffrance du peuple malien. Sur ce chapitre, le président en exercice de la CEDEAO a ajouté que les chefs d’Etat sont « très conscients des difficultés causées par les sanctions » et qu’ils « voudraient aussitôt que possible, les lever ». Pour cela, il y a une seule condition : la nomination d’un président et d’un Premier ministre civils pour diriger la transition. Les chefs d’Etat se sont exprimés à l’issue d’une longue et certainement anxieuse journée pour les membres de la délégation malienne. Le stress a commencé dès la matinée quand, comme pour signifier l’illégitimité du CNSP, les chefs d’Etat n’ont pas autorisé le colonel Assimi Goïta et sa délégation à participer à la cérémonie d’ouverture. C’est à Peduase Lodge, où s’est déroulé l’événement, qu’ils en ont été poliment informés, avant d’être priés de retourner à l’hôtel en attendant la fin de cette cérémonie. De retour sur le lieu du sommet, la délégation malienne a été appelée à rejoindre les chefs d’Etat aux environs de 13 heures, pour une séance de travail qui a duré plus de deux heures d’horloge. Juste avant l’entrée en scène du CNSP, les organisateurs, certainement sur instructions, avaient pris le soin d’enlever le drapeau du Mali. Le geste n’est pas anodin. Pour autant, la délégation malienne, déterminée à se faire entendre par les chefs d’Etat, n’a manifesté, en aucun moment, un quelconque sentiment de frustration. « Il faudra accepter beaucoup choses. L’essentiel est de partir d’ici avec une bonne nouvelle pour le peuple », nous a confié un membre de la délégation. En marge de la rencontre, les membres du CNSP ont eu des tête-à-tête avec chacun des chefs d’Etat présents. ID/MD (AMAP)
Portrait : Moussa Traoré, « Balla » s’en est allé
Bamako, 15 sept (AMAP) Né le 25 septembre 1936, Moussa Traoré aura connu cinq vies. La première est celle d’un jeune officier que rien ne distinguait, particulièrement, et qui fait ses études à l’Ecole des enfants de troupe de Kati avant de les poursuivre à l’Ecole préparatoire des officiers d’outre-mer. Il est aspirant lorsqu’il regagne le Mali nouvellement indépendant. Nommé sous-lieutenant en 1961, il passe lieutenant en 1963. Le Mali socialiste d’alors est engagé aux côtés des forces qui se battent pour l’émancipation totale du continent et le jeune officier est envoyé au Tanganyka (partie intégrante de l’actuelle Tanzanie) en qualité d’instructeur auprès des combattants des mouvements de libération. Rentré au Mali, Moussa Traoré est affecté, toujours comme instructeur, à l’Ecole militaire inter-armes de Kati. La seconde vie de Moussa Traoré commence en 1968. Avec un groupe de jeunes officiers inquiets de la dévalorisation croissante de l’Armée et de la montée de la milice populaire devenue une institution para-militaire toute-puissante, il organise le coup d’Etat du 19 novembre 1968 qui aboutit au renversement du président Modibo Kéita. Le jeune officier est porté à la tête du Comité militaire de libération nationale (CMLN), nouvel organe dirigeant du pays et il cumule assez vite ces fonctions avec celles de chef de l’Etat. Mais malgré ces responsabilités en apparence prestigieuses, Moussa Traoré n’est en fait que le premier parmi les égaux, le fonctionnement collégial du CMLN restreignant sa marge de prise de décision. Si bien qu’il apparaît non pas comme l’homme fort du pays, mais plutôt comme le pondérateur des luttes d’influence qui font rage à l’intérieur du Comité. Sa troisième vie date du 28 février 1978. Ce jour-là, il fit arrêter quatre de ses compagnons parmi lesquels deux (Tiécoro Bagayoko et Kissima Doukara) traînent une réputation désastreuse au sein de l’opinion publique nationale et sont considérés comme les faucons du CMLN. La quatrième vie de Moussa Traoré débute lorsque prend fin l’état de grâce qui a suivi les événements de février 1978. L’agitation estudiantine de 1980 s’achève sur la mort du leader du mouvement Abdoul Karim Camara dit « Cabral ». Le président Traoré dans cette crise a dû se sentir bien démuni puisque le parti unique et constitutionnel qu’il a créé – l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) – n’a pas su se poser ni en intercesseur auprès du monde scolaire, ni en mobilisateur de l’opinion publique. L’ancien pensionnaire de l’Ecole des enfants de troupe de Kati, qui était devenu général de brigade en octobre 1978 (il sera promu général d’armée en mars 1982), commence alors son apprentissage de la solitude du pouvoir. Celle-ci allait lui faire abandonner progressivement ses réelles aspirations d’ouverture de 1978 pour se laisser enfermer dans une logique de cénacle. Au début des années 90, cette évolution atteint sa forme la plus aboutie. Au-delà du parti et au-dessus du gouvernement, c’est un cercle restreint de proches et d’intimes qui exerce la réalité du pouvoir et conseille le président sur la conduite des affaires du pays. Moussa Traoré s’est, de plus en plus coupé, des réalités du pays dont il ne percevait pas les profondes modifications. Le destin lui réserva tout de même un ultime chant du cygne en 1988, année où il assume la présidence de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), aujourd’hui Union africaine (UA) en même temps que se fêtait le 20è anniversaire de sa prise de pouvoir. Deux ans plus tard, survenait le temps des épreuves. Les associations politiques lançaient les premières revendications pour l’ouverture démocratique. Imperméable à l’air du temps, insensible aux avis favorables au multipartisme qui surgissaient au sein de son propre camp, Moussa Traoré laisse passer deux occasions historiques d’accepter l’ouverture et, sans doute, de la contrôler. Voulant à tout prix rester maître du calendrier et reporter une prise de décision au congrès de l’UDPM de mars 1991, il se fait déborder par la montée des impatiences populaires. La répression sanglante de la marche estudiantine du 22 mars 1991 sonne le glas de son régime. Renversé par le coup d’État du 26 mars, Moussa Traoré est condamné à mort lors du procès « Crimes de sang », puis du procès « Crimes économiques »(les peines seront ensuite commuées en détention à perpétuité). En ces deux occasions, il s’employa à justifier et à valoriser sa gestion des affaires maliennes pendant 23 ans, mettant sa chute au compte d’un complot ourdi de l’extérieur. Gracié en mai 2002 par le président Konaré, l’ancien chef de l’État fait alors le choix de se mettre en retrait de la vie publique. Féru de lecture des Saintes écritures, il a certainement puisé dans celles-ci la sérénité de comportement et l’égalité d’humeur que tous lui reconnaissent aujourd’hui. S’il prodigue encore de discrets conseils et recommandations aux forces politiques qui lui demeurent fidèles, il s’abstient résolument de tout ce qui pourrait apparaitre comme une immixtion directe. Ce qui ne l’empêchera pas cependant le 04 septembre 2013, de rehausser l’éclat de la cérémonie de prestation de serment au CICB du président de la République alors fraichement élu, Ibrahim Boubacar Keïta. Seul ancien chef d’Etat présent, Moussa Traoré a été alors porté au pinacle par celui qui venait de prendre les rênes du pays qui le qualifia de « Grand républicain ». Ayant franchi l’âge de la sagesse, celui que ses compatriotes appelaient « Tarata Balla » qui signifie « Balla du Mardi » (Ndlr, les événements importants de sa vie sont intervenus un mardi), aura compris que c’est désormais le costume de conciliateur et de rassembleur qui lui sied. Au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré en 2012, les responsables de la junte l’ont rencontré quelques fois. Plus récemment, les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avec le colonel Assimi Goïta en tête, sont aussi allés à « l’écoute de l’ancien président ». Puisant dans son riche fond politico-militaire, Moussa Traoré a dû prodiguer d’utiles conseils aux jeunes officiers de 2012, tout comme à ceux de 2020 dont le destin a ressemblé au sien quelques décennies plutôt. Il aura aussi contribué à chercher une issue
Le M5-RFP veut consolider la bonne entente avec le CNSP (Point de presse)
Bamako, 15 sept (AMAP) Le Mouvement du 05 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a dénoncé, mardi, lors de son point de presse au QG de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’iman Mahmoud Dicko (CMAS), les pratiques qui ont conduit à l’adoption des textes de la Transition avant de déclarer qu’il « n’entendait ni rompre ni entrer en conflit avec le CNSP », a constaté l’AMAP. Dans une déclaration liminaire, lue devant la presse, le président du Comité stratégique du M5-RFP, Choguel Kokala Maïga, a réaffirmé la « totale disponibilité (du mouvement) à cheminer avec le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) pour la renaissance et la refondation du Mali ». Il a rappelé tous les efforts que M5-RFP a déployés pour instaurer des relations de confiance mutuelle avec le CNSP. « Ces efforts fournis de part et d’autre et l’écoute mutuelle pratiquée doivent se poursuivre et ne devraient pas être vains », dit la déclaration. Le M5-RFP « réaffirme sa totale disponibilité à œuvrer de consœur avec le CNSP et tous les Maliens épris de changement pour la renaissance et la refondation du Mali », précise cette déclaration. Et d’ajouter : « le M5-RFP n’entendait ni rompre ni rentrer en conflit avec le CNSP qui, encore une fois, a parachevé la lutte que (le mouvement) a enclenchée pour obtenir la démission d’Ibrahim Boubacar Kéita et de son régime ». S’agissant des relations M5-RFP/CNSP, il n’a pas caché une certaine insatisfaction. «Une délégation du CNSP est partie à Accra pour négocier, discuter du sort du Mali sans y associer le M5-RFP», a-t-il déploré. Quant au Pr Ibrahim Ikassa Maïga, il a indiqué que le M5-RFP a constaté avec regret l’opacité qui a entouré le traitement des rapports des groupes de travail lors de la concertation nationale. Pour lui, le document produit à l’issue de ces assises nationales «ne reflète pas les points de vue et les décisions du peuple malien». Malgré tout, en prenant ces positions courageuses et patriotiques qu’il assume, le M5-RFP «n’entend ni rompre ni entrer en conflit avec le CNSP qui a parachevé la lutte du peuple ». La protestation élevée par le M5-RFP visait, selon lui, « à mettre en garde tous ceux qui, hier, se sont opposés au changement et ont demandé le rétablissement de l’ancien président dans ses fonctions après sa démission ». La même mise en garde était adressée « aux personnes qui étaient dans les coulisses pour essayer de manipuler les participants au cours des travaux de la concertation nationale et dénaturer les conclusions de la concertation nationale ». L’Imam Mahmoud Dicko, Issa Kaou N’Djim, Clément Dembélé, Cheick Oumar Sissoko n’étaient pas présent à ce point de presse. OD/MD (AMAP)
Convention d’assistance mutuelle du Mali : De réelles difficultés dans la pratique

Par Siné S. TRAORÉ Bamako, 15 sept (AMAP) La décentralisation a conduit l’Etat à transférer des compétences aux collectivités, y compris la gestion des problèmes de santé au premier niveau de la pyramide sanitaire, c’est-à-dire les Centres de santé communautaire (CSCOM). C’est fort de ce fait qu’une Convention d’assistance mutuelle a été signée entre les collectivités et les Associations de santé communautaire (ASACO), en charge de la gestion des CSCOM, conformément au décret 02-314 de juillet 2002 fixant les détails des compétences transférées aux collectivités. La convention engage les communes à accompagner les CSCOM, en termes de stock initial de médicaments en Dénomination commune internationale (DCI), d’équipements et de moyens logistiques. Elle fait obligation à une ASACO d’assurer le paquet minimum d’activités pour les habitants de l’aire de santé mas, aussi, de participer à la lutte contre les épidémies et catastrophes, entre autres. Si théoriquement l’initiative est salutaire dans son essence, dans la pratique les choses sont un peu compliquées. Est-ce que le transfert des compétences est aujourd’hui effectif ? Quels sont les obstacles qui se posent à la bonne marche de la Convention d’assistance mutuelle ? MÉCONNAISSANCE DES TEXTES – A la Fédération nationale des associations de santé communautaire (FENASCOM), on reste conscient des difficultés d’application de cette convention, mais on garde espoir de voir toutes les parties prenantes tenir leurs engagements. Le secrétaire général de la FENASCOM, Amadou Diarisso, confirme l’effectivité du transfert des compétences. Pour lui, les premiers obstacles ont trait à la méconnaissance des textes qui régissent la Convention d’assistance mutuelle et aux difficultés de mobilisation des ressources financières. Il souligne, aussi, que dans certaines communes, les mairies et les ASACO n’ont pas signé la convention en question. Le secrétaire général de la faîtière de santé communautaire n’écarte pas la possibilité que les acteurs de premier plan, notamment les maires et les présidents des ASACO, puissent être à l’origine du blocage. Il rappelle que la FENASCOM ne cesse de sensibiliser sur l’importance de la Convention d’assistance mutuelle, surtout, lors de ses congrès. Et M. Diarisso de préciser que souvent, certains édiles ont une mauvaise perception de leur rapport avec les responsables des Asaco. «Ils pensent qu’ils ont le pouvoir de dissoudre le bureau d’une ASACO. Ce qui est loin d’être une réalité. Ces élus doivent s’inscrire dans une vision de collaboration et de complémentarité dans la gestion des problèmes de santé de la communauté. Quand on est responsable à ce niveau, on doit prendre connaissance de tous les textes juridiques et règlementaires pour ne pas commettre d’erreur», déplore-t-il. Le secrétaire général de la FENASCOM souligne également que dans d’autres Communes, la Convention d’assistance mutuelle a été bien signée mais n’a jamais été soumise à la délibération du Conseil communal. Or, cela est une exigence de droit. Il cite un cas de figure que l’on a rencontré dans certaines communes. En effet, dans ces communes, on trouve parfois que le document a été signé dans les règles de l’art et soumis à l’appréciation du Conseil communal avec l’implication de toutes les structures, mais le comité paritaire n’est pas mis en place. Ou bien le comité paritaire est mis en place, mais il ne fonctionne pas. La logique voudrait que les représentants de l’ASACO et de la mairie se retrouvent au sein de ce comité paritaire. Pour ce qui concerne le transfert des ressources financières, notre interlocuteur est on ne peut plus clair. «Les fonds sont inscrits dans le budget de l’Etat, mais certains maires ont une mauvaise appréciation de cette ligne budgétaire. Ils pensent qu’ils peuvent en disposer à leur gré. Alors que la conception et l’exécution du budget doivent obéir à une orthodoxie financière», précise-t-il. «Quand les lignes sont bien définies, le transfert des ressources est fait aux collectivités qui doivent, à leur tour, les mettre à la disposition des ASACO», explique Amadou Diarisso. Pour lui, il est temps d’envisager des alternatives pour pallier les difficultés à ce niveau. Il préconise la mise en place des projets comme celui de : «Service de santé à grand impact». Ce programme financé par l’USAID, dans certaines régions et à Bamako, avait comme objectif d’élaborer une carte de score qui permet de noter les forces et les faiblesses dans le cadre de la signature de la Convention d’assistance mutuelle et d’essayer, progressivement, d’apporter les corrections nécessaires. «Cela permettait aux ASACO bénéficiaires de corriger certaines imperfections. Mais hélas, ce projet a pris fin », regrette le responsable de la FENASCOM. ACCOMPAGNEMENT DE L’ÉTAT – Au niveau d’une ASACO en Commune IV, un interlocuteur, sous couvert de l’anonymat, explique qu’il n’y a aucun problème. «Tout se passe conformément à la Convention d’assistance mutuelle entre les ASACO et les collectivités territoriales». Il poursuit : «la mairie a, chaque fois, répondu à notre sollicitation pour une quelconque aide». En guise de confirmation, notre interlocuteur exhibe des documents paraphés par le président de l’ASACO, le maire principal ou son suppléant et le gouvernorat du District de Bamako. «Le transfert des compétences est réel. Mais celui des ressources financières n’a pas suivi», relève le 4è adjoint au maire de la Commune II, Abdoulaye Bassolé. Il indique que les difficultés sont multiples et variées. Comme remède, l’élu municipal souligne l’urgence et la nécessité d’un accompagnement global de l’Etat parce que le transfert des compétences n’a jamais été suivi de celui des ressources financières. Cela devient une problématique réelle pour les collectivités et, par ricochet, pour les ASACO. Bassolé ajoute que les collectivités territoriales se démènent pour répondre à certaines exigences des ASACO afin que les populations accèdent à de meilleurs soins au premier niveau de la pyramide sanitaire (les CSCOM). On rappelle que le deuxième niveau de la pyramide est constitué par les Centres de santé de référence (CSRef). Les hôpitaux nationaux sont situés au troisième niveau de la pyramide. Aujourd’hui, on dénombre près de 1.368 ASACO à travers le Mali qui offrent des soins de santé au bas de l’échelle. SST/MD (AMAP)
Mali : Deux grands projets de production de lithium en préparation
Par Cheick M. TRAORE Bamako, 15 septembre (AMAP) Le Mali se prépare à devenir l’un des plus grands producteurs mondiaux de lithium. «Au niveau de l’exploitation minière de lithium, le continent est quasiment vierge. Le Zimbabwe fait, toutefois, l’exception avec la mine de Bikita. Mais par la diversité des projets, la qualité et l’importance des ressources, ce sont la République démocratique du Congo (RDC) et le Mali qui viennent en tête des plus gros potentiels producteurs africains de lithium», analyse l’Agence Ecofin. Troisième producteur d’or sur le continent, après l’Afrique du Sud et le Ghana, le Mali dispose de deux grands projets (Goulamina et Bougouni) pour l’exploitation de lithium, indispensable pour la fabrication des batteries, de voitures électriques, etc. Aucune exploitation n’est, pour l’instant, en cours. Les infrastructures (usines et autres) doivent être implantées avant l’entrée en production des mines. Mais les avancées sont réelles. 109 MILLIONS DE TONNES – Le projet de Goulamina, acquis en 2016, est géré par Mali Lithium Limited, un explorateur d’or actif au Mali. Une étude de préfaisabilité réalisée en 2018 et mise à jour en août 2020, estime le potentiel à 109 millions de tonnes à 1,45% Li20 avec 1,57 million de tonnes de Li020. La mine pourrait produire 362.000 tonnes par an de concentré de spodumène (minerais de lithium) à 6% Li2O durant 16 ans. Faisant de Goulamina l’un des plus grands gisements de lithium au monde prêts à être développé. «Une étude de faisabilité définitive (DFS) doit être achevée en septembre 2020. La société explorera toutes les options pour réaliser la valeur de cet actif exceptionnel à la fin de la DFS», précise son site internet malilithium.com. Le projet Bougouni Lithium, obtenu également en 2016, est détenu par Kodal Minerals. La société a reçu l’approbation de sa demande d’évaluation d’impact environnemental et social au quatrième trimestre 2019. Une requête de permis minier a été déposée au premier trimestre 2020. Elle dit avoir l’intention de poursuivre le développement de la mine à Bougouni (Sud), une fois l’autorisation accordée. Une étude de faisabilité, annoncée en janvier 2020, estime le potentiel à 1,94 million de tonnes de concentré. Soit une production moyenne de 220.000 tonnes de concentré de spodumène à 6% par an. Sa durée de vie minimale est évaluée à 8,5 ans. Le besoin en capital pour son développement jaugé à 117 millions de dollars (environ 64,350 milliards de Fcfa), remboursable en 1,7 an. En plus de son projet phare Bougouni Lithium, Kodal Minerals détient aussi le projet Bougouni Ouest qui s’étend sur 200 km2 et le projet Diendio couvrant une superficie de 109 km2. Collectivement, Kodal possède une propriété foncière de plus de 800 km2 au Mali. « Ce qui en fait le plus grand développeur de lithium en Afrique de l’Ouest en termes de superficie », affirme le site internet de Kodal Minerals. Ces découvertes augurent de lendemains meilleurs pour le secteur minier malien. Selon une étude publiée en août dernier par l’Agence chilienne Cochilco citée par l’Agence Ecofin, la demande mondiale de lithium devrait sensiblement augmenter pour atteindre 2 millions de tonnes, d’ici 2030, grâce au secteur de l’automobile. La hausse attendue des prix de ce métal devrait alors profiter aux principaux producteurs que sont pour l’instant l’Australie, le Chili ou encore la Chine. Les deux projets au Mali pourraient, d’ici là, entrer en production aux cotés de ces leaders mondiaux en matière d’exploitation de lithium. 800.000 KM2 DE BASSINS SEDIMENTAIRES – Outre cette matière première, le Mali a des indices probants de beaucoup d’autres substances : bauxite, fer, nickel, manganèse, cobalt, phosphate, terres rares… Côté hydrocarbure, le potentiel en pétrole est phénoménal, surtout en gaz. Sur une superficie totale de 1.241.000 km2, le Mali fait 800.000 km2 de bassins sédimentaires continuant jusqu’aux abords de Bamako et de Koulikoro, située à près de 60 km de la capitale. Concernant le pétrole par exemple, 13 prospects ont été identifiés au niveau du bloc 4 du bassin de Taoudéni, où les recherches ont été un peu plus poussées. L’analyse de deux de ces prospects fait ressortir un potentiel de 2,5 milliards de baril de pétrole. Les mêmes prospects contiennent 417 milliards de m3 de gaz. Dans le graben de Gao, le potentiel d’un seul prospect est estimé à un milliard de baril de pétrole. Autant d’endroit où il est possible de trouver du pétrole. Pour espérer en profiter, notre pays devra résoudre la lancinante question de l’insécurité qui a stoppé la dynamique enclenchée. A la faveur de la création en 2014 de l’Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière au Mali (AUREP), les investisseurs ont manifesté un engouement véritable pour ce secteur. Découpés en 15 blocs, les bassins sédimentaires avaient été re-découpés en 25 face à la demande, puis en 32. Les demandes se sont encore accrues. La taille des 32 blocs a été réduite pour en faire 43 dont plus d’une trentaine étaient occupés. Tous les occupants sont partis quand la rébellion a éclaté en 2012. DOMAINE NEVRALGIQUE – Si l’Etat malien a pu résister au choc causé par la crise de 2012, assurer ses missions régaliennes, c’est parce que la crise avait épargné le secteur aurifère. Domaine névralgique qui a permis de réanimer le pays comme un malade maintenu en vie grâce à un respirateur. Rien de surprenant. L’or représente un peu moins de 70% des recettes d’exportation du pays. Les revenus engrangés sur le métal jaune valent 30% des recettes budgétaires, soit un peu plus de 400 milliards de Fcfa en 2019. Elles sont de l’ordre de 7 à 8% du Produit intérieur brut (PIB). Au regard de l’importance du secteur dans l’économie nationale, le Mali multiplie les initiatives en vue de la diversification des ressources minérales, afin, non seulement, de faire davantage face aux besoins pressants en matière de développement, mais aussi d’être beaucoup plus résiliant face à certaines situations conjoncturelles aux conséquences incalculables pour les populations. Les efforts consentis à cet effet commencent à donner des résultats. CMT/MD (AMAP)
Contribution : Le secteur coton : Première victime de la Covid-19 et de l’instabilité au Mali
Bamako, 15 sept (AMAP) La transition politique du Mali, quelles que soient sa forme et sa durée ne pourra pas faire l’économie des urgences économiques, dont celle relative au secteur coton. La baisse des surfaces en coton de près de 80% est due aux conséquences de la Covid-19, mais aussi, et surtout à l’impertinence des choix politiques. La relance de la culture du coton, seul secteur d’activité contribuant significativement à la croissance économique du Mali et dont les revenus et capitaux appartiennent majoritairement aux Maliens, ne pourra pas attendre la fin de la transition. La fixation du prix au producteur à 200 Fcfa, contre 275 Fcfa la campagne précédente, a suscité de virulentes protestations des agriculteurs à la base alors que leurs faîtières nationales avaient acté cette baisse. L’instabilité politique qui a finalement occasionné un changement de régime bien qu’étant une des causes de la gestion chaotique de la campagne cotonnière 2020 peut avoir des effets négatifs sur les campagnes prochaines si des mesures correctives ne sont pas prises. Les producteurs de coton risquent d’être les victimes oubliées de la crise de la Covid-19 et de la transition politique qui s’annonce alors que ce secteur est vital pour les exploitations agricoles, mais aussi la sécurité alimentaire et la stabilité sociale pour tout le pays. Importance du coton – Au Mali, le coton est cultivé par plus de 200 000 exploitations agricoles familiales dans la partie sud du pays. La zone est organisée en quatre filiales, 41 secteurs d’encadrement et 520 zones de production agricole regroupant plus de 4.000 villages. L’encadrement de la production, la commercialisation du coton-graine, l’égrainage et la vente de la fibre sont assurés par la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) en partenariat avec la Confédération des sociétés-coopératives des producteurs de coton (C-SCPC) et l’Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN). On parle plus souvent de système coton grâce au caractère intégré de la culture. Cette intégration se fait dans la rotation entre le coton et les céréales (maïs, mil et sorgho) et entre les productions végétale et animale grâce à l’intégration agriculture-élevage. La production de 2019 était de 723 mille tonnes de coton-graine et environ 2,5 millions de céréales. Chaque habitant de la zone cotonnière, en plus de ses propres besoins, peut assurer la sécurité alimentaire pour un Malien supplémentaire sur la base de la norme de 190 kg de céréale par personne et par an fixée par le Comité inter-états de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS). Ainsi, le coton qui fait vivre près de 5 millions de Maliens, a apporté un revenu monétaire net d’environ 100 milliards de liquidités aux producteurs en 2018 et 271 milliards de recettes d’exportation au Mali en 2019. La fixation du prix au producteur – Depuis la fin des années 1980, le prix d’achat du coton-graine auprès des producteurs est indexé au prix sur le marché mondial. Seulement 2% de la production sont consommés par l’industrie et l’artisanat textiles, le reste est exporté. Ceci crée naturellement une dépendance vis-à-vis du prix sur le marché mondial. Chaque année, entre avril et mai, les acteurs de la filière coton (CMDT, OHVN et C-SCPC) fixent, en accord avec le gouvernement, le prix d’achat du coton graine. La garantie d’un prix d’achat intéressant dès le début de la campagne est encourageante pour les producteurs. Ce prix est fixé sur la base des critères de rémunération des efforts des producteurs, d’équilibre financier de la CMDT et du prix du coton sur le marché mondial. En plus, au même titre que les autres productions agricoles, le coton bénéficie de la subvention des engrais de 50%. Mais en 2020, dans le cadre des accords avec la Banque mondiale, le gouvernement a décidé de suspendre la subvention des engrais. C’est sur la base de ces considérations que le prix du coton a été fixé d’abord à 200 F/kg puis à 250 Fcfa. Le prix du kg de fibre de coton est passé de 924 Fcfa à 557 Fcfa, soit une perte de 367 Fcfa par kg entre avril 2019 et avril 2020. Les conséquences de la baisse du prix au producteur La baisse du prix au producteur annoncée en mai 2020 (de 275 à 200 Fcfa) était d’une ampleur inégalée jusque-là : une perte de 75 F au kg d’une campagne sur l’autre, soit une baisse de 27% entre 2019 et 2020. En brut, cette baisse devrait occasionner une perte de 54 milliards sur la base d’un objectif de production de 720 000 tonnes de coton-graine. Au niveau des agriculteurs et de leurs familles, sur la base d’un taux d’endettement de 48%, la chute allait se traduire par une perte nette de 28 milliards de francs CFA de revenu liquide. Quel secteur peut compenser une perte de revenu de cette ampleur dans les zones sud du Mali ? Pour soutenir les producteurs, l’État avait proposé un soutien de 10 milliards sous forme d’un complément de prix de 15 Fcfa par kg, mais en contrepartie, il allait supprimer la subvention des engrais. En somme, par simple jeu arithmétique, on enlève de la main gauche ce qu’on met dans la main droite. Des efforts louables, mais pas suffisants – Après moult péripéties, le gouvernement a revu le prix à 250 Fcfa le kg et maintenu la subvention de 50% des engrais sur le coton un dimanche 7 juin dans l’après-midi. Il a agi plus sous la pression des agriculteurs et de la contestation politique qu’en raison d’une politique volontariste de développement économique pourtant nécessaire si on observe bien l’apport du secteur coton à l’économie malienne. Les responsables de la filière misent sur un gain de productivité grâce à l’augmentation du rendement à l’hectare pour équilibrer les comptes d’exploitation des producteurs. C’est un choix classique en cas de baisse de prix, mais sauf que les marges de gain sont limitées. En effet, depuis les années 2000 où on a constaté la baisse des rendements en coton, les efforts pour l’amélioration des itinéraires techniques n’ont pas permis
Décès du Général Moussa Traoré : Une page de l’histoire du Mali se tourne
Bamako, 15 sept (AMAP) Le Général Moussa Traoré, deuxième Président du Mali indépendant, est décédé ce mardi 15 septembre 2020, à l’âge de 84 ans, ont confirmé, en début d’après-midi, à Bamako, plusieurs sources proches de la famille de l’ancien chef d’Etat. La dernière apparition publique de l’ancien président remonte à il y a quelques semaines, quand il recevait, à son domicile, une délégation du Comité national pour le salut du people (CNSP). A cette occasion, il a declare avoir prodigué des conseils aux officiers venus lui rendre visite. Avant de lancer cette phrase, l’une des dernières qu’on retiendra de lui : « Je n’ai jamais désespéré de mon pays ». Moussa Traoré est né le 25 septembre 1936 à Sébétou, dans la Région de Kayes (Ouest). Militaire, il a été président de la République de 1968 à 1991, après un coup d’Etat contre le père de l’indépendance du Mali, le président Modibo Keita. Il a fondé en 1976 l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), parti unique. En 1991, son pouvoir réprime, par les armes, des manifestations estudiantines et du mouvement démocratique, à Bamako et à l’intérieur du Mali, faisant de nombreux morts. Le Général Traoré sera renversé dans la foulée, le 26 mars 1991, par un coup d’État militaire mené par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. L’ancien Chef d’Etat est alors emprisonné et sera jugé deux ans plus tard. Condamné à la peine capitale pour crime de sang commis entre janvier et mars 1991 par la Cour d’assises de Bamako, il verra sa peine commuée à la prison à vie, en septembre 1999, avant être gracié, en mai 2002, par le président Alpha Oumar Konaré. Depuis sa libération, le Général Moussa Traoré vivait discrètement à son domicile, une villa au quartier Djikoroni-Para de Bamako. MT/MD (AMAP)

