Mali : Le médiateur de la CEDEAO annoncé à l’investiture du président de la Transition, vendredi

Bamako, 23 sept (AMAP) Une mission de la médiation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), conduite par le Nigérian Goodluck Jonathan est arrivée, mercredi, à Bamako, où il prendra part à la cérémonie d’investiture du Président de la transition, vendredi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB) M. Jonathan, qui séjournera au Mali jusqu’au vendredi 25 septembre 2020, doit faire le suivi des décisions du mini sommet de la CEDEAO d’Accra du 15 septembre dernier. Mercredi après-midi, la délégation du médiateur a participé à une réunion du comité de suivi avec le président du Conseil des ministres de la CEDEAO, le président de la Commission, les représentants de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et de l’Union africaine (UA). Plus tard, en fin de journée, une rencontre est prévue avec les ambassadeurs des États permanents du Conseil de sécurité et de l’Union européenne (UE). La mission aura également, dans la soirée, des échanges avec les Ambassadeurs des États membres de la CEDEAO au Mali. Au programme du jeudi 24 septembre 2020, une rencontre avec le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) est prévue suivie d’une visite de courtoisie au Président de la Transition. La fin de la mission, vendredi, sera sanctionnée par un point de presse. TC/MD (AMAP)  

Kadiolo : Manifestation pour la démission du maire de Zégoua

Kadiolo le 23 sept (AMAP) Plus d’une centaine de jeunes ont marché lundi pour exiger la démission du maire de Zégoua a constaté l’AMAP, sur place . Du rond point de l’ancien bureau des Douanes, le cortège a suivi la voie bitumée jusqu’à la mairie où les jeunes ont remis au secrétaire général une lettre demandant la démission du maire. Depuis un certain temps, la Commune de Zégoua traverse des difficultés liées à la gestion du Centre de santé communautaire (CSCOM), aux tiraillements à propos du choix d’un chef de village à Fanidiama où le maire est soupçonné de soutenir un clan, de litige foncier entre les villages de Zampédougou et Korédougou (village du maire) etc. Le détonateur a été la désignation de la nouvelle épouse du maire à la tête du centre Ébola. Mme Coulibaly Nantènin Kéita, technicienne supérieure de santé, travaillait au CSCOM de Zégoua sous les ordres du directeur technique de CSCOM (DTC), Dr Abdoulaye Sanogo. Après son mariage avec le maire, ses relations se sont détériorées, très rapidement, le DTC et tout le personnel du CSCOM. Le 06 juin 2020, le maire a signé une note de service, nommant sa femme adjointe du Dr Sanogo. Il a, aussi, pris une autre note de service, à la même date, pour renvoyer tous les stagiaires et bénévoles du CSCOM “jusqu’à nouvel ordre”. Sur instruction du maire, le deuxième bureau de Consultations pré-natales (CPN) qui avait été ouvert sur recommandation de l’ONG « Born On time » a été immédiatement fermé. Ces mesures ont accentué le mécontentement populaire contre le maire. Ainsi, les notabilités de Zégoua se sont plaintes auprès du médecin chef de Kadiolo, Dr Émilien Diarra, et du préfet, Mahamar A. Haïdara. Pour désamorcer la crise, une note de service du préfet a muté Mme Coulibaly Nantènin Kéita au Centre de santé de référence (CSRéf) de Kadiolo le 05 août 2020. Elle n’est jamais venue prendre fonction à Kadiolo, mais au contraire une autre décision la place à la tête du Centre Ébola de Zégoua, en remplacement de Mahamadou Oumar Kéita qui a rejoint le CSRéf. Mécontents de cette décision, des jeunes de Zégoua, avec le soutien des chefs de village de la Commune, ont décidé de faire démissionner le maire et « chasser sa femme », disent-ils. La marche pacifique de protestation de lundi matin s’inscrit dans cette optique, dans un contexte de tension qui a atteint son paroxysme. NIO/MD (AMAP)  

60 ans d’indépendance du Mali: Les célébrations à travers le pays

Bamako, 23 sept (AMAP) De Kayes 9Ouest) à Gao (Nord), en passant par Koulikoro (pres de Bamako), Macina et Mopti (Centre), les Maliens ont fêté, le mardi 22 septembre 2020, le 60e anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance, a constaté l’AMAP. Le trait commun de la célébration du 22 septembre 2020 demeure le défilé militaire dans toutes les capitales régionales, présidé soit par l’autorité militaire ou administrative. A Gao, après la revue des troupes, le directeur de cabinet du gouverneur de Gao, Cheick Fanta Mady Bouaré, a salué la montée en puissance des forces de défense et de sécurité du Mali, avec la collaboration des forces partenaires. A Mopti, l’évènement a été placé sous le signe d’un nouveau départ, d’une nouvelle opportunité pour le Mali dans la cohésion sociale. Lors des festivités sur la Place d’armes, le gouverneur, le Général Abdoulaye Cissé, dira qu’une fête d’indépendance renvoie toujours à un devoir de mémoire et est « l’occasion de jeter les bases pour transcender les nombreux défis ». La particularité à Macina a été la veillée nocturne au rythme des tam-tams dans toute la ville, dans la nuit du 21 au 22 septembre 2020. La célébration de l’accession à l’indépendance a, aussi, été marquée dans cette localité par une course de pirogues dont les trois premiers ont été récompensés. A la place de l’indépendance de Koulikoro, le gouverneur, le général Débérékoua Souara, a saisi l’occasion pour inviter les partis politiques à s’impliquer dans la révision des listes électorales, à partir du 1er octobre prochain. Il a, aussi, indiqué que les prévisions de la campagne agricole sont estimées à 1 million de tonnes dans sa région soit 15% de la production nationale. La fête de l’Indépendance a été placée sous le signe du souvenir à Kayes. Elle a eu lieu au camp Mamadou Lamine Dramé. Le gouverneur de la Région, l’inspecteur général de police Mahamadou Zoumana Sidibé, a demandé aux populations plus de patriotisme et de civisme dans un pays qui traverse, actuellement, « une période particulièrement difficile de son existence ». AT/BMS/AM/AOKK/DC/OD/MD (AMAP)

Mali : Nouveau départ, nouvelle opportunité

Par Massa SIDIBE Bamako, 23 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) aura réussi l’exercice de son premier discours à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance du Mali. Le colonel Assimi Goïta a posé le diagnostic sur l’état du pays et dévoilé les remèdes que le pouvoir intérimaire entend utiliser pour guérir ce grand malade qu’est devenu le Mali. Par devoir de mémoire, le colonel Assimi Goïta a, de prime abord, rappelé les sacrifices consentis par le premier président du Mali, Modibo Kéita, et ses compagnons, ainsi que les idéaux dont ils étaient porteurs. Très rapidement, le discours a glissé sur les questions brûlantes de l’heure avec en tête la situation sécuritaire du pays. Il a assuré que nos forces de défense et de sécurité se battent avec bravoure malgré la complexité et la nature non conventionnelle de la guerre asymétrique. « Je voudrais vous faire la promesse que nous gagnerons la guerre qui nous a été imposée », s’est engagé le président du CNSP qui n’ignore pas que cette victoire passe par le renforcement de la mobilisation, de la formation et de la mise dans les conditions matérielles et morales de nos forces de défense et de sécurité. « Les mois à venir doivent être des mois de résultats et d’engagement décisifs pour que le Mali recouvre rapidement toute sa sécurité sur tout son territoire », a ajouté celui qui vient d’être désigné vice-président de la Transition. Le colonel Assimi Goïta a, également, évoqué l’épineuse situation de l’école parmi les « urgences du moment ». Il a insisté sur la nécessité de l’amélioration substantielle de la condition enseignante. A ce propos, l’application de l’article 39, grâce à l’accord obtenu, récemment, entre les syndicats concernés et le CNSP, constitue une avancée significative. Le président du CNSP est en phase avec l’opinion dont l’idéal de changement et le désir de rompre avec des pratiques peu orthodoxes sont manifestes. A preuve, il a indiqué qu’il est impérieux de veiller à ce que les élections, mécanisme essentiel du jeu démocratique, se tiennent désormais dans la transparence et sans parti pris de l’administration. Concrètement, le colonel Goïta a recommandé que les listes électorales soient fiables sans doublons et que les scrutins se tiennent avec une enveloppe financière raisonnable. L’officier supérieur n’a pas manqué de montrer du doigt d’autres maux qui plombent le développement du pays : la mauvaise gouvernance, la corruption, l’impunité, le favoritisme… A ce propos, le colonel Goïta s’est dit convaincu que « la Justice jouera pleinement sa partition dans la reconstruction du Mali nouveau ». « Je vous donne l’assurance, chers compatriotes, qu’à la faveur des réformes majeures envisagées, l’immunité ne sera plus un obstacle juridique aux poursuites judiciaires en matière de délinquance financière et économique », a martelé le président du CNSP. Concernant l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, le colonel Assimi Goïta souscrit pleinement à sa « mise en œuvre intelligente et efficiente en vue de créer les conditions optimales d’une paix durable ». De même, il a annoncé la mise en œuvre des conclusions du Dialogue national inclusif (DNI) « avec toute la diligence requise ». Le président du CNSP compte sur le soutien de nos partenaires étrangers. A cet effet, il a remercié la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la communauté internationale pour l’intérêt qu’elles portent à la résolution de la crise multidimensionnelle que vit le Mali. MS/MD (AMAP)  

Dépôt de gerbe de fleurs : Le colonel Assimi Goïta exhorte à l’union sacrée

Bamako, 23 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta, a déposé, lundi, une gerbe de fleurs au monument de l’indépendance, à l‘occasion de la célébration de la soixantième anniversaire de l’indépendance du Mali (22 septembre 1960- 22 septembre 2020), respectant une tradition solidement ancrée. Outre des membres du CNSP, du chef d’état-major général des Armées, le général Oumar Diarra et l’ambassadeur du Maroc au Mali, Hassan Naciri, beaucoup de nos compatriotes avaient également fait le déplacement pour être témoins de l’évènement. Pour la circonstance, un impressionnant dispositif de sécurité quadrillait les lieux. C’est précisément à 8 heures 55 minutes que le véhicule blindé transportant le chef du CNSP s’est immobilisé sur la place. À sa descente, il a été accueilli par les membres du CNSP, la hiérarchie militaire ainsi que les autorités administratives et politiques du District de Bamako. Ensuite, celui qui est fraîchement désigné comme vice-président de la Transition, a fait le salut au drapeau national, avant la sonnerie aux morts. Le colonel Assimi Goïta a, ensuite, déposé la couronne de fleurs au pied du Monument de l’indépendance. Le président du CNSP, s’adressant à la presse, a indiqué que « ce geste, dont la portée symbolique est immense, est un témoignage de reconnaissance envers les pères fondateurs de l’indépendance du Mali, à savoir le président Modibo Keïta et ses compagnons ». Assimi Goïta a souhaité que cette action de dépôt de gerbe de fleurs soit pérennisée dans notre pays. «C’est un sentiment de fierté et de gloire envers toutes les personnes qui, de près et de loin, se sont sacrifiées pour l’indépendance du Mali», a-t-il dit, avant d’inviter le peuple malien à l’union sacrée. Il a demandé à nos compatriotes de soutenir les forces de défense et de sécurité qui déploient des efforts, nuit et jour, pour ramener la sécurité et la paix au Mali. « Les mêmes efforts de soutien et d’accompagnement des Maliens doivent aller vers des forces partenaires telles que Barkhane, Minusma et Takuba », a ajouté Assimi Goïta. BD/MD (AMAP)  

60è anniversaire de  l’indépendance du Mali : Commémoration dans la sobriété

Par Issa DEMBELE Bamako, 23 sept (AMAP) Malgré le contexte particulier, les autorités maliennes ont tenu à marquer le caractère historique de la célébration de l’anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale. Les festivités, tout en gardant leur solennité, n’avaient pas l’éclat habituel. Soixante ans après son indépendance, le Mali apparaît plus fragilisé que jamais par l’instabilité institutionnelle, le terrorisme, le communautarisme mortifère qui décime les populations de certaines régions… Le défi sécuritaire est si complexe qu’il ne pourrait être relevé que dans un sursaut national, avec l’appui des forces étrangères partenaires. D’où cet appel du président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) : «Je demande au peuple malien de soutenir les forces de défense et de sécurité dans les efforts qu’elles déploient pour ramener la paix et la sécurité au Mali (…) de soutenir également les partenaires ». Le colonel Assimi Goïta s’exprimait ainsi au terme du défilé militaire qu’il a présidé, mardi, sur la Place d’armes du 34è Bataillon du Génie militaire. Plusieurs personnalités y ont assisté, notamment des anciens Premier ministres et ministres, ainsi que des représentants d’organisations internationales et de pays accrédités dans notre pays. À son arrivée, le président du CNSP a d’abord passé en revue les troupes appelées à défiler, sur les notes de la fanfare du génie militaire. Ensuite, des sections de corps militaires et paramilitaires ont paradé devant des officiels et d’une foule d’anonymes. Cette année, l’évènement était empreinte d’une certaine sobriété. Les effectifs ont été considérablement réduits : deux sections au maximum par corps. Et aucun véhicule motorisé. À la fin du défilé, le colonel Assimi Goïta a rendu hommage aux pères de l’indépendance, tout en rappelant qu’il incombe à tous les Maliens de tenir le flambeau afin de léguer un Mali stable et prospère aux générations futures. Il a magnifié le courage des forces de défense et de sécurité qui œuvrent, au quotidien, pour assurer la sécurité des personnes et du territoire national. Ainsi, a-t-il appelé à l’union sacrée autour du Mali et de ses forces armées et de sécurité, qui ont besoin du soutien de l’ensemble du peuple. Il a réclamé le même soutien pour les partenaires, tels que «Barkhane, la Force Takuba, la Minusma et la Force conjointe du G5 Sahel». Le désormais vice-président du Mali a, par ailleurs, rappelé que le CNSP a toujours placé l’intérêt supérieur du Mali au-dessus de tout. Raison pour laquelle, il s’est soumis aux principes de la CEDEAO, en désignant un civil pour diriger la transition. «Je pense que dans les jours à venir la CEDEAO va lever les sanctions pour le bonheur de la population malienne», a-t-il espéré. Après avoir été membre de la Fédération de l’Afrique occidentale française (AOF) jusqu’en 1958 et fait partie d’une éphémère fédération avec le Sénégal, le Mali, jadis connu sous le nom de Soudan français, a proclamé son indépendance le 22 septembre 1960. Soixante ans après, la question de l’indépendance est toujours d’actualité. Le pays est confronté à des problèmes d’ordre sécuritaire qui ont conduit à la présence de forces étrangères sur son territoire. Ce qui fait dire à Issiaka Sacko, venu assister au défilé, que «le pays s’est détourné de ses promesses et n’est indépendant que sur le papier». Un autre compatriote pointe un doigt accusateur vers les politiques. Pour lui, « en 1991, l’avènement de la démocratie avait installé l’espoir d’un changement. Déjà alors, le Mali souffrait d’un sous-développement endémique. Pourtant, depuis trente ans, le pourrissement s’accentue ». «La corruption s’est institutionnalisée», selon un sous-officier sous couvert de l’anonymat. Aussi alarmant que terrible, ce constat ne devrait pourtant pas décourager les Maliens qui veulent préparer une alternative positive. Les jeunes regardent l’avenir avec espérance. Mardi, ils étaient nombreux à acclamer les forces de défense et de sécurité. «Tous ces problèmes sécuritaires ne seront, bientôt, que de mauvais souvenirs», nous a confié le jeune Mohamed Sidibé. Pour son camarade de classe, Adama, «la stabilité, la justice et l’État de droit doivent reprendre corps au Mali». Et le nouveau départ amorcé depuis le 18 août dernier est, de son avis, l’opportunité ultime. ID/MD (AMAP)  

Désignation du président de la Transition : L’objection du M5-RFP

Bamako, 23 sept (AMAP) Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), par la voix de Choguel Kokalla Maïga, le président de son Comité stratégique, a indiqué, lundi, à Bamako, n’avoir pas pris part aux travaux du Collège de désignation du président de la Transition. Réagissant à l’annonce du choix du colonel-major à la retraite, Bah N’Daw, comme président de la Transition, M. Maiga a expliqué que le M5-RFP a été saisi par écrit par le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) pour lui demander de désigner deux représentants au collège. « En retour, le M5-RFP a adressé un courrier au Comité militaire pour lui demander un certain nombre d’informations en l’occurrence, la composition du collège, la qualité de ceux qui y participent, la clé de répartition, les critères de désignation du président et du vice-président », a-t-il dit,. Choguel Kokalla Maïga a, aussi, ajouté que le M5-RFP a demandé au CNSP de lui communiquer la version finale consolidée issue des travaux ayant réuni ses experts et ceux du CNSP. « Mais le CNSP n’a jamais donné suite », a-t-il indiqué, précisant que l’autorité morale du M5-RFP, Mahmoud Dicko, a été invitée par le Comité comme personne ressource pour siéger au collège. De leur côté, les autorités religieuses (chrétiennes et musulmanes) ont adressé une lettre commune au CNSP, suite à l’invitation qui leur a été adressée de prendre part au collège de désignation. Dans cette missive, les Eglises chrétiennes expliquent qu’elles s’abstiennent de faire partie du collège, au regard de leur mission, mais que leur accompagnement par des prières et des bénédictions, est acquis. Quant au Haut conseil islamique du Mali (HCIM), il a désigné Thierno Hady Oumar Thiam et Mamadou Diamoutani pour le représenter aux travaux du Collège de désignation. La double investiture du président de la Transition, Bah N’Daw, et du vice-president de laTransitiop, le Colenel Assimi Goita, est prévue vendredi. DD/MD (AMAP)

Bah N’Daw, président de la Transition : Un homme de droiture

Bamako, 23 sept (AMAP) Depuis le lundi dernier, conformément aux recommandations de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les Maliens connaissent celui qui va diriger la Transition. Il s’agit du colonel-major à la retraite, Bah N’Daw. Un homme pragmatique, qui a derrière lui une brillante carrière au sein de l’institution militaire. Celui qui va présider aux destinées de notre pays durant les 18 mois à venir est un militaire à la retraite. Il avait remplacé, en 2014, Soumeylou Boubèye Maïga au ministère de la Défense et des Anciens combattants dans le gouvernement dirigé par Moussa Mara. Ce remaniement était intervenu quelques jours après le revers subi par les Forces armées maliennes à Kidal face aux mouvements armés irrédentistes. Né le 23 août 1950 à San, dans la Région de Ségou (Centre), celui qui a été désigné pour diriger la transition a fait une brillante carrière au sein de l’Armée de l’Air, avant de faire valoir ses droits à la retraite. Après son baccalauréat, il fut incorporé comme engagé volontaire dans l’Armée le 1er juin 1973. L’année d’après, il était désigné pour suivre un stage de pilote d’hélicoptère en ex-URSS. En mars 1976, le jeune militaire Bah N’Daw intègrera la toute nouvelle Armée de l’Air. Titulaire d’un brevet d’étude militaire supérieur en France, il est aussi breveté de l’Ecole de guerre en 1994. Bah N’Daw est issu de la 7è promotion (1973) de l’École militaire interarmes (EMIA) de Koulikoro. Comme de nombreux cadres de son corps, il est passé par l’ex-Union des Républiques socialistes et soviétiques (Ex-URSS) où, il a suivi plusieurs stages. Autres faits marquants de sa riche carrière au sein de l’institution militaire : aide de camp de l’ancien président Moussa Traoré, chef d’état-major de l’Armée de l’Air, chef d’état-major adjoint de la Garde nationale, directeur du Génie militaire, chef du cabinet de défense à la Primature, directeur général de l’équipement des armées, chargé de mission au ministère de la Défense et des Anciens combattants. Bah N’Daw a, aussi, été le directeur de l’Office national des anciens combattants militaires retraités et victimes de guerre (ONAC). Officier de l’Ordre national, il a été décoré des médailles du mérite militaire et du mérite national. Le nouveau président est connu pour être un homme pragmatique est polyglotte. Il parle français, russe, anglais et bamanan. Depuis la démission de l’ancien président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août dernier, nos compatriotes retenaient leur souffle pour connaitre le profil de la personne qui doit diriger la transition, vu la situation difficile dans laquelle se trouve le Mali. Certains optaient pour une transition dirigée par un militaire, d’autres voulaient un technocrate aux compétences et la bonne moralité avérées. Les débats de rue se sont transportés dans les salles du Centre international de conférences de Bamako (CICB) les 10, 11 et 12 septembre où, s’est tenue la Concertation nationale sur la transition. A l’issue de ces assises nationales, une Feuille de route et une Charte de la Transition ont été adoptées par les participants. Un mini-sommet de la CEDEAO s’est tenu à Accra au Ghana, au début du mois, sur la situation politique dans notre pays. Une délégation du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avec à sa tête son président, le colonel Assimi Goïta, y a pris part. Les résolutions des assises nationales sur la transition y ont été exposées. A l’issue de ce mini-sommet, les chefs d’Etat de la Cedeao sont restés sur leur position. S’ils ont accédé à une transition de 18 mois, ils ont exigé que celle-ci soit dirigée par un président et un Premier ministre civils. Ils ont donné un ultimatum au CNSP pour mettre en œuvre ces recommandations et en ont conditionné la levée des sanctions contre notre pays. Dès son retour au pays, le CNSP s’est attelé à la mise en place d’un collège de désignation du président et du vice-président de la transition. Ce collège a donc choisi comme président de la transition, le colonel-major à la retraite Bah N’Daw et comme vice-président, le colonel Assimi Goïta. DD/MD (AMAP)  

Carnet de voyage : Au fil du fleuve Niger

Par Ahmadou CISSE  Envoyé Spécial Bamako, 22 sept (AMAP) Soudain, au détour d’un faubourg, le voyageur aperçoit Mopti, otage des eaux. Pour arriver jusqu’ici, il a fallu avaler 640 km, depuis Bamako par une route en très mauvais état. La Venise du Mali « est construite sur trois îles reliées entre elles par des digues, confluent du Bani et du Niger », décrivent les brochures. Cette presqu’île a été fondée au XIXe siècle par des Bozos. Elle porte alors le nom de Sangha qui signifie « lieu de rassemblement ». Carrefour fluvial et commercial, Mopti est surtout un point de départ pour la découverte de l’arrière-pays, le Septentrion du Mali, hélas en mal de paix. Nous sommes au tout début de la saison des montées des eaux. Le mois d’août est surtout connu pour la soudure. C’est aussi le temps des grands bateaux qui assurent la liaison entre Koulikoro (60 Km de Bamako), Tombouctou et Gao, dans le Nord. La route est dégradée et dangereuse. Le manque d’entretien et l’insécurité font peur aux voyageurs. Les voies les plus sécurisées restent les airs et le fleuve. L’avion coûte cher. Alors, avec un soupçon de bon sens, le choix du bateau s’impose. Sur le quai de Mopti, le bain de foule est inévitable. En ce moment de psychose de Covid-19, autant être fataliste. Ici, le coronavirus semble lui-même résigné à se placer en quarantaine. Toutes les ethnies de notre pays semblent s’y donner rendez-vous pour faire du commerce ou en transit pour d’autres horizons. Entre ces deux, se trouve le débrouillard du coin : il est porteur de bagages, gargotier, artisan, mendiant ou même petit voleur à la tire. Tout ce beau monde a le même dénominateur : la recherche de la pitance quotidienne. L’HEURE, C’EST L’HEURE – Le bateau s’apprête à prendre le large, en début de nuit. Destination Gao. « Le voyage prendra environ cinq jours », alerte le commissaire du bateau qui supervise le chargement de son navire. Et Tombouctou alors ? « Dans deux jours », dit-il avec un brin de doute. Cette précaution est de bon aloi pour qui connaît les conditions de la traversée avec un bateau de vieil âge. Coïncidence heureuse ? « Tombouctou », c’est également le nom du bateau de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) qui dispose d’une flotte de trois navires du même genre (les bateaux Kankou Moussa, Général Soumaré et Tombouctou). Dans l’ensemble, le bateau tient la route ou plutôt le fleuve. Malgré son âge avancé (des années 80), la ferraille se bat au mieux de ses forces pour relier le Sud au Nord. Des années et des années de bons et loyaux services. Le réseau électrique est peut-être en mauvais état mais il fonctionne. Donc, tout va bien. Un coup de balai ne fera aucun mal aux cabines. Ce n’est pas le plus important. Les deux grosses machines de propulsion ont pris quelques rides et, par conséquent, sont devenues très gourmandes en carburant avec une consommation de 15.000 à 16.000 litres de gasoil, entre Koulikoro et Gao. Comparés aux passagers du pont, les occupants des cabines (chambres de bateau) font figure de privilégiés, au regard de leurs conditions de voyage. Les premiers ont dû construire des abris de fortune avec des draps multicolores contre les intempéries sur le pont.  La pluie peut perturber leur quiétude à tout moment. Le départ du bateau est annoncé pour 20 h (ou 8 h du soir). Un quart d’heure avant, trois sifflets retentissent sur la berge. Les retardataires s’empressent pour embarquer. Les derniers porteurs de bagages quittent le navire à grandes enjambées. Certains enfants, de mauvaise réputation, n’ont pas échappé au plongeon nocturne après le départ du bateau. Après tout, c’est le moindre mal. L’heure, c’est l’heure. Une fois n’est pas coutume. Le bateau démarre à 20 h pile. Tant pis pour les incorrigibles traînards. Un passager, superstitieux à outrance, jette une pastèque par-dessus bord : une offrande aux génies de l’eau pour une traversée sans embûches. DECOUVERTE DU BATEAU – Le « Tombouctou » est commandé par le commissaire Amadou Tidiani Samaké, assisté d’un sous commissaire. Le premier s’occupe des aspects administratifs, commerciaux et financiers en plus des passagers VIP. Le second, lui, s’occupe du fret et des passagers de la 3è classe.  La partie mécanique est logée dans la cabine des machines. Trois gros moteurs propulsent le bateau à une vitesse moyenne de 10 km par heure. Au gouvernail, il y a trois pilotes. Assistés de matelots, ils se relaient toutes les 6 heures. Leur cabine est contiguë au restaurant-bar géré par un prestataire privé. Tous les passagers de luxe, 1ère, 2e et 3e sont logés et nourris. Le bateau a une capacité de 130 tonnes sous cale et de 344 passagers. Premier jour de voyage, premier accostage d’urgence. Aux portes  du lac Débo, un orage accompagné d’un vent violent soulève de hautes vagues. Le bateau est en difficulté en eau profonde. Le navire tangue. Panique à bord. Les matelots décident de tenter un accostage d’urgence au milieu de nulle part, le temps de la tempête. Les passagers se mettent à l’abri de la pluie qui tombe sur le lac. Le commissaire du bateau a rapidement ordonné un accostage d’urgence au milieu d’une bourgoutière. Quelques heures plus tard, l’orage cesse. Le bateau met à nouveau le turbo. COVID EN QUARANTAINE – En termes de lutte contre la Covid-19, aucune mesure sanitaire n’est exigée à bord. Le virus est comme prié de se mettre en quarantaine. Le seul flacon de gel hydro alcoolisé se cachait des voyageurs au fond du bar principal. Pas un seul passager ne porte de masque de protection. Ni même le personnel naviguant qui s’est contenté de placer un dispositif de lavage des mains posé à droite sur le pont supérieur, juste avant l’accès au restaurant. Là encore, il semble être ignoré des passagers qui ne s’en servent qu’après un repas. A la décharge de la compagnie, l’observation des gestes barrières contre la pandémie est d’abord une question de conscience individuelle. Pour la sécurité

Commémoration du 22 septembre : Le colonel Assimi Goïta demande au peuple malien de soutenir les forces de défense et de sécurité.

Bamako, 22 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta, a appelé, mardi, le peuple malien à un soutien aux forces de défense et de sécurité. « Je demande au peuple malien de soutenir les forces de défense et de sécurité dans les efforts qu’elles déploient pour ramener la paix et la sécurité au Mali (…) de soutenir, également, les partenaires », a déclaré le colonel Goïta. Il s’exprimait au terme du défilé militaire qu’il a présidé sur la Place d’armes du 34è Bataillon du génie militaire, dans le cadre de la commémoration du 22 septembre, date anniversaire de l’Indépendance du Mali. “Le défi sécuritaire est si complexe qu’il ne pourrait être relevé que dans un sursaut national, appuyé par les forces étrangères partenaires”, a ajouté le président du CNSP. Plusieurs personnalités ont assisté à cette ceremonie, notamment des anciens Premiers ministres et ministres, ainsi que des représentants d’organisations internationales et de pays accrédités au Mali. Cette année, l’évènement a été différent du traditionnel rendez-vous républicain. Les effectifs ont été considérablement réduits : deux sections au maximum par corps. Et aucun véhicule motorisé n’était présent. A la fin du défilé, le colonel Assimi Goïta a rendu hommage aux pères de l’Indépendance, tout en rappelant qu’ “il incombe à tous les Maliens de tenir le flambeau afin de léguer un Mali stable et prospère aux générations futures”. ID/MD (AMAP)