Spécial 100 jours de la Transition : En dépit des vents contraires
Par B. TOURÉ Les écueils ne manquent pas sur le chemin de la Transition. En dépit des vents contraires, nous sommes condamnés à avancer, même s’il faut ramer. La crise sanitaire persiste, et ses effets maintiennent l’activité économique dans le marasme. De quoi accentuer les difficultés financières de l’État. Le front social, bien qu’en sommeil depuis quelque temps, pourrait entrer de nouveau en ébullition si la conférence sociale annoncée ne se tenait pas dans un bref délai. Inutile de s’étendre longuement sur les conséquences d’une nouvelle poussée de fièvre sur le front social. Ce n’est pas tout au chapitre des défis. Les professionnels de l’agitation ont repris du service en surfant sur le marronnier de la défiance contre la France. Le départ des troupes françaises est présenté comme la solution à tous les maux de notre pays. Le problème est que ceux qui ont fait de l’activisme un métier sont doués pour provoquer des sauts dans l’inconnu mais à l’heure de poser des actes constructifs, ils sont aux abonnés absents. Quelle alternative proposent les frondeurs au départ de la Force française Barkhane ? Mystère ! Quand il y a le flou, il y a toujours un loup. La seule perspective perceptible est l’affaiblissement des forces militaires qui font face actuellement aux groupes terroristes. Les capacités militaires des Français contraignent les forces du mal à la guerre asymétrique. En l’absence de cette adversité, elles auront le loisir d’opérer des attaques massives contre les positions de nos soldats. Les conséquences sont aisément prévisibles. Le timing du regain d’intensité de la fronde contre la présence militaire sur notre sol de l’ex-puissance coloniale interroge. Il intervient au moment où les troupes maliennes et françaises semblent avoir trouvé enfin la bonne articulation pour attaquer ensemble les repaires des groupes terroristes. Ces derniers n’ont apparemment plus les capacités de planifier et de mener à bien les assauts meurtriers comme ce fut le cas à Dioura, Boulkessi, Indelimane, etc. En difficulté face aux militaires, les guerroyeurs applaudissent des deux mains la bronca anti-française dans les rues de Bamako et sur les réseaux sociaux. Le défi pour les dirigeants de la Transition est de déminer rapidement le piège du sentiment anti-français prétendument partagé par la majorité des Maliens. Ils y parviendront en cultivant davantage l’inclusivité à laquelle la CEDEAO les exhorte vivement. Le président Bah N’Daw s’est fait l’écho de ce besoin de rassemblement autour des objectifs de la Transition dans son allocution à l’occasion de la fête de l’Armée. Il a invité le gouvernement à s’ouvrir à toutes les forces vives. En tant que capitaine, il lui revient de fixer le cap. Par gros temps, le capitaine est amené à tenir la barre du navire pour faire face aux tumultes de la tempête.
Spécial 100 jours de la Transition : Le taureau par les cornes dans la lutte contre la Covid-19
Par Bréhima DOUMBIA Bamako, 21 Janv (AMAP) La pandémie du coronavirus a été une piqure de rappel à l’humanité, nous signifiant, qu’au-delà des progrès scientifiques et techniques, notamment de la médecine, que tout peut basculer à partir d’un rien. Qu’une simple pandémie peut mettre à genou l’économie mondiale, occasionner des pertes d’emplois, bousculer les habitudes, surtout fragiliser les systèmes de santé même les plus performants à l’échelle planétaire. Au Mali, les autorités de la Transition ont décidé de prendre le taureau par les cornes et d’initier des actions de prévention pour circonscrire une contamination à la Covid-19 à grande échelle. C’est ainsi qu’un Conseil des ministres, réuni en session extraordinaire, le 18 décembre, dernier par visioconférence, sous la direction du président de la Transition, Bah N’Daw, a pris des mesures pour éviter une propagation comme dans les pays du Nord, où on compte les morts par milliers. Des pays du continent aussi paient un lourd tribut à la maladie. Heureusement, ce n’est pas encore le cas au Mali. Dans une communication de la Primature, le Premier ministre a souligné que «sur la base de l’estimation des cas de Covid-19 enregistrés lors des trois dernières semaines, le nombre de cas attendus pour le mois de décembre est de 1.829, dont 274 cas graves et 91 cas critiques». Le chef du gouvernement, pour pallier la situation, a décidé de réajuster le plan de riposte par l’adoption de nouvelles mesures d’urgence et celles d’accompagnement complémentaires. Ainsi, le gouvernement avait préalablement adopté un projet de décret fixant le montant de la prime spéciale Covid-19, allouée aux agents impliqués dans la lutte contre la pandémie, notamment le personnel du ministère de la Santé et du Développement social et celui du département de la Sécurité et de la Protection civile. Une autre mesure phare a été la suspension des audiences publiques dans les juridictions jusqu’au 16 janvier dernier. La batterie de mesures a porté, également, sur l’adoption d’un régime de sanctions applicables en cas d’inobservation du port de masque dans les lieux publics et dans les transports en commun, l’arrêt des festivals et autres spectacles culturels, la fermeture des rues marchandes et des lieux de loisir (night-clubs, bars et restaurants). Pour les établissements scolaires, la fermeture courait jusqu’au 4 janvier dernier, avant le report de la rentrée scolaire au 25 janvier prochain. Des mesures de restriction ont été prises également pour limiter les regroupements à 50 personnes tout au plus. Toujours au titre des mesures d’urgence, le gouvernement a décidé de renforcer les contrôles au niveau de nos frontières aériennes et terrestres, d’acquérir des intrants médicaux pour éventuellement un dépistage de masse et réaliser des tests rapides sur les cas symptomatiques. Il y a eu aussi l’extension de la mesure du télétravail ou système de rotation au secteur privé pour toutes les entreprises employant plus de 50 personnes. Les autorités, qui entendent minimiser les risques de propagation du virus de la pandémie, ont aussi instruit de pulvériser quotidiennement les marchés à partir de 18 heures. Il a aussi été décidé d’apporter un appui aux organisations de la société civile, en les dotant de kits de pulvérisation, l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan national de vaccination. MESURES D’ACCOMPAGNEMENT- La peur du coronavirus, qui se justifie amplement par sa fulgurance dans la contamination, a conduit le Mali à prendre ces mesures de prévention, de restriction, entre autres. Mais celles-ci requièrent aussi des mesures d’accompagnement. À ce propos, le gouvernement s’est engagé à faire une distribution massive et gratuite de masques, de solutions hydro alcooliques et de kits de lavage de main dans les lieux publics, y compris les lieux de culte. Le Conseil des ministres du 18 décembre 2020 a, aussi, adopté l’allègement fiscal en faveur des entreprises touchées par les restrictions, notamment l’octroi de crédits d’impôts, de moratoire sur le paiement de certaines taxes ou de redevances, le soutien direct aux entreprises et acteurs culturels, à travers notamment le dépôt cash, de garantie de certains prêts en cours ou de report des échéances de remboursement. Une autre mesure d’accompagnement bien appréciée par nos compatriotes a été la prise en charge des tranches sociales des factures d’eau et d’électricité des mois de décembre 2020 et de janvier 2021 mais aussi l’exonération pendant deux mois de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les factures d’eau et d’électricité. Ces efforts ont été ressentis comme un véritable bol d’air par les abonnés. Il a été aussi envisagé de relancer l’opération de distribution des vivres. Il est aussi important de préciser que sur rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, la réunion a fait passer un projet de décret déclarant l’état d’urgence sur le territoire national à partir du 19 décembre dernier. Ce projet de décret a permis de réglementer ou d’interdire la circulation des personnes, des véhicules ou des biens dans certains lieux et à certaines heures. Il interdit aussi, à titre général ou particulier, tous cortèges, défilés, rassemblements et manifestations sur la voie publique. Au-delà de tout ça, le gouvernement continue d’aider les établissements hospitaliers engagés dans la prise en charge des patients Covid-19. Un montant d’environ 12 milliards de Fcfa a été notifié, en septembre dernier, au département en charge de la Santé pour accompagner les hôpitaux. Sur ce montant, 6 milliards de Fcfa ont été perçus avec une clé de répartition qui a varié d’un peu plus de 400 millions à 500 millions, selon les structures. Et 6 autres milliards ont servi à payer des indemnités du personnel soignant. BD (AMAP)
60è anniversaire de l’Armée malienne : Sous le signe de la reconnaissance et de la solidarité
Bamako, 21 Janv (AMAP) Le président de la Transition, chef suprême des Armées, Bah N’Daw, a présidé, mercredi, une sobre cérémonie de prise d’armes, à la Place d’armes de Kati, à l’occasion du 60è anniversaire de la création de l’Armée malienne, La cérémonie s’est résumée en l’exécution de l’hymne national, la revue des troupes, le dépôt de gerbe de fleurs au monument du soldat inconnu, remise de chèques aux veuves des militaires tombés au champ d’honneur ; Elle a enregistré la présence du vice-président, le colonel Assimi Goïta, du Premier ministre, Moctar Ouane, du président du Conseil national de transition, le colonel Malick Diaw, de plusieurs membres du gouvernement et des responsables des Forces armées et de sécurité. Le 20 janvier 1961, le premier président du Mali indépendant, Modibo Keïta ,a prononcé un discours historique demandant à l’Armée coloniale d’évacuer les bases militaires au Mali. Ce qui a été fait et a été un point déterminant dans l’histoire de l’outil de défense du Mali qui, dans le cadre de sa mission régalienne, fait aujourd’hui face au défi du terrorisme. Dans son discours, le ministre de la Défense et des Anciens combattants, après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire des victimes militaires et civiles tombées pour le Mali, a dit que cette cérémonie est sobre mais indispensable. Car, selon lui, il s’agit de l’expression de la reconnaissance de la Nation envers ses fils ayant fait le sacrifice ultime pour la défendre. « Aujourd’hui, l’Armée malienne a 60 ans, 60 ans que les vaillants soldats maliens se montrent dignes héritiers et fiers des grands empires ayant précédé la République », a indiqué le colonel Sadio Camara. Il a ajouté que cela fait soixante ans que nos militaires « se mettent par tout temps, en tous lieux, surtout les plus reculés et les plus difficiles, pour que cette Nation reste une et indivisible… » Il a rendu un hommage particulier aux épouses des militaires. « Soixante ans qu’elles tiennent les maisons, élèvent les enfants, les nourrissent, les éduquent et se battent au quotidien prenant soin pour que jamais ne transparaisse le moindre signe de faiblesse et de découragement pour que leurs difficultés à l’arrière ne sapent le moral des troupes déployées à l’avant », a indiqué le colonel Sadio Camara Il a souligné que cette commémoration est placée sous le signe de la reconnaissance, de la solidarité et de la santé. Il a rappelé que la semaine dernière, les Forces armées maliennes (FAMa) ont reçu un hélicoptère de combat capable d’évacuer les blessés en zone hostile. Les autorités militaires ont inauguré, le 19 janvier, un nouveau pavillon à l’infirmerie centrale de l’Armée de l’air en plus de la pose, mercredi, de la première pierre de l’hôpital militaire du Mali. DD/MD (AMAP)
Banamba : La situation sécuritaire dans le cercle au centre d’une rencontre
Banamba, 21 mars (AMAP) Le préfet de Cercle, Sékou Touré a présidé mardi dans la salle de réunion de la préfecture de Banamba, la réunion statutaire du comité local de sécurité sur la situation sécuritaire dans le Cerle, a constaté l’AMAP. C’était en présence des Sous-préfets, du vice-président du conseil de cercle, des maires des 09 communes, des chefs d’unités militaires et paramilitaires du Cercle. L’objectif de la réunion était de s’imprégner de l’évolution de la situation sécuritaire dans le cercle courant janvier 2021 avant de faire les recommandations et des conclusions. Les participants ont échangé sur entre autres, l’évaluation de la situation sécuritaire du cercle, les difficultés, les faiblesses ou insuffisances, les forces, les atouts, les menaces, les préoccupations, les objectifs prioritaires, les informations et les événements majeurs. Ils ont constaté que la situation sécuritaire dans le cercle est relativement calme malgré la présence des hommes armés signalés dans certaines localités, notamment les communes rurales de Sébété (recouvrement de l’aumône exigé par les djihaddistes dans les campements peulh pour ce mois de janvier et des cas de viols dans la forêt), Toubacoro, Boron (villages de Dampha, Dossorola et le campement peulh de Kamissara jusqu’à la colline de Bamadiougou de l’arrondissement de Mourdjan) et Toukoroba (aux villages de Dalowèrè et Kondo). Les participants ont saisi l’occasion pour évoquer la présence des hommes armés dans ces différentes localités qui constitue un frein au bon fonctionnement des services répressifs locaux comme le service du cantonnement forestier et le bureau mobile de la Douane. Le préfet de Cercle a saisi l’occasion pour exhorter les acteurs impliqués à se battre pour ce pays et à œuvrer pour la paix et la stabilité de nos localités avant d’inviter les maires à poursuivre la sensibilisation auprès de leurs populations pour améliorer la situation en collaborant avec les forces de défense et de sécurité. AT/KM (AMAP)
Carte NINA : bientôt des opérations d’enrôlement des Maliens de l’intérieur et de l’extérieur
Bamako, 20 Janv (AMAP) La deuxième réunion d’urgence de la Commission chargée de la problématique de carte NINA tenue, mardi, à la Primature, sous l’autorité du chef du gouvernement, Moctar Ouane, a décidé de procéder très rapidement à l’enrôlement des Maliens de la diaspora dans des missions diplomatiques et consulaires de certains pays à forte concentration malienne. « Très prochainement, des missions vont être envoyées pour régulariser tous les compatriotes qui résident dans des pays de grandes concentrations de Maliens à l’extérieur », a déclaré à la presse le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyène, à sa sortie de la réunion. Selon les explications de Alhamdou Ag Ilyène, le souci de la carte NINA « sera définitivement derrière nous », après les décisions très importantes que cette rencontre a prises pour avancer dans la résolution des problèmes posés aux Maliens de l’intérieur et de l’extérieur quant à la délivrance la carte NINA. La Commission a été mise en place afin d’aider le gouvernement à prendre très rapidement des mesures pour régler le problème de la carte NINA des Maliens de l’intérieur et de l’extérieur. Le ministère de l’Administration territoriale et de Décentralisation, assurant la tutelle, va choisir les pays concernés. Le secrétaire général de ce département, Adama Sissouma, a révélé que le Premier ministre a donné instruction d’envoyer, d’urgence, des équipes d’appui à l’enrôlement dans les missions diplomatiques et consulaires. «Dans un premier temps, on commencera par les missions de la France, de l’Italie, de l’Espagne mais, aussi, de Côte d’Ivoire », a annoncé M. Sissouma, précisant que les opérations d’enrôlement ne concernent pas uniquement les capitales de ces pays d’accueil. « Quand je parle de Côte d’Ivoire par exemple, il ne s’agit pas seulement d’Abidjan. Nous enverrons, au moins deux équipes, dont une à Abidjan et une à Bouaké. Ça va être la même chose à Paris, à Marseille et à Lyon », a-t-il clarifié. Selon lui, les dispositions sont en cours pour que les équipes arrivent, les semaines prochaines, dans ces missions diplomatiques et consulaires. « Car, a-t-il souligné, il s’agit de soulager les Maliens de l’extérieur dans l’obtention des fiches d’inscription NINA qui sont les supports indispensables pour toute pièce d’identité ». Selon M. Sissouma, ces missions prendront le temps nécessaire pour enrôler le maximum de personnes parce que la Commission a étudié la problématique de l’agenda des Maliens de l’extérieur dont certains sont très éloignés et d’autres confrontés aux obligations professionnelles les empêchant de se déplacer à tout instant. « Nous prendrons le temps pour enrôler le maximum dans ces localités évoquées », a signalé le secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Ces opérations d’enrôlement concerneront, également, les Maliens de l’intérieur. D’après Adama Sissouma, cela est essentiel parce qu’il y a beaucoup de Maliens qui ne sont pas dans la base de données du Recensement administratif à vocation d’état civil (RAVEC). Les données biométriques d’autres compatriotes ne sont pas capturées. « C’est aussi, en quelque sorte, une opération d’état civil qui est un droit reconnu a tout Malien par l’Etat », a soutenu M. Sissouma, signalant que le Premier ministre s’est engagé à faire des efforts nécessaires pour atteindre cet objectif. Autour du Premier ministre, la Commission a réuni les ministres de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, de la Sécurité et de la Protection civile et des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine. OD/MD (AMAP)
Mali: 06 décès et 25 nouveaux cas de Covid-19 mardi
Bamako, 20 Janv (AMAP) Les services maliens de santé ont enregistré, mardi, 06 décès et 25 nouveaux cas de Covid-19, sur un total de 1.424 échantillons testés, annonce un communiqué du ministère en charge de la Santé. Au cours des 24 dernières heures, on note une cinquantaine de patients guéris de la maladie, indique le ministère. Il ajoute que les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (Près de la capitale) et Sikasso (Sud) constituent les foyers contamination du jour. De même que le District de Bamako qui enregistre une vingtaine de cas positifs dans plusieurs Communes de la ville. Au total, le Mali compte 7,880 cas confirmés, 5,647 patients guéris contre 317 décès. AT/MD (AMAP)
Discours du président Bah N’Daw à l’occasion de la fête de l’Armée
Officiers, Sous-officiers, Militaires du rang, Chers compatriotes, 20 janvier 1961-20 janvier 2021, notre Armée nationale a aujourd’hui 60 ans. Elle a été voulue et forgée par le père de la nation malienne, feu le président Modibo Kéita (que son âme repose en paix !) même avant la date officielle de notre accession à la souveraineté internationale. Modibo Keita ne s’y trompait pas : il savait que seul l’outil de défense nationale pouvait garantir notre indépendance en tant que pays, notre souveraineté en tant que nation et notre intégrité en tant que territoire. C’est donc ainsi que notre armée est née : de manière volontariste, avec peu de moyens, mais avec beaucoup de foi. En cet instant solennel, je suis fier, en mon nom et en votre nom, de saluer Modibo Kéita et les hommes de mission et de décision, dont l’engagement a permis la création de notre outil de défense : en particulier les militaires Abdoulaye Soumaré, Sekou Traoré, Pinana Drabo, Kélétigui Drabo, Balla Koné, et les civils Oumar Ly et Mahamadou Diarra. Oui ! c’est de là que sont parties nos forces armées. Nées avec la République, elles ont grandi avec elle. Elles ont traversé beaucoup d’épreuves, elle se sont construites en s’adaptant constamment aux besoins de défense, de sécurité et de développement du pays. Et cela, de génération en génération, par des hommes et des femmes qui ont choisi d’exercer l’un des plus beaux métiers, celui des armes, pour servir la Patrie au prix de leur vie, la servir avec abnégation, dévouement, et fidélité. Pareil sens du devoir et du sacrifice nous oblige. Nous devons gratitude et respect aux soldats (en activité, à la retraite ou disparus) des Forces armées maliennes pour avoir tout au long de l’histoire, répondu dignement à cet appel de la patrie. Officiers, Sous-officiers, Militaires du rang Chers compatriotes, Vous le savez, la commémoration du 20 janvier « Fête de l’Armée » n’est pas un simple rituel. Elle est bien plus. Elle est un appel à la mobilisation, au devoir de servir et de protéger le pays. Elle est un appel à l’unité et au rassemblement de tous les citoyens autour de nos forces armées. Cette alliance sacrée est d’autant plus salutaire que le 60è anniversaire de l’Armée nationale s’inscrit dans un contexte particulièrement éprouvant pour notre pays qui est en guerre depuis bientôt dix ans, une guerre coûteuse en vies humaines, en ressources financières et en opportunités de développement. Chaque jour apporte son lot de tristesse et de deuil, avec les attaques terroristes répétées contre nos populations, nos troupes et nos partenaires. Sans parler de la douloureuse et dramatique parenthèse des tensions communautaires au centre du pays, le tout sur fond de crises institutionnelles récurrentes depuis une décennie. Et comment ne pas évoquer ici la grave pandémie de la Covid-19 qui est un autre front de combat pour le Mali et pour le monde ? Je voudrais, en cet instant, renouveler la gratitude de notre pays envers la communauté internationale dont les armées sont à nos côtés et dont les soldats risquent leur vie pour la libération de notre pays. Je m’inclinerais ensuite, très respectueusement devant la mémoire des dignes soldats du Mali et des pays amis tombés sur le champ d’honneur. Leur exemple est une lumière qui nous accompagnera toujours. Que les familles endeuillées acceptent ma compassion et que nos blessés de guerre sachent que nous ne les oublions pas ! Soldats engagés sur le théâtre des opérations, loin de vos familles et de vos amis, afin de protéger au quotidien le territoire, les citoyens et leurs biens, le Mali vous sera toujours reconnaissant ! Officiers, Sous-officiers, Militaires du rang Chers compatriotes, Jamais autant qu’aujourd’hui l’armée n’a été aussi interpellée. Jamais, elle n’a été autant appelée à s’investir de toutes ses forces pour consolider notre nation ébranlée. Jamais autant, l’armée n’a été sollicitée dans le cadre du renforcement de notre cohésion sociale ainsi que du rétablissement des compromis socioéconomiques et culturels que notre peuple a su construire au fil des siècles et des défis. C’est pourquoi, je tiens à placer cet anniversaire sous le signe de l’engagement patriotique de tous les Maliens pour la refondation et la reconstruction d’un nouveau Mali, gage d’un avenir radieux pour notre pays et notre peuple. Je sais que notre devoir de génération est de construire une Armée nationale qui soit à la hauteur des défis et de ce temps. Ainsi, concernant le volet défense et sécurité, la défense opérationnelle du territoire, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, l’amélioration des conditions de travail et de vie des militaires ainsi que le renforcement du partenariat au plan bilatéral et multilatéral sont restés au cœur des actions du gouvernement de la Transition dont : Un : la création d’une Fondation pour la solidarité qui est devenue l’outil de gestion de la politique sociale en faveur des militaires, de leurs familles et de leurs ayants droit ; Deux : l’accélération de la réforme du secteur de la sécurité ; Trois : l’assistance aux populations civiles à travers les actions civilo-militaires ; Quatre : le renforcement des capacités opérationnelles des troupes ; Cinq : le renforcement du partenariat avec les forces étrangères : Barkhane, EUTM, EUCAP, G5 Sahel, Minusma ; Six : le renforcement de l’application stricte du droit international humanitaire ; Sept : la mise en place d’une stratégie de relance du volet défense et sécurité de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger (APR) ; Huit : l’adoption en cours d’une deuxième Loi de programmation militaire (LOPM 2) en vue de consolider les acquis de la première LOPM ; Neuf : l’acquisition de certains matériels majeurs et la réalisation d’infrastructures prioritaires ; Dix : l’intensification des opérations de lutte contre le terrorisme, de sécurisation et de protection des populations et de leurs biens. Chers compatriotes Je ne reviendrai pas sur les péripéties que le pays traverse depuis une décennie et plus récemment depuis quelques
Assises nationales sur le coton : Pour donner un second souffle à la filière
Bamako, 19 Janv (AMAP Le Premier ministre, Moctar Ouane, a lancé, lundi, les Assises nationales sur le coton qui visent à contribuer à la relance de la culture cotonnière en vue de la rendre résiliente, compétitive, rentable et durable. Ces Assises représentent un rendez-vous important en ce qu’elles doivent permettre l’analyse des voies et moyens susceptibles de favoriser une véritable relance de la culture du coton à partir de la campagne 2021/2022, caractérisée par la rentabilité et la compétitivité de la filière cotonnière du Mali, a déclaré le chef du gouvernement. Le chef du gouvernement a souligné l’importance particulière que son équipe accorde à la tenue de ces assises nationales sur le coton, initiées par le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche. Moctar Ouane a indiqué que nul n’ignore la place centrale qu’occupe la filière coton dans l’économie malienne. Outre la création et la redistribution de revenus sûrs et importants aux producteurs de coton, elle contribue à la sécurité et à l’autosuffisance alimentaire, au financement d’infrastructures sociales de base dans les zones d’intervention de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) et de l’Office de la Haute vallée du Niger (OHVN), à la dynamisation de multiples branches de l’économie nationale, a soutenu le Premier ministre. Il a rappelé que la filière coton contribue substantiellement aux recettes fiscales et douanières, aux bilans des banques, à la stimulation de l’activité hôtelière, du petit commerce ambulant et à la création d’emplois. Au total, plus de 4 millions de personnes bénéficient de la culture du coton comme source de moyens d’existence. Le secteur contribue à hauteur de 15% à la formation du Produit intérieur brut (PIB) et occupe la seconde place, après l’or, au plan des recettes d’exportation. « L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a retenu la culture du coton comme l’une des cinq filières prioritaires devant bénéficier d’un développement soutenu », a rappelé le chef du gouvernement. « En dépit de cette position hautement stratégique dans l’économie nationale, la filière coton reste très fragile face aux fluctuations du cours mondial de la fibre et du prix des intrants agricoles », a relevé M. Ouane. De même, le faible niveau de productivité et de transformation au niveau national ainsi que les nombreux dysfonctionnements dans la gouvernance du secteur obèrent les efforts de développement de la filière. À titre d’exemple, la filière coton a, de 2000 à nos jours, connu quatre crises majeures. « Celle de 2020 aura été la plus emblématique en raison de ses graves conséquences négatives sur l’économie et la sécurisation des moyens d’existence des populations vulnérables. Le tout dans un contexte de changement climatique et de Covid-19 », a illustré Moctar Ouane. Saluant les producteurs de coton pour leurs efforts inlassables visant à hisser haut le pays et préserver son rang de leader dans une filière hautement concurrentielle, il a remercié les Partenaires techniques et financiers pour leur soutien. De son côté, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Mahmoud Ould Mohamed, a expliqué que l’organisation de ces Assises nationales s’inscrit dans l’axe 2 du Programme d’actions du gouvernement de Transition (PAG), à savoir la promotion de la bonne gouvernance. « Car la filière coton est la colonne vertébrale de notre économie, mais confrontée à des crises récurrentes », a insisté Mahmoud Ould Mohamed. « Tout se passe au rythme des fréquentes contreperformances, comme si nous étions dans la fameuse spirale de la pauvreté tant décrite par les économistes. Briser ce cycle infernal est indispensable », a dit le chef du département de l’Agriculture. Cela, conformément aux instructions fermes données par le chef de l’État, Bah N’Daw. Par ailleurs, suite aux différentes crises qui ont ébranlé le secteur du coton, des réflexions stratégiques impliquant les différents acteurs ont été faites, donnant lieu à de nombreuses recommandations, a dit le ministre en charge de l’Agriculture. Les présentes assises doivent, selon lui, répondre à plusieurs questions : quelles sont les leçons apprises des différentes crises et pourquoi les solutions envisagées n’ont-elles pas fonctionné ? Quelles sont les actions de relance de la culture du coton recommandées à partir de la campagne 2021/2022 ? Pour ce faire, le ministre Mahmoud Ould Mohamed s’est engagé à travailler, sans relâche, pour sortir la filière de ce cercle vicieux afin de l’inscrire, dans le plus bref délai, dans un cercle vertueux. À cet effet, il a invité les acteurs de la filière à renforcer la cohésion en leur sein. Le but est de promouvoir la bonne gouvernance et d’en faire une réalité tangible. La rencontre a eu lieu en présence du président directeur général de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Dr Nango Dembélé et des acteurs du secteur du coton. ADS/MD (AMAP)
Biens culturels : La crise sécuritaire au Mali favorise le trafic
Par Amadou SOW Bamako, 18 Janv (AMAP) Le trafic illicite des biens culturels a pris une nouvelle dimension avec l’éclatement de la crise au Mali, en 2012, au moment où les pays européens s’engagent à rendre au continent des objets de haute valeur dérobés généralement, pendant la colonisation. Selon le directeur général du Musée national, Dr Daouda Keïta, après la crise de 2012 au Mali, le trafic des biens culturels s’est intensifié avec l’effondrement de l’Etat dans certaines régions. Une bonne partie des sites et biens culturels était à la merci des prédateurs. « Lorsque les objets sont volés, détruits ou retirés de leur contexte historique, ils sont souvent perdus à jamais », explique-t-il. En 2014, le site de Goudji Touréla, à Ségou, dans le Centre du Mali, a fait l’objet de fouilles illicites par un réseau de vendeurs de biens culturels africains. Cela du fait de l’effondrement de l’administration publique en charge de la protection des biens culturels. Pendant cette période, des milliers d’objets ont été emportés et vendus à des collectionneurs ou amateurs d’art africain. Le directeur du Musée national relève que les pilleurs sont bien organisés en réseau. « Des pilleurs ont fait des fouilles et des antiquaires ont acheté sur le site », a révélé Dr Keita. Des milliers d’objets africains ont été emportés vers de grands musées. Le conseiller technique au ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Dr Mamadou Cissé, en charge du patrimoine culturel, soutient que le phénomène a eu un coup d’accélérateur pendant la crise sécuritaire. Les sites de Djenné-Djeno et du Delta central ont fait l’objet d’un grand pillage. Plusieurs autres sites dans le Septentrion et dans le Sud ont également subi le même sort. « L’année dernière, certains responsables de services techniques ont été menacés par les prédateurs », a annoncé l’archéologue Cissé. Certains individus profitent de la crise sécuritaire pour sauter les verrous. Ils entretiennent une grande complicité avec un réseau d’antiquaires et de collectionneurs de l’art africain. Cette hypothèse est confirmée par les archéologues et historiens maliens que nous avons rencontrés. Les turbulences enregistrées au Mali, depuis mars 2012, à la suite d’un putsch, expliquent amplement cet état de fait. Parce qu’il y a eu l’occupation des deux tiers du territoire national par des groupes armés qui ont procédé à une destruction massive et au pillage des biens culturels. Suite aux pillage et trafic illicite de biens culturels vers d’autres horizons, les autorités maliennes, en partenariat avec l’Unesco et d’autres partenaires techniques et financiers, ont multiplié les initiatives et les actions pour barrer la route aux prédateurs de notre identité culturelle. En réponse à cet engagement commun, les autorités françaises ont, également, promis de restituer 16 objets. Un lot de six objets sera restitué dans un premier temps. La seconde phase de restitution portera sur les dix autres. Cette décision de restitution intervient après le rapport d’une équipe de chercheurs engagée par le président français, Emmanuel Macron, qui s’appuie sur le rapport de Felwine Sarr et de Bénédicte Savoy. Ce document d’inventaire en trois volumes de 863 pages établit que 6.910 objets, en provenance du Mali, ont été inventoriés dans les collections du Musée du Quai Branly qui dispose de milliers d’objets africains d’une valeur inestimable. Dans le souci de bien accueillir ces objets et de les garder dans des conditions optimales, le département de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a initié plusieurs projets, dont l’organisation, en décembre, d’un atelier de réflexion pour faire l’état des lieux dans les musées et institutions en vue d’assurer une bonne condition de conservation de ces biens restitués. Il s’agissait, également, de faire des propositions concrètes sur le sort des œuvres à rapatrier. Les autorités en charge de la question entendent exploiter toutes les opportunités pour ramener une bonne partie de nos objets identitaires et mettre en place un mécanisme pour contrarier les trafiquants de biens culturels dans le noir dessein qu’ils nourrissent d’aliéner notre patrimoine culturel. C’est dans cette vision globale de protection des biens culturels que le ministère en charge de la Culture a organisé un autre atelier sur la restitution des biens culturels africains sous le thème : “Quels objets et quelles stratégies pour le Mali” du 26 au 28 décembre 2018 à Bamako. La restitution des biens culturels est un long processus qui est en cours depuis des décennies. Cette campagne a été lancée par le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), en décembre 2013. Selon une source officielle, en dépit d’un accord bilatéral entre le Mali et les Etats-Unis sur la gestion des biens culturels, le puissant réseau de fournisseurs des grands musées et collectionneurs continue de prospérer. « Il s’attaque, parfois, à visage découvert aux textes et conventions sur le pillage des biens culturels », selon notre source. Les Africains se souviendront longtemps du discours prononcé par le président français, Emmanuel Macron, dans l’amphithéâtre de l’Université Joseph Ki-Zerbo, en novembre 2017. M. Macron a rappelé l’exigence de restituer au continent africain ses biens culturels. « Je veux que, d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique », a dit le président français. Il exprimait sa détermination à réparer une forme d’injustice vis-à-vis de l’Afrique qui a été dépouillée, selon les historiens, de ses biens culturels mais aussi de documents de traditions orales pendant la colonisation. Ces dernières années, les crises récurrentes dans certains pays africains ont accentué ce trafic. La protection, la réhabilitation et la sauvegarde des biens culturels demeure une préoccupation essentielle du Mali qui a ratifié des conventions de l’Unesco, notamment celles de 1954 sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé et de 1970 sur les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicite des biens culturels. Pourtant, le patrimoine culturel malien continue d’être menacé. Certains spécialistes estiment que c’est le moment de revoir en détail la situation. FERMETE – Le rapport d’un deuxième atelier recommande que les autorités maliennes
Les élèves maliens reprennent le chemin de l’école lundi
Bamako, 19 Janv (AMAP) « La rentrée des classes 2020-2021 aura lieu sur toute l’étendue du territoire national le 25 janvier », a annoncé, mardi, le ministère malien de l’Éducation nationale dans une lettre adressée aux directeurs des Académies d’enseignement. Les élèves maliens seront donc de nouveau sur le chemin de l’école dès lundi pour une rentrée scolaire 2020-2021, initialement programmée pour le mardi 05 janvier dernier, et reportée par les autorités en raison de la recrudescence des cas de contamination à la Covid-19 au Mali. Le document du ministère, daté du 18 janvier, précise que le retour des élèves dans les établissements scolaires va se dérouler dans « le respect des mesures barrières afin d’assurer aux enfants un environnement sécurisé ». Dans ce contexte de crise sanitaire, « une leçon modèle sur la Covid-19 » sera donnée aux élèves « dès le premier jour de la rentrée dans toutes les classes » et pendant toute la semaine, pendant 20 minutes, indique le communiqué signé par le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale. Le ministère de l’Éducation exhorte, à cet effet, les responsables des Académies d’enseignement à « mettre en place, au niveau de chaque école, un comité de veille » qui sera chargé du respect des mesures barrières dans chaque classe. MT/MD (AMAP)

