Burkina Faso : L’Economie agro-sylvo-pastorale en ligne de mire
Par Moussa DIARRA Envoyé spécial Bamako 4 Nov (AMAP) Un joyeux groupe de femmes qui chantent pour accueillir des journalistes sur leur lieu de travail. Ces 152 productrices exploitent un bas fond de riz et font de l’étuvage. Elles transforment le riz et approvisionnent les cantines scolaires et des clients individuels. En plus, elles achètent du riz dans d’autres bas-fonds rizicoles qu’elles étuvent et mettent également sur le marché. La douzaine de journalistes africains de ce voyage de presse, du 18 au 23 octobre, de la présidence du Burkina Faso, ont pu découvrir le pays, à travers ses actions et chantiers d’envergure menés, ces cinq dernières années, malgré le défi sécuritaire. L’agriculture est un de ces chantiers qui contribuent aux résultats du Burkina Faso. Ainsi que l’illustre Sanfo Asséta, productrice/étuveuse de riz, est présidente de la coopérative de production. « Pendant ces deux dernières années, on nous a appuyées avec des intrants, de l’engrais, l’appui technique en production de riz, de l’argent pour le désherbage et, enfin, nous avons pu bénéficier d’un tracteur fortement subventionné », explique-t-elle. Son souhait ? « Que le projet puisse aider d’autres personnes pour que le pays se développe ». « Notre activité initiale était la production, puis plus tard, nous y avons ajouté la transformation du riz. Nous venons au centre pour faire ce travail. Et nous avons bénéficié du soutien d’un projet pour renforcer notre activité avec la mécanisation de la transformation », renchérit Goroko Fatimata de la coopérative de Dandé. « Grâce à l’étuvage, nous arrivons à prendre en charge des dépenses de la famille, à payer la scolarité des enfants, par exemple. Il y a beaucoup de retombées positives. Même pour des dépenses d’environ 50 mille francs CFA, nous n’avons pas besoin de demander à nos maris, nous pouvons les prendre en charge ». Le chef d’antenne du projet d’appui à la promotion des filières agricoles au niveau de l’unité de Bobo Dioulasso, Kouadima Issa, explique que le projet, d’un financement de 110 milliards de francs CFA, couvre les Régions des Hauts bassins et des Cascades. Il a vu le jour sur initiative du gouvernement burkinabè et a été mis en place par le ministère de l’Agriculture. « Nous bénéficions de l’appui du Fonds international de développement agricole (FIDA) et du Fonds OPEP pour le développement international (OFID). Depuis 2018, nous avons commencé et nous en avons pour 6 ans », poursuit-il. « A Dandé, nous avons accompagné les femmes avec les sous-produits d’accès aux marchés. Nous mettons à leur disposition des intrants, l’appui conseil…à hauteur de presque 4 millions de francs CFA pour produire » En raison du Covid qui allait impacter les surfaces à emblaver et la main-d’œuvre et grâce au programme présidentiel de mécanisation de l’agriculture, le gouvernement du Burkina Faso a permis l’acquisition de 30 tracteurs pour nos organisations. Nous les avons aidées à avoir ces tracteurs subventionnés à 45%. Nous subventionnons à 80% les organisations que nous accompagnons. Grace à notre subvention de 80%, elles ont dépensé un peu moins de 2 millions, au lieu de 8 millions, pour acquérir leur tracteur. Nous avons accompagné les organisations avec 40 tracteurs », a dit M. Kouadima. Dans la plaine de Bama, de 1.260 ha dont 60 ha alloués à l’expérimentation et où opèrent neuf coopératives, c’est aussi une Initiative présidentielle qui est en marche avec un objectif d’un million de tonnes de riz paddy d’ici 2020, au plan national. LE COUP DE POUCE DE L’ETAT – En guise de mesures d’accompagnement et pour les semences, en 2020, quelques 1.350 tonnes d’engrais ont été fournis à la Région des Hauts Bassins pour la production seulement de riz, contre, pour toute la Région et toutes les spéculations, l’année dernière, 2.000 tonnes. Sur 480 tonnes de semences de riz, 50 tonnes de semences de riz ont été remis aux producteurs de la plaine de Bama, pour emblaver toute la plaine, à raison de 45 kg pour un ha. Fortement subventionné, 15kg à 1.000 Fcfa, emblaver un ha revient à 3.000 Fcfa de frais de semences. L’engrais coûte 17.500 Fcfa, le sac, sur le marché. Il est à 12.000 Fcfa, prix subventionné. Cette année 2020, quelques 83 tonnes d’engrais sont remises à la plaine de Bama où on attend 10.000 tonne, pour la campagne en cours. L’objectif de production, sur le million de tonnes national est de 144.450 tonnes pour les Hauts Bassins, répartis entre les plaines et les bas-fonds. Cependant, le secrétaire général de l’Union des coopératives rizicoles de Bama, Zakaria Ouédraogo, relève que pour l’exploitation de la plaine, les difficultés ont pour noms « faible débit de l’eau en période sèche, baisse de la production ces dernières années, vétusté du réseau hydraulique construit dans les années 70, absence de subventions en intrants pour les cultures de contre saison… » ; pour une infrastructure aménagée dans les années 70 par Taiwan et dont les travaux ont été a achevé par la Chine populaire dans les années 75. Les 1385 exploitants dont 85 productrices, regroupés en 9 sociétés coopératives, font chacun, en moyenne 6 tonnes à l’ha, à raison de 150 Fcfa le kg, et 463 500 Fcfa de marge nette, selon Zakaria Ouédraogo. Irrigation en maitrise totale d’eau, l’infrastructure permet deux cycles de production, en saison humide et en saison sèche, un rendement moyen de 5, tonnes et 1/2 à l’ha, sur 1.000 ha, pour 12.000 t à l’ha. Le directeur régional de l’Agriculture est affirmatif : il y a « un milliard de francs CFA à se partager dans la plaine de Bama où il n’y a pas de mévente ». Et qui se positionne pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire du Burkina Faso l’objectif du million de tonnes est atteint. En fait, l’économie agro-sylvo-pastorale, halieutique et faunique, occupe près de 80% de la population active burkinabè. Le président Roch Marc Christian Kaboré en a fait une priorité, afin d’améliorer la productivité des agriculteurs et leur niveau de vie, la transformation des ressources naturelles burkinabè et la sécurité alimentaire du pays. Durant son mandat présidentiel, le Burkina Faso a investi dans l’aménagement des zones hydro-agricoles et des retenues d’eau, dans l’accélération de la mécanisation, la mise
Ouverture de la 2ème session ordinaire de l’année 2020 du Haut Conseil des Collectivités territoriales
Bamako, 3 novembre (AMAP) La cérémonie d’ouverture de la 2ème session ordinaire du Haut Conseil des Collectivités Territoriales a été présidé lundi au siège de l’institution par son président, Mamadou Satigui Diakité, en présence du Premier Ministre, Moctar Ouane, a constaté l’AMAP. Cette 2ème session va plancher sur l’examen des textes soumis par le Gouvernement et les questions diverses avant d’examiner deux thèmes essentiels que sont la réforme constitutionnelle et la problématique de la réorganisation du territoire national. Le président de l’institution a rappelé que la présente session qui clôt les activités de l’exercice du semestre en cours, survient dans un contexte socio-politique particulier, marqué par des destructions de biens publics et privés et même par des pertes en vies humaines. Mamadou Satigui Diakité a salué les nouvelles autorités pour l’affirmation dans la Charte de la Transition de leur attachement à la démocratie et à la bonne gouvernance. Il a réitéré ses encouragements aux forces de défense et de sécurité, notamment pour la libération des zones encore assiégées avant de saluer la contribution des collectivités territoriales dans la construction du pays et de rendre grâce à Dieu pour la libération de Soumaïla Cissé et d’autres otages. Le Président Diakité a enfin invité les uns et mes autres à continuer à respecter les gestes- barrières qui seuls, peuvent nous protéger de la Covid 19 qui continue de faire des ravages dans le monde. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence des membres du Gouvernement et de représentants des autres Institutions de la République et de plusieurs invités de marque. En rappel, la session qui s’est ouverte lundi dans l’après-midi, se poursuivra jusqu’au 1er décembre 2020. KM (AMAP)
Mali-Maroc : Vers une coopération plus dynamique
Bamako, 3 Nov (AMAP) Le président de la Transition a reçu, lundi, au palais de Koulouba, l’ambassadeur du Royaume du Maroc, Hassan Naciri, pour des échanges sur l’état des relations bilatérales et les possibilités de les inscrire dans un esprit plus dynamique et novateur. «Il a été question des moyens à mettre en œuvre pour imprimer un rythme nouveau à nos relations bilatérales», a confié le diplomate chérifien, soulignant que le président Bah N’Daw «apprécie l’action du Maroc en faveur du Mali». Une action continue et qui a beaucoup apporté à la consolidation des liens entre nos pays. Hassan Naciri a, aussi, ajouté : «nous avons passé en revue les projets réalisés et les projets à venir. Je crois que nous allons aller de l’avant». M. Naciri a déploré le fait que cette coopération ait été négativement impactée par les contraintes liées à la maladie à coronavirus et la crise sociopolitique au Mali. «Mais, nous sommes en train de reprendre», a-t-il dit, rappelant que le ministre marocain des Affaires étrangères a fait le déplacement au Mali pour livrer un message de soutien et d’accompagnement aux autorités de la Transition. ID/MD (AMAP)
Négociation avec les terroristes : Une équation à plusieurs inconnus
Par Issa DEMBELE Bamako, 03 Nov (AMAP) Après le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, il y a une semaine, c’est au tour de sa collègue en charge des Armées de séjourner au Mali. Paris veut-il faire tomber l’entrain général pour un possible dialogue avec les terroristes ? La question taraude les esprits. Pourtant, dans cette guerre, les stratégies déployées jusqu’ici ont montré leurs limites. La force française Barkhane fait, certes, du bon boulot dans la zone dite des «trois frontières» et les Forces armées maliennes (FAMa) montent indéniablement en gamme, mais la réalité sur le terrain est que l’insécurité s’étend sur le territoire national. Après la Région de Mopti, le Nord de la Région de Ségou est en proie au délitement de l’autorité de l’Etat. Des contrées entières dans l’Office du Niger sont abandonnées aux groupes qui y font régner la terreur en toute impunité. Après l’enlèvement massif du bétail, les groupes terroristes s’avisent actuellement à empêcher carrément les populations à faire la récolte du riz. Le grenier à riz du pays est, aujourd’hui, sous une menace très sérieuse. Au-delà de son coût financier et humain, l’option de la guerre amplifie les tensions intercommunautaires qui se révèlent plus meurtrières que le terrorisme. Cet argument, qui n’est pas sans poids, ajouté au fait que l’ennemi dispose d’une assise territoriale et politique non négligeable, devrait amener à envisager l’arbre à palabre. Négocier, essayer de trouver des solutions avec les extrémistes qui n’ont d’ailleurs jamais fermé la porte au dialogue. Le groupe dirigé par Hamadoun Koufa pourrait servir d’entremetteur. Le chef terroriste n’a-t-il pas cité l’imam Mahmoud Dicko et deux autres figures, Mahi Banikane et Cheikh Oumar Dia, comme des partenaires acceptables pour un dialogue ? C’est une ouverture, si mince soit-il, au dialogue. On sait que l’imam Mahmoud Dicko a exprimé à maintes reprises sa disponibilité à aider à nouer les fils du dialogue avec les groupes qui ferraillent pour imposer la Charia au Mali. Lors de sa dernière sortie, sur la place de l’Indépendance, le responsable moral du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotique (M5-RFP) n’a-t-il pas annoncé qu’il s’apprêtait à prendre son bâton de pèlerin pour aller prêcher la paix partout dans le pays ? Il avait même invité d’autres leaders religieux à se joindre à lui. Reste à déterminer les modalités du dialogue. Que faut-il mettre sur la table pour amener les guerroyeurs à s’asseoir autour de la table de négociation ? Du côté des groupes extrémistes, les revendications principales sont connues. Ils veulent que le Mali soit régi par un «système théocratique» où la loi serait dictée par les préceptes d’un islam rigoriste. Ils réclament, également, le retrait des troupes étrangères et que le Mali coupe ses liens avec la France. Or, ces liens sont historiques et multiformes. L’ancienne puissance coloniale est un partenaire de poids du Mali, aussi bien sur le plan sécuritaire que dans le domaine de l’appui au développement. Paris est, aussi, le parrain de la présence de l’ONU au Mali. Inutile de s’étendre sur l’importance de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans la préservation de l’Etat malien sous sa forme actuelle. Voilà pourquoi, l’International Crisis Group (ICG) a fait remarquer que «négocier ne veut pas dire accéder à toutes les doléances des terroristes et accepter l’instauration de la Charia», dans son rapport intitulé « Parler aux djihadistes au centre du Mali : le dialogue est-il possible ? ». À l’État donc de déterminer des compromis acceptables par les deux parties. Le chercheur Ibrahim Yahaya, auteur principal de ce rapport, donne des pistes, comme les écoles coraniques, qui pourraient être réformées, voire intégrées dans le système éducatif. Il propose, aussi, la question des cadis, ces juges islamiques traditionnels qui n’ont aucune existence légale alors qu’ils sont utilisés, très fréquemment, dans les zones rurales. En la matière, l’Etat pourrait s’inspirer du cas mauritanien. Le Mali ne manque pas de génie pour faire adopter une ligne pragmatique aux groupes extrémistes. L’Etat s’est forgé une expertise en matière de négociation, à travers la gestion de différentes insurrections rebelles dans le Septentrion. Certes, il faut distinguer la rébellion du terrorisme. Mais, on sait que pour le dernier Accord en date, en 2015, Bamako a négocié avec des séparatistes qui ont mené des opérations dont la logique et les moyens étaient ceux du terrorisme. Aujourd’hui encore, difficile de départager, dans l’enchevêtrement inextricable des forces dans le Septentrion, ceux qui relèvent des groupes terroristes et ceux qui sont sous l’autorité de mouvements signataires de l’Accord. On retourne sa veste au gré des circonstances. Au-delà, comme le souligne Ibrahim Yahaya, aujourd’hui, des acteurs étatiques comme non étatiques parlent aux terroristes en permanence. Des leaders communautaires locaux négocient l’allègement de certaines mesures qui pèsent sur les villages, par exemple. Parfois des compromis sont trouvés. Les humanitaires négocient aussi l’accès à des zones de crise. Il a fallu dix-sept ans pour que les Américains comprennent que les terroristes sont incontournables en Afghanistan. Au Mali, il semble évident, après huit ans, qu’on ne pourra pas vaincre militairement ces groupes solidement implantés désormais à mains endroits du territoire. Dès lors, les autorités, qui ont le quitus du peuple, n’ont nullement intérêt à trainer les pieds. Surtout que des centaines de terroristes viennent d’être remis au service d’une machine de guerre qui sait se montrer d’une rare cruauté. ID (AMAP)
Affaire des caricatures du prophète de l’islam : Regards croisés d’un sociologue et d’un écrivain
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 02 Nov (AMAP) Depuis quelques jours, des manifestations ont lieu dans les pays musulmans où les produits français sont également boycottés pour protester contre des propos qu’aurait tenus le président français Emmanuel Macron, après la décapitation d’un enseignant. Avec le tollé que cette affaire a suscité dans le monde musulman, le président Emmanuel Macron a, dans un tweet, indiqué que « la laïcité n’a jamais tué personne ». Ensuite dans un autre tweet, il s’est justifié. « Contrairement à ce que j’ai beaucoup entendu et vu sur les réseaux sociaux ces derniers jours, notre pays n’a de problème avec aucune religion. Elles s’y exercent toutes librement. Pas de stigmatisation: la France est attachée à la paix et au vivre-ensemble ». Toujours pour faire baisser la colère des musulmans, le président français a donné une interview à la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera. Mais dans les pays musulmans, la grogne se poursuit. Avant de faire sa déclaration après la mort du professeur, Emmanuel Macron aurait dû s’inspirer des propos rassembleurs d’un de ses prédécesseurs en l’occurrence Jacques Chirac. L’ancien président Jacques Chirac était très attaché au respect de l’autre. « Tout ce qui peut blesser les convictions d’autrui, en particulier les convictions religieuses doit être évité. La liberté d’expression doit s’exercer dans un esprit de responsabilité. Si la liberté d’expression est un des fondements de la République, celle-ci repose également sur les valeurs de tolérance et de respect de toutes les croyances », disait Jacques Chirac. La question des caricatures du Prophète Muhammad (PSL) continue de défrayer la chronique. Nous avons jugé bon de recueillir l’analyse du sociologue Dr Brema Ely Dicko et de l’écrivain-théologien Pr Yacoub Doucouré. Dr Brema Ely Dicko : Sociologue « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » Déjà, ce qu’il faut relever, c’est que depuis les attentats du 11 septembre 2001, il y a dans les medias et chez certains politiques, une association de l’islam et des musulmans au terrorisme. Donc, la stigmatisation et le raccourci selon lequel l’islam serait une religion liée au terrorisme a commencé depuis ces attentats du 11 septembre. On a vu que suite à ces attentats, les personnes identifiées comme responsables, à savoir Ben Laden et autres, étaient de confession musulmane. Ensuite, on a vu les interventions des Etats-Unis en Irak, en Afghanistan, etc. Depuis, ce débat a commencé. Pour le cas spécifique de la France, il y a quelques éléments à prendre en compte. Le premier est un contexte global où la France s’est engagée dans la lutte contre le terrorisme, notamment au Sahel et a même été victime d’une série d’attaques. On se rappelle de l’attaque contre Charlie Hebdo, de l’alimentation juive kacher, de ce qui s’est passé à Nice tout récemment. Toutes ces attaques sont le fait de personnes de confession musulmane. Donc, cela renforce le préjugé qui date de 2001. Aussi, il y a un contexte national français lié aux prochaines élections présidentielles. Il y a la montée de l’extrême droite de Marine Lepen qui récupère ces genres de moments difficiles pour indexer à la fois l’islam et les immigrés de façon générale. Derrière, Emmanuel Macron se sent obligé en tant que président qui veut briguer un second mandat, de tenir certains discours pour montrer au moins, que sur la question de l’extrémisme violent et celle du radicalisme, il a des choses à faire. Il a tenu ce discours pour contenter d’abord l’opinion française. Le troisième élément à prendre en compte, c’est que la France étant engagée au Sahel, le Mali est une sorte d’épicentre du terrorisme depuis 2012. Et il y a une quarantaine de soldats français qui ont perdu la vie de 2013 à maintenant. Et récemment, des présumés djihadistes ont été libérés en contrepartie de quatre otages dont une Française qui a dit qu’elle s’appelait désormais Mariam et qu’elle a été islamisée. Contrairement à ce à quoi on s’attendait, elle n’a pas eu un discours violent à l’égard de ses ravisseurs. Et donc, Macron n’a pas pu avoir le gain politique qu’il aurait dû avoir. Par exemple, si elle avait dénigré le groupe terroriste, la France aurait pu dire qu’elle a participé à la libération. Mais vu qu’elle a tenu un autre discours, la France était obligée de soutenir que c’était une opération malienne. On a vu que lorsqu’elle a fait cette déclaration, elle a été mal accueillie par une partie de l’opinion française. Marine Lepen a récupéré ce discours pour dire que maintenant, on libère 204 présumés djihadistes alors des soldats français sont morts au Sahel dans la lutte contre ceux-ci. Je crois que Macron a voulu montrer qu’il était toujours aux commandes et qu’il maitrisait encore le jeu. Donc, c’est ce discours qui a été mal reçu dans la plupart des pays musulmans et il y a même des boycotts des produits français. Mon impression est que c’est le contexte franco-français caractérisé par la montée de l’extrême droite qui a peut-être poussé le président Macron à tenir ce discours perçu comme maladroit par les musulmans de façon générale. Mais comme le disent les Français eux-mêmes, la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Pour les musulmans, la caricature est un acte de trop. Le président Macron a voulu maitriser une situation interne française. On voit quand même qu’en l’espace d’un mois, un Français a été décapité à cause des caricatures. Pour eux, les caricatures participent de la liberté d’expression. Donc, il a voulu réaffirmer la liberté d’expression qui caractérise la France. Il a été tiraillé par cette volonté de rappeler la nécessité d’accorder la liberté d’expression à qui le veut et puis par comment contrôler la sensibilité des musulmans qu’ils soient français ou d’ailleurs. Après la décapitation du professeur d’histoire-géographie, on a vu l’attentat de Nice qui est la conséquence du discours de Macron et du traitement qu’on en fait. Donc, il est obligé de faire attention parce que si les manifestations se poursuivent ainsi, cela n’est pas bon pour la France. Déjà avec la Covid-19,
Mali: un soldat tué dans une attaque à Farabougou (Témoin)
Bamako, 2 Nov (AMAP) Un soldat a été tué à Farabougou (Centre) au cours d’une attaque dimanche matin, selon un habitant, cité par Radio France internationale (RFI) sur son site. Selon la même source, après une relative accalmie, la situation s’est nettement dégradée ces derniers jours, quand des jeunes, qui coupaient des broussailles aux abords du village, ont été la cible de tirs de jihadistes qui encerclent le village. Ces tirs ennemis se sont rapidement dirigés vers les soldats maliens, lesquels ont répliqué. L’accrochage a duré « près d’une demi-heure », selon le témoin cité. Sollicitée par RFI, l’armée malienne précise qu’un soldat a été tué, mais que la riposte a permis de repousser les assaillants. Lundi matin, sur place, la situation était calme. Cela fait près d’un mois que les jihadistes encerclent Farabougou et une dizaine de jours que les soldats maliens sont entrés dans le village. Mais ils sont arrivés par hélicoptère et, depuis, tout comme les habitants, ils sont cantonnés dans le village. Des stocks de nourriture ont été livrés à plusieurs reprises, par voie aérienne, mais impossible d’aller sur les routes, ni même dans les champs voisins. Ceux qui s’y sont risqués, vendredi dernier, dans la Commune toute proche de Dogofry, ont été enlevés par les jihadistes, avant d’être rapidement relâchés. Au tout début du siège de Farabougou, neuf paysans ont été enlevés dont on est toujours sans nouvelles. De nombreuses sources locales expliquent que les jihadistes ont clairement fait passer le message : interdiction de procéder aux récoltes. Depuis plusieurs jours, des discussions difficiles ont été engagées avec les jihadistes. Cette médiation, menée par des notables locaux, avec le soutien de l’armée et des autorités, a dans un premier temps bien avancé. Des tensions intercommunautaires, préalables à l’action des jihadistes, ont notamment été réglées. Mais des blocages sont apparus la semaine dernière. Plusieurs sources au sein de la médiation expliquent que les jihadistes exigent, à présent, pour lever le siège, de récupérer les armes des chasseurs traditionnels dozos de Farabougou. Ils exigent aussi que la charia, telle qu’ils la conçoivent, entre en application. Les discussions sont donc plus difficiles, mais elles se poursuivent. Une rencontre est d’ailleurs prévue, très prochainement, entre les membres de cette équipe de médiation, les forces de sécurité et les autorités du cercle. « Nous continuerons toujours, explique un médiateur, pour ramener les uns et les autres à la raison. » Le village est toujours encerclé par des combattants jihadistes. Une situation qui perdure en dépit de l’arrivée de soldats de l’armée malienne il y a une dizaine de jours, pour protéger les habitants. MD (AMAP)
Fichier électoral : Le ministre de l’Administration territoriale invite les jeunes à se faire enrôler
Bamako, 2 Nov (AMAP) Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga a invité, vendredi, les jeunes de 18 à 25 ans, à se faire enrôler sur le fichier électoral. « Cela est d’autant plus important qu’à l’issue des élections, ils participeront à la légitimité de nouvelles autorités», a dit M. Maiga, à l’issue de sa visite à la Délégation générale aux élections (DGE) où il a appris « avec regret le faible niveau d’enrôlement » de cette tranche d’âge sur le fichier électoral, alors qu’elle constitue la majorité de la population. À son arrivée, le lieutenant-colonel Maïga, accompagné d’une forte délégation, accueilli par le délégué général aux élections, le général Siaka Sangaré, a eu une rencontre avec l’ensemble du personnel de cette structure. Un cadre d’échanges qui a été marqué par la présentation du fichier électoral 2020 ayant servi aux dernières élections législatives. Le ministre Maïga a rappelé que, dans le cadre de la charte de la Transition et la feuille de route, son département joue un rôle capital, celui d’organiser, dans le délai imparti, des élections transparentes et crédibles. Pour le chef de l’État, selon lui, les élections constituent l’essence de la Transition. «Sa vision des élections est claire. À l’issue du processus, il faudrait que le vaincu puisse féliciter le vainqueur», a ajouté le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga. « Toute chose qui nécessite un ensemble de dispositions très urgentes à prendre », a-t-il dit. D’où cette prise de contact, selon lui, avec le délégué général aux élections. D’après le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, l’organisation d’une élection crédible, libre et transparente exige une collaboration renforcée entre son département, la DGE et la Commission électorale nationale indépendante (CENI). «C’est important et fondamental que nous harmonisions notre processus afin de relever ces défis et atteindre les objectifs qui nous ont été assignés», a-t-il dit. En retour, les responsables de la DGE ont réitéré leur disponibilité à accompagner le ministre pour la réussite des élections. Créée en 2000, la DGE a pour missions d’élaborer et gérer le fichier électoral, d’assurer le financement public des partis politiques et d’apporter assistance à la CENI à sa demande. BD/MD (AMAP)
Coopération militaire : La ministre française des Armées rencontre lundi son homologue malien à Bamako
Bamako, 2 Nov (AMAP) La ministre française des Armées, Mme Florence Parly, en visite de travail au Mali, sera reçue, lundi après-midi, par son homologue malien, le colonel Sadio Camara, dans le cadre de la coopération militaire entre Paris et Bamako, a appris l’AMAP de source officielle. Selon une source au ministère de la Défense et des Anciens combattants, Mme Parly est venue réaffirmer le soutien de la France aux autorités de la Transition dans la lutte contre le terrorisme au Mali et au Sahel. Depuis 2013, la France a déclenché l’opération Serval quand le Nord du Mali était occupé par des hordes terroristes, puis Barkhane qui assure la continuité des opérations anti-terroristes sur le sol malien et dans le Sahel, depuis maintenant près de six ans. Malgré tout, le terrorisme a gagné, au fil des ans, le Centre et une partie du Sud du Mali. Le Dialogue national inclusif (DNI), tenu en fin décembre 2019, a recommandé aux autorités de négocier avec les terroristes locaux pour diminuer le nombre de victimes civiles et militaires. Les nouvelles autorités maliennes sont dans cette dynamique. Le Premier ministre, Moctar Ouane, l’a fait savoir au partenaire français lors de la visite à Bamako, de Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, le 26 octobre dernier. Il faut rappeler que la dernière visite de Mme Florence Parly au Mali remonte en novembre 2019, une visite au cours de laquelle elle avait renouvelé la détermination de la France à poursuivre son combat contre le terrorisme aux côtés des Forces armées maliennes (FAMa). Elle avait, aussi, annoncé le déploiement, dès 2020, d’une unité de forces spéciales européennes, appelée « Takuba », afin d’accompagner les FAMa sur le terrain. Cette force opère déjà en compagnie des troupes françaises, maliennes, nigériennes et burkinabè pour traquer les terroristes dans la zone des trois frontières (Mali-Burkina Faso-Niger). Il y a un mois, le Tchad a annoncé l’envoi d’un contingent dans la même zone pour épauler le G5 Sahel et les soldats français. La visite de la ministre française des Armées, une semaine après celle du chef de la diplomatie française, est une indication claire de l’importance du dossier Mali pour Paris. L’ancienne puissance coloniale fait face à de nombreuses critiques quant à la persistance de l’insécurité au Mali, malgré la présence de soldats français. MK/MD (AMAP)
Sotrama : Le client n’est pas roi
Par Baya TRAORÉ Bamako, 2 Nov (AMAP) Insolence, propos salaces, manque de respect… rien n’est épargné aux passagers par les jeunes apprentis des chauffeurs. Résultat : les prises de bec sont monnaie courante dans ces transports en commun que beaucoup de Bamakois sont obligés d’emprunter, quotidiennement. La vulgarité des apprentis-chauffeurs à l’égard des passagers est connu des usagers des transports en commun. Cette scène illustre bien les rapports entre passagers et apprentis. «Apprenti, ma monnaie parce que je descends au prochain arrêt». Une femme d’un certain âge engage ainsi la conversation sur un ton courtois et sans animosité aucune, après avoir remis un billet neuf de 1.000 Fcfa à l’apprenti-chauffeur. Celui-ci réplique vertement et dans un langage ordurier qu’il n’a pas de monnaie. Il a même le toupet de reprocher à la cliente de lui tendre un billet au lieu d’une pièce de monnaie. «Impertinent, tu dois avoir le même âge que mon fils», revient à la charge la passagère. Le jeune apprenti ne se démonte pas et interpelle de nouveau celle qui lui rappelait le privilège de l’âge. «Je m’en fous puisque je ne suis pas ton rejeton», précise-t-il avec arrogance. Ce genre de prise de bec entre apprentis et passagers des Sotrama constitue le quotidien des transports en commun. On se demande si certains apprentis ont reçu la moindre éducation. Tant leur insolence est crasse. Modibo Doumbia, la quarantaine, est enseignant à l’école Plateau 2 de Hamdallaye. Il accepte de verser son avis dans le débat. «La Sotrama est le moyen de transport le moins cher dans notre pays. à titre d’exemple, mon trajet (Mamaribougou-Hamdallaye) me revient à 175 Fcfa en aller et autant en retour. Il est difficile de s’en passer dans ces conditions à moins d’avoir ses propres moyens de déplacement», explique-t-il. Mais pour autant, il déplore l’impertinence des apprentis et des chauffeurs de Sotrama. Ce grief est partagé par la majorité des usagers de ce moyen de transport. MAUVAISES CONDITIONS – Amara Diarra est ouvrier. Il emprunte les Sotrama depuis plus de 18 ans pour rallier son lieu de travail. Il admet simplement que c’est faute d’avoir la possibilité de prendre un taxi. Je réside à Kalaban et mon lieu de travail se trouve à Bagadadji. Je dépense 500 Fcfa par jour pour faire ce trajet en aller et retour et cela m’aurait coûté en taxi près de 4.000 Fcfa par jour. Ce qui n’est pas accessible à ma petite bourse. Pour cet ouvrier, il est clair qu’emprunter une Sotrama est pénible parce que l’usager est contraint d’accepter de mauvaises conditions de déplacement, notamment se serrer les uns contre les autres comme des sardines. Par ces temps de Covid-19, le risque de contamination est grand. Le danger lié à la crise sanitaire est venu s’ajouter aux invectives des apprentis et des chauffeurs de Sotrama. Ces énergumènes ne ratent pas d’occasion de passer leur nerf sur les usagers. Les clients sont rois partout sauf dans les Sotrama. Le problème de monnaie est très souvent le déclencheur des échanges aigres-doux entre usagers d’une part et chauffeurs et apprentis d’autre part. Chauffeurs et apprentis n’hésitent pas à distribuer des propos salaces aux clients parmi lesquels certains ne s’en laissent pas conter non plus. Aux invectives des premiers répondent les piques bien senties des autres. Pour certains usagers, les agissements peu recommandables des chauffeurs et leurs assistants résultent de la consommation de la drogue. Mariam Diarra, une habituée des Sotrama, estime qu’il faut appeler le chat par son nom. «Ce sont des drogués, des délinquants qui exercent ce métier de nos jours. Ils sont constamment sous l’effet des stupéfiants», croit savoir la bonne dame qui ajoute ne pas comprendre le manque des pièces de 50 Fcfa chez les apprentis qui ne semblent pas faire d’effort pour respecter les clients. CLICHÉS – Djibril Traoré, un apprenti qui officie sur l’axe Banconni-Railda ne partage guère ce constat. Il estime que ce sont des clichés qui pèsent sur les apprentis. «Nous ne sommes pas des drogués comme le pensent beaucoup de passagers mais nous consommons du café noir, conseillé comme étant un tonicardiaque. Nous avons aussi un jargon qui n’est nullement accepté par les usagers encore moins par la société », explique-t-il. Les tarifs des Sotrama sont fixés en fonction des destinations. Ils oscillent entre 150 et 400 Fcfa. Les apprentis estiment que les passagers doivent se prémunir de jetons avant de monter dans les Sotrama. Les passagers soutiennent le contraire. Boubacar Touré, est lui aussi un apprenti-chauffeur sur l’axe Woro cour-Taliko. Il incrimine sans autre forme de procès «la mauvaise foi» des clients. Pour lui, ceux-ci se présentent sciemment avec des billets de 1.000, 2.000, voire 5.000 Fcfa pour un tarif de 150 Fcfa. Selon Alou Touré du syndicat des transporteurs, le comportement regrettable des apprentis et des chauffeurs vis-à-vis des clients s’explique par un manque de syndicat au niveau de tous les arrêts. En présence d’un syndicaliste des transporteurs, aucun apprenti ou chauffeur n’oserait manquer de respect à un passager parce qu’il peut encourir des sanctions. Mohamed Coulibaly, secrétaire général du comité syndical des transporteurs urbains de Boulkassobougou et Djélibougou, assure ne pas faire l’avocat du diable. Mais pour lui, il est clair que certains clients sont aussi assez indélicats. Il révèle que son syndicat couvre près de 300 Sotramas qui desservent l’axe Railda-Boulkassoubougou. Il préfère insister sur l’utilité des Sotramas et le fait qu’ils constituent des lieux de convivialité et de retrouvailles. Dans les moyens de transport en commun, fait-il remarquer, les usagers ont parfois l’occasion de converser sur des sujets d’actualité ou de colporter des rumeurs. Le trajet en Sotrama est aussi un moment de retrouvailles pour certains usagers. Comme c’est le cas de ces deux anciennes lycéennes (Djénéba Diawara et Binta Diallo) qui se sont rencontrées, après s’être perdues de vue durant 11 ans. L’une des dames nous a confié son émotion lorsqu’elle a croisé par hasard sa camarade d’école dans un Sotrama. Les apprentis sont-ils en train de devenir le cauchemar des usagers ? On est en droit de sr poser
Gao : Formation de maçons pour un Projet de réhabilitation du tombeau des Askia
Gao, 2 Nov (AMAP) Plus d’une quinzaine de maîtres maçons et chefs maçons traditionnels de la ville de Gao ont été formés, durant une semaine, sur les techniques de conservation de monument historique, dans le cadre d’un projet de réhabilitation du Tombeau des Askia et de la cour de ce patrimoine culturel bâti en terre L’objectif de la formation dont le thème est la « mise à jour des méthodes, savoirs et savoir-faire technique de la maçonnerie traditionnelle » était de former les maçons sur les techniques de réhabilitation et de restauration du monument historique et de s’inspirer du document illustré contenant les spécifications et dosages essentiels, élaboré dans le cadre du programme de reconstruction du patrimoine culturel bâti des régions du nord (Tombouctou et Gao). Durant la formation, les deux architectes et formateurs, Hamidou Diallo et Abdoulaye Cissé ont développé les bonnes pratiques dans le domaine de la maçonnerie traditionnelle. Il s’agit de la conservation physique des bâtiments, l’amélioration du confort d’usage, la restauration de l’intégrité des composantes du bien, la valorisation des savoirs et du savoir-faire et la promotion des valeurs du bien. Le lancement des travaux était présidé par le conseiller spécial du gouverneur de Gao, Diabri Abdoulaye, en présence du chef de la Mission culturelle de Gao, Mamadou Samaké, et du directeur régional de la Culture, Abdoulaye Bocoum. Le représentant de l’Exécutif régional, Diabri Abdoulaye Maiga, a salué l’initiative de la réhabilitation du tombeau des Askia qui, selon lui, est un symbole de la culture songhoy et un monument historique du Mali, voire mondial, qui est menacé par les intempéries. AT/MD (AMAP)

