Nahawa Doumbia : L’indétrônable reine du Didadi
Par Moussa BOLLY Bamako, 12 fév (AMAP) Le nouvel album « Kanawa » (Ne partez pas !) de Nahawa Doumbia est un cri de cœur à l’adresse de la jeunesse malienne. Ce 14è album de sa brillante carrière est sorti, officiellement, au Mali, le 13 décembre 2020. Un somptueux opus de 8 titres qui aborde divers thèmes (immigration, cohésion sociale, pitié, tolérance, indulgence, mariage et un hommage aux défunts artistes maliens) véhiculés par des rythmes très entraînants. La reine du « Didadi » signe donc un retour remarquable dans les bacs avec sa singulière voix à la beauté inoxydable. Si la silhouette commence à être marquée par le poids de l’âge (n’empêche qu’elle est toujours une bête de scène), sa voix reste inoxydable. Cette voix d’une beauté exceptionnelle fait encore merveille sur «Kanawa» (Ne partez pas), le nouvel album de Nahawa Doumbia. Un véritable chef d’œuvre de huit titres (Yirini, Ntamayon, Ndiagneko, Djougoh, Hinè, Kanawa, Adjorobena et Foliwilen) dont un (Adjorobena ; autrement ça nous inquiète) interprété en duo avec son héritière, Doussou Bagayoko. Des titres superbement arrangés par l’inépuisable Ngou Bagayoko. Dans cette œuvre, la fille des regrettés Moussa Doumbia et Térénan Coulibaly parle de l’immigration, de la cohésion sociale, de la tolérance, de l’indulgence, du mariage… Elle n’oublie pas non plus ceux et celles qui ont quitté la scène pour l’autre monde ces dernières années. « Kanawa » (Ne partez pas), le titre générique de l’album, est une sensibilisation contre la migration irrégulière aux drames multiples. « Beaucoup de nos enfants meurent dans l’océan et certains d’entre eux pendant la traversée du Sahara. Certains grimpent sur les barbelés qui traversent les frontières et ils se font tirer dessus. Je demande donc à nos enfants de ne plus partir et de rester à la maison», explique le prodige de Mafélé. «Au lieu d’aller mourir dans le Sahara ou dans la Méditerranée pour fuir les difficultés ici, nos jeunes doivent se battre dans leur pays pour changer les choses et réaliser leurs rêves», confie-t-elle à propos de ce titre. Mais, ajoute-t-elle, «il est aussi crucial que le gouvernement et ses partenaires prennent réellement à bras le corps le problème du chômage des jeunes. Cela peut prévenir les drames humains auxquels nous assistons depuis des décennies». « Que les jeunes diplômés comprennent aussi qu’ils ne peuvent pas tous travailler dans un bureau. Nous devons tous œuvrer à aider notre jeunesse, à lui faire comprendre que l’avenir c’est ici en Afrique, notamment au Mali », conseille l’indétrônable Reine du didadi. Le souhait de Nahawa est que la jeunesse malienne, voire africaine renonce à ses « rêves macabres » et se battre pour contraindre les décideurs à créer les conditions de leur épanouissement dans le pays. «Nahawa veut que la jeunesse malienne prenne en main le destin de son pays avant qu’il ne finisse à jamais entre des mains armées. Sous un ton un peu dur, son discours est un message d’espoir et d’amour unificateur », commente un critique. Pour cet autre critique, «Kanawa est un album qui capture de manière concise les réalités maliennes du moment». La star exhorte aussi les décideurs à s’inspirer des initiatives comme celles de Mme Aminata Dramane Traoré qui s’est investie non seulement dans la sensibilisation des jeunes contre les risques de la migration clandestine, mais aussi dans l’accueil et la réinsertion des rapatriés de gré ou de force. Evocateurs, si les thèmes exhortent à la réflexion, les rythmes sont souvent une véritable invitation à la danse. Difficile par exemple de se retenir de bouger en écoutant « Foliwilen », une très mélodieuse «Doson fôly» dédiée aux forces armées et de sécurité ainsi qu’à des personnalités qui se sont illustrées par leur courage, leur bravoure, leur générosité et leur sens de la fraternité. Difficile aussi de ne pas frissonner en écoutant la très acoustique « Yirini » qui permet à Nahawa de bercer les mélomanes avec sa superbe voix mélodieuse qui continue à défier le temps par sa beauté. Une voix magique et inimitable On sent l’expérience et le talent de Ngou Bagayoko dans cet arrangement magnifique. Une savante symbiose entre le ngoni et le kamalen ngoni, une variété de percussions, de programmation de batterie, de karignan (grattoir métallique) et de guitares acoustiques et électriques. Née à Mafélé avec une enfance passée à Manankoro dans la famille maternelle, Nahawa est cette révélation des Semaines et des Biennales artistiques et culturelles qui continue d’imposer son univers authentique entre tradition et modernité, en gardant toujours l’essence du rythme didadi. Et cela lui réussit merveilleusement bien. Ainsi, « Kanawa » sort après des rééditions de ses premiers albums et une longue tournée européenne. Elle reconnaît d’ailleurs qu’elle a fait 1.700 concerts avec « Kabako », le précédent opus sorti le 24 mai 2011 chez « Camara Production ». La soixantaine assumée avec charme et prestance, la Première lauréate du Prix découverte RFI en 1981 prouve non seulement qu’elle reste l’incomparable « Reine du didadi », mais aussi qu’elle reste l’un des plus grands artistes du Mali, une véritable ambassadrice de la culture malienne très sollicitée dans le monde. MB (AMAP)
Mali : Un Casque bleu blessé à Douentza (Centre) a succombé
Bamako, 12 fév (AMAP) Un Casque bleu de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) blessé, mercredi dernier, dans une attaque terroriste près de Douentza (Centre), a succombé à ses blessures, a annoncé vendredi la mission onusienne. « L’un des Casques bleus a succombé à ses blessures », selon un tweet de la MINUSMA, avant d’ajouter que représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies (RSSG), Mahamat Saleh Annadif, « présente ses sincères condoléances à la famille et aux proches du défunt, ainsi qu’au gouvernement du Togo ». Mercredi dernier, une base temporaire du contingent togolais de la Minusma a fait l’objet d’une attaque terroriste. Une vingtaine de casques bleus ont été blessés au cours de cette attaque qui s’est déroulée à Kéréna, près de Douentza, dans la Région de Mopti, avait précisé la mission onusienne. MT/MD (AMAP)
Accord pour la paix et la réconciliation : La réunion de Kidal ouvre une nouvelle ère
Envoyé spécial Issa DEMBÉLÉ Kidal, 11 fév 5(AMAP) Les signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et la communauté internationale ont réussi, jeudi, le challenge de tenir la 5è réunion de haut niveau du Comité de suivi (CSA) à Kidal. Cette première, la première tentative avait avorté en septembre 2019, depuis la signature de l’accord en 2015 entre les protagonistes a évoqué, entre autres points, l’opérationnalisation des premières unités de l’armée reconstituée, le retour des services sociaux de base, le Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), les projets de développement. Aussi bien pour le gouvernement que pour les groupes armés et la communauté internationale, le voyage à Kidal, en grand nombre, en valait la peine pour marquer le passage à une nouvelle ère dans le processus de paix. Six membres du gouvernement ont en effet effectué le voyage : le colonel-major Ismaël Wagué (Réconciliation nationale), Mamadou Mohamed Coulibaly (Refondation de l’État), Mohamed Salia Touré (Emploi et Formation professionnelle), le colonel Modibo Koné (Sécurité et Protection civile), Bintou Founè Samaké (Promotion de la femme et de l’Enfant) et Mahmoud Ould Mohamed (Agriculture, Élevage et Pêche). On notait, auss,i la présence du ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, du chef de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), Mahamat Saleh Annadif, des représentants de pays voisins et européens. Plusieurs autres personnalités, notamment le ministre français des Affaires étrangères et des responsables de l’Union africaine et de la CEDEAO ont participé par visioconférence. Cette réunion, présidée par le chef de la diplomatie algérienne, au gouvernorat de Kidal, vient acter la restauration de la confiance et au moment où l’Armée veut reprendre pied dans cette région. Encore non opérationnelles, les premières unités de l’armée reconstituée sont déjà sur place. Leur déploiement et le retour des services sociaux de base ont été justement l’un des sujets phares de la réunion. Les participants ont, aussi, évoqué le lancement d’une nouvelle phase du DDR, le déploiement de la police territoriale, le lancement du premier projet de développement éligible au financement sur le fonds de développement durable et le renforcement de la participation des femmes au processus de paix. 3.000 COMBATTANTS – À l’ouverture des travaux, le colonel-major Ismaël Wagué a énuméré un certain nombre d’acquis engrangés depuis le dernier CSA du 16 novembre dernier. Concernant les questions politiques et institutionnelles, l’élaboration de l’avant-projet de la nouvelle Constitution en conformité avec l’Accord est prévue pour le mois de juin prochain. Aussi, les projets de textes relatifs à la police territoriale seront-ils bientôt votés par le Conseil national de Transition (CNT), après leur adoption par le Conseil des ministres du 25 mars 2020. Mais, s’il y a un volet qui focalise les attentions, c’est bien celui sur les questions de défense et de sécurité. Sur ce registre, le ministre de la Réconciliation nationale a mis l’accent sur le processus de DDR accéléré qui doit, in fine, permettre à 3.000 combattants d’être intégrés dans les forces de défense et de sécurité. À ce jour, plus de la moitié ont déjà été intégrés. Les 1.229 restants devraient suivre, en fin février 2021. Sur les questions de développement, le ministre Wagué a souligné les efforts encourageants consentis concernant l’opérationnalisation du conseil constitutif inter-régional de la zone de développement des Régions du Nord. Le décret de nomination de ses membres a été signé depuis décembre 2020. L’opérationnalisation du fonds de développement durable a, également, marqué de nouveaux points, à la faveur de la réunion en décembre du Comité de gestion qui a retenu 16 projets pour un montant global de 38,400 milliards de Fcfa. Ces projets seront soumis au comité de pilotage qui devrait se réunir, sous la présidence du Premier ministre, avant la fin de ce mois. Déjà, ce Fonds de développement a récolté 48,3 milliards de Fcfa. Cependant, il convient de souligner que la France est le seul parmi les partenaires techniques et financiers à avoir fait un don de 2 millions d’euros. Toujours sur ce volet, le processus de transfert de 30% des recettes budgétaires de l’État aux collectivités a connu une nette progression. « Aujourd’hui, on est à 23% », s’est réjoui le ministre Ismaël Wagué, avant d’évoquer le volet réconciliation qui se met en place à travers notamment la Commission vérité, justice et réconciliation. Également, des projets de textes ont été finalisés concernant le statut des cadis et des autorités traditionnelles dans la distribution de la justice. « Ce jour doit être marqué par un sceau particulier », selon le représentant spécial du secrétaire général. Pour lui, « la volonté politique, qui a longtemps manqué, est sentie depuis un certain temps. Mieux, une relation décomplexée est en train de se créer, d’une part entre le gouvernement et les groupes armés, et d’autre part, entre le gouvernement et les partenaires ». « C’est cela qui fait qu’on a une nouvelle dynamique », a souligné le chef de la MINUSMA, ajoutant que cette dynamique doit se matérialiser par les dividendes de la paix pour les populations. LE DRAPEAU FLOTTE À KIDAL – Saluant, lui aussi, la nouvelle dynamique, le ministre algérien des Affaires étrangères a estimé que cette rencontre est un signe d’une avancée majeure sur le chemin de la paix et de la réconciliation entre les « frères maliens ». Cette rencontre est, à ses yeux, « d’autant plus importante qu’elle intervient alors qu’une Transition est ouverte ». Le chef de la diplomatie algérienne a concédé que la mise en œuvre de l’Accord accuse des retards. Cependant, il est convaincu que le travail de base accompli permet au Mali « de continuer à progresser de manière sereine vers la stabilité tant recherchée ». En appui au processus de paix, l’Algérie envisage de consentir un don humanitaire avec des produits pharmaceutiques, ainsi que la réhabilitation d’une école à Kidal. Elle envisage, aussi, le renforcement de programmes de bourse, notamment dans la formation professionnelle Pour sa part, la MINUSMA s’est engagée à faire un barrage sur l’oued de Kidal pour faciliter l’accès à l’eau. Tous les participants ont salué la
Mali : le Comité de suivi de l’accord d’Alger réuni à Kidal (Nord)
Bamako, 11 fév (AMAP) Une réunion du Comité de suivi de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger (CSA) s’es tenue, jeudi, dans la ville de Kidal (Nord) avec la participation d’une délégation gouvernementale, des groupes signataires et de la médiation internationale. Cette rencontre de Kidal recouvre un symbole : c’est la première fois qu’une réunion du CSA se délocalise hors de Bamako, la capitale. Et le choix de Kidal, fief de l’ex rébellion touarègue, pour cette importante réunion devrait faire bouger les lignes vers la normalisation. Cette rencontre du CSA intervient, quelques semaines après la visite d’une forte délégation ministérielle à Kidal, le 25 janvier dernier. Les ministres de la Sécurité et de la Protection civile, de la Réconciliation nationale, de la Santé et du Développement social, entre autres, avaient alors rencontré les ex rebelles et discuté, notamment, du retour effectif de l’État à Kidal. Cinq ans après sa signature, l’application de l’accord connait des hauts et des bas. Les autorités de la Transition n’ont pas caché leur volonté de donner un nouveau souffle à l’application du document signé en 2015 par le gouvernement du Mali et les groupes armés de la Coordination des mouvements de l’Azaouad (CMA) et de la Plateforme, sous l’égide de la communauté internationale. De ce que l’on sait, la confiance réciproque gagne du terrain. Le seul fait de se réunir à Kidal est un grand pas. Tous les protagonistes sont au rendez-vous (gouvernement du Mali, groupes armés de la CMA et de la Plateforme) sous l’égide de la communauté internationale. MT/AC/MD (AMAP)
Quelque 15 nouveaux cas de Covid-19 et un décès jeudi au Mali
Bamako, 12 fév (AMAP) Les services de santé maliens ont enregistré, jeudi, quelque 15 nouveaux cas de Covid-19, sur la base de 734 échantillons testés et un décès, annonce le communiqué quotidien du ministère de la Santé et du Développement social. Par ailleurs, on note une dizaine personnes rétablies de la maladie depuis mercredi, selon la même source. Les contaminations du jour ont été identifiées dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (Près de la capitale), Mopti (Centre) et Gao (Nord), ainsi que dans plusieurs quartiers des Communes ll, lV, V et VI de la capitale malienne, précise le communiqué. Avec ces nouvelles données, le nombre de cas positifs au Mali passe à 8.218, pour 6.110 malades guéris du virus contre 340 décédés dont 272 survenus dans les centres de prise en charge. AT/MD (AMAP)
Visite du président de la Transition à Nouakchott: Points de vue convergents sur la lutte contre le terrorisme
Envoyé spécial Moriba COULIBALY Nouakchott, 11 fév (AMAP) Les chefs d’État mauritanien et malien ont exprimé, jeudi, à Nouakchott, en Mauritanie, leur commune vision sur la nécessité de coordonner davantage les efforts dans la lutte contre le terrorisme, a appris l’AMAP, au terme d’une courte visite du président de la Transition malienne, Bah N’Daw, dans la capitale mauritanienne, en prélude au sommet du G5 Sahel du 15 au 16 février 2021 à N’Djamena, au Tchad. Arrivé à 11 heures, sous un soleil relativement clément, mais toutefois avec une légère brise de vent, le président de la Transition a été accueilli au pas de la passerelle par son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Après le cérémonial d’accueil, l’exécution des hymnes nationaux des deux pays et la revue des troupes et des corps constitués, les deux personnalités ont pris place dans le salon d’honneur de l’aéroport international Oumtounsy de Nouakchott. Quelques minutes après un bref tête-à-tête, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a accompagné son visiteur à la résidence des hôtes, située dans l’enceinte du Palais des congrès de Nouakchott. Le trajet a duré une quarantaine de minutes pour rallier l’aéroport situé à une trentaine de kilomètres de la capitale. Après le déjeuner en tête-à-tête, les deux personnalités ont échangé sur les problématiques communes, dont l’une des plus pressantes de l’heure est la lutte contre les attaques terroristes. En effet, les pays de la bande sahélienne et, notamment, les trois pays voisins (Mali, Niger et Burkina Faso) sont la cible d’attaques terroristes quotidiennes. Les populations civiles et militaires continuent de payer un lourd tribu à la violence terroriste qui est un sujet d’inquiétude pour dirigeants des pays concernés et leurs partenaires européens, dont la France, qui ont accepté de voler au secours du Mali depuis l’intrusion de hordes djihadistes en 2012. Paris avait mobilisé ses forces militaire pour arrêter l’avancée des terroristes, à travers d’abord l’opération Serval qui a laissé, progressivement, la place à d’autres forces militaires étrangères comme la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA), la Force conjointe G5 Sahel, Barkhane. Après le sommet de Pau, de l’année dernière, Paris veut davantage renforcer sa coopération militaire dans un cadre multidimensionnel et fédérateur dans la lutte contre les terroristes. Le sommet de N’Djamena se présente comme l’opportunité de consolider les liens de la coopération militaire entre les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad). Le sommet de N’Djamena, auquel participera le président de la Transition, Bah N’Daw, devrait certainement coordonner les positions au nom des pays membres de l’organisation et donner un nouvel élan à la lutte contre le terrorisme. Avant de se rendre a N’Djamena demain après-midi (samedi), le président de la Transition Bah N’Daw, recueillera les points de vue de ses homologues Mahamadou Issoufou du Niger, en se rendant, ce vendredi à Niamey, Roch Marc Christian Kaboré, samedi, à Ouagadougou (Burkina Faso). Le président de la Transition Bah N’Daw est accompagné dans ce périple par les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeini Moulaye, de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, et de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant colonel Abdoulaye Maïga. MC/MD (AMAP)
Plus de 646 ménages déplacés du Cercle de Douentza relogés à Gao (Nord)
Gao, 11 fév (AMAP) Quelque 646 ménages déplacés internes de la Commune de Mondoro, (Cercle de Douentza), dans le Centre du Mali, ont été relogés, mercredi, dans l’ex-camp du contingent chinois de la Mission intégrée et multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), au quartier Boulgoundié de Gao (Nord). Ces installations réalisées par des organismes humanitaires ont été remises, comme site provisoire, à ces familles déplacées auparavant hébergées dans la salle de spectacle de Gao, lors d’une cérémonie officielle que le gouverneur de la Région de Gao, le général de brigade Moussa Traoré, a présidée. Sur le site, le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) et ses partenaires ont réhabilité six bâtiments publics et la clôture. L’organisme humanitaire a installé huit lampadaires solaires, quarante tentes familiales. Il a aménagé un système de drainage des eaux de ruissellement. Le HCR, à travers ses partenaires, a également construit et équipé deux salles de classe et un bloc de deux latrines, un espace ami équipé pour les enfants. L’Unicef a, aussi, mis à la disposition des 646 ménages une adduction sommaire d’eau d’une capacité de 20m3 avec deux rampes de distribution de dix têtes de robinets, deux aires de lavage avec des puits perdus et un dépotoir d’ordures. Auxquels s’ajoutent vingt latrines également reparties entre les hommes et les femmes et quinze douches d’urgences aussi équitablement reparties. Toujours dans le cadre de l’assainissement au profit des déplacées et de leur environnement, l’Unicef a offert dix dispositifs de lavage des mains, dix poubelles, cinq brouettes et d’autres outils. Le coût de ces réalisations financées par les partenaires humanitaires est estimé à plus de 100 millions de Fcfa. Le porte-parole des déplacées de Mondoro, Amadou Ongoïba a remercié l’Etat à travers l’autorité régionale et ses partenaires pour l’aménagement d’un site à pour les familles déplacées. Il s’est réjoui, aussi, de « l’accueil chaleureux de l’ensemble de la population de Gao ». Le directeur régional du développement social et de l’économie solidaire, Moussa Misso Maiga, a, pour sa part, remercié « les organismes humanitaires pour leur soutien, les services techniques de la région pour leur expertise et les populations du quartier Boulgoundié pour leur accueil ». La représentante de l’Unicef, Sylvie Fouet a, au nom de deux agences (Unicef et HCR), remercié les autorités régionales pour avoir proposé un site. Elle reconnait que « c’est compliqué de quitter sa famille, son jardin, son champ ». Elle a demandé aux femmes de prendre soin de leurs enfants. Et a rassuré les déplacées que leurs doléances seront prises en compte. Elle a salué la bonne coordination entre les deux agences. Le gouverneur de Gao, le général de brigade, Moussa Traoré s’est dit très impressionné de constater que la Commune urbaine de Gao a pu héberger un nombre si important de personnes déplacées venues de la Commune de Mondoro « dans un cadre plus agréable ». Il a sollicité des habitants du quartier « de bien vouloir accueillir leurs cousins » dogons. Il a, aussi, remercié les partenaires pour leur accompagnement constant en faveur des populations de la Région et, en particulier, les déplacées de Mondoro. AT/MD (AMAP)
Comité mixte Mali-Algérie : Le développement des relations militaires en ligne de mire
Bamako, 11 fév (AMAP) La 14è session du Comité mixte Mali-Algérie chargé du suivi de la coopération militaire et technique se tient, depuis mercredi, dans les locaux du ministère de la Défense et des Anciens combattants. L’ouverture des travaux a été présidée par le secrétaire général du département, le général Souleymane Doucouré, en présence de la délégation algérienne conduite par le chef d’état-major adjoint de l’armée de ce pays, le général-major Kaidi Mohamed. Pendant trois jours, les deux parties se pencheront sur le bilan des activités de l’année écoulée. Mais d’ores et déjà, il ressort des différentes interventions que certaines décisions n’ont pas pu être exécutées pour cause de Covid-19 qui a endeuillé le monde entier. « Je ne doute pas un seul instant que vos travaux feront un bilan exhaustif et marqueront un nouveau jalon dans la coopération militaire entre nos deux pays », a dit le secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants. Cette rencontre offre l’occasion de faire une évaluation de cette coopération bilatérale et de stimuler le développement des relations militaires entre ces deux pays « amis ». L’année 2020 a été, également, marquée par une recrudescence des attaques terroristes dans la bande sahélo-saharienne, en général et au Mali, en particulier. Ces attaques, en plus de causer d’innombrables pertes en vies humaines et des destructions de biens matériels, ont provoqué des déplacements massifs de populations. Les Forces armées maliennes (FAMa), dans leur mission régalienne de défense et de sécurisation du territoire national, ont payé un lourd tribut à cette situation. Cependant, les FAMa montent en puissance depuis quelques, selon le secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants. « Nous sommes déterminés à poursuivre cette dynamique jusqu’à vaincre les forces du mal », a lancé le général Souleymane Doucouré. Pour lui, « le chemin pour y arriver est certes long et parsemé d’embuches mais l’Armée réussira cette mission à elle confiée par les plus hautes autorités du pays ». « Nous la réussirons grâce à l’appui de nos partenaires et des pays amis comme l’Algérie », a-t-il laissé entendre. L’Algérie, par la voix de ses émissaires, a réitéré sa totale disponibilité à accompagner notre pays dans ses efforts visant à consolider la paix et la sécurité ainsi que dans la lutte contre les différents fléaux notamment ceux liés au terrorisme et aux filières du crime transfrontalier. Et ce, à travers le renforcement des capacités de nos forces armées. « L’Algérie est consciente de l’importance de la coopération militaire entre nos deux pays pour assurer à l’armée malienne une montée en puissance nécessaire à l’accomplissement de ses missions », a indiqué le général-major Kaidi Mohamed. L’Algérie, partenaire stratégique du Mali, entend également œuvrer pour répondre aux besoins militaires de des «frères maliens», en les assistant dans leurs efforts visant à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, et à la concrétisation des objectifs de mécanisme de coopération de sécurité instaurée entre les pays membres du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC). « Cette dynamique est illustrée par la formation depuis 2016 de dix compagnies de lutte contre le terrorisme et des forces spéciales », a dit le chef de la délégation algérienne. BD/MD (AMAP)
Enseignement secondaire : Gestion des nouveaux lycéens, un vrai casse-tête
Par Sidi Y. WAGUÉ Bamako, 11 fév (AMAP) La plupart des établissements secondaires éprouvent des difficultés à trouver de la place aux effectifs qui y sont orientés et qui dépassent, le plus souvent, leurs capacités d’accueil. Ainsi, trois semaines après la rentrée scolaire 2020-2021, plusieurs lycées publics et parapublics ont des difficultés à accueillir tous les détenteurs du Diplôme d’études fondamentales (DEF) qui y ont été orientés. Ces effectifs pléthoriques dépassent largement les capacités d’accueil de ces lycées. Cette situation est en train de devenir préjudiciable pour les intéressés. Le lycée du Centre culturel islamique de Hamdallaye, premier à être visité par notre équipe de reportage, a été créé en 1987 sous forme de Medersa. Cet établissement scolaire parapublic, géré par le Mali, en partenariat avec la Libye et les Émirats arabes unis, a démarré l’enseignement classique dans les lycées en 1994. Il compte deux classes de 10è année pour une capacité d’accueil de 120 élèves à ce niveau, (en raison de 60 élèves par classe). L’établissement s’est retrouvé, cette année, avec 400 nouveaux élèves orientés à repartir entre les deux 10è. Le proviseur de l’établissement, Sidiki Koné, a dit que sa direction a expliqué, par une correspondance administrative, au ministère de l’Éducation nationale son incapacité à contenir cette pléthore. Le ministère aurait fait la proposition d’octroyer deux classes supplémentaires de 10è année pour le compte de l’établissement, au sein du Groupe scolaire « Marie Diarra » de Hamdallaye, à quelques encablures des lieux. Selon le proviseur, cette alternative ne pourra pas régler la problématique puisque son établissement ne dispose pas suffisamment d’enseignants. Face à cette réalité, le département de l’Éducation nationale a été obligé de revenir sur cette proposition et de s’en tenir à l’orientation de seulement 120 élèves, conformément à la capacité d’accueil du lycée du Centre islamique. Le surplus a été réparti entre d’autres établissements publics et parapublics. Détail important, la scolarité est gratuite dans ce lycée au statut particulier. Mais l’État prend en charge la dotation des élèves qui y sont envoyés. Le lycée Prosper Kamara vit les mêmes difficultés. L’établissement dispose de 14 classes de 10è pour une capacité de 700 élèves. Mais, il a accueilli, dans un premier temps, 623 élèves nouvellement orientés. Le proviseur de cet établissement parapublic, Cléophas Dakouo, explique que ce nombre était dans les cordes du lycée puisqu’en deçà de ses capacités d’accueil. Pour lui, il est clair que compte tenu de la réputation de son établissement, certains parents d’élèves y ont fait transférer leur enfant. C’est dans ce cadre que le lycée Prosper Kamara a reçu 80 autres élèves, en plus des 150 redoublants des 10è années et d’autres cas de transfert en cours. Ce qui fait un effectif de 853 élèves à caser dans les 10é, en raison de 60 élèves par classe. Or, les normes de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) recommandent 45 élèves par classe. La gestion de cet effectif est donc un casse-tête pour l’établissement. Le lycée « Mammadou Sarr » dispose aussi de 14 classes de 10è année pour recevoir 895 admis au DEF. Tous les apprenants n’ont pu trouver de place du fait de l’insuffisance de tables-bancs. Ils ont été, finalement, regroupés dans les quatre salles des laboratoires physique-Chimie et de biologie. Ils partagent à 3 voire 4 élèves des chaises métalliques pour une personne et des tables en béton. Cet effectif ne prend pas en compte les 92 redoublants des 10è années. Avec 437 élèves nouvellement orientés par l’État, le lycée « Notre Dame du Niger», un établissement scolaire parapublic qui ne reçoit que des filles a aussi du mal à loger ses «bleues» dans ses 7 classes de 10è année. Trois élèves occupent un banc. Alors que les normes recommandent deux apprenants par banc. Covid-19 oblige. Le ministère de l’Éducation nationale a instruit de ramener ce ratio à un élève par table-banc, en cette période de pandémie, pour éviter une éventuelle propagation de la maladie à une certaine échelle. À la date du 8 février dernier, 87 élèves ont été transférés de plusieurs établissements scolaires parapublics et publics vers l’établissement. Le proviseur du lycée « Notre Dame du Niger », sœur Denise Kodio, explique que plusieurs détenteurs du DEF orientés dans d’autres lycées publics et privés souhaitent venir dans son lycée. De sources proches du ministère de l’Éducation nationale, la situation reste une épine dans le pied du département. Rappelons que 134.571 élèves réguliers déclarés définitivement admis au DEF ont été orientés cette année. Sur les 1.961 structures scolaires éligibles à recevoir des admis au DEF pour des études secondaires, on dénombre 109 écoles publiques et 1.852 établissements scolaires privés. SW/MD (AMAP)
Réformes politiques et institutionnelles : Le premier ministre exhorte au rassemblement
Bamako, 11 fév (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane, a souligné, mercredi, à Bamako, la nécessité du toilettage de certains textes législatifs, « dans l’inclusivité et la convergence », dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles. « Aujourd’hui, nous faisons honneur à la démocratie, celle qui se nourrit de dialogue et se fortifie dans la concertation. Aujourd’hui, nous célébrons la République, celle qui rime avec inclusivité et convergence », a déclaré le Premier ministre, au cours d’échanges directs avec la classe politique, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Le chef du gouvernement, Moctar Ouane, avait à ses côtés, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga et le secrétaire général du ministère de la Refondation de l’État, Abraham Bengaly. Pour M. Ouane, la classe politique a un rôle de premier plan dans la promotion de la jeune démocratie malienne et une place centrale dans les réformes politiques et institutionnelles « que nous attendons, tous, avec impatience ». Il a ajouté que « ces réformes ne sont pas un effet de mode, mais une nécessité, en raison de l’obsolescence de nos pratiques de tous les jours, dans le service rendu aux usagers ainsi que dans l’inadéquation entre nos actes et les espérances de nos concitoyens ». «Il n’est point besoin d’être grand clerc pour constater les limites objectives des textes qui nous gouvernent ainsi que les menaces qui pèsent sur les vertus qui guidaient nos relations sociales et nous valaient admiration et respect au-delà des mers et des océans», a dit le chef du gouvernement. À l’issue de la rencontre, le secrétaire général du Rassemblement pour le Mali (RPM), Me Baber Gano, a indiqué que le chef du gouvernement a voulu, à travers cet échange, recueillir le sentiment des partis politiques,. « mais aussi, engager cette discussion avec ceux-ci pour en tirer bénéfice dans le cadre de l’agenda de la Transition et surtout du plan d’actions qu’il souhaiterait présenter, très prochainement, devant le Conseil national de Transition (CNT) ». Pour sa part, le président de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ), le Pr Tiémoko Sangaré, a estimé que cette rencontre était une bonne occasion, car c’était le maillon manquant des démarches actuelles. Pour lui, les changements attendus doivent s’opérer sur deux plans : le plan institutionnel et le plan électoral. « Nous nous sommes engagés à l’accompagner, à l’appuyer », a dit M. Sangaré. « Les propositions qu’il dit avoir faites portent sur une révision constitutionnelle à minima. Il s’agit de changer dans la Constitution les éléments dont la transformation est indispensable pour permettre d’avoir des élections transparentes, crédibles, inclusives et incontestées », a-t-il indiqué. Le président du Parti pour la renaissance nationale (PARENA), Tiébilé Dramé, a jugé que la démarche du Premier ministre était un bon début de recherche de consensus, de dialogue, de concertation parce que le pays fait face à tellement de défis qui ne peuvent être abordés sans cela. Selon lui, les réformes politiques et institutionnelles sont extrêmement importantes pour l’avenir institutionnel et la stabilité du pays Quant au chef du gouvernement, il a salué l’esprit dans lequel « nous nous sommes retrouvés cet après-midi qui me permet de dire, au nom de tous les participants, à savoir le gouvernement et la classe politique, que la nécessité d’engager les réformes politiques et institutionnelles devrait se faire dans un esprit de rassemblement de tous les fils du pays ». Moctar Ouane dit avoir constaté l’engagement unanime de tous à soutenir la transition dans cette perspective. DD/MD (AMAP)

