Mali : le Mauritanien El-Ghassim Wane aux commandes de la MINUSMA
Bamako, 16 mars (AMAP) Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a annoncé, lundi, la nomination du Mauritanien El-Ghassim Wane en tant que nouveau représentant spécial et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). El-Ghassim Wane succède à Annadif Khatir Mahamat Saleh du Tchad, à qui le secrétaire général est “reconnaissant pour sa contribution inestimable aux efforts de paix et de réconciliation au Mali”. Il apporte 25 ans d’expérience dans la prévention des conflits, la médiation et le maintien de la paix, après avoir été chef de cabinet et conseiller principal du président de la Commission de l’Union africaine (UA) (2017-2019) et sous-secrétaire général des Nations unies aux opérations de maintien de la paix (2016-2017). Il a occupé plusieurs postes de direction au sein de l’UA, y compris en tant que directeur de la paix et de la sécurité de la Commission de l’UA et chef de la Division de la gestion des conflits, ayant contribué au développement de la stratégie et de la politique clés de l’UA en matière de prévention et de résolution des conflits et engagé dans la prévention, processus de médiation et de consolidation de la paix à travers le continent. Le nouveau patron de la MINUSMA a été professeur invité des affaires internationales à l’Université George Washington, a enseigné à Sciences Po Paris et a été chercheur principal invité à l’African Leadership Center, King’s College de Londres. Il est titulaire d’une maîtrise en droit public international et relations internationales et d’un diplôme de troisième cycle en études internationales et européennes des universités de Dakar (Sénégal) et de Lille II (France), respectivement. El-Ghassim Wane parle couramment le français et l’anglais. SS/MD (AMAP)
Pratiques coloniales: La déportation, l’internement et la mort de Aline Sitoé Diatta en 1944
Par Dr Ibrahim MAIGA Bamako, 16 mars (AMAP) A seulement 24 ans, le destin de Aline Sitoé Diatta s’est accompli à Tombouctou en 1944. Elle y avait été condamnée à purger une peine d’internement de dix ans. Elle n’a pas tenu un an, victime du scorbut. A Tombouctou, la mémoire locale n’a pas gardé d’elle beaucoup de souvenirs. Par contre, au Sénégal, le débat sur le rapatriement de ses restes est encore d’actualité dans un contexte où l’engagement mémoriel toise la lecture politique. Dans la mouvance du 8 Mars, nous vous proposons l’histoire de cette résistante à la domination coloniale. On en sait beaucoup sur Gbéhanzin, Samori, Chérif Hamahoullah, tous capturés et brandis comme des fauves de foire avant d’être déportés dans des territoires aux conditions climatiques rudes, en Martinique, en Guinée, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie, au Gabon, à Madagascar, au Soudan français… S’y ajoute le flot d’assignation à l’intérieur de chacun des territoires colonisés par la France, la grande nation des droits de l’Homme. C’était l’époque des « camps d’internement », des « camps d’enfermement administratif » et même des « camps de concentration » sous les tropiques, dans l’ombre de la deuxième guerre mondiale ! Aline Sitoé Diatta, elle, a été « affectée » au Soudan français. D’armes, elle n’avait que son intelligence. De munitions, elle n’avait que son charisme, et son verbe ! Elle n’a pas été jugée par un tribunal, car l’administration n’a jamais pu réunir contre elle des preuves. Elle a, cependant, été condamnée à un « internement administratif à titre préventif » parce que son engagement en faveur de l’autonomie et de la renaissance de son peuple dérangeait. Mue par une force intérieure propre à l’univers animiste des Diolas de la Casamance, Aline était tout simplement un leader. Elle avait des pouvoirs mystiques. Le lieutenant-colonel Sajous, commandant du cercle de Ziguinchor, à l’époque des faits, donne un portrait de Aline en ces termes : « Servie par le prestige d’avoir procuré aux Diolas un hivernage très pluvieux, gage d’une excellente récolte de riz et succédant à une année 1941 sèche, elle prescrivait à son entourage de féticheurs de ne pas obéir aux Blancs, de leur refuser les hommes pour le service militaire, de ne pas accepter les achats obligatoires de paddy, de ne pas entretenir les routes » (Archives d’outre-mer d’Aix-en-Provence, 14 MI 1835 2G 42, Rapport politique du Sénégal). Ce court extrait résume la volonté du colonisateur d’en finir avec elle. Ces propos seront confortés par Christian Roche, le dernier proviseur français du lycée de Ziguinchor, dans un article intitulé : « Chronique casamançaise. Le cercle de Ziguinchor au Sénégal pendant la guerre de 1939-1945 » (Revue des Outremers, revue d’histoire, 1986). D’après Roche, parce que justement Aline avait une aura et un discours nationaliste, qui débouchait sur une sorte de subversion, le lieutenant-colonel Sajous a décidé de « de frapper les imaginations ». Pour le militaire français, Aline Sitoé pouvait être considérée comme « l’inspiratrice des troubles ». Cette déduction était suffisante pour justifier qu’il se rende en mission dans la zone d’évolution de Aline. Il est d’une grande barbarie. Il tue, frappe et menace de mettre le feu à tous les villages. Pour couper court à cette barbarie qui s’abattait sur des innocents, Aline préfère se rendre. Roche précise que cet évènement a lieu le 31 janvier vers midi. « … la jeune prophétesse, appuyée sur des cannes en raison d’une infirmité congénitale, vint se livrer aux Français afin d’éviter toute effusion de sang », rapporte l’historien. Mais Sajous n’est pas content. Il veut humilier la nationaliste et la gifle. Captive désormais, elle prend la direction de Ziguinchor en même temps que certains de ses proches, entre 20 et 23 personnes. Elle sera condamnée à la déportation. Dans un premier temps, elle est à Kayes. Elle finira à Tombouctou. Pour Roche, Aline a été condamnée parce qu’elle tenait un « message religieux qui préconisait un retour au riz rouge, au lieu du riz blanc recommandé par les Français, par sa prédiction que les Blancs partiraient un jour… ». L’historien sénégalais Papis Comakha Fall qui a travaillé sur les mêmes faits « Automne-hiver 2020 » (page 19, n° 9-10), insiste sur le caractère pacifique de la lutte engagée par Aline Sitoé Diatta. Malgré tout, l’armée française avait décidé de la réduire au silence avec la consigne suivante : « faire respecter les ordres, arrêter les rebelles et mettre fin par la force, à toute tentative de rébellion jusqu’à la soumission complète ». (Télégramme lettre n° 31 adressée au gouverneur général de l’AOF, Saint Louis, 22 janvier 1943). Dès lors, les mobiles ne devaient plus être compliqués. Ils seront condensés en trois points : « mensonges, escroquerie et rébellion », en vertu de l’application d’un décret colonial datant du 15 novembre 1924. La volonté qui sous-tendait l’invocation de ce texte de tous les abus était qu’ « il importe au plus haut point pour le retour de la tranquillité dans le pays que la visionnaire Aline Sitoe Diatta et ses adeptes soient écartés pour longtemps des lieux où ils ont exercé leur emprise ». (Rapport d’ensemble tendant à faire interner la dame de Kabrousse, Aline Sitoe Diatta et ses principaux adeptes, 1943). L’autorité coloniale parle de la « rébellion d’Effok et des villages environnants qui croient, à la lettre, aux promesses que (Aline) leur avaient faites » (Archives Nationales du Sénégal, Rapport d’interrogatoire du 15 mars 1943). Elle est coupable donc. Sur la condamnation même de Aline Sitoé, nous n’avons pas trouvé meilleure source que Papis Fall. Il écrit que Aline Sitoe a été condamnée le 15 juin 1943, par un Arrêté général du Gouverneur. Le prononcé de son jugement précise qu’il s’agit d’une peine de « dix ans de réclusion à passer dans le cercle de Kayes ». (Procès-verbal d’interrogatoire du 15 mars 1943). On retrouve donc la trace de Aline à Kayes, mais pour quelques temps seulement. L’administration a soudainement pris la décision de durcir les conditions de détention de la prisonnière, en l’envoyant à Tombouctou. Le 27 août 1943, est pris l’arrêté qui fixe désormais son lieu de détention à Tombouctou. (Histoire d’Aline Sitoe : mourir à Tombouctou, Soleil, mardi 11 octobre 1983, p.2). On sait maintenant que le
Réformes institutionnelles et politiques : le comité d’orientation stratégique mis en place
Bamako, 16 mars (AMAP) Le Comité d’orientation stratégique sur les Réformes institutionnelles et politiques pour aider à corriger les dysfonctionnements de l’architecture politico-institutionnelle au Mali a été présenté, lundi, par le Premier ministre, Moctar Ouane, aux forces vives de la Nation, au Centre international de conférences de Bamako (CICB) . Sous l’autorité du Premier ministre, l’organe s’attèlera à définir le périmètre des réformes au regard du contexte et de la durée de la Transition, de formuler des recommandations sur la base des réformes identifiées par le Dialogue national inclusif (DNI) ainsi que les Journées de concertations nationales et de promouvoir l’esprit des réformes politiques et institutionnelles. Les acteurs politiques et sociaux disposent, désormais de ce cadre formel d’échanges avec le Premier ministre qui s’était engagé, en février dernier, lors de sa rencontre de prise de contact avec la classe politique, à instaurer ce cadre pour débattre des ambitions des autorités de la Transition en matière de reformes institutionnelles et politiques. Plusieurs leaders de partis et de regroupements politiques, de centrales syndicales, d’organisations de la société civile, ainsi que les responsables des mouvements signataires de l’Accord et des dignitaires religieux ont été témoins de l’avènement de ce comité qui devra contribuer à la mise en œuvre des réformes voulues par le peuple. Moctar Ouane a interprété leur présence en grand nombre, au-delà de la courtoisie républicaine, comme une capacité de dépassement des clivages et des appartenances politiques. Ce comité est une «réponse à votre pertinente proposition d’un cadre de concertation et d’échanges avec vous acteurs politiques et sociaux pour nourrir la réflexion du gouvernement et l’aider dans l’action», a déclaré le chef du gouvernement. Il s’est dit convaincu que cet organe constitue la « structure idoine pour réussir les réformes politiques et institutionnelles indispensables pour bâtir un Mali moderne ». Elle doit, en l’occurrence, aider à matérialiser les changements nécessaires à l’émergence du Mali nouveau. Cependant, M. Ouane a mis un bémol, soulignant que ce comité d’orientation stratégique n’est ni une panacée ni une baguette magique. « Et il ne sera, a-t-il ajouté, que ce que notre engagement patriotique, notre loyauté au Mali et notre volonté de bâtir une grande nation en feront». MISSIONS – Une note conceptuelle sur le comité précise ses objectifs, sa composition et ses modalités de fonctionnement. Il y est également rappelé que l’ambition de corriger les dysfonctionnements révélés par la pratique institutionnelle et démocratique au Mali n’est pas nouvelle. En effet, trois tentatives de réformes ont échoué, pour des raisons diverses. Dans l’approche, les autorités de la Transition se distinguent donc par la mise en place de ce comité, au sein duquel toutes les divergences pourraient être réglées. Selon la note conceptuelle, le comité, qui se veut un organe consultatif et inclusif, sera composé de représentants des formations politiques, des syndicats, des mouvements signataires de l’Accord, des organisations faîtières des femmes et des jeunes ainsi que des représentants des régions et des autorités coutumières et religieuses. Après consultations des différentes parties prenantes et sur leurs propositions, le Premier ministre va établir une liste nominative des membres. Les ministres chargés de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, de l’Économie et des Finances, de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, ainsi que le Délégué général aux élections en sont membres de droit. Le comité pourra se réunir, au moins, deux fois par mois, sous la présidence du Premier ministre. Et afin d’assurer son fonctionnement de façon efficace et efficiente, il sera composé de quatre groupes thématiques : «Réorganisation territoriale», «Cadre électoral», «Réforme constitutionnelle» et «Régionalisation». Chaque groupe sera dirigé par une personnalité politique ou civile membre du comité. Les groupes thématiques peuvent se réunir chaque fois que de besoin. Par ailleurs, la note précise que le comité va bénéficier de l’appui d’un secrétariat permanent, disposant d’un pool d’assistants. Les ressources nécessaires au fonctionnement du dispositif sont à la charge du budget national. Un appui pourrait être fourni par les partenaires techniques et financiers. Les personnalités dûment mandatées pour en être membres ne percevront pas de rémunération. Toutefois, des indemnités pourraient leur être accordées. Cette rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement. ID/MD (AMAP)
Mali : Deux soldats tués et huit blessés dans une embuscade à Tessit (Nord)
Bamako, 16 mars (AMAP) Deux soldats maliens engagés sur le théâtre Est, secteur 1 de l’opération Maliko ont trouvé la mort et huit autres ont été blessés, lundi, selon communiqué de l’Armée. La relève montante du poste de sécurité de Tessit, localité située à 55 km au Sud-Ouest d’Ansongo, Région de Gao (Nord), “a fait l’objet d’une embuscade tendue par des groupes armés terroristes aux environs de 13h30” entre Lellehoye et Tessit, précise l’armée. « Après de violents combats, le bilan fait état de deux morts et huit blessés côté FAMa », precise la même source qui ajoute que « les opérations de ratissage sont en cours dans le secteur ». “Les évacuations des blessés sont assurées par la Mission intégree multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA)”, conclue le communiqué publié sur le site internet de l’armée. MT/MD (AMAP)
Mali: Vingt nouveaux cas de Covid-19 et trois décès lundi
Bamako, 16 mars (AMAP) Les agents de santé maliens ont enregistré vingt nouvelles personnes atteintes du coronavirus, sur la base de 647 prélèvements effectués et trois décès, lundi, selon le communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. Au même moment, on note huit patients guéris au cours des dernières 24 heures, ajoute la même source. Il ressort du communiqué ministériel que les nouveaux malades du jour sont identifiés dans les Régions de Kayes (Ouest) et Koulikoro (près de la capitale), ainsi que dans les six Communes du District de Bamako. Au total, le Mali compte, à ce jour, 8.933 cas positifs de Covid-19 sur lesquels on note 6.511 patients guéris contre 363 décès. AT/MD (AMAP)
Le ministre en charge des Transports insiste sur le paiement de la redevance péage par passage
Bamako, 15 mars (AMAP) Le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, a réitéré, samedi, l’exigence du paiement de la redevance péage par passage et invité tous les assujettis à s’acquitter de leur devoir. S’exprimant en marge de sa visite des travaux de réhabilitation et de renforcement du tronçon Kati-Didiéni, sur 150 km, il a indiqué que dans tous les pays du monde, il existe, aujourd’hui, deux sources de revenus pour l’entretien routier. «La première, c’est la redevance des produits pétroliers. Tout litre consommé doit être payé pour entretenir la route. La seconde ressource, c’est le péage. La politique d’entretien routier est basée sur la commercialisation de la route. C’est-à-dire la route nous rend un service, en retour, il nous faut payer ce service rendu. Chacun de nous doit le faire», a argumenté le ministre Dabo, qui s’est acquitté de ses droits au poste de péage de Kati, près de Bamako. «C’est une règle internationale, africaine et communautaire. Les ressources collectées à partir de ces péages sont utilisées pour entretenir nos routes et tout le monde a le souci d’avoir des routes de qualité. Ces ressources sont prévues dans les textes organiques et de création de l’Autorité routière», a précisé le ministre en charge des Transports. Le ministre Dabo a rappelé qu’aujourd’hui, «le parc automobile du Mali compte 500.000 véhicules, tous assujettis au payement de la redevance de péage, à l’exception de trois catégories : les convois militaires, les corbillards et les ambulances». Il a aussi rappelé que le payement se fait par passage. BBC/MD (AMAP)
Chantier Kati-Didiéni : L’exigence de qualité
Bamako, 15 mars (AMAP) Les travaux de réhabilitation et de renforcement du tronçon Kati-Didiéni, sur 150 km, avancent normalement, a constaté, samedi, le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, qui a effectué une visite partie du poste de péage de Kati. Cette route a une épaisseur de 14 cm (9 cm pour la couche de base en grave de bitume sur toute la plateforme et le revêtement en béton bitumineux est de 5 cm d’épaisseur pour la chaussée). Le ministre a apprécié la qualité des travaux qui, selon lui, répondent aux standards internationaux et qui permettront au corridor Bamako-Dakar, par le Nord, de résister pendant plusieurs années sans entretien. «Je repars à Bamako satisfait. Cette route est en train d’être construite selon les standards internationaux. La qualité des travaux que j’ai vue me rassure. Le chantier est bien approvisionné en matériaux», s’est-il réjoui. Exhortant l’entreprise à persévérer dans cette dynamique, le ministre Dabo s’est montré très regardant sur la qualité des travaux, conformément à la vision préconisée par les autorités. «Depuis l’adoption de la Politique en matière des infrastructures de transports et de désenclavement, en octobre 2015, nous avons dit que toutes les routes vont être, dorénavant, construites selon les normes internationales, afin de faire 15 à 20 ans sans être entretenues», a rappelé le chef du département en charge des Transports, avant d’inviter l’entreprise à rattraper rapidement le retard constaté. «Le retard est dû au montage du projet initialement prévu pour un délai de 30 mois, mais compte tenu de l’état de dégradation très avancé de la route en son temps, nous avons procédé, assez rapidement, à un entretien lourd. Ce qui a fait qu’au lieu de 30 mois, les travaux vont durer 42 mois», a expliqué Makan Fily Dabo. L’entreprise «Sogea Satom» s’est engagée à respecter le délai contractuel, avant de corroborer la thèse soutenue par le ministre. «Le projet a démarré en 2018, nous avons passé 14 mois à travailler pour rendre la route carrossable, afin d’assurer le confort des usagers. C’est après cet entretien lourd qu’on a démarré réellement les travaux qui vont prendre fin en mai 2022», a promis Mahamadou Sacko, responsable de l’entreprise «Sogea Satom», précisant qu’il est possible de finir en avril, si les efforts financiers fournis jusque-là par l’Etat se poursuivaient. L’objectif de ce projet est de réhabiliter, renforcer et améliorer le niveau du service sur le tronçon Kati-Didiéni. Tout en œuvrant pour la réduction de la pauvreté par l’acheminement des productions agricoles des populations riveraines vers les centres urbains. Il vise, entre autres, à assurer la continuité du trafic sur le corridor Bamako-Dakar, par le Nord, réduire le délai et le coût du transport mais, aussi, les accidents de la route. BBC/MD (AMAP)
Le G5 Sahel plaide pour une restructuration totale de la dette de ses pays membres
Bamako, 15 mars (AMAP) Les cinq pays membres du G5 Sahel appellent à une restructuration profonde de leur dette afin de leur permettre de continuer à répondre aux attentes urgentes et légitimes de leurs populations, en matière de sécurité et de développement. Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad ont exprimé cette demande, dans un rapport dévoilé, vendredi, à Abidjan, lors d’une cérémonie virtuelle marquee, notamment, par des échanges de haut niveau entre le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Akinwumi A. Adesina, et le prix Nobel d’économie, Pr Joseph Stiglitz. Dans une déclaration adoptée, après leur 7e Sommet des 15 et 16 février 2021. à N’Djamena, la capitale du Tchad, les cinq pays sahéliens estiment que le moratoire sur la dette des pays les plus pauvres décidé, en avril 2020, par le G20 n’est pas suffisant. « Les chefs d’État du G5 Sahel, préoccupés quant à la capacité des pays d’Afrique subsaharienne à supporter le poids de leur dette en raison des conséquences de la pandémie de Covid-19 et du poids des dépenses sécuritaires, appellent à la mobilisation de toutes les parties prenantes pour une restructuration profonde de la dette des pays du G5 Sahel », insiste la déclaration ad hoc sur la dette. Les pays du G5 Sahel consacrent entre 17 et 30% de leur budget aux dépenses militaires et sécuritaires, fait remarquer la Déclaration. Partenaire stratégique des pays du G5 Sahel et première institution de financement du développement en Afrique, la BAD a consacré, cette année, son rapport phare, « Perspectives économiques en Afrique 2021 » à la question de l’endettement sur le thème « De la résolution de la dette à la croissance économique : une feuille de route pour l’Afrique ». De nombreux enjeux tels la reprise économique post-Covid-19, les systèmes de gouvernance économique en Afrique et la gestion prudente de la dette ont été abordés par le président Adesina et le Pr Stiglitz auxquels se sont joints, lors d’un panel, Lesetja Kganyago, gouverneur de la Banque centrale d’Afrique du Sud, Ernest Kwamina Yedu Addison, gouverneur de la Banque centrale du Ghana, Aia Eza Nacilia Gomes da Silva, secrétaire d’État au Budget et aux Investissements publics de l’Angola ainsi que Masood Ahmed, président du Centre for Global Development. Le rapport Perspectives économiques en Afrique dresse, chaque année, un état des lieux de l’économie africaine et fait des développements sur les forces et faiblesses de chacune des cinq régions du continent : Afrique australe, Afrique centrale, Afrique de l’Est, Afrique du Nord et Afrique de l’Ouest. Cette publication emblématique de la BAD dissèque, à travers une fiche-pays, la situation économique de chacun des 54 pays membres régionaux. La publication annuelle des Perspectives économiques en Afrique est très attendue par les États, le monde universitaire, les milieux d’affaires et les partenaires au développement, qui y voient une solide référence en matière d’analyse et de mise en perspective des économies africaines. SS/MD (AMAP)
Affaire des « bérets rouges » : Arrêt des poursuites contre Amadou Aya Sanogo et ses 12 coaccusés
Bamako, 15 mars (AMAP) La Cour d’assises de Bamako a ordonné, lundi, l’arrêt des poursuites contre le général Amadou Aya Sanogo et ces 12 coaccusés, dans le procès dit de « l’assassinat des 21 bérets rouges ». Cela ne veut pas dire qu’ils sont déclarés innocents ou acquittés mais qu’il n’y aura plus de procès, a indiqué la Cour dont la décision est motivée par l’application de la Loi d’entente nationale. Cette loi adoptée, en 2019, par l’Assemblée nationale et promulguée par l’ancien régime, permet, dans le cadre de la réconciliation, d’arrêter, dans certains cas, des poursuites contre des personnes accusées de crimes contre, notamment, le dédommagement des victimes ou leurs ayants droit, pendant la crise de 2012. Le président de la Cour a, également, fait référence à un accord de dédommagement conclu entre l’État et les parties civiles, à travers l’Association des parents des victimes des 21 bérets rouges « arrêtés puis assassinés », dont les corps ont été découverts dans une fausse commune près du village de Diago, à quelques kilomètres de Bamako, la capitale malienne. Toutefois, les parties disposent de 72 heures pour se pourvoir en cassation devant la Chambre criminelle de la Cour suprême, en cas d’opposition à cette décision de la Cour. Les accusés ont bénéficié, depuis un an, de la liberté provisoire après avoir passé six années en détention préventive. AT/MD (AMAP)
Mali: Sur les notes du balafon minianka à Bla (Centre)
Par Moussa OUERE Bla, 15 mars (AMAP) Le balafon des communautés Minianka (Minianka bala) a son icône dans la Commune de Somasso, à 25 km de Bla, dans le Centre du Mali. Il s’agit de Zagan Dao dit Zampèrè, grand balafoniste traditionnel de la Région de Ségou, après feu Dougakoro Diarra de Sinèni. Natif de Somasso, Zampèrè, un quinquagénaire marié à deux femmes et père de neuf enfants, a hérité le balafon de son défunt père. « J’ai appris le balafon avec mon père, aujourd’hui décédé. Je suis devenu le roi du balafon traditionnel dans la Région de Ségou, après le décès de mon grand frère. J’ai plus de trente ans de carrière comme balafoniste », dit fièrement Zampèrè, Zagan Dao nous révèle que son surnom ‘Zampèrè’ que lui a été donné sa grand-mère a supplanté son vrai nom de Seydou après qu’il a été converti à l’islam. « J’étais très petit et très mince, c’est pour cela que ma grand-mère m’appelait Zampèrè, en Minianka. Certains m’appellent Zampèrè, d’autres Seydou », dit-il. « Depuis mes dix ans, j’imitais mes parents à jouer le balafon. Quand les autres travaillaient sur le balafon, moi, j’utilisais de vieilles jantes de vélos que j’alignais sur mes pieds pour reproduire des rythmes du balafon », se souvient Zampèrè. Le balafon, également appelé bala ou balani est un instrument de percussion idiophone mélodique que l’on retrouve dans plusieurs régions de l’Afrique. L’instrument produit seize à vingt-sept notes à travers des lames de bois que l’on percute avec des baguettes et dont le son est amplifié par des calebasses disposées en dessous. C’est une sorte de xylophone, pentatonique ou heptatonique. On retrouve le balafon dans beaucoup de pays d’Afrique tels que le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Guinée. Au Mali, il y a différents sortes de balafon : le balafon des communautés Miniankas, Sénoufos, Bobos et Malinkés. En milieu Minianka, le balafon est présenté comme l’instrument de musique le plus « diabolique ». N’importe qui ne peut devenir un grand et populaire balafoniste, sans avoir certains pouvoirs occultes. Le balafon contribue beaucoup à la consolidation de la cohésion sociale et à l’intégration des communautés dans les Régions de Ségou, San (Centre) et Sikasso (Sud). C’est un instrument qui rassemble du monde dans toutes ces régions. « Je suis cultivateur, mais tous mes revenus et biens, aujourd’hui, proviennent du balafon », dit-il avant d’ajouter qu’au village, on ne peut s’adonner uniquement à un seul métier ou travail. « On est obligé de suivre les ancêtres dans la culture de la terre, sinon le balafon est mon activité principale », poursuit le musicien qui estime que cet instrument de musique peut nourrir son homme. « Mais, prévenir vaut mieux que guérir », conseille-t-il. « Je joue avec un balafon de dix-neuf lames de bois percutées avec des baguettes qui produit plus de vingt-sept notes. Ce balafon des communautés Minianka est notre histoire, notre identité culturelle c’est pour cela que je tiens à garder toujours la même gamme traditionnelle Minianka. » « J’achetais le balafon avec les fabricants, comme mes prédécesseurs l’ont fait (mes grand-père, père et grand frère). Mais, après avoir accumulé une bonne expérience dans le domaine et mes recherches très approfondies, à travers le monde et auprès de personnes plus âgées, moi-même je fabrique le balafon, aujourd’hui », dit Zampèrè. En fait, il n’est pas donné à n’importe qui de fabriquer un balafon qui donne un bon son. « Il y a beaucoup de choses sécrètes pour y parvenir », dit l’artiste, plus énigmatique que jamais. Et d’ajouter : « Etre le roi du balafon, aussi, dans une localité n’est pas fortuit. Cependant, je suis toujours un apprenant, car on ne finit pas d’apprendre ». Zampèrè dirige une équipe de dix personnes composée de danseurs, chanteurs et balafonistes. « Auparavant, on se déplaçait sur des motos. Aujourd’hui, j’ai eu un véhicule 4×4, don d’une personne de bonne volonté. Mon fils ainé me suit, pas à pas, pour me dépasser, un jour…’, dit encore notre interlocuteur. Du début de sa carrière à nos jours, il a sillonné toutes les dix-sept communes du Cercle de Bla à maintes reprises. « Nous avons été appelés à jouer en dehors du Mali, en Côte d’Ivoire et dans beaucoup de localités au Mali, comme Bamako, Sikasso, Ségou, lors des fêtes nationales du 22 septembre à Bla,. « Nous nous produisons lors de cérémonies traditionnelles et aussi culturelles à l’image du Nampou de Diaramana, Bèlèni de Somasso, de festivals comme le Festrako de Korodougou Nampasso, lors de cérémonies de mariage, baptême, etc.) ou encore des inaugurations, etc. MO/MD (AMAP)

