Choguel Kokalla Maïga : « Il faut ramener la Transition sur le droit chemin »

Entretien réalisé par Oumar DIAKITE Choguel Kokalla Maïga, le président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), président par intérim du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), présidé par Soumaila Cissé et, enfin le président du comité stratégique du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) nous a accordé un entretien sur le démarrage de la transition en cours au Mali. Comment comptez-vous influencer la transition sachant bien que vous n’êtes plus représentés, officiellement, dans aucune structure de cette période transitoire ? Choguel Kokalla Maïga : La transition, nous l’avons dit et nous continuons à le dire, c’est l’enfant du M5-RFP. Votre enfant, ce n’est pas parce qu’il se comporte d’une manière qui n’est pas satisfaisante que l’abandonniez. Notre combat, c’est d’amener la transition sur la voie du véritable changement. Sur la voie pour laquelle les Maliens se sont battus et d’autres y ont laissé leur vie. Malheureusement, ce que nous constatons est que les officiers, qui ont parachevé le travail du M5-RFP, comme ils l’ont dit eux-mêmes, au lieu d’une transition politique civile qu’ils ont annoncée, le 18 août dernier, au soir de la démission du président de la République, sont en train d’installer une transition militaire. Vous avez, aujourd’hui, deux militaires à la tête de l’Exécutif, les postes clés du gouvernement sont détenus par les militaires. Les 80% des autres postes sont détenus par les parents, les amis, cousins, les tontons, les copains des militaires. Donc, des gens qui sont désignés sans aucun critère objectif. Ce qui fait qu’aujourd’hui l’institution exécutive est prise en otage par les militaires. Même le Premier ministre, qui est civil, c’est eux qui l’ont nommé. Sur la nomination du président de la transition, qui est un homme respecté au Mali, ils n’ont eu aucun problème avec le M5-RFP. Mais, ils l’ont nommé dans des conditions assez troubles. Ce qui le fragilise inutilement. Donc, le président de la transition, l’essentiel du gouvernement et, aujourd’hui, nous constatons que tous les membres du Conseil national de la transition (CNT) ont été nommés par les militaires. Ce qui est un paradoxe, du point de vue de l’organisation de l’Etat. Le CNT a vocation à remplacer l’Assemblée nationale. Son rôle principal, c’est de voter les lois et contrôler l’action du gouvernement. Comment un gouvernement peut nommer des gens qui vont siéger dans une institution dont le rôle est de contrôler son travail ? Nous n’avons jamais vu ça ! Le principe élémentaire de la séparation des pouvoirs voudrait que les membres du CNT soient choisis autrement. Et non pas par les membres du gouvernement qui se réunissent pour choisir ceux qu’ils veulent. Il y a, aussi, la Charte de la transition dont nous avons contesté, en son temps, le mode d’adoption et qui a eu six versions. La version que nous avons discutée avec les militaires à Kati a été falsifiée pour être suggérée aux concertations nationales. Celle qui est sortie des concertations nationales a été falsifiée pour être présentée à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Celle, qui a été présentée pour la prestation des serments du président et du vice-président, a été falsifiée pour sortir une autre version publiée au Journal officiel. La version publiée au Journal officiel indique clairement que le CNT est formé à partir d’entités limitativement déterminées dans un décret. Aujourd’hui, nous constatons que tous ceux qui siègent au Conseil national de la transition, dans leur écrasante majorité, n’ont été désignés par aucune entité. Cela veut dire que c’est les militaires qui les ont appelés pour les nommer. Ils ont choisi, eux-mêmes, les gens qui vont siéger dans une Assemblée dont le rôle est de contrôler leur travail. Ça frise le ridicule. C’est vraiment une humiliation pour notre pays que de présenter une telle caricature. C’est pour cela que nous avons dit que le décret qui institue les membres du CNT est un décret pris sur une base illégale et illégitime. Je ne conteste pas la qualité de certaines personnalités qui ont une notoriété (des artistes, des hommes des arts) et, même, certains membres du M5-RFP) qui ont décidé, à titre individuel, de se confier aux militaires pour se retrouver dans le CNT. Mais, pour le reste, ce sont des gens qui ont été choisis sur des bases illégales. Donc, le CNT s’est installé dans l’illégalité, dans l’illégitimité. Imaginez que ce soit cette institution qui va voter des lois de la République. Cela veut dire que les lois qui seront votées n’auront aucune base légale, ni légitime. On n’a pas besoin d’être un agrégé de droit pour le savoir. C’est pour cela que le M5-RFP a envisagé d’attaquer ce décret devant les juridictions compétentes. Où en êtes-vous avec cette procédure d’attaquer juridiquement le décret de nomination des membres du CNT ?  Choguel Kokalla Maïga : Nous allons réunir nos avocats pour prendre conseil auprès d’eux. Nous allons examiner, aussi, la dimension politique avant de trancher juridiquement. Aujourd’hui, nous allons finaliser un document intitulé : « Notre vision de la transition » qui sera rendu public dans les jours à venir. Dans ce document, parmi les mesures pour imposer une inflexion de la trajectoire de la transition, il y a les aspects de droit, les aspects politiques, les aspects de mobilisation populaire, les aspects de campagnes politiques, à travers tout le Mali. Parce que nous ne pouvons pas accepter de nous battre contre un régime, contre des pratiques en y laissant la vie de beaucoup de jeunes et que ce combat soit confisqué par un groupe de militaires, fussent-ils ceux qui ont parachevé le travail du peuple, sans concertation avec le peuple. Tous les problèmes que ces militaires ont, aujourd’hui, toutes les difficultés d’ordre institutionnel, politique, auraient pu trouver une solution dans une collaboration loyale et juste entre les forces du changement, dans des décisions entre partenaires, pour mettre en œuvre ce pourquoi les Maliens se sont battus. Malheureusement, nous avons constaté que nous n’avons pas la même conception du changement. Je crois que c’est beaucoup plus la lutte pour les places qui intéresse les

Gestes barrières contre la Covid-19 : La défiance généralisée

Par Maïmouna SOW Bamako, 09 Déc (AMAP)  «Batôma ! Qui a ouvert ma bouteille d’eau ? Personne ne touche à ma bouteille, c’est compris ?» Et la porte du salon claqua violemment. Nous sommes à Yirimadjo, dans une paisible famille où vivent Mariam et sa mère. Depuis que la Covid-19 s’est introduite au Mali, Mariam, étudiante, est intraitable sur le respect des gestes barrières. Mais on ne peut en dire autant de sa mère, Awa Diallo. La quinquagénaire ne croit pas beaucoup à tout ce qu’on dit sur cette maladie qui sème la mort et la désolation dans le monde. Conséquence : la maison est maintenant divisée en partisans et non partisans des gestes barrières, seuls remèdes pour le moment. Apparu, il y a bientôt un an, ce virus continue de faire des dégâts dans le monde. En attendant l’utilisation des vaccins, les spécialistes sont unanimes sur une seule solution : prendre des précautions pour se prémunir contre la maladie. Ce qui semble impossible au Mali, à cause de multiples facteurs. A une vitesse extraordinaire de contagion, la pandémie de Covid-19 a semé la panique à travers le monde. Cette capacité du virus à attaquer les gens et, très souvent, à les tuer soudainement, a porté un rude coup à la convivialité et la proximité sociales, La distanciation, justement sociale, exclue les accueils chaleureux. La façon de se saluer, de marcher dans les rues, de travailler en groupe ou d’habiter dans la même cour est bouleversée. PROTECTION – Il est, ainsi, conseillé de se laver les mains, régulièrement, au savon, de tousser dans les coudes, d’éternuer dans un mouchard à usage unique, de porter un masque. Ces mesures de protection, appelées gestes barrières, défilent en boucle sur les médias. Malheureusement, beaucoup de nos concitoyens ne semblent ou ne veulent pas les adopter. Nos pratiques, surtout sociales, mais aussi sanitaires et d’hygiène n’ont pas changé. De la vieille génération à la récente, beaucoup font fi de ces mesures barrières et pensent à une « duperie des autorités ». La vox (rumeur) populi a même insinué que la Covid est un subterfuge de nos gouvernements pour obtenir des aides des partenaires au développement !!!  La théorie du complot est passée par là. Assise à même le sol, la mère de Mariam, dont la mobilité est réduite du fait de son âge avancé, suit le ballet incessant de clients de jus de bissap et de glaces qu’elle vend. Une grande partie des clients sont des enfants. Une grande jarre est installée dans un coin de la cour de la maison. Les enfants viennent habituellement étancher leur soif. Mais à cause de la Covid-19, l’étudiante Mariam veut que cette installation soit retirée de la cour. Mais sa maman, la vieille Awa, s’y oppose. La dispute est permanente entre mère et fille. « Je ne vais pas utiliser le même gobelet que ces dizaines de personnes, surtout par les temps qui courent. Je ne veux pas être contaminée. Je ne touche plus à l’eau du canari. Je remplis mes bouteilles que j’utilise pendant la journée », confie la jeune fille. Sa mère pense que le « Coronavirus ne peut se transmettre que par l’argent qui circule de main à main ». Il est hors de question de retirer le canari de la maison. Elle est, aussi, contre le fait de laver le gobelet, chaque fois, que quelqu’un l’utilise. Elle croit que cet acte hygiénique traduit un mépris des autres. La vieille mère soutient qu’un canari rempli d’eau est source de bénédiction et de miséricorde. Chaque famille doit en avoir. « Dieu seul sait votre mérite du fait que des personnes inconnues viennent étancher leur soif dans ce canari», insiste-t-elle. Elle tient, particulièrement, à ce que son canari soit lavé chaque matin et rempli d’eau potable. INSOUCIANT – Ladji a passé au Bac, cette année. En attendant la reprise des cours, il a ouvert un atelier de blanchissage devant lequel il vend du café et des omelettes, jusque tard dans la nuit. Beaucoup de jeunes viennent prendre le thé avec lui. Eux, les mesures de protection contre la Covid sont le cadet de leurs soucis. Certains s’assoient à deux sur une chaise. Ils boivent le thé dans le même verre qui passe de main a main, et à tour de rôle. Pourquoi ne respectent-ils pas les mesures barrières ? Ils répondent, tout simplement, qu’ils ne croient pas à l’existence de cette maladie et aux dangers qui y sont liés. D’après ces adolescents, la Covid-19 est un moyen pour l’Etat de se faire de l’argent auprès des partenaires. « On n’a vu personne atteinte de Coronavirus ici. Le gouvernement fait la campagne sur cette pandémie à travers les médias pour avoir de l’aide », croit fermement le chef de « grin » (groupe d’amis). Son ami conforte sa thèse. Il pense que si le Coronavirus existe réellement, il ne peut atteindre les Africains. « Sinon, nous serions tous morts à l’heure qu’il est », lance-t-il. Faut-il continuer à utiliser les jarres dans nos maisons, avoir des plats communs, se partager les mêmes verres de thé, les mêmes habits ou chaussures, dormir dans le même lit ? Dr Diallo Djénéba Téra, du Centre de santé communautaire (CSCOM) de la Commune III, à Bamako, explique qu’à l’origine d’une maladie infectieuse, on trouve des microbes, des virus, des bactéries, des parasites, des mycoses, etc… « Ces infections sont des invasions d’un agent pathogène qui s’y multiplie et peut se transmettre d’une personne à une autre ou de l’animal à l’homme, comme dans le cas du Coronavirus. Ces agents pathogènes peuvent vivre, pendant des heures, dans l’air et sur la surface des objets que l’on utilise quotidiennement », dit la praticienne. Selon le médecin, les objets comme le canari public, le gobelet, le verre à boire, les habits, les chaussures sont des vecteurs de transmission du virus par la voie respiratoire, le nez et la bouche. Les symptômes de la maladie à Covid-19 sont une fièvre élevée, des frissons, des courbatures, des douleurs intenses dans le dos ou dans l’abdomen ou des vomissements. « La meilleure manière

Doïla : La promotion de la paix, la stabilité et la prévention des conflits au centre d’un atelier

Doïla, 9 décembre (AMAP) Un atelier sur la promotion de la paix, la stabilité et la prévention des conflits, destiné à une soixantaine de dirigeants d’associations de femmes et de jeunes, a pris fin mardi à Doïla, sous la présidence du secrétaire général du conseil de Cercle, Makan Sissoko, a constaté l’AMAP. Financé par Plan international Mali, le ministère des affaires étrangères du Danemark et l’ONG Asdap/Yewa, l’atelier s’est penché sur les mécanismes de prévention et de réponse aux crises existantes. M. Makan Sissoko, qui a remercié les partenaires pour leur accompagnement dans la gestion de la crise au Mali, a saisi l’occasion pour inviter les participants à mieux comprendre les notions de la promotion de la paix, de stabilité et de prévention des conflits, afin de les restituer aux communautés pour la stabilité dans notre pays. Le représentant de l’ONG Asdap/Yewa, Bouba Djire,  qui a salué l’accompagnement des partenaires, a  précisé que cette activité vise à cultiver la paix au Mali. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence des représentants de l’administration, des responsables des services techniques, des élus locaux et des représentants de la société civile. DF/KM (AMAP)

Mali : 149 nouveaux cas de Covid-19 et 05 décès, mardi

Bamako, 09 Déc (AMAP) Les agents de santé maliens ont dépisté, mardi 08 décembre, 149 nouveaux cas de Covid-19, déclaré 39 patients guéris et 05 décès, annonce un communiqué du ministère en charge de la santé. Bamako, la capitale, constitue l’épicentre de la maladie, avec plus d’une centaine de cas. A l’intérieur du pays, Kayes (Ouest), Koulikoro (proche de Bamako), Gao et Kidal, dans le Nord ont, aussi, connu des cas confirmés, selon les services de santé. À la date du mardi 08 décembre, le Mali enregistre un total de 5.442 cas positifs de Covid-19, 3.439 malades rétablis et 180 décès. AT/MD (AMAP)

Goma Coura k23 : Trois exploitants agricoles tués, deux blessés et un disparu (source locale)

Niono, 08 Déc (AMAP) Une attaque d’hommes armés a fait, dimanche, trois morts, deux blessés et un disparu parmi des exploitants agricoles qui voulaient récolter leur champ, dans le village de Goma Coura k23, dans la Commune rurale de Dogofry (Centre), a appris l’AMAP de source locale Selon un élu local, les victimes ont été attaquées, dans les champs par des bandits armés, Après cette attaque meurtrière, la population demande, de plus en plus, à l’Armée de jouer son rôle de protection des personnes et des biens. Selon notre source, des chefs militaires ont été sollicités pour la protection des exploitants agricoles en cette période de récolte. Le niveau de l’insécurité qui prévaut dans le cercle de Niono, en général, et la zone de Kouroumari, en particulier, inquiète les exploitants agricoles de l’Office du Niger qui mène six mois d’activités dans leur champ dont ils ne peuvent plus faire la récolte des champs, Le village de Farabougou, encerclé depuis plusieurs mois par de présumés djihadistes, a reçu les dons promis aux populations lors du Forum de la paix à Niono, il y a un mois. MS/MD (AMAP)  

Gao : L’âne, utile, précieux et rentable

Par Abdourhamane TOURE Gao, 08 Déc (AMAP) Si dans de nombreux pays industrialisés, où l’âne a pratiquement disparu comme moyen de transport, la traction animale est devenue anecdotique, cet animal a encore de beaux jours devant lui dans les pays en développement, comme le Mali, où il demeure un porteur sûr, fort et efficace, parfois pour la survie de familles entières. Ici, l’histoire de l’âne, comme le cheval, est intimement liée à la vie des populations de la contrée. L’animal a été, très tôt, utilisé pour le transport des individus et de leurs biens. Sa domestication a permis aux hommes de s’affranchir de la vie sédentaire et de favoriser les échanges et le commerce. Dans ces régions, chaque famille sédentaire ou nomade possède un à deux ânes qui jouent un rôle important pour le chef de famille. Abdou Assagaïdou est un vendeur d’ânes sur le marché de Wabaria. Depuis plus de 10 ans, il exerce ce métier. « Avant, quel que soit l’état de l’âne, son prix ne pouvait dépasser 35.000 Fcfa. Mais aujourd’hui, sur le marché de Wabaria, l’âne atteint facilement 75.000 Fcfa par tête. Parce que des étrangers viennent faire leur marché ici, pour ensuite revendre les animaux au Niger et au Burkina Faso. Souvent, je peux vendre 30 à 40 têtes, par jour, à raison de 75.000 Fcfa par bête », a déclaré Abdou Assagaïdou. Il est loin le temps où l’âne n’avait pas de valeur. De nos jours, son prix a grimpé par apport à d’autres animaux, notamment la chèvre. Sur le marché de Wabaria, les variations à la hausse  du prix d’un spécimen (50.000, 60.000, jusqu’à 75.000 Fcfa) expliquent cette évolution. Des acheteurs maliens, qui viennent au marché de Wabaria, utilisent l’âne pour plusieurs activités, par exemple les travaux champêtres. Dans le Sud du Mali, on travaille beaucoup plus avec les ânes que le Nord du pays. Cet état de fait entraine le prix de l’animal, à la hausse, parfois de façon subite. Moussa, que nous avons rencontré sur le marché à bétail de Wabaria, est propriétaire de deux ânes mais ce jour-là, il était venu au marché pour vendre ses deux bêtes. Il les a achetés, en 2004, à 80.000 Fcfa les deux soit 40.000 Fcfa chaque bête. Mais à l’approche de la crue, il revend ses ânes. Parce que, selon lui, son travail, c’est de transporter de l’argile dans les champs durant la décrue, pour 2.500 à 5.000 Fcfa par charrette et en fonction de la distance. Moussa est affirmatif : c’est grâce à l’effort de ses ânes qu’il a pu économiser pour se marier. Aboubacar Yoro est vendeur d’ânes au marché de Wabaria, depuis 15 ans. « Tous les animaux sont utiles mais l’âne l’est plus que les autres », dit-il. Parce que, selon Aboubacar, en brousse, l’éleveur qui n’a pas d’âne ne pourra pas faire abreuver son troupeau. Dans le cadre de l’élevage, l’utilité de l’âne est multiple. Parmi lesquels, on peut citer le transport des éleveurs d’un site à un autre, l’exhaure des puits très profonds. Ismaguel Ag Aljoumagat est un pionnier de la traction par l’âne dans la Région de Gao. Selon lui, depuis le temps du premier président, Modibo Keita, à l’époque de sa petite enfance, à aujourd’hui, il n’a connu aucun autre métier. Pour lui, l’âne est « le véhicule du pauvre ». Il a acheté son premier âne à 2.000 Francs maliens (FM). C’était au temps de Modibo Keita. C’est, d’ailleurs, sous ce régime que le prix de l’âne a grimpé de 2.000 pour atteindre 4.000 FM. « Avec le régime de Moussa Traoré, il y a eu un peu de variations sur le prix des ânes. L’âne était vendu de 10.000 à 15.000 Fcfa. Mais la valeur marchande de l’animal n’a véritablement connu une hausse que sous le régime de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita. Le prix de l’âne, sur le marché de Gao, a alors varié de 45.000 à 50.000 Fcfa. En ce moment, pour avoir un âne bien portant, il faut débourser 75 000fcfa », raconte Ismaguel Ag Aljoumagat. Pour lui, l’âne est un équipement pour les pauvres parce qu’il permet de faire tout ce qui vous vient en tête. Sauf que, s’il meurt, on ne peut pas consommer sa viande. Le directeur régional de la production industrielle animale de Gao, Aboubacar Abba Maiga, indique qu’en 2020, ses services ont enregistré 220.746 ânes dans la Région de Gao. L’exportation de l’âne n’a pas atteint des proportions importantes mais, il y a un petit nombre qui va vers les pays côtiers. Dans certaines zones pastorales, on peut retrouver des ânes à l’état sauvage et qui se reproduisent en brousse. Au Mali, où elle opère depuis 1996, la Société pour la protection des animaux à l’étranger (Sapana-Mali) est une antenne de l’Ong britannique créée, en 1923, par Kate Hosali et sa fille Nina. Son but est de dispenser des soins vétérinaires aux équidés appartenant à des personnes démunies. AT/MD (AMAP)

Alliance Smart Africa : Un marché numérique en perspective

Bamako, 08 Déc (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a pris part lundi après-midi par visioconférence à la 9è réunion du Conseil d’administration de l’Alliance Smart Africa qui a réuni des chefs d’État et de gouvernement de pays membres de l’Alliance, du secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT), Houlin Zhao, de la commissaire en charge des TIC à l’Union africaine (UA). Les participants se sont penchés, entre autres, sur la réponse de Smart Africa à la Coopération numérique des Nations unies pour une Génération sans limites. Ils se sont, également, prononcés sur le budget, le plan d’actions 2021 et le rapport d’audit de Smart Africa, avant de procéder au lancement des schémas directeurs de cette institution africaine et de son programme d’ambassadeurs. Auparavant, les participants ont fait un tour d’horizon des principales décisions de la 8è réunion de l’organe exécutif tenue, le 15 mai 2019, à Kigali, au Rwanda. Intervenant à l’occasion, le chef de l’État malien, à l’instar de ses homologues membres du Conseil d’administration de ladite institution, a félicité le président Paul Kagamé pour sa vision et son leadership. «Les résultats obtenus résultent de (sa) vision», a déclaré le président Bah N’Daw, avant de saluer les progrès accomplis par Smart Africa «auquel le Mali adhère pleinement». Parlant de progrès, le chef de l’État s’est dit convaincu que l’Alliance conduira le continent à plus de croissance économique ainsi qu’à la création d’emplois, notamment dans le secteur du numérique. En la matière, «je peux, ici, vous affirmer que le Mali a déjà commencé à bénéficier des dividendes de son adhésion à Smart Africa à travers la réalisation de la suppression de certains tarifs du roaming avec les pays voisins », a-t-il indiqué. Le chef de l’État a réitéré l’importance que le Mali accorde au Projet entrepreneurial jeunes mis en œuvre par Smart Africa pour créer des emplois et booster le taux de croissance économique via l’expansion du numérique. Pour lui, la ligne d’action du Mali, à savoir « l’entrepreneuriat jeune et création d’emplois » fait l’objet de plusieurs initiatives qui seront très prochainement partagées avec l’ensemble des États membres. « Nous y parviendrons à force d’audace, d’imagination et de créativité, le tout, soutenu par une ferme volonté politique de construire une économie numérique durable, solide et inclusive », a insisté le chef de l’État malien. OPPORTUNITÉS NUMÉRIQUES – Pour ce faire, il importe de se doter, selon le président N’Daw, d’une masse critique de compétences dans l’industrie numérique. En la matière, les efforts en cours méritent alors d’être soutenus et accompagnés aussi bien par le secteur public que par le secteur privé, a-t-il plaidé, tout en précisant qu’il s’agira de travailler ensemble à l’amélioration des compétences à travers le soutien aux universités et à la formation professionnelle afin que les citoyens puissent profiter pleinement des opportunités numériques. Cela afin de parvenir à la réalisation de l’objectif commun de « concrétiser un marché numérique africain n’est pas au-dessus du continent », a poursuivi Bah N’Daw qui a promis que le gouvernement de Transition ne ménagera pas ses efforts pour contribuer à la réalisation des objectifs de Smart Africa. Le chef de l’État a rappelé qu’«au Mali, notre ambition, y compris pendant cette courte Transition, est de jeter les bases d’un tel changement de culture, de méthode et de stratégie. L’existence dans l’attelage du gouvernement de Transition d’un département ministériel dédié à l’économie numérique participe de cette ambition ». Outre la suppression de certains tarifs du roaming, la réduction de la fracture numérique, la création d’emplois massifs sont, entre autres, les résultats obtenus par cette jeune organisation créée en 2013 à Kigali. Son premier directeur exécutif a été l’actuel ministre malien de la Communication et de l’Économie numérique, Dr Hamadoun Touré. Smart Africa est le fruit d’un engagement des chefs d’État et de gouvernement africains visant à accélérer le développement socio-économique durable sur le continent, en introduisant l’Afrique dans une économie de la connaissance grâce à un accès abordable au haut débit et à l’utilisation des Technologies de l’information et de la communication (TIC). CTM/MD (AMAP)

Ousmane Sy : « Il faut une réforme de notre modèle démocratique »

Le président du Conseil de l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique (ARGA), Ousmane Sy, se prononce sur la Transition et les défis que le Conseil national de la Transition (CNT) devra relever. L’ancien ministre estime que notre système de gouvernance, hérité de la colonisation, n’est pas adapté. Il préconise aussi des questionnements sur la démocratie malienne L’Essor : Quelle lecture faites-vous de la situation sociopolitique de notre pays ? Ousmane Sy : Comme tous les Maliens, je suis très préoccupé par l’évolution de la situation de notre pays. Parce que c’est une situation de crise qui s’aggrave de jour en jour. Cependant, je fais partie de ceux qui ne sont pas surpris par cette crise. Quand on analyse la trajectoire politique de notre pays, de son indépendance jusqu’à aujourd’hui, elle est caractérisée par une série de crises. Globalement, depuis la République soudanaise en 1958 jusqu’à aujourd’hui, pratiquement tous les dix ans, nous avons eu une crise dans ce pays. Ce sont de grosses crises, mais quand on regarde entre ces crises, il y a eu des petites crises. Donc, je ne suis pas surpris par cette crise ni par sa profondeur. Parce que nous n’avons pas réussi à apporter des réponses durables à ces crises répétitives. Nous avons surtout cherché à gagner du temps jusqu’à la prochaine crise. Je suis cependant peiné par la profondeur de cette crise. Et surtout, les difficultés que nous avons à nous mettre d’accord pour sortir de la crise. La crise en tant que telle fait partie de l’histoire de l’Humanité, de tous les pays du monde. Mais la crise offre aussi une opportunité de se mobiliser pour en sortir par le haut. En tout cas, si nous cherchons et nous comprenons les causes de ces crises, cela nous permettra de nous mobiliser pour sortir le pays de l’impasse actuelle. C’est ce qui tarde à venir. L’Essor : La liste du CNT a été rendue publique jeudi soir. Selon vous quels doivent être les défis à relever pour l’organe législatif de la Transition ? Ousmane Sy : Le Conseil national de la Transition (CNT) a de gros défis à relever. Une des raisons pour lesquelles nous avons du mal à trouver les causes profondes de la crise, c’est que nous avons toujours évité le vrai dialogue et le vrai débat de profondeur. Nous restons sur des questions superficielles, très souvent sur des questions de personnes. Ce qui fait que nous n’arrivons pas à aller en profondeur pour comprendre les problèmes de ce pays et essayer de trouver les causes profondes qui font qu’il est en instabilité chronique Pour moi, le CNT est l’organe législatif de la Transition qui est censé être la représentation de l’ensemble des Maliennes et des Maliens, de toutes catégories et de tous les territoires. Parce que nous sommes un pays qui est caractérisé par une diversité humaine et une diversité des territoires. Le grand défi du CNT est de pouvoir remplir cette fonction de représentation. Le CNT est censé accompagner la Transition, en tout cas, pour que tout ce qui concerne la législation, tout ce qui est décision importante à prendre aille dans le sens de l’intérêt de l’ensemble des Maliennes et des Maliens, de toutes les communautés et de tous les territoires (national et locaux). C’est le grand défi. Est-ce que le CNT pourra être cela ou le CNT va être encore une fois une juxtaposition de personnalités qui vont parler en leur nom propre ? Si le CNT se réduit à des gens qui ne parlent qu’en leur nom propre pour leurs intérêts personnels ou leurs intérêts de clan, de partis ou de groupes, je crois qu’on aura une fois encore tout raté. L’Essor : Sur quelles réformes devra travailler la Transition pour réussir la refondation de notre pays souhaitée par de nombreux Maliens après les événements du 18 août dernier ? Ousmane Sy : On est dans ce débat depuis un certain nombre d’années. Quand j’ai vu l’élection présidentielle de 2018 venir, j’ai écrit qu’au lieu d’aller tête baissée dans une élection incertaine, est-ce qu’il ne faudrait pas chercher une autre formule pour mettre les Maliens en dialogue et qu’on s’occupe véritablement de la refondation. Pour moi, la plus grande réforme qu’il faut faire dans ce pays, c’est celle de l’Etat. Depuis l’indépendance, le modèle d’état que nous avons bâti, plutôt hérité pose le plus de difficultés par rapport aux communautés humaines du pays. L’Etat que nous avons aujourd’hui est d’origine coloniale. C’est un modèle d’Etat que le colonisateur a conçu et organisé pour ses intérêts. Et à l’indépendance, il nous l’a transféré. L’indépendance a consisté simplement à remplacer les élites coloniales par les élites maliennes. Mais cet Etat t a toujours été rejeté par nos communautés, nos populations. Les communautés ont toujours cherché à se mettre à l’abri des exactions de cet Etat. L’étendue de la corruption, c’est que personne même les élites ne considèrent cet Etat comme son affaire. Pour nous tous, les biens de l’Etat, sont les biens d’autrui. On s’en sert pour soi-même, pour sa famille ou pour son clan. Les Maliennes et les Maliens doivent s’identifier à l’tat. Tant que cela ne sera pas fait, nous ne sortirons pas de cette crise. Nous pouvons faire des accommodations, des arrangements comme toujours, mais sans la refondation, les mêmes comportements vont rester. La plus grande réforme que nous devons chercher à faire et de façon durable, c’est celle de l’Etat. Nous, nous l’avons essayé, quand nous avons lancé la réforme de la décentralisation. Parce que le cœur de la réforme de la décentralisation consiste à retourner la gestion des affaires publiques des territoires, régions et locaux aux populations, à travers leurs élus. Pour que l’administration soit leur administration et non celle dont elles se méfient, qu’elles fuient d’ailleurs. Malheureusement, les vicissitudes de la politique, les alternances ont fait que nous n’avons pas pu aller au bout de cette réforme. Donc, nous sommes retombés dans l’ancien système où l’Etat est rejeté par les communautés. A la réforme

Enseignement à distance pour tous les nouveaux étudiants étrangers au Maroc

Bamako, 8 Déc (AMAP) L’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) et le Ministère de l’Enseignement supérieur du Maroc ont décidé du mode d’enseignement à distance pour l’ensemble des nouveaux étudiants étrangers retenus pour l’inscription au Royaume chérifien, pour l’année universitaire 2020-2021, a appris, lundi, l’Amap de source officielle. Selon le ministère malien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la décision concerne les nouveaux étudiants maliens de cette année. Elle émane de l’AMCI qui explique qu’« en raison de l’évolution dynamique et imprévisible de la pandémie de Covid-19, les conditions permettant d’accueillir de nouveaux étudiants au Royaume ne sont pas réunies ». Par ailleurs, le département en charge de l’Enseignement supérieur précise qu’une liste des filières par cycle de formation qui pourrait être dispensée à distance sera communiquée dans les prochains jours. MT/MD (AMAP)

Covid-19 au Mali : Augmentation du nombre de contamination de la pandémie avec 155 nouveaux cas enregistrés lundi

  Bamako, 8 décembre (AMAP)  L’augmentation du nombre de contamination de la pandémie de la Covid -19 avec la découverte de 155 nouveaux cas lundi, inquiète aussi bien les pouvoirs publics, les services sanitaires que les communautés, constate l’AMAP. Les services sanitaires précisent que les 155 contaminations portent le nombre total au Mali à 5290 cas positifs dont 3377 guérisons et 175 décès. L’Institut de santé publique (ISP) déclare que sur les 155 nouvelles contaminations, 18 cas à Kalaban Coro, 19 cas à Kati (2ème région), 6 cas à Ségou (4ème région), 5 cas à Kidal,  7 cas en CI, 12 cas en CII,  7 cas en CIII, 26 cas en CIV, 25 cas en CV et 30 cas en CVI du district de Bamako. Les services sanitaires quiprécisent par ailleurs que 1842 cas-contacts font l’objet d’un suivi quotidien, invite la population à la quiétude et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)