Presse en ligne au Mali: Un fourre-tout assis sur un vide juridique
Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 avr (AMAP) Au grand dam des vrais professionnels et au mépris de toutes règles, certains jeunes maliens, qui croit avoir le verbe facile, sans aucune formation journalistique ni base professionnelle, muni d’un Smartphone et d’un trépied, animent la presse en ligne. Facile ! D’autant plus qu’il n’existe pas de loi qui réglemente le secteur. « Ce qui m’énerve, c’est le ballet des supports des vidéo-mans. J’ai de la peine à installer ma caméra…Certains d’entre eux font tous pour que leur micro, avec effigie, apparait sur l’ORTM (Ndlr, l’Office de radiodiffusion télévision du Mali, service public) …il faut trouver une solution à cet envahissement », explose un caméraman de l’ORTM. Notre confrère nous fait part de sa répugnance de ces nouveaux « journalistes » lors d’une rencontre à la Primature. C’est une triste réalité. Nous le remarquons à chaque point de presse organisé à la Primature sur une décision importante de la vie de la nation. Les trépieds de la presse en ligne prennent la place de ceux des télévisions de notre pays. Comme ce fut le cas lors de l’avant dernier point de presse animé à la Primature sur la propagation de la Covid-19. Ces WebTV, tout comme les web radios, inondent l’espace de la presse en ligne au Mali. Chacun détient sa propre télé ou radio sur le net. Pourtant, à l’Association des professionnels de la presse en ligne au Mali (APPEL-Mali), on ne compte que 39 sites professionnels d’information de la presse écrite en ligne. APPEL-Mali regroupe trois médias en ligne, appelés encore éditeurs de médias. Ces nouveaux canaux de communication sont la presse écrite en ligne sur des sites d’information, les WebTV qui sont, également, des télévisons mais diffusées via Internet. Il y a, aussi, les web radios qui commencent à prendre de l’ampleur dans le paysage médiatique du Mali. Sous un soleil de plomb d’avril, avec un vent chaud et sec, le président d’APPEL-Mali, Modibo Fofana, dans son bureau à l’immeuble de l’Union des journalistes ouest-africains (UJAO) à l’ACI 2000, se montre peu satisfait du fonctionnement de la presse en ligne au Mali. A l’image de l’ Union des radios et télévisions du Mali (URTEL) et de l’Association des éditeurs de la presse écrite (ASSEP), l’association qu’il dirige, créée en 2015 mais opérationnelle en 2016, assure le rayonnement des médias en ligne au Mali. DU TOUT-VENANT – Le président de l’Association des professionnels de la presse en ligne au Mali, Modibo Fofana, ne cache pas sa déception devant l’évolution en cours du secteur. Mais, il reste optimiste avec les objectifs que s’est fixés APPEL-Mali. Internet dans notre pays devient un fourre-tout avec les réseaux sociaux sur lesquels n’importe publie, « pour la simple raison que l’internet est ouvert à tout le monde », alerte-t-il. M. Fofana rappelle que l’un de leurs combats est de structurer le secteur de la presse en ligne pour une meilleure organisation. « L’information est réservée exclusivement aux seuls professionnels qui ont soit fait l’école de journalisme ou appris les sciences de l’information, soit le journalisme sur le tas mais avec un diplôme supérieur et, surtout, un niveau acceptable », prêche-t-il. Il préconise une union sacrée des vrais professionnels du secteur pour très bien organiser le secteur dans sa progression. Selon M. Fofana, APPEL-Mali compte aujourd’hui 39 sites d’information écrite dont une quinzaine très actifs qui ont de bonnes et grandes audiences. Ce sont seulement ces sites d’informations qui sont acceptés par APPEL-Mali en tant qu’entreprises de presse en ligne ayant une base qu légale. Ils travaillent dans la légalité car ces sites d’information détiennent un Numéro d’identification fiscale (NIF) et payent régulièrement les taxes mensuelles aux impôts. « C’est pourquoi, nous les considérons comme des sites sérieux œuvrant dans la légalité », justifie Modibo Fofana, ajoutant que tous les sites acceptés par APPEL-Mali travaillent dans ce sens. L’APPEL-Mali a sur sa table quatre demandes d’adhésion à l’étude au niveau de sa Commission de validation, indique M. Fofana. En réalité, créer un site sur le net ne demande pas un effort. C’est pourquoi, il existe plus de cent sites sur le net. Mais pour plus de sérénité et de professionnalisme, APPEL-Mali a fixé des conditions d’adhésion. « Sur le net, on peut créer un site gratuitement, mais pour les sites professionnels il faut avoir 1.000 ou 2.000 euros », révèle-t-il. Assétou Fofana, une activiste sur le net, ne va pas dans la même direction que l’Association des professionnels de la presse en ligne au Mali. Notre interlocutrice a sa propre manière de faire du journalisme. Elle s’estime plus libre dans ses productions qui lui rapportent beaucoup. « Souvent, mon compte YouTube peut me rapporter près d’un million de francs CFA. Ce sont le buzz qui m’intéresse », se réjouie-t-elle. Pourtant, le journaliste est celui qui sait faire le tri entre un article publiable ou non, estime Modibo Fofana se faisant le chantre du professionnalisme du secteur. « Au moins que les intervenants sur le net maitrisent le traitement de l’information, tout en respectant l’éthique et la déontologie du journalisme. Mais malheureusement, dans notre pays, tout le monde se dit journaliste. C’est pourquoi, on a souvent des dérapages déontologiques dans la presse en ligne au Mali », se désole Modibo Fofana. HEBERGEMENT – Pour créer un site d’information, la première des choses serait d’acheter un nom de domaine. Le domaine est équivalent au titre d’un journal papier. Et ce domaine doit être hébergé sur un serveur. « C’est-à-dire que tu crées un site mais le nom de domaine ne t’appartient pas. L’hébergement ne t’appartient. C’est la même chose comme le compteur d’Energie du Mali (EDM). On prend le compteur en son nom mais il appartiendra toujours l’EDM, le président de l’APPEL-Mali. « Chaque mois ou chaque année, poursuit Modibo Fofana, on paie les frais de location de ces noms de domaine ». Au Mali, l’hébergement des sites professionnels coûte entre 80.000 à 1.000.000 de Fcfa par an. Les sites d’information doivent aussi payer des frais pour rester plus visibles sur les réseaux sociaux. Pour le directeur de publication du site Afrikinfos-Mali, Ousmane Ballo, l’hébergement est
Tirages : Les journaux, mauvais marché pour imprimeurs
Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 avr (AMAP) La presque double centaines de journaux de la presse écrite au Mali sont fabriqués par seulement quatre imprimeries de la place. Le paiement du service de l’impression est tributaire de l’aide publique à la presse ou du revenu que les journaux tirent de contrats de prestations. Seule une dizaine d’organes détient sa propre imprimerie. « La précarité de la presse écrite malienne se fait surtout très sentir au niveau du tirage. Nous arrivons, difficilement, à joindre les deux bouts grâce à l’indulgence de certains imprimeurs qui nous tirent à crédit, en espérant se faire payer sur l’aide publique à la presse et les rares contrats de prestations », avoue le directeur de publication du journal ‘L’Investigateur’, Daouda T Konaté. Babouya Touré dont le kiosque est à Darsalam, à Bamako, est le principal revendeur-distributeur des journaux au Mali. Depuis 1989, il évolue dans ce domaine. M. Touré distribue, pratiquement, 60% des journaux. Devenu très professionnel dans le milieu, Babouya Touré a investi dans une imprimerie. Aujourd’hui, il tire beaucoup de journaux, mais à quel prix ? « Depuis près sept ans, j’ai installé mon propre imprimerie. Donc, je suis à mon début. J’imprime plusieurs journaux de la place », révèle-t-il. Selon lui, le tirage des journaux se passe dans un partenariat avec les promoteurs des organes. « Je fais les impressions à crédit. Si l’aide publique à la presse tombe ou si les contrats de prestations ou d’abonnement des journaux tombent, ils viennent s’acquitter de leur paiement pour le service. Certains font une déduction », explique Babouya Touré, ajoutant que le partenariat se passe sur la base de la confiance mutuelle. Cependant, d’autres promoteurs abusent de la situation. Car, selon lui, certains disparaissent pendant de longtemps avant de payer les frais d’impression. Notre interlocuteur souligne qu’il fait tout, à la limite, pour ne pas tomber en faillite, pour aider les journalistes à produire leur publication. « Parce que, justifie-t-il, c’est grâce aux journalistes que son entreprise fonctionne ». Par ailleurs, Babouya affirme qu’il y a peu d’imprimeries qui tirent la presse écrite dans la capitale malienne. Parce que, tout simplement, les imprimeurs trouvent que ça ne rapporte pas. Ainsi, présentement il n’y a que quatre imprimeries qui font le tirage de la presse. Ce sont : les imprimeries Babouya Touré, Renouveau, Soro-Print chez Makoro et enfin chez Diallo à Kalaban Coura. En plus de ces imprimeries, signale Babouya Touré, certains organes possèdent leur propre imprimerie. Entre autres : le quotidien s=du service public ‘L’Essor’, ‘L’Indépendant’, ‘Le Combat’, ‘Indicateur du Renouveau’, le groupe Nouvel Horizon et Soir de Bamako, ‘Tjikan’, Babouya Touré explique que le prix par tirage dépend du nombre de pages et surtout selon que la publication soit en couleur en noir blanc. « C’est un secret entre les journalistes et moi. Par exemple, si le journal fait huit pages, 500 exemplaires, la Une et la Dernière page en couleur, il est tiré à 70.000 Fcfa tout frais conclu », dit-il. Lui, l’imprimeur, il achète le papier d’impression chez un fournisseur de la place. « Le papier d’impression est cher. Auquel, il faut ajouter le coût de l’électricité et la rémunération des travailleurs, sans parler des frais d’entretien des machines et la location du local », énumère-t-il dans la rubrique des charges et dépenses. Tout comme Babouya Touré, l’imprimerie du groupe Renouveau affirme aussi soutenir les organes de la presse écrite pour leur parution. Le gérant, Mamadou Sogoba, indique qu’aujourd’hui, il est impossible de demander aux journaux privés maliens de tirer au comptant. « Il faut les aider pour qu’ils puissent faire des publications. Ainsi, quand ils parviendront à signer des contrats de partenariat avec des structures ou autres, ils viendront payer les impressions », confie M.Sogoba, en confirmant que cela se passe avec des risques. « Car, certains journalistes disparaissent sans payer notre argent. Parce qu’ils n’ont pas eu de rentrée d’argent ». « Ce n’est pas du tout facile. Mais on accepte. Nous sommes des partenaires », note-t-il. PRECARITE TOTALE ! En réalité, selon les professionnels du milieu, la presse malienne ne paie pas. Selon les deux imprimeurs, partenaires des organes de presse écrite, le problème est en quelque sorte lié aux patrons de presse. « Car, témoignent-ils, rares sont les responsables de journaux qui paie leurs journalistes pendant qu’eux-mêmes mènent un train de vie enviable. « Ce sont ces journalistes qui, se lancent, à leur tour, dans la création de leur propre organe ». « Nous, à notre niveau, on est obligé de leur donner un coup de main, en tirant leurs premiers numéros et en attendant qu’ils reçoivent l’aide publique à la presse ou l’argent de leurs contrats de prestation », disent-ils. « Toutefois, depuis deux ans, l’aide publique à la presse diminue considérablement. Et il y a aussi de moins en moins de contrats de prestation avec les départements ministériels et autres structures de l’administration malienne. Alors que les ressources des organes de presse proviennent de ces deux sources », révèlent nos interlocuteurs. Pour le secrétaire à l’information de l’Association des éditeurs de la presse écrite (ASSEP), Ousmane Dao, la vente est insignifiante dans les recettes des publications. « Beaucoup d’organes ne se rendent jamais chez le distributeur pour faire le décompte des ventes. Parce que nous savons tous que la vente ne rapporte rien », dit-il. Le secrétaire à l’information de l’ASSEP reconnait que la presse malienne, d’une manière générale, est en train de sombrer dans la précarité sur plusieurs points. « A l’occasion du 03 mai prochain, nous envisageons de mener des actions dans le cadre des initiatives de dimension sociale de notre corps de métier », annonce-t-il. Selon Ousmane Dao, cette presse est très faiblement couverte sur le plan social et sanitaire. « Il n’est pas rare de voir, par moment, des cris de cœur appelant au secours d’un confrère ou consœur qui a besoin d’être évacué à l’étranger pour des soins », déplore-t-il. Pour faire face à cette précarité, préconise le secrétaire à l’information de l’ASSEP, « il est indispensable, aujourd’hui, compte tenu du rôle déterminant que la presse joue, de lui apporter une aide publique conséquente. M. Dao penche pour l’indexation de l’aide publique à la presse
Lignes éditoriales dans la presse malienne : Le règne du parti-pris très intéressé
Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 avr (AMAP) A part le quotidien du service public ‘L’Essor’, au Mali, la presque totalité des organes de presse écrite écrit en fonction des opportunités financières. Peu de rédactions agissent par conviction. Au Mali, on compte un seul organe étatique, le quotidien national ‘L’Essor’. En plus de l’information, cet organe œuvre beaucoup plus dans la communication institutionnelle. Tous les autres organes de la presse écrite demeurent dans le secteur privé. Les professionnels de la presse, eux-mêmes, l’admettent : ces journaux sont souvent partagés et ont choisi leur camp entre le pouvoir en place et l’opposition, Dans tous les cas, ils sont très généralement partisans. Difficilement, on parvient, aujourd’hui, à faire la part des choses des lignes éditoriales dans la presse écrite au Mali. Quelle que soit la nature de la publication, s’agissant de lignes éditoriales, selon l’ancien vice-président de la Maison de la presse, Alexis Kalambry, « beaucoup de journaux sont des officines d’agence de communication ». « C’est-à-dire qu’on ne sent pas une conviction rédactionnelle », insiste-t-il. Sans vouloir s’étendre sur le sujet, M. Kalambry ajoute qu’au Mali, on « écrit en fonction des opportunités financières ». « Il n’y a pas beaucoup de rédaction où on sent vraiment qu’il y a des convictions qui conduisent à cracher sur certains argents », argue-t-il. Cette situation s’illustre par la ruée vers les marchés de n’importe provenance. Les hommes politiques, les opérateurs économiques, les leaders religieux et même des officiers supérieurs des Forces armées maliennes arrivent à manipuler certains journaux au Mali. Ces organes affichent leur caractère commercial. Chacun y cherche « sa part sur le marché ». Les structures ayant compris le scenario élargissent leur contrat d’abonnement à tous les organes de la place. Même à ceux qui ne sortent que par moment. «Nous avons eu un contrat avec l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), la Caisse malienne de sécurité sociale (CMSS), à la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Il faut être compétent et savoir démarcher les partenaires ou tu fermes boutique…», se réjouit A. Touré, un jeune directeur de publication. Pour lui, ce n’est pas pour rien que presque tous les jeunes directeurs de publication circulent en véhicule. « Je n’ai pas de ligne éditoriale. Je peux dénoncer parfois au bénéfice de la population mais, très généralement, j’écris en faveur de mes avantages », reconnait-il sans tergiverser. Pour S. Doumbia, promoteur d’un journal hebdomadaire, chaque journaliste de la presse privée cherche à protéger ses relations (ses bailleurs), « c’est-à-dire la personne qui te soutient financièrement ». Logiquement, estime le secrétaire à l’information de l’Association des éditeurs de la presse écrite (ASSEP), Ousmane Dao, « les lignes éditoriales des journaux dépendent d’eux-mêmes ». « C’est vrai qu’à partir de certaines lignes, on a tendance à étiqueter certains journaux qui seraient favorables à l’opposition et d’autres à la majorité qui, aujourd’hui, n’existe pas avec la Transition en cours », estime M. Dao. Par contre, note-t-il, l y avait des lignes éditoriales fixes sous le régime d’Ibrahim Boubacar Kéita, ancien président. « Par exemple, sous l’ancien pouvoir, certains journaux étaient réguliers à dire tout ce qui n’allait pas. Rarement, on voyait dans ces journaux de bonnes choses du régime », dit Ousmane Dao. Avant d’admettre, cependant, que certaines publications ont varié dans leur ligne éditoriale, en fonction de ce qui se passe dans le pays. OD/MD (AMAP)
Dossier Presse écrite au Mali (1) : Plus de 250 titres à parution régulière et irrégulière
Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 avr (AMAP) Depuis une dizaine d’années, les organes de presse écrite prolifèrent au Mali. En plus du quotidien du service public, ‘L’Essor’, le Mali compte neuf quotidiens, près de deux-cents hebdomadaires, une quinzaine de bi-hebdomadaires, un bimensuel, vingt-sept mensuels, un bimestriel. Officiellement, ce sont les titres enregistrés à l’Association des éditeurs de la presse écrite (ASSEP) ou au Groupement patronal de la presse écrite (GROUPE), deux grandes structures syndicales regroupant la presse écrite au Mali. Selon Modibo Diaby, secrétaire à l’information du GROUPE constitué de plus d’une quinzaine de journaux de la presse privée, parmi ces publications, il y a quatre quotidiens, deux bi-hebdomadaires et des hebdomadaires. « Les quotidiens, précise-t-il, sont ‘Les Echos’, ‘L’Indépendant’, ‘Info-Matin’, et ‘Le Républicain’. Alors que les bi-hebdomadaires sont ‘Le Challenger’ et ‘Le journal 22 Septembre’. Ces journaux arrivent à respecter la périodicité de leur parution, contrairement à d’autres membres du Groupement patronal, à l’image de Bamako-Hebdo. De son côté, l’ASSEP refuse des titres aujourd’hui. Selon son secrétaire à l’information, Ousmane Dao, plus d’une trentaine de journaux attendent que la Commission d’adhésion statue sur leur cas. « Nous avons plus d’une trentaine de demandes d’adhésion à l’étude au niveau de l’ASSEP », dit M. Dao. Selon lui, c’est le nombre élevé d’adhérents qui a certainement abouti a l’adoption de certains critères dont le respect condition l’adhésion à l’ASSEP. Car, aujourd’hui selon ses statistiques, l’Association faitière compte plus de deux-cents journaux membres dont cinq quotidiens, onze bi-hebdomadaires, plus de cent cinquante six hebdomadaires, un bimensuel, vingt-sept mensuels et un bimestriel. Selon son secrétaire à l’information, les journaux quotidiens affiliés à l’ASSEP sont, entre autres, ‘Le Pays’, ‘L’Indicateur du Renouveau’, ‘Le Combat’, ‘Nouvel Horizon’ et ‘Soir de Bamako’. ‘L’Investigateur’ est un bimensuel alors que le bimestriel est Protection sociale de l’Association des éditeurs de la presse écrite. La liste est loin d’être exhaustive. Il faut noter que parmi ces nombreux titres affiliés à l’ASSEP, seulement une quarantaine arrive à se maintenir et à paraître régulièrement. Les autres paraissent, au gré des évènements, de leurs possibilités financière et, surtout, lorsqu’ils ont, ce qu’on appelle ici, « un marché ». « Quoiqu’il en soit, ces journaux paraissent quelques fois dans l’année pour bénéficier du paiement de rares contrats d’assistance média ou d’abonnement qu’ils arrivent à négocier », indique notre interlocuteur. PROLIFERATION IMPOSEE ! « Cela a été comme une révolution. Et a commencé sous le régime de l’ancien président, Ibrahim Boubacar Kéita. C’est une véritable prise de conscience. Les jeunes journalistes ont réalisé qu’ils sont exploités par les différents patrons de presse. Il fallait se libérer de ce joug d’exploitation des aînés… », dit Daouda Konaté, directeur de publication d’un hebdomadaire de la place, pour tenter d’expliquer la prolifération des organes de presse écrite au Mali. Notre interlocuteur pointe du doigt les premiers directeurs de publication pour n’avoir pas correctement rémunéré leurs journalistes ou, du moins en leur imposant un traitement de misère. Chaque journaliste, sachant qu’il peut décrocher un contrat de partenariat de plus deux millions de Fcfa par an, a voulu voler de ses ailes, en lançant son propre titre. « Même des stagiaires créent leur journal. Je peux vous citer certains de ces directeurs de publications qui n’ont pas fait trois ans de pratique du métier de journalisme avant de lancer leur propre organe », peste Mme Coulibaly, promotrice d’un journal quotidien qui peine à respecter la périodicité de sa parution « par manque de personnel ». Ses journalistes l’ayant quitté pour être leur propre patron. En effet, pour créer son propre journal, il faut juste quelques pièces à fournir qui ne demandent pas trop de dépenses financières particulières. La loi demande un casier judiciaire, un diplôme d’étude supérieure, une attestation prouvant que le demandeur est journaliste, une demande de création de titre adressée au procureur du tribunal où le siège du journal sera installé, entre autres. L’ancien vice-président de la Maison de la presse du Mali et non moins directeur de publication du bi-hebdomadaire ‘Mali Tribune’, Alexis Kalambry, impute la prolifération des organes presse écrite aux hommes politiques. M. Kalambry estime, d’abord, que les politiques ont soutenu le boom des journaux, en n’oubliant pas de l’exploiter à leur profit afin de mieux défendre leurs intérêts et atteindre leurs objectifs. « Ce sont les hommes politiques qui, n’ayant pas réussi à instrumentaliser les premiers journaux, ont encouragé la création de titres », accuse-t-il. Ajoutant que « la 2ème raison est la facilité de la création d’un journal au Mali ». L’ancien vice-président de la Maison de la presse indique que la troisième raison du fléau est à rechercher dans notre histoire politique récente. « Puisque, justifie Alexis Kalambry, le quotidien national ‘L’Essor’ est resté longtemps le seul titre. « Avec l’ouverture démocratique, la création de titre est devenue un acte démocratique qu’il fallait faciliter le plus possible», analyse-t-il pour expliquer les raisons qui ont vraiment conduit les titres à proliférer. OD/MD (AMAP)
Covid-19 au Mali : Quelque 8467 guérisons, 481 décès sur 13815 cas enregistrés, jeudi
Bamako, 29 avril (AMAP) Quelque 8467 personnes sont guéries de la Covid- 19, 481 décédées sur un nombre total de 13815 cas enregistrés au Mali avec les 35 nouveaux cas décelés, sur l’ensemble du territoire national jeudi, a appris l’AMAP de source proche des services sanitaires. L’Institut de santé publique (ISP) précise que les 35 nouveaux cas ont été enregistrés dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Mopti et le district de Bamako. Les services sanitaires qui invitent les populations au calme et au respect des mesures de prévention, déclarent par ailleurs, que 2310 personnes -contact font l’objet d’un suivi quotidien. KM (AMAP)
Jeunesse et chasse aux margouillats : Véritable parcours initiatique
Par Ahmadou CISSÉ Bamako, 22 avr (AMAP) La traque et la consommation de ce reptile sont des activités pratiquées par les gamins. Cela leur permet, non seulement, de raffermir les liens d’amitié et de fraternité mais, aussi, de leur donner le goût de l’effort. Cette pratique a traversé les âges. Sans prendre des rides. Les enfants courent d’arbre en arbre, de colline en colline, à la traque d’un «gibier» qui ne se laisse pas faire. Rapide, le margouillat trouvé dans son milieu est bon joueur. Il donne du fil à retordre aux mômes malgré les lance-pierres et autres équipements de fortune. Le margouillat est un saurien de la famille des iguanes, sous famille des agamidae qui compte 400 espèces. Ce cousin du lézard se trouve dans tous les pays chauds (Europe du Sud, Amérique Latine, Australie, Afrique….). Le margouillat d’Afrique de l’Ouest est appelé «l’Agame des Colons» (Agama Agama). Il est ovipare et vit en groupe d’une dizaine d’individus, dirigé par un mâle dominant qui défend vigoureusement son territoire d’abord par un changement de couleur. Pour défendre son territoire, il devient violent et livre bataille avec les mâles concurrents. Il y laisse souvent sa queue. Moussa et ses petits camarades n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Alors, ils profitent de leur temps libre pour mettre un peu de couleur à leurs journées de grisaille. À 14 ans, Moussa, mine de rien, est dans l’adolescence. Mignon, son sourire est dévastateur. Ses habits et son corps d’adolescent ont besoin d’un zeste de propreté. De toute évidence, il ne s’encombre pas de règles d’hygiène. La teinte jaunâtre de ses dents s’est acquise avec les mauvaises habitudes alimentaires et d’hygiène buccale. Il est né dans une relative pauvreté. Ses parents vivent du maraîchage et de petits métiers. Lui et ses compères sont des ennemis jurés des petits reptiles, souris et autres petites bêtes qui traînent dans le coin. Pantalon délavé, haut déteint et chaussure en plastique abîmée, le petit Moussa n’a qu’un souci : se faire le maximum de margouillats. Moussa n’est pas seul dans cette partie de chasse. Il est le chef d’une bande de mômes qui l’accompagne très souvent dans les arbustes pour chasser le margouillat (mabouillat ou mabouya en créole antillais), nom courant (ou nom vernaculaire) donné en français à plusieurs espèces de ce reptile. En bon leader, Moussa se fait obéir par ses compagnons au doigt et à l’œil. C’est lui qui choisit le site de la chasse et le moment de donner l’assaut final contre les cibles camouflées dans les buissons ou tapies dans les terriers. Les enfants détiennent un bout de savoir sur les reptiles. Pour distinguer un margouillat, ça ne cherche pas de midi à quatorze heures. Le saurien est reconnu par son corps massif, une tête bien marquée et une longue queue effilée. Il possède quatre membres avec chacun cinq doigts très fins pourvus de griffes. Il mesure entre 15 et 40 cm. De couleur brune, il peut devenir bleu orange aux extrémités par un effet caméléon. Sa couleur peut devenir rouge sombre en cas de bagarre avec un autre mâle ou bien d’autres couleurs pendant la saison des amours. QUIÉTUDE PERTURBÉE – La bande de Moussa sait, aussi, que la femelle est plus petite et conserve une couleur beige. Le margouillat a la peau recouverte d’écailles avec quelques épines sur la nuque. C’est un animal terrestre et diurne qui passe la nuit dans les arbres ou dans un terrier. Il affectionne les habitations et ne dédaigne pas manger les restes de repas. Ce reptile est inoffensif. De temps en temps, il fait des mouvements de tête comme pour faire un coucou aux hommes. Il aspire juste à une vie tranquille, sans vagues. Fuyant les hommes, il se cache dans les buissons, les concessions abandonnées et les chantiers de construction peu fréquentés. Le margouillat des savanes de l’Afrique au sud du Sahara vit essentiellement d’insectes. Pour remplir sa panse, il est actif de jour. Il avale les insectes d’un trait. Son système digestif est une machine très simple qui évacue rapidement les déchets à cause de l’étroitesse de l’estomac. Mais cette quiétude est perturbée par les intrépides enfants. Moussa, fils d’une famille nombreuse dans le quartier périphérique de Zirakoro Dounfing, à la lisière de la Commune III de Bamako, est un redoutable prédateur. Une espèce de terroriste pour la communauté des petits reptiles. À chaque fois qu’ils sortent le bout du nez pour chercher de quoi se mettre sous la dent, Moussa et ses copains sont aux aguets. Sur les hauteurs de Lassa, quartier de la Commune III, prisé par des expatriés et des adeptes du mouvement Rasta, le paysage accidenté offre une résidence idéale aux margouillats et bien d’autres reptiles. Ils se cachent sous les rochers, parcourent les pistes et grimpent aux murs à la recherche de nourriture. À la différence de leurs cousins, les serpents, les margouillats sortent le jour même si la chaleur est étouffante. Ventre vide n’a point d’oreilles. Moussa et sa bande en ont déjà capturé une dizaine. Le butin est sous bonne garde. La nuit s’annonce festive. À 17 heures, le soleil est en train de finir sa course à l’horizon. Bientôt, il fera nuit sur les hauteurs de Lassa. Le ventre de Moussa gargouille chaque fois qu’il pose son regard sur le chapelet de margouillats. Il les imagine déjà sur le feu en train de cuir au grand plaisir de son palais. «Nous chassons presque tous les jours. Souvent, on peut capturer ou tuer 20 margouillats que nous apportons à la maison pour les griller», témoigne fièrement le jeune chasseur. Et d’ajouter avec une pincée d’humour : «Tonton, (oncle), c’est délicieux hein!». Non, merci, répondit le passant, votre serviteur. Il faut dire que les activités de jeunesse varient en fonction de la communauté et même de la culture. Dans le Sud du Mali, les enfants sont friands de la viande de margouillat. Selon les connaisseurs, sa viande est relativement tendre. Quelques minutes sur le feu suffisent. Certains
Front social: L’UNTM menace de déclencher une grève de quatre jours
Bamako, 29 avr (AMAP) L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a adressé, lundi dernier, au ministère du Travail et de la Fonction publique, un préavis de grève de quatre jours, allant du lundi 17 mai au vendredi 21 mai 2021. Dans ce préavis de grève, dont la décision a été prise, vendredi dernier, au cours d’une session extraordinaire tenue à la Bourse du travail, la plus grande centrale syndicale des travailleurs du Mali revendique « l’application immédiate des accords dont les délais sont à termes échus ou dépassés » par rapport au Procès-verbal de conciliation signé le 5 février 2021. La centrale réclame, aussi, « le traitement diligent des accords dont les délais ne sont pas arrivés à terme », en vue de l’extinction du Procès verbal de conciliation signé le 5 février 2021 et la prise en charge, par le gouvernement de Transition, des salaires des travailleurs de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX) ainsi que le redémarrage « immédiat » de la production de cette unité industrielle installée à Ségou (Centre). L’UNTM exige, également, l’élargissement de la prime de judicature aux greffiers et secrétaires des greffes et parquets, conformément à l’harmonisation du point 1.1 du Procès-verbal de conciliation du 5 février 2021, le retour à leur poste respectif des 22 travailleurs du ministère de l’Administration territoriale relevés suite à la grève du 9 novembre au 22 décembre 2020 et l’application immédiate du point d’accord relatif au paiement des salaires et accessoires de salaires des fonctionnaires des collectivités territoriales du cadre de l’Administration générale, conformément aux procès-verbaux de conciliation des 23 mai 2017, 24 mai 2018 et 26 juin 2019. S’y ajoute l’application immédiate des accords d’établissement des Agences de développement régional (ADR) du Mali. Le bureau exécutif, avec a sa tête, le secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé, menace d’engager tous ses démembrements à observer ce débrayage de 96 heures, si les exigences formulées ne sont pas satisfaites. « Si rien n’est fait, l’UNTM se réserve le droit d’une continuation de la grève à partir du lundi 31 mai 2021, en lui donnant un caractère illimité», a annoncé M. Katilé. Officiellement, le gouvernement n’a pas encore réagi à ce préavis de la centrale syndicale. Au ministère du Travail et de la Fonction publique, en charge du dossier, on s’active pour ne pas commettre les erreurs du passé, c’est-à-dire laisser les jours filer et essayer de se rattraper à la dernière minute. Le conseiller technique en charge du Travail et de la Fonction publique, Mamadou Konaté, que nous avons approché mardi a indiqué que la commission de conciliation sera mise en place, dès que les parties désigneront leurs représentants et établiront le mémoire de défense. «C’est sur la base de ces éléments que la commission de conciliation sera mise en place», a précisé M. Konaté. MDD/MD (AMAP)
Covid-19 au Mali : 58 nouveaux cas enregistrés par les services sanitaires mercredi
Bamako, 29 avril (AMAP) Les services sanitaires ont enregistré mercredi 58 nouveaux cas positifs à la Covid-19, portant le nombre total de la contamination à 13780 dont 8358 guérisons et 477 décès, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) déclare que les 58 nouveaux cas ont été décelés dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et le district de Bamako. Les services sanitaires précisent, par ailleurs que 2546 personnes – contact font l’objet d’un suivi quotidien avant d’inviter les populations à la sérénité et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres, du mercredi 28 Avril 2021
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 28 avril 2021, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence de Monsieur Bah N’DAW, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté un projet de décret ; procédé à des nominations ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’ELEVAGE ET DE LA PECHE Sur le rapport du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant création, composition et fonctionnement du Comité national de la transhumance et des Commissions de conciliation. La Transhumance est le mouvement cyclique et saisonnier des animaux sous la garde de bergers suivant des itinéraires précis en vue de l’exploitation des ressources pastorales d’un territoire donné. Ce mode de vie engendre des retombées économiques aussi bien pour les pays de départ que pour les pays d’accueil. Il est aussi source de conflits, notamment entre éleveurs et agriculteurs et occasionnant parfois des dégâts matériels et des pertes en vies humaines. Dans le souci de la gestion apaisée des activités de la transhumance, les Chefs d’Etats et de Gouvernement de la CEDEAO ont recommandé aux Etats-membres la création d’un organe national chargé de la gestion, du suivi-évaluation de la transhumance et la création d’une Commission de conciliation pour prévenir et gérer les conflits. Le projet de décret adopté crée le Comité national de la transhumance en vue d’harmoniser la réglementation nationale avec les exigences communautaires. Il crée également des Commissions de conciliation au niveau régional et local. Le Comité national de la Transhumance, cadre de concertation et d’orientation, a pour mission d’appuyer le ministre chargé de l’Elevage dans le traitement des questions liées à la transhumance. Il est chargé notamment : d’assurer la gestion et le suivi-évaluation de la transhumance ; de proposer toutes mesures ou actions de nature à favoriser la transhumance ; de contribuer au maintien des écosystèmes ; d’établir le rapport annuel de la transhumance ; de proposer des stratégies et programmes d’organisation de la Transhumance et des activités connexes. Les Commissions de conciliation sont chargées de gérer les conflits nés de la transhumance. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES Directeur général des Marchés publics et des Délégations de Service public : Monsieur Soibou MARIKO, Inspecteur des Services Economiques. Directeur général du Pari Mutuel Urbain du Mali (PMU-Mali) : Monsieur Alfousseyni NIONO, Gestionnaire. Directeur national du Trésor et de la Comptabilité publique : Monsieur Mahamane DEDEOU, Inspecteur du Trésor. Directeur général du Budget : Monsieur Hamidou TRAORE, Inspecteur du Trésor. Président de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières : Monsieur Idrissa Mahamar HAIDARA, Inspecteur des Impôts. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DU DEVELOPPEMENT SOCIAL Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le ministre a également présenté au Conseil des Ministres le point de l’évolution de la campagne de vaccination contre la COVID-19. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, réitère son appel au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie. Bamako, le 28 avril 2021 Le Secrétaire général du Gouvernement, Salifou DIABATE Chevalier de l’Ordre national
14ème Journée mondiale de lutte contre le paludisme : Le paludisme a un peu freiné dans son évolution vers l’élimination (dixit directeur PNLP)
Bamako, 27 avril (AMAP) Le Mali, à l’instar de la Communauté internationale, a célébré la 14ème journée mondiale de lutte contre le paludisme, le 25 avril2021, sous le thème « Zéro palu, tirer un trait sur le paludisme », a appris l’AMAP de source officielle. En prélude des activités, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) a organisé, mercredi dernier au Grand Hôtel, une conférence de presse sur la situation de la lutte épidémiologique de la maladie dans notre pays. La rencontre s’est déroulée en présence du représentant du ministère de la Santé et du Développement social, Markatié Dao, du point focal paludisme à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Boubacar Sidibé et du directeur général du PNLP, Dr Idrissa Cissé. Etaient également présents Dr Issaka Sagara, chercheur au Malaria Research and training center (MRTC), le Centre de recherche et de formation sur le paludisme du prestigieux parasitologue, feu Pr Ogobara Doumbo. Le directeur du PNLP, Dr Idrissa Cissé, dans sa présentation, a déclaré que pendant ces deux dernières années, le paludisme a un peu freiné dans son évolution vers l’élimination, d’où le thème de cette année qui vise à attirer l’attention sur la nécessité d’accroître encore les efforts de lutte contre cette maladie tropicale, avant d’explique que la croisade contre le phénomène intègre les priorités gouvernementales. Dr Idrissa Cissé a également souligné l’engagement des autorités dans la lutte contre le paludisme. Ce qui justifie, selon lui, l’adhésion de notre pays à plusieurs initiatives internationales telles que la couverture universelle aux interventions de lutte contre le paludisme suite à l’appel du secrétaire général des Nations unies en 2008 et l’Initiative Roll back Malaria. Le directeur du PNLP a saisi l’occasion pour dresser le tableau épidémiologique du paludisme dans notre pays. L’Enquête démographique et de santé (EDS-M VI) de 2018 indique que la prévalence du paludisme au Mali est de 19% au niveau national et varie dans les régions. La prévalence est de 1% à Bamako tandis que Sikasso enregistre la plus grande prévalence, soit 30%. Le conférencier a également noté que selon le Système local d’information sanitaire (SLIS 2020), le paludisme est la première cause de morbidité (34%) et de mortalité (22%) dans notre pays. Au cours de la même année, notre pays a enregistré 2.666.266 cas confirmés de paludisme, 843.961 cas graves et 1.708 décès dont une létalité hospitalière de 2%. Le directeur du PNLP Dr Cissé a, par ailleurs, affirmé que les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes sont les couches les plus affectées à l’échelle nationale par cette endémie majeure. Il a aussi rappelé que la stratégie de lutte contre le paludisme dans notre pays est axée sur la prévention, la prise en charge des cas, la gestion des épidémies, l’accès aux intrants de lutte contre le paludisme et les stratégies de soutien. Les actions accomplies dans ce sens concernent notamment la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide (Mild), la pulvérisation intra domiciliaire, la gratuité de la sulfadoxine pyriméthamine (SP) pour la prévention du paludisme chez les femmes enceintes et le pré-positionnement des médicaments et des autres intrants au niveau des districts sanitaires. S’y ajoute la gratuité universelle du Mild pour toute la population chaque trois ans. Dr Idrissa Cissé a reconnu que de nombreux défis restent à relever dont, entre autres, la mobilisation des ressources financières internes, la disponibilité permanente des intrants à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Il dira que le Mali fait partie des 11 pays du monde où le paludisme est une charge élevée pour les familles, après avoir affirmé que le palu constitue un problème de santé publique. S’agissant des perspectives, il a souligné que le PNLP développera des stratégies innovantes de mobilisation des ressources financières internes en faveur de la lutte contre le paludisme et renforcera l’organisation de l’offre et de l’utilisation des services. Le point focal du paludisme à l’OMS, Dr Boubacar Sidibé a précisé que l’organisation onusienne a déploré 384.000 décès évitables liés au fléau dans la Région africaine de l’OMS l’année dernière. Or en 2019, cette région africaine concentrait 94% des 229 millions de cas et des 409.000 décès imputables à la maladie dans le monde. Dr Boubacar Sidibé a affirmé que l’augmentation de la résistance des vecteurs aux insecticides dans la Région et la résistance des parasites du paludisme à certains médicaments sont de nouveaux défis qui se profilent à l’horizon. Il s’est réjoui des résultats qui provenant du déploiement à titre expérimental du vaccin antipaludique RTS, S. Il soutient que ce vaccin est un outil prometteur supplémentaire dans la prévention du fléau. Dr Sidibé a enfin souligné que des mesures urgentes doivent être prises pour se rapprocher des objectifs mondiaux de réduction de 90% du nombre de cas et de décès dus au paludisme d’ici l’horizon 2030. Dans le programme de cette 14ème édition, il y a eu aussi bien à Bamako que dans de nombreuses localités de l’intérieur du pays, des journées scientifiques et des débats, entre autres. KM (AMAP)

