Bankass (Centre) : Signature d’un accord de paix entre des communautés
Bankass, 9 fév (AMAP) Les communautés dogon, peulh et dafing de sept communes du Centre ont signé, dimanche, à Diallassagou (Centre), un accord pour mettre fin à toutes les violences intercommunautaires et ont mis en place un comité de suivi de cet accord, a constaté l’AMAP. Les représentants des communes de Ouenkoro, Sokoura Diallassagou, Tori, Lessagou, Koulogon, Soubala, ont paraphé le document, au cours d’une cérémonie organisée par l’ONG Dialogue humanaitaire (HD) a organisé dans la salle de conférence de la mairie de Diallassagou. Les deux représentants de l’ONG, Modibo Kodio et Saloum, Barry, ont fait indiqué que les clauses de l’accord portent sur le dépôt des armes, la libre circulation des personnes et de leurs biens, le pardon mutuel, la réouverture des écoles fermées, le retour des déplacés. En présence des autorités venues de Bankass et de Bamako ainsi que des notables venus de Tori, les trois communautés ont accepté les clauses de l’accord. Ensuite, Harouna Sangaré, responsable politique de la région et le président du Conseil de cercle, Amadou Yaro, ont appelé, à tour de rôle, une trentaine de personnes, pour la signature. Un comité de suivi de quinze membres a été mis en place pour le respect des engagements de toutes parties. Des contributions d’une valeur de (250.000f) ont été collectées sur place pour le bon fonctionnement du comité de suivi. HD intervient pour la paix et la stabilité au Mali, en général et dans la Région de Mopti (Centre), en particulier. C’est ainsi qu’elle a regroupé les communautés des sept communes pour la signature de cet accord de paix. AKG/MD (AMAP)
Fin des Assises nationales sur le coton : De fortes recommandations
Bamako, 9 fév (AMAP) Les Assises nationales sur le coton, qui ont pris fin, lundi, à Bamako, ont recommandé de valoriser la production nationale par le renforcement des capacités des unités de production existantes. Réunis au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les acteurs de la filière coton, ont également proposé de construire de nouvelles unités de transformation et d’accompagner les tisserands traditionnels. Les Assises nationales sur le coton ont pour objectif de contribuer à la relance de la culture du coton au Mali, en vue de la rendre plus résiliente, compétitive et durable. Les travaux ont, également, retenu, pour la gouvernance des organisations, de séparer les fonctions des syndicats de celles des unions de coopératives, d’accorder une importance particulière aux activités de soutien à la filière cotonnière, de prendre en compte l’Office de la haute vallée du fleuve Niger (OHVN) au niveau de l’Inter Profession Coton (IPC), d’adopter une nouvelle clé de répartition du supplément de rémunération et des frais de fonctionnement du coton graine des structures coopératives au bénéfice des producteurs à la base. Concernant le mécanisme d’approvisionnement et de financement des intrants et la subvention de l’Etat aux producteurs de coton, les participants ont recommandé, notamment, le maintien de la subvention sur les engrais sous sa forme actuelle (subvention sur le prix des engrais) pour relancer la production cotonnière dès la campagne agricole 2021/2022. Ils ont retenu le transfert de la subvention sur le prix à la production, à partir de la campagne agricole 2022/2023, le transfert à la CMDT, de la fonction d’approvisionnement en intrants de qualité sur une période de deux ou cinq ans, au regard des insuffisances actuelles du GIE et de l’ampleur des questions de gouvernance qui ont contribué à détériorer le climat de confiance entre les producteurs. Désormais, les organisations de producteurs seront impliquées dans le processus d’acquisition et veilleront à la transparence des opérations, ont recommencé les participants. Ils ont exhorté le gouvernement à s’impliquer, davantage, dans le contrôle de la subvention des intrants agricoles. Pour la relance de la culture du coton les participants ont proposé, entre autres, de fixer un prix incitatif au kilogramme de coton graine et diminuer, autant que possible, le prix des intrants et des matériels agricoles, rendre gratuites les semences de coton aux producteurs, promouvoir la culture du coton bio pour répondre aux exigences de l’évolution du marché mondial, mobiliser des ressources nécessaires au financement des mesures d’adaptation et d’atténuation auprès du fonds climat, du fonds vert climat et d’autres partenaires techniques et financiers pour renforcer la résilience des producteurs de coton aux effets néfastes des changements climatiques. Au regard de leur pertinence, les participants ont, aussi, exhorté le gouvernement à la mise en place d’une commission de suivi des recommandations des assises régionales. Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ag Mahamoud, a souligné que l’originalité de ces assises réside surtout dans l’inclusivité de la démarche « qui a consisté à faire remonter les propositions de solutions de sorties de crises de la base au sommet ». Le Ministre, qui avait à ses côtés le Président directeur général de la CMDT, Dr Nango Dembélé, a dit l’engagement de son département à mettre en œuvre les recommandations, en rapport avec l’ensemble des acteurs de la filière et avec l’accompagnement politique des autorités du pays. « Le coton malien peut et doit reconquérir sa place de leader au niveau sous régional et en Afrique. Le secteur coton doit se surpasser et aider le Mali à briser le cercle vicieux de la pauvreté et de la précarité », a dit le chef du département de l’Agriculture. Et d’affirmer que l’investissement dans la promotion d’un secteur de coton résilient, compétitif et durable est un levier fort pour l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD-1 et 2) à l’horizon 2030. Dans son allocution, le Chef du gouvernement, Moctar Ouane représentant du Président de la transition, Bah N’Daw, a salué la bonne organisation des travaux et la qualité des contributions des uns et des autres. Il s’est surtout réjoui de l’esprit constructif qui a présidé tout au long de l’exercice. « Les présentes assises ont révélé, de nouveau, la centralité de la filière coton dans l’Economie malienne, à travers son apport dans la création et la redistribution de revenus sûrs et importants aux producteurs de coton, la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, le financement d’infrastructures sociales de base dans les zones d’intervention de la CMDT et de l’OHVN ainsi que dans la dynamisation de multiples branches de l’économie nationale » a-t-il dit. Moctar Ouane a salué l’engagement des partenaires techniques et financiers dans la mise en œuvre de projets et programmes. Il a donné l’assurance que le gouvernement continue d’accorder un ordre de priorité élevé à la filière coton, dans le cadre de la réalisation « de nos politiques et stratégies définies dans la Loi d’orientation agricole, le Cadre stratégique pour la relance et le développement durable (CREDD 2019-2023) et la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (POLNSAN) ». ADS/MD (AMAP)
Denrées alimentaires: La baisse du prix de la farine et du pain en négociations
Par Cheick M. TRAORÉ Bamako, 8 fév (AMAP) Depuis près d’une semaine, les Bamakois paient la miche de pain de 300 g à 300 Fcfa, contre 250 Fcfa habituellement, soit une augmentation de 50 Fcfa. La baguette de 150 g qui coûtait 125 Fcfa, est désormais cédée à 150 Fcfa. Cette hausse, jugée excessive par les ménages, a été orchestrée par la Fédération syndicale des boulangers et pâtissiers du Mali (FSBPM) et affiliés. Certains d’entre eux avaient même observé un arrêt de travail de 48 heures, la semaine dernière, pour manifester leur mécontentement face à la hausse du prix du sac de farine. «Depuis 2011, nous avons convenu avec le gouvernement que lorsque le prix du sac de 50 kg de la farine de blé reste entre 18.000 et 22.500 Fcfa le prix du pain est fixé à 300 Fcfa pour la baguette de 300 g et 150 Fcfa pour la baguette de 150 g», nous avait expliqué le secrétaire général de la FSBPM, Ahmed Dembélé, lors de la grève de deux jours. Et il est constaté une augmentation progressive du cours du blé sur le marché mondial depuis le 3è trimestre 2020. Le prix du blé tendre ou froment, matière première de la farine boulangère, s’est établi à 280 euros (environ 182.000 Fcfa) la tonne, contre 164 euros (environ 107.000 Fcfa) la tonne au mois de mars 2020. «Cette tendance devra se poursuivre jusqu’à la prochaine récolte prévue le mois de juillet 2021», analysent les services en charge du Commerce au Mali. Les industriels ont, selon ces structures, évoqué, entres autres, la hausse des frais de transport terrestre et maritime, et des frais financiers auprès des banques maliennes. Ils se disent, en conséquence, dans l’obligation de décider de la hausse du prix de la farine locale de 17.500 Fcfa à 19.000 Fcfa voire 20.000 Fcfa. Cela il y a deux semaines. Face à cette situation le cadre de concertation de la filière blé/farine/pain a également enclenché la présente hausse du prix de la baguette de pain. Pour faire face à la situation, le ministre en charge du Commerce et son collègue de l’Economie et des Finances ont rencontré les acteurs de la filière. Objectif : rechercher des solutions équilibrées pour stabiliser les prix. «Après avoir écouté les acteurs, les membres du gouvernement, entourés de leurs proches collaborateurs, ont promis d’examiner tous les leviers économiques et fiscaux pour atténuer les effets de l’augmentation des prix mondiaux du blé sur la farine produite localement et par ricochet celui du prix du pain afin d’éviter l’enlisement des prix», assure une note du ministère en charge du Commerce. Il précise qu’une rencontre avec les secteurs des finances est programmée à cet effet. En ce sens, le gouvernement entend faciliter l’accès de nos industries (il en existe au moins quatre) à la matière première qu’elles transformeront sur place pour permettre aux boulangers et commerçants d’avoir la farine made in Mali à un coût abordable. Cette proposition salutaire prend à contre-pieds les stratégies classiques et taillées sur mesure visant à encourager, en de pareille circonstance, l’importation de farine (produit fini), en renoncer à des taxes au niveau du cordon douanier notamment. Elle permettra, sans doute, de booster l’économie à travers les impôts payés à l’Etat, la production locale, créer des emplois pour les jeunes… Ainsi dans les jours à venir, les consommateurs pourraient «retrouver leur baguette de pain, respectant les normes de qualité, à un prix compatible avec leur pouvoir d’achat». Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements, Harouna Niang, a rencontré, en fin de semaine dernière, les boulangers et livreurs de pain dans ce sens, en présence des membres du Cadre de concertation pour la commercialisation du pain en vue de trouver des solutions à la hausse des prix de la farine boulangère et du pain, assure ledit département. Il précise que «des efforts ont été demandés à chaque partie du maillon de la filière pour atténuer les effets de l’envolée du prix du blé sur le marché international.» Toutefois, la solution définitive passera indéniablement par la création d’unités industrielles à mesure de réponde à la forte demande. Notre pays dispose de terres arables en abondance. Des opérateurs économiques se sont déjà lancés dans la production de blé, notamment la Société M3. Il reste la volonté politique pour faire de notre pays l’un des principaux producteurs de blé sur le continent.
Nouvelle baisse des infections de Covid-19 au Mali: Cinq cas et un décès lundi
Bamako, 8 fév (AMAP) Les services de santé maliens ont enregistré, lundi, cinq nouveaux cas de Covid-19, sur un total 491 échantillons prélevés et un décès, annonce le communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. Au même moment, on note cinq patients guéris au cours des dernières 24 heures, D’après les données ministérielles, les malades du jour sont identifiés dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (près de la capitale) et celle de Kidal (Nord) avec respectivement un cas chacune. “Les deux autres infections ont été diagnostiquées dans les Communes lll et lV du District de Bamako”, précise le communiqué ministériel. Au total, le Mali enregistre 8.181 cas positifs, 6.071 patients guéris contre 339 décès dont plus de 270 survenus dans les centres de prise en charge. AT/MD (AMAP)
Coalition pour le Sahel : Une stratégie gagnante
Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 8 fév (AMAP) La lutte contre le terrorisme a connu une évolution significative au cours des douze derniers mois. Lors du prochain sommet prévu à N’Djamena, les chefs d’Etat sahéliens et leur homologue français feront une évaluation des progrès accomplis sur le terrain. De l’opération « Bourrasque » d’octobre 2020 à « Éclipse » en janvier dernier, l’alliance franco-sahélienne regroupant la Force française Barkhane et la Force conjointe du G5 Sahel ont neutralisé de centaines de terroristes et saisi de nombreux équipements. Ces opérations militaires constituent la concrétisation, sur le terrain, des décisions prises lors du sommet de Pau. En janvier 2020, dans la ville française, la France et les cinq pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) ont redéfini les contours de leur partenariat dans la lutte contre le terrorisme. La «Coalition pour le Sahel» lancée, à l’occasion, a visé à faciliter la synchronisation, la coordination et les interactions entre les différents volets de l’action internationale en appui aux pays du G5 Sahel. L’objectif étant d’en faire, à l’échelle régionale, une action cohérente qui englobe l’ensemble des leviers et des acteurs impliqués au Sahel, qu’ils portent sur les questions sécuritaires, politiques ou de développement. Une année après, l’heure est à l’évaluation du dispositif et l’exercice, qui réunira, dans quelques jours, les chefs d’Etat dans la capitale tchadienne, s’annonce sous de bons auspices. Le premier pilier des décisions de Pau a été le recentrage des opérations militaires sur la Région des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, là où se sont concentré les attaques terroristes en 2019. Les objectifs militaires fixés ont eu le mérite d’avoir donné du punch à la lutte commune contre l’ennemi, qui reste néanmoins toujours très actif. L’actualité immédiate en dit long sur ses capacités de résilience, aussi bien au Mali que chez les voisins burkinabè et nigériens où les forces armées continuent d’essuyer des attaques meurtrières. Avec cinq soldats tués, en moins d’une semaine, au seuil de 2021 et une accusation de bavure, sans bien voir ce qui pourrait ressembler à une vraie victoire, nul doute que l’opinion française s’interroge sur le sens du combat au Sahel. PERTES CHEZ L’ENNEMI – Les drames survenus au cours de ces dernières semaines ne veulent pourtant pas dire que les choses vont plus mal, car les pertes chez l’ennemi augmentent bien plus. Les résultats opérationnels ont été au rendez-vous avec des coups sévères portés aux groupes armés. Ainsi, des grands noms du terrorisme ont été éliminés, comme l’Algérien Abdelmalek Droukdel, chef des opérations d’Aqmi et contrebandier de renom. Il a été éliminé par l’Armée française le 3 juin 2020. Tout comme le Malien Bah Ag Moussa, un des bras droits d’Iyad Ag Ghali, tué le 10 novembre 2020. L’homme avait organisé plusieurs attaques meurtrières contre les positions des Forces armées maliennes (FAMa). Djamel Okacha dit Yahia Abou al-Hamman, un autre chef terroriste algérien, a été tué le 21 février 2019 près de Tombouctou. En plus de ces têtes de proue du terrorisme au Sahel, des centaines de combattants ont été éliminés au cours des opérations de l’année écoulée. Selon l’état-major de l’Armée française, à l’instar de l’opération « Bourrasque » conduite en octobre 2020, l’opération « Éclipse » de janvier 2021 a, elle aussi, vu l’engagement de plus de 3.400 militaires dont 1.500 Français et 1.900 partenaires dont 900 Burkinabés, 850 Maliens et 150 Nigériens. Résultats : des centaines de terroristes tués et leurs équipements saisis. On pourrait y voir de quoi proclamer une relative victoire. Pour des analystes, la demande de négociations de certains membres des groupes terroristes est d’ailleurs l’expression d’une profonde lassitude, voire d’un découragement qui serait, enfin, le début de cet effet émergent que Paris et ses alliés recherchent à coups de raids, de traques et de frappes. Les partenaires doivent cette percée sur le terrain à l’amélioration de l’interopérabilité et le perfectionnement de toutes les procédures de coordination. Pas seulement entre Barkhane et les forces armées respectives mais, aussi, avec la Force du G5 Sahel. Par exemple, l’opération conjointe «Éclipse» du 2 au 20 janvier, a permis de neutraliser de nombreux terroristes, d’en capturer une vingtaine et de saisir plusieurs motos et du matériel de guerre. Il y a aussi des moyens nouveaux très importants qui ont été engagés suite à la rencontre de Pau, comme les drones Reaper armés. Selon des statistiques, 80 % des pertes ennemies sont désormais le fait des forces aériennes. Mais, toujours est-il que les morts ennemis n’ont pas la même valeur stratégique que ceux enregistrés dans les rangs des forces régaliennes. Et c’est peut-être en cela qu’il faut comprendre les impatiences au sein de l’opinion publique, dont une partie peine encore à cerner les vrais enjeux de la guerre au Sahel et remet en cause, après chaque attaque, l’intérêt de la présence de troupes françaises. Ainsi, le ressentiment antifrançais persiste. Ce même ressentiment que le sommet de «clarification » de Pau était censé dissiper. Cette situation qui agace Paris s’invitera dans les débats à N’Djamena, où les chefs d’Etat devront encore réaffirmer leur volonté de poursuivre le partenariat. La France aide nos pays à circonscrire l’expansion terroriste. Le faisant, elle contribue à lutter contre la déstabilisation du Sahel dont les conséquences sont nombreuses sur ses intérêts et sa sécurité. Pour le moment, plusieurs observateurs estiment que les pays du Sahel ont besoin du parapluie de la France contre les intempéries du terrorisme dans nos vastes étendues. Un désengagement total de la France ouvrirait la voie à des lendemains incertains pour le système laïc et démocratique dans nos pays. C’est pourquoi, les autorités des pays du G5 Sahel ne font pas mystère de leur volonté de poursuivre le compagnonnage avec Paris. « Il n’y a aucun doute possible, ces forces étrangères sont des alliés importants… Nous devrions nous convaincre que nous ne gagnerons pas cette guerre en nous trompant d’ennemi et en faisant le jeu des hordes terroristes », a soutenu, récemment, le ministre malien de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, dans
Jardins d’enfants : les tout-petits ont besoin de s’échauffer en période de froid
Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 08 fév (AMAP) Certains spécialistes de la médecine sportive expliquent que la pratique de l’activité physique, pendant le froid, contribue à l’amélioration de la circulation sanguine. En période de froid, les tout-petits sont plus enclins à faire de la pneumonie et d’autres maladies pulmonaires, d’où la nécessité de les protéger avec des vêtements indiqués contre le grand froid, notamment les pull-overs et autres manteaux pour enfants. Les Centres de développement de la petite enfance (CDPE), plus connus sous le nom de « jardins d’enfants », songent à la protection des enfants pendant le grand froid. Ils organisent des activités ludiques par le biais des monitrices pour simplement expliquer un peu les risques liés au froid, mais aussi faire en sorte que ces activités permettent de réchauffer ces petits corps fragiles. Dans la cour du jardin d’enfants Kassé Kéita, situé au Quartier du fleuve, c’est la récréation. Les gosses gambadent sur les manèges, les toboggans et autres balançoires. Certains savourent bien leur gouter loin de leurs turbulents camarades. Mais tous ou presque portent des pull-overs. Certains d’entre eux ont, en plus, les mains gantées. Mme Coulibaly Coumba Kéita est l’une des monitrices de ce centre. Elle-même est bien couverte d’un chandail. La monitrice explique que chaque matin, après la montée des couleurs, le CDPE Kassé Kéita organise des activités en plein air pour réchauffer les petits enfants. Ils y pratiquent de la gymnastique, mais aussi des jeux mobiles et l’éducation physique. Les vendredis sont consacrés à la ronde, précise la monitrice. « Nous avons recours à des leçons de morale pour sensibiliser les enfants sur les conséquences néfastes du froid », raconte-t-elle. Salimata Kéita, âgée de 5 ans, est à la grande section au jardin d’enfants Kassé Kéita. Drapée dans son pull-over rose, elle retient bien les conseils de ses monitrices. Selon elle, les parents doivent vêtir leur progéniture d’habits lourds. La fillette cite volontiers quelques maladies dues au froid, notamment la pneumonie, le rhume, la toux et l’angine. Comme la plupart de ses camarades, Salimata Kéita évite de se laver tous les matins. « Même avec de l’eau chaude, je me lave moins pendant le froid », dit-elle. Pour elle, cela permet d’éviter d’attraper de la pneumonie ou d’autres pathologies qui sévissent fréquemment pendant le grand froid. Mme Fomba Fatou Sangaré est aussi monitrice dans un jardin d’enfants. La voix enrouée par une angine, la pédagogue apprécie bien les échanges que nous avons avec ses « moineaux ». Elle explique avoir été agréablement surprise par une jeune de 5 ans qui rappelait l’importance de se protéger contre le vent pour ne pas avoir la pneumonie. «On est peut-être loin d’imaginer qu’à cet âge, un enfant comprenne les risques liés au froid », s’étonne Mme Fomba. Et de se féliciter du fait que le message a été bien reçu par les enfants. Kadia Tembely, monitrice au Complexe scolaire Louise Taillet partage le même avis. Dans son établissement, elle consacre 5 minutes à des conseils utiles contre le froid, au moins trois fois par semaine. Quant à sa collègue qui enseigne dans une maternelle à Titibougou, elle reconnaît aussi que le froid est une période très difficile à supporter pour les enfants. «Nous faisons des activités physiques pendant environ une dizaine de minutes pour réchauffer les enfants», indique Mariam Dansoko. Malgré l’intransigeance des encadreuses sur le port des habits lourds, certains enfants développent une intolérance aux vêtements en soie. à ce propos, Mme Coulibaly Coumba Kéita, nous parle de l’exemple de la petite Mariétou qui ressent des démangeaisons chaque fois qu’elle porte le pull. En ce moment précis de notre entretien, un jeune garçon débarque d’une voiture avec des habits légers. La monitrice se fait le devoir de rappeler à ses accompagnants la nécessité de le couvrir les matins au moins avec un pull-over. Les gosses qui sont transportés le matin par des motocyclistes doivent être encore plus protégés avec des habits lourds, des cache-nez, gants et bonnets pour couvrir leurs oreilles, explique notre monitrice. Mme Dembélé Rokiatou Sissoko, monitrice à la section des petits au jardin d’enfants Kassé Kéita. Dans sa classe, les enfants ont 3 ans. Elle aime à rappeler aux parents les bonnes manières à adopter pendant le froid. Cette sensibilisation se fait à l’accueil au portail. Pour préserver les enfants du froid, certains parents n’hésitent pas à leur faire porter en plus des gants, des chaussettes et des bonnets. Aminata Coulibaly a une petite fille inscrite au jardin d’enfants. Cette mère utilise le beurre de karité comme pommade de rafraichissement de la peau de son enfant en cette période de froid. Elle prête à cette substance des vertus mais rappelle surtout son efficacité contre l’agression de la peau (sécheresse cutanée) pendant le froid. Elle vêt aussi sa fille avec des habits lourds. Comme elle, d’autres mères de famille prennent les précautions nécessaires, ou mettent en application les conseils utiles pour protéger leur progéniture de la baisse de température. Dr Ali Bah, pédiatre signale que le froid peut causer des infections respiratoires telles que la pneumonie, le rhume et la rhinite. Cette dernière maladie, précise le toubib, est une inflation aiguë de la muqueuse des fosses nasales. Dr Bah insiste sur le fait que les parents doivent couvrir leurs progénitures et limiter les bains.
Brûlure chez les enfants : Les complications peuvent être fatales
Par Fatoumata NAPHO Bamako, 08 fév (AMAP) La brûlure reste un accident fréquent chez l’enfant. Elle est considérée comme une pathologie grave chez les tout-petits. Ils sont en première ligne pour les accidents domestiques. L’hôpital Gabriel Touré est le seul centre de prise en charge des enfants brûlés. Il reçoit en moyenne 100 cas par an. Environ 2 décès par mois sont causés par des brûlures. D’après Dr Alou Doumbia, chirurgien pédiatre au service de chirurgie pédiatrique de l’établissement hospitalier, en cette période d’hiver, les brûlures sont très fréquentes chez les enfants. Il révèle que son service peut accueillir 3 à 4 brûlés par jour surtout pendant la période du froid. Il explique que les enfants sont plus exposés aux brûlures parce qu’ils sont curieux, trop distraits et sont tentés de toucher à tout. Il incrimine aussi la négligence coupable des parents. « C’est pour cela qu’on assiste trop souvent à des accidents domestiques ». Une brûlure, selon le chirurgien pédiatre, est une destruction de la peau ou de la muqueuse par un agent. Autrement dit, une destruction de la peau ou de la muqueuse par la faute d’un agent causal qui peut être thermique, physique, électrique. L’agent thermique peut être de l’eau chaude, de la flamme ou les étincelles, etc… Les moyens physiques, il y a les vapeurs d’eau dans les laboratoires ou les réactions chimiques. L’agent chimique peut être l’acide et les soudes caustiques, entre autres. La maladie même de la brûlure commence 72 heures après. Elle se manifeste par la malnutrition, l’anémie et la déshydratation. Ces trois facteurs combinés peuvent provoquer le décès de l’enfant. La surface brûlée perd beaucoup de plasma. La déshydratation va favoriser une insuffisance rénale fonctionnelle, des troubles ioniques. La fuite des proctites causera un retard de cicatrisation. Avec l’anémie, il va avoir une hypo perfusion cellulaire entraînant une défaillance polyvicérale. «Moins la brûlure est grave, plus le pronostic est bon. Mais plus elle est grave, plus le pronostic est mauvais », souligne Dr Doumbia, avant de relever que la brûlure est classée en trois degrés. Le premier se manifeste par des petites rougeurs sur la peau. Le deuxième degré est superficiel et profond. Superficiel parce que causé par des phlyctènes. Et profond lorsque ces phlyctènes sont détruites et au fond il y a un aspect blanchâtre. Le troisième degré, c’est la destruction de toute couche cutanée appelée carbonisation. Il précise à ce niveau que la brûlure a un aspect nécrosé. D’après le pédiatre, la prise en charge d’une brûlure est pluridisciplinaire, c’est-à-dire qu’elle nécessite un centre spécialisé. Pour lui, il faut beaucoup de moyens parce que la maladie, en plus de la peau, atteint tous les organes. Les complications locales commencent en effet, au 72è jour de la brûlure. Et ensuite les complications générales peuvent aboutir au décès. La prise en charge dépend de la gravité, c’est-à-dire de l’étendue ou de la profondeur de la brûlure. Mais aussi de l’âge, de l’agent causal, des tares associées et du siège. Pour le premier degré, le chirurgien pédiatre explique que le traitement ne dépasse pas une semaine à 10 jours lorsque la prise en charge se fait adéquatement et dans la célérité. Le deuxième degré superficiel ou profond guérit dans les 21 jours. Mais avec le deuxième degré profond, il précise qu’il faut compléter par des greffes cutanées lorsque ça ne se cicatrise pas. Avec le troisième degré, il faut utiliser la nécrosectomie. Ensuite des pansements gras. « Une fois cela fait, on complète par une greffe cutanée », explique le chirurgien. Il précise que c’est dans les cas où la cicatrisation évolue favorablement. Dans le cas contraire, avec des nécroses des membres, il faut une amputation. Il faut aussi préciser que plus la prise en charge se fait tôt, plus il y a moins de séquelles. Ce qui permet d’éviter des complications qui peuvent survenir. Ces complications sont souvent immédiates. Il s’agit de la malnutrition, l’anémie, la déshydratation. Les complications indirectes peuvent être des brides rétractiles. Par exemple, les enfants qui ont des brides et qui ne sont pas pris en charge rapidement peuvent développer des fibroses, des rétractions. Le traitement nécessite une chirurgie au niveau des doigts ou autres. Avec la présence de certaines maladies comme le diabète, l’épilepsie, la drépanocytose, le VIH/Sida, la cicatrisation n’est pas facile. En effet, ces maladies sont des tares associées qui provoquent un retard de cicatrisation. Les difficultés sont énormes pour la prise en charge de enfants brûlés. Seul centre de prise en charge pour tout le Mali, l’hôpital Gabriel Touré ne dispose pas de plateau technique adéquat pour offrir des soins encore meilleurs à ces enfants brûlés et ne dispose que de 9 lits. La plupart des enfants sont issus de familles démunies alors que la prise en charge est très coûteuse. Pour éviter les brûlures, le pédiatre conseille une bonne surveillance des enfants mais surtout les éloigner de tous agents qui causent la brûlure au niveau de la cuisine. Il faut aussi protéger les prises et rallonges électriques.
Dr Bakary Sambe : “Timbuktu Institute appelle à la co-construction des stratégies au Sahel et au Mali
Propos recueillis par Mohamed Ag AHMEDOU Journaliste indépendant À l’occasion de l’ouverture de son bureau au Mali, le directeur de Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies, Dr Bakary Sambe, connu comme l’un des plus grands experts des réseaux transnationaux et du terrorisme au Sahel, répond à nos questions sur les objectifs et axes de travail de son Institut, de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA). Ses travaux actuels s’intéressent aux stratégies endogènes, dynamiques transfrontalières et l’expérimentation des approches agiles en zone de crise. Expert auprès des Nations unies, de l’Union européenne (UE), de l’Union africaine (UA), il a notamment conçu et mené le plaidoyer pour l’implantation de la Cellule régionale de prévention et de lutte contre la radicalisation du G5 Sahel (CELLRAD), accompagné le processus d’élaboration des stratégies nationales au Niger, au Burkina Faso, en Centrafrique et réalisé le premier manuel de bonnes pratiques de résilience. Il s’exprime, aussi largement, sur la situation politico-sécuritaire au Mali en pleine transition de même que le rôle des partenaires internationaux, comme la France, ainsi que sur les pistes pour la stabilisation du Mali et l’avenir des coopérations sécuritaires. Pouvez-vous nous parler du Timbuktu Institute ? Dr Bakary Sambe : Timbuktu Institute se veut un cadre de production de connaissances endogènes, d’échanges et de diffusion autour d’une contribution africaine à la promotion et à la consolidation des valeurs universelles de paix. Pour la réalisation d’une telle ambition portée par une nouvelle génération africaine assumant son passé riche de ses métissages et brassages, consciente de son rôle présent en faveur de la paix et de la stabilité ainsi que de sa responsabilité historique pour un meilleur avenir, Timbuktu Institute est un cadre ouvert, inclusif et pluridisciplinaire de recherche et d’actions. Pour ce faire, l’Institut est conscient des difficultés liées aux contraintes politiques, socioreligieuses, culturelles, et à un contexte international et régional où foisonnent les zones de tensions et les crises multiformes. La préoccupation du Timbuktu Institute et de ses chercheurs est que sur toutes les questions importantes pour l’Afrique et le monde puissent s’exprimer des voies africaines audibles et scientifiquement crédibles. Les partenaires internationaux aussi ont besoin d’une ethnologie inversée qui pourrait les aider avec un regard extérieur à leurs paradigmes dominants. Quels sont ses grands axes pour le Mali ? Dr Bakary Sambe : Beaucoup d’acteurs nationaux comme internationaux consultés avant l’ouverture de notre bureau de Bamako nous ont exprimé leur regret de l’absence de l’Institut au Mali qu’ils considéraient comme un non-sens. C’est conscient de la nécessité d’une approche holistique et de réponses multidimensionnelles aux nombreux défis liés au développement, la sécurité, la promotion des droits humains, de la bonne gouvernance, de la réduction des inégalités conflictuelles, des extrémismes religieux et politiques que Timbuktu Institute a été mis en place par des chercheurs et acteurs divers de la société civile régionale. Nous étions toujours convaincus que la seule approche sécuritaire des conflits n’a jamais suffi à les éradiquer. L’Institut privilégie un traitement pluridisciplinaire, ouvert et valorisant les ressources endogènes pour inspirer des méthodes innovantes et agiles de médiation et de résolution de crises en Afrique. Les solutions militaires sont nécessaires pour gérer les urgences sécuritaires mais ne sont ni efficaces ni durables contre le terrorisme. L’expérience américaine en Afghanistan l’a suffisamment démontré. Une kalachnikov n’a jamais pu tuer une idéologie. Quelle est sa particularité par rapport aux autres observatoires sahéliens? Dr Bakary Sambe : Notre Institut allie recherches et actions, plaidoyer et sensibilisation dans le but de promouvoir la paix co-construite, de prévenir et lutter contre toutes formes d’instrumentalisation des idéologies ou religions à des fins de violence et de conflits pouvant déstabiliser ou compromettre la paix et la stabilité des différents pays. De ce point de vue, l’Institut a voulu se distinguer d’autres centres et instituts dont les recherches sont uniquement orientées vers l’académisme classique, ne visant pas forcément à contribuer au changement. Les publications de Timbuktu Institute cherchent à accompagner et éclairer l’élaboration des politiques publiques et proposer des pistes exploitables par les acteurs, décideurs et partenaires internationaux. N’est-ce pas une ambition démesurée dans des pays comme les nôtres ? Dr Bakary Sambe : Je ne le crois pas et c’est justement cette attitude d’esprit qu’il va falloir dépasser. Nous voulons rendre plus évidente la connexion et l’interdépendance entre le monde de la recherche et de la décision. L’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA), animé par les chercheurs de l’Institut, à partir de plus de dix pays de la région, est pour nous une matérialisation d’une telle vision d’anticipation et de prospective sur ces conflits qui couvent, en décelant les signaux faibles que le regard extérieur ou occidental a du mal à capter par les statistiques et autres études décalées des réalités du terrain. Dans nos pays, il est insensé de dépenser les maigres ressources que nous avons dans la recherche sans que celle-ci puisse impacter le vécu de nos concitoyens. Nous sommes dans une logique d’opérationnalisation de la recherche et de ses résultats sur le modèle des grands Think tanks qui structurent la politique étrangère des pays du Nord, en nous imposant la même rigueur scientifique et les mêmes standards en matière d’innovation. Quelle analyse faites-vous de la situation institutionnelle, politique et sécuritaire au Mali ? Dr Bakary Sambe : Le Mali est à la croisée des chemins. Il vit un paradoxe et semble revivre la même situation qu’en 2012 avec une crise institutionnelle à Bamako et une situation sécuritaire qui a du mal à se stabiliser aussi bien au Nord que dans le Centre. L’autre paradoxe est que voilà la jeunesse d’un pays qui s’était soulevée contre la mal gouvernance éprise de liberté et de démocratie et qui se retrouve dans une impasse politique où les institutions tant rêvées ne sont pas encore totalement en place et la paix si désirée n’est pas, non plus, au rendez-vous. Comme nous l’écrivions dès le lendemain du coup d’État d’août 2020, la jeunesse malienne qui, par dépit ou espoir, s’était rangée avec une classe politique désemparée derrière un imam Dicko
Covid-19 au Mali : 16 nouveaux cas enregistrés dimanche
Bamako, 8 février (AMAP) Seize (16) nouveaux cas positifs à la Covid -19 ont été enregistrés dimanche au Mali, portant le nombre total de la contamination à 8176 dont 6066 guérisons et 338 décès, a appris l’AMAP de source officielle. Les services de santé précisent que sur les 16 nouveaux cas enregistrés, 2 cas ont été découverts en CII, 2 cas en CIII, 3 cas en CIV, 4 cas en CV et 5 cas en CVI du district de Bamako. L’Institut de santé publique (ISP) déclare par ailleurs que 932 personnes -contact font l’objet d’un suivi quotidien avant d’inviter les populations à la sérénité et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)
Kolondiéba : Un policier disparu et 3 autres blessés dans l’attaque de leur Commissariat par des hommes armés
Kolondiéba, 8 février (AMAP) Un policier est disparu et 3 autres ont été blessés dans la nuit de dimanche à lundi, dans l’attaque du Commissariat de la ville de Kolondiéba, localité située à 150 km de Sikasso, 3ème région du pays, par des hommes lourdement armés et non identifiés, a appris l’AMAP de source locale. Selon notre source, des hommes lourdement armés sur des motos entonnant « AllaHoukbar », ont attaqué vers 1H du matin le Commissariat de la ville, criblant de balles le bâtiment et les engins stationnés avant de disparaitre avec un policier et laissant sur place trois autres blessés. La riposte des agents a permis de repousser les assaillants qui voulaient mettre à feu les engins et tout le commissariat selon notre source qui précise par ailleurs que les blessés ont été évacués à Bamako pour des soins appropriés. Notre source qui déclare que des enquêtes ont été ouvertes pour élucider les circonstances exactes de l’attaque, précise que les populations qui ont fait appel aux forces de défense pour sécuriser la localité, vit dans une peur bleue. DDK/KM (AMAP)

