Journée internationale de la radio : Au service du développement économique local de Diéma (Ouest)
Par Ouka BA Diéma, 13 fév (AMAP) De nos jours, la radio, dont c’est la Journée internationale aujourd’hui, constitue l’un des canaux de communication le plus fiable, le plus sollicité, surtout en milieu rural, dans une zone comme Diéma, dans l’Oest du Mali. Ici, on entend souvent : « C’est la radio qui a dit…».Tout ce qui est diffusé par la radio devient crédible. Si certains apprécient ce médium, d’autres, par contre, n’y sont pas favorables. Pour eux, « parole de radio n’est pas argent comptant » (Radio la kouma don… ) Informer et inviter vos parents, vos proches, vos amis, à un évènement social, par la radio, certains conservateurs y verront un manque de respect à leur égard. Ceux-ci exigent de vous, de vous déplacer, pour transmettre l’information. Quoi qu’on en dise, la radio contribue au développement économique local, à travers des messages d’information, de sensibilisation, d’éducation et par la promotion des loisirs. Si bien qu’aujourd’hui, on a tendance à délaisser les crieurs publics, dont la portée des informations, semble-t-il, n’atteint pas une plus large cible. En toutes circonstances, on fait recours à la radio : cérémonies de baptême, de mariage, de décès ou autres évènements sociaux. Les radios sont à l’œuvre, lors des journées nationales de vaccination. Elles diffusent constamment des spots, organisent des tables-rondes. Il en est de même dans le cadre de la prévention et la lutte contre le Coronavirus ou toute autre calamité affectant les communautés. Pour certaines rencontres officielles, on passe souvent par les radios pour informer les acteurs. Il en va ainsi des avis de perte, des cas de vol de bétails qui sont relayés par les antennes. Aux dires de plusieurs personnes, les radios participent véritablement au changement de comportements. Dans le Cercle de Diéma, on dénombre près d’une dizaine de radios dont Jamana implantée depuis 1999, émettant sur un rayon de 100 km, première radio du cercle, la radio Lalama de Farambouné, la radio Kingui de Béma, les radios Kaarta FM et rurale de Lambidou, la radio Benkande Diangounté Camara, la radio de Dioumara, Raboua FM de Diéma qui diffuse, principalement, des émissions religieuses, la radio Sangha de Lakamané. Ces différentes radios, disposent de programmes constitués, principalement, de messages d’information et de sensibilisation. Les radios du Cercle de Diéma volent de leurs propres ailes. Elles ne reçoivent de la part de l’Etat, ni de partenaires, aucun fonds pour fonctionner correctement. La plupart d’entre elles, ont des difficultés pour assurer le paiement correct des salaires de leurs agents. Le directeur de la Radio Jamana de Diéma, Souleymane Diarra, également représentant de l’Union des radios et télévisions libres (URTEL), évoque quelques difficultés majeures des radios, notamment l’arrêt de la formation du personnel et l’insuffisance d’équipements pour produire les missions. Sa radio entretient depuis des années un partenariat avec les ONG de la place. Le Conseil de Cercle et plusieurs services techniques la sollicitent. Joint par téléphone, le maire de la Commune rurale de Lambidou, Mamadou Coulibaly, apprécie le concours de radios. « Dès qu’une station donne l’information sur un vol d’animaux, tout le monde se mobilise », se réjouit le maire qui se dit prêt à accompagner les sataions pour un meilleur développement de sa commune. Dianguina Diawara, notable à Kassé-kara signale que la radio Jamana de Diéma et la radio Kingui de Béma, sont beaucoup écoutées par les populations de la localité. Par contre, il signale les auditeurs reçoivent « faiblement la radio de Troungoumbé, dans le Cercle de Nioro du Sahel, à cause de la distance ». Souleymane Konaté est 1er adjoint au maire de la Commune urbaine de Fatao. L’élu a laissé entendre que la mairie compte, avec le soutien de l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT), créer une radio à Fatao. La radio Lalama de Farambouné est dirigée par Abdoul Salam Boune, qui explique que les maigres recettes générées par la diffusion des avis et communiqués permettent à sa statio de ne pas sombrer. « Notre radio vit, au jour le jour. Nous ne disposons pas d’assez de moyens », dit-il, un peu déçu. Diédi Macoulmack, vendeur de foin, explique qu’un jour, lorsque le seul âne qui transportait sa marchandise s’est s’échappé, c’est grâce à la radio, qu’il a pu retrouver sa bête. « Sinon, affirme-t-il, mon commerce allait s’effriter ». « Notre père n’aime pas regarder la télé. Il a toujours son petit transistor collé à l’oreille. Il dort souvent laissant l’appareil ronronner. Il connaît, sur le bout des doigts, les émissions qui passent à la radio Jamana », déclare Bourama Konaté, le bourrelier. Diatourou Kébé, domicilié à Madiga Sacko. « On capte la radio Jamana de Diéma pour nos besoins d’information et de communication, pour le moment », dit-il. L’homme regrette l’absence de réseaux de teléphonie mobile dans la Commune de Madiga Sacko. Et Kébé de poursuivre : « Actuellement, les travaux d’implantation du réseau d’un opérateur sont en cours. Une fois installé, tous les villages de notre commune seront connectés ». Il explique que l’an passé, lorsque ses bœufs de labour ont disparu, il a envoyé immédiatement le communiqué à la radio. « Dieu faisant bien les choses, le même jour, ils ont été retrouvés et ramenés sains et saufs », a dit Kébé. Modibo Sissoko, 1er adjoint au maire de Gomitra, affirme que sa commune reçoit à peine des informations de la radio de Dioumara dont la portée est faible. « La mairie de Gomitra, déclare-t-il, est à la recherche de financement pour l’implantation d’une radio dans la commune ». Selon lui, l’absence de radios dans certaines localités a contribué à aggraver, ces derniers temps, l’insécurité dans le Cercle de Diéma. L’année dernière, plusieurs bœufs de Samba Diagouraga, fils du chef de village de Souranguédou Santié, se sont égarés en brousse. Aussitôt après la diffusion de l’avis de perte à la radio Jamana, il a reçu les nouvelles de ses animaux. Selon Mamadou Mah Sissoko, chef sous-secteur Agriculture de Dioumara, en matière d’information, aucun réseau ne peut remplacer la radio. La radio profite plus aux producteurs agricoles qu’à n’importe qui. « C’est, poursuit le technicien, à travers la radio que les paysans s’informent sur le
Mali : L’Algérie intègre le C.A de l’Ecole de maintien de la paix de Bamako
Bamako, 12 fév (AMAP) La République démocratique et populaire d’Algérie siègera désormais de plein droit au Conseil d’administration de l’École de maintien de la Paix Alioune Blondin Baye (EMP-ABB), en devenant le 12è membre et le 2è (membre associé) du Conseil d’administration après le Maroc. Cette adhésion a été officiellement actée par la signature d’une convention de partenariat entre l’Algérie et l’EMP-ABB mercredi dans l’enceinte de l’établissement régional, au cours d’une cérémonie présidée par le représentant du ministre de la Défense et des Anciens Combattants (Président du Conseil d’administration), le général Souleymane Doucouré, en présence du ministre algérien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Sabri Boukadoum, et son homologue malien, Zeïni Moulaye. Après le discours de bienvenue du directeur général de l’École, le ministre algérien en charge de la Coopération internationale a expliqué que son pays tient « à œuvrer avec beaucoup de force à la réconciliation et à la préservation du Mali comme un pays uni, stable et prospère dans l’avenir ». Cela, non seulement à travers la coopération bilatérale, mais également dans le cadre du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. « Vous pouvez compter sur l’appui de l’Algérie dans toute sa dimension. Nous serons présents dans ce rôle de promotion de la paix, au nom du devoir de solidarité et de fraternité que nous avons avec le Mali, et avec tous ceux qui en ont besoin, en Afrique surtout », a déclaré M. Boukadoum. Le Conseil d’administration de l’école de maintien de la paix compte désormais douze membres : le Canada, Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Danemark, la France, le Japon, l’Allemagne, le Royaume des Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suisse et le Mali. AT/MD (AMAP)
Mali: Baisse remarquable des infections avec 04 cas de Covid-19 vendredi
Bamako, 12 fév (AMAP) Les services de santé ont enregistré, vendredi, quatre nouvelles personnes infectées par le coronavirus, sur un total de 969 échantillons prélevés, annonce le communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. Par ailleurs, les médecins ont déclaré 44 patients guéris de la maladie contre zéro décès, au cours des dernières 24 heures,. Le communiqué ministériel indique que les quatre malades du jour sont identifiées dans la première région administrative du pays, Kayes, ainsi que dans les Communes ll et Vl du District de Bamako, la capitale. À ce jour, le Mali totalise 8.222 cas positifs de Covid-19 dont 6.154 patients guéris contre 340 décès. AT/MD (AMAP)
Entreprises de radio : Face à la précarité
Par Oumar SANKARÉ Bamako, 12 fév (AMAP) Sous un hangar fait de tôles et de pailles, est confortablement installé Hamara Camara. Le quinquagénaire qui exerce le métier de cordonnier depuis bientôt 25 ans, répare des chaussures. Un pagne étalé sur les genoux, il rafistole les semelles d’une basket (chaussure de basketball). Derrière lui, le vieux Moussa Doumbia et un groupe de cinq jeunes hommes écoutent une radio. Pour Hamara, la radio est un média accessible à tout le monde surtout «aux non lettrés». Moussa Doumbia, lui, dit l’avoir découverte avec son père au village depuis sa tendre enfance. Le patriarche ne se séparait presque jamais de son poste radio. «C’était une source d’information pour nos parents et de loisirs pour les jeunes et enfants. Les jeunes suivaient les commentaires de matchs de football, les enfants, la musique, les contes et autres», se souvient-t-il. La Journée mondiale de la radio est célébrée le 13 février de chaque année, depuis 1946, jour de création de la radio des Nations unies. L’objectif est de rendre hommage à la radio en tant que moyen d’information, de communication, de loisirs, de sensibilisation, le plus accessible. Si les auditeurs disent trouver leur compte en écoutant la radio, globalement les journalistes et animateurs qui y travaillent peinent à joindre les deux bouts. Tel est l’avis de Fanta Diakité, journaliste à la Radio Kledu. Pour elle, la plupart des radios sont mal structurées et ne sécurisent pas leurs employés en leur donnant un contrat de travail, ou en les déclarant à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS). « Or, le métier peut nourrir son homme dans un cadre organisé », soutient-elle. Kadiatou Doucouré est journaliste à la radio Guintan. Pour elle, le journalisme et l’animation sont des professions comme les autres. «Si un journaliste ou un animateur maîtrise son travail, il peut en vivre confortablement. Par exemple, il peut avoir des contrats avec des partenaires locaux et étrangers. Si ces derniers sont satisfaits de sa prestation, il peut bien en tirer profi t», explique la passionnée de radio. Les promoteurs de radio disent tenir malgré les difficultés. Pour Daouda Mariko, directeur de la radio Kénédougou basée à Sikasso et ancien vice-président de l’Union des radios et télévisions libres du Mali (URTEL), les journalistes et animateurs de radio survivent dans un environnement médiatique qui ne leur permet pas d’être indépendants financièrement. Différents problèmes entravent la bonne marche des radios comme le manque de cadre de collaboration entre l’agent et l’administration. « Ce qui entraîne des problèmes au niveau de la rémunération », estime-il. « Aussi, beaucoup d’acteurs du secteur non avertis acceptent certaines propositions bien en dessous du coût normal de prestation », déplore le responsable de radio. «Pour les radios basées dans les régions, c’est encore complexe, car il n’existe pas de grandes marques dont on peut faire la publicité. Le peu d’opérateurs économiques présents préfèrent avoir des prestations au rabais. Pour une prestation de 200.000 Fcfa, une autre radio peut accepter 60.000 Fcfa pour ne pas perdre le marché», déplore le patron de presse. « Cette situation empêche les radios de recruter des diplômés car elles sont incapables de leur donner une rémunération à la hauteur de leurs prestations », argumente Daouda Mariko. Pour Sékou Daou, directeur de la radio Kounari, basée à Mopti, les radios des régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal font face à d’énormes difficultés depuis la crise de 2012. Le départ des populations, des partenaires, des ONG, voire de l’administration publique avec qui ils travaillaient, a entraîné une grande perte financière pour les radios. «Nous prions pour que la paix revienne afin que tout rentre dans l’ordre», espère-t-il. Pour Bandiougou Danté, président de l’URTEL et de la Maison de la presse, la radio est un élément essentiel pour le développement du Mali et la cohésion sociale. À ce titre, elle contribue à l’économie nationale et locale à travers le paiement d’impôts et la création d’emplois. « C’est à travers la radio que les populations ont accès aux informations sur différents aspects de la vie économique : agriculture, élevage, pêche, artisanat », a-t-il soutenu.
Pratiques coloniales : Les affres du travail forcé à l’Office du Niger
Par Dr Ibrahim MAÏGA Bamako, 12 fév (AMAP) Dans l’accumulation du capital qui a servi à la mise en valeur de l’Office du Niger, le « prix » de la force du travail des populations locales n’a jamais été évalué. Ici, comme ailleurs, la richesse s’est bâtie sur le sang et la sueur d’abord, et la vie des Africains, ensuite. Il importe de faire connaître l’histoire de l’Office du Niger. L’ingénieur Bélime avait tout conçu. Son idée avait une double détente. La première portait sur la culture du coton, pour les besoins de la métropole. La deuxième portait sur la riziculture, pour que les Noirs n’aient plus faim. Sur ses propositions techniques et celles de plusieurs autres experts, le coût, pour l’ensemble des aménagements (le pont-barrage de Markala, les canaux d’irrigation, les digues, les casiers…) a été estimé à 262 millions de francs. Ce chiffre représentait, pour l’époque, une somme colossale qui va être mobilisée par l’état français par le bief d’une loi d’emprunt votée en février 1931. Par un jeu subtil, l’Office du Niger passera dans les livres des grands investissements de l’état en tant que projet du Programme d’investissement des colonies. Bélime et ses soutiens vont alors faire vite. En 1932, l’Office du Niger voit sa création « régularisée » en tant que fait accompli. CONSECRATION DE L’ARBITRAIRE – Dans les faits, la mobilisation de la main d’œuvre locale sera une œuvre d’une grande brutalité, sous l’œil des commis et des sergents recruteurs. Dans son livre monumental, « Papa-Commandant a jeté un grand filet devant nous. L’Office du Niger 1902-1962 » (Maspéro, 1978), Amidou Magassa a rendu compte de cette inhumanité. Magassa a fait le terrain. Il a eu le mérite de faire parler les derniers témoins de l’installation de l’Office du Niger. à ce titre, il reste une source unique de documentation sur le travail forcé, ce travail qui était accompli en dehors de tout consentement du travailleur. Tant que c’était sous les tropiques, l’opinion publique française ne s’en offusquait pas beaucoup. Elle découvre la réalité quand les nazis ont implémenté le même système dans l’Hexagone, sous l’étiquette du Service du Travail Obligatoire, le « STO ». Cheibane Coulibaly consacrera également une grande partie de son travail de recherche à l’analyse des politiques à l’Office du Niger en mettant le doigt sur les pesanteurs et les inadéquations qui ont fait de l’Office du Niger une officine de mythes. Pour l’implantation du barrage de Markala, les administrateurs coloniaux vont faire comme si les ouvriers à mobiliser étaient des soldats. Dans les faits, ils l’étaient. Le phénomène est suffisamment documenté dans la littérature écrite et orale. Les hommes valides, après avoir été mis en file indienne, étaient classés en deux catégories, « deux portions du contingent », pour être plus précis. Dans la première portion, se retrouvaient tous ceux qui pouvaient porter les armes. Ils seront des « tirailleurs ». Dans la deuxième portion, se trouvaient les hommes de faible condition ou de faible constitution physique. Elle sera la main d’œuvre sur tous les grands chantiers coloniaux comme les routes, les ports, les chemins de fer, les lignes téléphoniques, les ponts, les bâtiments… Un de nos grands-pères, décédé dans les années 80, n’a retenu, au terme de son séjour à Markala, rien d’autre de la langue bambara que « I Biri », « courbe-toi » ou « baisse-toi » sous les coups de cravache, au départ et à l’arrivée d’une prestation. Dans « La migration vers les pays de la Côte » (école Nationale de la FOM, 72p, 1956-1957), Yemdaogo Dominique Kaboré, donne une description de la conscription en ces termes : « Les contingents de manœuvres étaient fixés chaque année pour chaque cercle qui assurait la répartition par provinces, cantons et villages », indique-t-il. Il ajoute que « l’organisation sociale du village, la soumission de ses habitants aux chefs traditionnels, la densité relative de la population, étaient des facteurs favorables à la levée des hommes que l’on envoyait par milliers cheminant à pied ou entassés dans des camions en direction du sud », ferait le reste. L’Office du Niger entrait dans cette expression des besoins à satisfaire. SELON LA QUALIFICATION – Mais il ne s’agit pas d’une mobilisation à la belle étoile. L’alliance entre le capital financier et le pouvoir politique fut d’un tel cynisme que pour simplifier les procédures et avoir la main facile sur la marchandise, la colonie de la Haute Volta a tout simplement été rattachée au Soudan en 1932 ! Ce n’était qu’une des facettes de la déstructuration de cette colonie, tantôt reliée au Soudan, tantôt au Niger et tantôt à la Côte d’Ivoire. Dans les « Actes du troisième congrès international des historiens africains », tenu à Bamako, en 2001, Samuel Salo, de l’Université de Ouagadougou, pense que les colonisateurs étaient informés sur les capacités intellectuelles et le savoir des hommes. Dans sa communication intitulée « Les Voltaïques sur les chantiers coloniaux (1895-1960) », il soutient que le colonisateur a procédé par un tri rigoureux. Il écrit : « ….ainsi, les Mossis du Yatenga avaient été sélectionnés pour leur génie d’agriculteurs. C’est en qualité d’experts qu’ils étaient, obligatoirement certes, transportés sur les chantiers de l’Office du Niger. » Il dira que c’était le même cas pour les Minianka et les dogons du Soudan. Cette explication dans la mobilisation des hommes est un angle sur lequel il faut encore travailler. Il trouve déjà une justification dans la prise en compte de la dimension du « savoir local » des populations autochtones, des populations qui, contrairement à la pensée des premiers colons, ont leur maîtrise et leur technicité. C’est bien, un point sur lequel insiste Pierre Viguier, le quatrième des six directeurs généraux français de l’Office du Niger. Il s’est particulièrement intéressé aux connaissances en pédologie des bambaras. (1947). Auguste Chevalier (agronome et botaniste) revient sur le même sujet et met en lumière tout « le trésor de savoir à découvrir lorsqu’il conseille à l’encadrement d’aller à l’école du paysan (1900, 1911, 1921). » « C’est donc
Mali : des descendants d’anciens combattants revendiquent la nationalité française
Bamako, 12 fév (AMAP) L’Association des héritiers des anciens combattants de l’Armée française et de l’Infanterie coloniale de l’Afrique occidentale, résidant dans le cercle de Yélimané, dans la Région de Kayes (Ouest), ont réclamé, jeudi dernier, à Bamako, une reconnaissance de la part de l’ancienne puissance coloniale. Au cours d’une conférence de presse, à la Maison de la presse, ces descendants de Maliens ayant versé leur sang pour la France, durant les deux guerres mondiales, réclament leurs droits d’anciens combattants, mais aussi des facilités pour aller visiter les tombes de « ces héros » sur le territoire français. Selon le porte-parole de l’Association, Bandiougou Traoré, cette rencontre avec la presse a pour but de permettre aux journalistes de passer le message à l’ancien colonisateur afin qu’ils soient entendus en qualité d’héritiers des anciens combattants morts pour sa libération pendant les deux guerres mondiales (1914-1918) et (1939-1945). « Nous qui sommes leurs ayants droits demandons à nos autorités (locales, régionales et nationales) et de l’ambassade de France au Mali, de nous faciliter l’entrée sur la terre française, pour des visites et des soins de santé », a déclaré Bandiougou Traoré. Ceci, ajoute-t-il, pour leur permettre de se rendre sur les tombes de leurs grands-parents tombés lors des deux grandes guerres mondiales. Le conférencier a précisé qu’aucun membre de l’Association n’a jusque-là bénéficié d’aucun droit de leurs parents morts pour la France depuis la fin des deux guerres mondiales. Par ailleurs, Bandiougou Traoré revendique la nationalité française pour les membres de l’organisation. Pour sa part, le président de l’Association, Kalilou Kandia, a remercié les autorités de la Transition pour leur soutien. Kalilou Kandia a également salué l’ensemble des élus communaux des 12 circonscriptions du cercle de Yélimané, ainsi les chefs coutumiers de ses quatre cantons (Diafouna, Kaniaga, Guigémé et Tringa). Créée en 2017, cette association regroupe, aujourd’hui 3.460 membres recensés. Les frais d’adhésion sont fixés à 5000 F cfa par personne et l’accès est conditionné à la fourniture de documents attestant le statut d’ayant droit d’ancien combattant. AT/MD (AMAP)
Nahawa Doumbia : L’indétrônable reine du Didadi
Par Moussa BOLLY Bamako, 12 fév (AMAP) Le nouvel album « Kanawa » (Ne partez pas !) de Nahawa Doumbia est un cri de cœur à l’adresse de la jeunesse malienne. Ce 14è album de sa brillante carrière est sorti, officiellement, au Mali, le 13 décembre 2020. Un somptueux opus de 8 titres qui aborde divers thèmes (immigration, cohésion sociale, pitié, tolérance, indulgence, mariage et un hommage aux défunts artistes maliens) véhiculés par des rythmes très entraînants. La reine du « Didadi » signe donc un retour remarquable dans les bacs avec sa singulière voix à la beauté inoxydable. Si la silhouette commence à être marquée par le poids de l’âge (n’empêche qu’elle est toujours une bête de scène), sa voix reste inoxydable. Cette voix d’une beauté exceptionnelle fait encore merveille sur «Kanawa» (Ne partez pas), le nouvel album de Nahawa Doumbia. Un véritable chef d’œuvre de huit titres (Yirini, Ntamayon, Ndiagneko, Djougoh, Hinè, Kanawa, Adjorobena et Foliwilen) dont un (Adjorobena ; autrement ça nous inquiète) interprété en duo avec son héritière, Doussou Bagayoko. Des titres superbement arrangés par l’inépuisable Ngou Bagayoko. Dans cette œuvre, la fille des regrettés Moussa Doumbia et Térénan Coulibaly parle de l’immigration, de la cohésion sociale, de la tolérance, de l’indulgence, du mariage… Elle n’oublie pas non plus ceux et celles qui ont quitté la scène pour l’autre monde ces dernières années. « Kanawa » (Ne partez pas), le titre générique de l’album, est une sensibilisation contre la migration irrégulière aux drames multiples. « Beaucoup de nos enfants meurent dans l’océan et certains d’entre eux pendant la traversée du Sahara. Certains grimpent sur les barbelés qui traversent les frontières et ils se font tirer dessus. Je demande donc à nos enfants de ne plus partir et de rester à la maison», explique le prodige de Mafélé. «Au lieu d’aller mourir dans le Sahara ou dans la Méditerranée pour fuir les difficultés ici, nos jeunes doivent se battre dans leur pays pour changer les choses et réaliser leurs rêves», confie-t-elle à propos de ce titre. Mais, ajoute-t-elle, «il est aussi crucial que le gouvernement et ses partenaires prennent réellement à bras le corps le problème du chômage des jeunes. Cela peut prévenir les drames humains auxquels nous assistons depuis des décennies». « Que les jeunes diplômés comprennent aussi qu’ils ne peuvent pas tous travailler dans un bureau. Nous devons tous œuvrer à aider notre jeunesse, à lui faire comprendre que l’avenir c’est ici en Afrique, notamment au Mali », conseille l’indétrônable Reine du didadi. Le souhait de Nahawa est que la jeunesse malienne, voire africaine renonce à ses « rêves macabres » et se battre pour contraindre les décideurs à créer les conditions de leur épanouissement dans le pays. «Nahawa veut que la jeunesse malienne prenne en main le destin de son pays avant qu’il ne finisse à jamais entre des mains armées. Sous un ton un peu dur, son discours est un message d’espoir et d’amour unificateur », commente un critique. Pour cet autre critique, «Kanawa est un album qui capture de manière concise les réalités maliennes du moment». La star exhorte aussi les décideurs à s’inspirer des initiatives comme celles de Mme Aminata Dramane Traoré qui s’est investie non seulement dans la sensibilisation des jeunes contre les risques de la migration clandestine, mais aussi dans l’accueil et la réinsertion des rapatriés de gré ou de force. Evocateurs, si les thèmes exhortent à la réflexion, les rythmes sont souvent une véritable invitation à la danse. Difficile par exemple de se retenir de bouger en écoutant « Foliwilen », une très mélodieuse «Doson fôly» dédiée aux forces armées et de sécurité ainsi qu’à des personnalités qui se sont illustrées par leur courage, leur bravoure, leur générosité et leur sens de la fraternité. Difficile aussi de ne pas frissonner en écoutant la très acoustique « Yirini » qui permet à Nahawa de bercer les mélomanes avec sa superbe voix mélodieuse qui continue à défier le temps par sa beauté. Une voix magique et inimitable On sent l’expérience et le talent de Ngou Bagayoko dans cet arrangement magnifique. Une savante symbiose entre le ngoni et le kamalen ngoni, une variété de percussions, de programmation de batterie, de karignan (grattoir métallique) et de guitares acoustiques et électriques. Née à Mafélé avec une enfance passée à Manankoro dans la famille maternelle, Nahawa est cette révélation des Semaines et des Biennales artistiques et culturelles qui continue d’imposer son univers authentique entre tradition et modernité, en gardant toujours l’essence du rythme didadi. Et cela lui réussit merveilleusement bien. Ainsi, « Kanawa » sort après des rééditions de ses premiers albums et une longue tournée européenne. Elle reconnaît d’ailleurs qu’elle a fait 1.700 concerts avec « Kabako », le précédent opus sorti le 24 mai 2011 chez « Camara Production ». La soixantaine assumée avec charme et prestance, la Première lauréate du Prix découverte RFI en 1981 prouve non seulement qu’elle reste l’incomparable « Reine du didadi », mais aussi qu’elle reste l’un des plus grands artistes du Mali, une véritable ambassadrice de la culture malienne très sollicitée dans le monde. MB (AMAP)
Mali : Un Casque bleu blessé à Douentza (Centre) a succombé
Bamako, 12 fév (AMAP) Un Casque bleu de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) blessé, mercredi dernier, dans une attaque terroriste près de Douentza (Centre), a succombé à ses blessures, a annoncé vendredi la mission onusienne. « L’un des Casques bleus a succombé à ses blessures », selon un tweet de la MINUSMA, avant d’ajouter que représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies (RSSG), Mahamat Saleh Annadif, « présente ses sincères condoléances à la famille et aux proches du défunt, ainsi qu’au gouvernement du Togo ». Mercredi dernier, une base temporaire du contingent togolais de la Minusma a fait l’objet d’une attaque terroriste. Une vingtaine de casques bleus ont été blessés au cours de cette attaque qui s’est déroulée à Kéréna, près de Douentza, dans la Région de Mopti, avait précisé la mission onusienne. MT/MD (AMAP)
Accord pour la paix et la réconciliation : La réunion de Kidal ouvre une nouvelle ère
Envoyé spécial Issa DEMBÉLÉ Kidal, 11 fév 5(AMAP) Les signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et la communauté internationale ont réussi, jeudi, le challenge de tenir la 5è réunion de haut niveau du Comité de suivi (CSA) à Kidal. Cette première, la première tentative avait avorté en septembre 2019, depuis la signature de l’accord en 2015 entre les protagonistes a évoqué, entre autres points, l’opérationnalisation des premières unités de l’armée reconstituée, le retour des services sociaux de base, le Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), les projets de développement. Aussi bien pour le gouvernement que pour les groupes armés et la communauté internationale, le voyage à Kidal, en grand nombre, en valait la peine pour marquer le passage à une nouvelle ère dans le processus de paix. Six membres du gouvernement ont en effet effectué le voyage : le colonel-major Ismaël Wagué (Réconciliation nationale), Mamadou Mohamed Coulibaly (Refondation de l’État), Mohamed Salia Touré (Emploi et Formation professionnelle), le colonel Modibo Koné (Sécurité et Protection civile), Bintou Founè Samaké (Promotion de la femme et de l’Enfant) et Mahmoud Ould Mohamed (Agriculture, Élevage et Pêche). On notait, auss,i la présence du ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, du chef de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), Mahamat Saleh Annadif, des représentants de pays voisins et européens. Plusieurs autres personnalités, notamment le ministre français des Affaires étrangères et des responsables de l’Union africaine et de la CEDEAO ont participé par visioconférence. Cette réunion, présidée par le chef de la diplomatie algérienne, au gouvernorat de Kidal, vient acter la restauration de la confiance et au moment où l’Armée veut reprendre pied dans cette région. Encore non opérationnelles, les premières unités de l’armée reconstituée sont déjà sur place. Leur déploiement et le retour des services sociaux de base ont été justement l’un des sujets phares de la réunion. Les participants ont, aussi, évoqué le lancement d’une nouvelle phase du DDR, le déploiement de la police territoriale, le lancement du premier projet de développement éligible au financement sur le fonds de développement durable et le renforcement de la participation des femmes au processus de paix. 3.000 COMBATTANTS – À l’ouverture des travaux, le colonel-major Ismaël Wagué a énuméré un certain nombre d’acquis engrangés depuis le dernier CSA du 16 novembre dernier. Concernant les questions politiques et institutionnelles, l’élaboration de l’avant-projet de la nouvelle Constitution en conformité avec l’Accord est prévue pour le mois de juin prochain. Aussi, les projets de textes relatifs à la police territoriale seront-ils bientôt votés par le Conseil national de Transition (CNT), après leur adoption par le Conseil des ministres du 25 mars 2020. Mais, s’il y a un volet qui focalise les attentions, c’est bien celui sur les questions de défense et de sécurité. Sur ce registre, le ministre de la Réconciliation nationale a mis l’accent sur le processus de DDR accéléré qui doit, in fine, permettre à 3.000 combattants d’être intégrés dans les forces de défense et de sécurité. À ce jour, plus de la moitié ont déjà été intégrés. Les 1.229 restants devraient suivre, en fin février 2021. Sur les questions de développement, le ministre Wagué a souligné les efforts encourageants consentis concernant l’opérationnalisation du conseil constitutif inter-régional de la zone de développement des Régions du Nord. Le décret de nomination de ses membres a été signé depuis décembre 2020. L’opérationnalisation du fonds de développement durable a, également, marqué de nouveaux points, à la faveur de la réunion en décembre du Comité de gestion qui a retenu 16 projets pour un montant global de 38,400 milliards de Fcfa. Ces projets seront soumis au comité de pilotage qui devrait se réunir, sous la présidence du Premier ministre, avant la fin de ce mois. Déjà, ce Fonds de développement a récolté 48,3 milliards de Fcfa. Cependant, il convient de souligner que la France est le seul parmi les partenaires techniques et financiers à avoir fait un don de 2 millions d’euros. Toujours sur ce volet, le processus de transfert de 30% des recettes budgétaires de l’État aux collectivités a connu une nette progression. « Aujourd’hui, on est à 23% », s’est réjoui le ministre Ismaël Wagué, avant d’évoquer le volet réconciliation qui se met en place à travers notamment la Commission vérité, justice et réconciliation. Également, des projets de textes ont été finalisés concernant le statut des cadis et des autorités traditionnelles dans la distribution de la justice. « Ce jour doit être marqué par un sceau particulier », selon le représentant spécial du secrétaire général. Pour lui, « la volonté politique, qui a longtemps manqué, est sentie depuis un certain temps. Mieux, une relation décomplexée est en train de se créer, d’une part entre le gouvernement et les groupes armés, et d’autre part, entre le gouvernement et les partenaires ». « C’est cela qui fait qu’on a une nouvelle dynamique », a souligné le chef de la MINUSMA, ajoutant que cette dynamique doit se matérialiser par les dividendes de la paix pour les populations. LE DRAPEAU FLOTTE À KIDAL – Saluant, lui aussi, la nouvelle dynamique, le ministre algérien des Affaires étrangères a estimé que cette rencontre est un signe d’une avancée majeure sur le chemin de la paix et de la réconciliation entre les « frères maliens ». Cette rencontre est, à ses yeux, « d’autant plus importante qu’elle intervient alors qu’une Transition est ouverte ». Le chef de la diplomatie algérienne a concédé que la mise en œuvre de l’Accord accuse des retards. Cependant, il est convaincu que le travail de base accompli permet au Mali « de continuer à progresser de manière sereine vers la stabilité tant recherchée ». En appui au processus de paix, l’Algérie envisage de consentir un don humanitaire avec des produits pharmaceutiques, ainsi que la réhabilitation d’une école à Kidal. Elle envisage, aussi, le renforcement de programmes de bourse, notamment dans la formation professionnelle Pour sa part, la MINUSMA s’est engagée à faire un barrage sur l’oued de Kidal pour faciliter l’accès à l’eau. Tous les participants ont salué la
Mali : le Comité de suivi de l’accord d’Alger réuni à Kidal (Nord)
Bamako, 11 fév (AMAP) Une réunion du Comité de suivi de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger (CSA) s’es tenue, jeudi, dans la ville de Kidal (Nord) avec la participation d’une délégation gouvernementale, des groupes signataires et de la médiation internationale. Cette rencontre de Kidal recouvre un symbole : c’est la première fois qu’une réunion du CSA se délocalise hors de Bamako, la capitale. Et le choix de Kidal, fief de l’ex rébellion touarègue, pour cette importante réunion devrait faire bouger les lignes vers la normalisation. Cette rencontre du CSA intervient, quelques semaines après la visite d’une forte délégation ministérielle à Kidal, le 25 janvier dernier. Les ministres de la Sécurité et de la Protection civile, de la Réconciliation nationale, de la Santé et du Développement social, entre autres, avaient alors rencontré les ex rebelles et discuté, notamment, du retour effectif de l’État à Kidal. Cinq ans après sa signature, l’application de l’accord connait des hauts et des bas. Les autorités de la Transition n’ont pas caché leur volonté de donner un nouveau souffle à l’application du document signé en 2015 par le gouvernement du Mali et les groupes armés de la Coordination des mouvements de l’Azaouad (CMA) et de la Plateforme, sous l’égide de la communauté internationale. De ce que l’on sait, la confiance réciproque gagne du terrain. Le seul fait de se réunir à Kidal est un grand pas. Tous les protagonistes sont au rendez-vous (gouvernement du Mali, groupes armés de la CMA et de la Plateforme) sous l’égide de la communauté internationale. MT/AC/MD (AMAP)

