Mali: Les dates des examens scolaires dévoilées

Bamako, 1er juin (AMAP) Les dates des examens des enseignements fondamental, normal, secondaire général, technique et professionnel, au titre de l’année scolaire 2020-2021 ont été fixées, lundi, par le ministère de l’Education nationale. A cet effet, les épreuves écrites du baccalauréat se tiendront du 23 au 26 août 2021. Quant aux candidats en lice pour le Diplôme d’études fondamentales (DEF), ils seront évalués du 16 au 18 août. Les examens du Certificat d’aptitude professionnelle sont prévus du 26 au 29 juillet prochain. Le Brevet de technicien (BT), est prévu du 9 au 12 août. Les examens pour l’obtention du BT santé et agropastoral se dérouleront, respectivement du 12 au 16 juillet et du 6 au 10 septembre. Les épreuves orales et pratiques des terminalistes des Instituts de formation des maîtres (IFM) sont prévues du 16 au 20 août. MD/MD (AMAP)

De retour d’Accra : le colonel Assimi Goïta exhorte à l’union sacrée

Bamako, 1er juin (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a déclaré, lundi, á Bamako, avoir pris acte des décisions du sommet, a pris acte des décisions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et lancé un appel à la population à s’unir pour sauvegarder, coûte que coûte, la Nation. Le chef de l’État s’est prêté aux questions de la presse, à l’aéroport international président Modibo Kéita Sénou, à son retour du sommet extraordinaire de la CEDEAO, tenu dimanche dernier à Accra, et consacré à la situation sociopolitique du Mali. Concernant notamment la suspension du Mali des instances de l’organisation communautaire, Le colonel le Goita a rassuré que «sur ce point, il y a eu plus de peur que de mal, c’est un acte politique», Mais le président de la Transition a déclaré garder le contact avec le médiateur Goodluck Jonathan et les chefs d’État de la Cedeao. Pour le choix d’un Premier ministre civil, d’un gouvernement de consensus et de la durée de la Transition, le chef de l’État a rappelé qu’il est déjà dans cette dynamique depuis la semaine dernière. «Raison pour laquelle, nous avons rencontré la classe politique, les leaders religieux, les syndicats… Sur ce point aussi, il n’y a pas de souci», a-t-il précisé. Il a aussi profité de l’occasion pour saluer le leadership du président ghanéen Nana Akufo-Addo qui a eu la patience de l’écouter, d’écouter les différentes versions. Le président de la Transition a estimé que la capacité d’écoute du président en exercice de la CEDEAO a été très déterminante pour les conclusions du sommet. Des conclusions qui ont entériné tacitement son maintien à la tête du pays pendant la période transitoire. Assimi Goïta a, par ailleurs, salué l’ensemble des chefs d’État de la CEDEAO pour leur sens de l’écoute. Il a, également, salué l’engagement et l’élan de solidarité dont le Mali a bénéficié durant cette rencontre. S’adressant à ses compatriotes, le président Goïta a souhaité l’implication de tous pour la réussite de la Transition. «Ce que je demande à la population malienne, c’est l’Union sacrée autour de la nation malienne que nous devons sauvegarder coûte que coûte», a-t-il dit. Le président de la Transition a bénéficié d’un accueil chaleureux. En plus de ses proches collaborateurs, une foule composée d’élus locaux, de membres des organisations de la société civile soutenant les Forces armées maliennes (FAMa), a bravé un soleil ardent, pour témoigner son soutien au colonel Assimi Goïta. C’est au rythme de chants d’artistes locaux que des femmes et des hommes ont accueilli le colonel Goïta, de retour de la capitale ghanéenne, apres le sommet extraordinaire de la CEDEAO sur la situation sociopolitique du Mali. Sur des affiches, on pouvait lire : «L’Espoir du Peuple Assimi Goïta» et la foule scandait des slogans comme : «Vive Assimi Goïta». OD/MD (AMAP)      

Covid-19 au Mali : Diminution du nombre de contamination avec seulement 2 cas enregistrés lundi

Bamako, 1er juin (AMAP) Le nombre de cas de contamination a diminué avec seulement deux cas découverts lundi, portant le nombre total à 14 267  au Mali avec 9733 guérisons et 517 décès, a appris l’AMAP de source officielle. Les services de santé précisent, par ailleurs, que les 2 nouveaux cas ont été enregistrés dans la région de Koulikoro. L’Institut de santé publique (ISP) déclare également que 495 personnes -contact font l’objet d’un suivi quotidien avant d’inviter les populations à la sérénité et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)

Sommet de la CEDEAO : Le Mali suspendu des instances de l’organisation sous régionale

Bamako, 31 mai (AMAP) Le sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur les récentes évolutions politiques au Mali tenu, dimanche, à Accra, a décidé de suspendre le Mali de ses instances mais sans prendre de sanctions économiques contre ce pays, à la suite du nouveau coup de force des militaires. « Après de longues discussions, les chefs d’État et de gouvernement ont décidé de suspendre le Mali des institutions de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) », précisent dans un communiqué les dix chefs d’État présents lors de ce sommet. Le Mali ne pourra plus, jusqu’à nouvel ordre, assister aux sessions des chefs d’État, aux Conseils des ministres ou encore aux sessions du Parlement de l’institution sous-régionale. Suspendu de toutes les instances de la Communauté, le Mali se retrouve maintenant isolé au sein de la CEDEAO. Assimi Goïta, qui était dans la capitale ghanéenne, n’a pas pris part au sommet. Il s’agit donc d’une semi-victoire sur le plan sous-régional. La conférence des chefs d’État a demandé le respect strict du calendrier de la transition. Un Premier ministre civil va être nommé avec un gouvernement inclusif, pour poursuivre le programme de transition. Mais aucune sanction économique n’a été prise et le colonel Assimi Goïta reste à son poste. Le sommet avait pour but de définir les lignes d’action pour la transition. Les chefs d’État ont fermement condamné ce récent coup d’État qui, selon le communiqué final, est « une violation des décisions prises lors du sommet extraordinaire qui s’est tenu à Aburi, au Ghana, le 15 septembre 2020 » et une violation de la charte de la transition. «Je profite, au nom de la CEDEAO, pour réitérer notre engagement continu en faveur de la Transition pacifique au Mali», a laissé entendre le président en exercice de la (CEDEAO), Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, chef de l’Etat ghanéen. Selon le président Akufo-Addo, il s’agit d’aider le peuple malien à trouver une solution politique pour que la paix et la stabilité règnent dans notre pays. A la séance d’ouverture du sommet, le président ghanéen a fait une présentation des enjeux actuels de la situation, et réaffirmé la disponibilité de la communauté à accompagner le Mali pour une sortie de crise. Pour le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, il s’agissait, au cours des discussions, d’envisager les «voies et moyens d’accompagner ce pays frère (Ndlr, Mali) pour une sortie de crise». «Ensemble avec mes pairs, nous proposerons des pistes de solutions à la crise malienne afin de maintenir la paix et la stabilité dans la sous-région ouest-africaine et sur le continent», a indiqué, pour sa part. le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé. L’allocution du président en exercice de la CEDEAO a été suivie des travaux à huis clos. Après l’adoption de l’ordre du jour, Goodluck Ebele Jonathan, médiateur de la CEDEAO au Mali qui avait été dépêché à Bamako, le 25 mai, a présenté le rapport sur la situation dans notre pays qui se poursuivra par des discussions. Au cours de son séjour à Accra, le président Goïta, proclamé président de la Transition, chef de l’État, par la Cour constitutionnelle malienne, le 28 mai dernier, a eu un tête-à-tête avec son le président ghanéen et des entretiens bilatéraux, notamment avec le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou. Les décisions prises au cours de ce sommet extraordinaire seront déterminantes pour la suite du processus de la Transition au Mali. Ce sommet intervient apres les évènements du 24 mai qui ont conduit à l’arrestation puis à la démission du président de la transition, Bah N’Daw, et de son Premier ministre, Moctar Ouane. Mohamed Bazoum du Niger, Faure Gnassingbé du Togo, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Muhammadu Buhari du Nigeria, Umaro Sissoco Embaló de la Guinée Bissau, George Weah du Liberia, Adama Barrow de la Gambie., étaient présents à cette rencontre de haut niveau dans la capitale ghanéenne. MD (AMAP)  

PNLP : Remise des prix du jeu concours dans le cadre de la 14ème édition de la Journée Mondiale de lutte contre le Paludisme

Bamako, 31 mai (AMAP) Le Siège du Programme National de lutte contre le Paludisme (PNLP), sis au quartier du fleuve, a abrité vendredi, la cérémonie de remise des prix du jeu concours sur les radios, Facebook/Whatsaap dans le cadre de la Journée Mondiale de lutte contre le Paludisme, édition 2021. Organisé par le PNLP en collaboration avec l’UNICEF et Mali Health, l’évènement a été présidé par le Directeur du PNLP, Dr Idrissa Cissé en présence de la Directrice adjointe du PNLP, Dr Diahara Traoré, du responsable de la Communication et de la mobilisation sociale du PNLP, Mory Camara, de plusieurs responsables du PNLP, des partenaires et des récipiendaires. L’objectif du jeu concours était d’informer et de sensibiliser la population à travers les radios et les réseaux sociaux sur la lutte contre le paludisme. Le jeu concours qui été organisé du 28 avril au 7 mai pour la phase suivi et du 8 mai au 28 mai pour la phase de clôture, a touché 434 personnes sur Face Book, Whatsaap, ainsi que sur les radios Manthia FM, Mikado et Kledu. Les trois meilleurs sur les radios Manthia et Kledu ont été retenus et 5 sur Mikado en raison du nombre très élevé de participation sur ce support. Les questions ont tourné au tour des modes de transmission, la prévention, la lutte contre le paludisme, les actions menées par le PNLP et les différents coordinateurs et directeurs du Programme depuis sa création en 1993, entre autres. Dans son discours de bienvenue, le Directeur du PNLP, Dr Idrissa Cissé a saisi l’occasion pour remercier les partenaires singulièrement l’UNICEF, Mali Health et Bèèsago, pou tous leurs efforts d’accompagnement dans la cadre de la lutte contre le paludisme dont les résultats sont assez significatifs dans notre pays. Dr Cissé a invité les récipiendaires les récipiendaires à être des ambassadeurs du PNLP dans les communautés en véhiculant les bons messages de lutte contre la paludisme notamment, l’assainissement, l’hygiène, l’utilisation de moustiquaires imprégnés et l’orientation vers les santés de santé en cas de maladie, entre autres. Enfin, le Directeur n’a pas manqué de rappeler le thème de la Journée Mondiale de lutte contre le paludisme, édition 2021  à savoir « Zéro palu-Tirer un trait sur le Paludisme ». Tout comme les directeur du PNLP, les représentant de l’UNCEF, Dr Samba Diarra et de Malihealth, Abdou Touré ont également invité les récipiendaires à œuvrer dans les communautés à la lutte contre le paludisme. Ils ont salué la Commission d’organisation pour son exploit, car de leur avis, il n’était pas évident de réussir l’exercice. Le pote – parole des récipiendaires, N’Golo Konaré a remercié le PNLP et les partenaires pour leur engagement dans la lutte contre le paludisme, car selon lui pas de développement sans santé. Il s’est engagé à être l’ambassadeur de la lutte contre le palu dans la communauté ainsi que tous les autres récipiendaires. Les récipiendaires ont reçu une enveloppe symbolique, des tissus bazin, des pagnes à l’effigie du PNLP, des casquettes, des teeshirts et des moustiquaires imprégnés. En rappel, selon le rapport 2019 de l’OMS, le nombre de cas paludisme a été estimé à  228 millions dans le monde et le paludisme reste responsable de plus de 405.000 décès chaque année, majoritairement en Afrique. Au Mali, le paludisme constitue également un réel problème de santé publique et représente le premier motif de consultation dans les formations sanitaires (34%) et la 1ère cause de mortalité avec 22% selon l’annuaire statistique du système local d’information sanitaire (SLIS2020) qui fit état de 2.384.000 cas. Dans le même rapport, il est indiqué qu’il a été malheureusement enregistré 1708 décès, soit un taux de létalité hospitalière de 2,05%. KM (AMAP)

Sommet CEDEAO sur le Mali : le président Assimi Goïta se rend samedi à Accra, au Ghana

Bamako, le 28 mai (AMAP) Le président de la Transition Assimi Goita, Chef de l’État, se rendra ce samedi, à Accra, au Ghana, où il participera au sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO0 sur la situation politique au Mali. L’information est confirmée par des proches collaborateurs du président Goita qui précisent que le chef de l’Etat sera accompagné à l’aéroport par les chefs des institutions dans le strict respect du protocole dû à son rang. Le colonel Goita aura plusieurs messages à communiquer à ses pairs. Selon la même source, il donnera les éclairages nécessaires à la conférence des chefs d’Etat sur les récents développements de la situation politique au Mali. AC/MD (AMAP)

La Cour constitutionnelle malienne déclare le colonel Assimi Goïta, chef de l’État et président de la transition

Bamako, 28 mai (AMAP) Un arrêt de la Cour constitutionnelle malienne a déclaré vendredi, le colonel Assimi Goïta, chef de l’État et président de la transition, après un deuxième coup de force militaire en neuf mois. Le vice-président de la transition, le colonel Goïta, « exerce les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme », proclame la Cour constitutionnelle ajoutant que celui était, jusqu’ici le vice-président de la transition, portera « le titre de président de la transition, chef de l’État ». La Cour constitutionnelle indique avoir constaté la « vacance de la présidence » consécutive à la démission du président de la transition, Bah N’Daw. Assimi Goïta a rencontré, vendredi, après-midi, pour la première fois toute la classe politique malienne et a exprimé officiellement sa volonté de voir le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) proposer le nom du futur Premier ministre, issu de ses rangs. Le colonel Goïta l’a déclaré, au cours de cette rencontre au palais de Koulouba, confirmant ainsi ce qui n’était qu’une rumeur, depuis l’arrestation, lundi, du président de la Transition Bah N’Daw et du Premier ministre, Moctar Ouane. L’objectif de cette rencontre, selon les autorités, est d’expliquer aux acteurs politiques ce qui a conduit aux événements en cours dans le pays, notamment la démission de l’ex président Bah N’Daw et de son Premier ministre Moctar Ouane, qui ont été relaxés depuis mercredi nuit. MD (AMAP)

Premier ministre de la Transition au Mali: Le M5-RFP propose Dr Choguel Kokalla Maïga

Bamako, 28 mai (AMAP) Dr Choguel Kokalla Maïga est le candidat du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP) pour le poste du Premier ministre de la Transition, ont annoncé vendredi les responsables du Mouvement lors d’une conférence de presse. « Le M5 s’est réuni et a convenu, unanimement, de proposer le nom du Dr Choguel Kokalla Maïga qui est le président de son comité stratégique », a déclaré le principal conférencier, Ibrahim Ikassa Maïga, l’un des portes-paroles du M5-RFP. Ibrahim Ikassa Maïga a fait cette mise en garde : « Maintenant nous sommes prêts à y aller mais à condition qu’on nous laisse travailler. Parce que le M5-RFP a décliné les paramètres du changement en 10 points qui se traduit en 17 actions que nous avons proposées pour rectifier la Transition et pouvoir jeter les bases de la Refondation du Mali ». D’après lui, ce travail de refonte de l’Etat se fera avec tous les Maliens de tous les bords. « Il faut une union sacrée. C’est sur cette base que le Mali va avancer », a soutenu M. Maïga. Il a indiqué la proposition du M5-RFP fait suite à la décision du vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, d’attribuer la fonction de Premier ministre à une personnalité par le Mouvement du 5 juin. BD/MD (AMAP)

Mali: Le colonel Assimi Goïta propose la Primature au M5-RFP

Bamako, le 28 mai (AMAP) Le vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a exprimé officiellement vendredi, après-midi, sa volonté de voir le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) proposer le nom du futur Premier ministre, issu de ses rangs. Le colonel Goïta l’a déclaré, au cours d’une rencontre avec la classe politique au palais de Koulouba, confirmant ainsi ce qui n’était qu’une rumeur, depuis l’arrestation, lundi, du président de la Transition Bah N’Daw et du Premier ministre, Moctar Ouane. L’objectif de cette rencontre, selon les autorités, est d’expliquer aux acteurs politiques ce qui a conduit aux événements en cours dans le pays, notamment la démission de l’ex président Bah N’Daw et de son Premier ministre Moctar Ouane, qui ont été relaxés depuis mercredi nuit. Le M5-RFP est le regroupement politique à l’origine de la contestation contre l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta, A la suite des forces politiques, le vice-président rencontrera également la société civile et le Réseau des communicateurs traditionnels (RECOTRAD). AT/MD (AMAP)

Jean-Louis Sagot Duvauroux : « Au nom de la conversation des cultures »

Entretien réalisé par Ibrahim MAIGA Bamako, 28 mai (AMAP) Enseignant à Bamako entre 1972 et 1974, Jean-Louis Sagot est devenu un dramaturge pointu dans l’affirmation de l’humain contre les dérapages et les absurdités des hommes. Il connait le Mali ; pas seulement celui des villes, mais aussi celui des villages et des hameaux. Cette immersion a éveillé en lui le goût de la découverte de l’autre, le besoin de comprendre et de raconter les fils qui tissent l’histoire du Mali. Une partie de son engagement et de son implication dans la vie et la création artistique vient de là. Il a eu le temps de se conforter et de conforter sa vision, en devenant très jeune, le rédacteur en chef du mensuel « Droit et Liberté » du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, le MRAP, un mouvement né dans la résistance contre l’occupation nazie. L’Essor : Vous êtes venu à Bamako en 1972. Et depuis, vous êtes un Malien de cœur. Qu’est-ce qui vous a capté ? J-L.S.D : J’ai atterri pour la première fois à Bamako en 1972 à l’aéroport de Hamdallaye où se trouve aujourd’hui l’ACI 2000. J’avais 21 ans. Je venais prendre mes fonctions de professeur de français au Lycée Prosper Kamara. Je devais initialement être engagé dans le cadre de mon service militaire, mais après un accident, j’avais été réformé. J’avais néanmoins envie de faire une rupture avec la vie française, de voir autre chose. Je me suis fait embaucher sur place, avec un salaire d’enseignant malien. Une vraie bifurcation, car ça ne me permettait pas de vivre dans les conditions des autres français expatriés. J’ai trouvé deux pièces à louer dans une cour de Hamdallaye où vivaient plusieurs autres familles. Je m’y suis installé, bientôt rejoint par deux amis. Et il s’est alors passé ce que vivent des milliers de gens qui s’enracinent dans un pays d’accueil : des souvenirs, des projets, des amitiés, des aventures humaines et professionnelles, un mariage… Comme les bamananw le disent, j’avais quitté chez moi, j’étais arrivé chez moi. La jatigiya malienne a certainement participé à cette « captation ». Mais il n’y a là ni mystère, ni miracle. Je me suis retrouvé, sans d’ailleurs l’avoir planifié, dans la situation de centaines de milliers de personnes qui se sentent chez elles et en France, et au Mali. La naissance de mon fils a fait entrer le nom Sagot-Duvauroux dans l’état-civil malien sans le faire sortir de l’état-civil français, comme c’est le cas pour tant de Tounkara, de Doukouré, de Traoré, de Kanté ou de Diarra dont la vie a fini par offrir à la France leurs riches patronymes sans les enlever au Mali. XXIe siècle ! L’Essor : De Bamako à Ansongo ; de Bamako à Kayes, vous avez fait du pays. Vous n’avez pas fait que du tourisme. J-L.S.D : Quand j’ai mis les pieds au Mali, j’avais 21 ans et une motocyclette « Caméco » que j’avais pu acquérir grâce à un prêt du lycée. Un ami français, qui m’avait précédé à Bamako me donne alors un conseil : si tu veux connaitre le pays, prend n’importe quelle route qui se présente devant toi, avance jusqu’au soir ; quand vient le soir, arrête-toi au premier village, demande l’hospitalité ; on t’amènera chez le dugutigi et tu y trouveras le gîte et le couvert. Première destination : le Bèlèdougou, d’accès facile depuis Bamako. Un pneu crève à l’approche du village de Tènèzana, un peu avant Nossombougou. Trois jeunes m’aident à réparer, puis m’emmènent chez un homme qui a fait l’armée française, Ngolo Diarra, paysan, donso, passionné de littérature… Nous sommes restés liés jusqu’à son décès. J’ai beaucoup appris de sa riche conversation, quand il rentrait du champ la daba sur l’épaule, et avant qu’il ouvre un roman d’Alexandre Dumas lu à la lumière de sa lampe. Ensuite, j’ai pris goût à ces escapades et mon univers social s’élargissant, j’ai rapidement eu le choix des destinations : quitter chez soi, arriver chez soi ! Voyage à Kayes, à « caméco » et alors sans le confort du goudron, Kayes où je croise une très vieille dame qui me parle avec gravité : elle a quitté, enfant, la ville de Ségou attaquée par les Français et s’est réfugiée avec un petit groupe de Toucouleurs dans le quartier Légal Ségou – quartier Ségou. Elle est la grand-mère de ma voisine de Hamdallaye dont je partage le « bassi » quotidien ; elle n’imaginait pas recevoir un jour un petit-fils de la couleur et de la nationalité de ses agresseurs… Temps nouveaux ! Je lie une amitié qui dure toujours avec un élève venu d’Ansongo, aujourd’hui enseignant dans une université américaine. Je prends l’habitude d’aller passer mes vacances dans sa famille. J’y amène même une sœur et un frère depuis la France. Une des suites devenue publique des liens tissés alors, ce sont les cases en nattes qui abritent la famille de Jacob, dans le film La Genèse (Cheick Oumar Sissoko, sélection officielle Cannes 1999 « Un certain regard »). J’avais alors emmené l’équipe de production chez une tante, à Bazi Haoussa et, avec les femmes de ce quartier historique d’Ansongo, elle avait conduit la confection très réussie de ces confortables habitations de nattes tissées. En effet, ces voyages et bien d’autres, même s’ils m’ont fait découvrir les paysages physiques et humains du grand Mali, n’avaient pas grand-chose à voir avec le tourisme. L’Essor : Vous avez écrit le scénario de « La Genèse », porté à l’écran par Cheick Oumar Sissoko, sans doute un grand moment cinématographique. Si c’était à refaire ? J-L.S.D : Dans les années qui précédèrent ma venue au Mali, j’avais fait des études de théologie. L’univers biblique m’était familier. En vivant au Mali, cet univers s’anima, pris les couleurs de la vie. La Genèse, premier livre de la collection biblique, fait du meurtre de l’éleveur Abel par son frère le cultivateur Caïn, la mère de tous les conflits. Dans le récit biblique, Abel et Caïn sont les deux fils d’Adam et Ève, un concentré de l’humanité. En découvrant les problèmes concrets vécus au Mali du fait de la cohabitation entre éleveurs