Deux importantes saisies de produits stupéfiants à Bamako

Bamako, 07 nov (AMAP) L’Office central de stupéfiants (OCS) a réalisé une double saisie d’une importante quantité de produits stupéfiants, vendredi 05 novembre 2021, à l’aéroport de Bamako et à Yirimadjo, en Commune VI dans la capitale malienne, selon des sources policières. Il s’agit d’une trentaine de kilos de cocaïne d’une valeur marchande de plus d’un milliard de Fcfa et de 400kg de résine de cannabis d’une valeur de plus de cent-soixante millions de Fcfa, précisent les mêmes sources. Ces saisies sont le fruit d’une surveillance permanente des éléments de l’OCS et d’une collaboration intelligente avec certains  acteurs de la plateforme  aéroportuaire, notamment la Police de l’air et des frontières. Ainsi, la première saisie a été realisée lors d’un contrôle de sécurité à l’aéroport international Président Modibo Keïta de Bamako-Sénou, sur un passager de double nationalité (malienne et guinéenne), âgé de 40 ans en partance pour la France. L’homme a été pris avec en sa possession de la drogue dans deux sacs à main, par les agents de la Cellule aéroportuaire anti trafic antenne de l’OCS. Ceux-ci l’ont interpelé dans le hall d’enregistrement de l’aéroport, après les premières formalités policières. Testé positif à la cocaïne, il a d’abord nié les faits lors de son audition, soutenant que les bagages lui auraient été remis par un autre passager dont il ignore l’identité. Il a, ensuite, avouer que la cocaïne saisie était destinée à la France. La deuxième saisie, au quartier Yirimadio, en commune VI de Bamako ,est consécutive à une patrouille des éléments de l’OCS dans le secteur. Elle a porté sur une importante quantité de résine de cannabis conditionnée en briquette et emballée dans des sacs en plastique. Le chargement était dans un véhicule suspect que les agents de l’OCS ont fouillé pour y découvrir la drogue. Les suspects interpellés dans ces deux affaires ont été mis à la disposition du procureur du Pôle judiciaire spécialisé pour trafic international de drogues. TC/MD (AMAP)

La CEDEAO impose des sanctions aux autorités de transition au Mali (Sommet)

Bamako, 07 nov (AMAP) La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé, dimanche, d’imposer des sanctions comprenant une interdiction de voyager et un gel des avoirs financiers aux autorités de transition et des autres institutions de transition au Mali. Dans le communiqué final de sa session extraordinaire tenue à Accra, au Ghana, le dimanche 7 novembre 2021, le sommet consacré à la situation politique au Mali et en Guinée, indique que, conformément à la décision prise le 16 septembre 2021, la Conférence a imposé ces sanctions « avec effet immédiat à l’encontre des individus et groupes identifiés » et « aux membres de leur famille ». Le Président de la Commission est chargé « d’examiner et de proposer des sanctions supplémentaires lors de sa prochaine session ordinaire le 12 décembre 2021, si la situation persiste ». En outre, la CEDEAO appelle l’Union africaine (UA), les Nations unies et les partenaires bilatéraux et multilatéraux « à approuver et à soutenir la mise en œuvre de ces sanctions ». Le sommet extraordinaire de la CEDEAO, consacré à la situation politique au Mali et en Guinée “réitère la nécessité de respecter le calendrier de transition (au Mali) en ce qui concerne les élections prévues le 27 février 2022”. Le sommet de la CEDEAO, sous la présidence de Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, chef de l’Etat du Ghana et président en exercice de la Conférence a deplore “vivement l’absence de progrès dans la préparation des élections, y compris l’absence d’un calendrier détaillé des activités pour la conduite des élections aux dates convenues”. La Conférence a appelé les autorités de transition au Mali à agir en conséquence pour assurer un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Et la communauté internationale « à prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que les autorités de transition respectent leur engagement » en ce sens. La CEDEAO indique avoir pris note « des récents développements en Guinée, notamment l’adoption de la Charte de transition, la nomination d’un Premier ministre civil et la formation du gouvernement de transition ». Cependant, elle exhorte les autorités de transition en Guinée « à soumettre d’urgence un calendrier détaillé des activités à mener dans le cadre de la transition vers la tenue d’élections, conformément aux décisions du Sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO tenu le 16 septembre 2021 ». L’organisation sous régionale maintient la suspension de la Guinée « de tous les organes directeurs de la CEDEAO ainsi que l’interdiction de voyager et le gel des avoirs financiers imposés aux membres du CNRD (Ndlr, Comité national pour le redressement et le développement) et aux membres de leurs familles, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel”. La conférence a nommé le Dr Mohamed Ibn Chambas Envoyé spécial en Guinée « en vue de renforcer le dialogue avec les autorités de transition vers un processus de transition réussi et court ». Si en Guinée, les chefs d’Etats réaffirment la demande de la CEDEAO d’une « libération inconditionnelle » du président Alpha Condé, au Mali, ils ont condamné l’expulsion du Représentant permanent de l’organisation communautaire à Bamako. Ils appellent « les autorités de transition à maintenir l’esprit de dialogue et de collaboration avec la Commission de la CEDEAO pour assurer une transition réussie ». La situation au Mali et en Guinée sera examinée lors du Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement le 12 décembre 2021. MD (AMAP)  

Sommet extraordinaire de la CEDEAO consacré au Mali et à la Guinée

Bamako, 07 nov (AMAP) Un sommet extraordinaire de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), consacré à l’examen de la situation politique au Mali et en Guinée, s’est ouvert, ce dimanche, à Accra, au Ghana. Dans les deux pays, la conférence des chefs d’État exige un calendrier et des garanties sur la durée de la Transition. Concernant le Mali, les débats devraient essentiellement tourner autour du calendrier des futures échéances électorales qui mettront fin à la Transition. La conférence des chefs d’État, réunie en session extraordinaire le 16 septembre dernier, avait appelé les autorités de Transition à publier le chronogramme électoral à la fin du mois d’octobre. Du côté des autorités de la Transition, la priorité est plutôt donnée aux Assises nationales de la refondation (ANR) prévues en decembre. Sur la situation en Guinée, la conférence évoquera, également, la durée de la Transition dirigée par le colonel Mamady Doumbouya, après le coup de d’État contre le président Alpha Condé. L’organisation sous régionale avait fixé une durée de six mois de Transition en Guinée. Une délégation de la CEDEAO s’était rendue à Conakry, en fin octobre, avant ce sommet d’Accra dont les résolutions sont très attendues. MT/MD (AMAP)

Des partis politiques manifestent contre la prolongation de la Transition au Mali

Bamako, 07 nov (AMAP) Plusieurs centaines de personnes ont participé, samedi, à un rassemblement au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba de Bamako, pour manifester leur opposition à une prolongation de la Transition au Mali. Durant ce meeting, à l’appel du Cadre d’échange des partis et regroupements politiques pour une Transition réussie au Mali, les leaders du Mouvement, essentiellement composé d’anciens dignitaires du régime défunt d’Ibrahim Boubacar Keïta, se sont relayés au pupitre pour critiquer la Transition, pendant plusieurs heures et devant un public surchauffé. On pouvait lire sur des pancartes des slogans hostiles au gouvernement : Dr Choguel Kokalla Maïga : « Non à la vie chère. Les Maliens ont faim ». « Non à l’injustice. Non aux Assises nationales dépensières. Non à l’insécurité grandissante » ou encore « Libérez Soumeylou Boubeye Maïga ». Dans une déclaration lue par son porte-parole, l’ancien ministre Amadou Goïta, le Mouvement indique clairement avoir constaté « une profonde cassure de la dynamique de réussite de la Transition, conséquence des ratages de chronogramme, de la création forcée de l’AIGE (Ndlr, Autorité indépendante de gestion des élections) et des résultats qui sont attendus par des Assises qui ne sont pas nécessaires et dépensières ». Le Cadre d’échange « exige du gouvernement le respect de ses engagements vis-à-vis du Peuple malien et de la communauté internationale ». « Nous enjoignons le gouvernement, dans les plus brefs délais, à se ressaisir et faire le réalisable et prioritaire dans les délais impartis pour le bien de notre peuple et lui rappelons son obsolescence programmée pour la fin de la transition de 18 mois ; les engagements pris envers le peuple à travers le Programme d’Action Gouvernemental (PAG) et les serments prêtés ». Cette manifestation est une réponse à meeting organisé par plusieurs associations et mouvements de la société civile pour soutenir les autorités de la Transition sur le Boulevard de l’indépendance, Ce rassemblement avait drainé une grande foule, brandissant des slogans hostiles à l’ancienne puissance coloniale ainsi qu’à toute forme d’ingérence de la communauté internationale « dans les affaires internes du peuple souverain du Mali ». AT/MD (AMAP)

L’ancienne Première ministre du Mali Cissé Mariam Kaïdama Sidibé est décédée

Bamako, 07 nov (AMAP) L’ancienne Première ministre du Mali, Cissé Mariam Kaïdama Sidibé est décédée, samedi 06 novembre 2021, à Tunis, en Tunisie où elle était en séjour médical depuis plus d’un mois. E Mme Cissé avait été évacuée par les autorités de la Transition pour un meilleur suivi médical. Sa disparition a été confirmée par sa famille ainsi que les autorités maliennes. Cissé Mariam Kaïdama Sidibé est née le 4 janvier 1948 à Tombouctou (Nord). Elle a occupé plusieurs postes ministériels, avant de devenir la première femme Premier ministre du Mali, le 3 avril 2011, succédant à Modibo Sidibé, jusqu’au coup d’État du 22 mars 2012 du capitaine Amadou Sanogo, contre le régime de feu Amadou Toumani Touré (ATT). Après une scolarité à Goudam (Nord), elle passe son baccalauréat en 1970à Bamako, avant de décrocher son diplôme d’administrateur civil à l’École nationale d’administration (ENA) de Bamako. Au cours d’une carrière professionnelle remarquable, Mariam Kaïdama Sidibé a travaillé au ministère des Sociétés et Entreprises d’État du Mali, entre 1974 et 1989. Elle est nommée, ensuite, conseillère technique auprès du président Amadou Toumani Touré, en 1991, avant d’être promue en août de la même année à juin 1992, ministre du Plan et de la Coopération internationale du gouvernement de transition. De mai 1992 à juin 1992, elle s’occupera du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement. Entre août 1993 et novembre 2000, Mariam Kaïdama Sidibé est secrétaire exécutive du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) basé à Ouagadougou. En août 2001, la native de Tombouctou est à nouveau conseillère spéciale du président de la République, après l’élection de celui-ci. De mars à juin 2002, elle est ministre du Développement rural du Mali puis, en 2003, elle est nommée présidente du Conseil d’administration de la Société nationale de tabac et allumettes du Mali (Sonatam). Cissé Mariam Kaïdama Sidibé était mariée et mère de quatre enfants. Dans un communiqué de la Présidence lu à la télévision nationale, samedi soir, le président de la Transition, le Premier ministre et l’ensemble des membres du gouvernement présentent leurs « condoléances les plus émues à la famille de l’illustre disparue et prient pour le repos éternel de son âme ». AT/MD (AMAP)  

Des militaires maliens accusés de «complot» contre le gouvernement (Communiqué)

Bamako, 06 nov (AMAP) Le procureur de la République près le tribunal de Grande instance de la Commune VI du District de Bamako a ouvert une information judiciaire pour des faits « d’association de malfaiteurs, de tentative d’attentat et de complot contre le gouvernement » contre six personnes, a appris l’AMAP de source officielle. Dans un communiqué publié, vendredi 05 novembre, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Commune VI du District de Bamako annonce l’ouverture d’une information judiciaire contre le colonel-major Kassoum Goïta, ancien chef de la Sécurité d’État, les services maliens de renseignements maliens, le professeur Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la présidence. Sandi Ahmed Saloum, Issa Samaké dit Dioss alias Simbo, l’adjudant-chef Abdoulaye Ballo, le commissaire principal de Police, Moustapha Diakité font également objet de la même procédure . « Le procureur de la République rassure, par ailleurs, du respect de leurs droits et ce, conformément à la loi », conclut le communiqué. Pour l’instant, aucun détail de cette nouvelle affaire de tentative de déstabilisation n’a filtré. SS/MD (AMAP)  

Coupe du monde 2022 : 26 Aigles contre le Rwanda et l’Ouganda

Bamako, 05 nov (AMAP) Le sélectionneur des Aigles, Mohamed Magassouba, a publié, ce vendredi 5 novembre, la liste des joueurs retenus pour affronter le Rwanda et l’Ouganda pour le compte des 5è et 6è journées des éliminatoires du Mondial 2022. Une nouvelle tête chez les Aigles : le jeune défenseur latéral gauche de Strum Graz, en Autriche, Amadou Danté (21 ans), a été convoqué pour la première fois. Le milieu de terrain de Brighton en Premier League, Yves Bissouma, appelé lors des derniers rassemblements, ne figure pas sur cette liste. On note également la présence de l’attaquant du FC Nantes, Kalifa Coulibaly, qui n’avait pas disputé les derniers matches. Les Aigles affronteront les Amavubis du Rwanda, le 11 novembre prochain, à Kigali, avant de recevoir les Crames de l’Ouganda, le 14 novembre, dans un match délocalisé au stade Général Lansana Conté de Nongo, à Conakry. MT/MD (AMAP) Liste des 26 joueurs retenus pour les rencontres contre le Rwanda et l’Ouganda 1-            Djigui Diarra (Young Africans) 2-            Ibrahim Bosso Mounkoro (Tp Mazembe) 3-            Mohamed Niaré (Stade Malien) 4-            Ismael Diarra Diawara (Malmö) 5-            Hamari Traoré (Rennes) 6-            Falaye Sacko (Vitoria Guimaraes) 7-            Charles Blonda Traoré   (FC Nantes) 8-            Mamadou Fofana (Amiens) 10-            Boubacar Kiki Kouyaté   (Metz) 11-            Senou Coulibaly (Dijon) 12-            Moussa Sissako   (Standard Liège) 13-             Amadou Danté (Strum Graz) 13-            Diadié Samassékou (Hoffenheim) 14-            Cheick Oumar Doucouré (RC Lens) 15-            Amadou Haïdara (RB Leipzig) 16-            Adama Traoré (Hatayspor) 17-            Mohamed Camara (RB Salzbourg) 18-            Aliou Dieng (Al Ahly) 19-            Kouamé Nguessan Rominigue 20-            Moussa Djénépo (Southampton) 21-            Moussa Doumbia (Reims) 22-            Adama Traoré (Sheriff Tiraspol) 23- Lassine Sinayoko ( AJ Auxerre) 24-            Ibrahima Koné (Sarspborg) 25-            El Bilal Touré (Reims) 26-            Kalifa Coulibaly (FC Nantes)

Mali : Débat sur l’avant-projet de la loi électorale

Bamako, 05 nov (AMAP) L’avant-projet de la loi électorale, dont les principales innovations portent sur la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), l’instauration du scrutin proportionnel pour plus d’équité et le bulletin unique, est au centre d’un atelier qui s’est ouvert, jeudi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sous la présidence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga. Durant deux jours, les acteurs politiques, contrôleurs, observateurs et citoyens praticiens du processus électoral, la société civile et les ordres professionnels, examineront l’avant-projet de loi, en vue de son amélioration et de sa consolidation. «Ces innovations vont contribuer à une régulation efficace des scrutins pour plus de crédibilité et de transparence. Ce n’est qu’à ce prix que la légitimité des futures autorités élues, sous l’égide de la nouvelle loi, sera sans contestations majeures et facteurs de stabilité institutionnelle… », a assuré le Premier ministre. Les innovations phares du futur texte sont destinées à impacter significativement le coût des élections. L’Autorité indépendante reprend, à son compte et de manière renforcée par endroits, les attributions ainsi que les pouvoirs de gestion, de contrôle et de supervision conférés par l’actuelle loi électorale au ministère en charge de l’Administration territoriale, à la Délégation générale aux élections (DGE) et à la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Autre nouveauté : le choix d’experts neutres, professionnels et assermentés pour composer et diriger l’AIGE dont «l’indépendance est affirmée et la permanence voulue». Pour Choguel Kokalla Maïga, la création de l’organe unique de gestion des élections répond à la concrétisation d’une des aspirations la plus partagée par le plus grand nombre de partis et regroupements politiques ainsi que des organisations de la société civile depuis plusieurs décennies. «Il s’agit pour le peuple malien de minimiser les risques de contestation des élections, donc de renforcer la crédibilité et la légitimité des institutions élues pour que notre pays sorte définitivement du cycle infernal des crises post-électorales», a indiqué le chef du gouvernement. Il reste persuadé qu’au sortir de cette rencontre, le Mali disposera d’une loi électorale, donnant satisfaction à l’écrasante majorité de la classe politique. M. Maiga n’a pas manqué d’inviter les participants à faire toutes recommandations pertinentes de nature à renforcer la résilience de l’AIGE et du processus électoral au Mali que les Assises nationales de la réfondation (ANR) pourront approfondir. Pour la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Réformes politiques et institutionnelles, Mme Fatoumata Sékou Dicko, la tenue de cette rencontre témoigne du souci du gouvernement d’adopter une démarche inclusive et participative autour de cet avant-projet de loi. Mme Fatoumata Sékou Dicko a soutenu que le choix de créer l’AIGE sous le statut juridique d’une autorité administrative indépendante est l’option juridique du droit positif malien qui offre la garantie de plus d’indépendance fonctionnelle et financière. Les membres du Cadre d’échange des partis et regroupements politiques pour une Transition réussie au Mali ont décidé de ne pas participer à cette rencontre. Les responsables de cette coalition l’ont fait savoir à travers un communiqué rendu public mercredi. En lieu et place, ils demandent au gouvernement de transmettre au Conseil national de Transition (CNT) le projet de loi électorale «consensuel» issu de l’atelier organisé du 3 au 5 mai 2021 par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga et la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Réformes politiques et institutionnelles, Mme Fatoumata Sékou Dicko, étaient présent à la cérémonie d’ouverture. BD/MD (AMAP)  

Le CNT adopte une résolution demandant la suspension de la détention de Issa Kaou N’Djim

Bamako, 05 nov (AMAP) Les membres du Conseil national de Transition (CNT) ont adopté, jeudi, en séance plénière, une résolution demandant la suspension de la détention du 4è vice-président de l’organe législatif transitoire, Issa Kaou N’Djim, poursuivi pour flagrant délit d’atteinte au crédit de l’Etat et de ses institutions. Après l’intervention d’un orateur pour et en l’absence d’orateur contre, conformément aux textes, la résolution a été adoptée par 101 voix pour, 7 contre et 5 abstentions. à l’issue du vote, le président de la commission ad hoc, Dr Souleymane Dé, a indiqué que le document adopté compte deux points. En premier lieu, ils ont demandé au gouvernement d’instruire aux enquêteurs et aux poursuivants de scrupuleusement respecter les dispositions constitutionnelles consacrées en matière d’immunité des membres du CNT. Et en second lieu, la demande de suspension de la détention d’Issa Kaou N’Djim. Pour Dr Souleymane Dé, il est extrêmement difficile d’établir la flagrance dans ce dossier. Mais, auss,i de faire un lien entre ce qui est reproché à Issa Kaou N’Djim et l’article 167 du Code de procédure pénale qui porte sur les crimes économiques. Même si dans la résolution, les membres du CNT ont demandé la suspension de sa détention, Dr Dé a précisé qu’ils n’ont pas souhaité la suspension des poursuites pour laisser la justice faire son travail Les membres du CNT ont examiné le rapport de la commission ad hoc mise en place pour l’examen des contours de l’interpellation et de l’arrestation de M. N’Djim. Le CNT s’est penché sur cette affaire en se basant sur l’article 44 de son règlement intérieur qui dit qu’ : «il est constitué, pour l’examen de chaque demande de levée d’immunité parlementaire d’un membre du Conseil national de Transition, de chaque demande de suspension de poursuites déjà engagées ou de chaque demande de suspension de détention d’un membre du Conseil national de Transition, une commission ad hoc, dont la taille et la composition sont fixées par la plénière». Sur cette base, une commission ad hoc de 15 membres a été mise en place pour l’examen des contours de cette affaire qui défraie la chronique depuis la semaine dernière. Dans son rapport présenté en plénière, la commission a indiqué que selon la note technique d’information du procureur de la République, Issa Kaou N’Djim est poursuivi pour «atteinte au crédit de l’Etat et de ses institutions». Le rapport précise que cela se traduit par «des attaques personnelles, des dénigrements gratuits, des invectives et diatribes vexatoires et injurieuses dirigées directement ou indirectement et via les médias sociaux contre certaines personnalités et certaines actions judiciaires en cours». D’après le rapport, l’arrêt n°2020-07/CC du 18 décembre 2020 de la Cour constitutionnelle reconnaît l’existence de l’immunité parlementaire au bénéficie des membres du CNT. Le rapport souligne que les circonstances qui autorisent l’application de la procédure de flagrance sont objectives et ne peuvent donner lieu à aucune interprétation subjective. Mieux, il soutient que les agissements reprochés à Issa Kaou N’Djim n’ont été commis dans aucune des circonstances prévues à l’article 65 du Code de procédure pénale. La commission estime donc que le recours à la procédure de flagrance ne semble avoir été opéré que dans le dessein unique de faire échec à l’immunité dont bénéficie l’intéressé en sa qualité de membre du CNT. Par ailleurs, le document indique que l’atteinte au crédit de l’Etat est une infraction spécifique instaurée afin de combattre les comportements susceptibles d’ébranler la confiance des citoyens relativement en ce qui concerne l’économie, notamment la monnaie, les impositions, les contributions et les taxes. Le rapport signale qu’il s’agit essentiellement d’une infraction économique. Et en foi de cela, il est difficile d’établir un lien entre les charges retenues contre Issa Kaou N’Djim et l’infraction «atteinte au crédit de l’état». Selon la commission, la procédure correctionnelle conduite contre lui pèche tant dans sa forme que dans le fond. C’est pourquoi, elle a recommandé à la plénière, l’adoption d’une résolution demandant la suspension de sa détention. Dans cette résolution, la commission a rappelé que l’article 62 de la Constitution permet à l’organe législatif de requérir et d’obtenir la suspension de la détention ou de la poursuite d’un de ses membres. Les membres du CNT ont invité le gouvernement à instruire aux autorités d’enquêtes et de poursuites, le respect scrupuleux des lois de la République notamment en ce qui concerne l’immunité conférée aux parlementaires par la Constitution. Par un communiqué, le Syndicat autonome de la magistrature (SAM) et le Syndicat libre de la magistrature (SYLIMA) ont déclaré avoir eu connaissance de la résolution du CNT demandant la suspension de la détention de Issa Kaou N’Djim, «incarcéré pour des faits d’atteintes au crédit de l’Etat et à ses institutions, faits prévus et punis par les dispositions combinées des articles 58 et 67 du code pénal». Cependant les deux syndicats rappellent à tous le respect du principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs, gage d’une justice forte. Lors de la plénière du CNT, le gouvernement était représenté par Mme Dembélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures et par son collègue Youba Bah, ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Élevage et de la Pêche. DD/MD (AMAP)