Covid-19 au Mali : 62 nouveaux cas enregistrés mardi

Bamako, 10 novembre (AMAP) Soixante-deux (62) nouveaux cas positifs à la Covid-19 ont été enregistrés mardi au Mali, portant le nombre total de la contamination à 16.468 dont 14.772 guérisons et 579 décès, a appris l’AMAP de source officielle. Les services sanitaires précisent que les 62 nouveaux cas ont été enregistrés dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et dans les communes I, II, IV, V et VI du district de Bamako avant de déclarer que 865 personnes font l’objet de suivi. L’Institut de santé publique invite par ailleurs les populations à la prudence et au respect des mesures barrières. KM (AMAP)

Transport terrestre au Mali : Interdiction de la surcharge à compter du 15 novembre

Bamako, 10 nov (AMAP) Le Mali va mettre en œuvre le Règlement n°14 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), relatif à la surcharge à l’essieu, avec une tolérance de 15%, à compter du 15 novembre prochain, a annoncé, mardi après-midi, la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Dembélé, lors d’une rencontre d’information avec les acteurs concernés. Cette décision fait suite aux recommandations du Conseil des ministres du 5 octobre dernier, tenu sous la présidence du chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, pour l’application de cette mesure de l’UMOA déjà en vigueur dans les autres pays membres, depuis janvier dernier. La rencontre d’échanges avec les acteurs, en présence également des ministres de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel-major Daoud Aly Mohammedine, de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, et de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, visait à partager avec les acteurs les défis à relever en vue de lutter contre la surcharge des véhicules sur nos routes. La démarche, qui préconise une application progressive du Règlement n°14, vise à préserver le patrimoine routier, réduire les coûts d’entretien des routes, augmenter la durée de vie des véhicules, diminuer les coûts d’exploitation des véhicules : carburant, pneumatique, maintenance, augmenter le nombre de rotations des véhicules par mois et améliorer la sécurité routière. « La surcharge des véhicules impacte la performance du secteur des transports au Mali. Pays dont les principales denrées de première nécessité sont acheminées par la route », a expliqué la ministre des Transports et des Infrastructures.. Selon Mme Dembélé Madina Sissoko, « au moins, 50 milliards de Fcfa sont perdus tous les ans sur les corridors routiers,» du fait de la dégradation prématurée des routes qui disparaissent sous les poids insupportables des véhicules hors normes, les coûts des accidents graves imputables à la surcharge et la détérioration des véhicules de transport commercial. Les ministres chargés des Infrastructures et des Transports routiers de l’UEMOA, du Ghana et de la Guinée se sont retrouvés en septembre 2017, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ils y ont adopté une démarche commune permettant une application concomitante et progressive du règlement. À ce jour, a noté Mme Dembélé Madina Sissoko, cette démarche a été suivie d’effet parce que l’extrême surcharge, définie comme un taux de surcharge de plus de 40% du poids total autorisé en charge du véhicule (PTAC), a été entièrement éradiqué dans tous les États membres de l’UEMOA. « En 2018, a-t-elle poursuivi, les taux de surcharge dans tous les États étaient au plus estimés à 20%. MS/MD (AMAP)    

Obsèques de Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé : Emouvant hommage

Bamako, 10 nov (AMAP) De hautes personnalités maliennes, des fonctionnaires internationaux, d’anciens collaborateurs, des parents, des amis ont rendu un dernier hommage à Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, ex-Première ministre, dont les obsèques ont eu lieu, mardi, à son domicile à Sokorodji. Première femme à occuper le poste de chef de gouvernement dans notre pays, elle est décédée, à 73 ans, le 6 novembre dernier, à Tunis où elle était en séjour médical depuis plus d’un mois avec l’aide des autorités de la Transition. À la loge officielle, on notait la présence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, des anciens Premiers ministres Ousmane Issoufi Maïga, Ahmed Mohamed Ag Hamani, Modibo Sidibé, Soumana Sako. Des anciens ministres et d’autres personnalités ont aussi assisté à la cérémonie funèbre. Dans une atmosphère empreinte d’émotion, Cheickna Dembélé et Ibrahim Cissé, respectivement fils de la sœur et fils aîné de la défunte se sont exprimés au nom de la famille. Dans son hommage, le premier a retenu de sa «maman» le « caractère fort avec lequel elle a servi la Nation si loyalement et avec tant de dignité ». Quant au fils aîné, Ibrahim Cissé, il a aussi exprime sa fierté devant sa défunte mère, qui en sa qualité de Première ministre, a su bien gérer les affaires de la Nation. «Notre maman a toujours répondu présent à l’appel du pays quel que soit le défi à relever. Elle a inspiré toute une génération de mères, de jeunes filles et d’hommes. Donc oui j’ai envie de célébrer cet esprit qu’elle a laissé après elle», a-t-il déclaré. L’ancienne ministre Mme Maïga Sina Damba a, au nom du Réseau des femmes anciennes ministres et parlementaires du Mali, loué les qualités exceptionnelles de l’illustre disparue, à savoir « son ouverture d’esprit, sa modération dans les propos et dans les actes », son sens de la responsabilité dans le pays et en dehors du pays, son honneur et sa dignité jusque dans son accoutrement, son humilité dans l’expression et dans le style. La porte-parole du Réseau des femmes anciennes ministres et parlementaires du Mali a, par ailleurs, témoigné qu’à travers sa vie familiale et sociale, la défunte est reconnue être « une bonne épouse, une mère pieuse, douce et vertueuse, une sœur généreuse, une amie sûre, une voisine attentionnée ». Après les témoignages émouvants et la prière funèbre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé a été conduite en sa dernière demeure au cimetière de Sabalibougou. OD/MD (AMAP)    

Mali : Les prix du pain inchangés

Bamako, 10 nov (AMAP) Le pain reste disponible sur le marché au prix de 250 Fcfa la baguette de 300 g et 125 Fcfa celle de 150 g, a réaffirmé, mardi, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, au sortir d’une rencontre avec les acteurs de la filière pain dans son département. L’objectif de la rencontre était de s’assurer du respect des prix en vigueur et s’imprégner des problèmes que rencontrent les boulangers afin de trouver des solutions adaptées. Au terme de ces échanges, les meuniers ont décidé de ne pas augmenter le prix de la farine. À l’unanimité, les acteurs de la filière sont d’accord sur la structure actuelle du pain et sur le prix en vigueur. « En principe, il n’y aura pas de rupture de farine sur le marché ni une hausse du prix de la farine », a assuré le ministre en charge de l’Industrie. Le directeur général du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), Boucadary Doumbia, a souligné que l’analyse de toute la chaîne de la filière, de l’achat de la farine à sa consommation, a permis aux acteurs de comprendre par eux-mêmes que le prix du pain ne peut connaître une hausse. À cet égard, «le prix ne connaitra pas une augmentation et il n’y aura plus de grève liée à cette situation», a fait savoir M. Doumbia. En perspectives, le gouvernement envisage d’organiser des assises afin de vider définitivement les discussions autour du prix du pain. «Nous allons bientôt élaborer les Termes de référence pour aller vers les états généraux du pain pour examiner les questions structurelles auxquelles les boulangeries font face et les questions conjoncturelles pour essayer d’apporter des solutions et voir comment aller vers leur professionnalisation», a annoncé le ministre Mahmoud Ould Mohamed. Ce qui pourrait permettre d’éviter les situations désagréables que les consommateurs ont vécues la semaine dernière. Des boulangers avaient décidé «de façon unilatérale» d’augmenter le prix de la miche de pain en «violation» du protocole d’accord qui lie meuniers, boulangers et gouvernement. Et sans requérir l’avis favorable du cadre de concertation État et acteurs de la filière. Mettant ainsi les consommateurs devant le fait accompli. En réaction, le département en charge du Commerce a exigé et obtenu le maintien des prix à leur état initial. FC/MD (AMAP)      

Issa Kaou N’Djim n’est plus membre du CNT (décret présidentiel)

Bamako, 09 nov (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a abrogé, mardi, le décret de nomination de Issa Kaou N’Djim au Conseil national de Transition (CNT) organise législatif transitoire. « Les dispositions du décret n° 2020-0239/PT-RM du 03 décembre 2020, sont abrogées en ce qui concerne Monsieur Kaou Djim », dit le décret date du mardi 9 novembre, signé du président de la Transition. Issa Kaou N’Djim qui était jusque là 4è vice-président du CNT est déchu son titre de Conseiller au moment où sa mise en liberté a été ordonnée par le Tribunal de grande Instance de la Commune IV. Il avait été arrêté et placé sous mandat de dépôt avant d’être jugé pour flagrant délit « d’atteinte au crédit de l’État et des Institutions » et pour « trouble grave à l’ordre public ». Le verdict de son procès sera prononcé le 3 décembre prochain. MT/MD (AMAP)

Mali : Issa Kaou N’Djim recouvre la liberté avant son procès

Bamako, 09 nov (AMAP) L’ancien 4è vice-président du Conseil national de Transition (CNT), Issa Kaou N’Djim a été libéré, mardi après midi, par le Tribunal de grande instance de la Commune IV de Bamako qui l’avait placé sous mandat de dépôt le 28 octobre. “Nous avons attendu de recevoir la résolution (Ndlr, du CNT) pour son exécution. C’est ce qui a été fait aujourd’hui (mardi). Puisque la résolution, en elle-même, ne peut suffire à obtenir la libération du Monsieur, il fallait l’enrôler. Nous l’avons enrôlée pour que le juge la constate et en tire les conséquences”, a expliqué le procureur de la Commune IV, Idrissa Touré, Et de préciser que le CNT a simplement voté la suspension de la détention. “C’est ce qui vient d’être ordonnée. On vient de signer un ordre de mise en liberté pour le sortir de prison. Mais le CNT n’a pas voté la suspension de la poursuite”. En d’autres termes, le 3 décembre M. N’Djim va comparaitre devant le tribunal. “S’il est jugé et déclaré coupable et condamné, il peut encore retourner en prison. Il peut aussi être jugé et déclaré non coupable. Donc relaxé”, a signalé le procureur L’un des avocats de Issa Kaou N’Djim a confirmé que le procureur n’a fait qu‘appliquer la résolution du CNT. “Le jugement au fond sur cette affaire aura lieu le 3 décembre prochain”, a précisé Me Kassoum Tapo. Cette libération de Issa N’Djim, dans le cadre de l’exécution d’une résolution du CNT par le gouvernement, se fait conformément aux dispositions de la Constitution. A l’issue d’une séance plénière tenue le jeudi 04 novembre, les membres du CNT avaient adopté une résolution demandant la «suspension de la détention de Issa Kaou N’Djim », suite à un vote par 101 voix pour, 07 contre et 05 abstentions. Auparavant, le président du CNT avait mis en place une commission ad hoc composée de 15 membres dont la présidence était assurée par Dr Souleymane Dé, également président de la commission lois du CNT, chargé d’examiner les contours de l’affaire. L’incarcération du désormais ex-4ème vice président du CNT était intervenue quelques heures avant sa comparution, le lendemain vendredi, devant la même juridiction, Au procès, il avait plaidé non coupable de flagrant délit «d’atteinte au crédit de l’État et de ses institutions » mais aussi de « trouble grave à l’ordre public ». Le tribunal avait renvoyé son délibéré jusqu’au 03 décembre prochain. Cela, après avoir rejeté la demande de liberté provisoire formulée par les avocats de la défense, renvoyant du coup le président du parti ACRT Faso Ka Wele en détention. AT/MD (AMAP)  

Quelque 323 sages-femmes à recruter et à déployer sur le terrain

Bamako, 09 nov (AMAP) L’initiative recrutement et déploiement de 323 sages-femmes dans le cadre du projet d’Autonomisation des Femmes et le Dividende Démographique au Sahel (SWEDD) a été lancée, lundi, sous la présidence, du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Cette initiative répond au souci partagé par tous (décideurs, partenaires et communautés) d’une bonne répartition des sages-femmes sur toute l’étendue du territoire national. Il y a une forte concentration de sages-femmes dans la capitale, Bamako, où plus de la moitié du personnel féminin de sages-femmes est déployée. Les zones rurales ne bénéficient pas suffisamment de ces mains indispensables à la santé de la femme et de l’enfant. Or, le besoin de ce personnel féminin est criard dans certaines localités du pays, notamment dans les zones rurales où les sages-femmes se comptent sur les doigts d’une main. En tout cas, elles officient moins en nombre dans ces localités où leur expertise peut réellement contribuer et de façon significative à l’amélioration de la santé de la femme et de l’enfant. Le chef du gouvernement a ainsi peint le tableau des préoccupations liées à la santé. Et d’expliquer qu’il y a une volonté politique du gouvernement, à travers des investissements stratégiques, de réaliser le dividende démographique et d’améliorer la santé maternelle et néonatale. Le gouvernement avec ses partenaires comme le projet SWEDD a, dans une synergie entre le ministère en charge de la Santé et celui de la Population, déployé une première cohorte de 106 sages-femmes dans certaines localités. Cela a permis d’augmenter de 17% l’effectif de ce personnel féminin intervenant dans les sept régions d’intervention du projet SWEDD et de 8% l’effectif national des sages-femmes en activité jusqu’en 2020. Choguel Kokalla Maïga a, aussi, souligné que le chef de l’Etat a donné les orientations nécessaires pour prendre toutes les dispositions urgentes afin de sécuriser la population et poursuivre les efforts de développement sur l’ensemble du territoire national. Le projet d’Autonomisation des Femmes et le Dividende Démographique au Sahel (SWEDD) vise à renforcer l’autonomisation des femmes en vue d’accélérer la transition démographique dans les pays membre à savoir : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Le représentant de la Banque mondiale, Jean-Pierre Chauffour, a réitéré la disponibilité des partenaires à accompagner l’initiative, notamment dans cette deuxième phase qui s’étend de 2021-2024 et mobilisera 323 femmes à déployer dans les zones rurales. Quant à Mme Sissoko Oumou Camara, porte-parole des sages-femmes, elle a exprimé sa reconnaissance au gouvernement, mais aussi aux partenaires et initiateurs de ce programme de recrutement et de déploiement des sages-femmes sur l’ensemble du territoire, au service de la population, particulièrement de la femme et de l’enfant. Un court métrage a été projeté sur les sages-femmes dont la noble mission, celle d’aider à donner la vie malgré les conditions matérielles difficiles a été magnifiée. Ce film établit le constat d’une répartition inégale des sages-femmes sur le territoire national avec un trop plein à Bamako. Quelque 51% des sages-femmes en activité sont concentrées dans la capitale. C’est au regard de ce constat qu’un programme fut lancé par SWEDD en juin 2018 pour pallier cette situation. La cérémonie a eu lieu en présence de la ministre de la Santé et du Développement social, Diéminatou Sangaré et de son collègue de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population, Bréhima Kamena. On notait, aussi, la présence de nombreux invités de marque. BS/MD (AMAP)

Le Tribunal militaire de Bamako s’ouvre mercredi avec trois affaires au rôle

Bamako, 09 nov (AMAP) La 1ère session ordinaire 2021 de la chambre criminelle du Tribunal militaire de Bamako s’ouvre mercredi avec trois affaires à juger, annonce le directeur de la Justice militaire, le colonel-major Issa Coulibaly « L’ouverture de la session aura lieu le 10 novembre 2021 à 8h 30 mn au tribunal militaire de Bamako, sis à Dar Salam », précise le colonel-major Coulibaly cité par un communiqué publié lundi. Cette première session ordinaire connaitra de trois affaires impliquant plusieurs militaires. La session s’inscrit “dans le cadre de la lutte contre l’impunité et la préservation des droits de l’Homme au Mali”. Elle témoigne, également, “de la fonctionnalité des tribunaux militaires qui ont à leur actif plusieurs affaires jugées concernant des militaires’, selon le communiqué. AT/MD (AMAP)

Le gouvernement malien regrette les décisions du sommet de la CEDEAO

Bamako, 09 nov (AMAP) Le gouvernement malien a exprimé, lundi, sa déception après le sommet extraordinaire de la conférence des chefs d’État de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la situation au Mali et en Guinée qui a adopté des sanctions ciblées contre les autorités de la Transition. Dans un communiqué, publié lundi soir, le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale  « regrette les décisions prises lors de ce sommet qui ne prennent pas suffisamment compte des aspirations profondes du peuple malien et des efforts déployés au quotidien par les autorités de la Transition pour relever les défis multiformes auxquels le pays est confronté et pour une stabilité durable ». Cependant, le Mali « réitère sa volonté de poursuivre le dialogue avec la CEDEAO en vue de permettre la tenue d’élections libres et crédibles dans les meilleurs délais». La CEDEAO) a décidé, dimanche, d’imposer des sanctions comprenant une interdiction de voyager et un gel des avoirs financiers aux autorités de transition et des autres institutions de transition au Mali. Dans le communiqué final de cette session extraordinaire tenue à Accra, au Ghana, le dimanche 7 novembre 2021, le sommet indique que, conformément à la décision prise le 16 septembre 2021, la Conférence a imposé ces sanctions « avec effet immédiat à l’encontre des individus et groupes identifiés » et « aux membres de leur famille ». Le Président de la Commission est chargé « d’examiner et de proposer des sanctions supplémentaires lors de sa prochaine session ordinaire le 12 décembre 2021, si la situation persiste ». La CEDEAO appelle l’Union africaine (UA), les Nations unies et les partenaires bilatéraux et multilatéraux « à approuver et à soutenir la mise en œuvre de ces sanctions ». Le sommet de la CEDEAO, sous la présidence de Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, chef de l’Etat du Ghana et président en exercice de la Conférence a déploré “vivement l’absence de progrès dans la préparation des élections, y compris l’absence d’un calendrier détaillé des activités pour la conduite des élections aux dates convenues”. MT/MD (AMAP)

CEDEAO : Sur le Mali, les sommets se suivent

Par Issa Dembélé Bamako, 08 nov (AMAP) Les dirigeants ouest africains ne ménagent pas leurs efforts dans la gestion de la crise malienne. Sauf que les solutions qu’ils préconisent ne rencontrent pas l’adhésion de nos autorités et d’une bonne frange de nos concitoyens. Les chefs d’état et de gouvernement de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), réunis hier à Accra au Ghana, ont examiné la situation politique au Mali et en Guinée. Ce sommet extraordinaire est intervenu alors que le débat sur une prorogation éventuelle de la Transition au Mali fait rage. Si le gouvernement voudrait disposer d’un peu plus de temps pour mener à terme les réformes nécessaires, une coalition de partis politiques appelée «Cadre d’échange » réclame le respect du délai tel qu’arrêté par la Charte de la Transition. Il faut rappeler que lors du sommet du 16 septembre dernier, le président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo et ses homologues avaient invité les autorités à publier un chronogramme électoral respectant le délai de la Transition, faute de quoi ils avaient menacé de sanctions contre «tous ceux dont les actions impactent négativement le calendrier de la Transition tel qu’arrêté». Il s’agit donc des sanctions individuelles comme le gel des avoirs ou l’interdiction de voyage dans l’espace communautaire. En arriver à brandir des sanctions traduit un certain agacement des dirigeants ouest africains concernant la situation dans notre pays, au sujet de laquelle ils enchainent les sommets sans grand impact sur le cours de la Transition. Comment rétablir l’ordre constitutionnel, avec l’organisation d’élections transparentes ? C’est tout le sens de l’activité diplomatique menée depuis des mois par l’organisation sous régionale qui s’attendait hier à un chronogramme devant conduire aux « étapes essentielles pour les élections de février 2022 ». Ce chronogramme ne sera connu qu’au sortir des Assises nationales de la refondation. Ainsi en ont décidé les autorités transitoires, soutenues dans cette décision par une bonne frange de la population très réceptive aux « discours souverainistes ». Cette convergence ne facilite pas la tâche à la CEDEAO. Depuis 2020, les évènements dans notre pays mettent l’organisation ouest africaine au défi de la réponse. Elle n’a pas réussi à taire la contestation populaire qui a débouché, avec l’entrée des militaires en scène, sur la chute de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août 2020. Quelques jours avant, précisément le 23 juillet 2020, cinq chefs d’état (Côte d’Ivoire, Ghana, Niger, Sénégal et Nigeria) s’étaient transportés à Bamako pour ne finalement constater que la fracture béante entre IBK et le M5-RFP. Suite à cette mission, un sommet, tenu par visioconférence le 27 juillet, avait annoncé des décisions qui se sont avérées inopérantes. DU PAIN SUR LA PLANCHE – En réponse au renversement du régime d’IBK, la CEDEAO a suspendu le Mali de tous ses organes de décision et stoppé les échanges financiers et commerciaux (excepté les produits de première nécessité) avec notre pays. Puis, les chefs d’Etat ont tenu le 15 septembre 2020 à Accra, un mini-sommet. Le colonel Assimi Goïta, alors président du CNSP, y a été convié pour donner des garanties quant à la durée de la Transition et la nomination de civils aux postes de président et de Premier ministre de la Transition. Les sanctions ont été finalement levées quand les militaires avaient paru se plier à ces exigences. Mais les sanctions, faut-il le souligner, avaient surtout été mal ressenties par une population éprouvée. Alors que la CEDEAO croyait le processus de Transition irréversible, survinrent les évènements du 24 mai 2021. Le président de la Transition, Bah Ndaw, et le Premier ministre, Moctar Ouane, ont été mis « hors de leurs prérogatives » et le colonel Assimi Goïta a pris les rênes du pays avec l’aval de la Cour constitutionnelle. Ce fut une nouvelle paire de manches pour la communauté internationale, emmenée par la CEDEAO. Mais l’organisation communautaire n’a pas baissé les bras. Dès le samedi 29 mai 2021, le colonel Goïta est convié à Accra pour des «consultations», en prélude au sommet des chefs d’état qui aura lieu le lendemain, dimanche. En réaction à ces nouveaux développements, les dirigeants ouest africains ont condamné le « coup d’État » et suspendu de nouveau notre pays des instances de l’organisation. Aussi, ont-ils réclamé la nomination d’un Premier ministre civil et la formation d’un gouvernement inclusif. Les autorités maliennes ont répondu avec la nomination comme Premier ministre du leader du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), Dr Choguel Maïga, et la formation d’un gouvernement regroupant plusieurs sensibilités. Mais le doute s’est installé sur les autres intentions des autorités de la Transition, concernant notamment le respect du calendrier électoral qui prévoit la tenue de l’élection présidentielle en février 2022. Apparemment, les menaces de sanctions ont glissé sur les dirigeants maliens. Le président ghanéen, président en exercice de la CEDEAO, a personnellement effectué une visite à Bamako le 11 octobre dernier. Sans plus de succès sur le respect des injonctions de l’organisation commune. Il faut dire que les chefs d’Etat ouest africains ont du pain sur la planche. La CEDEAO est de plus en plus perçue par l’opinion ouest africaine comme un syndicat de chefs d’état. Sa gestion des dossiers des ruptures de l’ordre constitutionnel dans les différents pays n’est pas exempt de reproche. Même s’ils ont le soutien de l’ONU et de l’Union africaine (UA), les présidents sont tenus de marcher sur des œufs pour éviter des décisions qui pourraient entamer davantage la crédibilité de l’organisation aux yeux des citoyens de la sous-région. ID (AMAP)