« J’ai trouvé opportun le sommet de Paris sur le financement des économies africaines », dit Bah N’Daw
Le président de la Transition, Bah N’Daw, a séjourné du 17 au 20 mai, à Paris, en France, où il a participé, au Sommet sur le financement des économies africaines qui s’est tenu mardi 18 mai 2021. Dans une brève interview, le président de la transition a accepté de répondre à quelques questions sur son séjour français. Propos recueillis par Moussa DIARRA Envoyé spécial AMAP : Qu’avez vous retenu de ce sommet sur le financement des économies africaines ? Président Bah N’Daw : C’est l’occasion pour moi de remercier la partie française, notamment le président Emmanuel Macron pour l’accueil qui a été réservé à ma délégation et à moi-même. Et, aussi, signaler combien opportune a été l’organisation de ce Sommet qui, pour moi, a été une façon d’explorer les pistes de solution pour un changement de paradigme sur le service de la dette, car le modèle dans lequel nous avons vécu, jusqu’ici, est hérité de la fin de la deuxième Guerre mondiale. Aujourd’hui, le service de la dette est lourd à supporter au point que nos économies fragiles n’arrivent plus à faire des investissements. Sans investissements, les problèmes sont colossaux dont celui de la sécurité sans laquelle il n’y a pas de paix et encore moins de développement. AMAP : Qu’est-ce qui va se passer concrètement au Mali par rapport à ce qui a été décidée ici à Paris ? Président Bah N’Daw : Les différents ministres des Finances sont à pied d’œuvre par rapport aux grandes décisions. Je ne voudrais pas rentrer dans les détails techniques relativement aux Droits de tirage spéciaux. Le mécanisme est tel que la démarche est fondée sur cela. AMAP : Qu’avez-vous appris des échanges avec les Maliens de France ? Président Bah N’Daw : J’avoue que mon message est compris, à savoir qu’il faut qu’on se respecte. Je ne peux que les (Ndrl, Maliens de France) en féliciter. Qu’à cela ne tienne, j’ai entendu leur cri du cœur. Il m’appartient de le prendre en compte et, rapidement, essayer de réagir dans le sens qu’ils souhaitent, notamment sur le problème de documents administratifs. Sans documents, on n’est pas citoyen.
Bah N’Daw annonce la réouverture très prochaine du consulat de Paris
Par Moussa DIARRA Envoyé spécial Paris, 20 mai (AMAP) Le consulat du Mali à Paris, saccagé par des ressortissants maliens, le 19 février 2021, rouvrira ses portes, dans deux semaines, a annoncé le président de la transition Bah N’Daw, mercredi, dans la capitale française où il a participé au Sommet sur le financement des économies africaines qui s’est tenu, mardi. Au cours d’une rencontre avec la communauté malienne de France dont les représentants ont évoqué le sujet brûlant de l’obtention des documents administratifs, encore crucial, pour nos compatriotes, le président de la transition a indiqué avoir entendu la question. « J’ai aussi compris à quel point le problème vous pèse. Je ferai ma part du travail après m’être informé. Sans quoi, je mentirai en prenant des engagements », a promis le chef de l’Etat, faisant noter que la situation générale de notre pays « est de notre fait à nous tous, y compris moi-même ». Pour lui, nous avons oublié « un peu ce que nous sommes, l’honneur et la dignité de ce pays, d’où le lourd fardeau de nos difficultés actuelles et notre retard sur beaucoup d’autres pays ». « Que nous ont enseigné nos anciens ? Savoir d’où nous venons est le meilleur des savoirs ». C’est pour cela, il a demandé le retour à certains principes piliers de notre culture dont le respect qui est le début de la connaissance de soi. Ce qu’il résume en : «Je ne dois pas dire cela, je ne dois pas faire cela, je ne dois pas être en ce lieu. Je fais ce que je dis parce si on attache le noble avec une corde, il peut la couper mais si on l’attache avec le fil de la confiance, il ne le coupera jamais ». Bah N’Daw a noté la bonne appréciation du service consulaire par les Maliens de France. « Dans vos propos j’ai relevé vos bonnes appréciations des services que vous rend le consulat. J’ajoute à cela les miennes pour dire que j’ai entendu, vu et compris. En votre nom, je félicite aussi nos services consulaires. Ils sont là pour vous. Et quand vous êtes satisfaits de leur travail, ils auront rempli leurs rôles », a dit Bah N’Daw. « Nous sommes là pour le service de nos concitoyens. Nous sommes là pour vous parce que s’il y a un chef, c’est parce qu’il y a des peuples. Nous agissons en direction de votre satisfaction », a-t-il ajouté. Auparavant, le président N’Daw a rendu grâce à Dieu pour ces retrouvailles qu’il n’avait pas pu honorer lors de son précédent séjour en France. Pour cela, il a réitéré ses excuses et demander, encore une fois, le pardon de nos compatriotes. « Ce n’est pas par manque d’égards pour vous mais chaque cours d’eau suit sa voie », a-t-il dit. Le ministre conseiller, Abdallah Ag Hama, qui a introduit les échanges, a rappelé les revendications de nos compatriotes de France pour la suppression du NINA comme pièce du dossier de demande du passeport et la correction des erreurs sur le NINA. Il a rappelé le saccage, en février 2021 du Consulat malien de Paris qui n’a pas empêché la délivrance de documents consulaires, notamment ceux urgents relatifs à l’évacuation de corps. « La mission diplomatique et la communauté malienne de France entretiennent une synergie qui alimente nos actions au service des usagers », a dit Ag Hama. Selon lui, les pourparlers ont permis d’apaiser le climat social. Ce que confirment des Maliens de France qui ne pensent que du bien du travail consulaire, à l’instar de Demba Diabira qui s’est dit « heureux de pouvoir discuter en famille des problèmes de la communauté et de parler du Mali », avec le président de la transition. « C’est vrai, au Mali dont la situation actuelle est difficile, tout est urgent. Malgré les difficultés, nous travaillons avec la Mission diplomatique dans un climat de dialogue non interrompu, notamment avec le Consulat de Lyon », a dit M. Diabira. Pour sa part, Sadio Diakité, a estimé que « la solution pour l’obtention de documents administratifs est une urgence à un problème très ancien », depuis la carte consulaire, et aggravé par la fermeture du consulat malien de Paris, le 19 février 2021. Une conséquence de cette situation douloureuse est le non renouvellement ou la non délivrance de titre de séjour pour beaucoup de Maliens. Pour Idrissa Sylla, une session exceptionnelle de correction des fiches NINA pour les cas litigieux serait une solution à un problème dont le règlement est le souci commun de tous les Maliens. « Tous, nous avons le même souci parce que nous connaissons tous les conséquences de cette situation (pertes d’emplois, divorces, déscolarisation des enfants…) », a ajouté Moussa Nomoko, représentant des associations musulmanes maliennes de France. Pour lui, il faut faire preuve de dépassement en se mettant au-dessus des considérations personnelles et se confier à Dieu et au président de la transition. D’ailleurs, Aly Sidibé, enseignant à l’Ecole de formation du Barreau de Paris, a fort utilement rappelé que le rapport d’une commission de réflexion sur les revendications de la communauté malienne concernant la question des documents administratifs a été envoyé aux différentes autorités (Ministres en charge des Maliens de l’Extérieur, de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, des Affaires étrangères et de la Coopération internationale). Il a insisté sur ce rapport et ses propositions élaborés et les démarches menées à Bamako, « pour faire aboutir une solution pérenne et dont attend encore le retour ». Par rapport aux questions de sécurité, nos compatriotes de France s’inquiètent de la propagation de la violence sur l’ensemble du territoire du Mali. « C’est une préoccupation majeure et une demande supplémentaire que l’insécurité concerne toutes les régions du pays », a dit Modibo Guindo, s’adressant au président Bah N’Daw. Le président a conseillé « une recomposition de la famille sociale à nos compatriotes là où ils se trouvent, en dehors du Mali, à l’union, la compassion et l’union » « Toutes nos difficultés sont passagères. Seule la puissance de Dieu est éternelle », at- dit, en guise de sagesse. MD (AMAP)
Carnet d’un intrépide voyageur : Axe Conakry-Bamako ça use, ça use…
Par Ahmadou CISSÉ Bamako, 20 mai (AMAP) Les lampions de la corniche de Matam s’éteignent. Alors que Conakry surpeuplée ne se réveille pas encore de son sommeil, nous entamons un long voyage en direction de Bamako, la capitale du Mali. Il faut avaler 973 km de route. Et pas n’importe laquelle ! « Elle est longue et surtout en très mauvais état », prévient le conducteur du véhicule. Matam est un quartier pauvre de Conakry. Une espèce de favélas à la guinéenne. Mais le décor des abris bricolés et surpeuplés comprend, de plus en plus, des immeubles qui longent la mer, épousant superbement les courbes de la berge. Les familles aisées préfèrent, de loin, le vent marin léger que le tintamarre du centre-ville. L’axe Conakry-Bamako est de plus en plus fréquenté par les opérateurs économiques maliens. Le port de Conakry est le plus proche de Bamako. Il faut le dire tout net : le voyage sera vraiment long. Les nerfs seront mis à rudes épreuves. Pour deux raisons : d’abord, l’état d’une route qui n’en finit pas de finir. Depuis près de ans, le gouvernement guinéen travaille à achever les travaux. Le relief très accidenté donne du fil à retordre aux ingénieurs chinois qui travaillent sur le chantier. Trop de ponts à construire, trop de cascades à éviter et des virages dangereux à redresser. Il faut en convenir : il y a du pain sur la planche ! Ensuite, le comportement des hommes. L’imprudence des chauffeurs qui chargent dangereusement les véhicules de transport, du reste, en piteux état (jusqu’à neuf passagers dans une berline) ne peut faire oublier le comportement peu recommandable des agents de sécurité. Les forces de l’ordre de ce pays n’ont pas une réputation de durs à cuire. Financièrement parlant. « Il suffit de leur parler avec politesse et ne pas oublier de donner un peu d’argent », confie un habituer de la route, avec un brin d’humour. Et il ajoute, à leur décharge : « c’est pareil un peu partout dans les pays pauvres, même au Mali! ». Ce qui n’est pas faux. En Guinée ou au Mali, les billets de banque mettent tout le monde d’accord. Une espèce d’échange de bons procédés qui semble être érigée en mode de vie. RACKET – À moins de 100 km de la presqu’île, premier barrage. Des agents en uniforme, tous corps confondus, hyper motivés, tiennent le point de contrôle. Un barrage en corde oblige les véhicules à l’arrêt. Le contrôle des documents n’est pas une priorité ici. D’ailleurs, d’après les mauvaises langues, il est inutile de disposer de documents. Il faut juste se munir de billets de banque. « Tout se gère mais il faut être futé », alerte le conducteur. À la porte de la ville, le poste de gendarmerie de Kouria a une notoriété grâce à son fameux guichet de péage de « ticket ». Il s’agit d’un reçu de verbalisation de toutes les infractions possibles contre 100.000 Francs guinéens, soit 5.500 Fcfa. Mais sur le reçu, il est marqué 40.000 (2200 Fcfa) fois deux, donc 80.000. Le compte n’est pas bon. Les 20.000 (1.100 Fcfa) sont donc dans la poche du gendarme contrôleur. Qualification de l’infraction : « défaut de toutes pièces », a-t-on écrit sur le volet de la contravention. Ce qui est, du reste, totalement inexact. Cette quittance mettra-t-il le voyageur à l’abri des tracasseries ? La route est en mauvais état. Vous étiez prévenus. Les nids de poules peuvent désormais loger des autruches. Les déviations sont nombreuses et interminables. Quelques chinois sont en train de coordonner le coulage de béton armé de ponts distants d’à peine deux cent mètres. “C’est une route à problème”, fait remarquer le chauffeur qui slalome, évitant deux trous pour tomber dans le troisième. D’après lui, un ministre vient d’être renvoyé du gouvernement guinéen pour avoir fermé le robinet du financement de cette infrastructure à laquelle tient le président Alpha Condé. Chemin faisant, l’intrépide voyageur tombe nez à nez avec une équipe de gendarmes. « Descendez vitres ! », ordonne sèchement un d’entre eux. Il réclame les attestations du test Covid. Malgré la présentation de mes résultats négatifs, l’agent exige le paiement de 20.000 Francs guinéens chacun. « Sinon, retournez », prévient-il. Le relief de ce pays est époustouflant. Il est entièrement dominé par la dorsale guinéenne sur laquelle se juxtaposent des massifs élevés aux versants souvent abrupts, des plateaux, des plaines de piedmont, des bas-fonds et des vallées inondables. L’ensemble culmine aux monts Nimba (Lola) à 1 752 m. Le véhicule montre des signes d’inconfort avec les cliquetis des boulons qui commencent à se desserrer. Première sous préfecture en quittant la capitale, Kindia abrite l’une des plus grandes mines de bauxite au monde. Les agents de la sécurité routière sont également là, tenant fermement une barrière de corde que le voyageur ne peut franchir sans filer des billets. « Lever barrage », c’est le code. Les initiés savent. Une vingtaine de barrages de ce genre jalonnent cet axe que fréquentent, de plus en plus, les camions et petits véhicules maliens. Le corridor prend du galon du fait de l’amélioration des échanges commerciaux entre le Mali et la Guinée, à travers l’exploitation du port de Conakry. GÉNIE CIVIL COMPLEXE – Pour refaire cette route, il faut un budget colossal. Mais l’Etat guinéen n’est pas le seul à saigner. La nature est agressée. Les longs arbres centenaires tombent les uns après les autres. Le confort a du prix ! Après Kindia, c’est Mamou. Les deux localités sont reliées par un chapelet de collines. Construire une route sécurisée pour de gros porteurs hyper chargés relève d’une prouesse de génie civil. Il faut être chinois pour s’y essayer. Sur les hauteurs, des camions agonisent sous le poids de leur chargement. Les moteurs crachent de la fumée. Certains ont fait éclater leurs pneus d’occasion achetés bon marché. D’autres rendent, tout simplement, l’âme au bord de la route. « La route là est très dangereuse, de jour comme de nuit », commente le conducteur après avoir dépassé un vieux camion Renault Magnum, tête baissée avec des mécaniciens bricoleurs cherchant à le ramener
Bah N’Daw à Paris : Une journée diplomatique remplie
Moussa DIARRA Envoyé spécial Paris, 19 mai (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw a eu, mercredi, à Paris, une série de rencontres, après avoir participé, au Sommet sur le financement des économies africaines, qui s’est tenu, mardi, dans la capitale française. Bah N’Daw s’est d’abord entretenu, dans la matinée, avec l’ancien Premier ministre britannique, Anthony Charles Lynton Blair dit Tony Blair, fondateur et directeur exécutif de l’Institut Tony Blair. M. Blair, qui rendait une visite de courtoisie au président de la transition, s’est dit satisfait de la collaboration entre le Mali et l’institut portant son nom. En effet, cette structure fournit un appui technique pour l’organisation des prochaines élections au Mali. Avec le Chef de l’État malien, Tony Blair a abordé la question de l’enrôlement des électeurs et la lutte contre la COVID-19 dans le cadre de laquelle, l’Institut Tony Blair propose d’aider notre pays dans l’établissement d’une cartographie des personnes vaccinées. Avec son homologue de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, président en exercice de l’Union africaine (UA), Bah N’Daw a, surtout, abordé, au cours d’un tête-à-tête, la coopération bilatérale entre Bamako et Kinshasa et des questions africaines. De retour à son hôtel, le président N’Daw a reçu le Premier ministre du Soudan, Abdallah Hamdok, qui lui a rendu une visite de courtoisie au cours de laquelle les deux personnalités ont évoqué la nécessite d’intensifier la coopération bilatérale. « Je ne pouvais pas être à Paris et ne pas venir saluer le président N’Daw. Le Soudan et le Mali ont eu beaucoup de choses en commun dont le même nom (Soudan français et Soudan anglais). Ils ont la même histoire démocratique et expérimentent deux pouvoirs de transition avec les mêmes défis », a indiqué M. Hamdojk . Les relations séculaires très fortes entre le Mali et la Côte d’Ivoire, ont été au centre de l’entretien entre les présidents Alassane Dramane Ouattara et Bah N’Daw, a indiqué, dans une courte intervention devant la presse, le chef de l’Etat ivoirien « Le président m’a fait le grand honneur, l’amitié et la fraternité de venir me saluer. Je voudrais le remercier pour ce geste et lui réitérer ce que j’ai toujours dit, à savoir que le Mali est un pays frère de la Côte d’Ivoire, un pays pour lequel j’ai une estime particulière », a dit M. Ouattara Pour illustrer cette estime pour le Mali, il a rappelé que pendant la crise ivoirienne en 2002-2003, sa mère, ses sœurs et ses frères se sont réfugiés au Mali, « pendant plus de deux mois ». « Donc tout ce qui concerne le Mali, me concerne et concerne la Côte d’Ivoire », a-t-il signalé. « J’ai indiqué à Monsieur le président que nous continuerons de tout faire pour aider les Maliens, aider la transition et pour soutenir Monsieur le président de la transition », a-t-il fortement dit. Quant au président Bah N’Daw, il a simplement rappelé que « dans la tradition africaine », il se devait de venir rendre visite au président Ouattara « lui faire part de (ses) préoccupations et éventuellement de recueillir ses conseils d’aîné ». « Toute chose, qui du reste, a été bien compris. Et les réponses et les encouragements que j’ai reçues, comme vous pouvez le constater, me satisfont. Aussi, du fond du cœur, je ne peux que remercier le président pour cet accueil qui ne me surprend guère », a déclaré le chef de l’Etat malien. MD (AMAP)
Conférence de presse de fin de Sommet : De grandes ambitions annoncées pour l’Afrique
Moussa DIARRA Envoyé spécial Paris, 19 mai (AMAP) « Nous avons réussi à avancer », a déclaré, mardi, le président français Emmanuel Macron au terme du Sommet sur le financement des économies africaines qui s’est tenu au Grand Palais Éphémère, à Paris, qui a notamment examiné les décisions prises par la communauté internationale à propos d’une réallocation de Droits de tirage spéciaux (DTS). Lors de la conférence de presse de fin d’un sommet qui a duré plus de cinq heures M. Macron a, cependant, reconnu que tout ne peut être changé en un jour. « Nous sommes prêts à réallouer les Droits de tirage spéciaux dont la France sera dépositaire, de telle sorte à constituer un tour de table qui s’élève au moins à 100 milliards pour l’Afrique », a dit le chef de l’Etat français. Le président Macron est revenu sur les objectifs de ce sommet : apporter des réponses de court terme et lancer des dynamiques pour un « New Deal » pour l’Afrique. Il a promis de réaliser l’ambition de récolter 100 milliards de dollars pour le continent africain. « C’est-à-dire que nous devons plus que tripler l’enveloppe naturelle de l’Afrique à l’occasion de cette émission de DTS. Donc, notre travail dans les prochaines semaines va être de convaincre les autres de faire le même taux d’efforts que la France à commencer par les États-Unis d’Amérique […] Je suis confiant […] Cela suppose une réallocation massive de la part de tous les pays les plus riches. La France sera à ce rendez-vous », a ajouté Emmanuel Macron. Le sommet a confirmé l’émission de DTS, à hauteur de 33 milliards de dollars pour l’Afrique dont 24 milliards pour l’Afrique subsaharienne. « C’est trop peu » et tous les participants sont d’accord sur ce constat. « L’Afrique ne restera pas à 33 milliards puisque plusieurs pays dont la France se sont engagés à réallouer leurs de droits de tirages spéciaux. Ce que nous avons dit c’est si les autres pays suivent ce que nous sommes prêts à faire, alors ça représentera 100 milliards de DTS. » Parfois abusivement considérés comme la monnaie du FMI, les DTS sont en fait une sorte de chèque convertible en dollars, distribué en proportion du poids spécifique des pays et de leur contribution aux ressources du FMI. Ces allocations sont exceptionnelles et pourront être prêter à taux zéro via le FMI. Ce dernier y a recouru à quatre reprises dans son histoire. La dernière fois, au lendemain de la crise financière de 2008. Un travail technique, qui sera lancés dans les prochaines semaines, devra aboutir à un accord politique entre le mois de juin et octobre. « C’est le moment d’agir », a insisté la directrice du Fonds monétaire international (FMI), la Bulgare Kristalina Gueorguieva. Sur la question de la dette, un autre point au menu des échanges, « nous avons également parlé de l’annulation ou de la restructuration de la dette. Cela dépendra, évidemment, je comprends bien, de l’attitude des bailleurs. Nous avons réussi à mettre ensemble grâce à cette conférence donc les États-Unis, la Chine et l’Union européenne qui sont tous d’accord à ce sujet de regarder dans quel sens nous pourrons obtenir cela », a indiqué Félix Tshisekedi, le président en exercice de l’Union africaine (UA). Beaucoup d’engagements ont été évoqués et doivent être mis en œuvre pour atteindre les objectifs fixés. La prochaine étape sera la réunion du G7, le 11 juin prochain. QUESTIONS SANITAIRES – Les participants à la conférence, qui a réuni une trentaine de dirigeants africains et européens, ainsi que des grandes organisations économiques internationales, ont promis d’aider le continent africain sur le plan sanitaire. Ils se sont prononcés en faveur de la levée des brevets afin de favoriser la production sur le continent et la vaccination massive. « Nous soutenons les transferts de technologie et un travail qui a été demandé à l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation mondiale du commerce et au Medicines Patent Pool (soutenu par l’ONU, ndlr) de lever toutes les contraintes en termes de propriété intellectuelle qui bloquent la production de quelque type de vaccins que ce soit », a déclaré le président français devant la presse à l’issue de la conférence. Produire les vaccins anti-Covid en Afrique-même est une idée séduisante compte tenu de la défiance qui pèse sur les remèdes produits hors du continent. Le président de la République démocratique du Congo (RDC) et président en exercice de l’UA, Félix Tshisekedi a souligné que l’enjeu était aussi de convaincre les populations, en contrant le « travail de sape des réseaux sociaux qui ont diabolisé la vaccination ». « Je crois que les Africains sont sensibles à ce genre de choses. Si le produit vient d’Afrique, et qu’ils le voient et qu’ils le sachent, je crois que cela aura un impact positif là-dessus », a-t-il ajouté. Le président sénégalais, Macky Sall, dont le pays est déjà engagé avec d’autres pour tenter de produire des vaccins anti-Covid d’ici 2022, a relevé que les campagnes de vaccination menées tambour battant dans les pays industrialisés ne garantissent « absolument pas la sécurité sanitaire ». Il a mis en garde contre le risque de développement en Afrique de « variants extrêmement résistants ». À plus brève échéance, les dirigeants présents se sont engagés à renforcer l’initiative Covax qui a permis à plusieurs pays africains de vacciner leur population… En accélérant le transfert des doses des pays développés avec pour objectif de passer de 20 à 40% de personnes vaccinés, d’ici la fin de l’année. L’Afrique fait figure de continent relativement épargné sur le plan sanitaire, avec 130 000 morts du Covid-19, selon les chiffres officiels, sur un total mondial de près de 3,4 millions. Mais elle paye un très lourd tribut économique et social, faute d’avoir pu comme les pays les plus riches lancer de pharaoniques plans de relance. La pandémie de Covid-19 a plongé l’an dernier le continent africain dans une récession sans précédent. Les pays africains ont besoin de financer leur relance, mais contrairement aux grandes puissances, ils n’ont pas les mêmes capacités. Le sommet de Paris est consacré à la relance de ces fragiles économies, à la question de leur
Sommet sur les économies africaines : Des solutions contre la dette et pour le financement du développement
Moussa DIARRA Envoyé spécial Paris, 18 mai (AMAP) Le président français, Emmanuel Macron, a réuni à Paris, mardi, plusieurs dirigeants africains, européens et mondiaux pour un sommet sur le financement des économies africaines. L’objectif est d’aider les pays d’Afrique à s’extraire du piège de la dette et financer leur développement futur. Au cours de ce sommet consacré au financement des économies africaines et à l’épineuse question de la dette, les pays riches, la France en tête, (c’est le président Emmanuel Macron qui accueille) se sont penchés, avec leurs partenaires du continent, sur les mécanismes devant permettre aux États d’Afrique de financer leur relance post-Covid-19, sans accroître le fardeau de la dette. La pandémie de Covid-19 a plongé, l’an dernier, le continent africain dans une récession sans précédent. Les pays africains ont besoin de financer leur relance mais, contrairement aux grandes puissances, ils n’ont pas les mêmes capacités. Le Sommet sur le financement des économies africaines au Grand Palais Éphémère, à Paris a notamment examiné les décisions prises par la communauté internationale à propos d’une réallocation de Droits de tirage spéciaux (DTS). Au total, étaient présents dans la capitale française, dix-huit chefs d’État et de gouvernement dont le président de la Transition au Mali, Bah N’Daw, l’Angolais Joao Lourenço, le président en exercice de l’Union africaine (UA) et président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, le Mozambicain Felipe Nyusi, le Rwandais Paul Kagamé et les présidents de Côte d’Ivoire et du Sénégal, Alassane Ouattara et Macky Sall. Une trentaine de chefs d’État et de Gouvernement ainsi que des dirigeants d’organisations internationales y ont participé. Washington a été représenté par la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, qui a participé en visio-conférence, de même que la Chine, et le Kenya. Côté institutions, l’Europe a été conduite par la présidente de sa commission, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen Charles Michel. Le FMI était représenté par sa directrice générale, la Bulgare Kristalina Gueorguieva, et la Banque mondiale par le directeur général de sa branche privée (IFC), le Sénégalais Makhtar Diop. Le président David Malpass a assisté aux débats en visio-conférence. Ce Sommet fait suite à la diffusion d’une tribune de 18 dirigeants africains et européens, publiée le 15 avril 2020, en faveur d’une mobilisation de la communauté internationale pour affronter les conséquences de la crise sanitaire et économique causée en Afrique par la pandémie. MD (AMAP)
Union nationale des travailleurs du Mali : La grève générale est déclenchée
Bamako, 17 mai (AMAP) L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a déclenché, lundi, une grève de cinq jours, du 17 au 21 mai 2021m sur toute l’étendue du territoire national, a constaté l’AMAP. Ce débrayage, avec comme slogan « Cette grève me concerne donc j’observe », est réductible du 24 au 28 mai 2021 si les doléances de l’UNTM ne sont pas satisfaites. La grève pourrait être illimitée à partir du 28 mai 2021 s’il n’y a toujours pas de consensus entre les deux parties (Gouvernement-UNTM). Notre équipe de reportage a sillonné quelques services publics pour constater l’effectivité de la grève. A l’Agence d’Energie du Mali (EDM) de Yirimadio, en commune VI, de la capitale malienne, sur les trois guichets, un seul était opérationnel pour satisfaire les clients. Pas d’affluence devant l’Agence et son guichet unique. Le chef d’Agence et une équipe restreinte assuraient le service minimum. Pas assez de monde aussi au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba en cette période d’arrêt de travail. Les activités de formations nationales (Ensemble instrumental, balais malien, le groupe dramatique, la réception et le traitement des courriers) sont suspendues à cause du débrayage de la plus grande centrale syndicale. Le service minimum était assuré par le directeur général du Palais Abdoulaye Diombana, son adjoint Moussa Diallo et quelques agents. La Cité administrative était quasiment vide. Il y avait moins de mouvements dans la cour quand la direction générale de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) transmettait un courrier au ministère de la Communication et de l’Economie numérique. Beaucoup de bureaux étaient fermés à clés. A la Cité, quelques agents civils et porteurs d’uniforme contrôlaient les températures de chaque usager dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 et de l’insécurité. Lundi, à la Bourse du Travail au Siège de l’UNTM, les responsables de l’Union africaine (UA), de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de la MINUSMA, du Réseau des communicateurs traditionnels (RECOTRADE), de la Société civile, les leaders religieux, les familles fondatrices de Bamako ont tous rencontré le secrétaire général de l’UNTM Yacouba Katilé pour obtenir une suspension de la grève. Ces rencontres ont été positives. « Nous avons fait beaucoup de concessions. Nous allons continuer à le faire et à analyser toutes les propositions formulées par les missionnaires de bons offices. Nous allons voir si on peut suspendre notre mot d’ordre de grève en entendant la formation du nouveau gouvernement. Ce choix appartient à notre base. La grève sera suspendue avec des propositions concrètes du gouvernement » a martelé le patron de l’UNTM lors d’un point de presse. Rappelons que le service minimum est aussi observé dans les secteurs de l’eau, des télécommunications, de la santé, de la sécurité, des aéronautiques, d’alimentation et de l’énergie lors de la grève. SYW (AMAP)
Sommet sur les économies africaines : Le G5 harmonise sa position
Moussa DIARRA Envoyé spécial Paris, 18 mai (AMAP) Les chefs d’Etat et de gouvernement du G5-Sahel se sont rencontrés, lundi après-midi, a Paris, pour harmoniser leurs points de vue en prelude du Sommet sur le financement des économies africaines qui se tient ce mardi et auquel participera le président de la Transition, Bah N’Daw. Bah N’Daw, qui séjournera en France du 17 au 20 mai, est arrivé à l’aéroport du Bourget lundi. Le président de la Transition a aussitôt participé à une réunion des chefs d’Etat du G5 Sahel destinée à permettre aux dirigeants sahéliens « de parler d’une seule voix et réclamer un appui fort, direct et rapide pour faire face à la crise sécuritaire et sanitaire» que vit l’Afrique, en général et le Sahel, en particulier », a indiqué une source proche de la rencontre. Il s’est agit pour le président N’Daw et ses homologues du Burkina Faso, Roch-Marc Christian Kaboré, de Mauritanie, Mohammed Ould Ghazouani, du Niger, Mohamed Bazoum et du Premier ministre tchadien, Albert Pahimi Padacké, de trouver les moyens de répondre aux impacts de cette double crise sur les économies nationales et qui ont fait augmenter « la précarité et la pauvreté dans les pays de la sous région sahélienne », selon notre source. Pour cela, ils ont convenu de la nécessité d’un appui financier, humanitaire et matériel pour face à ces défis. Ils ont passé en revue la crise sécuritaire et en sont arrivés au constat qu’il y a une recrudescence de la menace terroriste notamment au Niger et au Tchad. « Face aux périls, les pays du G5-Sahrl ont décidé de mutualiser leurs moyens, renforcer leurs services de sécurité et leurs outils de défense » pour une montée en puissance, avec l’appui du bataillon tchadien positionné à une cinquantaine de kilomètres de la frontière burkinabè et à une centaine de kilomètres du Mali. Et, aussi, avec l’appui des forces partenaires dont Barkhane afin de décider d’opérations conjointes futures dans la lutte contre le terrorisme et tous les trafics. En somme, le G5-Sahel est résolu de se battre sur tous les fronts pour faire face aux défis de la sous région. Les dirigeants du G5-Sahel ont convenu d’un sommet extraordinaire pour examiner la situation d’ensemble de la sous région, remplacer le secrétaire exécutif du G5, le nigérien Maman Sambo Sidikou, nommé chef de la mission de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel (MISAHEL). Selon une autre source, sous le couvert de l’anonymat, les dirigeants sahéliens ont convenu de garder le Tchad à la présidence en exercice du G5-Sahel. MD (AMAP)
Quatorze nouvelles contaminations à la Covid-19 dimanche au Mali
Bamako, 17 mai (AMAP) Au Mali, quatorze nouvelles personnes ont contracté le coronavirus, dimanche 16 mai 2021, indique le département en charge de la Santé. Ces nouveaux cas ont été diagnostiqués sur 802 échantillons. Toutefois, les médecins ont déclaré une cinquantaine de patients guéris au cours des dernières 24 heures, selon la même source Par ailleurs, 37 malades sont hospitalisés dans les structures de prise en charge parmi lesquels 07 cas graves en soins intensifs et 612 suivis à domicile, Les infections du jour ont été identifiées dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (Près de Bamako) et Ségou (Centre) pour ce qui est de l’intérieur du pays. Mais aussi, au niveau des Communes l, V et VI du District de Bamako, la capitale. Avec ces nouveaux chiffres, le nombre de cas positifs à la Covid-19 grimpe à 14.190 dont 9.227 patients guéris contre 511 décès. AT/MD (AMAP)
Bah N’Daw à Paris pour le sommet sur le financement des économies africaines
Bamako, 17 mai (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a quitté Bamako, ce lundi, pour Paris, en France, où il participera, du 17 au 20 mai, au Sommet sur le financement des économies africaines qui se tiendra mardi 18 mai 2021. Ce sommet, en présentiel et en visioconférence, sera accueilli par le président français, Emmanuel Macron, qui recevra une trentaine de chefs d’Etat et de Gouvernement et dirigeants d’organisations internationales. « Le Sommet sur le financement des économies africaines fait suite à la diffusion d’une tribune de 18 dirigeants africains et européens, publiée le 15 avril 2020, en faveur d’une mobilisation de la communauté internationale pour affronter les conséquences de la crise sanitaire et économique causée en Afrique par la pandémie », indique le Palais de l’Elysée, la présidence française, dans une note publiée mercredi 12 mai 2021. « Le Président de la République (Ndrl, Emmanuel Macron) souhaite que des solutions nouvelles et ambitieuses soient trouvées pour que l’Afrique puisse faire face à ce choc sans précédent, et retrouver la croissance, comme d’autres continents qui ont pu mettre en place des plans de relance massifs », poursuit la note. Tous les signataires de cette tribune du 15 avril 2020 ont été conviés au Sommet, ainsi que plusieurs autres chefs d’Etats africains dont le président de la transition malienne, des membres du G7 et du G20, ainsi que des dirigeants d’organisations internationales. La France, premier partenaire bilatéral, a une coopération très dense avec le Mali. Pour les vingt-cinq dernières années, l’aide publique au développement de la France au Mali s’est élevée à plus de 1,5 milliard d’euros (soit plus de 986.145.000.000 Fcfa). Cette aide intervient sous formes d’appuis budgétaires, bourses d’études, prêts aux entreprises, projets ou programmes, subventions aux organisations de la société civile, expertises techniques. L’aide française est, également, présente au Mali à travers la coopération décentralisée. La France est un partenaire stratégique du Mali qui présent dans tous les secteurs de la vie socio-économique. Ainsi, à l’occasion de la dernière visite à Bamako du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, les 25-26 octobre 2020, cinq conventions de financement, pour un montant total supérieur à 140 millions d’euros, ont été signées entre le Mali et la France. MD (AMAP)

