Mali : Les grands travaux du nouveau gouvernement
Bamako, 14 juin (AMAP) Le chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maïga, a défini, dimanche, les priorités de son équipe qui portent sur le rétablissement de la sécurité, l’organisation des élections générales, la lutte contre la corruption et l’impunité, la mise en place des réformes politiques et institutionnelles, la réduction du train de vie de l’État. «Beaucoup d’espoirs sont fondés sur nous. Nous ne devons pas les décevoir », s’est adressé le Premier ministre au gouvernement, lors de ce premier conseil de cabinet, à la Primature, esquissant les ambitions que devront concrétiser les 25 ministres et 3 ministres délégués du nouvel attelage de Transition. Mais, a-t-il poursuivi, «ceci n’est possible que si nous mettons en œuvre une gouvernance de rupture et d’exemplarité». Concrètement, il s’agit de mettre fin à des pratiques qui ont fini par justifier la défiance des populations vis-à-vis de l’État pour fonder « notre action sur la pratique de la vertu, tout en attaquant de front les nombreux problèmes qui assaillent la Nation ». Selon le chef du gouvernement, les efforts seront axés sur l’amélioration de la sécurité, les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation d’élections crédibles, la réduction du train de vie de l’État, la moralisation de la vie publique, la fin de l’impunité et la satisfaction d’une part importante de la demande sociale. Pour la sécurité, la recette du gouvernement est d’allier, plus efficacement, les opérations purement militaires avec la création des conditions sécuritaires pour le retour de l’administration, notamment dans les zones les plus affectées par la crise. DIAGNOSTIC – S’agissant des réformes politiques et institutionnelles, elles seront au cœur de la refondation du Mali. Choguel Kokalla Maïga a annoncé, à cet effet, la tenue, très prochainement, des Assises nationales de la refondation (ANR) qui seront l’occasion d’établir. Notamment, un diagnostic partagé de profondeur de la crise, des enjeux, défis et périls, et de nos vulnérabilités structurelles. Le processus sera conduit par une équipe de haut niveau composée de personnalités consensuelles et crédibles. Le nouveau gouvernement s’attachera, également, à obtenir une trêve globale (politique, syndicale, sociale) afin de créer un climat d’apaisement, de sérénité et de confiance mutuelle. La voie sera ainsi balisée pour les réformes nécessaires à la Refondation du Mali. À ce sujet, le Premier ministre a expliqué qu’il s’agira, essentiellement, de créer les conditions d’une refonte consensuelle des textes permettant de garantir l’érection d’une administration professionnelle et moderne, de réadapter la politique de décentralisation, de réviser la charte des partis politiques et la loi électorale. Il envisage, aussi, la création d’un organe unique indépendant de gestion des élections et la mise en place d’un nouveau système d’établissement et de contrôle du fichier électoral. PAR L’EXEMPLE – Autres ambitions affichées par Choguel Kokalla Maïga : la révision consensuelle et inclusive de la Constitution et la relecture intelligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger qui « constitue l’une de nos grandes priLorités». L’action gouvernementale portera, aussi, « sur la fin de l’impunité dans notre pays et la mise en pratique d’une gouvernance de rupture ». Le Premier ministre a promis de véritables poursuites judiciaires contre les auteurs des « tueries et exactions » de juillet 2020. De même, le gouvernement insufflera une politique de lutte implacable contre la corruption, en appuyant de façon systématique les actions judiciaires dans tous les dossiers de détournement de deniers publics. La réduction du train de vie de l’État est, également, érigée au rang de priorité. Le Premier ministre a assuré que lui et tous les responsables suivront l’exemple donné par le président de la Transition qui a décidé de renoncer aux deux tiers de ses fonds de souveraineté. D’autres initiatives, de plus grande envergure, seront prises en vue de réaliser des économies substantielles qui serviront à soutenir des secteurs sociaux prioritaires. Pour gagner ce pari, selon Choguel Kokalla Maïga, «les membres du gouvernement se tiendront la main et feront bloc en renforçant la cohésion autour du président de la Transition pour tenir bon ensemble, contre les vents et marées qui se profilent déjà à l’horizon». En vue d’une appropriation accélérée des méthodes et organisations du travail gouvernemental, un séminaire sera organisé dans les tous prochains jours. ID/MD (AMAP)
Sikasso : Les journalistes à l’école de la migration
Sikasso, 14 juin (AMAP) Une session de formation sur l’amélioration des contenus éditoriaux sur la migration à l’intention des médias maliens, organisée par l’UNESCO en partenariat avec la Maison de la presse(MP) a pris fin jeudi dernier à Sikasso, sous la présidence du gouverneur de région, Sinè Dembelé, a constaté l’AMAP. C’était en présence du représentant de l’UNESCO au Mali, Saip Sy, du représentant de la maison de la presse, Daouda Konaté et du maire de la Commune urbaine de Sikasso, Kalfa Sanogo. Cette session a été financée par le projet « autonomiser les jeunes dans les médias et la communication » de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS) à travers le ‘’Fondo Africa’’ du Ministère des affaires étrangères et de la coopération Italienne (MAECI). Le chef de l’exécutif régional a saisi l’occasion pour déclarer que « le Mali, pays d’émigration, est de nos jours devenu un lieu de transit pour les flux migratoires. La migration est surtout accentuée par des facteurs multiples qui sont d’ordre culturel, économique et environnemental. La migration est aussi liée aux conflits que connait, ces temps-ci, notre sous-région ». Pour une meilleure gestion du phénomène, le chef de l’exécutif régional a souligné que les médias maliens ont un rôle prépondérant. « Ces genres de rencontres permettent d’apporter des réponses à la situation de la migration », a -t-il affirmé avant d’encourager les faitières de la presse malienne à multiplier les initiatives qui visent à promouvoir les contenus des publications et des productions en lien avec les questions de la migration. Selon le représentant de l’UNESCO au Mali Saip Sy, le projet « autonomiser les jeunes dans les médias et la communication » contribue à améliorer l’accès à l’information de l’opinion malienne, notamment des jeunes sur les risques et les opportunités liées à la migration. Durant deux jours, les journalistes venus de Bamako, Kayes, Koulikoro, Mopti et les résidents de Sikasso ont échangé sur les enjeux politiques, économiques, démographiques et sécuritaires de la migration. Il s’agissait également de partager les expériences sur les risques de la migration irrégulière, le rôle des médias dans la déconstruction des mythes et préjugées sur la migration ainsi que les perspectives pour fournir de meilleurs contenus éditoriaux sur la migration. Le représentant du studio Tamani à Sikasso, Christian Dakouo, bénéficiaire de la formation, s’est réjoui de l’initiative avant de solliciter la multiplication de ces genres de rencontre qui permettront de renforcer la capacité des journalistes sur l’épineuse question de la migration au Mali. MD/KM (AMAP)
Culture: La comédienne Maimouna Hélène Diarra est décédée jeudi, à l’âge de 66 ans
Bamako, 11 juin (AMAP) La comédienne Maimouna Hélène Diarra est décédé jeudi à Bamako, à l’âge de 66 ans des suites d’une maladie, a appris l’AMAP de source officielle. Selon notre source, la native de la région de Ségou, a décroché son DEF en 1975 avant d’être orientée à l’Institut pédagogique nationale pour être enseignante. Ancienne athlète, capitaine de l’équipe de San et ancienne basketteuse, elle entrera à l’Institut national des Arts (INA) pour apprendre le théâtre. Elle y décroche son diplôme en 1981. En 1990, elle commence à travailler pour l’ORTM à la radio. La célèbre artiste animait des émissions et en plus des productions, elle passait les avis et communiqués. Depuis 2015 elle était à la retraite. En 2019, celle que beaucoup prenait pour une chrétienne, se rendra en pèlerinage à la Mecque. Actrice pétrie de talents, Maimouna Hélène Diarra a tourné dans plusieurs films notamment Finye, Gnamato, Guimba, le tyran, la Gènese et Rapt à Bamako. Des réalisations qui lui ont valu d’être récompensée par un prix pour l’ensemble de sa carrière, lors du 25ème Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) en 2017. Maimouna Hélène Diarra a reçu plusieurs médailles nationales à savoir celle du Mérite national, du Chevalier de l’ordre national et d’Officier de l’ordre national. Les obsèques de l’artiste émérite, selon notre source feront l’objet d’un communiqué. KM (AMAP)
Mali : La liste du gouvernement publiée
Bamako, 11 juin (AMAP) Attendue pour le week-end, la liste du nouveau gouvernement dirigé par Choguel Kokalla Maiga a été publiée ce vendredi 11 juin. La nouvelle équipe est composée de 25 ministres et trois ministres délégués. Ministre de la Défense et des anciens Combattants : Colonel Sadio CAMARA Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux : Monsieur Mahamadou KASSOGUE Ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions : Monsieur Ibrahim Ikassa MAÏGA Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation : Lieutenant-colonel Abdoulaye MAÏGA Ministre de la Sécurité et de la Protection civile : Colonel-major Daoud Aly MOHAMMEDINE Ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale : Colonel-major Ismaël WAGUÉ Ministre des Transports et des Infrastructures : Madame DEMBELE Madina SISSOKO Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : Monsieur Abdoulaye DIOP Ministre de l’Economie et des Finances : Monsieur Alousséni SANOU Ministre de l’Education nationale : Madame SIDIBE Dedeou OUSMANE Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Monsieur Amadou KEITA Ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau : Monsieur Lamine Seydou TRAORE Ministre de la Santé et du Développement social : Madame Diéminatou SANGARE Ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social : Madame DIAWARA Aoua Paule DIALLO Ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne : Monsieur Mossa AG ATTAHER Ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine : Monsieur Alhamdou AG ILYENE Ministre du Développement rural : Monsieur Modibo KEITA Ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle : Monsieur Bakary DOUMBIA Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille : Madame WADIDIE Founè COULIBALY Ministre de l’Industrie et du Commerce : Monsieur Mahmoud OULD MOHAMED Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population : Monsieur Bréhima KAMENA Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable : Monsieur Modibo KONE Ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’Administration : Monsieur Harouna Mamadou TOUREH Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme : Monsieur Andogoly GUINDO Ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes : Monsieur Mamadou KONE Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politique et institutionnelles : Madame Fatoumata Sékou DICKO Ministre délégué auprès du ministre de la Santé et du Développement social, chargé de l’Action humanitaire, de la Solidarité, des Réfugiés et des Déplacés : Monsieur Oumarou DIARRA Ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Elevage et de la Pêche : Monsieur Youba BA
Mali : Satisfecit de la CEDEAO sur la situation politique
Par Oumar DIAKITÉ Bamako, 11 juin (AMAP) À l’issue de la mission qu’elle a envoyée au Mali, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a insisté sur la formation d’un gouvernement inclusif et le respect du délai de la Transition et a annoncé un prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu le 19 juin prochain. De source diplomatique, ce sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO qui se tiendra à Accra, au Ghana, va réexaminer le processus de la Transition et les sanctions prises, en mai, à l’encontre le Mali. Dans un communiqué rendu public, jeudi, au terme de cette mission qu’a effectuée, du 8 au 9 juin dernier, à Bamako, le médiateur Goodluck Jonathan, la CEDEAO a salué les engagements pris par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, ainsi que les acteurs sociopolitiques impliqués dans la mise en oeuvre de la Transition. Sur la base des échanges et des écoutes, médiation de la CEDEAO a, ainsi, félicité le président de la Transition pour sa prestation de serment et l’a encouragé à conduire la Transition, en conformité avec les promesses et engagements énoncés dans son discours d’investiture. Il s’agit de la mise en œuvre des actions prioritaires nécessaires à la réussite de la Transition, notamment l’organisation d’élections crédibles, justes et transparentes aux échéances prévues ; le respect de l’ensemble des engagements internationaux. La mission de la CEDEAO a, également, pris acte de la nomination du Premier ministre et réitéré la nécessité de former un gouvernement inclusif qui pourra faciliter la mise en oeuvre du programme de la Transition. D’ores et déjà, la CEDEAO a salué les larges concertations du Premier ministre avec l’ensemble des acteurs sociopolitiques incluant toutes les parties prenantes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Elle a, en outre, salué les engagements pris par le président de la Transition et le Premier ministre de respecter les décisions prises par le sommet d’Accra le 30 mai 2021, comme la formation d’un nouveau gouvernement inclusif pour poursuivre le programme de transition, le respect de la période de transition de 18 mois décidée à Accra en 2020. Dans ce contexte, « la date du 27 février 2022 déjà annoncée pour l’élection présidentielle doit être absolument maintenue », a insisté la conférence des dirigeants de la CEDEAO, annonçant qu’un mécanisme de suivi sera mis en place à cet effet. La mission conduite par Goodluck Jonathan a, par ailleurs, encouragé le gouvernement à décliner de façon précise les actions prioritaires pour réussir la transition dans le délai. Elle a, aussi, encouragé les autorités à renforcer les efforts sécuritaires avec tous les partenaires, en vue de créer un environnement paisible et apaisé pour que les prochaines élections soient inclusives, transparentes et crédibles. L’équipe du médiateur a exhorté tous les acteurs sociopolitiques à travailler ensemble et à faire preuve de responsabilité dans cette période délicate de la transition afin de garantir la réussite du processus de Transition. Le respect de la mise en œuvre de l’Accord d’Alger est un autre point sur lequel la mission de la CEDEAO a beaucoup insisté. La mission a réitéré l’engagement de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO à accompagner notre pays pour une transition réussie tout en appelant les partenaires multilatéraux et bilatéraux à soutenir le processus en cours. La mission a confirmé de nouvelles dispositions entre les autorités de la Transition malienne et l’organisation sous régionale. Cette mission a été initiée dans le cadre de la mise en œuvre des décisions du sommet de la CEDEAO sur la situation sociopolitique au Mali, tenu à Accra, le 30 mai dernier. La délégation sous-régionale, a indiqué , qu’au cours de son séjour dans la capitale malienne, elle a discuté avec les autorités de transition pour mieux comprendre les stratégies qu’elles envisagent de développer en vue de donner la priorité aux activités qui permettent d’atteindre les objectifs fixés pour la Transition dans le délai défini par la CEDEAO, « y compris l’organisation d’élections présidentielle et législatives transparentes, libres et démocratiques acceptées par tous les acteurs politiques ». Pour bien cerner les enjeux de la situation au Mali, la délégation de la CEDEAO a soutenu avoir rendu une visite de courtoisie au président de la Transition et au nouveau Premier ministre. Elle a, également, eu des consultations avec les membres du Comité local de suivi et les membres du corps diplomatique accrédités au Mali. OD/MD (AMAP)
Bankass : Enlèvement de deux techniciens et leur chauffeur de la Société de Téléphonie Orange Mali à Tori
Bankass, 11 juin (AMAP) Deux techniciens d’Orange- Mali et leur chauffeur ont été enlevés mercredi, par des hommes armés non identifiés,dans la Commune de Tori, Cercle de Bankass, , a appris l’AMAP de source locale. Selon un élu de cette localité, les deux techniciens et leur chauffeur, venus dépanner l’antenne d’Orange – Mali, ont été enlevés vers 11H par des hommes non identifiés lourdement armés sur des motos. Les assaillants ont quitté vers Sokoura pour les braquer avant de les conduire dans la forêt avec leur voiture selon notre source qui précise que les autorités du Cercle ont été alertées. AKG/KM (AMAP)
Situation sécuritaire : L’ONU constate une baisse des attaques asymétriques
Par Issa DEMBELE Bamako, 10 juin (AMAP) Les forces nationales et internationales ont essuyé moins d’attaques asymétriques, pendant ces trois derniers mois, que durant le premier trimestre de l’année 2021, a constaté le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, dans son dernier rapport sur la situation sécuritaire au Mali. Le constat est certes encourageant, parce que sur la même période, les chiffres révèlent aussi une légère baisse des attaques contre les populations civiles qui sont, cependant, en plusieurs endroits, sous le joug des terroristes et l’insécurité déborde sur les régions de Sikasso (Sud) et de San (Centre). Le rapport de 22 pages fait ressortir une légère baisse des attaques asymétriques durant la période considérée. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a subi 14 attaques (contre 39 durant la période précédente), qui ont fait 4 morts et 50 blessés parmi les soldats de la paix. Alors que les Forces de défense et de sécurité maliennes ont été la cible de 25 attaques, ayant occasionné la mort de 49 militaires et 2 éléments de la police et de la gendarmerie. Les blessés sont au nombre de 55. Au total, les forces nationales, internationales et les groupes armés signataires ont essuyé 44 attaques asymétriques. 23% d’entre elles ont eu lieu dans les régions du Nord. Il a été enregistré dans celles de Mopti et de Ségou, 21 attaques, dont 17 à Mopti ; soit une baisse par rapport au premier trimestre, au cours duquel 57 attaques avaient été perpétrées contre nos forces régaliennes et les groupes signataires. Les terroristes ont également fait des morts dans les rangs des milices peulh et dogon. L’essentiel de ces actes lâches ont été menées par la Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM) et l’État islamique au grand Sahara qui ont multiplié également les opérations dans les régions de San (Centre) et de Sikasso (Sud). Selon le rapport, au 26 mai, 307 attaques contre des civils avaient été signalées, un chiffre légèrement inférieur à celui enregistré la période précédente, qui correspondait à la saison sèche. Lors de ces attaques, 158 civils ont été tués (3 femmes, 4 enfants), 85 blessés (5 femmes, 6 enfants) et 125 enlevés (3 femmes, 1 enfant). Cependant, dans plusieurs localités, les terroristes exigent des taxes illégales et imposent, en outre, leur propre interprétation de la Charia, en particulier dans les Régions de Douentza (Centre), de Gao et de Ménaka (Nord). Dans les deux dernières, révèle-t-on dans le document, « ils ont tué des civils qui avaient refusé de payer des taxes ou qui étaient soupçonnés d’avoir fourni des informations aux forces armées ». Les populations des régions de Tombouctou et Gao sont aussi sous la menace constante que des groupes extrémistes violents, qui tentent d’imposer leurs normes religieuses de manière de plus en plus agressive, notamment par des enlèvements, des assassinats ciblés, des actes d’intimidation et d’imposition de taxes illégales. « Dans la zone de Tombouctou, souligne le rapport, certaines collectivités territoriales locales et des dirigeants communautaires ont négocié avec les groupes terroristes, en particulier pour obtenir l’autorisation de rouvrir les écoles ». Impuissants face aux forces du mal, de nombreux civils ont migré vers des horizons plus cléments. Particulièrement, le nombre de personnes déplacées a augmenté dans le sud du Cercle d’Ansongo, principalement à Labbezanga et à Tessit. Les affrontements dans le Cercle d’Anderamboukane entre la JNIM et l’EIGS mais, également, entre des groupes extrémistes et des éléments du Mouvement pour le salut de l’Azawad des Daoussak, ont également entraîné de nombreux déplacements de personnes en direction de la ville de Ménaka. Les attaques perpétrées par les groupes extrémistes violents continuent ainsi d’être la cause de nombreuses atteintes aux droits humains, dont des meurtres, de graves dommages corporels, des déplacements forcés, de pillage et de destruction de biens. En outre, a déploré le secrétaire général, de nouvelles violations ont été commises par les forces armées, les groupes armés et milices communautaires. La MINUSMA a recensé 422 violations des droits humains (181) et atteintes à ces droits (241), soit 13 de plus que pendant la période précédente. ID/MD (AMAP)
Antonio Guterres appelle à un gouvernement réellement inclusif au Mali
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 10 juin (AMAP) Pour le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, seul un gouvernement réellement inclusif, dirigé par des civils et auquel les femmes participent « pleinement pourra paver », au Mali, « la voie d’élections crédibles, favoriser la cohésion sociale et restaurer la confiance de la population envers les institutions publiques ». Dans son dernier rapport sur la situation du Mali, M. Guterres, décrit les principaux faits survenus au Mali sur le plan politique ces trois derniers mois. Ce document est rendu public au moment où le Mali se prépare à entamer une nouvelle page de la Transition. Antonio Guterres a dénoncé les bouleversements politiques marqués par l’arrestation du président de la Transition, Bah N’Daw, et du Premier ministre, Moctar Ouane, ayant conduit à leur démission. Antonio Guterres a rappelé que le 14 mai, le Premier ministre a démissionné. Et immédiatement reconduit dans ses fonctions, il a engagé des négociations en vue de former un nouveau gouvernement. Mais bien avant, à l’initiative du président de la Transition, une série de réunions avaient eu lieu avec des représentants des partis politiques et de la société civile dont le M5-RFP qui a demandé la dissolution du gouvernement et la rectification du processus de transition. C’est ainsi que le 24 mai, poursuit le rapport, le président de la Transition a, par décret, annoncé la formation d’un nouveau gouvernement, dans lequel ont été remplacés les ministres de la Défense et de la Sécurité, tous deux membres de l’ex-Comité national pour le salut du peuple (CNSP) qui avait démis l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta de ses fonctions en août 2020. Le même jour, le président de la Transition, le Premier ministre et plusieurs représentants de l’État ont été arrêtés et conduits dans le camp militaire de Kati, où ils ont été placés en détention, rappelle le rapport. Ajoutant que le 25 mai, la délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est de nouveau rendue à Bamako pour demander la libération des détenus et faciliter la recherche d’une solution. Après la démission du président de la Transition et du Premier ministre le 26 mai, le 28, la Cour constitutionnelle a confirmé l’ancien vice-président colonel Assimi Goïta comme président de la Transition. Le 30 mai, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la CEDEAO ont tenu un sommet extraordinaire à Accra où ils ont décidé de suspendre le Mali de l’organisation conformément aux textes. PROGRES – Comme faits nouveaux, M. Guterres a évoqué les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la feuille de route de la Transition, notamment la publication du calendrier électoral et le lancement des préparatifs des prochaines élections. Antonio Guterres a rappelé également que le 31 mars dernier, le Premier ministre a pris un décret portant création du Comité d’orientation stratégique sur les réformes politiques et institutionnelles. Lequel aura un rôle consultatif en appui aux réformes politiques et institutionnelles engagées, notamment en ce qui concerne la réorganisation territoriale, la révision de la Constitution et les réformes électorales. Le secrétaire général des Nations unies a déploré la lenteur dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation et l’assassinat, le 13 avril, du président de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Il recommande le renouvellement du mandat de la Mission onusienne en maintenant les effectifs militaires et de police à leur niveau actuel Le secrétaire général des Nations unies est revenu sur la mission de la CEDEAO, conduite par Goodluck Jonathan, au Mali, du 9 au 12 mai. Cette mission de la CEDEAO a constaté avec « satisfaction » que des progrès ont été réalisés et a noté les préoccupations soulevées par certaines parties prenantes concernant la hiérarchisation des priorités dans les réformes, la nécessité de parvenir d’urgence à un consensus sur le choix de la structure de surveillance des prochaines élections, la réorganisation territoriale, la transparence et l’inclusivité dans le processus de transition. DROITS HUMAINS – Sur un tout chapitre, Antonio Guterres indique que la période considérée a été marquée par une forte détérioration de la situation des droits humains qui s’explique principalement par une augmentation de la violence contre les civils, en particulier dans certaines zones du Sud du Mali. Selon lui, les attaques perpétrées par les groupes extrémistes violents continuent d’être la cause de nombreuses atteintes, dont des meurtres, de graves dommages corporels et des déplacements forcés de civils. Par ailleurs, Antonio Guterres a rappelé que le 30 mars, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unions pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a publié un rapport sur les résultats de l’enquête relative aux droits humains menée à la suite d’une frappe aérienne effectuée par la Force Barkhane. Compte tenu de l’environnement complexe, difficile et dangereux dans lequel la Mission opère, il propose d’adopter des stratégies novatrices, adaptées, souples et axées sur l’être humain. À cet effet, il souhaite que le mandat de la MINUSMA soit prorogé d’un an, jusqu’au 30 juin 2022, en maintenant les effectifs militaires et de police à leur niveau actuel. DD/MD (AMAP)
Emmanuel Macron annonce la fin de l’opération Barkhane au Sahel
Bamako, 10 juin (AMAP) Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé la fin de l’opération antidjihadiste Barkhane, lors d’une conférence de presse, jeudi, rapporte le site français Le Parisien. Il s’agit d’une « transformation profonde de la présence militaire française au Sahel », notamment au Mali, théâtre d’un nouveau coup d’Etat, précise le chef de l’Etat français. Selon la même source, ces annonces s’inscrivent dans la volonté politique déjà esquissée par le chef de l’État de réduire, à moyen terme, la présence militaire française dans la zone. Il prône un « changement de modèle », pour « permettre une opération d’appui aux armées des pays qui le souhaitent et la mise en œuvre d’une alliance internationale concentrée sur la lutte contre le terrorisme ». Dans cette annonce, qui avait fuité quelques dizaines de minutes avant qu’elle ne soit officialisée, le président français a indiqué qu’une nouvelle force internationale remplacerait l’opération Barkhane au Sahel et que le nombre de soldats français sur place serait réduit. L’opération antidjihadiste Barkhane sera intégrée à une alliance internationale antijihadiste dans la région. Le détail de ces annonces devrait être dévoilé prochainement, dans le cadre de la Coalition pour le Sahel. « Evidemment la France n’a pas vocation à rester éternellement au Sahel (…). Il est vraisemblable qu’il faille adapter le dispositif Barkhane », déclarait pour sa part peu de temps avant le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en déplacement à Abidjan, sans plus de précisions, rappelle l’AFP. L’engagement militaire français au Sahel était au menu d’une réunion du Conseil de défense mercredi. Paris déploie quelque 5100 soldats contre les djihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI) et à Al-Qaïda, un soutien de taille aux armées affaiblies des États du Sahel qui peinent à les combattre seules. SS/MD (AMAP)
Bla : Inondation de la ville, avec d’énormes dégâts, suite à des pluies diluviennes
Bla, 10 juin 2021 (AMAP) La Commune rurale de Bla, située à 78km de Ségou (Centre), a été inondée dans la nuit de mardi à mercredi, suite à des pluies diluviennes d’une hauteur de 112 mm, sans perte en vies humaines mais avec d’énormes dégâts, a appris l’AMAP de source locale. Notre source précise que ces fortes pluies qui ont débuté à minuit pour se terminer à 2h du matin, ont occasionné d’énormes dégâts dont l’effondrement d’habitations dans les quartiers de Noumouna, Bogola et Kôkô, Les eaux ont emportés des équipements et matériels. Le quartier Bogola, alegrand marché, ainsi que le petit marché communément appelé « Huit heures soukou », sont tous inondés. Les vendeuses ont été contraintes de s’installer au rond-point et devant la grande mosquée de Bla sur l’axe Bla-Koutiala. A 8 heures, le préfet par intérim, Mamadou N’Diawar Diarra, accompagné d’une forte délégation composée du sous-préfet central, des responsables du service du développement sociale, de la protection civile, du président du Conseil de Cercle, le maire de la Commune rurale, le président du Conseil local de la jeunesse, du président de la société civile, du représentant du médecin-chef du Centre de santé de référence (CSRéf) et beaucoup d’autres responsables se sont rendus sur les lieux constater les dégâts afin de prendre des dispositions urgentes. Selon le maire, Mamadou Samaké, cette inondation n’est pas liée au non curage des caniveaux mais plutôt à un manque de collecteur d’eau dans la ville de Bla. « Depuis plus de trente ans, bien avant la décentralisation, Bla avait demandé un collecteur d’eau. Depuis cette date jusqu’à aujourd’hui, nous sommes restés sans suite à notre demande. Nous lançons un appel à toutes les autorités administratives, aux ONG, aux bailleurs de nous porter secours afin que Bla puisse avoir un collecteur d’eau pour mettre fin à ces inondations chaque année », a-t- il dit. Les autorités administratives et politiques de Bla sont à pied d’œuvre pour recenser toutes les familles touchées par cette inondation afin de leur apporter de l’aide. Elles invitent les populations à ne pas boire les eaux des puits effondrés, d’abandonner toutes les maisons qui présente des risques d’effondrement et d’empêcher les enfants de se rendre aux marigots, dans les caniveaux et alerter la protection pour tout cas de noyade. Les données pluviométriques ont été fournies par le Programme de Développement de l’Irrigation dans le Bassin du Bani et à Sélingué (PDI-BS). MO/KM (AMAP)

