Transition : L’annonce de la composition du gouvernement prévue dimanche (Dr Choguel Kokalla Maïga)

Bamako, 09 juin (AMAP) Le Premier ministre de la Transition, Dr Choguel Kokalla Maïga, a annoncé, mercredi, à Bamako, la publication de la composition du gouvernement « au plus tard le dimanche prochain ». « Sauf avis contraire du président de la Transition avec lequel je m’entretiens, quotidiennement, nous avons l’intention, au plus tard dimanche, d’annoncer aux Maliens la composition du nouveau gouvernement », a déclaré à la presse le chef du gouvernement, après une audience qu’il a accordée à la délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à la primature. Le Premier ministre, qui n’exclue pas « au début, des incompréhensions, des mécontentements », a dit avoir réaffirmé à la délégation de la CEDEAO « la ferme volonté des autorités de la transition d’aller dans le sens d’une gouvernance de rupture et par l’exemple ». « Ce qui suppose, a-t-il ajouté, un rétablissement de la confiance de l’ensemble des Maliennes et Maliens en ce que dit et fait le gouvernement ». Le chef du gouvernement prévoit six semaines pour présenter aux Maliens les grandes lignes de l’action gouvernementale. « Nous nous donnons six semaines pour expliquer et présenter aux Maliens ce que, récemment, à cause de difficultés de démarrage, les autorités ont mis six mois à présenter », a-t-il promis. « Dans un maximum de six semaines, nous allons nous présenter aux Maliens, à travers le CNT (Ndlr, Conseil national de transition) et l’opinion publique nationale pour tracer les grandes lignes de l’action gouvernementale afin de respecter les différents engagements pris », s’est-il engagé. Selon M. Maiga, une fois que les Maliennes et Maliens auront rétabli leur confiance totale dans les autorités de la transition, « nos partenaires, qui se sont engagés à nous accompagner, nous tiendrons la main, comme ils le font depuis tout le temps, lorsque le Mali se trouve dans la tempête ». Il a rappelé que « la CEDEAO a été à nos côtés, à chaque étape, depuis bientôt dix ans pour tenir la main au Mali ». OD/MD (AMAP)

Le médiateur de la CEDEAO se dit satisfait des échanges avec le président de la Transition

Bamako, 09 juin (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Mali, Goodluck Jonathan, arrivé mardi, dans l’après-midi. à Bamako, pour une visite de 48 heures, a été reçu en audience au palais de Koulouba par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. «On a beaucoup parlé du gouvernement inclusif qui va être mis en place. C’est, surtout, pour indiquer que la CEDEAO est disposée à accompagner le processus de transition pour que les objectifs soient atteints», a confié à la presse le président de la Commission de la CEDEAO, l’Ivoirien Jean-Claude Kassi Brou, à la sortie de cette audience, en fin d’après-midi. M. Brou a indiqué qu’il s’agissait de voir comment la Transition se met en place avec la nomination d’un Premier ministre que la délégation du médiateur rencontre ce mercredi. Sur ce point, a ajouté le président de la Commission de la CEDEAO, il y a eu des échanges très positifs avec le président Assimi Goïta et le médiateur a été « rassuré » par ces échanges. Selon Jean-Claude Kassi Brou, les choses évoluent dans le sens souhaité. «Nous allons, une fois que le gouvernement sera en place, voir comment est-ce que les différents points du calendrier déjà arrêté vont se mettre en place», a-t-il dit, avant de souligner que la CEDEAO, l’Union africaine (UA) et les Nations unies vont accompagner le processus. «Notre souhait, comme cela a été exprimé, au niveau du sommet d’Accra, c’est aider le Mali, pour qu’il retrouve une situation constitutionnelle normale», a conclu M. Brou. Le déplacement du médiateur de la CEDEAO, s’inscrit dans le cadre du suivi des recommandations de la session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation sous régionale sur le Mali, tenue à Accra (Ghana), le 30 mai dernier. Dans le communiqué final publié à l’issue de leurs travaux, les chefs d’État ont, notamment, demandé la nomination immédiate d’un nouveau Premier ministre civil. Un nouveau gouvernement inclusif devrait être formé pour poursuivre le programme de transition. Les dirigeants de la CEDEAO ont aussi réaffirmé la nécessité de respecter la période de transition de 18 mois décidée à Accra. Dans ce contexte, la date du 27 février 2022, déjà annoncée pour l’élection présidentielle, doit être absolument maintenue. Un mécanisme de suivi sera mis en place à cet effet. Les chefs d’État et de gouvernement de l’organisation sous-régionale ont, également, réitéré les décisions antérieures selon lesquelles le chef de la Transition, le vice-président et le Premier ministre de la Transition ne devraient, en aucun cas, être candidats à la prochaine élection présidentielle. Par ailleurs, ils ont réaffirmé le soutien de la CEDEAO pour accompagner le processus de transition et exhorté tous les partenaires internationaux (l’UA, les Nations unies et l’Union européenne) à continuer à soutenir le Mali dans la mise en œuvre réussie de la Transition. OD/MD (AMAP)    

Covid-19 au Mali : 22 nouveaux cas enregistrés mardi

Bamako, 9 juin (AMAP) Les services sanitaire ont enregistré vingt-deux (22) nouveaux cas positifs à la Covid-19 mardi, portant le nombre total de la contamination à 14 324 dont 9882 guérisons et 520 décès, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP)précise, par ailleurs, que les 22 nouveaux cas ont été enregistrés dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et le district de Bamako. Les services de santé déclarent également que 207 personnes -contact font l’objet d’un suivi quotidien avant d’inviter les populations à la sérénité et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)

Transition: le colonel Assimi Goïta investi président

Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 08 juin (AMAP) Au cours de la cérémonie solennelle de prestation de serment, lundi, devant la Cour suprême au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le nouveau chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, a promis d’imprimer une nouvelle dynamique à la conduite des affaires publiques, Apres avoir prêté serment et avoir été investi président de la Transition, chef de l’État, le nouveau locataire du Palais de Koulouba arrive en rassembleur d’un pays meurtri, écartelé entre des crises qui plombent son développement depuis bientôt une décennie. Il a appelé le Mali à “l’unité”, la communauté internationale à accompagner la nouvelle dynamique et donné le ton d’une transition qui se veut moins dépensière. Le nouveau président a annoncé à cet effet qu’il consacrera les 2/3 du fonds de souveraineté du président, soit 1,8 milliard de Fcfa annuel, à des œuvres socio-sanitaires, notamment pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaire dans les zones difficiles. L’ancien commandant du Bataillon des forces spéciales se retrouve, ainsi, en première ligne sur le front politique. L’audience solennelle consacrant son nouveau statut s’est déroulée en présence des présidents des institutions, de diplomates, d’acteurs de la classe politique, de la société civile, de représentants des groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation… C’est une salle archicomble qui a reçu, à 10 heures 32 minutes, le colonel Assimi Goïta et son épouse, Mme Goïta Lalla Diallo. Présidée par le président de la Cour suprême, Wafi Ougadèye, l’audience solennelle a été marquée par la lecture de l’arrêt de la Cour constitutionnelle, désignant le colonel Assimi Goïta comme président de la Transition. Le procureur général, Mamoutou Timbo, prendra ensuite la parole pour ses réquisitions, dans lesquelles il a conclu à la recevabilité de la prestation de serment. Non sans faire remarquer que le serment prêté par le colonel en septembre dernier ne saurait être invoqué pour faire obstacle à la recevabilité de sa demande de prestation. Le sens et les implications du serment qu’Assimi Goïta prêtera quelques minutes plus tard, ont été élucidés par le ministère public. Mais pour Mamoutou Timbo, le problème central dans notre pays est l’impunité. « Alors, a-t-il estimé, l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour lutter contre ce fléau doit figurer en bonne place dans l’agenda de la Transition ». Me Moustaph Cissé, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali, a insisté, lui aussi, sur l’urgence de s’attaquer à ce fléau. Il a ajouté qu’il y a eu ‘’trop d’hésitation dans le traitement des maux qui assaillent notre pays, notre démocratie’’. La main droite levée, l’ancien vice-président, qui accède à la magistrature suprême à 38 ans, a fait « le serment de préserver le régime républicain, de respecter la Constitution et la Charte, de remplir ses fonctions dans l’intérêt supérieur du peuple, de garantir l’unité nationale, l’intégrité du territoire national… » La cérémonie s’est poursuivie avec la décoration du nouveau chef de l’État par le grand chancelier des Ordres nationaux, le général Amadou Sangafourou Guèye. Élevé à la dignité de Grand croix de l’Ordre national du Mali, le colonel Assimi Goïta a reçu une écharpe tricolore qui fait de lui le Grand maître des Ordres nationaux. DIALOGUE FRANC- Il y a neuf mois, le jeune officier supérieur accomplissait pratiquement le même rituel aux côtés de Bah N’Daw qu’il a poussé à la démission tout comme l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont, depuis. Mais les défis restent entiers. La situation sécuritaire ne s’est pas substantiellement améliorée, le tissu social est en lambeaux, la Covid-19 n’est pas vaincue, l’Accord pour la paix et la réconciliation connaît toujours une application poussive et les réformes politiques et institutionnelles sont encore de l’ordre des bonnes intentions. La période de transition, dont la conduite vient de lui être confiée, est censée relever ces défis… En moins de dix mois. Rassurants, les premiers mots du nouveau chef de l’État sont à la dimension de l’espérance collective. Il a dit avoir conscience de l’immensité des défis et qu’il entend « imprimer une nouvelle dynamique », avec l’accompagnement de toutes les filles et fils de la patrie. Ainsi, les expressions «cohésion et solidarité» ou encore «transcender les divergences» ont, entre autres, constitué le fil d’Ariane de son discours. «Chaque fois que notre pays s’est dressé comme un seul homme, il a su vaincre toutes les adversités”, a-t-il dit. “Nous sommes forts quand nous sommes unis ; mais divisés, nous devenons extrêmement vulnérables», a ajouté le colonel Goïta. À l’heure du bilan, la pertinence de la décision du colonel de s’imposer à la tête du pays s’appréciera surtout à l’aune de la crédibilité qu’il aura imprimée aux processus électoraux. Ses propos sur les futures élections, qui boucleront cette période transitoire, étaient attendus aussi bien par les acteurs nationaux que par la communauté internationale. Le chef de l’État a rassuré, en s’engageant à les tenir aux échéances prévues. Aussi, œuvrera-t-il de sorte qu’elles soient justes, crédibles et transparentes. Tout comme sur les élections, le président de la Transition a donné l’assurance de travailler à la mise en œuvre de toutes les actions prioritaires nécessaires à la réussite de la Transition. Également attendu sur le terrain sécuritaire, il a abordé le sujet en félicitant les Forces de défense et de sécurité pour leur courage et les a assurés que “l’État, dans la mesure de ses moyens, fournira les ressources nécessaires à l’accomplissement de leurs missions”. Dans cette guerre contre les forces du mal, le colonel Assimi Goïta compte sur la communauté internationale qui, depuis 2013, est fortement mobilisée au chevet de notre pays. Il a donc réaffirmé «l’attachement de notre pays à cette solidarité internationale», avant de «rassurer les organisations sous-régionales, régionales et la communauté internationale que le Mali va honorer l’ensemble de ses engagements ». Alors qu’il entame un nouveau départ, notre pays doit en finir avec un mal à l’origine de sa déliquescence: la mauvaise gouvernance. Promesse du colonel Assimi Goïta : tout sera mis en œuvre pour assurer une meilleure gouvernance

Goodluck Jonathan est arrivé à Bamako ce mardi

Bamako, 08 juin (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’ancien président du Nigéria, Goodluck Jonathan, est arrivé, en début d’après-midi, à Bamako, au Mali, pour une visite de 48 heures au cours de laquelle il aura des séances de travail avec les parties prenantes de la Transition. Cette visite du président Goodluck Jonathan, dans la capitale malienne, lui permettra de faire le point de la mise en œuvre des recommandations de la session extraordinaire de la Conférence des chefs d’États et de gouvernement de la CEDEAO sur le Mali, tenue à Accra, au Ghana, le 30 mai dernier. Au cours de ce sommet, les dirigeants sous-régionaux ont recommandé aux autorités du Mali la désignation d’un Premier ministre civil, la formation d’un gouvernement inclusif et le respect des dates indiquées pour les échéances électorales. L’Envoyé spécial de la CEDEAO arrive au Mali au lendemain de la prestation de serment du colonel Assimi Goïta, en qualité de président de la Transition, devant la Cour suprême. Le même jour, le président de la Transition a signé le décret de nomination du Dr Choguel Kokalla Maiga, en tant que Premier ministre de la Transition, répondant à une exigence de l’organisation sous-régionale. MT/MD (AMAP)

Covid-19 au Mali : Quelque 9880 guérisons, 519 décès sur 14.302 cas enregistrés

Bamako, 8 juin (AMAP) Quelque 9880 personnes sont guéries de la Covid-19, 519 décès constatés sur 14.302 cas enregistrés au Mali avec les 4 nouveaux cas décelés lundi, a appris l’AMAP de source officielle. Les services de santé précisent, par ailleurs, que les 4 nouveaux cas ont été enregistrés dans le district de Bamako. L’Institut de santé publique (ISP) déclare également que 220 personnes -contact font l’objet d’un suivi quotidien avant d’inviter les populations à la sérénité et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)

La Cité des Enfants célèbre la fête des mères

Bamako, 7 juin (AMAP) La fête des mères qui suscite de plus en plus d’engouement auprès des préscolaires et des groupements des femmes, a été célébrée samedi par la Cité des Enfants, en collaboration avec ses partenaires, dans sa salle des spectacles, sise à Niamakoro, en Commune VI du district de Bamako, a constaté l’AMAP. Placée sous la présidence de la directrice générale de la Cité, Amina Cissé Koumaré, la cérémonie a regroupé le directeur général adjoint de la Cité des Enfants, Famara Keïta, le représentant du maire de la CVI, Chaka Koné, des représentants du département de la promotion de la famille, de l’enfant et de la famille, de la Mairie du district et des partenaires (Baara Muso, Zam-Zam, Capal, Mali – Lait et Diabali Transit). Vêtues de leurs habits de fête et de pagnes événementiels, de nombreuses mères accompagnant leurs enfants ainsi que des pères se sont dirigés ce matin vers la salle des spectacles de la cité des enfants où ils sont installés avec respect des mesures barrières contre la Covid- 19. Sur place tout le dispositif était prêt notamment la présence des membres du jury, les forces de sécurité, les agents de la Protection civile et de la santé ainsi que les invités aux sons de la troupe Babemba pour rehausser le niveau de l’évènement. L’objectif de la rencontre était d’amener les enfants à rendre hommage à leurs mamans à travers des expressions artistiques et culturelles. Il s’agissait de façon spécifique d’offrir aux mamans un espace d’épanouissement et de détente à travers les prestations des enfants ; d’encourager les enfants à rendre hommage aux mamans et de créer un cadre d’émulation et de communion entre les participants à travers les activités artistiques et culturelles. Au cours de la rencontre, une compétition artistique (Chorégraphie et poésies) a été organisée entre huit (8) jardins d’enfants du district de Bamako. Dans son allocution de bienvenue, la directrice de la Cité des Enfants, Amina Cissé Koumaré a souhaité la bienvenue aux participants avant de remercier les partenaires pour leur accompagnement. Mme Amina Cissé Koumaré a, par ailleurs, affirmé qu’être mère est le plus beau métier du mode. « Les mamans peuvent être différentes dans leur manière de s’habiller, de préparer, d’éduquer, … mais elles ont un dénominateur commun qui est l’amour maternel envers leur enfant, partout dans le monde » a –t- elle laissé entendre. A l’issue des compétitions le 1er prix est revenu au jardin d’enfants « Les Daufins », le 2ème à « Kirikou le Génie » et le 3ème « Les Poupons ». Les autres jardins ont reçu des prix d’encouragement car, pour les organisateurs, il n’y a eu ni gagnants, ni perdants et que les gagnants sont les mères et leurs enfants. La cérémonie a pris fin par des animations artistiques dans la salle des spectacles de la cité des enfants à Bamako. La fête des mères organisée pour magnifier la femme par rapport à l’éducation, à l’entretien e tau  suivi des enfants au cours de leur évolution, est organisée le 29 mai de chaque année mais la date peut légèrement être changée en fonction des endroits et des dispositions pratiques. KM (AMAP)

Koro (Centre) : Les acteurs économiques se réjouissent de la reprise du trafic routier

Par Moussa NIANGALY Amap-Koro Koro, 04 mai (AMAP) Le trafic routier entre le Mali et le Burkina Faso, sur la Route nationale (RN15), à partir de la frontière à Koro, a repris officiellement le 8 février 2021, à la faveur des accords locaux signés entre les communautés et l’implication des autorités administratives, politiques et coutumières des deux pays. De cette date à nos jours, le trafic se passe normalement sans incidents, au grand bonheur des populations. Presque tous les usagers de cette route, qui l’avaient abandonnée à cause de l’insécurité ou à cause du sabotage des ouvrages routiers, rendant la route impraticable, sont revenus. Le marché local est bien approvisionné en denrées de première nécessité et les producteurs locaux parviennent à écouler leurs produits vers les pays comme le Burkina Faso, le Ghana, le Togo etc. Tous les secteurs économiques de la ville ont ressenti les impacts positifs de la reprise des activités sur ce tronçon. De la vendeuse de légumes, en passant par le commerçant de céréales ou de bétail, tous reconnaissent que la reprise du transport sur cette route leur a permis de souffler, après plus d’une année d’interruption. Si certains ont eu confiance pour reprendre le trafic sur le tronçon Koro-Burkina Faso, d’autres sont encore dans le doute quant à la sécurité des voyageurs et de leurs marchandises. C’est le cas de Issiaka Ouédraogo, vendeur de cuirs et peaux à Koro. Encore sceptique, il préfère solliciter les services d’intermédiaires pour envoyer ses produits à des partenaires à Mopti, qui se chargent, à leur tour, de les exporter. Il reconnaît que ce détour est coûteux mais plus sûr. Les transports de personnes et de marchandises sont permanents sur la route, sans escorte militaire. Grâce aux accords conclus entre les communautés, il n’y a pas eu d’incidents et tous les acteurs locaux continuent de s’impliquer pour que le trafic ne soit plus interrompu sur ce tronçon. C’est pourquoi, les transporteurs, les commerçants et les transitaires du Burkina Faso et du Mali, qui opèrent sur ce tronçon, ont initié une cotisation volontaire pour réparer un pont saboté dans le village de Nommo, au Burkina Faso, au niveau duquel la déviation est impossible. Cet effort a permis d’assurer la continuité du trafic pendant l’hivernage. Selon Hassimi Dama, transitaire à Koro, l’argent cotisé a atteint plus de 3 millions de Fcfa et la réparation est en cours. Le bureau de Koro est ouvert aux opérations de douane et de transit depuis le 8 février 2021. Si les objectifs assignés au bureau des douanes sont atteints, il faut tout de même reconnaître que les opérations sont quelques peu timides au niveau des bureaux de transit. Cette situation est la conséquence de la fermeture du bureau de Thiou (Burkina Faso) par la direction générale des Douanes du Burkina Faso pour cause d’insécurité. Toute chose qui rend impossible, pour le moment, le transit international à partir de ce tronçon. Les autorités des deux pays doivent s’impliquer davantage pour l’ouverture du bureau de Thiou et la reprise du transit international sur cette route. Mariam Sawadogo, vendeuse de fruits et légumes au marché de Koro reconnaît que l’ouverture de la route a été très salutaire pour elle mais aussi pour tous les usagers de la route Koro-Burkina Faso. Elle souhaite la réparation, avant l’hivernage, du pont saboté de Bih (au Mali). Selon elle, les véhicules empruntent une déviation au niveau du pont sur une route latéritique. Avec l’hivernage, elle craint l’interruption du trafic routier si les pluies sont abondantes. Après plus de trois mois, la reprise du trafic sur le tronçon Koro-Burkina Faso a permis de donner un nouveau souffle à l’économie locale. Cependant, la réparation du pont de Bih, l’implication des autorités pour l’ouverture du bureau de Thiou (Burkina Faso) et la mise en confiance des usagers, encore réticents à emprunter ce tronçon, doivent être des priorités. MN (AMAP)

Mariage à Bamako : La fièvre des uniformes

Par Maimouna SOW Bamako, 04 juin (AMAP) Un dimanche de mariage dans une famille à Bamako, on peut facilement ne pas reconnaître sa femme, sa fille ou sa sœur quand elles auront fini de mettre leurs habits de fête. Elles sont toutes belles, élégantes et fascinantes. Elles sont habillées de leurs plus belles tenues. Elles portent des uniformes, des bijoux, un sac à main neuf, des chaussures de luxe. Les visages ont reçu des touches de maquillage qui rendent éblouissantes. Quand un mariage est annoncé, ou qu’une grossesse est proche du terme, le seul souci de la majorité des femmes,est de préparer les festivités de la future cérémonie. La priorité va au choix des uniformes, plusieurs mois à l’avance. La tendance actuelle est de prévoir deux, trois, quatre, voire plus, pour une seule cérémonie. Pour magnifier ce jour, dans le meilleur des cas, les économies de plusieurs mois sont données aux vendeurs d’habits, aux couturiers. Les rendez-vous sont pris dans les salons de coiffure. Les meilleurs ensembles de griottes et de harangueurs sont invités. Le mois de juillet prochain, Tata a un mariage. Elle a déjà informé ses amies de tontine. Aussitôt, l’uniforme est choisie : c’est le basin riche. Il doit être porté dans l’après-midi, quand on va chanter les louanges de Tata, la marraine de la cérémonie. Le matin, les membres de la tontine seront tenues de se mettre sur leur 31. Elles porteront une autre tenue brillante. Les copines de Tata forment une association. Ce qui rend l’organisation plus harmonieuse. Mme Kamissoko Mah Camara, est la cheffe. Elle tient à ce que tout le monde s’habille pour faire honneur à un de leurs membres. L’uniforme est choisie deux mois à l’avance. Pour magnifier la cérémonie, il faut s’acquitter de la contribution du « kukoni » à hauteur de 50.000 Fcfa. Ce n’est pas tout ! Il faut aussi donner de l’argent à la marraine, quand la griotte chantera ses louanges. AVANTAGE – Les participantes versent une somme d’argent à la hauteur de la bonne relation qu’elles entretiennent avec la marraine. Toutes ces bonnes actions prouvent aux autres invités que l’on est « des grandes dames ! De gros bonnets.» Etre gros bonnet, au top de sa beauté ou au devant de la scène, a un prix. Les engagements sont strictement respectés au selon un Code d’honneur. Ce lien est appelé ‘Fadeya’. Depuis cinq ans, la tontine de Tata existe. Les membres font l’impossible pour être à la hauteur. Ces groupements sont un avantage. A tour de rôle, chacune bénéficiera de la même somme et des honneurs au bon moment. C’est aussi une façon de tisser de belles amitiés et de faire des économies. Mais pour y arriver, il faut être brave, combattante, très intelligente. « Les tontines rendent braves, elles permettent de réaliser pas mal de projets. Quand je me suis mariée, mon trousseau de mariage avait une valeur de près de trois millions de Fcfa. Les femmes sont venues de partout pour m’honorer le jour du mariage. Sans les tontines, cela ne serait pas possible. Ce que tu fais pour les autres, elles le feront pour toi », dit Mme Diakité Aïchata Sidibé, L’avis de B.T, infirmière dans une clinique de la place, est différent. Lors du mariage de sa nièce, en décembre dernier, cette marraine a choisi quatre uniformes trois mois à l’avance. B.T a épuisé ses économies pour les préparatifs. Mais cela n’a pas suffi pour faire face aux dépenses. Il fallait trouver de l’argent ailleurs. Comment faire ? Elle a dû toucher à l’argent que son patron lui confie, chaque mois, pour le partenaire de la clinique. Le jour du mariage, elle a été sublime. Elle a porté chacune des uniformes, payé les cotisations, pris place au milieu de la scène pour être chantée par la griotte, en tant que marraine. B.T a distribué des billets de banque aux différents groupes de griots. Une semaine après la célébration, le jour où la mariée devait rejoindre définitivement son mari, que l’on appelle ‘’minassiri’’, l’infirmière a donné une somme d’argent à la mariée, pour qu’elle s’achète un présent comme veut la tradition. Des jours, après les festivités, notre interlocutrice est revenue sur terre. Il a fallu réparer les dégâts avant que le chef ne se rende compte qu’elle a détourné l’argent de l’entreprise. Trouver l’argent pour combler le trou. Mais où ? Et comment faire ? A l’heure actuelle, elle se couche la nuit, sans trouver le sommeil. Pourtant, B.T est une jeune femme intègre. Depuis plus de 4 ans elle travaille dans la même structure, dignement. Elle bénéficie de la confiance de tous. Une réputation qu’elle risque de perdre. Elle est issue d’une grande famille où la concurrence, le ‘’fadeya’’ est rude. Chacune doit être à la hauteur de l’événement social sont elle est la marraine. Après le mariage ou le baptême, beaucoup ont avoué être allées à contre-courant de leur principe. Certaines ont ouvertement regretté. L’après-mariage a été dur, tout le monde vit la galère. Il faut reconnaître, aussi, qu’on est tombé dans l’excès. L’excès, c’est le mot que la plus âgée de la famille veut bannir de leur vocabulaire. Elle a prévenu que plus jamais, aucun mariage ne sera célébré de cette façon. Dorénavant, il faut se contenter d’un seul uniforme, et se passer de jouer aux stars. Sans doute, les uniformes rendent la cérémonie très agréable. Elles honorent la mariée, surtout s’il s’agit de basin «Geztner», ou de tissu brodé. Malheureusement, cette affaire d’uniforme, de tontine, de contribution et de cotisation ‘’kunkoni’’ est devenue un problème, une épine dans le pied des femmes. Le paradoxe est que les femmes ne cherchent pas à savoir comment s’en sortir. Au contraire, elles entretiennent cette habitude qui, au lieu de resserrer les liens entre les familles, contribue plutôt à les dégrader. Quand les histoires d’uniforme commencent au sein même des familles, les plus pauvres se restreignent mais ne se résignent pas. Ces femmes font l’impossible pour ne pas être indexées, comme les dernières

San organise la 61ème édition du Sankèmo

San, 4 juin (AMAP) La 61ème édition du rituel « Sankèmo », une fête traditionnelle de pêche collective, prendra fin ce vendredi à San, sous la présidence du Gouverneur de région, le Colonel Ousmane Sangaré, en présence du préfet de Cercle, Abraham Kassogué, du maire de la commune Urbaine, Mme Félicité Diarra et de plusieurs ressortissants de cette localité à Bamako et dans la sous-région, a constaté l’AMAP. La cérémonie a été marquée par le sacrifice de coqs et de chèvres et par des offrandes des habitants du village aux esprits de l’eau qui habitent la mare Sanké. En plus de ces différents sacrifices, l’édition a été également marquée par des chants et danses traditionnels des bobos de Térékoungo et de Parana, la préparation de la crème traditionnelle (Moungou Fara), la visite des sites touristiques et les défilés des clowns et bouffons, les expositions des produits locaux et la pêche collective dans la mare du Sanké. Inscrit en 2009 par l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) sur la liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, en raison de la chute du nombre de participants au rituel, de la faible pluviométrie et de la dégradation de la mare. Ce rituel qui a été inscrit en 2009 par l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) sur la liste du patrimoine immatériel nécessite une sauvegarde urgente, en raison de la chute du nombre de participants au rituel, de la faible pluviométrie et de la dégradation de la mare. NC/KM (AMAP)