Liptako Gourma : Barkhane neutralise plusieurs terroristes

Bamako, 28 juil (AMAP) La force Barkhane a neutralisé plusieurs terroristes au cours de deux opérations, du 12 au 22 juillet dernier, selon un communiqué de l’opération française. La première opération a été menée contre un camp de l’État islamique au grand Sahara (EIGS) dans la Région de Ménaka, dans le Nord-Est du Mali. Tandis que l’autre a consisté à réaliser une manœuvre aérienne et aéroterrestre d’ampleur. Toujours selon le communiqué, la 1ère opération a été menée, dans la nuit du 22 juillet, « sur très court préavis, en coordination avec l’armée américaine ». D’après la même source, l’identification des deux responsables de l’EIGS neutralisés au cours de cette action est en cours. Il y a quelques semaines, les forces françaises et nigériennes avaient déjà porté des coups très durs contre l’EIGS dans le Liptako malo-nigérien lors de l’opération ‘’Solstice’’. Cela, alors que le groupe terroriste, à partir de ses bases dans le Liptako malien, menait une politique de terreur contre les populations locales, forcées de déserter leurs villages, et harcelait les forces armées nigériennes. Plusieurs cadres de haut rang de l’EIGS avaient déjà été neutralisés dont Dadi Ould Chaib, plus connu sous le nom d’Abou Dardar, l’un des chefs de groupe. De nombreuses ressources logistiques avaient, également, été saisies. « Cette nouvelle opération illustre notre détermination à continuer la lutte contre les groupes armés terroristes, aux côtés de nos partenaires sahéliens et en coordination avec nos alliés européens et américain. Ce combat reste une priorité absolue », a assuré le commandement de la force Barkhane. La seconde opération, dénommée ‘’Impérium national’’, s’est effectuée à l’approche de la fête de Tabaski. « Durant trois jours (du 12 au 14 juillet), Barkhane a adopté un dispositif singulier pour faire face à d’éventuelles actions symboliques contre les unités françaises et les partenaires, tout en maintenant une capacité permanente de harcèlement contre les Groupes armés terroristes (GAT) », indique le commandement de l’opération française. « Les unités terrestres ont concentré leurs efforts autour de leurs emprises, tandis qu’une opération aérienne et aéroterrestre d’envergure était conduite dans la troisième dimension. Chasseurs, drones, avions légers de reconnaissance et hélicoptères de reconnaissance et d’attaque ont ainsi sillonné le ciel de notre pays, assurant la défense en profondeur de la Force », aoute l’armée française. « Cet effort dans la 3e dimension a parfaitement atteint son objectif en dissuadant toute tentative d’attaque des GAT vis-à-vis de Barkhane. Il a, en outre, renforcé la protection des emprises militaires de nos partenaires maliens et nigériens, souvent prises à partie ces dernières semaines », a ajouté le communiqué. Il a signalé que « le jour de la fête de l’Aïd al-Adha, des terroristes ont ainsi été neutralisés dans le Liptako par une frappe de drone Reaper, tandis que d’autres étaient fixés dans le Gourma par le Groupement tactique désert aérocombat (GTD-A) ». Des groupes de commandos de la force Barkhane ont été héliportés sur ces deux zones d’engagement. Appuyés par la chasse et les hélicoptères d’attaque, ils ont pu « saisir des ressources d’intérêt et procéder à la capture des terroristes ».\ Par ailleurs, le 20 juillet dernier, au cours d’une mission d’appui aérien au profit d’un Groupement tactique désert (GTD) dans la zone de Hombori (Nord), un Mirage 2000D a fait face à une avarie, nécessitant l’éjection de l’équipage (un pilote et un officier navigateur système d’armes). Selon le communiqué, l’équipage, dont l’un des membres a été légèrement blessé, « est sain et sauf ». L’épave de l’avion, qui s’est écrasé dans une zone inhabitée, a été localisée par la force Barkhane. « Une enquête va être initiée pour préciser l’origine de cet accident », annonce le communiqué. BD/MD (AMAP)  

Kadiolo : Lancement de la campagne CPS 2021

Kadiolo, 29 juillet (AMAP) Le préfet de Cercle, Mahamar A. Haïdara a procédé lundi, au lancement de la campagne de chimio prophylaxie du paludisme saisonnier (CPS) au Cscom central de Kadiolo, a constaté l’AMAP. Cette année, dans la circonscription administrative de Kadiolo,133 000 enfants âgés de 3mois à 10 ans sont concernés par cette campagne qui sera couplée au dépistage de la malnutrition. Pour le lancement de la campagne, le programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) a envoyé à Kadiolo une équipe de soutien, conduite par le Dr Mahamadou Magassa. Le premier passage de cette campagne qui prend fin ce jeudi s’est déroulé avec la méthode du porte à porte afin de donner les médicaments aux enfants à Kadiolo, un site endémique du paludisme qui demeure la principale cause de morbidité. NIO/KM (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 28 juillet 2021

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 28 juillet 2021 dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de textes ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté des projets de textes relatifs à la ratification de l’Accord de financement, signé à Bamako, le 20 avril 2021, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association Internationale de Développement (IDA), relatif au Projet de Promotion de l’accès au Financement, à l’Entreprenariat et à l’Emploi au Mali. Par cet accord, l’Association Internationale de Développement accorde au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 24 millions 800 mille Euros, soit 16 milliards 267 millions 733 mille 600 francs CFA. Le Projet, objet du présent financement, vise à appuyer les efforts du Gouvernement dans le cadre du développement socio-économique du pays à travers notamment : – la promotion de l’inclusion financière ; – le renforcement des capacités des micros, petites et moyennes entreprises ; – l’appui aux activités génératrices de revenus. Sa mise en œuvre permettra de promouvoir l’accès au financement et de stimuler la croissance économique du pays par la création de richesses et d’emplois, gage de stabilité sociale. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES AU TITRE DE LA PRIMATURE – Secrétaire Général adjoint du Gouvernement : Madame KONATE Salimata DIAKITE, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Contrôleur Général des Services Publics : Monsieur Mohamed Sidda DICKO, Magistrat. AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS – Secrétaire Général : Général de Brigade Sidiki SAMAKE. – Inspecteur à l’Inspection Générale des Armées et Services : Colonel-major Fatogoma CISSE. – Directeur Adjoint des Ateliers Militaires Centraux de Markala : Lieutenant-colonel Djibril KANE. – Directeur Adjoint du Service Social des Armées : Lieutenant-colonel Fady TRAORE. AU TITRE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE – Chef de Cabinet : Monsieur Moussa DIAKITE, Juriste. – Chargés de mission : Madame TRAORE Safiatou KONATE, Diplômé en Relations internationales ; Monsieur Missa TRAORE, Juriste ; Madame NIENTAO Simone LOISEAU TAH. Philippe, Traductrice-Interprète. AU TITRE DU MINISTERE DES MINES, DE L’ENERGIE ET DE L’EAU – Secrétaire Général : Monsieur Soussourou DEMBELE, Inspecteur des Impôts. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DU DEVELOPPEMENT SOCIAL – Chargé de mission : Monsieur Kassoum Mamourou SANOGO, Professeur. – Directeur Général de la Clinique périnatale Mohamed VI de Bamako : Colonel Guédiouma DEMBELE. AU TITRE DU MINISTERE DE LA JEUNESSE DES SPORTS, CHARGE DE L’INSTRUCTION CIVIQUE ET DE LA CONSTRUCTION CITOYENNE – Secrétaire Général : Monsieur Amadou Diarra YALCOUYE, Conseiller des Affaires Etrangères. – Conseillers techniques : Monsieur Mohamed El Moctar MAHAMAR, Professeur de l’Enseignement secondaire ; Monsieur Doudou Ben Béchir NIANG, Professeur de l’Enseignement supérieur. – Chargés de mission : Madame Korotimi Féfé KONE, Gestionnaire ; Monsieur Allaye Oumar GUINDO, Socio-Anthropologue ; Monsieur Alher Ag ALHAMISSE, Gestionnaire. – Directeur national de la Jeunesse : Monsieur Baba Mahmoud ARBY, Administrateur de l’Action sociale. AU TITRE DU MINISTERE DES MALIENS ETABLIS A L’EXTERIEUR ET DE L’INTEGRATION AFRICAINE – Secrétaire Général : Madame TANGARA Néma GUINDO, Professeur de l’Enseignement supérieur. – Chef de Cabinet : Monsieur Mohamed AG ALBACHAR, Gestionnaire des Ressources Humaines. – Conseillers techniques : Monsieur Boulaye KEITA, Professeur de l’Enseignement supérieur ; Monsieur Tahirou SIDIBE, Magistrat ; Madame GUINDO Fatoumata dite Fatim DIAKITE, Administrateur Civil ; Monsieur Moussa Drissa GUINDO, Magistrat ; Monsieur Seïd El Moctar FOFANA, Professeur de l’Enseignement Supérieur. – Chargés de mission : Monsieur Moulaye Reggani HAIDARA, Spécialiste en Technologie avancée ; Madame Zarha Walet Hamed Idda, Gestionnaire ; Monsieur Amara Ag Hamdona, Gestionnaire ; Madame Mariam Walet ELHADJI, Gestionnaire ; Monsieur Agaly AG FAYCAL, Spécialiste en Marketing. AU TITRE DU MINISTERE DU DEVELOPPEMENT RURAL – Chef de Cabinet : Monsieur Adama Moussa GUINDO, Professeur de l’Enseignement secondaire. – Chargés de mission : Monsieur Daouda DIARRA, Vétérinaire ; Monsieur Abdoul Karim SISSOKO, Economiste ; Monsieur Moussa Abdoulaye Papa HAIDARA, Journaliste ; Monsieur Salif Foulani SISSOKO, Spécialiste en Agro-alimentaire ; Monsieur Ladji Issouf SANKARE, Juriste AU TITRE DU MINISTERE DE LA PROMOTION DE LA FEMME, DE L’ENFANT ET DE LA FAMILLE – Chef de Cabinet : Monsieur Mamadou DIANE, Administrateur de société. AU TITRE DU MINISTERE DELEGUE AUPRES DU PREMIER MINISTRE, CHARGE DES REFORMES POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES – Chef de Cabinet : Monsieur Yamoussa DIARRA, Administrateur civil. AU TITRE DU MINISTERE DELEGUE AUPRES DU MINISTRE DU DEVELOPPEMENT RURAL, CHARGE DE L’ELEVAGE ET DE LA PECHE – Chef de Cabinet : Monsieur Abdoulaye SIDIBE, Juriste. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas confirmés de COVD-19 par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, a réitéré son appel au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie. Bamako, le 28 juillet 2021 Le Secrétaire général du Gouvernement, Mahamadou DAGNO Chevalier de l’Ordre national

Denrées de première nécessité : Les prix toujours hauts une semaine après la Tabaski

Par Oumar SANKARÉ Bamako, 27 juil (AMAP) Une semaine après la fête de Tabaski, les prix des denrées de première nécessité restent encore inaccessibles au Malien lambda. Des fluctuations jugées injustifiées sont constatées par endroits dans la capitale, Bamako. Nous avons fait le constat, notamment dans le Grand marché et celui du Dibidani. En ce lundi 26 juillet, il est 10h au marché Dibidani. L’endroit fourmille de monde. Vendeurs et vendeuses sont à l’affût pour accrocher les clients. Derrière cet engouement, se cache une mévente due à la cherté des prix. Cette flambée, commencée depuis des mois, a été amplifiée à la veille de la fête de l’Aid Al Adha, après une courte période de normalisation. Mah Toumagnon, la soixantaine, vend des légumes et pâtes alimentaires. Visiblement frustrée, elle ne décolère pas. «La veille de la fête, il y a eu une flambée des prix des denrées sur le marché. Par exemple, le coût d’un panier de tomates est passé de 15.000 Fcfa à 60.000 Fcfa sans la moindre explication», proteste-t-elle vigoureusement. Sa sœur Awa ajoute : « À la veille de chaque fête de ramadan et de Tabaski chez nous, les prix explosent sans aucune raison valable. Ce qui est déplorable, c’est qu’aucune autorité n’intervient pour recadrer les choses sous prétexte que le commerce est libre». Le kg d’igname, vendu d’ordinaire à 500 Fcfa, est passé à 700 Fcfa. Le sac de concombres est cédé à 10.000 Fcfa contre 5.000 Fcfa auparavant. Le revers de la médaille, selon Awa, est qu’il y a beaucoup d’invendus à cause de cette forte hausse. « Maintenant, les lieux d’approvisionnement sont inondés de produits. Faute de preneurs, ils sont en train de pourrir », témoigne la commerçante. Plus loin, sont installés des bouchers occupés à dépecer une carcasse. Saidou Kamien est membre du syndicat des bouchers de Dibidani. Le cinquantenaire constate que le prix de la viande est en train de remonter dans certains marchés compte tenu du fait, selon lui, que les engagements pris auprès les bouchers ne sont pas respectés. « Le gouvernement avait décidé d’accorder une subvention de 45.000 Fcfa par bœuf abattu par les bouchers. Depuis quelques jours, ceux qui sont chargés de collecter nos reçus ne viennent plus à l’abattoir », explique-t-il. Le prix du litre d’huile a également prix l’ascenseur en certains endroits. Pour Amadou Diarra, vendeur détaillant, « l’huile local dont le prix doit être abordable, est plus cher que l’huile importé ». Le bidon de 20 litres vendu à 20.000 Fcfa avant, est passé à 21.000 Fcfa, déplore-t-il. Tout comme au «Dibidani», les prix des denrées de première nécessité ont subi «une hausse exorbitante» au Grand marché de Bamako, se plaint Djénébou Sacko, vendeuse de légumes au Wonida. A Kati et Nossombougou, les fournisseurs et agriculteurs ont cédé le panier de tomate à 60.000 F cfa. « Un prix record », selon elle. C’est la réalité sur tout le marché aujourd’hui mais la vendeuse signale que depuis deux jours, les prix sont à la baisse. « Le prix de l’oignon suit son cours normal », selon Mohamed Traoré, étudiant en Master et vendeur d’oignon. Pour lui, l’augmentation des prix, dans certains marchés, est liée à une faible production, la disponibilité sur les lieux d’approvisionnement. « En période hivernale, explique-t-il, les productions d’oignons s’arrêtent à Diré, Niono, Baguinéda et Beleko, nos zones d’approvisionnement». De nouvelles variétés importées du Maroc et du Sénégal inondent le marché. «Le prix du sac d’oignon de 25 kg varie entre 10.000 et 11.000 F cfa. On en a pour six mois d’importation», précise Mohamed Traoré. « Les prix de l’huile, de la tomate et autres pâtes alimentaires, sont fluctuants », assure Dramane Coulibaly, vendeur d’huile, de concentré de tomates, de pâtes alimentaires, etc. « Le problème vient des grossistes. Ils retiennent les marchandises pour provoquer une pénurie afin d’augmenter les prix », explique le commerçant. « Rien que la semaine passée, j’ai commandé de l’huile. Le matin, on m’a assuré que j’aurai la marchandise. Trois heures plus tard on m’a informé qu’il n’y en avait plus. Le lendemain, on m’a rappelé pour dire que c’est disponible mais que le prix a augmenté de 1.000 Fcfa», confie-t-il, ajoutant que cette situation infernale dure depuis un certain temps. L’Etat devrait, selon plusieurs intervenants, réguler le secteur au lieu de laisser l’anarchie s’installer dans le pays. Cela est nécessaire quand on sait qu’il accorde des subventions aux grossistes pour que les denrées soient accessibles aux populations. OS/MD (AMAP)  

Bankass : La sous-préfecture et la mairie de la commune de Ouenkoro incendiées

Bankass, 27 juillet (AMAP) Des individus lourdement armés non identifiés ont incendié dimanche la mairie et la sous-préfecture de la commune de Ouenkoro, sans perte en vie humaine mais avec d’importants dégâts matériels, a appris l’AMAP de source locale. Des hommes armés non identifiés sont arrivés à bord de motos, aux environs de 19H avant d’incendier la sous-préfecture et la mairie selon notre source qui déclare que les assaillants ont disparu dans la nature. Notre source déclare par ailleurs que tous établissements scolaires de la localité sont fermés et qu’avec ma menace djihadiste, les populations vivent une peur bleue et ne peut pas vaquer à ses occupations. La Commune de Ouenkoro, située à 50 km de la frontière du Burkina Faso, avait signé l’accord de paix avec les djihadistes et malgré tout, les hommes armés continuent de créer le trouble dans cette localité. AKG/KM (AMAP)

Ville cruelle pour les bonnes à tout faire

Par Maïmouna SOW Bamako, 27 juil (AMAP) Les cheveux nattés, les yeux hagards, t-shirt noir, le pagne au-dessus des jambes, assise au milieu du lit, entre les quatre murs d’une cellule, celle que nous surnommons Awa est plongée dans un silence profond. Depuis plusieurs mois, elle attend son procès pour une raison qu’elle semble ignorer. L’adolescente, qui passe la journée avec une dizaine de femmes, semble vivre hors du temps. Ce qui l’a conduite dans ce centre de détention est le même pour les aide-ménagères. Awa travaillait comme servante dans une famille modeste de cinq personnes. Le matin, quand Madame, sa patronne, va au travail, les enfants à l’école, le père, un vieux retraité passait son temps à assouvir ses instincts sexuels sur elle. « Etait-ce réellement une relation consentie ou sous la contrainte et la menace ? Peut-on, à 15 ans, entretenir une relation intime consentie, avec un homme de l’âge de son grand père? », nous a lancé une codétenue. Awa, elle-même, desserre difficilement les dents depuis son arrestation. Selon sa codétenue, elle s’exprime mais laconiquement. « Cela serait dû au traumatisme des événements qu’elle a vécus », a estimé une dame de soixante ans qui est détenue pour des faits similaires à ceux reprochés à l’adolescente. Le vieux retraité n’était pas le seul bourreau de la fillette. Son fils aussi, un adolescent de 16 ans, était coutumier du fait. ENCEINTE – L’histoire se déroule dans la ville de Koutiala, dans le Sud du Mali. Le supplice d’Awa a duré des mois. Jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte ! Le chef de famille a pris conscience de la gravité de son acte. Du coup, il a fait recours à une amie de longue date, une infirmière retraitée, pour le tirer d’affaires. « Il m’a dit : je couche avec la servante de ma femme. Mon fils aussi ! Un jour, en rentrant dans la chambre de la ‘’bonne’’, je les ai surpris en pleins ébats. Maintenant, elle attend un bébé. Je ne sais pas qui de nous deux est le père de l’enfant. Si les gens venaient à l’apprendre, ma famille volera en éclats ! Aide moi, je t’en supplie », a révélé la sexagénaire, rapportant sa conversation avec le père pervers. Elle précise que c’est dans cet esprit qu’elle est venue à son secours. L’infirmière avoue avoir invité la fillette chez elle. Et lui avoir donnée ce qu’il faut pour provoquer un accouchement forcé. « Je lui ai conseillée de rester chez moi jusqu’à ce que le problème soit réglé. Mais, quand les douleurs de l’enfantement ont commencé, elle a pris la fuite à mon insu. Croyant qu’elle vivait ses derniers moments », nous a dit la retraitée. Selon elle, l’adolescente n’a pas pu supporter les contractions qui devenaient de plus en plus violentes. Elle s’est dirigée vers la forêt où elle a donné naissance à un fœtus. Dans un état pitoyable, à bout de force, Awa n’a pas pu s’échapper loin de son embryon. Elle a été repérée par les passants qui ont appelle la police. Interrogée, elle a révélé le nom de sa complice « la vieille infirmière ». Cette dernière, à son tour, a lâché le vieux et son fils. L’enquête a permis d’arrêter le fils, mais pas le père. Il s’est éclipsé, dès que la nouvelle a fait le tour de la ville comme une trainée de poudre. La nouvelle a surpris plus d’un. La mère de famille, en premier, l’a appris en même temps que la rue. DES REGRETS– Le centre de détention de Koutiala, comme les autres de la région, est mixte. Hommes et femmes partagent la même enceinte. Du coté du bâtiment où sont casés les hommes, on aperçoit la silhouette de l’adolescent en question. Grand de taille, il déambule dans ce grand espace qui sert de lieu de détente. Il nous a, volontiers, donné sa version des faits. L’air gêné, il confirme les faits, tout en exprimant son regret. « Je demande la clémence de la société et de la justice. Je voudrais juste qu’on me libère pour pouvoir préparer mes examens de fin d’année pour le Diplôme d’études fondamentales (DEF) », dit le garçon Quant à Awa, elle n’a aucune idée de quand elle pourra respirer à nouveau de l’air de la liberté. Elle attend sagement au fond de sa cellule d’être fixée sur son sort. Comme, cette adolescente beaucoup d’autres sont marquées à vie par l’irresponsabilité de certains tuteurs. Ils profitent de leur position pour abuser les plus faibles qu’ils sont censés protéger. Sans jamais se poser la question ‘’ et si elle était ma fille ?’’ Dans nos sociétés, il est de coutume, qu’après la saison des pluies et pendant les vacances, les familles dans les villages libèrent leurs enfants (filles) pour venir en ville chercher leur trousseau de mariage. Sans y être préparées moralement, très jeunes, elles se lancent dans l’aventure, sans aucune idée de ce qui les attend dans les grandes villes. Beaucoup s’embourbent en ville. Quelques rares chanceuses arrivent à s’en sortir, de façon honorable. Depuis belle lurette, ces aide-ménagères présentes dans tous les foyers en ville répondent à un besoin des citadins. Elles sont celles qui se lèvent, tôt le matin, avant tout le monde, et se couchent après tout le monde. Elles savent ou apprennent à tout faire. Très souvent, elles travaillent presque sans discontinuer de jour comme de nuit pour des salaires bas. Elles sont parfois un pilier de certains foyers. Si elles s’entendent avec leur employeur, tant mieux, les servantes restent jusqu’à la fin de son séjour. Dans le cas contraire, ce qui est courant d’ailleurs, elles tentent leur chance dans plusieurs familles. Une vraie aventure de « ville cruelle » dans laquelle elles n’ont que des devoirs et voient leurs droits et dignité bafoués. La vie en ville est parfois très cruelle pour les aide-ménagères, les domestiques, les femmes de ménage, ou encore les « 52 », entre autres appellations de ces filles. Comme l’illustre cette triste scène de la mort d’une aide-ménagère. C’était le 8 décembre dernier, vers 11 heures du matin. Seba Coulibaly, 17 ans, s’est jetée de la fenêtre du

Plusieurs leaders politiques maliens lancent un «appel pour la réussite de la Transition»

Bamako, 27 juil (AMAP) Plusieurs leaders de formation politiques nationales ont lance, lundi, à Bamako, « un appel pour la réussite de la Transition » au Mali, a constaté l’AMAP. Les anciens Premiers ministres, Soumaïlou Boubeye Maïga et Moussa Mara et les anciens ministres Amadou Koïta, Tiemoko Sangaré, Dr Boukary Treta, entre autres, plusieurs, responsables connus de la scène politique étaient réunis, ce lundi, à Bamako. Dans une déclaration commune, lue par leader du parti Yelema, Moussa Mara, ils ont énuméré en huit (8) points leurs propositions pour la réussite de la Transition. Ils ont affirmé, notamment, leur «disponibilité à participer à toutes les initiatives de la transition pour asseoir une grande inclusivité dans la conduite des affaires publiques ». Ces responsables politiques ont declare, également, soutenir «les initiatives visant à instaurer et renforcer la cohésion sociale, la stabilité et la sécurité du Mali » et ont estimé « que la sortie durable de crise de notre pays suppose la conduite d’actions qui ne peut être toutes envisagées pendant la seule période de la transition ». Ils se sont declares, entre autres, «convaincus» que le prochain pouvoir élu «devra impérativement travailler dans un esprit de rassemblement et d’inclusivité et conduire de profondes réformes», tout en affirmant leur « attachement au respect scrupuleux de la période de la transition». MT/MD (AMAP)

La MINUSMA salue l’ouverture d’une enquête après le décès de l’agresseur du président de la Transition

Bamako, 26 juil (AMAP) La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a salué, lundi, l’ouverture d’une enquête par les autorités maliennes sur les circonstances du décès de l’auteur de l’agression du président de la Transition. Dans un communiqué, la MINUSMA se félicite de « l’ouverture de ces investigations judicaires « pour faire la lumière et établir les responsabilités, le cas échéant, sur les circonstances de ce décès » et « reste disponible pour apporter son assistance aux autorités nationales dans cette enquête » La mission onusienne indique avoir pris « note de l’annonce par les autorités maliennes du décès, en détention, le dimanche 25 juillet 2021, de l’auteur de l’agression à l’arme blanche contre le président de la transition, le colonel Assimi Goïta ». Elle réitère son « soutien constant aux efforts de l’État pour promouvoir les droits de l’homme et la lutte contre l’impunité, ainsi que (sa) ferme condamnation de l’attaque perpétrée contre le président de la Transition », conclut le communiqué. SS/MD (AMAP)

Diéma : Mariage et baptême, c’est du donnant-donnant

Par Ouka BAH Diéma, 26 juil (AMAP) Dans le cercle de Diéma, la solidarité et l’entraide désintéressées du temps de nos grands-parents, où le bien matériel, tant convoité de nos jours, avait peu de place dans les relations sociales, ont vécu. Ainsi, de nombreuses femmes, des villes autant que des campagnes, apportent des soutiens (financiers comme matériels) lors des mariages et baptêmes, en espérant obtenir un remboursement de la bénéficiaire de leur appui. Comme l’illustre un proverbe bambara usité fréquemment en milieu féminin : « Gnogon badoun dé bé souya diya’’, que l’on peut traduire par : « Si tu manges ma mère, je mange la tienne. C’est ce qui nourrit la compagnie des sorciers ». Dans cette localité, dans l’Ouest du Mali, la pratique jugée non orthodoxe, est surtout entretenue par des femmes de fonctionnaires. « Si j’offre un cadeau de mariage ou de baptême à quelqu’un, je dis à ma fille de noter dans un cahier afin que je n’oublie pas», déclare Sato Sidibé. Une dame installée à même le sol,  prend part à la conversation : « Je gagne mon argent à la sueur de mon front. Celle qui m’aide lors de mes cérémonies, j’en ferai autant si elle en a. Si je ne le fais pas, je ne serais pas tranquille avec ma conscience». Bekaye Traoré, notable à Dianguirdé, témoigne : « Chez nous,  les femmes n’ont pas adopté une telle pratique. Du moins, elle est rare. Si elles contribuent aux cérémonies sociales des sœurs, amies ou voisines, c’est sans arrière-pensées. Elles n’exigent jamais rien en retour ». « Dans la plupart des cas, les contributions sont en nature (du mil, des ustensiles en plastique ou des pagnes. On donne rarement de l’argent. Une femme, qui reçoit des soutiens, n’ose jamais les mentionner dans un cahier », souligne Traoré. Dans ce milieu bambara, ce n’est pas l’argent qui compte mais plutôt  la personne humaine. C’est pourquoi, même si une femme n’a rien, cela ne l’empêche pas de se rendre à une  cérémonie. Sa présence physique suffit. Elle vaut mieux que tout l’or ou l’argent du monde. Ici, c’est la solidarité et l’entraide qui prévalent entre les femmes. Nulle ne peut s’en extraire, par crainte de déshonorer sa famille voire toute sa lignée. Jointe au téléphone, Aminata Magassa, qui dirige un centre d’alphabétisation, soutient, aussi, que cette pratique est surtout fréquente chez des femmes de fonctionnaires. « En milieu soninké, poursuit la dame, les choses ne se déroulent pas de la même manière. On n’écrit rien dans un cahier. Lors d’un mariage, les femmes, chacune selon ses possibilités, apportent quelques ‘moudes’  (mesure qui équivaut à 3 kg) de mil ou d’arachide, un peu de pagnes, de ustensiles en plastique, etc. pour aider la mère de la nouvelle mariée », explique-t-elle. Mais avant, l’argent que cette dernière reçoit de son beau-fils comme ‘’Minankolonwari’’ (argent pour le trousseau) est partagé. La femme, qui reçoit sa part de cette somme, doit obligatoirement contribuer lors du mariage. MARCHANDISATION – Conscients de l’ampleur du phénomène, Seydou Camara, secrétaire général du Conseil de cercle et Cheickné Konté, président du Conseil local de la jeunesse, voient, tous les deux, d’un mauvais œil cette pratique qui, selon eux, est une forme de tontine. Ils l’ont fait savoir lors d’une émission sur les antennes de la Radio Jamana, conduite par l’animateur, Amadou Lah. Selon les deux responsables locaux, le mariage et le baptême, c’est du donnant-donnant aujourd’hui. « Il faut rompre avec ce système mercantile qui ternit l’image de notre société, pourtant si structurée par le passé », estiment-ils en chœur. « On doit, ajoute M. Camara, montrer le bon chemin à nos enfants ». Les deux intervenants proposent la sensibilisation pour un changement radical  de comportements. Assa Diallo, femme de fonctionnaire, ne mentionne rien, elle enregistre tout dans sa mémoire. Mais la dame affirme qu’elle n’impose rien à quelqu’un. Depuis le jour où son « créancier » est venu l’humilier en présence de son mari et de ses enfants, cette femme, qui préfère l’anonymat, a juré de ne plus s’endetter pour soutenir qui que ce soit. Compte tenu de son âge, la vieille Fanta Tounkara, ne contribue plus aux cérémonies de mariage ou de baptême. Tous ses enfants ont fondé leur propre foyer. Elle a remis le flambeau à ses brus. Houley Doucouré ne se contente pas de faire des soutiens, elle participe personnellement,  quasiment, à toutes les cérémonies. L’idée de remboursement est inadmissible pour cette dame qui argue qu’ « un bienfait n’est jamais perdu… » La gargotière Mariam Traoré apprécie la pratique. Cette fille donne sans compter, chaque fois qu’elle est sollicitée. Même pour le cas des épouses de fonctionnaires, qui partent, souvent, quand leur mari est muté, Mariam ne fait pas d’objections. Chaque fois qu’on l’informe d’un mariage ou un baptême ou tout autre évènement, même si elle n’a pas d’argent, elle s’efforce de faire acte de présence. « Ce n’est pas une perte, dit-elle, Dieu saura récompenser au moment venu ». Fière, Horié Koné, l’était le jour du mariage de sa fille. Une montagne de cadeaux (tasses, pagnes, couvertures, etc.) s’élevait lors de la cérémonie. Les contributions sont venues de partout. Parents, amies, proches et connaissances ont apporté leurs présents de nature était diverse. Les griottes dans l’euphorie verbale, n’arrêtaient pas de faire les louanges de Horié, qui selon elles, n’est jamais avare de contribution. Chaque fois qu’on l’informe d’un mariage ou d’un baptême, Walé Sacko, puise dans le trousseau de mariage de sa fille qu’elle a mis des années à constituer. Bambi Coulibaly, elle, regrette la perte du papier sur lequel elle avait écrit les noms de ses contributeurs. Elle se demande comment parvenir à  identifier toutes ces femmes qui lui ont fait des donations. ANECDOTE – Ramata Kanté, membre de l’association ‘’Kotognogon Tala’’, raconte : « Dans notre association, si une femme a une cérémonie (mariage, baptême ou décès), nous cotisons, chacune, 2.500 F CFA pour l’aider. En marge de cette cotisation, chacune est libre d’offrir à l’intéressée un présent, en fonction de ses moyens ». En la matière, elle raconte une petite anecdote. Une femme a accouché. Son amie lui a donnée 10 mètres de basin riche, en guise de

Communiqué du Conseil des ministres du vendredi 23 juillet 2021

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le vendredi 23 juillet 2021, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a entendu des communications. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Sur le rapport du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale, le Conseil des Ministres a pris acte d’une communication écrite relative au document de Politique nationale de Réparation en faveur des victimes des crises au Mali depuis 1960 et son Plan d’actions 2021-2025. De son indépendance à nos jours, le Mali a connu des crises multidimensionnelles caractérisées par des violences qui ont causé aux individus, aux groupes d’individus et aux communautés des préjudices corporels, matériels ou économiques, culturels ou cultuels et créé chez les victimes un besoin de justice et de réparation. Pour dépasser ces crises, le Gouvernement a adopté en 2012, la Politique Nationale de Justice Transitionnelle en vue d’établir la vérité, de rendre la justice, de réparer les préjudices causés aux victimes et de permettre la réconciliation nationale. La Politique nationale de Réparation est complémentaire aux autres mécanismes de justice transitionnelle et son effectivité dépend des efforts en matière de recherche de la vérité, de poursuites pénales et de réformes institutionnelles. L’objectif général de la Politique nationale de réparation est de restaurer la dignité des victimes en leur accordant par voie administrative des réparations pour les préjudices qu’elles ont subis. Elle prévoit plusieurs types de réparation à savoir la restitution, l’indemnisation financière, la réadaptation, les mesures de satisfaction ou mesures symboliques et les garanties de non-répétition des violations. Elle prend en considération la condition des femmes, des enfants et des personnes en situation de vulnérabilité. La Politique nationale de réparation en faveur des victimes des crises au Mali sera mise en œuvre à travers des plans d’actions quinquennaux. Le coût de la réalisation des activités prévues dans le Plan d’Actions 2021-2025 est évalué à 65 milliards 467 millions de francs CFA. Il sera financé par l’Etat et les partenaires techniques et financiers. Le ministre de la Santé et du Développement social a présenté au Conseil des Ministres la situation épidémiologique et l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée, notamment par une augmentation du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine écoulée. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a réitéré son appel à la population pour le respect des mesures barrières, notamment le port du masque et le lavage des mains au savon. Le Président de la Transition a également invité le ministre de la Santé et du Développement social à poursuivre le renforcement de la surveillance épidémiologique et du dispositif sanitaire au niveau des cordons aériens et terrestres. Bamako, le 23 juillet 2021 Le Secrétaire général du Gouvernement,        Mahamadou DAGNO Chevalier de l’Ordre national