Rharous : Dur, dur le quotidien

 Par Mohamed GAKOU Rharous 04 mai (AMAP) Il y a seulement deux ans, la situation alimentaire et nutritionnelle des habitants de Rharous, dans le Nord du Mali,  était acceptable voire un peu conforme aux normes requises dans ces domaines. La Covid-19 et l’embargo ont changé la donne Au marché hebdomadaire de la ville, qui se tient le jeudi, il n’est pas rare d’entendre, au détour d’un hangar, ce type de conversation qui se fait sur un ton badin, mais qui exprime réellement le vécu quotidien : «Au rythme où le prix du lait grimpe, ne serait-il pas préférable de commencer à élever des chèvres ?». Le lait de chèvre est réputé, pour ses valeurs nutritives. Ces conversations et d’autres, du même registre, illustrent parfaitement le contenu du panier de la ménagère et du quotidien de la vie de l’habitant, en général. Les prix des denrées de consommation courante ont grimpé depuis l’éclatement de la pandémie de la maladie à coronavirus, à laquelle sont venus se greffer, plus tard, les effets contraignants de l’embargo dont est victime le Mali.  Il faut préciser que l’ordinaire ici, est constitué principalement de produits provenant du Maghreb et, essentiellement, de l’Algérie et de la Mauritanie. Du sucre au thé, en passant par l’huile de cuisine, le lait en poudre, les pâtes alimentaires, les dates et autres aliments conditionnés. Seuls le riz, le mil, les épices et d’autres céréales sèches viennent du Sud du pays et d’autres localités de la région, notamment, le Cercle de Diré, dont le riz est apprécié ici, pour sa qualité et son coût. Depuis deux ans, le prix du paquet de lait d’un kilogramme est passé de 1.250 Fcfa à trois 3.000 Fcfa. Le bidon d’huile alimentaire de cinq litres, qui coûtait à la ménagère, 2.500 Fcfa est arraché, aujourd’hui, au prix d’or de 7.000 Fcfa.   Le sachet familial de cinq kilos de sucre qui était vendu, dans la fourchette de 1.750 à 2.000 Fcfa est cédé à 3.000 Fcfa, aujourd’hui. Le riz, l’élément principal de l’alimentation journalière, connaît aussi une hausse exponentielle. Auprès des commerçants grossistes, le sac de cinquante kilos de riz coûte 22.500 Fcfa, soit le double de son prix, il y a deux ans.  Au cours de la campagne agricole 2021-2022, le riz paddy local était vendu au «moudé» (mesure traditionnelle de deux kilos cinq cents) à 400 Fcfa. Aujourd’hui, il est cédé à son double. Même les prix de la viande et du poisson, dont la localité est grande productrice, connaissent une hausse considérable. Le prix du kilogramme de viande est passé au double. Il en va de même pour celui du poisson. Globalement, le prix de toutes les denrées alimentaires a doublé, en deux ans. La cherté de la vie, en sus d’être accentuée à Rharous par les effets négatifs de la Covid-19 et de l’embargo, est aussi liée à des facteurs antérieurs comme l’ensablement progressif du fleuve Niger, véritable cordon ombilical commercial, entre les régions du Sud du Mali et celles du Nord, et qui se rétrécit comme une peau de chagrin, chaque année.  Ce phénomène contre lequel l’état a mis en œuvre plusieurs programmes de sauvegarde et de sauvetage, demeure encore un véritable casse-tête environnemental et, surtout, de survie pour les populations riveraines, en termes de navigation commerciale et d’exploitation agricole. Chef-lieu de cercle, le plus enclavé du Mali et, paradoxe, un des plus anciens, Rharous en particulier et tout le Cercle en général, risquent une insécurité alimentaire et nutritionnelle cette année, si des dispositions idoines ne sont pas prises par les autorités compétentes. MG (AMAP) 

Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et de la coopération internationale : «Il n’y a plus de base légale pour la France d’opérer sur le sol Malien»

Bamako, 04 mai (AMAP) Dans une interview accordée, mardi soir, à la télévision nationale, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop,  a expliqué en profondeur la décision du gouvernement malien de mettre fin aux accords de défense avec la France et ses partenaires européens. Toutefois, il rassure que notre pays continuera à coopérer avec toutes les nations qui le souhaitent mais dans le respect mutuel Que faut-il comprendre par le communiqué du gouvernement rendu public lundi soir ?   Abdoulaye Diop : Le cadre juridique des relations entre le Mali et la France, en matière de coopération militaire est assis sur trois piliers. Donc, il y a trois accords. Il y a un premier accord qui date de 2013. Il a permis l’opération Serval au Mali, qui s’est transformée plus tard, pour couvrir les opérations de Barkhane. Ensuite, en 2014, on a signé un traité en matière de défense avec la France, mais qui concernait beaucoup plus la coopération militaire, la formation…Tout ce qui peut entrer dans le cadre d’une coopération d’État à État.  Plus tard, en mars 2020, on a signé un troisième accord avec la France, mais qui couvrait maintenant l’opération Takuba. Donc, il s’agit de pays européens que la France a conviés pour venir l’aider dans le cadre de la lutte antiterroriste. Ce sont les trois piliers de la coopération militaire qu’on a avec la France. Dans ce cadre là, il faut que les partenaires se parlent. En juin 2021, la France a décidé, après les événements de mai, de la rectification au Mali, de cesser les opérations conjointes avec l’Armée malienne.  De façon unilatérale, ils ont pris la décision que le Mali a apprise par voie de presse. Ce qui n’est pas normal. Quand on a un accord, ce sont des choses qui se discutent. C’était la première violation des accords.  En février 2022,  la France a aussi déclaré, par voie de presse, qu’elle retirait la Force Barkhane du Mali, sans au moins discuter avec nos autorités comment ce retrait va se mettre en place et s’organiser au moment où nous sommes tous pleinement engagés dans le cadre de la lutte antiterroriste. C’est une deuxième grande violation que nous avons dénoncée publiquement. Pas que la France n’ait pas le droit de retirer ses forces, mais quand on a un accord avec un partenaire, le minimum c’est de s’asseoir et discuter.   Au-delà de tout ça, on a vu récemment, pendant que ce retrait est en train de s’organiser, qu’il y a beaucoup de violations. Le gouvernement a identifié près de 50 violations de notre espace aérien. Et pendant ce temps, à cause des opérations militaires qui sont en cours dans beaucoup de localités, le gouvernement a décidé de mettre en place une zone d’exclusion aérienne. C’est-à-dire une zone que seule l’armée de l’air malienne est autorisée à survoler. Pour les autres partenaires, ils ont des couloirs dédiés. Mais malgré cela, il y a des aéronefs qui rentrent et qui sortent.    Certains même éteignent leurs appareils pour ne pas être identifiés. Nous considérons tout cela comme de la provocation. C’est vous dire qu’il y a une série de violations, parce qu’on ne reconnaît même pas d’abord qu’il y a un gouvernement au Mali. Des militaires étrangers viennent et sortent sans même respecter la souveraineté du Mali. Alors que nous sommes dans un environnement très complexe. Donc, c’est l’ensemble de ces violations que nous avons mis ensemble.  Les derniers évènements étaient pratiquement de l’espionnage de l’armée régulière du Mali sur son propre territoire. Avant tout ça, je dois indiquer que le Mali avait déjà rappelé au partenaire français, comme au G5 Sahel qu’il y avait des dispositions de l’accord de 2013 qui couvrent le détachement français dans le cadre de Barkhane. Pour indiquer que cet accord, en particulier, violait la souveraineté du Mali. Parce qu’il y a des zones au niveau de notre territoire où l’armée de l’air malienne n’est pas autorisée. Il y a aussi des gens en opération qui peuvent commettre un certain nombre d’actes où il n’y a aucune responsabilité.  Donc, le Mali a estimé que sa souveraineté n’était pas respectée, qu’il fallait procéder à la relecture de cet accord de 2013, qui est vraiment le gros du problème. Nous avons saisi la partie française de nos amendements depuis le mois de décembre de l’année dernière. C’est deux mois après que nous avons reçu une réponse de la France en disant qu’on va mettre en place une équipe d’experts pour travailler ensemble. Nous avons estimé que c’était des manœuvres dilatoires parce que jusqu’à ce jour on n’a pas reçu une réponse de la France.  C’est avec l’ensemble de ces éléments que le gouvernement a décidé que ces dispositions de l’accord de 2013, le traité de coopération de 2014, le protocole additionnel de 2020 qui concerne l’opération Takuba que nous allons dénoncer l’ensemble de ces dispositifs.  Mais, on ne peut pas tous les dénoncer ensemble parce que juridiquement dénoncer veut dire qu’on met un terme à l’accord ou que l’accord cesse de produire ses effets à l’égard d’une partie qui est le Mali. Donc, la dénonciation, c’est vraiment mettre fin. Mais pour mettre fin à un accord, il y a toujours des procédures. Maintenant, on a deux lots d’accords.  Le premier qui est le traité de coopération en matière de défense de 2014 en son article 26 alinéa 4 indique une procédure de dénonciation qui dit que si je décide de dénoncer aujourd’hui, l’accord ne cesse de produire ses effets vis-à-vis du Mali que six mois après. Cela veut que dire le Mali a encore des obligations vis-à-vis de l’autre partie, mais, six mois après l’accord cesse de produire tout effet sur le Mali à compter du 2 mai 2022. C’est pour le traité de coopération en matière de défense signé en 2014.  Maintenant, l’autre deuxième élément que nous devons comprendre, c’est l’accord qui préside à l’opération Barkhane pour faire la lutte anti-terrorisme, mais aussi à l’opération Takuba. Ce traité ne prévoit

Message du Secrétaire Général de l’ONU à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse

En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, nous mettons en avant le travail essentiel des journalistes et des autres professionnels des médias qui œuvrent à la transparence et cherchent à mettre les puissants face à leurs responsabilités, souvent au prix de grands risques. Tout au long de la pandémie de COVID-19, de nombreux professionnels des médias ont été en première ligne, rendant compte de la situation de façon précise en s’appuyant sur la science pour informer les décideurs et sauver des vies. Parallèlement, les journalistes qui traitent les questions liées au climat, à la biodiversité et à la pollution ont réussi à appeler l’attention du monde entier sur cette triple crise planétaire. Mais les menaces contre la liberté des journalistes et des professionnels des médias s’intensifient de jour en jour. Quel que soit le domaine – santé mondiale, crise climatique, corruption ou atteintes aux droits humains –, on politise toujours plus le travail de ces hommes et de ces femmes et on les presse de garder le silence de toutes parts. Le numérique a démocratisé l’accès à l’information. Mais il a également fait naître des défis de taille. Le modèle commercial de bon nombre de médias sociaux repose non pas sur l’amélioration de l’accès à des informations rigoureuses, mais sur la multiplication des réactions, ce qui signifie souvent provoquer l’indignation et propager des mensonges. Les professionnels des médias travaillant dans les zones de guerre sont menacés non seulement par les bombes et les balles, mais aussi par les armes de la falsification et de la désinformation qui accompagnent la guerre moderne. Ils peuvent être pris pour cible en tant qu’ennemis, accusés d’espionnage, détenus ou tués, simplement pour avoir fait leur travail. Le numérique facilite par ailleurs encore plus la censure. De nombreux journalistes et responsables de médias du monde entier risquent en permanence de voir leurs émissions et reportages devenir inaccessibles en ligne. Et le numérique crée de nouveaux moyens d’oppression et d’abus. Les femmes journalistes sont tout particulièrement exposées au harcèlement et à la violence en ligne. L’UNESCO a établi que près de trois femmes sur quatre avaient subi des violences en ligne. Le piratage et la surveillance illégale empêchent également les journalistes de faire leur travail. Les méthodes et les outils évoluent, mais l’objectif – discréditer les médias et dissimuler la vérité – ne change pas. Les résultats sont eux aussi les mêmes : des personnes et des sociétés incapables de distinguer la réalité de la fiction, et qui peuvent être soumises à une manipulation effroyable. Sans liberté de la presse, il n’y a pas de véritables sociétés démocratiques. Sans liberté de la presse, il n’y a pas de liberté. L’ONU œuvre en faveur des journalistes et des professionnels des médias partout dans le monde. Il y a 10 ans, nous avons établi un plan d’action sur la sécurité des journalistes, afin de protéger les professionnels des médias et de mettre fin à l’impunité pour les crimes dont ils sont victimes. En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, nous rendons hommage au travail essentiel des médias, qui confrontent le pouvoir à la vérité, dénoncent les mensonges et construisent des institutions et des sociétés fortes et résilientes. Nous engageons les gouvernements, les médias et les entreprises du secteur technologique du monde entier à soutenir ces efforts cruciaux. Je vous remercie. Source: ONU

15ème édition de la JMP : Le PNLP organise une journée scientifique à l’INSP

Bamako, 4 mai (AMAP) La directrice du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), Médecin Lieutenant – Colonel Aïssata Koné a présidé lundi dernier à l’Institut national de santé publique (INSP) la cérémonie d’ouverture de la journée scientifique organisée par sa structure dans le cadre de la 15ème édition de la journée mondiale de lutte contre le paludisme, a constaté l’AMAP. Dans la grande salle de conférence de l’INSP remplie pour la circonstance de chercheurs, de sommité de la médecine, des enseignants et des étudiants entre autres, l’on pouvait lire sur les banderoles : « Prestataires :  Renforcer vos connaissances sur le paludisme en participant à la journée scientifique », « Recherche : facteur déterminant d’accélération des progrès vers l’élimination du paludisme ». Dans son discours, la directrice du PNLP a souhaité la bienvenue aux participants à cette grande rencontre de partage des résultats de recherche dans le domaine du paludisme. Médecin Lieutenant – Colonel Aïssata Koné a déclaré que ce cadre de la journée scientifique est un carrefour des sommités de la recherche avant de féliciter et de remercier les chercheurs pour tous leurs efforts qui ont permis d’avoir des résultats assez significatifs dans la lutte contre le paludisme. Elle a souligné enfin la place prépondérante de la recherche tout en précisant que la lutte contre le paludisme est au centre des politiques du département de la santé. Les chercheurs ont présenté les travaux de recherche sur : « la sensibilité des anophèles SI à quatre grandes classes d’insecticides et la fréquence des gênes Kdr L1014 et ACE 1 G 119 dans les villages de Sogolonbougou et Ouassouroula dans le Cercle de Kati » et « la pulvérisation intra- domiciliaire (PID) et moustiquaire imprégnée ont joué un rôle déterminant dans la lutte contre le paludisme ». Des chercheurs ont donné des explications sur les résultats obtenus dans la recherche notamment le vaccin RTSS, les moustiquaires génétiquement modifiés entre autres. La journée a pris fin sur des notes d’espoirs avec surtout les résultats tangibles enregistrés par le PNLP dans la lutte contre le paludisme dans notre pays. KM (AMAP)

Journée mondiale de la liberté de la Presse 2022 : Sous le thème du « journalisme sous l’emprise du numérique »

Bamako, 03 mai (AMAP) Le Mali, à l’instar de la communauté internationale célèbre ce mardi 03 mai 2022, la Journée mondiale de la liberté de la Presse, sous le thème: « Le journalisme sous l’emprise du numérique ». Cette année, cette célébration se déroule au Mali dans un contexte  particulièrement marqué par la suspension suivi du retrait définitif de l’autorisation d’émettre de certains médias français, notamment la Radio France internationale (RFI) et la chaîne de télévision France 24, par la Haute autorité de la communication (HAC). Une décision motivée par « des manquements répétitifs à l’éthique et la déontologie du journalisme par ces médias français à travers des émissions à caractère subversif et propagandistes », selon l’instance de régulation des médias au Mali. Le 3 mai rappelle à tous la nécessité de respecter leur engagement en faveur d’une presse libre mais juste et professionnelle. C’est également une journée de réflexion pour les professionnels des médias sur les questions relatives à la liberté de la presse et à l’éthique. Tout aussi importante, la Journée mondiale de la liberté de la presse est un moment de soutien aux médias qui sont des cibles des restrictions ou l’abolition de la liberté de la presse. Elle est, aussi, une journée de commémoration au profit des nombreux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier ou qui sont incarcérés pour leur opinion. C’est ce cadre que du 2 au 5 mai 2022, l’UNESCO et la République d’Uruguay accueilleront la conférence mondiale annuelle de la Journée mondiale de la liberté de la presse dans un format hybride à Punta Del Este, en Uruguay, sous le thème :  « Le journalisme sous l’emprise du numérique » . Au cours de cette conférence mondiale, il sera question de l’impact de l’ère numérique sur la liberté d’expression, la sécurité des journalistes, l’accès à l’information et la vie privée. Sur le plan national, la Maison des cinéastes du Mali (MCM) a félicité les hommes et femmes de médias qui se battent au quotidien pour une presse libre, sur sa page Facebook. De son côté, l’Union des journalistes reporters du Mali (UJRM) dénonce, sur ses plateformes numériques, la précarité dans laquelle le métier s’exerce au Mali. « Les journalistes reporters maliens fêtent le 03 mai dans la misère et la précarité », a déploré le regroupement. AT/MD (AMAP)

Football : Un match amical Mali-Equateur juin prochain (Fédération équatorienne de football) 

Bamako, 03 mai (AMAP) Les sélections nationales du Mali et de l’Équateur pourraient s’affronter, en juin, en match amical prévu aux États-unis, a annoncé vendredi la Fédération équatorienne de football (FEF) sur Twitter.  Selon la FEF,  le match se jouera le 11 juin à Hartford, aux Etats-Unis. La rencontre se disputera quelques jours après les deux premières journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), Côte d’Ivoire 2023.  Le Mali affrontera le Congo, le 4 juin au stade du 26 mars avant d’aller défier le Soudan du Sud à Juba, le 7 juin.   L’Équateur, qui prépare la Coupe du monde, Qatar 2022, affrontera également le Nigéria, le 2 juin dans le New-Jersey et le Mexique, le 5 juin à Chicago, en amical.  Au Mondial, la Tri (surnom de l’équipe d’Équateur) évoluera dans le groupe A composé du pays hôte, le Qatar, du Sénégal et des Pays-bas. L’équipe sud-américaine est qualifiée pour la quatrième Coupe du monde de son histoire après 2002, 2006 (meilleur résultat avec un huitième de finale) et 2014. MT/MD (AMAP)

Le gouvernement malien dénonce des accords de coopération militaire avec la France (Communiqué)

Bamako, 03 mai (AMAP) Les autorités de la Transition au Mali ont dénoncé plusieurs traités de coopération militaire entre Paris et Bamako,  pour « des insuffisances graves, ainsi (que des) atteintes flagrantes à la souveraineté nationale du Mali », annonce un communiqué du ministre en charge de l’Administration territoriale, porte-parole du gouvernement, publié  lundi 02 mai 2022. Le gouvernement malien indique avoir constaté « avec regret depuis un certain temps, une détérioration profonde de la coopération militaire avec la France, suite à plusieurs incidents », selon le communiqué. Il s’agit notamment de « l’attitude unilatérale du partenaire français qui a décidé les 03 et 07 juin 2021, sans consulter au préalable le Mali, de suspendre les opérations conjointes avec les Forces armées maliennes (FAMa) et de mettre fin à l’opération Barkhane ». En outre, poursuit la même source, le 17 février 2022, la France a annoncé « encore sans aucune consultation de la partie malienne, le retrait des forces Barkhane et Takuba ». À ces griefs s’ajoutent « les multiples violations de l’espace aérien malien opérées par des aéronefs militaires français, malgré l’instauration d’une zone aérienne d’interdiction temporaire par les autorités militaires maliennes », explique le communiqué. Bamako dénonce « la manœuvre dilatoire » consistant pour la France « à demander une réunion d’experts pour la relecture du traité de défense, au lieu d’envoyer ses amendements, et cela plus de deux mois après l’envoi par le Mali de ses amendements en décembre 2021 », souligne le communiqué. Les Accords concernés sont, notamment, le Traité de coopération en matière de défense du 16 juillet 2014 , conformément aux dispositions de son article 26 alinéa 4, selon lequel, « Chaque partie peut dénoncer le présent traité par le biais d’une notification écrite. Cette dénonciation prend effet six mois après réception de la notification par l’autre partie »,  explique le gouvernement.  Il s’agit aussi, avec effet immédiat, de « l’Accord des 7 et 8 mars 2013 déterminant le statut du détachement français, applicable à la Force Barkhane et le Protocole additionnel des 6 et 10 mars 2020 déterminant le statut des détachements non français de la Force Takuba  conformément à la Convention de Vienne sur le droit des traités de 1969 dont les articles pertinents prévoient les modalités de dénonciation d’un accord, lorsque celles-ci ne sont pas déterminées expressément (Article 56 ). Ou, en cas de violation manifeste de l’accord par l’une des parties, permettant à l’autre partie de le dénoncer (Article 60) », rappelle le document. Toutefois, le Mali réaffirme à ses partenaires sa disposition à coopérer avec l’ensemble des Etats du monde dans le respect mutuel.  Cette décision malienne intervient après l’expulsion de l’ambassadeur de France le 31 janvier dernier, suivie de la sommation faite, le 18 février 2022, à la Force Barkhane de quitter le territoire malien « sans délai »/ AT/MD (AMAP)

Fête du Ramadan : Achat collectif de bœufs, une tradition multi-avantages

Par Makan SISSOKO Bamako, 29 avr (AMAP) Des amis, des voisins ou des collègues de service se mettent ensemble pour que chacun puisse avoir de la bonne viande dans les assiettes le jour de la fête. Nos ancêtres avaient vite compris que l’union, vecteur de cohésion et de prospérité, fait la force d’une communauté ou d’un peuple tout entier. Ainsi, toute la vie sociale, culturelle, politique, religieuse, économique… était bâtie autour de gens ayant soit le même âge, les mêmes visions des choses ou exerçant les mêmes activités socioéconomiques. Les tontines sont nées de cette volonté d’entraide mutuelle visant à unir les efforts pour atteindre un objectif commun : la paix, la cohésion et la prospérité des adhérents.     L’achat collectif de bœufs à l’occasion de l’Aïd al-Fitr (fête du Ramadan) entre dans ce cadre. Appelée communément «ton-ton ou tônon», cette tradition fondée sur la cotisation individuelle des membres de la «coopérative» se perpétue. Chaque année, elle permet ainsi à des centaines de milliers de Maliens (pauvres comme riches), d’avoir suffisamment de viande pour fêter en toute convivialité en famille. L’initiative est appréciée par Abdoulaye Guindo, jeune fonctionnaire. Lui et cinq autres collègues ont cotisé chacun 50.000 Fcfa. Grâce à la somme totale, ils ont acheté un bœuf à 285.000 Fcfa au marché à bétail de Niamana. «Nous l’avons ensuite transporté au marché à bétail de Sabaliboubou qui est proche de nous. Là-bas, l’animal est confiée à un éleveur avant le jour de l’abattage», explique Abdoulaye Guindo, l’initiateur du «ton-ton».  Cet habitant du quartier de Kalaban-coura, Commune V du District de Bamako, trouve le projet plus économique, comparé à l’achat de viande au marché. Il estime que chaque contributeur pourrait rentrer chez lui avec neuf kilos de viande, espérant perpétuer cette union.  Yaya Diarra, habitant de Garantiguibougou, est membre d’une tontine depuis près de cinq ans. Ce chef de famille précise qu’ils sont 40 personnes qui cotisent, chacun, 10.000 Fcfa chaque année. «Nous sommes entre amis, frères et collègues de travail. L’année passée, nous avons pu acheter deux bœufs. Chacun a eu un tas de viande de quatre kilos. Pour le moment, nous n’avons pas enregistré de cas de conflits. Le partage se fait dans la convivialité», souligne-t-il.  Pour ce faire, précise-t-il, une liste est établie en fonction de laquelle le partage s’effectue. Yaya Diarra juge viable cette initiative des aînés, qui permet à chacun d’avoir le maximum de viande pour la fête mais surtout de renforcer la paix, l’unité et la cohésion sociale.  Après la rupture du jeûne, Souleymane Traoré bavarde avec ses amis autour du thé dans un «grin» à Kalaban coura. Sujet central : la cotisation pour l’achat collectif d’un bœuf. Ce jeune homme, un habitué du «ton-ton», propose de recourir cette année à une balance pour peser sur place les tas de viande afin de réduire les frustrations récurrentes constatées lors des précédentes opérations.  Le «ton-ton» n’est pas une exigence de la religion musulmane. Abdou Doumbia, un érudit, explique clairement qu’il n’a rien à voir avec la religion. Selon lui, « cette pratique existe au Mali depuis des siècles ». Elle est, selon l’homme de Dieu, une convention entre un groupe de personnes qui s’accordent à acheter un bœuf pour se partager la viande. La pratique a l’avantage de mutualiser les coûts  au sein du groupe. « La religion s’intéresse uniquement à la manière d’égorger l’animal. Elle doit être faite par un musulman, sinon il est interdit au musulman de consommer sa viande », conclut l’érudit. MS (AMAP)

RFI et France 24 : Retrait définitif de l’autorisation d’émettre au Mali (Haute autorité de la communication du Mali)

Bamako, 29 avr (AMAP) La Haute autorité de la communication (HAC) du Mali a décidé du retrait définitif de l’autorisation d’émettre au Mali de Radio France internationale (RFI) et de la chaine de télévision France 24, a-t-on appris mercredi.  Le président de l’institution, Fodié Touré, a annoncé, lors d’un point de presse, que «les chaînes Radio France Internationale (RFI) et France 24 sont définitivement retirées des bouquets de tous les distributeurs de programmes audiovisuels et des plateformes et sites des organes de médias en ligne et des opérateurs de téléphonie mobile».  «L’autorisation d’établissement et d’exploitation du service de Radio France internationale (RFI) au Mali accordée à France médias monde par Convention n° 055/HAC-MALI/2018 du 11 juin 2018 est définitivement retirée», a précisé M. Touré, L’organe de régulation des médias au Mali reproche à ces organes français d’avoir animé des émissions ayant «porté atteinte à la défense et à la sécurité nationales». Cette décision de retrait définitif est, selon Fodié Touré, basée sur les rapports produits par le Centre de monitoring et de contrôle des médias de la HAC.  Selon les éléments fournis par ce Centre doté de technologie de dernière génération, les chaînes Radio France Internationale (RFI) et France 24 diffusent depuis plusieurs mois des émissions constituant des manquements à l’éthique et à la déontologie et violant les dispositions de l’article 2 points 2 et 5 et de l’article 4 de la loi n° 2012-019 du 12 mars 2012 relative aux services de communication audiovisuelle.  La Commission de l’éthique, du contentieux et de la déontologie, suite à l’auto saisine de la HAC, a examiné le contenu des émissions consacrées à l’actualité la plus récente, notamment celles diffusées sur les deux chaînes à partir du 10 janvier 2022 et relatives à l’attaque du camp de Mondoro, aux reportages de David Baché des 13 et 15 mars 2022 sur des supposées exactions de l’Armée malienne dans la zone Office du Niger, à la supposée présence d’éléments du Groupe Wagner au Mali, à la prétendue disparition de citoyens mauritaniens à la frontière malienne, au rapport de Human Rights Watch sur le massacre présumé de soixante onze personnes par l’Armée malienne, et à l’usage d’expressions à connotation «ironique» et «péjorative» pour désigner les autorités maliennes.  À cet effet, comme indiqué dans son communiqué, il ressort de l’examen de ces différentes émissions consacrées au Mali par RFI et France 24 «le non-respect des principes d’éthique et de déontologie sur le traitement professionnel de l’information, le non-respect du pluralisme et de l’équilibre des points de vue, les pratiques de parti pris dans la couverture des actes de guerre, des attentats, des violences armées contre les civils, entre autres». Par ailleurs, ces émissions incriminées ont «porté atteinte à la défense et à la sécurité nationale» et «mis en péril la concorde et l’unité nationale», a-t-il déploré.  OS/MD (AMAP)

Échange de billets de banque usés : Le bon filon  

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 29 avr (AMAP) La ménagère Salimata N’diaye achète 1.000 Fcfa de tomate chez une vendeuse de légumes au marché de Médine à qui elle remet 2.000 Fcfa. La marchande lui rend la monnaie, un billet usé de 1.000 Fcfa. «Je ne prend pas ce billet. Il est trop maculé. Si je le prends personne ne l’acceptera. Changez-le !», adjure Salimata.  Visiblement déçue d’avoir échoué à se débarrasser de ce billet encombrant, la négociante tend deux billets de 500 Fcfa à sa cliente. «Je n’ai pas fait attention en prenant cet argent, il sera probablement une charge pour moi», lance-t-elle, le visage ressemblant à celui qui se fait un sang d’encre. Autre lieu, scène similaire. Nous sommes, cette-fois, dans un Sotrama (mini bus de transport en commun)  qui se dirige vers Baco Djicoroni Golf, en Commune V du District de Bamako. Juste après la descente du Pont Fahd, une dame tend un billet de 500 Fcfa enduit d’encre à l’apprenti-chauffeur. Celui-ci crie : «Non, je ne prend plus ce genre d’argent. J’en ai un depuis plus de deux mois, tout le monde le refuse. Changez-le ou descendez du véhicule», tranche-t-il, en tapant de la main la carrosserie du véhicule, pour signaler au chauffeur qu’un client doit descendre. L’air choquée, la cliente change de billet et répond : «Et pourtant, c’est dans un Sortent qu’on m’a remis cet argent-là». La sérénité ainsi retrouvée, l’apprenti s’explique : «Avant, j’acceptais les billets usés, mais les passagers eux-mêmes les refusaient. J’ai donc arrêté de les prendre». Les stations-services qui constituaient un recours pour beaucoup d’usagers semblent de plus en plus regardantes sur la qualité des billets qu’elles reçoivent. «Nous acceptions les billets usés sans demander de l’argent en retour. Il suffisait que le numéro soit visible. Mais, nous avons souvent des soucis au niveau de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) quand l’argent est trop abimé», confie un pompiste d’une station Shell de la place.  « Malgré cela, assure Moumini Traoré, je me retrouve avec des billets en très mauvais état parce que certains clients introduisent les mauvais billets entre les bons pour les dissimuler ».  Ces scènes de vie sont illustratives des difficultés des usagers à faire circuler les billets de banque usés lors des opérations d’achat/vente, etc. Ces billets s’abiment au fil du temps à force de passer de main à main.   VOUS AVES DIT BILLET MUTILÉ ? La Foire aux questions de la BCEAO les appelle billet mutilé. Selon cet outil virtuel automatique répondant aux questions des usagers, il s’agit d’un billet incomplet, très fortement abîmé, notamment par l’eau ou par le feu ou qui a subi d’autres formes de détérioration. Il est, généralement, trop endommagé ou friable pour servir de moyen de paiement ou son état est tel que l’on doit recourir à un examen spécial pour en déterminer la valeur. En effet, la BCEAO offre un service d’échange pour de tels billets à ses guichets. Elle rembourse, sous certaines conditions, les billets de l’espèce. Certains échanges peuvent toutefois être différés en fonction de la dégradation du billet présenté. Pour pouvoir bénéficier de ce service, la demande de remboursement ou d’échange s’effectue, obligatoirement, au guichet de la BCEAO en présence du titulaire qui doit être muni d’une pièce d’identité. L’échange est gratuit, sauf dans des cas très particuliers.  Certains usagers tel ce vendeur informel d’essence qui a requis l’anonymat, est au courant de ce service. Rencontré devant son kiosque de fortune où il vend du carburant dans des bouteilles, il est en possession d’un billet de 500 Fifa coupé en deux. «C’est un client qui l’a donné la nuit à un de mes apprentis. Je n’ai plus d’autres choix que de le donner aux échangeurs contre 250 Fcfa. C’est mieux que d’aller à la banque pour observer une longue file à cause de 500 Fcfa», explique-t-il.  Cette impatience est à l’origine de l’émergence du métier d’échangeur de billets mutilés. Des jeunes en ont fait une source de profit en décidant de changer ces billets abimés moyennant rémunération. Youba Fofana est l’un de ces nombreux échangeurs de billets usagés. Il opère dans les alentours de la BCEAO.  Le diplômé de l’École centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (ECICA) brandit des billets usés, une manière d’attirer l’attention d’éventuels clients. «Je le fais juste pendant les vacances ou lors des grèves à l’école pour gagner un peu de l’argent», explique Fofana. Selon lui, les frais d’échanges pour le client dépendent de l’état du billet. «En principe le billet de 5.000 Fcfa est échangé à 1.000 Fcfa et 2.000 Fcfa pour le billet de 10.000», précise-t-il. DÉCLARÉS «SANS VALEUR» – Pour ce faire, Youba Fofana amasse des billets de banque déchirés ou coupés, il les scotche. «Dès que j’ai assez de billets, je les attache à l’aide d’une barrette pour aller faire la queue devant la Banque, très tôt le matin. L’appel est fait par ordre d’arrivée. On nous remet une fiche sur laquelle chacun enregistre le nombre de ses billets. Après cette étape, tu mentionnes la somme totale en bas de la même fiche», explique celui qui se rend à la BCEAO une fois par mois. Pour être parmi les 20 à 30 premières personnes, il faut y être vers 4h du matin.  En face de la Banque de développement du Mali (BDM), opère Salia Camara. Il court derrière  une voiture. Il confirme que le métier peut nourrir son homme. «Nous avons toujours et régulièrement des clients. Cela est dû au fait que les gens gardent mal l’argent. Certaines personnes plient les billets n’importe comment», explique Camara. Qui précise que la BCEAO fait les échanges chaque jeudi et mardi. Salia Camara s’y rend, généralement, avec 200.000 à 300.000 Fcfa de billets abimés. Habillé d’un pantalon Jean et d’un tee-shirt de couleur jaune, Drissa Keita tournait ce jour dans une rue à Djicoroni Para. Coiffé d’un bonnet noir, il hèle les passants en les invitant à venir échanger leurs billets usagés. Interrogé, celui qui dit travailler tous les jours sauf