Consommation de stupéfiants : Immersion chez des toxicomanes de Bamako
Par Rokiatou TRAORÉ Bamako, 18 oct (AMAP) Par métaphore, on peut dire que la mauvaise fréquentation peut être à l’origine d’une descente aux enfers, notamment pour les jeunes qui sont pris dans l’étau de la consommation des stupéfiants dans certains quartiers de la capitale malienne, Bamako, (même s’il est vrai que le fléau est beaucoup plus accentué dans certains vieux quartiers). Comme l’explique l’ancien ministre français de la Culture, Jack Lang, dans son livre, «Demain, les femmes», en soutenant que «La ville est un monstre qui casse les faibles». Au «Rail da», dans les environs d’un vieux quartier, indexé à tort ou à raison comme le «milieu de la drogue», une bande de jeunes drogués accepte de se confier. Ces toxicomanes offrent un spectacle ahurissant au mépris de la morale et du «code de bonne conduite». Ils tiennent en main chacun soit un joint soit une canette d’alcool, notamment le Vody (qui s’apparenterait à la Vodka). Parmi eux se trouve un jeune de 14 ans dont le sobriquet est «Tyran». Le teenager, qui ne semble pas avoir froid aux yeux, explique comment il a rejoint la petite bande de drogués. Il cite volontiers les types de drogue qu’il fume ou sniffe : «kolon», «kouchi», «skentji» ou du «seize», un psychotrope en comprimé et autres. Il explique avoir commencé à se camer depuis la 5è année à l’école fondamentale de Médina-coura. LA PATROUILLE – «Je me dopais à toutes les occasions. Un jour, le directeur de l’établissement m’a pris en flagrant délit de consommation de joint. Il a voulu sévir mais ma réaction avec un couteau en main a été dissuasive. Ma famille, informée de l’incident, a décidé de m’envoyer au village poursuivre mes études. C’était pour me sanctionner», explique Tyran. Il revient à Bamako pendant les grandes vacances et travaille comme apprenti chauffeur et économise sur sa rétribution journalière pour acheter un stock de cannabis avant de retourner au village. « Sans le joint, mon monde s’écroule et plus rien n’a de l’importance pour moi », confie l’adolescent qui explique qu’en cas de rupture de son stock, il lui arrive, pour s’approvisionner, de faire recours à ses «Tjalés», un jargon du «milieu de la drogue» qui désigne les copains. Le jeune homme entend bien réussir sa vie tout en continuant à fumer du joint. «I never give up» : je n’abandonne jamais, explique-t-il, parce qu’il s’identifie au célèbre trafiquant colombien de cocaïne, Pablo Escobar. Il nourrit même l’ambition de cultiver le joint dans son petit jardin si Allah, lui donne la chance de trouver un chez-soi. Il relève aussi que tous ses copains font de «la patrouille», un terme qui désigne le vol dans le «lexique des jeunes drogués». Ils écument les marchés à cette fin. AwôAwô, un autre jeune de la bande, est un apprenti menuisier qui reconnait aussi son addiction à la drogue et à l’alcool. Il explique être bien conscient de la gravité de la situation et des difficultés à faire face à ses besoins en termes de consommation. Il reconnaît être sur une pente glissante mais justifie sa situation par des mauvais exemples dans sa famille, notamment des aînés qui ont fumé du joint pendant longtemps. Kôlôki est le surnom d’un autre jeune de la bande de drogués. Celui-ci explique clairement ne pas aimer le joint parce qu’il trouve que ce shit rend un peu paresseux et on garde les paupières fermées sous son effet. Or, quand on est pickpocket, il faut toujours avoir tous ses sens en éveil. Ce jeune délinquant avoue avoir une certaine prédilection pour les comprimés comme «Tjésébane», «Dari» ou «25», des termes codés dans le milieu pour désigner des types de drogue. Pendant notre entretien avec les garçons, surgit une jeune fille de 16 ans. Dika, se prénomme-t-elle, le teint d’ébène, trapue et très agressive, commence à invectiver. Elle déverse sa colère sur ses potes qui finissent par la raisonner. Elle confesse que c’est sous l’influence de son petit copain, l’un des membres de la bande, qu’elle a basculé dans l’enfer de la drogue. MAITRE DE MON UNIVERS – Ces jeunes toxicomanes pensent noyer leurs soucis dans la drogue et certains finissent par devenir des dealers et des chefs de gang comme Oxy. Lui se targue d’être le premier à introduire le business de la drogue dans son quartier et d’y avoir initié des jeunes. Le trentenaire s’est essayé au commerce général, avant de se résoudre à former son gang. Il garde sous son emprise une cohorte de jeunes qui lui obéissent au doigt et à l’œil et sont prêts à faire n’importe quoi pour lui parce qu’ils agissent, selon lui, toujours sous l’effet de la drogue. Il explique être le maitre de son univers. Oxy reconnait que l’effet des excitants fait oublier les soucis mais ne résout jamais un problème. Il souligne avoir longtemps consommé la drogue et l’alcool depuis sa prime jeunesse (lorsqu’il avait 15 ans), avant d’arrêter en 2018 et d’y replonger deux ans plus tard. Il y a trouvé un réconfort moral et un gagne-pain. Brema Ely Dicko, sociologue, confirme que le phénomène de la drogue est plus développé dans les villes même si les campagnes ne sont pas épargnées. La consommation de stupéfiants peut avoir beaucoup de conséquences graves, en termes de criminalité, souligne le sociologue qui explique ces dérives par l’emprise des médias et des réseaux sociaux sur les jeunes, le stress de la précarité, du chômage et le laxisme des autorités compétentes. Ces dernières, selon lui, doivent être plus fermes pour prendre les mesures qui s’imposent afin de lutter efficacement contre le trafic et la consommation de la drogue dans notre pays. Amidou Keïta, chef de la division juridique et formation à l’Office central des stupéfiants (OCS), confirme, lui aussi, que le phénomène prend de l’ampleur. En 2015, la saisie de drogue ne dépassait pas 6 tonnes par an. Aujourd’hui, elle tourne dans la fourchette de 19 ou 20 tonnes. M. Keïta soutient qu’il y a environ un mois, un jeune a été interpellé avec un kilogramme de cocaïne
27è édition du Fespaco : Le président kaboré donne le clap de début
Par Youssouf DOUMBIA Envoyé spécial Ougagadougou, 18 oct (AMAP) Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s’est réjoui de la tenue de la 27ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) ouverte samedi au Palais des sports, au quartier Ouaga 2000, dans ka capitale burkinabè. «La tenue de cette édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), malgré la double crise sanitaire, due à la pandémie de la Covid-19, et sécuritaire à laquelle les pays du Sahel sont confrontés est la preuve de la résilience du peuple burkinabé». Cette importante manifestation culturelle se tient sous le thème: «Cinéma d’Afrique et de la Diaspora: nouveaux regards, nouveaux défis». Le plus grand rendez-vous africain du cinéma et de la télévision se déroulera pendant une semaine. 239 films africains et de la diaspora de plus de 50 pays seront projetés pour des cinéphiles, des festivaliers et des professionnels du 7è art dans une dizaine de salles de cinéma. Pour la circonstance, des réalisateurs, distributeurs, critiques, comédiens et journalistes sont à Ouagadougou pour jauger l’évolution du cinéma africain. Le président Kaboré était visiblement satisfait de ce qu’il venait de voir au cours de la cérémonie qui a duré deux tours d’horloge. Il a aussi salué la manifestation de solidarité de son homologue sénégalais, Macky Sall, dont le pays est l’invité d’honneur de l’édition de cette année. Si le président sénégalais est annoncé à Ouaga pour la cérémonie de clôture et les remises de prix, il a envoyé le ministre en charge de la Culture, Abdoulaye Diop, à la tête d’une forte délégation de cinéastes, d’artistes musiciens et bien sûr des journalistes. Notre ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, a aussi pris part à la cérémonie d’ouverture. Il est accompagné d’une délégation dont des réalisateurs, comédiens, techniciens du cinéma, étudiants du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté et artisans. Ces derniers profitent de ce grand rendez-vous à travers des stands qu’ils détiennent sur place à Ouaga. Des confrères maliens de la presse écrite, radio et télévision sont aussi présents. C’est une ardoise géante de couleur jaune qu’a utilisée, cette fois-ci, le président Kaboré pour donner le clap de l’ouverture officielle de la 27è édition du Fespaco. Un geste symbolique à l’image des coups d’envoi de tournage de films. Pour le délégué général du Fespaco, Alex Moussa Sawadogo, en plus des salles conventionnelles, cette édition se déportera comme lors des précédentes dans les espaces publics de la capitale et dans des villes de l’intérieur. Le clou de la cérémonie d’ouverture était deux spectacles. Un ballet à thème concocté par le danseur et chorégraphe burkinabé, Serge Aimé Coulibaly, assisté par Aristide Tarnagda, à la mise en scène, Odile Sankara, Mouna Ndiaye, Didier Awadi et Smokey sur scène. L’œuvre commence d’abord par nous rappeler le travail de Soundjata Keïta, fondateur de l’empire du Mandé. Puis, elle nous conduit jusqu’à Thomas Sankara, le président du Burkina Faso assassiné en le 17 octobre 1987 et qui avait montré la voie de la libération contre le néocolonialisme et pour le développement. Elle se termine par la résistance au terrorisme et à toutes les forces occultes qui tentent de diviser et de divertir nos populations sur notre œuvre de développement. Pour cette création, plus de deux cent chanteurs et danseurs ont été mobilisés. Un spectacle haut en couleurs, en sons et en images. Car des images d’archives ont été projetées sur le fond de la scène tout au long de la prestation. Puis c’est le «Dandélégnol» ou le «Mathioudo» Baba Maal et son groupe du Sénégal qui ont clôturé le spectacle par une magnifique prestation musicale. YD/MD (AMAP)
Transition au Mali : Tête-à-tête Nana Akufo-Addo et autorités de Bamako
Bamako, 18 oct (AMAP) Le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en visite dimanche à Bamako, a eu une séance de travail avec les autorités de la Transition, notamment le chef de l’Etat, Assimi Goïta. Rien n’a filtré de cet entretien en tête-à-tête entre les deux chefs d’État, suivi d’une séance de travail élargie à la forte délégation de l’organisation communautaire. «On m’a envoyé pour discuter avec le président Assimi Goïta sur l’évolution de la situation au Mali», s’est contenté de dire à la presse le président en exercice de la CEDEAO. Selon nos informations, le chef de l’État ghanéen a voulu réserver la teneur des discussions avec les autorités maliennes à ses homologues qui devraient se réunir très prochainement sur la question. Cependant, on peut raisonnablement penser que la question de l’organisation des élections en février 2022 a focalisé les discussions. La CEDEAO n’est pas rassurée par le discours des autorités maliennes qui laissent entrevoir la possibilité d’une prolongation du délai imparti à la Transition. En septembre dernier, le Premier ministre Choguel Kokala Maïga, au cours d’une rencontre avec les membres du corps diplomatique, a clairement indiqué que la priorité du gouvernement est d’abord l’organisation des Assises nationales de la Refondation (ANR). Et que celles-ci prévues en novembre prochain détermineront le chronogramme détaillé devant conduire aux élections générales. Le président Akufo-Addo est arrivé à Bamako pour une visite de travail qui entre dans le cadre du processus du suivi de la Transition. Depuis l’éclatement de la crise socio-politique en mai 2020 au Mali, l’organisation sous régionale s’est fortement investie afin de trouver une solution. Suite à la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août 2020, qui a ouvert la phase transitoire, la CEDEAO a plusieurs fois envoyé, au Mali, son émissaire, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, et multiplié les rencontres de haut niveau pour le retour à l’ordre constitutionnel dans notre pays. Dimanche à sa descente d’avion, à l’Aéroport international président Modibo Kéita-Sénou, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo a été accueilli par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Conformément à la tradition malienne, deux jeunes filles ont remis deux calebasses d’eau et de noix de colas à l’hôte de marque. Cette séquence a été suivie par l’exécution des hymnes nationaux du Ghana et du Mali. Ensuite, les deux chefs d’État ont procédé à la revue des troupes. Outre le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, le président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, des membres du gouvernement et le corps diplomatique accrédité au Mali, des responsables administratifs et politiques de Bamako étaient, également, présents à l’aéroport. Après la présentation du corps constitué, les deux présidents ont eu un bref tête-à-tête dans le pavillon présidentiel. Ensuite, le colonel Assimi Goïta a accompagné le président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo à sa résidence, un hôtel de la capitale. Une heure auparavant, précisément à 10h20mn, l’émissaire Goodluck Jonathan avait atterri à l’Aéroport international président Modibo Kéita-Sénou. Des partisans de la prorogation de la durée de la Transition ont saisi l’occasion pour exprimer leur volonté au président en exercice de la conférence des chefs d’État et de gouvernements de la CEDEAO. Ces manifestants se sont rassemblés au bord de la route, précisément au premier rond-point de l’aéroport. Au passage du cortège, on pouvait entendre des slogans comme «Trois ans», comme pour dire qu’il faut prolonger la Transition d’autant. Sur des banderoles, on pouvait aussi lire : «Bienvenue à la CEDEAO mais les Assises nationales de la refondation d’abord», «La refondation du Mali, Gage d’élections crédibles et transparentes»; «Seul le choix du peuple souverain du Mali compte». OD/ID/MD (AMAP)
L’Armée neutralise quatre terroristes présumés à Acharane (Tombouctou, dans le Nord)
Bamako, 17 oct (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont “vigoureusement” réagi, dimanche, à une attaque menée par des éléments non encore identifiés, dans la Région de Tombouctou (Nord), indique l’Armée sur son site. L’accrochage meurtrier s’est déroulé au niveau du poste d’Acharane, aux environs de 06h 30mn. Il a fait quatre présumés terroristes tués abandonnés sur le terrain et plusieurs armes individuelles et collectives récupérées, selon bilan provisoire, indique la source militaire. Les FAMa déplorent un mort et trois militaires blessés. L’Armee a acquis récemment des avions de combat russes pour renforcer sa flotte aérienne et d’autres équipements militaires. AT/MD (AMAP)
Transition : Des slogans pour la prorogation accueillent le président ghanéen Nana Akufo-Addo à Bamako
Bamako, 17 oct (AMAP) Des partisans de la prorogation de la durée de la Transition au Mali ont manifesté dimanche, à Bamako, à l’occasion de la visite du président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernements de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Nana Akufo-Addo, le président du Ghana également président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, est arrivé dans la capitale malienne à 11h25mn, dans le cadre d’une visite de travail de 24 heures. Au sortir de l’aéroport international président Modibo Kéita-Sénou, des manifestants se sont rassemblés au bord de la route, au passage du convoi. Ils ont lancé des slogans comme « trois ans », comme pour dire qu’il faut proroger la Transition d’autant. Sur des banderoles, on pouvait aussi lire également : « Bienvenue à la CEDEAO mais les assises nationales d’abord », « La refondation du Mali, gage d’élections crédibles et transparentes », « Seul le choix du peuple souverain du Mali compte ». Au cours de cette visite de travail d’une journée, le président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernements de la CEDEAO aura une séance de travail avec la mission locale de suivi de la Transition ainsi que les ambassadeurs des pays membres de l’organisation communautaire accrédités au Mali. Après, Nana Akufo- Addo s’entretiendra en tête-à-tête au palais de Koulouba avec le colonel Assimi Goïta. Ces échanges seront suivis d’une séance de travail élargie. Habillé en costume bleu, Nana Akufo-Addo a été accueilli à sa descente d’avion par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, au pavillon présidentiel de l’aéroport international président Modibo Kéita-Sénou. Environ une heure auparavant, précisément à 10h20mn, l’ancien président nigérian, et necduateur de la CEDEAO, Goodluck Jonathan, avait atterri à l’aéroport international président Modibo Kéita-Sénou à bord de Air force one du Nigéria. OD/MD (AMAP)
Mali-CEDEAO : Le président ghanéen Nana Akufo Addo attendu dimanche à Bamako
Bamako, 17 oct (AMAP) Le président ghanéen, Nana Addo Akufo, également président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernements de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), effectuera une visite de travail de 24 heures à Bamako, ce dimanche. Selon le programme officiel de la visite, le chef d’Etat ghanéen sera accueilli, à l’aéroport international président Modibo Keïta, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, du corps diplomatique constitué ainsi que les autorités administratives et coutumières du District de Bamako. Après le cérémonial d’accueil, les deux chefs d’État auront un entretien dans la loge officielle du pavillon présidentiel. Le président Nana Addo Akufo aura, également, une séance de travail avec le Comité local de suivi de la Transition et les ambassadeurs des pays de la CEDEAO accrédités au Mali. Le chef d’Etat ghanéen sera, ensuite, reçu en audience par le colonel Assimi Goïta au Palais de Koulouba. Ce tête-à-tête sera suivi d’une séance de travail élargie qui se terminera par un déjeuner offert par le président de la Transition à son visiteur. Ce déplacement du président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Paris et Bamako. A cette crise diplomatique, s’ajoute la pression de plus en plus accrue de la communauté internationale sur les autorités de la Transition au sujet du respect du délai des 18 mois préalablement imparti à la Transition. Si pour la communauté internationale l’urgence est de préparer les élections, les autorités de la Transition mettent en avant la stabilité et la refondation du pays. AT/MD (AMAP)
Prostitution de jeunes filles : Un phénomène en croissance
Bamako, 15 oct (AMAP) Dr Yacouba Togola, coordinateur médical du SAMU social-Mali explique que la prostitution anarchique des jeunes filles est un phénomène en croissance au Mali. « La majeure partie de ces filles sont en rupture partielle avec leur famille et elles viennent de divers horizons », précise-t-il. Dr Togola relève que le SAMU social s’occupe de ces jeunes filles travailleuses du sexe à Bamako et ses environs. Cette assistance se présente sur le plan médicale, psychosociale, éducatif de proximité et dans l’insertion socioprofessionnelle pour celles qui le souhaitent. Cependant pour le coordinateur médical, certaines de ces filles sont confrontées à d’énormes problèmes de santé. « Lors de la campagne de dépistage de masse effectuée par le SAMU, en 2019, sur 101 filles dépistées, 29 cas séropositifs ont été détectés », a révélé le Dr Yacouba Togola. En plus, ajoute le médecin, 30 à 40 jeunes filles qui tombent dans la prostitution contractent des grossesses non désirées. Poursuivant, le médecin affirme qu’en 2020, le SAMU social a enregistré 14 décès de jeunes filles confrontées à la prostitution dont sept cas liés au VIH Sida. Pour le coordinateur du SAMU social, il faut une sensibilisation de la population, pour un changement de comportement. « Ces enfants vivent dans d’énormes difficultés si l’on regarde les raisons de leur départ de la famille. Il faut une implication totale de l’État, pour renforcer la sensibilisation auprès de ces filles et des parents », a-t-il proposé avant de faire remarquer que c’est un chantier vaste pour Samu social. Le médecin estime que l’aide du gouvernement peut permettre au SAMU de faire beaucoup d’activités auprès de cette population. Youssouf Diallo, médecin généraliste à la Mutuelle des travailleurs de l’éducation et de la culture du Mali (Mutec) signale que ces filles qui se prostituent anarchiquement, sont exposées à des grossesses non désirées, des infections et des MST, notamment le sida et l’hépatite. Selon le praticien, les travailleuses du sexe sont aussi exposées à des maladies dermatologiques transmissibles par contact telles l’eczéma et l’anopie. A long terme, selon Dr Diallo, les conséquences sont, entre autres, la stérilité, le prolapsus vésicale, le relâchement de la peau, la fatigue, les problèmes d’accouchement, voire la mort prématurée. Ainsi, le médecin généraliste exhorte les clients des prostituées à se protéger. « Quant aux filles, conseille-t-il, elles doivent faire des consultations médicales tous les mois ». Pour sa part, le sociologue Faco Donko Diarra dira que ces actes que la société trouve choquants ont toujours existé au Mali. « Seulement, indique-t-il, c’était plus subtil et non à ciel ouvert ». Selon lui, la principale cause de l’augmentation de la prostitution est la pauvreté du milieu familial et l’impact de ce qui se passe dans le monde, à travers les réseaux sociaux. Pour Faco Diarra, ce phénomène peut engendrer de nombreuses conséquences sur la fille et la société. Pour la fille, fait-il savoir, « il y a des difficultés de se marier, la déconsidération de la société, le rebondissement de l’égo de la déconsidération dans la famille d’origine de la fille ». En ce qui concerne les conséquences sur la société, le spécialiste dira que la prostitution entraine la dépravation des mœurs, l’image négative sur le pays, le ralentissement du développement social. « Ce n’est pas des textes de loi qui peuvent enrayer ce phénomène, car tous les pays du monde sont confrontés à la même problématique », signale-t-il. Il propose aux autorités maliennes d’approcher les familles de ces jeunes filles pour les aider. Le sociologue propose également une réglementation de la prostitution au Mali. BT
Prostitution de jeunes filles : Le cercle vicieux
Par Baya TRAORE Bamako, 15 oct (AMAP) Beaucoup de jeunes filles à Bamako cherchent à gagner leur pain dans la prostitution. Ces jeunes filles, de 14 à 25 ans, s’adonnent à cette activité sans se soucier des impacts négatifs sur leur propre personne. Elles s’y livrent aux yeux de tout le monde. On les voit aux abords des voies, sur les espaces publics et même dans les marchés. C’est le crépuscule. Derrière le terrain d’entrainement de l’équipe de football du Réal de Bamako. Plusieurs jeunes filles font le trottoir. En petites tenues très sexy mais pas chères, elles sont une vingtaine à attendre des clients. Pendant que certaines sont seules, d’autres bavardent à deux. Dans un coin, certaines laissent échapper des bouffées de fumée de cigarette. « Psitt! Psitt ! », elles sifflent pour attirer des passants. D’autres proposent à des piétons de les accompagner. «Ka nan ?» (Je vous rejoint ?), lancent-elles à l’endroit de passants. Parmi ces filles de joie, Aminata Coulibaly, une jeune mère âgée de 17 ans. Devant elle, un motocycliste s’arrête. Après un bref échange, elle disparait avec son premier client pour ne revenir que 45 minutes plus tard. Au bout d’une trentaine de minutes Aminata a un autre client, Cette fois-ci, un piéton. Elle dit ne pas faire ce « travail » par plaisir mais plutôt par nécessité de faire face à ses difficultés financières et de prendre soin de sa mère ainsi que de son fils d’un an et demi. Aminata a abandonné les études au lycée, en 10 ème année, à cause de sa grossesse. «Mon partenaire a nié en bloc la responsabilité de son acte», regrette Aminata dont la mère faisait, à l’époque, du petit commerce pour s’occuper d’elle. « Aujourd’hui, raconte-t-elle, sa maman est immobilisée après un accident ». «J’utilise l’argent que je gagne pour payer le loyer de la chambre, le prix de condiments, en plus des frais du traitement de ma mère et les besoins de mon fils », explique la jeune fille. Chaque nuit, elle peut gagner de 10 000 à 20 000 Fcfa. Malgré les risques de maladies sexuellement transmissibles (MST) et de Sida dont elle se dit consciente, il lui arrive de ne pas se protéger lors des rapports intimes. «Je n’exige pas le préservatif des personnes qui me proposent beaucoup d’argent et, aussi, des clients réguliers. Je suis au courant des maladies mais je n’ai pas envie d’y penser car j’ai besoin d’argent», se justifie-t-elle. PAR NECESSITÉ – Notre interlocutrice habite dans un quartier de la Commune IV du district de Bamako. Aux environs de 10 heures, la jeune mère était encore au lit. Après avoir pris le petit déjeuner avec sa famille, elle nous présente sa maman, une sexagénaire trapue de teint noir. « Ma fille est bénie car elle s’occupe de toutes les dépenses de la maison à savoir la location, les frais de mes traitements médicaux ainsi que la nourriture», se réjouie la dame qui ignore la source du revenu de sa fille. Aminata Coulibaly lui a fait croire qu’elle travaille dans un restaurant de la place, pendant la nuit. Elle peine à dissimuler son regret d’être prostituée. «Je souhaite avoir un travail, un jour, pour abandonner cette activité», confie-t-elle. Rokia, une travailleuse du sexe, enceinte de sept mois, opère sur le même site qu’ Aminata Coulibaly. Agée de 19 ans, elle vit en location avec son petit ami à Kalabambougou. Elle soutient faire ce travail pour subvenir à ses besoins et à ceux de son copain qui est le père de son futur enfant. Pour elle, c’est une manière d’aider cet homme sans travail fixe à prendre en charge les besoins de la famille. «Il sait que j’exerce cette occupation», dit-elle. Rokia dont les parents sont vivants, a quitté la maison familiale à Djikoroni para, il y a trois ans « J’ai quitté mes parents pour suivre mon petit ami. Avant de partir, on m’avait donné trois fois un fonds de commerce. Mais, j’ai tout investi dans mon amant, car je l’aime », dit-elle. « Et après, on me frappait tout le temps. C’est pourquoi, il m’a proposé de quitter la famille pour le suivre. Au début mes parents me cherchaient, Maintenant, ils ne le font plus », ajoute la jeune dame. ENGRENAGE – Quant à Ramata, une autre fille de joie, elle a déjà soufflé ses 23 bougies. Cette habituée est une doyenne de l’espace se trouvant derrière le terrain du Réal. Elle y a passé six ans. « Je suis la maitresse de plusieurs filles ici. Je loue une chambre à Djicoroni para avec trois autres prostituées. Mes parents habitent à Djélibougou Doumazana, en Commune I du District de Bamako», dit-elle. Ses parents sont au courant de son activité. Elle leur donne de l’argent et contribue aux dépenses familiales, en achetant du riz ou en payant les factures d’électricité. Troisième enfant d’une famille de sept rejetons, Ramata ne regrette pas ce qu’elle fait. «Je ne trouverai aucun travail en ce moment qui pourrait me faire gagner plus. Mais je ne souhaite pas rester dans ce milieu. Pour cela, j’économise de l’argent pour trouver un fonds de commerce», espère-t-elle. Contrairement à certaines de ses camarades imprudentes, Ramata ne badine pas avec l’usage du préservatif. « L’usage du préservatif par un client dépend de la fille avec laquelle il est. Car, chacun est responsable de ses actes. Moi, je l’exige parce que j’ai peur de contracter des MST. Et, aussi, j’ai vu des filles mourir ici de maladies. Une raison de plus pour moi d’exiger le préservatif », explique-t-elle. Ajoutant que dans leur secteur, une fille peut aller, au minimum, avec trois hommes par nuit. Les problèmes de «ce métier», selon Ramata, sont, entre autres, le refus de certains clients de payer après la prestation, les agressions des bandits aux heures tardives de la nuit et le racket de policiers dont le montant s’élève à 2 000 Fcfa par prostituée. La jeune fille avoue que beaucoup de ses camarades du secteur n’ont ni pièce d’identité, ni carte les autorisant à pratiquer la prostitution. « En outre, poursuit-elle, il y a des
Réintégration des migrants : La success story d’un rescapé de la Méditerranée
Par Mohamed TOURE Bamako, 15 oct (AMAP) Yeli Diallo a échappé à la noyade en mer en tentant de rallier les côtes italiennes à bord d’une embarcation. Échaudé par cette mésaventure, le jeune homme est retourné au bercail pour se lancer dans le maraîchage, une activité qui lui réussit Yeli Diallo est plus que jamais déterminé à réaliser ses nombreux projets. À 35 ans, il a le sourire pudique qui ne quitte plus ses lèvres. Mince, la barbe en bataille, l’homme confie s’être forgé une résilience face aux vicissitudes de la vie. En 2018, Yeli ne jurait que par l’Europe. Peu lui importait les risques. Marié, face aux difficultés de trouver un travail pour subvenir aux besoins de sa famille, le jeune homme s’engage alors sur le chemin de la migration clandestine. Parti pour l’Algérie par la route, le jeune homme traverse les villes de Gao et Kidal (Nord), en bravant le danger, entre les mains des passeurs et des groupes armés. La traversée du désert le conduit en Libye, via l’Algérie. Malgré ses compétences en mécanique, c’était impossible pour lui de travailler en Libye. Trop risqué à cause des hommes armés ayant la gâchette facile. «C’est difficile de travailler avec des gens armés qui sont capables de te tuer au moindre malentendu. Le rapport de collaboration est presqu’impossible», argumente-t-il. Grâce à la débrouillardise, Yeli arrive à réunir un peu d’argent pour réaliser son rêve. Mettre les pieds en Europe. Le jeune homme se lance, un vendredi, nuitamment, dans une embarcation de fortune. À bord, plus de 120 personnes déterminées à rejoindre l’Italie en traversant la Méditerranée. «Nous avons passé deux jours en mer sans retrouver notre chemin. Le deuxième jour, au soir, il y avait de la neige. La visibilité était réduite, pendant qu’un hélicoptère italien nous cherchait», se souvient Yeli. Une soixantaine de personnes, dont Yeli tombent à l’eau suite à un mouvement de panique. Selon le rescapé, 54 ne survivent pas et meurent dans les profondeurs de la Méditerranée. Ses réflexes de nageur et son instinct de survie le sauvent de la noyade. « Mais l’épisode, confie-t-il, le marque à jamais ». « Pendant ces genres de moment, les gens sont sans pitié. Par exemple, ceux qui s’évanouissaient étaient jetés à l’eau pour avoir plus d’espace sur la petite embarcation », témoigne le jeune qui a encore du mal à mettre des mots sur cette mésaventure. PRISONS À CIEL OUVERT – Le récit de Yeli donne un aperçu glaçant de la route migratoire par la mer Méditerranée. Tristement reconnue comme la plus meurtrière au monde, elle a coûté la vie, entre juin 2019 et fin 2020, à plus de 2.600 candidats à la migration, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les tentatives de traversée de la Méditerranée se terminent souvent par des échecs. Plus de 10.000 migrants ont été interceptés et envoyés dans des centres de détention par les autorités libyennes, rien qu’entre janvier et juin 2021, signale encore l’OIM. Pour le cas de Yeli Diallo, avec d’autres rescapés, il a été recueilli à Tripoli par la police libyenne. Le jeune vivra l’expérience des centres de détention. Dans ces prisons à ciel ouvert, il fut témoin de plusieurs actes de violation des droits de l’Homme ou de violences notamment contre des femmes. Les violences dans ces centres libyens sont régulièrement répertoriées par des organismes dont le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits humains (HCR). Dans un rapport publié en mai 2021, l’organisme onusien dénonçait l’inaction de l’Union européenne (UE) et de la Libye face à la tragédie que vivent les migrants comme Yeli qui empruntent le chemin de la Méditerranée. En mars 2021, le Conseil de l’Europe dénonçait le «manque de volonté des États» d’établir des politiques de protection des migrants. SIGNE DU DESTIN – Après l’échec de la traversée, Yeli est pris en charge par l’OIM. Il est rapatrié à Bamako avec d’autres compatriotes. « Ils ont reçu, chacun, 55.000 Fcfa afin de retourner chez eux », explique-t-il. Le retour de Yeli à la maison était aussi difficile à cause des pesanteurs sociales. Les petits emplois qu’il multiplie sont de nouveau insuffisants pour assurer les dépenses de la famille. Reprendre la route de l’émigration lui a effleuré l’esprit. «Je voulais gagner un peu d’argent pour partir à Gao. De là, j’allais me débrouiller pour entrer en Algérie, en comptant sur un ami qui allait m’aider», détaille-t-il ainsi son nouveau plan de voyage. «Je n’avais rien à perdre et presque plus le goût à la vie. Je n’avais plus peur de mourir vu que j’avais vu des atrocités en Libye. Beaucoup de gens ont été tués devant moi», confie-t-il. Au moment où Yeli commence à désespérer, il reçoit un signe du destin. «J’ai reçu un appel des gens de l’OIM qui m’ont parlé d’un programme d’aide pour les migrants de retour», dit-il. Ce programme mis en œuvre par l’OIM, en partenariat avec l’UE, aide certains migrants de retour à travers la réintégration dans plusieurs domaines professionnels, tels que l’artisanat, la maçonnerie ou le secteur agricole. Yeli trouvera sa voie dans le maraîchage, domaine qu’il connait bien. Il avoue s’être attendu au début à une aide financière, qu’il aurait pu utiliser pour retourner en Algérie. Finalement, il accepte de suivre plusieurs formations avant de commencer ses activités. «Les formations m’ont été utiles pour changer ma vision de certaines choses. Les formateurs nous disaient que nous allions rencontrer les mêmes difficultés chez nous comme à l’étranger», explique Yeli qui reçoit du matériel pour commencer son activité de maraîchage dans son village. «Je me suis décidé à travailler pour honorer la confiance placée en moi. Six à neuf mois plus tard, j’avais déjà la clôture de mon jardin avec un grillage», raconte-t-il fièrement. RÉINTEGRATION RÉUSSIE – Yeli fait partie des quelques exemples qui prouvent que la réintégration après une expérience de migration est possible. À quelques encablures du nouveau pont de Kayes, à Danfagabougou, le jeune homme arpente chaque jour les pistes étroites, où son jardin d’un demi hectare est niché. Plusieurs
Lutte contre la corruption : L’OCLEI remet ses rapports 2019 et 2020 au président de la transition
Bamako, 15 octobre (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu jeudi, au palais de Koulouba, les rapports annuels 2019 et 2020 et celui relatif à l’étude sur la déontologie des agents dans l’administration publique malienne, de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei), a constaté l’AMAP. La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, de plusieurs membres du gouvernement, du président de l’Oclei, Moumouni Guindo et de ses collaborateurs. Le président de l’Oclei, Moumouni Guindo, a fait une brève présentation des rapports avant de les remettre officiellement au président de la Transition. « C’est une cérémonie très significative pour le chef de l’État. Depuis son arrivée à la tête du pays, il a fait de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite l’une de ses préoccupations majeures », a commenté le patron de l’Oclei. Dans la présentation du rapport 2019, on note que l’Oclei a mené 11 activités d’informations et de sensibilisation à travers le pays, dans le cadre de ses missions de prévention. Concernant les déclarations de biens, l’Office en a exploité 400. Il a mis en place et animé un dispositif de gestion des déclarations de biens. Ainsi, il est arrivé au constat que le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement sont entrés en fonction sans avoir procédé à la déclaration de leurs biens. Certains ministres sont restés en fonction pendant plus d’une année sans s’acquitter de cette disposition de la loi. D’autres ont fait plus de trois ans sans effectuer leur déclaration de biens, souligne le rapport. Dans le cadre de la répression de l’enrichissement illicite, la structure de contrôle a mis à la disposition du public un numéro vert (80 00 22 22) en décembre 2019. Elle a ouvert 32 dossiers d’enquête dont trois ont été transmis à la justice. La valeur des biens meubles et immeubles présumés illicites dans ces trois dossiers s’élève à 4,279 milliards de Fcfa, alors que le total des revenus légitimes des trois agents publics concernés est de 127,69 millions de Fcfa sur la même période. La valeur des biens représente plus de 33 fois le total des revenus légitimes. Au titre des avis et recommandations, l’Oclei, sur auto-saisine et après examen, a constaté que la liquidation en 2015 des indemnités de départ à la retraite du directeur général adjoint et l’agent comptable de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) est contraire à la loi. En dehors de toute légalité, le directeur général adjoint a perçu 353,72 millions de Fcfa et l’agent comptable a perçu 1,70 milliard de Fcfa. En 2020, la contribution de l’Oclei à la répression de l’enrichissement illicite porte sur la transmission à la justice de six dossiers d’enrichissement illicite présumé. Les biens sont évalués à 2,715 milliards de Fcfa, soit 37 maisons d’habitation et 178 parcelles dont 80 concessions rurales d’une superficie de 176 ha. Le montant total des entrées sur les comptes bancaires des six personnes, s’élève à 2,588 milliards de Fcfa entre 2014 et 2020. Sur la même période, leurs revenus légitimes sont estimés à 317 millions de Fcfa. L’Office a adopté une méthode d’identification des déclarations de biens à investiguer. Cette démarche a permis d’identifier 48 personnes dont le patrimoine a subi des variations significatives. Des enquêtes sont ouvertes sur ces cas, a assuré Moumouni Guindo. Le président Assimi Goïta s’est réjoui de constater tous les efforts accomplis par l’Oclei dans le cadre de la prévention de l’enrichissement illicite, la répression du phénomène, les déclarations des biens et la coopération avec d’autres structures tant au Mali qu’à l’extérieur. « La bonne gouvernance étant un pilier essentiel de l’action gouvernementale, vos actions revêtent une importance particulière, s’est-il adressé à l’équipe de l’Oclei. Ce qui mérite l’accompagnement de l’État à la structure anti-corruption pour l’atteinte des objectifs qui sont fixés », a-t-il souligné. Le chef de l’État a déclaré, à cet effet, qu’il faut tout mettre en œuvre pour créer une gouvernance de rupture et d’exemplarité. Pour ce faire, aucun sacrifice ne sera de trop, a souligné le président de la Transition. Sur les difficultés d’opérationnalisation de l’Oclei, le chef de l’État a rassuré Moumouni Guindo et tous les agents de l’Office que tout sera mis en œuvre pour obtenir la bonne collaboration avec les services publics, conformément aux textes en vigueur. Pour rappel, l’Office a déjà transmis à la justice des dossiers d’enrichissement illicite dont le montant s’élève à plus de 4 milliards de Fcfa. Le chef de l’État l’a félicité et encouragé à persévérer sur cette voie CAD/KM (AMAP)

