Impacts du changement climatique : l’Afrique très exposée, selon le Groupe d’experts intergouvernemental
Par Cheick Amadou DIA Bamako, 09 mar (AMAP) À la veille du sommet sur le climat organisé par les Nations unies, les 1er et 2 mars 2022 à Nairobi (Kenya), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un rapport de 400 pages sur le changement climatique en lançant un appel sans précédent sur l’évolution climatique. Le Groupe invite, de manière urgente, à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Son rapport attire l’attention sur les conséquences dramatiques du réchauffement climatique en Afrique. D’après l’indice de vulnérabilité au changement climatique de 2015, sept des dix pays les plus menacés par le changement climatique se trouvent en Afrique. Le continent est désormais mis sur la «liste rouge». Les conséquences du réchauffement climatique en Afrique se répercutent sur la santé, les moyens de subsistance, la production alimentaire, la disponibilité et l’approvisionnement en eau, la sécurité globale, l’agriculture et l’alimentation et enfin sur les écosystèmes. Il ne fait pas de doute que le réchauffement climatique entraîne des changements météorologiques. Des vagues de chaleur encore plus fortes sont à craindre, avec des sécheresses intenses. L’Afrique connaissant déjà le taux de mortalité dû aux sécheresses le plus élevé du monde, et des inondations qui sont fréquentes. Les inondations et les sécheresses ont été multipliées par deux au cours des 25 dernières années. Ce sont des milliers de personnes qui sont touchées lorsque le niveau de l’eau diminue. Au Mali, ces effets seront ressentis sur l’agriculture avec une baisse drastique du niveau des cours d’eau. Des vagues de chaleurs précédant une perturbation pluviométrique sont à craindre, selon les prévisions des spécialistes. L’économie du Mali repose essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles. La croissance démographique (3,6 %/an) et les contraintes climatiques entrainent une surexploitation et une dégradation de ces ressources. Les 2/3 du pays sont arides et semi-arides, dominés par des problèmes de désertification. Les risques naturels s’accroissent avec l’intensification des changements climatiques (sècheresses à répétition, inondations, vents forts, feux de brousse, déstabilisation du régime des pluies). L’agriculture qui est la plus touchée représente 45% du Produit national brut (PNB) et occupe environ 80% de la population active. Cette situation est d’autant plus grave que les scénarios climatiques à l’horizon 2100 prévoient, en moyenne, une augmentation des températures de 3°C et une diminution des pluies de 22% sur l’ensemble du pays. Sur le continent, les glaciers du Kilimandjaro sont également touchés et diminuent fortement d’année en année. L’on estime que 82% de la glace qui se trouvait sur la montagne en 1912 ont dorénavant disparu. Le changement climatique provoque de véritables pathologies. Par exemple, la réduction de la qualité de l’air due aux vagues de chaleur et qui peut engendrer des problèmes respiratoires et aggraver les maladies respiratoires, mais amène aussi la malnutrition, un stress thermique et la propagation du paludisme dans les zones où l’on prévoit un accroissement des précipitations et des inondations. Le changement climatique a aussi des répercussions sur le logement. En effet, de nombreux logements ont déjà été détruits à cause des graves inondations et sécheresses. « Des milliers de personnes sont obligées de se déplacer dans d’autres villes et deviennent donc des réfugiés climatiques, sur le continent africain », révèle le GIEC. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont les personnes les plus vulnérables face à ces changements, confrontées à de véritables dangers physiques. Le réchauffement climatique impacte sévèrement les écosystèmes. En effet, les écosystèmes marins et d’eau douce en Afrique de l’Est et australe ont déjà été touchés. Les impacts du réchauffement climatique peuvent aggraver les problèmes de sécurité nationale et accroître le nombre de conflits internationaux comme pour les accès limités aux sources d’eau. VOLONTÉ POLITIQUE – Pour conclure, le continent africain est bien celui qui souffre déjà le plus du réchauffement climatique même s’il est, sûrement le moins responsable de ce changement. Ces effets sont irrémédiables, même dans l’hypothèse d’une limitation de la hausse des températures à 1,5°C, comme fixé dans l’Accord de Paris de 2015. Ils sont, par ailleurs, aggravés par la pauvreté ou l’accès limité à des services. D’ores et déjà, entre 3,3 et 3,6 milliards d’habitants vivent dans des situations très vulnérables au changement climatique. Les experts évoquent les incidences à venir pour les populations avec, en particulier, 1 milliard d’habitants des régions côtières menacés en 2050. Parmi les effets en cascade liés aux catastrophes naturelles de plus en plus rapprochées, le GIEC évoque aussi les conséquences sur la production alimentaire, la hausse du prix des aliments ou encore la malnutrition. Si des efforts ont été réalisés pour réduire les émissions de CO2, les auteurs du rapport dénoncent une inadéquation des moyens mis en œuvre face à la rapidité des changements, signe d’un «manque de volonté politique» avec, pour exemple, le non-respect des engagements de Glasgow 2021 pris lors de la Cop 26 en matière de doublement des budgets pour lutter contre le réchauffement. Un développement résilient au changement climatique est cependant encore possible en consacrant des efforts financiers plus importants dans certains secteurs clés comme la transition énergétique pour réduire les émissions de CO2, une meilleure gestion de l’eau et de l’irrigation mais aussi une meilleure adaptation des cultures aux conditions climatiques via l’agro-écologie et la préservation du milieu naturel (restauration des forêts et des écosystèmes naturels, arrêt de l’urbanisation dans les zones côtières, végétalisation des villes, etc.). Tandis que certaines zones du monde sont déjà dans des situations critiques. Le GIEC met en garde contre des solutions de court terme inadaptées telles que la mise en place de digues sur le littoral, entre autres. « Au rythme de développement actuel, le réchauffement climatique pourrait atteindre 2,7°C à la fin du siècle », alerte le groupe d’experts. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. Le GIEC ne produit donc pas de nouvelles recherches. Il fait le point sur l’état des connaissances, à partir de l’évaluation critique des éléments
Hamdallaye ACI 2000 : L’envers du décor dans le quartier des affaires de Bamako
Par Fadi CISSE Bamako, 09 mar (AMAP) L’Agence de cession immobilière (ACI) a changé fondamentalement le visage de l’ancienne zone aéroportuaire. Principal centre d’affaires de la capitale abritant les sièges de plusieurs grandes entreprises, des restaurants et des commerces, il traîne des problèmes d’assainissement et de viabilisation qui ne sont pas dignes du standing qu’il veut se donner. Les anciens occupants que nous avons interrogés, se disent impressionnés par la mutation de l’ancienne zone aéroportuaire. C’est le cas d’Oumou Traoré, médecin généraliste rencontrée devant sa maison, non loin de la Place «CAN». Elle y habite depuis 20 ans. Notre interlocutrice trouve que l’ACI 2000 est devenu, au fil des ans, un endroit huppé avec des immeubles et autres œuvres architecturales abritant des grandes entreprises, des supermarchés, des restaurants et pâtisseries et disposant de plusieurs espaces de loisir. Un boom architectural qui cache mal certaines tares constatées dans l’évolution de ce quartier. La quinquagénaire déplore, par exemple, l’absence de marché dans le quartier. «Il nous faut marcher à pied, chaque matin, sur la route de Djicoroni-Para pour trouver un marché et faire nos courses pour la cuisine. Raison pour laquelle, souvent, j’achète beaucoup d’articles pour les mettre au frigo», confie-t-elle. « En revanche, se réjouit-elle, il y a beaucoup de supermarchés à l’ACI 2000, dont la plus imposante est Les «Mille et Une merveilles». Hassan Keita tient sa boutique depuis 2007 à l’ACI 2000, du côté du cimetière de Lafiabougou. «Quand je suis venu m’installer, il y avait juste quelques belles maisons en dur à côté des constructions en banco. Maintenant, avec ces grands immeubles, on se croirait en Europe», s’exclame-t-il. Cependant, le boutiquier déplore de sérieuses lacunes de voirie, notamment d’assainissement, car en saison des pluies, plusieurs routes dans ce quartier chic deviennent impraticables pour les usagers. «Faute de collecteurs, pendant la période de pluies, ma clientèle diminue car il faut franchir les eaux usées pour accéder à ma boutique. À cause de cette situation, certains de mes clients préfèrent aller ailleurs», explique-t-il. Le sujet de l’assainissement et des nuisances revient souvent dans les commentaires lorsqu’on parcourt la documentation sur l’ACI. Le 15 avril 2009, le journal satirique ‘Le Scorpion’ titrait : « Hamdallaye ACI 2000, une belle cité insalubre ». Le journal dénonçait les pratiques illégales nuisibles à l’environnement : feux d’ordures la nuit qui polluent l’air, déversement de tas de sable ou débris de matériaux dans les caniveaux, en particulier au niveau des immeubles en chantier. L’article de presse déplorait l’odeur nauséabonde provenant des eaux stagnantes, la prolifération de mouches, moustiques, cafards, crapauds. « Un véritable taudis », selon nos confrères, où se côtoient rongeurs nuisibles et immondices ! Ces nuisances n’empêchent pas le quartier d’être très attractif. Lorsque l’on consulte le site Bamako Immobilier, des terrains sont mis en vente partout, notamment à côté d’emplacements stratégiques: Orca, Avenue du Mali, Radisson ACI, ambassade des États-Unis, Bougie Ba, Fondation Blondin Bèye, Espace Bouna, etc. Les prix s’envolent : 300 m2 cédés à 70, voire 80 millions de Fcfa, 450 m2 à 150 millions de Fcfa, 500 m2 entre 100 et 200 millions de Fcfa, 700 m2 à 300 millions de Fcfa, etc. REGULER LE DÉVELOPPEMENT – L’aménagement du quartier de l’ACI 2000 s’inscrit dans une politique d’urbanisation au long terme. Rencontré dans sa famille, Imrane Abdoulaye Touré, a été directeur national de l’urbanisme et secrétaire général du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population jusqu’en octobre 2021. L’homme est la mémoire vivante de l’urbanisation de Bamako depuis les années 1990. Selon lui, au Mali, la mise en place a été tardive. C’est en 1979-81 qu’est élaboré et adopté le premier Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de Bamako, révisé ensuite en 1990 et en 1995. Cette dernière révision a fait de l’ancien aérodrome de Bamako une zone de développement, dont la mise en œuvre a été confiée à l’Agence de cessions immobilières (ACI), chargée de la viabilisation et de la vente initiale aux enchères des terrains. « En 1995-96, un plan d’urbanisation sectorielle est défini », précise Imrane Abdoulaye Touré. Pour l’expert, ces dispositions ont constitué un progrès, car à l’époque Bamako comportait beaucoup de quartiers spontanés, nés de l’attribution de parcelles par les chefs coutumiers. «La vente aux enchères instaurait aussi une certaine transparence. Par la suite, la spéculation a décuplé le prix des terrains. Si à l’origine, ceux-ci ont pu être vendus autour de 35.000 Fcfa/m2 (70.000 au maximum), ils peuvent atteindre aujourd’hui 300.000 à 400.000 Fcfa/m2», détaille notre interlocuteur. P récisant que la viabilisation de la zone a été correcte, Imrane Abdoulaye Touré ajoute que les carences constatées ultérieurement dans la gestion de l’assainissement sont dues à un chevauchement de responsabilités entre l’ACI et les collectivités. « Par exemple, le dépôt des ordures était prévu pour chaque lotissement, mais les collectivités n’ont pas toujours respecté ces dispositions », dit-il avant de souligner que « dans ce cas la décentralisation a accentué la dilution des responsabilités et le désordre ». METTRE À JOUR ET APPLIQUER LES TEXTES – « D’une façon générale, relève Imrane Abdoulaye Touré, le cadre règlementaire est suffisant ». Par ailleurs, il estime que la stratégie d’urbanisation a besoin de Schémas régulièrement mis à jour (en principe tous les 5 ans). Or, il a fallu attendre 2005 pour voir une proposition de nouveau schéma directeur, et celle-ci n’a pas été suivie d’effet. «Même dans le cas actuel, on peut considérer que les textes existent, mais qu’il y a un problème d’application, dans une situation où beaucoup d’intérêts sont en jeu. Bref, il faut vraiment qu’on ait un document de planification adapté au contexte actuel», propose-t-il. Selon l’actuel directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, « le bilan du plan d’urbanisme de l’ACI 2000 peut être considéré comme positif, malgré quelques points d’ombre ». Amadou Doumbia note que « l’ACI a permis une modernisation et une verticalisation des constructions en vue de la densification urbaine ». Ce qui peut être considéré comme une rupture par rapport aux pratiques de la IIè République : lotissements non viabilisés, constructions en banco, prolifération des quartiers spontanés. Pour le directeur de l’urbanisme
Bla célèbre la journée internationale de la femme
Bla, 9 mars (AMAP) Le Cercle de Bla, à l’instar des autres localités du pays, a célébré mardi 8 mars, la journée internationale de la femme, sous la présidence du préfet, Mme Fanta Samaké sur le thème : « Rôle de la femme dans le processus de refondation du Mali », a constaté l’AMAP. La cérémonie a été organisée par la CAFO locale et communale en collaboration avec le service local de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, en présence des élus locaux, des représentants de l’administration et de plusieurs femmes. Au démarrage des festivités de la journée, la secrétaire générale du bureau communal de la CAFO et présidente de la CAFO locale Madame Djiré Mariam Diarra a souhaité la bienvenue à tout le monde avant de demander aux femmes du cercle de se lever et faire de ce thème de cette année une réussite totale, car vouloir c’est pouvoir. Quant au chef du service local de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, M. Djigui Togo, il a salué le dévouement, l’engagement et l’union des femmes de Bla qui lui ont facilité l’accomplissement de ses missions dans le cercle. Selon le chef du SLPFEF, beaucoup d’activités ont été menée et d’autres sont en cours. Dans son discours, il a annoncé l’arrivée de l’ONG Terre des Hommes à Bla qui va travailler avec les femmes et les enfants surtout les Personnes Déplacées Interne (PDI). Cette ONG qui intervienne dans les communes de Touna, Yangasso et Bla est marraine de l’édition de cette année. Monsieur Djigui Togo chef du service local de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille a édifié les gens sur la protection et Risques encourus par les enfants en contexte d’urgence. En 2021 et 2022, les services du Développement social et de l’économie solidaire de Bla et Yangasso ont enregistrés 193 ménages déplacés avec 1020 personnes dont 549 femmes. Mme Fanta Samaké a, pour sa part, invité les femmes de toutes les structures de la CAFO a plus d’engagement pour faire cette idée de refondation du Mali des plus hautes autorités de la transition une réussite. La femme, mère de l’humanité, a un rôle très important dans notre société en matière de refondation et de construction. Pour terminer son allocution, madame le préfet invite les femmes de Bla à l’union pour aller de l’avant. Avant de clore les activités de la journée, place a été donnée à la Troupe Djonkala pour un sketch sur le rôle des femmes dans la transition qui a été beaucoup apprécié, suivi d’un concours de danse entre les enfants avec des prix composés de sacs d’écolier, des cahiers, des bics et des ardoises offerts par l’ONG Terre des Hommes car qui parle de femme, parle aussi de l’enfant. Le rôle de maître de cérémonie a été confié aux femmes et une animation à grand public a mis fin aux activités de cette journée internationale de la femme célébrée à Bla. MO/KM (AMAP)
Tombouctou : Barkhane élimine un cadre historique d’AQMI, selon l’état-major des Armées françaises
Bamako, 08 mar (AMAP) L’état-major des Armées françaises a annoncé, lundi, la neutralisation d’un haut cadre historique d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) du nom Yahia Djouadi alias Abou Ammar Al Jazairi. Selon le communiqué, dans la nuit du 25 au 26 février 2022, la force Barkhane a conduit une opération visant ce chef terroriste algérien, à environ 100 km au nord de Tombouctou. Après l’avoir localisé dans une zone connue pour être un refuge des groupes appartenant à AQMI et au JNIM/RVIM, puis formellement identifié, « il a été neutralisé par une intervention au sol appuyée par un hélicoptère de reconnaissance et d’attaque Tigre et deux drones français », précise l’État-major des armées françaises. Selon la même source, lors de la reconnaissance de la zone qui a suivi, des munitions ont été détruites et de l’armement saisi. Pour l’état-major des Armées françaises, Abou Ammar Al Jazairi était un cadre historique d’AQMI. Il était une figure du djihadisme algérien. Il a été engagé dans un maquis du Groupe islamique armé (GIA) en 1994 puis par le Groupe islamique pour la prédication et le combat (GSPC). Après avoir été le conseiller militaire de l’Émir historique Abdelmalek Droukdel, neutralisé le 3 juin 2020 par les forces françaises de l’opération Barkhane, il sera nommé Émir de la région Sud d’AQMI en 2007. Nommé Émir d’Aqmi en Libye en 2015, il a été contraint, à la suite des neutralisations successives des cadres d’AQMI de gagner le Mali en 2019 où il s’installe dans la zone de Tombouctou. Il y appuie la structuration et coordonne l’approvisionnement de matériels au profit du haut commandement du JNIM et d’AQMI. Il assure également le rôle de coordinateur financier et logistique du groupe. Avec sa neutralisation, un acteur historique de l’expansion d’Al Qaïda et du terrorisme djihadistes en Afrique de l’Ouest a été mis hors d’état de nuire. Cela permet d’affaiblir une nouvelle fois, la gouvernance d’Al Qaïda et prive le Rassemblement pour la victoire de l’islam et des musulmans (RVIM) d’un relais majeur au nord du Mali et dans la zone de Tombouctou en particulier. Aussi, la mort d’Abou Ammar Al Jazairi marque l’isolement de l’Émir du JNIM Iyad Ag Ghali qui voit la disparition de toutes les figures expérimentées de son entourage, fragilisant la cohésion et le commandement du RVIM. DD/MD (AMAP)
Tribune pour le Secrétaire général : « Un relèvement durable et féministe »
Alors que le monde s’apprête à célébrer la Journée internationale des femmes, les femmes voient leurs droits régresser. Nous en payons tous le prix. Les crises en cascade de ces dernières années ont montré à quel point le leadership des femmes est plus crucial que jamais. Les femmes ont fait face à la pandémie de COVID-19 avec héroïsme, en tant que médecins, infirmières, agents de la santé publique et travailleurs sociaux. Mais dans le même temps, les femmes et les filles ont été les premières à perdre leur emploi et leur accès à l’enseignement, à assumer davantage de tâches non rémunérées et à subir la montée en flèche des violences domestiques, des cyberatteintes et des mariages d’enfants. La pandémie a mis en lumière une vérité ancestrale : les racines du patriarcat sont profondes. Notre monde et notre culture restent dominés par les hommes. Par conséquent, dans les bons moments comme dans les mauvais, les femmes risquent davantage de basculer dans la pauvreté. Leurs besoins de santé sont sacrifiés et leur accès à l’éducation, tout comme leurs perspectives sont réduits. Et dans les pays en conflit – que ce soit en Éthiopie, en Afghanistan ou en Ukraine – les femmes et les jeunes filles sont les personnes les plus vulnérables, mais aussi les voix les plus éloquentes pour la paix. À l’heure où nous nous tournons vers l’avenir, le seul relèvement durable qui donnera les mêmes chances à chacune et chacun est un relèvement féministe, résolument centré sur l’avancement des femmes et des filles. Nous devons réaliser des progrès économiques, à travers des investissements ciblés dans l’éducation, l’emploi, la formation et le travail décent des femmes, qui devraient être les premières à bénéficier des 400 millions d’emplois que nous sommes appelés à créer d’ici à 2030. Nous avons besoin de progrès social, à travers des investissements dans les systèmes de protection sociale et l’économie des soins. Ces investissements ont d’énormes retombées : ils créent des emplois verts et durables tout en soutenant les membres de nos sociétés qui ont besoin d’aide, notamment les enfants, les personnes âgées et les malades. Nous avons besoin de progrès financiers et de réformer un système financier mondial en faillite morale, afin que tous les pays puissent investir dans une reprise économique axée sur les femmes. Cela doit inclure un allègement de la dette et des systèmes fiscaux plus équitables qui permettront de rediriger une partie de l’énorme richesse accumulée autour du monde vers celles et ceux qui en ont le plus besoin. Nous avons besoin d’une action climatique urgente et transformatrice, pour inverser l’augmentation dangereuse des émissions et des inégalités de genre, qui plongent les femmes et les filles dans une situation de grande vulnérabilité. Les pays développés doivent de toute urgence tenir leurs engagements en matière de financement et d’assistance technique pour garantir une transition juste et l’abandon des combustibles fossiles. Les économies stables et prospères de l’avenir seront vertes, inclusives et durables. Nous avons besoin de plus de femmes à la tête des gouvernements et des entreprises, y compris de femmes ministres des finances et chefs d’entreprises, pour élaborer et mettre en œuvre des politiques vertes et progressistes bénéfiques pour toutes et tous. Nous savons, par exemple, que les parlements qui comptent le plus de femmes sont ceux qui prennent les engagements les plus forts en faveur du climat et qui investissent le plus dans les soins de santé et l’éducation. Nous avons besoin de progrès politiques, à travers des mesures ciblées permettant aux femmes d’accéder aux hautes responsabilités et d’être représentées, sur un pied d’égalité avec les hommes, à tous les niveaux de la prise de décision politique, grâce à des quotas de genre audacieux. L’inégalité de genre est par essence une question de pouvoir. Pour déraciner des siècles de patriarcat, il faudra partager ce pouvoir équitablement, dans toutes les institutions, à tous les niveaux. À l’ONU, nous avons atteint – pour la première fois dans l’histoire de l’Organisation – la parité dans les équipes dirigeantes du Siège et de nos bureaux du monde entier. Cela a considérablement amélioré notre capacité à mieux refléter et représenter les communautés que nous servons. À tout moment, nous pouvons nous inspirer des femmes et des filles qui luttent pour le progrès dans tous les domaines et partout dans le monde. Les jeunes femmes qui font campagne pour le climat sont à la tête des efforts mondiaux visant à faire pression sur les gouvernements pour qu’ils respectent leurs engagements. Les défenseuses des droits des femmes revendiquent courageusement l’égalité et la justice et construisent des sociétés plus pacifiques en tant que gardiennes de la paix, architectes de la paix et travailleuses humanitaires dans des zones de conflit et ailleurs. La démocratie est plus forte dans les sociétés où les mouvements pour les droits des femmes sont dynamiques. Lorsque le monde investit pour élargir les opportunités pour les femmes et les filles, c’est toute l’humanité qui y gagne. L’heure est venue de faire avancer les droits des femmes. C’est une question de justice, d’égalité, de moralité et tout simplement de bon sens. Nous avons besoin d’un relèvement durable et féministe, centré sur les femmes et les filles, et mené par elles.
Deux casques bleus tués par un engin explosif improvisé à Mopti, dans le Centre du Mali (MINUSMA)
Bamako, 07 mar (AMAP) Un convoi logistique de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), qui se rendait à Tombouctou (Nord), a heurté, ce lundi, un Engin explosif improvisé (EEI) dans la Région de Mopti 9Moption0 annonce la mission onusienne au Mali. Selon un premier bilan, précise la MINUSMA, « l’explosion a causé la mort de deux casques bleus et blessé quatre autres ». Le Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et Chef de la MINUSMA (RSSG), El-Ghassim Wane, cité par le communiqué, condamne « vigoureusement » cette attaque. Selon la même source, il rappelle que « les attaques visant des soldats de la paix des Nations Unies peuvent constituer des crimes de guerre au regard du droit international ». M. Wane appelle « les autorités maliennes à ne ménager aucun effort pour identifier les auteurs de ces attaques afin qu’ils puissent être rapidement amenés devant la justice ». Le diplomate onusien souligne que cette « nouvelle attaque, tout comme les autres qui l’ont précédée, rappellent à nouveau l’impérieuse nécessité d’efforts encore plus soutenus pour stabiliser le Centre du Mali ». Le RSSG présente ses « condoléances les plus attristées au gouvernement des défunts Casques bleus, ainsi qu’à leurs familles et à leurs frères d’armes et souhaite prompt rétablissement aux blessés ». Dans la même Région, sept Casques bleus togolais ont été tués par un engin explosif, le mercredi 08 décembre 2021, précisément dans la zone de Bandiagara (Centre). SS/MD (AMAP)
Plusieurs chefs terroristes neutralisés par l’Armée malienne à Mondoro (Centre)
Bamako, 07 mar (AMAP) L’Etat-major général des Armées annonce que « des actions offensives aériennes à travers des frappes ciblées ont détruit des plots logistiques et des convois ennemis », après l’attaque du camp de Mondoro, vendredi. Dans un communiqué de la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA) publié, dimanche, l’état major indique que « des observations après recoupements, ont permis de confirmer les pertes importantes infligées aux terroristes » L’Armée annonce que « neuf corps ennemis, en état de putréfaction », ont été découverts pendant le ratissage tout autour de la garnison de Mondoro. Elle ajoute que certains leaders terroristes ont été neutralisés. Il s’agit de « Iboune Ibrahim et Malam Aboubacar tous de nationalité nigérienne, Alfousseni Barry, Iboune Younoussa alias Bobala et Nouhoum Dicko, tous de nationalité burkinabé, Hassani Barry du village de Dialoubé, Amadou Dicko du village de Boni, Ague Issa alias Nassourou, tous de nationalité malienne », précise le communiqué. Selon la même source, des missions d’observation et de renseignement en profondeur ont permis de localiser les zones de repli de certains groupes terroristes. Les Forces armées maliennes (FAMa) « continuent de consolider les acquis de leur réaction vigoureuse contre la coalition des groupes armés terroristes en débandade dans la zone de Mondoro depuis le 04 mars 2022 », ajoute le communiqué. Enfin, ajoute le texte, « un groupe de 16 militaires ayant continué le combat dans le secteur Nord-Est de Mondoro a pu être récupéré et a confirmé l’ampleur des dégâts subis par les groupes armés terroristes ». « La situation est sous contrôle dans la zone de Mondoro (et) la dynamique offensive dans le cadre du plan Maliko et de l’Opération Kèlètigui se poursuit », aura l’état-major. AT/MD (AMAP)
Rencontre communautaire avec les leaders locaux de la commune de Youwarou
Youwarou , 07 mar (AMAP) Une rencontre des leaders communautaires de la Commune rurale de Youwarou (Centre), s’est tenue récemment à la Maison des jeunes de la ville, dans le cadre de la mise en œuvre du projet communautaire autour des ressources naturelles partagées. La rencontre avait pour objectifs, entre autres, de faire le point des activités réalisées et d’échanger sur les perspectives du projet, d’identifier des projets communautaires intra-village et de procéder à la présélection des projets identifiés. Organisée par l’ONG, International Rescue Committee (IRC), la rencontre était présidée par l’adjoint au maire de Youwarou, Abdoulaye Thiao et a vu la participation des représentants des services techniques, les leaders communautaires, femmes et jeunes des 16 villages qui composent la collectivité couvert par le projet « Alliance pour la cohésion sociale et la résilience (ACOR)» au Mali financé par l’Union européenne (UE). A l’entame des travaux, le chef du projet, Seydou Oumar Bah, a rappelé que ACOR est destiné à assister les ménages les plus vulnérables des communes de Youwarou, Léré et de Nampala (Centre) au Mali et la Commune de Fassala, en Mauritanie. Selon le responsable du projet, il s’agit, pour le consortium constitué de cinq ONG dont IRC en charge de la mise en œuvre de ce programme d’urgence pour la stabilisation des espaces frontaliers du G5 Sahel, d’améliorer les conditions de vie et de résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des populations vulnérables des régions les plus fragiles du Mali et de la Mauritanie. Pour une durée de quatre ans, le programme a démarré le premier janvier 2020 et prend fin le 31 décembre 2023. « Au cours des deux années d’exercice, ACOR a mené des activités de distribution alimentaire, de transferts monétaires, d’appuis au développement économique des ménages bénéficiaires, de renforcement de l’épargne local et de crédit », a expliqué Seydou Oumar Bah. Suite a l’intervention du chef de projet, les représentants des 16 villages de la Commune, repartis en groupe de travail, ont classé les villages en cinq secteurs et identifié cinq projets communautaires permettant le développement économique, source de cohésion sociale entre les communautés de Youwarou. Les participants se sont réjouis des résultats à mis parcours du « projet mis en œuvre dans la plus grande transparence avec l’implication des bénéficiaires ». SC/MD (AMAP)
Les FAMa éliminent sept terroristes à N’Tahaka, près de Gao, dans le Nord du Mali
Bamako, 07 mar (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené, tôt lundi matin, une riposte aéroterrestre qui a fait « un bilan provisoire de 7 morts côté assaillants » et « de deux morts et deux blessés légers côté FAMa », a précisé l’Armée. «Très tôt ce matin (Ndlr, lundi) les FAMa ont repoussé une attaque de Groupes armés terroristes (GAT) sur les troupes basées à N’Tahaka, dans la région de Gao (Nord) », a annoncé, lundi, un communiqué l’état-major général des Armées. Selon la même source, les FAMa poursuivent « la fouille dans tout le secteur et continuent de chercher la provenance de ces terroristes dans la zone ». « L’état-major général des Armées présente ses condoléances les plus attristées aux familles des militaires tombés sur le champ d’honneur et souhaite prompt rétablissement aux blessés », indique le communiqué Il donne « l’assurance que la mission de protection des personnes et leurs biens continuent dans ces zones ». MT/MD (AMAP)
Des bandits armés tuent un chauffeur sur l’axe Goundam-Tombouctou
Goundam, 07 mar (AMAP) Un chauffeur de taxi d’à peine quarante ans, marié père de deux enfants, a été sauvagement assassiné alors qu’il était au volant de son véhicule en direction de Goundam. Mohamed Lamine Ahmadou appelé, généralement, Sangho, à la tête d’un convoi de cinq véhicules, avait parcouru environ vingt kilomètres, depuis son départ de Tombouctou sur la Route nationale (RN 33), dans les environs de Nibket, quand il essuya le tir fatal. A l’approche du convoi, des bandits armés en embuscade ont tiré sur son véhicule peint en jaune et vert, le distinguant des autres. La balle traversa la portière de la voiture et toucha le chauffeur mortellement au ventre. La victime qui perdait beaucoup de sang a été assistée par un des passagers pour arrêter le véhicule. Les autres véhicules ont pu échapper aux tirs. Quelques temps après, les Forces armées maliennes (FAMa) arrivèrent sur les lieux et le transportèrent à l’hôpital de Tombouctou oû il rendit l’âme. Selon les passagers du véhicule, les bandits armés ont conduit tous les occupants dans la broussaille pour les fouiller et les dépouiller de tous leurs biens. Un autre passager s’est dit très indigné que les bandits aient fouillé les poches du chauffeur agonisant pour voler tout ce qu’il avait sur lui avant, de se retirer au moyen de leur moto. Les obsèques du défunt ont mobilisé toute la ville de Goundam dont les populations lui ont rendu un dernier hommage au défunt. L’amertume et la tristesse se lisaient sur tous les visages. Certains ont évoqué la gentillesse, la disponibilité, le respect qui caractérisaient le jeune chauffeur, natif de Goundam et très apprécié de la jeunesse de de la ville. AAT/MD (AMAP)

