Aigles : Eric Sékou Chelle, «Je suis content d’être là »
Bamako, 20 mai (AMAP) Le nouveau sélectionneur des Aigles, l’ancien international malienEric Sékou Chelle, est arrivé, jeudi, à Bamako, en provenance de Paris, après plusieurs jours d’attente, a constaté l’AMAP sur place. A sa descente de l’avion, qui a atterri à l’Aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou à 14h30, Eric Sékou Chelle a été accueilli par le colonel Séga Diakité, membre du comité exécutif de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), des membres de sa famille. Les supporters étaient également présents à l’aéroport. «Je suis très content d’être arrivé à Bamako. Je suis content de l’accueil des supporters et de la famille. On va vite aller à la fédération parce qu’on a une petite réunion de travail ce soir (hier soir, ndlr)», a déclaré Éric Sékou Chelle, avant d’évoquer son programme. «Mon programme, c’est beaucoup de réunions de travail. Pour ce qui concerne le match du 4 juin contre le Congo, nous allons nous y atteler vite pour être prêt avant ce rendez-vous», a-t-il annoncé. Le nouveau sélectionneur des Aigles a signé un contrat de trois ans avec l’instance dirigeante du football national. Les missions assignées à l’ancien international s’articulent autour de trois grands objectifs : qualifier la sélection nationale à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2023 et atteindre au moins les demi-finales, conduire l’équipe en finale de la CAN 2025 et la qualifier à la phase finale de la Coupe du monde 2026. Le premier rendez-vous qui attend Eric Sékou Chelle est le match Mali-Congo, comptant pour les éliminatoires de la CAN 2023 et qui se disputera le samedi 4 juin au stade du 26 Mars. Cinq jours plus tard (9 juin), la sélection nationale affrontera le Soudan du Sud, dans un match délocalisé à Kampala (Ouganda) pour le compte de la deuxième journée des éliminatoires. Le troisième pays de la poule des Aigles (la poule G) est la Gambie que le capitaine Hamari Traoré et ses coéquipiers rencontreront, lors de la troisième journée des éliminatoires. Entre temps, il est prévu un match amical contre l’Equateur, aux Etats-Unis. Selon une source proche de la FEMAFOOT, le nouveau sélectionneur national animera une conférence de presse au cours de laquelle le technicien dévoilera la liste des joueurs retenus pour les deux premiers matches de la CAN face, respectivement aux Diables du Congo et aux Tigres sud soudanais. SSK/MD (AMAP)
Festival Bélénitugu: Un levier de développement
Par Amadou SOW Bamako, 20 mai (AMAP) Véritable fête populaire à Somasso, une Commune rurale, à 35 Km de Bla avec une superficie de 2.185 Km et 17.000 habitants, le Festival Bélénitugu s’impose, désormais, dans l’agenda culturel de la localité. La 7è édition de ce rendez-vous culturel s’est déroulée du 14 au 18 mai derniers sous le thème : «Cohésion sociale, gage d’un Mali résiliant». Au-delà de son aspect festif, le Festival Bélénitugu prend de plus en plus une dimension importante et ses initiateurs veulent en faire un socle de consolidation des rapports humains donc de vivre ensemble. Des centaines de personnes ont ainsi convergé vers la localité en dépit du contexte de sanctions de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), imposées au Mali. A l’entrée du village, la population en nombre a accueilli les délégations venues de Bamako et de l’intérieur pour participer à ce festival qui restitue un pan important de la culture du terroir. La présence massive des festivaliers et la qualité des invités attestent de tout l’intérêt que revêt cette rencontre dont la dimension ne cesse de croître, d’année en année. En tout cas, ceux qui ont la chance de participer à la première édition en 2015 peuvent mieux apprécier toute la dimension prise par ce Festival. Dans une ambiance festive, de vivre ensemble et de partage, le Festival Bélénitugu a tenu toutes ses promesses. Organisé à l’initiative de l’Association pour le développement de Somasso (ADS), en collaboration avec les autorités coutumières et politiques de Bla, l’évènement était présidé par le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné. Le ministre Koné a plaidé pour la paix, la cohésion sociale et l’accompagnement des initiatives de refondation. Il a exprimé sa satisfaction de soutenir les actions de développement de la Commune de Somasso à travers l’aménagement de la forêt de Somasso qui demeure une préoccupation du village. «Nous allons prendre des dispositions pour aménager les six hectares de cette forêt», a annoncé le chef du département en charge de l’Environnement. Au nom des plus hautes autorités, il a salué l‘initiative et demandé à la population de soutenir les actions de la Transition, notamment la refondation d’un Mali nouveau dans la paix et le vivre ensemble. Il a offert une enveloppe d’un million de Fcfa aux «so denw» (ses sœurs de Somasso qui sont aujourd’hui mariées dans d’autres localités) venues participer au Festival. Quant au président de l’Association pour le développement de Somasso (ADS), Markatié Daou, il a exprimésa reconnaissance à l’endroit des partenaires et des personnes qui se sont investies pour la réussite de l’événement. Il a lancé un appel au ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme pour soutenir le Belenitugu qui existe depuis plusieurs siècles dans le Miangala (Somasso). Il a expliqué que le Beleni est un géni protecteur qui est célébré, chaque année, avant l’hivernage pour protéger le village contre le mal. C’est ainsi que « l’ADS a décidé de célébrer, chaque année, le Beleni à travers le Festival », a-t-il ajouté. La grande innovation de cette édition est la renaissance d’une société sécrète (Koté) dont la dernière génération remonte à un peu plus de 45 ans, après leur initiation. Elle est représentée sous une forme de danse traditionnelle. Selon les initiateurs, le Kotè ou Kori en Minianka, est une société sécrète qui prépare les hommes à garder le secret et être endurants. C’est un élément culturel de la communauté minianka qui régit la société et incite les hommes à affronter l’ennemi en cas de conflit. Il ressort des explications fournies que les femmes ne sont pas initiées à ce rite. Les jeunes d’alors étaient initiés après leur circoncision, entre 15 et 18 ans. C’est aussi une stratégie de guerre qui est enseignée aux jeunes pour défendre l’intérêt de la contrée. Auparavant les autorités coutumières et politiques avaient souhaité la bienvenue aux différentes délégations. Cette rencontre est un espace de promotion des jeunes artistes locaux. Les temps forts du Festival ont été la prestation des troupes traditionnelles (Niogo, Koté), celle des enfants à travers un ballet, la projection du portrait de la marraine, la présentation des «so denw», la remise des moustiquaires imprégnées d’insecticide par une compagnie de téléphonie et des médicaments contre le paludisme offerts par Madou Daou, un fils du terroir. Tout comme la production et la présentation d’émissions de divertissement, de débat et ‘Bon appétit’ sur Renouveau télé. Pendant 5 jours, le village de Somasso a été occupé par les festivaliers venus de différentes localités. La programmation artistique était aussi riche avec Mamadou Dembélé dit Dabara et Seydou Daou dit Zamprin, Bonafas et sa troupe folklorique et d’autres artistes de la localité. C’était en présence du chef d’état major de la Garde nationale, le général de brigade Elizé Jean Daou, de membres du Conseil national de Transition (CNT), du directeur général de l’Agence de promotion touristique du Mali (APTM), Sidy Keïta, de membre de l’ADS, la marraine de l’événement, Mme Daou Kadidia Coulibaly, native de Somasso, et le représentant de la compagnie de téléphonie mobile (partenaire officiel du Festival). AS/MD (AMAP)
Maison d’arrêt centrale de Kéniéroba : Un ouvrage pénitentiaire conforme aux normes internationales
Bamako, 20 mai (AMAP) Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué, à la tête d’une importante délégation, a visité, jeudi, le chantier de la Maison centrale d’arrêt (MCA) de Kéniéroba, dans le Cercle de Kangaba, près de Bamako, pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux. Entièrement financée sur le budget national à hauteur de près de 11 milliards de Fcfa, la MCA de Kéniéroba a une capacité d’accueil de 2500 places pour les cellules ordinaires et 72 places pour les cellules VIP. Ce centre de détention construit pour désengorger la MCA de Bamako comprend notamment, des salles d’ateliers, une bibliothèque, une infirmerie, des terrains de sports et des salles polyvalentes. Après un tour guidé des lieux, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a indiqué que cette visite a permis de constater que les travaux entamés en 2017 sont, à présent, terminés. «Toutes les conditions sont réunies pour l’inauguration », a fait savoir M. Kassogué. Selon lui, l’ouvrage respecte toute la dignité de l’homme et réunit tout le confort et les commodités pour un séjour carcéral dans les normes. «Cet ouvrage nous permet de nous arrimer aux standards internationaux en matière de détention », a-t-il relevé, avant de poursuivre que des cellules font en sorte que le détenu n’a pas l’impression de subir une torture pendant son séjour carcéral. Mais que la prison devienne simplement un lieu de méditation pour lui permettre de corriger ses erreurs et de se préparer à sa réinsertion. Selon le directeur national de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée (DNAPES), la création de ce centre va contribuer largement à désengorger la Maison de correction et d’arrêt (MCA) de Bamako. Dans un premier temps, les condamnés de Bamako seront transférés à Kéniéroba et, avec le temps, certains détenus provisoires aussi. « Il sera demandé aux juges d’effectuer le déplacement pour venir vers les détenus pour leur jugement car il y aura toutes les commodités », a assuré Ibrahima Tounkara. Selon le premier responsable de la DNAPES, la construction des infrastructures n’est pas toujours la solution à la surpopulation carcérale. « Tant qu’il y a un dysfonctionnement au sein de l’appareil judiciaire, a-t-il relevé, naturellement il y aura toujours la surpopulation carcérale ». « Pour cela, un effort doit être fait et c’est dans ce cadre que l’État est en train de procéder à la relecture du Code de procédure pénal, pour faire en sorte que nous puissions supprimer définitivement les cours d’assises », a-t-il dit. Et celles-ci vont être remplacées par des Chambres criminelles au niveau de chaque Tribunal de grande instance. Cela, afin d’accélerer les dossiers, renverser la tendance et faire en sorte que, « désormais on ait plus de condamnés que de détenus provisoires ». MK/MD (AMAP)
Koutiala : Quatre personnes enlevées dans la Commune rurale de Sincina (Sud)
Koutiala, 20 mai (AMAP) Quatre personnes de nationalité étrangère ont été enlevées, dans la nuit du 19 au 20 mai 2022, à Sincina, près de Koutiala, dans le Sud du Mali. Selon des sources locales, il s’agit d’un couple d’Italiens, leur enfant et un homme de nationalité togolaise. Le couple dont l’homme s’appelle Zanké et sa femme Djeneba, aurait été enlevé sur un site appartenant aux Témoins de Jéhovah. Le maire de la Commune rurale de Sincina, Ousmane Coulibaly, a confirmé ces enlèvements. Des enquêtes sont ouvertes et les recherches sont engagées pour retrouver les victimes. ID/MD (AMAP)
Niono : La gestion de la crise et la consolidation de la paix au centre des échanges
Niono, 20 mai (AMAP) La salle de spectacle des jeunes de Niono a abrité une session de formation du Réseau Ouest Africain pour l’Édification de la Paix (WANEP) à l’endroit des organisations de la société civile y compris les femmes et les jeunes sur leurs rôles et responsabilités dans la gestion de la crise et la consolidation de la paix, a constaté l’AMAP. La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par l’adjoint du préfet de cercle, Abraham Kassogué en présence des représentants du conseil de cercle et de la mairie de la commune urbaine. Cette session de formation avait pour objectifs de mieux faire connaître aux participants le mandat et le fonctionnement du cadre politique de gestion de la crise ; les engager en faveur de la gestion de la crise et la consolidation de la paix à travers des initiatives soutenues ; faire comprendre aux participants leurs rôles et responsabilités en matière de gestion des conflits et de consolidation de la paix. Durant 02 jours, les participants ont eu droit à des thématiques comme la généralité sur la notion de conflits ; la perception et l’interprétation des conflits ; le rôle de la société civile dans la résolution des conflits. A la clôture de la session, les participants ont montré toute leur satisfaction pour les connaissances acquises et se disent résolument engager à les mettre en pratique pour le bonheur des populations. MS/KM (AMAP)
Mali-Mètre 2022 : La majorité des Maliens satisfaite de la gestion de la Transition (Enquête de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung)
Bamako, 20 mai (AMAP) Quelque 84% des Maliens trouvent que la situation générale du pays s’est améliorée au cours des douze derniers mois, selon les résultats de la 13è enquête d’opinion intitulée ‘Mali Mètre’ de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung rendus publics, jeudi, à Bamako. Durant la même période, 8% des personnes sondées estiment que la situation du Mali s’est plutôt détériorée. Le même nombre de Maliens pense que la situation est restée au même niveau, indiquent ces résultats. L’enquête a été menée auprès de 2.344 personnes âgées de 18 ans ou plus dont 50% de femmes. Cette enquête d’opinion politique est menée au Mali depuis fin 2012. Elle a recueilli les opinions des Maliens sur différentes questions marquantes de l’actualité ou décisives pour le présent et le futur du pays. Selon Christian Klatt, qui a présenté les conclusions du sondage, la proportion de personnes estimant que la situation générale du pays s’est améliorée a augmenté de 50% par rapport à 2021 et de 58% en comparaison à 2017. Toutefois, a-t-il précisé, elle est de 20% en deçà des statistiques se situant entre 2019 et 2021. Outre l’évolution de la situation générale du pays, le sondage d’opinion a interrogé les défis auxquels le Mali est confronté actuellement. En la matière, 76% des sondés se sont dit préoccupés par la lutte contre l’insécurité. Si la lutte contre l’insécurité alimentaire inquiète 48% des songés, celle contre le chômage des jeunes est un défi majeur pour 41% de personnes interrogées. La lutte contre la pauvreté focalise l’attention de 40% d’entre eux. Ces préoccupations restent presque les mêmes que celles soulevées lors des cinq dernières années, a noté le présentateur du rapport d’enquête. Les principaux défis et priorités du Mali évoquées à l’occasion étaient entre autres, la lutte contre l’insécurité, le chômage des jeunes, la lutte contre l’insécurité alimentaire, la pauvreté ainsi que l’amélioration du système éducatif. Concernant la gestion de la Transition, a exposé Christian Klatt, plus de neuf personnes sur dix sont satisfaites, dont 67% très satisfaits et 28% plutôt satisfaits de la gestion de la Transition. Parmi les autorités de la Transition, le président de la Transition est la personnalité en qui les personnes enquêtées ont le plus confiance avec un taux de 72%. Par rapport aux partenaires internationaux, les principales attentes des Maliens sont : la lutte contre l’insécurité (75%), la lutte contre l’insécurité alimentaire (42%), la lutte contre le chômage des jeunes (39%) et la lutte contre la pauvreté (36%). Plus de la moitié des enquêtés estiment que les conflits inter et intracommunautaires sont inexistants, note le document. L’enquête s’est également intéressée aux principales sources d’information des Maliens sur l’actualité. À ce niveau, Il a été constaté que 38% des Maliens s’informent à travers la radio, 27% par la télévision, 11% sur Facebook, 8% sur les sites internet et 8% par le bouche à oreille. Cette enquête a été menée auprès de 2.344 personnes âgées de 18 ans ou plus se trouvant dans les capitales régionales et le District de Bamako du 13 mars au 4 avril 2022. La taille de l’échantillon a été fixée suivant la formule d’estimation d’une proportion. Sa taille finale a tenu compte de deux autres aspects : ajustement des régions à faible poids et anticipation de la non réponse. Le tirage de l’échantillon a été fait de sorte à assurer la représentativité de la population vis-à-vis de sa structure démographique. Comme technique de collecte, les enquêteurs ont utilisé la méthode des quotas avec des catégories comme le sexe, l’âge et le niveau d’instruction. Le plan d’échantillonnage adopté garantit une représentativité égalitaire entre les deux sexes (50% de l’échantillon enquêté sont des femmes). FC/MD (AMAP)
Abdoulaye Diop devant les ambassadeurs africains à Moscou : « Le Mali reste dans la dynamique des négociations avec la CEDEAO»
Envoyé spécial B. TOURE Moscou, 20 mai (AMAP) « Le Mali reste dans la dynamique des négociations avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a déclaré, jeudi, à Moscou le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Le chef de la diplomatie malienne, à la tête d’une délégation ministérielle qui séjourne dans la capitale russe, a rencontré, en fin d’après-midi à l’ambassade du Mali, le groupe des ambassadeurs africains en poste à Moscou. Ce séjour, entamé mercredi avec pour objectif d’explorer les voies et moyens d’établir un pont économique et commercial entre le Mali et la Russie. Devant les diplomates africains en Russie, M. Diop a expliqué le point de vue du Mali sur la crise que le pays traverse, notamment la controverse entre le Mali et la CEDEAO, qui dure depuis de longs mois. « Le Mali subit les sanctions qu’il juge illégales de la part de l’organisation communautaire à cause d’une divergence de lecture de la crise », a estimé Abdoulaye Diop pour qui l’analyse de la CEDEAO était trop centrée sur l’organisation des élections. « Tandis que pour les Maliens, la profondeur de la crise oblige à mener des réformes politiques et institutionnelles avant d’appeler les citoyens aux urnes », a argumente M. Diop. Selon lui, Il y a une juxtaposition de crises (politique, sécuritaire et de gouvernance) qui rend la situation très complexe au Mali. Cependant, le chef de la diplomatie malienne s’est réjouit de la récente évolution positive augurant qu’un accord est dans l’ordre du possible dans un bref délai. « Les partenaires adhèrent à l’idée des reformes et les positions se sont rapprochées », a apprécié Abdoulaye Diop, tout en assurant que le Mali reste dans la dynamique des négociations. Il a, également précisé que son pays n’a pas désigné un nouveau médiateur en sollicitant l’appui du président togolais, Faure Gnassingbé.« Goodluck Jonathan reste le médiateur désigné par la Conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO », a-t-il dit. Auparavant, le chef de la diplomatie malienne a précisé que sa visite dans la capitale de la Fédération de Russie. avait pour objectif d’établir un pont économique entre Bamako et Moscou. « Il s’agit, a-t-il expliqué, de porter les échanges commerciaux au niveau des relations dans le domaine militaire. « La délégation malienne est présente à Moscou pour explorer les voies et moyens d’un approvisionnement correct du Mali en biens de consommation », a-t-il repeté. Abdoulaye Diop a, aussi, évoqué d’autres sujets comme le départ de Barkhane du Mali, la dénonciation des accords de défense avec la France, le retrait du G5 Sahel. Sur ce dernier dossier, il a précisé que le Mali tient à conserver des relations bilatérales cordiales avec tous les pays membres de l’organisation sahélienne dont il vient de claquer la porte. « Nous avons été amenés à prendre cette décision pour protester contre l’injustice consistant à empêcher le Mali de bénéficier de son droit à exercer la présidence tournante du G5 Sahel », a-t-il précisé, tout en déplorant le fait que cette situation était due principalement aux manœuvres d’une puissance extra-continentale pour isoler le Mali sur la scène internationale. Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, ce qui vaut au Mali, l’hostilité non dissimulée de certains pays est pourtant le minimum qu’un pays puisse demander dans ses relations avec ses partenaires : la souveraineté dans les choix stratégiques, le respect mutuel, la coopération gagnant-gagnant. Les ambassadeurs présents à la rencontre ont, tour à tour, pris la parole pour exprimer leur solidarité avec le peuple malien et assuré que l’accompagnement de leurs pays respectifs ne fera pas défaut. Tout en soulignant le droit du Mali de choisir ses partenaires, les uns et les autres ont insisté sur la nécessité pour les pays africains d’unir leurs forces pour défendre leurs intérêts et affirmer leur dignité. BT/MD (AMAP)
Visite d’une délégation ministérielle malienne à Moscou : Dans la dynamique du développement des échanges commerciaux
Envoyé spécial B. TOURE Moscou, 20 mai (AMAP) La journée de jeudi de la visite de la délégation ministérielle malienne à Moscou a été marquée par la rencontre avec Maxime Markovitch, directeur du département de la coopération internationale et du développement de l’exportation des produits du Complexe agronomique auprès du ministère russe de l’Agriculture, pour des échanges qui ont porté, notamment, sur les possibilités d’approvisionnement du Mali en blé. Avec M. Markovitch, entouré de ses collaborateurs, la délégation malienne de quatre membres du gouvernement, a eu des échanges sur les possibilités d’approvisionnement du Mali en blé. Les ministres Abdoulaye Diop (Affaires étrangères et Coopération internationale), Alousséni Sanou (Économie et Finances), Mme Dembélé Madina Sissoko (Transports et Infrastructures) et Lamine Seydou Traoré (Mines, Énergie et Eau) ont exprimé la volonté du Mali de développer les échanges commerciaux avec la Russie. À l’image de l’acquisition de matériels dans le domaine militaire, d’autres biens de consommation peuvent être obtenus par le Mali auprès de la Russie. Par exemple, le partenaire russe est, parfaitement, capable de satisfaire les besoins urgents du Mali en blé. La diversification et le développement des échanges commerciaux ouvrira de nouvelles perspectives pour la coopération entre le Mali et la Russie. Le commerce, l’agriculture, les mines, les hydrocarbures, les médias… sont d’autres secteurs dans lesquels les deux parties pourraient développer des opportunités mutuellement avantageuses. Aujourd’hui, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est jugé insuffisant au regard de leurs relations diplomatiques aussi anciennes que cordiales. Au cours des échanges, au deuxième jour de cette visite débutée mercredi, la partie malienne a insisté sur la disponibilité du blé à des prix compétitifs. Le partenaire russe est bien disposé à satisfaire les besoins de Bamako et dans un délai très court. La Russie est l’un des grands greniers à blé à l’échelle mondiale. Le pays fournit déjà cette céréale à 140 pays. Après les discussions avec les ministres, les Russes ont demandé une séance de travail avec les techniciens maliens pour préciser les modalités pratiques des futures transactions. À travers cette démarche, le gouvernement malien entend s’impliquer directement dans l’approvisionnement correct et durable en produits de consommation pour éviter les pénuries et la flambée des prix. L’approvisionnement correct du Mali en blé permet de rendre disponible la farine qui est l’intrant principal dans la fabrication du pain dont le prix est une question très sensible. La hausse incontrôlée du prix du pain qui peut être source de remous sociaux. BT/MD (AMAP)
Musique : Retour au bercail de l’artiste compositeur, Sory Bamba
Par Dramane COULIBALY Mopti, 19 mai (AMAP) Berceau de grandes civilisations de l’Afrique de l’Ouest, le Mali regorge d’immenses richesses culturelles dont les artistes musiciens, comme Sory Bamba, Salif Keïta, Toumani Diabaté et beaucoup d’autres, depuis 1960, année d’indépendance, sont des ambassadeurs de part le monde. Après plusieurs décennies au service de l’art et de la musique du Mali ainsi que de promotion des riches et variées facettes de la culture malienne, Sory Bamba, appelé « le Maître » par les jeunes musiciens, est de retour au pays depuis 2019 et s’est, définitivement, installé dans sa ville natale, Mopti, dans le Centre du Mali. Une des figures emblématiques de la musique malienne, Sory Bamba, est née en 1938 à Mopti, aux confluents des fleuves Niger et Bani, dans le Delta intérieur. A son jeune âge, après être confronté à l’interdiction des parents qui ne voulaient pas le voir faire de la musique, considérée comme réservée aux griots, Sory commença son destin de musicien en jouant de la flûte traditionnelle. Il devient, au fil du temps, multi-instrumentiste, chanteur, auteur compositeur, arrangeur. Interrogé par l’AMAP, sur son parcours de musicien, le doyen dit avoir commencé par créer, avec un groupe d’amis, une fanfare avec la flûte et des instruments à percussion. En 1957, il forma un « groupe de Goumbé » un style de folklore de la Côte d’Ivoire et devient le leader de l’Orchestre régional de Mopti, fondé en 1966. A la faveur de la nomination de Diby Silas Diarra, comme gouverneur de la Région de Mopti, l’orchestre bénéficia d’instruments, Sory Bamba et ses amis comme Sory Traoré dit Sitek, Kissima Traoré, Loré Dédéou et d’autres, sont plus tard rejoint par la formation locale, le « Bani Jazz ». De 1966 à 1974, la formation régionale, sous la direction de Sory Bamba, chef d’orchestre, s’est focalisé sur l’exploitation des rythmes et mélodies du terroir et des styles traditionnels du pays, avec un accent particulier sur la musique Dogon, toute chose qui lui a valu le grand succès enregistré de partout dans le monde. A la fin de l’année 1974, Sory Bamba s’envola pour la Côte d’ivoire où il a rencontré des artistes comme Manfila Kanté, Mory Kanté avec qui il produit, entre autres, ‘Kèlèmagni’, ‘Sérré’, ‘Kéléya’, ‘Soufiana’ et ‘Makoura’. « Mon départ pour la Côte d’Ivoire se justifiait par le désir de saisir des opportunités que ce pays offrait aux artistes pour leur promotion et celle de sa culture avec des studios d’enregistrement, des maisons de disque, des producteurs et des arrangeurs », a expliqué le doyen Sory Bamba. Selon lui, son séjour en terre ivoirienne a, aussi, été l’occasion de découvrir beaucoup d’autres talents africains et internationaux comme Manfila Kanté, qui l’a accompagné jusqu’à Mopti, sa ville natale. « De retour au pays, la moisson d’expériences de ce voyage m’a ouvert les jeux et oriente vers la recherche d’autres talents et artistes musiciens, comme Koko Dembélé et autres, pour renforcer l’existant. A la suite d’un travail de recherche approfondie, l’Orchestre régional a réussi un chef-d’œuvre, un hommage aux masques Dogon intitulé « Kanagayé » (le Kanaga), le plus prestigieux de la contrée », se souvient Sory Bamba. A partir du succès de cet opus, l’Orchestre régional de Mopti fut alors rebaptisé, en 1976, Orchestre Kanaga de Mopti. Sous l’impulsion du vertueux chef d’orchestre, Sory Bamba et le Kanaga de Mopti enregistrent, successivement, avec au bout un grand succès, ‘Kaméléba’ (Le faux galan), ‘Kulukutu’, ‘Yayoroba’, un hymne aux femmes rondes et d’autres titres, non des moindres, comme : ‘Mayel’ (Sory Bamba du Mali) réalisé en 1979 sur une sonorité qui s’apparente au Jazz, influencée par la musique Dogon. Pendant ce temps le mythique Kanaga se hisse au rang d’Orchestre national, après avoir remporté le Premier prix de la Biennale artistique du Mali trois fois consécutives : 1978, 1980 et 1982, un an après le départ de Sory. En 1981, Sory Bamba fasciné par la culture, se lance dans une nouvelle aventure, celle de faire la promotion de la culture Dogon qui le conduit en Côte d’Ivoire, puis en France où il s’installe. Considéré comme le plus grand promoteur du patrimoine culturel Dogon, il organise des tournées en Europe, avec des groupes de danseurs et musiciens venant du plateau Dogon et enseigne des cours de percussion et de danse au Café de la Gare à Paris. Pendant son séjour en France, parallèlement à l’enseignement, il enregistre trois albums : ‘Sigui’ en 1989 dédié à Djéli Baba Sissoko, ‘Mali-ballon’ (en l’honneur de l’équipe nationale de football, Les Aigles) en 2001 et ‘Dogon Blue’ en 2010. Ces consécrations lui ouvrent la voie d’une vaste tournée au Japon, Espagne, France et Allemagne. Ce monument de la musique malienne a signé son retour définitif au bercail en 2019 et vit ses 84 hivernages, en bonne santé, chez lui, au quartier populaire de Gangal, à Mopti. « J’ai fait ce que j’ai pu. Derrière cela, je regrette ne pas avoir atteint un idéal : celui de créer une musique propre uniquement au Mali, comme le Sénégal l’a fait avec le Mbalax. Je demande aux jeunes générations de travailler à cela’, dit le doyen Bamba. Ses collaborateurs, les administrateurs de la culture et ses admirateurs sont fiers de l’homme et apprécient sa contribution au rayonnement du riche patrimoine culturel malien. Mamadou Kébé, compagnon de tous les temps qui fut le responsable en charge du matériel de Sory, depuis la fanfare jusqu’à l’Orchestre Kanaga, dit de lui que c’est « un homme téméraire, humble, modeste et gros travailleur ». « Il a créé le Kanaga et grâce à son courage l’a conduit à son apogée et à la consécration qui lui ont permis de sillonner le pays et au-delà, dans des pays voisins et d’Europe’, poursuit Kébé. Selon lui, Sory Bamba « reste, pour nous une fierté régionale et nationale, dans le cadre du développement et de la promotion de la culture ». Pour le directeur régional de la Culture de Mopti, Adama Traoré, Sory Bamba « est incontestablement une icône de la musique malienne qui a su sceller un mariage fécond entre le traditionnel et le moderne, en imposant, d’une manière adaptée,
Dr Aly Tounkara : «Le G5 Sahel n’a pas pu combler les attentes des Sahéliens »
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 19 mai (AMAP) « Lorsqu’on fait le bilan du G5 Sahel, huit ans après sa création, cette organisation n’a pas pu combler les attentes des Sahéliens en termes de sécurité et de développement », a déclaré le directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), Dr Aly Tounkara. Toutefois, Dr Aly Tounkara estime que le Mali a procuré certains avantages de cette organisation, notamment les différentes formations assurées par le Collège sahélien de sécurité du G5 Sahel et par le Collège de défense à l’endroit des forces de défense et de sécurité et même de l’administration. Dr Tounkara, dans un entretien avec l’AMAP, sur la décision des autorités maliennes de la Transition de retirer le pays de tous les organes et instances du G5 Sahel, estime qu’avec la nature de la menace terroriste (ses aspects transversalité et universalité), il est extrêmement difficile voire impossible pour un pays, à lui seul, de faire face à cette nébuleuse, ans bénéficier du soutien de ses partenaires ou de ses voisins. «Quand on parle du soutien, il n’y a pas que le soutien en termes de patrouilles conjointes. Imaginons que demain, du moment que le Mali se retire du G5 Sahel, des terroristes soient boutés hors du territoire malien et qu’ils prennent le Burkina Faso comme sanctuaire. Difficilement, les autorités burkinabè vont communiquer avec celles du Mali en termes de partage d’informations», analyse Dr Tounkara, ajoutant que c’est la même chose pour le Niger et la Mauritanie. « Ce dernier pays est même soupçonné depuis un certain temps d’être une sorte de sanctuaire pour les groupes radicaux violents », dit-il. « Avec ce retrait, pense-t-il, les autorités maliennes ont rendu le combat contre les groupes radicaux violents davantage complexe ». Même si le Dr Tounkara reconnait que les raisons d’un tel retrait sont tout à fait réalistes du point de vue de la conformité des textes régissant le G5 Sahel, il estime que sur le plan pragmatique, un tel retrait a des conséquences militaires, même s’il y a une suspension de la coopération conjointe avec le Niger depuis un certain temps pour des raisons liées à la crise diplomatique entre les deux pays. D’après le spécialiste de la sécurité, un tel retrait va forcément mettre le Mali dans une position d’acteur unique dans le cadre de la lutte contre les groupes radicaux violents. «Les textes ont beau être violés par le G5 Sahel, au regard du contexte d’insécurité et des fronts qui sont ouverts par le Mali (CEDEAO, Union africaine (UA), Union européenne (UE) et Nations unies à certains égards), il ne fallait pas ouvrir un autre, même si les raisons restent, certes, très valables», pense l’analyste. Pour lui, cela pourrait, dans un avenir très proche, amener une difficile collaboration du Mali avec les Etats voisins, notamment le Burkina Faso, le Niger et même la Mauritanie. REDÉFINITION DES RAPPORTS – Rappelant qu’il y a des accords bilatéraux entre le Mali et ces Etats pris isolément, Dr Tounkara soutient que ces accords bilatéraux ont été, en grande partie, gommés par la naissance du G5 Sahel. Avec cette suspension, il estime que le Mali va assister à une redéfinition de ses rapports avec ses voisins. Laquelle redéfinition pourrait s’inscrire dans le long temps. Mais dans le même temps, il souligne que la France reste une interface entre le Mali et ses voisins. Dans ce cas, les différentes victoires militaires que le Mali est en train d’engranger dans la lutte contre le terrorisme auront du mal à s’inscrire dans la durée. «Aucune nation n’a le nombre suffisant de militaires pour couvrir l’ensemble du territoire de façon effective et pérenne. Même les armées les plus puissantes comme celles des Etats-Unis, de la France, ne peuvent aucunement assurer une telle fonction en termes de protection et de défense du territoire», explique le directeur du CE3S. Pour Dr Tounkara, les victoires que l’Armée malienne revendique, aujourd’hui, sont à saluer. « Toutefois, selon lui, c’est un succès qui ne peut pas se pérenniser car l’Armée ne peut pas être présente sur toute l’étendue du territoire, en tout lieu et à tout moment ». C’est pourquoi, il soutient qu’avec le retrait du Mali du G5 Sahel, il faut s’attendre à un Liptako-Gourma peu contrôlé, à une possible incursion de groupes radicaux dans les localités censés être contrôlés par les trois pays, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger. D’après le directeur du CE3S, « même si le G5 Sahel n’est pas efficace comme réponse militaire, il permet, quand même, à certains égards, de rendre fluides les renseignements et informations entre les États membres ». Dr Tounkara soutient qu’on ne peut pas nier la légitimité et la légalité de la décision de suspension du Mali. Mais pour lui, « sa pertinence pose un problème ». DD/MD (AMAP)

