Baisse du PIB au Mali, selon les Perspectives économiques en Afrique 2022 de la BAD
Envoyée spéciale Aminata D. SISSOKO Accra, 26 mai (AMAP) Au Mali, « la croissance du PIB devrait tomber à 2,1 % en 2022 en raison des effets des sanctions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), associés à l’impact du conflit russo-ukrainien, qui réduiraient la demande de services et d’équipements intérieurs de 4,2 % (3,4 % contre 4,5 % en 2021) », annonce le rapport sur les Perspectives économiques africaines 2022 de la Banque africaine de développement (BAD). Le document de 206 pages, qui porte sur comment : « Favoriser la résilience climatique et une transition énergétique juste en Afrique », a été publié, mercredi, en marge des Assemblées annuelles de la BAD qui se tiennent depuis le 23 mai 2023 à Accra, dans la capitale ghanéenne. Au cours de la cérémonie organisée pour l’occasion, au Centre international de conférences d’Accra, en présence du président du Groupe de la BAD, Akinwumi Adesina, et de nombreux invités, l’économiste en chef par intérim et vice-président chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances du Groupe de la BAD, Kevin Chika Urama, a présenté des points saillants du document. Le rapport sur les « Perspectives économiques en Afrique 2022 » est structuré en trois parties : la performance et perspectives économiques de l’Afrique ; la résilience climatique énergétique et transition énergétique juste en Afrique ; le financement de la résilience climatique et une transition énergétique juste en Afrique : stratégies et instruments. Il propose, également, une série de recommandations politiques pour mieux reconstruire et engendrer des économies résilientes en Afrique. Parmi lesquelles, l’accélération de la vaccination contre le Covid-19 et un soutien fort aux industries pharmaceutiques nationales, la réduction de la dépendance à l’égard des sources alimentaires uniques et la révision des cadres de la dette mondiale. En ce qui concerne le Mali, le rapport brosse les Développements macroéconomiques et financiers récents. Il se penche également que sur les questions relatives au changement climatique et options politiques. En plus des perspectives et des risques. Il ressort qu’en l’absence des sanctions économiques en 2021 après le coup d’État de mai de la même année, le Mali a connu une reprise économique avec une croissance de 3,2% après une contraction de 1,2% en 2020, causée par le Covid-19 et un précédent coup d’État en août 2020. Le déficit budgétaire s’est amélioré pour atteindre 4,7 % du PIB en 2021. En terme de perspectives et de risques, il ressort du document que la croissance devrait rebondir à 5,4 % en 2023, soutenue par la reprise de la production de coton (25,5 %), de céréales (5,5 %) et d’or (5,6 %), associée à des prix mondiaux favorables. Une forte reprise dans le secteur industriel (6,1 % contre 2,3 % en 2022) et les services (5,5 %) et une augmentation de la demande intérieure de 5,5 % soutiendront également la bonne performance économique en 2023. L’inflation devrait fortement augmenter à 7,8% en 2022 en raison de l’embargo et du conflit russo-ukrainien mais devrait baisser à 3,1% en 2023, parallèlement à l’augmentation de la production céréalière, à la baisse des prix des produits pétroliers, à la baisse de la base taxable de 50% sur les produits alimentaires importés et à la fixation de prix maximums. À partir de 2023, souligne le document, la dette intérieure devrait dépasser la dette extérieure, ce qui suscite des inquiétudes quant à la viabilité et à un effet d’éviction potentiel sur l’accès des entreprises au crédit. L’embargo imposé au pays, l’instabilité politique, la dégradation de la sécurité, le conflit Russie-Ukraine et les poussées de pandémie constituent des risques majeurs pour les perspectives. Le rapport rappelle que le Mali est le huitième pays le plus sensible aux risques climatiques. Il suggère alors que les options de politique publique devraient, d’abord, être axées sur le renforcement de la résilience climatique via une gestion optimale de l’eau et des aménagements hydro-agricoles. Le Mali devrait modifier son programme d’investissement public pour donner la priorité aux énergies renouvelables afin d’assurer la transition vers une croissance énergétique verte d’ici 2023, conformément à l’initiative Desert to Power de la Banque africaine de développement. Il devrait également augmenter son financement pour la protection de l’environnement qui ne représentait que 1,9 % du budget en 2021. Sur le plan régional, il ressort du document que le Produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique s’est fortement redressé l’année dernière, mais les effets persistants de la pandémie de Covid-19, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la guerre qui s’en est suivie pourraient poser des problèmes considérables à moyen terme. Le PIB de l’Afrique a connu une croissance estimée à 6,9 % en 2021. Les Perspectives économiques en Afrique indiquent, clairement, que « la pandémie et la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourraient laisser une impression durable pendant plusieurs années, voire jusqu’à une décennie. Pendant ce temps, environ 30 millions de personnes en Afrique ont basculé dans l’extrême pauvreté en 2021 et environ 22 millions d’emplois ont été perdus la même année à cause de la pandémie ». Et cette tendance devrait se poursuivre au cours du second semestre de 2022 et en 2023. Les perturbations économiques découlant de la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourraient plonger 1,8 million de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté sur le continent africain en 2022. Ce nombre pourrait encore augmenter de 2,1 millions en 2023. ADS/MD (AMAP)
Mali : L’Armée neutralise une quinzaine de terroristes et fait des prisonniers (état-major)
Bamako, 26 mai (AMAP) L’état-major général des armées maliennes a annonce que les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé une quinzaine de terroristes et fait des prisonniers dans la Région de Bandiagara (Centre) et de Tombouctou (Nord). L’état-major précise, dans un communiqué publié mardi 24 mai 2022, qu’une douzaine de terroristes ont été tués dans la Région de Bandiagara, au cours d’une reconnaissance offensive le 24 mai 2022. « Un pistolet mitrailleur, des fusils de chasse, 09 motos et une somme d’argent ont été récupérés à la suite de ces opérations dans les zones de Diallassagou et Diamwél, respectivement situées à 38 et 40 Km à l’Ouest de Bankass », indique le communiqué. Dans la région de Tombouctou, l’Armée annonce l’interpellation de l’auteur d’un assassinat à Acharane. « Il s’agit d’Ahmad Ahmed Ag Zidou et son complice Inalbarka Ag Moussa », précise la la même source. « Entre 19 et 21 mai 2022, des reconnaissances offensives ont permis d’appréhender une quinzaine de présumés terroristes dont Abdoulaye Barry, Mohamed Alhousseyni Idouane Haïdara, ainsi que la récupération de 18 motos ». Dans la région de Koutiala (Sud), l’armée informe que les priorités opérationnelles ont porté sur l’intensification de la recherche des ressortissants italiens enlevés, le 19 mai 2022, dans la zone de Sinzina. Dans l’exécution de leurs missions, les FAMa viennent en aide aux populations. A cet effet, l’équipe de santé FAMa de l’emprise de Tessit, dans la Région de Gao (Nord), a réalisé des consultations gratuites sur 532 personnes dont 401 enfants et 131 adultes. Cette importante emprise a accueilli, le 23 mai, le commandant du Théâtre Est, en visite d’autorité. L’Etat-major général des armées « invite les populations à se démarquer des terroristes pour minimiser les risques de dommages collatéraux ». Selon les informations de la hiérarchie militaire, « les dernières actions confirment l’enrôlement, la formation et l’emploi des enfants soldats par des groupes armés terroristes ». MT/MD (AMAP)
Esclavage par ascendance à Kayes (Ouest) : Un rapport alarmant de la Commission malienne des droits de l’Homme
Bamako, 26 mai (AMAP) La Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) a indiqué que dans la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, « des personnes sont considérées comme nées esclaves parce que leurs ancêtres ont été capturés et réduits en esclavage ». Dans une étude sur les besoins et attentes des victimes de l’Esclavage par ascendance (EPA), publiée récemment, la CNDSH ajoute que de fait, les familles des victimes « appartiennent aux familles propriétaires d’esclaves depuis des générations ». « Et les personnes considérées comme des esclaves travaillent sans rémunération, peuvent être héritées et sont privées des droits humains fondamentaux», déplore la CNDH. L’organisation souligne que les personnes considérées comme esclaves, et traitées comme telles, ne sont pas des captifs de guerre. «Il s’agit de personnes parties à la recherche de meilleures conditions de vie par le canal de l’exode rural qui se sont installées dans plusieurs localités de la zone», explique le rapport. «Selon les enquêtes, l’hospitalité offerte en milieu Soninké peut conduire à l’esclavage lorsque la personne bénéficiaire se marie avec une femme esclave», regrette la CNDH. Ajoutant que les personnes, qui naissent en situation d’esclavage font l’objet de nombreuses violations de droits humains. « Selon les personnes enquêtées, indique le document, les violences subies sont principalement physiques et morales ». «L’une des mesures importantes ayant conduit à l’exclusion des victimes d’EPA est l’interdiction d’accès à la terre cultivable», déplore l’organisation. En outre, les initiateurs et les partisans de la lutte contre la pratique ont été exclus de l’accès aux différents services sociaux de base. La pratique a, également, provoqué de nombreux déplacements dans la région. La CNDH explique qu’aujourd’hui, les victimes réclament que des actions judiciaires soient prises. Le rapport signale qu’entre 2017 et 2020, 102 plaintes ont été déposées au Tribunal de grande instance de Kayes (Ouest). Quelque 70% des victimes enquêtées s’estiment « non satisfaites » du traitement de leur cas. « Ce pourcentage significatif implique la nécessité d’agir, de façon optimale, dans la prise en charge des victimes de pratique d’esclavage par ascendance », plaide l’organisation. Selon elle, certaines victimes veulent la reconnaissance et la criminalisation de la pratique tandis que d’autres réclament la réparation du préjudice causé par la pratique ainsi que la restitution de leurs terres. Le rapport indique que les Organisations de la société civile (OSC) estiment, aujourd’hui, que « les réponses apportées par l’Etat restent insuffisantes, laissant les victimes dans une situation de vulnérabilité exacerbée ». Alors que l’article 2 de la Constitution du 25 février 1992 dispose que «tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée». La Convention relative à l’esclavage du 25 septembre 1926, le définit comme étant « l’état ou la condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux ». BD/MD (AMAP)
Le président de la Transition annonce un enrôlement biométrique des fonctionnaires du Mali
Bamako, 25 mai (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goita, a annoncé, mardi, un enrôlement biométrique de l’ensemble des fonctionnaires maliens, lors du lancement officiel, à Koulouba, d’un projet pour une gestion plus efficiente des effectifs de la fonction publique de l’État et des collectivités territoriales. « Il apparaît de plus en plus que la gestion des ressources humaines au niveau de la fonction publique de l’État et des collectivités territoriales est entravée par des difficultés qui exigent des solutions plus adéquates si nous voulons donner un sens à notre projet de refondation », a déclaré à cette occasion le président de la Transition, dans son allocution. La maîtrise des effectifs, selon le chef de L’Etat, « au niveau de la fonction publique et des collectivités territoriales et de la masse salariale demeurent un véritable défi à relever ». Le « Système intégré de gestion des ressources humaines des fonctions publiques de l’État et des collectivités territoriales (SIGRH) » est une réforme qui vise à mieux gérer les ressources humaines employées dans le service public. AC/MD (AMAP)
Cinéma : Le film ‘Le bruit du silence’ sort le 26 mai
Bamako, 24 mai (AMAP) La sortie officielle du nouveau film de Souleymane Assétou Diallo « Bruit du Silence’’ est prévue le jeudi 26 mai au Ciné Magic (ex-Babemba), a Bamako, a annoncé le réalisateur du film lors d’une conférence de presse le week-end dernier. M. Diallo, qui avait à ses cotés les réalisateurs Boubacar Belco Diallo et Boubacar Gakou, le coproducteur Bassy Konaté et la comédienne Mme Sangaré Rokia Diallo, au siège du groupe Walaha, à Magnambougou Faso Kanu, a indiqué que le long métrage « Le bruit du silence » est le fruit de plusieurs collaborations et du soutien permanent de certaines personnes comme Boubacar Belco Diallo qui a apporté son expertise dans la réalisation de ce film fiction. Cette production de 84 minutes a été co-produite par Diak-Production et les Films du 7. « Le coût de réalisation était estimé à 20 millions de francs CFA, malheureusement nous n’avons pu mobiliser que 6 millions et c’est le lieu de remercier les comédiens qui ont accepté de jouer sans cachet lors des tournages dans la Commune de Sanankoroba », a dit le cinéaste. « J’ai écrit 70 séquences pour la réalisation ce film et le scénario m’a pris huit longues années de réflexion. Il est fait en langue Bamanankan », a révélé le réalisateur du film. Il a, également, expliqué les difficultés lors de la réalisation du film mais aussi l’accompagnement de la population de Sanankoroba, particulièrement de son chef de village. « Le bruit du silence » est une pure fiction. L’histoire s’est passée à Noumoubougoula, au Sud du Mali. C’est le récit d’un homme malade depuis plusieurs années qui a perdu sa virilité. Il a fait un pacte avec son père, en proposant à son jeune frère Bandjougou d’assurer les nuits de sa femme, sans informer sa fiancée Sanata », a expliqué le cinéaste. Le stratagème fonctionne bien jusqu’au jour où la fiancé de Bandjougou découvre que son futur mari est amoureux de la femme de son grand frère. « Ainsi, la jeune dame exprime sa colère. Elle sera assommée dans la brousse par le couple amoureux pour se débarrasser définitivement d’elle ». Après cet acte inhumain, le couple se rend chez un charlatan pour chercher à éliminer Djigui, le mari malade. Malheureusement la boisson empoisonnée pour neutraliser le malade a fait l’effet contraire « Djigui retrouve sa santé. Constatant son échec, son frère Bandjougou se donne la mort. Et le jour de ses funérailles, la fiancée de Bandjougou qui avait été sauvée par les voisins peulhs revient et raconte au public ce qui lui avait été arrivé. Ainsi, le père dévoile le secret. En fait, ce n’était qu’un cauchemar que Djigui a fait quand il voulait se reposer avant de prendre son bain après le retour du champ. Auparavant, le conférencier a rendu hommage aux « doyens du cinéma malien qui continuent de faire la fierté de notre pays lors de grands rendez-vous du 7è art ». Il a cité le cinéaste Adama Drabo pour son soutien, avant de faire un bref aperçu sur l’historique du cinéma malien. AS/MD (AMAP)
La FAAPA forme sur les techniques et la bonne pratique du journalisme sportif
Ladji M. DIABY Envoyé spécial Rabat, 23 mai (AMAP) Des journalistes et responsables des services sportifs, d’une vingtaine de pays africains, sont en formation, du 23 au 27 mai, à Rabat, au Maroc, sur le thème : «Maîtrise des techniques pour la bonne pratique du journalisme sportif». Cette 15è session de formation organisée par la Fédération atlantique des agences de presse africaines (FAAPA), depuis sa création en 2014, se déroule au Centre africain de formation des journalistes (CAFJ) dans les locaux de l’Agence marocaine de presse (MAP). Au cours de la session, plusieurs modules seront abordés, notamment les techniques et pratiques du journalisme sportif, le journalisme sportif à l’ère du digital, le sport et les enjeux de développement socio-économique, le sport et les enjeux de communication dans le contexte de la mondialisation et de post-Covid, la déontologie et l’éthique professionnelle du journaliste sportif. Les séances sont animées par des formateurs experts en matière de presse sportive, notamment le Sénégalais Mamadou Salif Diallo de l’Agence de presse sénégalaise (APS) et l’Ivoirien Magloire Gnaé Oulidehi du quotidien «Le Sport» et le Marocain Najib Salmi, ancien journaliste de L’Opinion. Le secrétaire général de la FAAPA, Mohamed Anis, a indiqué que ce séminaire de formation, premier du genre pour les journalistes sportifs, « s’inscrit dans le cadre du plan d’action de la FAAPA au titre de l’année 2022, qui a été approuvé par le Conseil exécutif de cette fédération panafricaine, lors la réunion de Dakar, au Sénégal, tenue en novembre dernier ». Il a ajouté que la formation a, notamment, pour objectifs de renforcer les capacités des journalistes sportifs pour un meilleur traitement des questions relatives à la couverture des grands événements sportifs nationaux, régionaux et internationaux, promouvoir les performances et la productivité des journalistes sportifs lors de la couverture et le traitement de l’information sportive, favoriser les échanges d’expériences et consolider les capacités des journalistes à produire des contenus innovants en matière d’information sportive, tout en respectant les principes de l’éthique professionnelle et de la déontologie journalistique. Mohamed Anis a, également, appelé les agences de presse africaines « à contribuer activement au développement de l’information sportive africaine et à être, de plus en plus, en phase avec les profondes mutations qui caractérisent ce domaine, » sachant que la pandémie de la Covid-19 a lourdement impacté le secteur de la presse. Il a, aussi, souhaité que cette formation aboutisse à la mise en place d’un réseau de journalistes sportifs des agences de presse africaines, « à l’instar des autres plateformes professionnels affiliés à la FAAPA », à savoir le Forum des directeurs de l’information, le réseau des IT managers et le réseau des femmes leaders. LMD/MD (AMAP)
Ministres tchadien et mauritanien à Koulouba : Le G5 Sahel au menu des échanges
Bamako, 23 mai (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu, successivement, vendredi dernier au palais de Koulouba, le ministre tchadien de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Abderaman Koulamallah et le ministre mauritanien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens à l’Extérieur, Dr Mohamed Salem Merzoug, pour des agences sur le retrait du Mali du G5-Sahel. Premier à être reçu, le ministre tchadien de la Communication a, à sa sortie d’audience, évoqué les liens étroits qui unissent le peuple malien et celui du Tchad. Abderaman Koulamallah a souhaité que les relations bilatérales entre le Tchad et le Mali soient encore plus renforcées. Il a, par ailleurs, affirmé avoir compris le départ du Mali du G5-Sahel. « Cependant, nous aurions aimé qu’il y ait une autre solution», a-t-il nuancé. «Toutefois, le Mali est libre et souverain et prend souverainement ses décisions que nous respectons», a indiqué le ministre tchadien de la Communication. D’après M. Koulamallah, le G5-Sahel continuera sa mission, ajoutant que « le Mali reste, quand même, un élément clé de l’organisation communautaire ». «Nous ne perdons pas espoir que le Mali puisse retrouver, un jour, tous ses droits au sein du G5-Sahel», a-t-il dit, notant que le président Goïta a affirmé sa disponibilité à continuer les relations bilatérales avec son pays. Quant au ministre mauritanien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens à l’Extérieur, il a rappelé que le G5-Sahel a été mis en place pour permettre à «nos pays de conjuguer leurs efforts pour faire face aux défis convergents et cumulatifs, notamment au plan sécuritaire, qui font peser de graves menaces sur nos différentes populations». Selon le Dr Mohamed Salem Merzoug, c’est par la mutualisation et l’intégration que nos pays peuvent relever l’ensemble de ces défis. Le chef de la diplomatie mauritanienne a indiqué que le G5-Sahel est une jeune organisation, qui a fait du chemin, mais qui reste «perfectible». «Donc, nous devons faire en sorte que dans le respect de la souveraineté de nos Etats qu’il puisse fonctionner le mieux possible», a dit M. Merzoug, avant de magnifier les relations bilatérales entre Bamako et Nouakchott. BD/MD (AMAP)
Coopération : L’Axe bamako-Moscou prend du volume
B. TOURE Envoyé spécial Moscou, 23 mai (AMAP) «Merci d’avoir consacré du temps à nous écouter», lance Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération, alors que le déjeuner de travail offert par son homologue russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, tire vers sa fin. «Nous ne comptons pas notre temps lorsqu’il s’agit d’échanger avec vous», répond M. Lavrov. Cet échange aux accents diplomatiques en dit long sur la volonté des Maliens et des Russes de donner une dimension plus importante à leurs relations bilatérales. L’hôte russe n’a, en effet, pas ménagé les prévenances pour afficher son intérêt pour la visite de la délégation malienne qu’il a reçue, vendredi dernier, à Moscou. Pendant presqu’une demie journée, Sergueï Lavrov et Abdoulaye Diop ont eu des échanges, d’abord en tête-à-tête, ensuite au cours d’une séance de travail élargie aux collaborateurs du chef de la diplomatie russe et aux autres ministres maliens présents à Moscou pour la circonstance. Un point de presse et un déjeuner ont clôturé les échangesd’amabilités, les marques de solidarité et les expressions de positions partagées sur bien des dossiers de la scène internationale. Le ministre Diop a, d’entrée, fait comprendre que sa visite à Moscou était motivée par la recherche de solutions à des défis très pressants dans l’approvisionnement correct et durable du Mali en biens de consommation comme les hydrocarbures, le blé, le ciment, les engrais. Le Mali a, également, besoin de l’expertise et la technologie russes dans la perspective de la relance des activités de la Régie des chemins de fer. «Notre délégation a eu des rencontres avec des structures publiques et des compagnies privées russes concernées. Mais nous avons besoin de l’appui de l’Etat russe pour faire accélérer les accords en vue», a expliqué le chef de la diplomatie malienne, ajoutant que le souhait du Mali est d’élargir la coopération au commerce des biens de consommation. En réponse à la préoccupation malienne, Sergueï Lavrov a assuré que la Russie est prête à continuer à apporter son appui au Mali dans le domaine militaire et aussi pour le développement des échanges commerciaux. «Les dossiers seront examinés avec diligence et nous ferons connaître notre réponse favorable», a promis le chef de la diplomatie russe. Sergueï Lavrov a ajouté que la Russie est satisfaite des résultats obtenus sur le terrain par l’armée malienne grâce au matériel et à l’expertise militaire russes. «Nos échanges commerciaux ont connu une croissance de 20% mais le montant reste modeste. Il faudra l’améliorer. Nous encourageons les contacts en cours avec les entités russes», a souligné le ministre Lavrov. SOUTIEN MUTUEL – Sergueï Lavrov a exprimé la haute appréciation de son pays quant à la solidarité affichée par le Mali en faveur de la Russie dans le dossier de la crise ukrainienne. «Nous n’avons eu d’autre choix que d’intervenir pour assurer la sécurité des populations russophones et empêcher que l’Ukraine n’accueille des bases militaires aux portes de la Russie», a expliqué M. Lavrov, ajoutant que son pays a besoin du soutien de ses amis pour faire face à l’hostilité des Occidentaux. De son côté, Abdoulaye Diop a rappelé que le Mali apprécie hautement le soutien diplomatique de la Russie pour contrecarrer les actions visant à l’isoler sur la scène internationale. Aussi bien dans le cadre des divergences avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) que sur le dossier de la brouille diplomatique avec la France, le Mali bénéficie du soutien indéfectible de la Russie. Les deux chefs de la diplomatie sont d’avis que les sanctions ne permettent pas de trouver des solutions idoines aux crises. «Nous assistons à une maladie des sanctions à la grande déception de la Russie», a lancé le ministre russe. En écho son homologue malien a répondu que son pays compte davantage sur les vertus du dialogue pour régler les différends. «Les sanctions contre le Mali avaient manifestement pour objectif de provoquer des soulèvements. Tel n’est pas le cas», a-t-il fait remarquer, soulignant que les sanctions n’ont pas permis d’obtenir des avancées sur le dossier de la crise malienne. Aux Nations unies, l’appui de la Russie a permis au Mali d’échapper aux actions hostiles de la France, s’est également réjoui Abdoulaye Diop qui a salué la décision de Sergueï Lavrov de soutenir le Mali de la manière la plus ferme, au Conseil de sécurité, contre les actions hostiles de l’ancienne puissance coloniale. L’entente cordiale entre Maliens et Russes est la manifestation d’un changement d’alliance et de stratégie dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. La mésentente entre le Bamako et Paris, principal partenaire en matière de sécurité, depuis près d’une décennie, ouvre de bonnes perspectives pour les Russes de prendre pied au cœur du Sahel et de perturber la domination française. Visiblement du côté de Moscou, on entend bien profiter de cette opportunité en surfant sur la réputation d’efficacité de la Russie en matière de stabilisation des pays en crise. Cette nouvelle donne se manifeste par la montée du rejet de la présence militaire française dans les pays du Sahel et l’affaiblissement des structures organisationnelles à travers lesquelles la France exerce son influence. Le retrait du Mali du G5 Sahel est un coup dur à cet effet car l’ancienne puissance coloniale était le parrain de cette organisation sahélienne qui peine, d’ailleurs, à faire la preuve de son efficacité. Ce nouveau développement, qui éloigne davantage le Mali de son ancien partenaire stratégique, n’est que la suite logique du départ de la force française Barkhane et de la force européenne Takuba du Mali et, même, de la fin de la Mission militaire européenne de formation (EUTM). Dans ce contexte, quid du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) ? Il sera, sans doute, renouvelé en juin prochain. Même si la mission onusienne est loin de satisfaire, aujourd’hui, le Mali , Le Mali joue donc à fond la carte de la coopération avec la Russie aussi bien dans le domaine militaire que dans le cadre du
CAN 2023 : Première liste d’Éric Chelle, sans les Doucouré mais avec Koïta
Bamako, 21 mai (AMAP) Vingt-quatre heures après son arrivée à Bamako, le nouveau sélectionneur de l’équipe nationale, Éric Chelle a dévoilé, vendredi 20 mai, sa toute première liste des Aigles qui vont jouer les deux premiers matches des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2023. Pour affronter le Congo et le Soudan du Sud, Éric Chelle a décidé de faire confiance à 25 joueurs. Pas de nouvelle tête, mais des absences remarquées et des retours dans le nid des Aigles. Les grands absents sont certainement Cheick et Abdoulaye Doucouré, très en forme avec leurs clubs respectifs. « Le milieu de terrain d’Everton, en Angleterre, Abdoulaye Doucouré a été laissé au repos, compte tenu de sa fin de saison compliquée dans la lutte pour le maintien et d’une blessure récurrente », a expliqué le sélectionneur en conférence de presse. Quant à Cheick Doucouré, le joueur du RC Lens n’aurait pas été sélectionné parce qu’il serait en instance de transfert. Par ailleurs, on note aussi les absences sur la liste des jeunes attaquants Saliou Guindo de Laçi, en Albanie, et Néné Dorgelès de Ried, en Autriche, tous les deux présents au dernier rassemblement pour leur première sélection. Le défenseur Almamy Touré de Frankfurt, en Allemagne, fraîchement vainqueur de la Ligue Europa, s’installe chez le Aigles. Le latéral de Strum Graz, en Autriche, Amadou Danté, est aussi présent. Les blessés Falaye Sacko, Sekou Koïta reviennent, ainsi que l’attaquant Kalifa Coulibaly qui a remporté la Coupe de France avec Nantes. MT/MD (AMAP) Liste complète des Aigles du Mali contre le Congo et le Soudan du Sud Gardiens : Ibrahima Bosso Mounkoro (TP Mazembé) Ismaël Diawara (Malmô) Djigui Diarra (Young Africans SC) Défenseurs: Hamari Traoré (Rennes) Aboubacar Kiki Kouyaté (Metz) Mamadou Fofana Nojo (Amiens) Massadio Haïdara (Lens) Moussa Sissako (Standard Liège) Almamy Touré ( Eintracht Frankfurt) Amadou Danté (Sturm Graz) Falaye Sacko (Saint Etienne) Milieux : Amadou Haïdara (RB Leipzig) Yves Bissouma (Brighton & Hove Albion) Aliou Dieng (Al ahly SC) Diadié Samassékou (Hoffenheim) Mohamed Camara (RB Salzbourg) Lassana Coulibaly (Salernitana) Attaquants : Adama Traoré Malouda (FC Sheriff) Moussa Djenepo (Southampton) Abdoulaye Diaby (Al Jazira) Ibrahima Koné (Lorient) El Bilal Touré (Reims) Kalifa Coulibaly (Nantes) Sekou Koïta (RB Salzbourg) Hamidou Sinayoko (Djoliba)
Le Mali et la Russie entendent développer leurs relations économiques
Envoyé spécial B, TOURE Moscou, 20 mai (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, à la tête d’une délégation de trois autres membres du gouvernement, en visite à Moscou, dans la capitale russe, depuis mercredi, a été reçu, ce vendredi, par son homologue russe Serguei Lavrov. Après un tête-à-tête suivi d’une séance de travail élargie aux autres membres de la délégation malienne composée des ministres de l’Économie et des Finances, des Mines, de l’Énergie et de l’Eau et des Transports et des Infrastructures, le chef de la diplomatie russe a offert un déjeuner en l’honneur de ses hôtes. Au cours d’un point de presse en compagnie de son homologue russe, Abdoulaye Diop a indiqué que le Mali porte une très haute appréciation à la coopération militaire avec la Russie. « Grâce au concours de la Russie, l’armée malienne enregistre des succès militaires sur le terrain. En plus du partenariat dans le domaine militaire, le Mali souhaite développer ses relations économiques et commerciales avec la Russie », a expliqué M. Diop, précisant que les besoins immédiats du Mali portent sur l’approvisionnement correct en hydrocarbures, en intrants agricoles, en blé, en ciment. « Ce sont des produits stratégiques dont le commerce souffre de la situation géopolitique du moment. Nous avons besoin de l’appui du partenaire russe pour assurer une fourniture correcte de ces biens de consommation », a indiqué le chef de la diplomatie malienne qui a ajouté que le Mali compte, aussi, sur l’expertise et la technologie russes dans le cadre de la reprise des activités de la Régie des chemins de fer du Mali. A ces préoccupations maliennes, Serguei Lavrov a répondu que la Russie est prête à apporter son aide. « Nous allons continuer à appuyer dans le domaine militaire. Nous sommes prêts à répondre favorablement à vos préoccupations sur le plan économique et commercial. Nous encourageons les contacts en cours avec les ministères et les entreprises concernés par vos demandes », a assuré le ministre russe des Affaires étrangères. Le ministre russe des Affaires étrangères s’est réjoui, également, de la solidarité que le Mali apporte à la Russie dans le cadre du dossier de la crise en Ukraine. Son homologue malien, de son côté, a salué l’appui diplomatique de la Russie pour contrecarrer les actions visant à isoler le Mali sur la scène internationale. BT/MD (AMAP)

