De présumés terroristes aux mains de la Prévoté
Envoyés spéciaux Madiba KEÏTA Oumar DIOP Mopti, 22 fév (AMAP) De présumés terroristes appréhendés lors des opérations militaires sont mis à la disposition de l’unité prévôtale de la gendarmerie qui mène des investigations pour décider de leur sort. Actuellement, plusieurs d’entre eux sont en garde à vue à Mopti dans le cadre des enquêtes préliminaires. Selon un officier de la gendarmerie, la plupart de ces présumés terroristes ont été capturés sur le front ou sur renseignement. Parmi lesquels, il y a des adultes mais aussi de très jeunes. «Ils sont ici dans de bonnes conditions. Ils bénéficient de tous les droits d’un prisonnier. On leur donne à manger régulièrement et on soigne aussi ceux qui sont malades», assure notre interlocuteur. Après la phase d’enquêtes préliminaires, les présumés djihadistes sont remis à la justice, en attendant leur procès. Il arrive que certains d’entre eux soient relaxés après les enquêtes de la gendarmerie. MK/OD (AMAP)
Lutte contre le terrorisme à Mopti (Centre) : Les gendarmes en première ligne
Envoyés spéciaux Madiba KEÏTA Oumar DIOP Mopti, 22 fév (AMAP) La Route nationale (RN 15), appelée route du Poisson, a beaucoup fait parler d’elle ces dernières années à cause des attaques répétées de groupes armés terroristes. Les habitants des villages riverains ne dormaient que d’un œil, car à tout moment, les terroristes pouvaient faire irruption dans leurs localités pour tuer des innocents, brûler des maisons ou encore emporter le bétail. Ces hommes sans foi, ni loi tendaient aussi des embuscades aux forains et aux Forces de défense et de sécurité en utilisant les Engins explosifs improvisés (EEI). Dans leur dessein de faire mal aux populations, les groupes terroristes ont saboté la plupart des ouvrages se trouvant sur le tronçon Sévaré-Bandiagara sur la RN 15. Aujourd’hui, le trafic a repris normalement sur ce corridor qui relie le Mali et le Burkina Faso, grâce aux patrouilles des unités de la 6è Région de la gendarmerie nationale. Le colonel Mahamadou Siné Doucouré et ses hommes ont la lourde tâche de sécuriser la circulation des personnes et des biens sur la RN 15. Ce mercredi 16 février 2022, nous les avons suivis durant une bonne partie de la journée. Plusieurs véhicules Pick-up remplis de gendarmes armés jusqu’aux dents se mettent en branle vers midi en direction du village de Ficko, sur la RN 15 où les mouvements de Groupes armés terroristes (GAT) avaient été signalés par les villageois. Le chef de village, Bréhima Traoré, et ses conseillers ont fait part de leurs inquiétudes aux patrouilleurs par rapport à cette situation. «Avec les différentes opérations de l’armée, les terroristes se sont regroupés à 3 km de notre village. Pour le moment, ils ne sont pas venus nous attaquer comme ils le faisaient avant, mais nous avons peur», s’inquiète Sékou Traoré, un des conseillers du chef de village. Il a ainsi demandé à l’armée de bombarder la position des terroristes pour les éloigner loin de son village. «Nos femmes et nos enfants ont peur d’aller en brousse pour ramasser le bois ou faire d’autres activités. C’est vrai que les hommes n’ont pas encore commencé les travaux champêtres, mais nous ne voulons pas avoir affaire à ces gens qui n’hésitent pas à tuer nos enfants ou à violer nos femmes», dit le vieux Traoré, tout en reconnaissant que la présence des gendarmes rassure les populations locales. Le colonel Mahamadou Siné Doucouré explique aux villageois que l’armée est désormais dans une posture offensive, dans le but de sécuriser les personnes et les biens. Il promet que les patrouilles seront menées de jour comme de nuit afin de débusquer les terroristes dans leur dernier retranchement. Les gendarmes ont continué la patrouille en remontant vers Yawakanda où un pont a été détruit par les terroristes. Les travaux de rénovation sont sécurisés par les hommes du peloton de surveillance de la 6è Région de la gendarmerie nationale, le lieutenant Harouna Dembélé. «Cette patrouille s’inscrit dans le cadre de la sécurisation du trafic sur la RN15. C’est pour permettre aux populations de circuler en toute quiétude sur cet axe routier que nous menons intensivement des patrouilles», explique l’officier de gendarmerie. Les patrouilles permanentes que mènent le colonel Mahamadou Doucouré et ses hommes sur la RN15 font que les populations riveraines ont repris leurs activités commerciales. «En menant ce genre de patrouilles, nous faisons ce que nous appelons la police de proximité. On s’arrête dans les villages pour parler avec les populations, pour savoir ce qui se passe chez elles, pour connaître leurs problèmes et leur faire comprendre notre mission. La population de Ficko était contente de nous recevoir, tout cela contribue à la montée en puissance des FAMa», indique-t-il. «La gendarmerie est partie intégrante des Forces armées maliennes (FAMa). Dans le cadre de nos missions régaliennes, nous travaillons dans le secteur 4 de l’opération Maliko. à travers notre présence dans certaines emprises, nous travaillons, souvent, en solo ou avec d’autres forces sous le commandement du commandant du secteur 4 de l’opération Maliko », explique le colonel Doucouré. « Ces derniers temps, nous sommes plus offensifs. Les opérations que nous menons sur le terrain sont concluantes», explique l’officier supérieur, tout en se réjouissant des moyens mis à la disposition de la 6è Région de la gendarmerie nationale par les autorités de la Transition. «Nous avons, pratiquement, les mêmes armements que l’Armée de terre. Nous avons aussi des capacités de déminage. Nous sommes, aujourd’hui, à un certain niveau par rapport à la montée en puissance des FAMa», dit le colonel Doucouré. De Yawakanda, la patrouille de la gendarmerie a regagné la base à Sévaré vers le petit soir. L’unité nautique a pris la relève par une patrouille sur le fleuve Niger, à Mopti. Nous avons embarqué à bord des bateaux dont certains sont équipés de mitrailleuses. En effet, les patrouilles sur les eaux dans la Venise malienne ont permis, dans un passé récent, d’intercepter du carburants et des vivres destinés aux GAT. Au cours de notre incursion, la patrouille est tombée sur une grosse pinasse en provenance de Diré. Les gendarmes ont procédé au contrôle qui a duré une demi-heure. Selon le colonel Doucouré, Mopti étant entourée par les eaux, la surveillance du fleuve est très importante pour, non seulement, lutter contre le trafic illégal mais, aussi, pour faire en sorte que les groupes terroristes et leurs complices ne viennent se ravitailler à Mopti par pirogues. La 6è Région de la gendarmerie nationale est aussi dotée de motos pour mener des patrouilles nocturnes dans la ville de Mopti. Il est 21 heures, une vingtaine de motos conduites par des agents armés se mettent en branle dans Sépare avec pour mission de sécuriser les personnes et les biens. Ayant reçu l’information de l’infiltration d’une trentaine de présumés terroristes à Sévaré, les gendarmes avaient pour mission de s’informer auprès des habitants de la présence de ces individus suspects dans leurs alentours. Interrogé, le colonel Doucouré a tenu à préciser qu’avec ces patrouilles nocturnes qui sont menées régulièrement à Mopti et Sévaré, il ne s’agit pas de contrôler
Révision de la Charte de la Transition : Le feu vert du Conseil national de la transition (CNT)
Bamako, 22 fév (AMAP) Le Conseil national de la transition (CNT) a adopté, lundi, le projet de loi portant révision de la Charte de la Transition du 12 septembre 2020, sans débat contradictoire, à l’unanimité de ses membres présents par 120 voix pour, zéro contre et zéro abstention. Le vote a eu lieu lors de la séance plénière au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sous la présidence du président du CNT, Malick Diaw. La nouvelle version de la Charte de la Transition prévoit, notamment, l’élargissement du gouvernement et l’augmentation du nombre des membres de l’organe législatif de 121 à 147. A propos de la durée de la Transition, les membres du CNT s’en sont tenus aux recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR) en attendant la fin du processus de pourparlers avec les partenaires du Mali. Cette loi portant révision de la Charte de la Transition s’articule autour de trois articles. Malgré la volonté des autorités de la Transition de tenir le délai, exprimée dans le Plan d’action du gouvernement (PAG) adopté, la durée se révèle intenable. selon les autorités de la transition. Elles justifient cet état de fait par les réformes indispensables initialement retenues et confirmées par les recommandations des ANR. D’où la nécessité de réviser la Charte de la Transition, sur le fondement des dispositions de l’article 21, « pour procéder aux ajustements nécessaires et permettre ainsi sa mise en œuvre efficiente et l’atteinte des objectifs de la transition ». Ainsi, le préambule tiendra compte des recommandations des ANR en ses dispositions relatives à la durée de la transition. Les modifications portent également sur la suppression du poste de vice-président « pour, d’une part, réduire le train de vie de l’Etat et, d’autre part, permettre au ministre chargé de la Défense et celui chargé de la Sécurité de recouvrer et d’exercer la plénitude de leurs attributions traditionnelles ». L’augmentation du nombre des membres du CNT de 121 à 147 et la non limitation des membres du gouvernement renforceront davantage l’inclusivité et la stabilité de la gouvernance politique et sociale. « Toute chose qui aboutira à une bonne réussite de la transition en cours ». Un décret du président de la Transition fixe la clé de répartition entre les composantes du CNT. Et le CNT exerce les prérogatives définies par cette Charte et la Constitution du 25 février 1992. S’agissant du délai de la transition allant dans le sens de la prolongation telle que voulue par les ANR, « il doit s’établir sur la base du réalisme politique et des négociations sincères avec les partenaires de notre pays ». Mais surtout en se conformant aux recommandations des Assises. Sur ce sujet, il est important de tenir compte des réformes nécessaires à entreprendre pendant cette période de transition. En cas de vacance de la présidence de la Transition pour quelque cause que ce soit ou d’empêchement absolu ou définitif du président de la Transition pour quelque cause que ce soit, constaté par la Cour constitutionnelle saisie par le président du CNT et le Premier ministre, les fonctions du président de la Transition sont exercées par le président du CNT jusqu’à la fin de la transition. Un autre article de la Charte révisée énonce que le président de la Transition n’est pas éligible aux élections présidentielle et législatives qui seront organisées pour marquer la fin de la transition. Cette disposition n’est pas susceptible de révision. Par ailleurs, plusieurs missions sont confiées à la transition par la présente Charte, notamment le rétablissement et le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire en passant par le redressement de l’Etat ainsi que la création des conditions de base pour sa refondation. La promotion de la bonne gouvernance, la refonte du système éducatif, l’adoption d’un pacte de stabilité sociale tout comme les réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives sont d’autres tâches que doivent gérer les autorités. S’y ajoutent l’organisation des élections générales, la mise en œuvre intelligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et la mise en œuvre intelligente et efficiente des recommandations des ANR. La Charte révisée stipule que les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et tous les acteurs ayant participé aux évènements allant du 18 août 2020 à l’investiture du président de la Transition, et ceux du 24 mai 2021, ne peuvent être poursuivis ou arrêtés pour les faits et actes commis lors desdits évènements. Une loi d’amnistie est adoptée à cet effet. Pour sa part, le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et institutionnelles s’est réjoui du vote de la Charte par le CNT. Mme Fatoumata Sékou Dicko a promis de prendre en compte les amendements et recommandations formulés. C’était en présence du ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga. OD/MD (AMAP)
Goodluck Jonathan attendu à Bamako jeudi prochain
Bamako, 21 fév (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) pour le Mali, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, effectuera une mission à Bamako le jeudi 24 février 2022, annonce la commission de l’organisation sous-régionale. Dans un communiqué, rendu public lundi, la Commission de la CEDEAO précise que la « mission fait suite aux rencontres techniques qui se sont tenues, la semaine dernière, sur le chronogramme des élections et permettra de discuter des prochaines étapes avec les autorités de la Transition ». « Le médiateur de la CEDEAO sera accompagné du président de la Commission, Jean-Claude Kassi Brou et du commissaire en charge des Affaires politiques, de la Paix et de la Sécurité », selon la mêne source. Goodluck Jonathan dont la dernière visite au Mali date du 21 décembre 2021 était porteur, lors de ce déplacement, d’un message des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. SS/MD (AMAP)
Sanctions de l’UEMOA : Le gouvernement du Mali saisit la Cour de justice communautaire
Bamako, 21 fév (AMAP) Bamako a constitué un collectif de six avocats maliens pour saisir la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) de deux recours contre les décisions issues de la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) du 09 janvier 2022, annonce un communiqué de ces avocats daté du lundi 21 février. A la demande des autorités de la Transition, ce pool d’avocats conduits par Me Moustapha Cissé, Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali, a introduit un « premier recours (qui) tend à obtenir de la Cour de Justice de l’UEMOA sise à Ouagadougou, au Burkina Faso, l’annulation des décisions sus visées ». Le deuxième recours tend à demander « la suspension de l’exécution des sanctions eu égard aux effets gravement préjudiciables à l’Etat du Mali, aux populations maliennes et africaines vivant au Mali », souligne le communiqué. La même source précise que les deux recours, évoquant « l’illégalité absolue des sanctions au regard des textes et objectifs de l’organisation régionale, ont d’ores et déjà été formellement enregistrés au greffe de la Cour de justice de l’UEMOA le 15 février 2022. Ces décisions des deux organisations sous-régionales imposent de lourdes sanctions économiques et financières au Mali qui réagit, ainsi, sur le terrain juridique et entend « user de toutes les voies de recours légales pour exiger l’annulation de ces mesures restrictives. AT/MD (AMAP)
Faits d’armes
Envoyés spéciaux MT & HK Koutiala, 21 fév (AMAP) L’opération d’envergure «Kélétigui» a été lancée en décembre 2021 pour traquer les groupes terroristes jusque dans leurs sanctuaires les plus reculés. Cette mission à laquelle participe le Groupement tactique inter-armé (GTIA 2) basé à Karangana, localité située à 70 km de Koutiala, a réalisé plusieurs succès probants sur le terrain. Les terroristes qui écumaient certaines localités des Régions de Sikasso et Koutiala (Sud) ont pris la fuite face à la puissance de feu des Forces armées maliennes. «Le GTIA est une composante inter-armé. Nous avons des blindés, l’artillerie, la prévôté et d’autres entités comme les renseignements qui participent aux opérations», explique le capitaine Amadou Diallo, commandant sous GTIA 1 de l’opération Kélétigui. Cette coordination dans la mise en actions des opérations se révèle décisive dans les victoires militaires sur le terrain. Les différentes entités de l’opération Kélétigui ont à leur actif des faits d’armes remarquables comme la neutralisation de groupes terroristes dans les collines de Tièrè, le 14 janvier dernier, la récupération de véhicules, d’engins à deux roues et de matériels militaires. Entre le 17 et le 22 janvier 2022, les reconnaissances offensives dans les secteurs de Tièrè, Tanguela, Danderesso, Mizansso, Kougniou et Kabalé ont été menées avec des fouilles de la forêt de Tandio et la destruction à l’artillerie d’une base terroriste dans les collines de Tièrè. Ces opérations ont conduit à la récupération d’un véhicule, d’un camion-citerne de 10 tonnes transportant du carburant, un camion de contrebande, la saisie de sept motos, l’interpellation de 22 suspects terroristes. Sur les collines de Tandio, les opérations avec l’appui de l’artillerie ont permis la destruction de base terroriste et la récupération de deux véhicules et l’interpellation de suspects. La montée en puissance des Forces maliennes dans les localités de Koutiala et Sikasso rassure les populations. Celles-ci reprennent leurs activités économiques longtemps perturbées par la présence des groupes terroristes. MT/HK (AMAP)
Opération Kélétigui : Le film de l’assaut contre une base terroriste
Envoyés spéciaux Mohamed TOURE Habib KOUYATE Koutiala, 21 fév (AMAP) La veille d’un assaut important sur les positions terroristes signalées par les renseignements, le staff de commandement du GTIA 2 trace le plan ce 12 février 2022. Autour d’une table métallique, les responsables militaires donnent les consignes aux chefs d’équipes. Sur des cartes, les coordonnées et les positions ennemies sont déterminées et l’opération peaufinée. Les bases terroristes sont localisées dans les collines et les zones boisées du triangle Karangana, Tandio et Ourikila, dans le Cercle de Yorosso, à plus de 70 km de Koutiala. Les militaires espèrent mettre le grappin sur les groupes terroristes qui, désormais en difficulté, n’affrontent plus directement l’armée mais jouent à l’évitement. JOUR J. – Les étoiles scintillent encore dans le ciel quand les hommes se mettent en ordre. Dans la fraîcheur des alentours buissonneux, les moteurs des engins, blindés Puma, BRDM 21 et BTR tournent. Le convoi s’ébranle et traverse le village de Karangana pendant que les habitants dorment encore. Les ruelles sont vides et silencieuses. «Pour ce type d’opération, il est important de sortir avant le lever du jour pour la discrétion. C’est important aussi pour éviter les indicateurs qui informent les terroristes des mouvements de nos troupes mais surtout pour surprendre l’ennemi», souffle un militaire. Les pick-up et les blindés poursuivent leur chemin et glissent lentement entre les pistes poussiéreuses et caillouteuses. Pas grand-chose n’est visible aux alentours. Sauf les grands baobabs. Le périmètre est touffu. D’où l’importance des engins blindés dans ce type de convoi. Les herbes peuvent atteindre plusieurs mètres de hauteur. Les véhicules touchent aux branchages. Ces forêts sont infestées de terroristes souvent prêts à jaillir et à attaquer par surprise. Mais également minées d’Engins explosifs improvisés (EEI) très meurtriers. Quelques minutes après, nous arrivons à destination. L’équipe d’artillerie est rapidement déployée. Le terrain est dégagé à coup de machette. Un long tuyau muni d’un trépied est installé. «C’est le Grade 2 M, une nouvelle arme à destruction massive de l’artillerie sol-sol. Elle tire des roquettes à 20 km de distance pour abattre les ennemis dans leur zone de concentration et détruit ses moyens de feu», explique l’adjudant-chef Drissa Koné, chef de section artillerie du GTIA 2 de Kélétigui. Les herbes alentours sont défrichées parce que après un tir du Grade 2 M, les flammes sont projetées au-delà de trois à quatre mètres au moment des départs des obus. NOUVELLES ARMES – «Cette manœuvre est une occupation de la position de tirs et la mise en batterie des pièces d’artillerie. Nous allons tirer à 13 km sur les collines situées dans le triangle Karangana, Tandio et Ourikila où la présence de groupe terroristes est signalée ainsi que leurs sanctuaires», explique le commandant Kokè Diarra, officier chargé de la conduite des opérations. Les têtes d’obus, portées par trois hommes, sont montées prêtes à être tirées. Les coordonnées sont calculées et marquées dans le dispositif. Le feu vert est donné par l’adjudant-chef Drissa Koné. Une salve d’obus est lancée sur les positions des terroristes. Les détonations assourdissantes des tirs sont suivies par le bruit des impacts à quelques minutes d’intervalle. Les artilleurs se félicitent et se congratulent. «Les tirs ont touché les cibles», assurent-ils. La première partie de la mission est donc accomplie. «Il faut des opérations du genre pour désorganiser le système de défense ennemi et le prendre à revers. L’ennemi sera pris dans l’étau et n’aura pas d’échappatoire», poursuit le commandant Kokè Diarra. Le matériel est rapidement plié car les opérations doivent durer toute la journée. Sur le chemin du retour, l’un des blindés de reconnaissance a une crevaison. Une souche d’arbre a perforé l’énorme pneu de l’engin . Plusieurs hommes entament rapidement les manœuvres pour changer la roue du mastodonte d’au moins 12 tonnes. Bloquant le passage, les militaires décident de se frayer un nouveau chemin. Armés de haches et de coupe-coupe, ils commencent à couper les arbustes pour créer une piste. Une partie de l’équipe va rentrer à la base pendant que d’autres resteront pour sécuriser le véhicule avant le dépannage. Aussitôt revenues au quartier général, d’autres troupes du GTIA 2 sont positionnées pour l’assaut sur les hauteurs de la colline de Tandio. Prêts à dénicher les terroristes désormais désarçonnés par les bombardements dans les collines. Nous embarquons dans un des blindés qui participent à cette opération. Dans les pick-up, des militaires sont assis, armes au poing et casques vissés sur la tête. Un silence de cathédrale règne dans cette cabine où les secousses sont interminables. Le chef d’unité dans une autre voiture donne, à travers la radio, des consignes à ses hommes. Il les appelle à la vigilance et à appliquer le plan. Sur les hauteurs de la colline de Tandio, les engins sont positionnés stratégiquement. Le dispositif est impressionnant car la grosse artillerie est sortie. Les soldats quadrillent le terrain et effectuent des fouilles dans les buissons. L’avancée des troupes se fait avec une extrême prudence. La colline de Tandio est connue pour être infestée de terroristes que les militaires de Kélétigui ont déjà affrontés. TIREURS EMBUSQUÉS – Leur stratégie, c’est de se terrer sur les hauteurs et tirer au loin sur les militaires en approche. La fouille du périmètre sera menée en étroite coordination entre les sous unités GTIA, positionnées. Les dernières consignes sont données par le capitaine Amadou Diallo, commandant du sous GTIA 1 à ses hommes. Ce chef de compagnie est une véritable force de la nature. Le colosse à la taille de gladiateur porte un pistolet fixé à la taille, en plus de son fusil d’assaut. Il est basé avec ses hommes à Tandio, en contrôle de zone et effectue des missions offensives journalières contre les positions des terroristes. Sur un schéma sommairement tracé à même le sol, il rappelle les grandes lignes du plan. Les armes et équipements sont encore vérifiés. L’offensive est ordonnée. Les militaires avancent sur le terrain méticuleusement. Sur ce terrain rocheux et escarpé nous continuons le ratissage au côté de l’unité du lieutenant Moulaye, commandant du sous GTIA 2, venu par un autre chemin avec ses hommes. Nous avançons doucement
Retrait de Barkhane et Takuba : Pas de temps à perdre !
Par Issa DEMBELE Bamako, 21 fév (AMAP) Pour le gouvernement, puisque le partenaire français n’a de cesse de violer le cadre juridique régissant notre coopération militaire, il n’y a pas de raison qu’il reste encore longtemps sur notre sol Après la suspension en juin 2021 des opérations conjointes FAMa-Barkhane, faite sans que les autorités maliennes ne soient consultées, suivie des décisions unilatérales de retirer Barkhane et Takuba, Bamako s’est vu dans l’obligation de dénoncer les “violations flagrantes du cadre juridique liant la France et le Mali”. Des «manquements répétés (aux) accords de défense» qui ont amené le gouvernement de Transition à adopter un ton de fermeté. Son dernier communiqué invite les «autorités françaises à retirer, sans délai, les forces Barkhane et Takuba du territoire national, sous la supervision des autorités maliennes». En fin de compte, le président Emmanuel Macron aura réussi à dilapider le prestige de «Serval», opération qui a suscité un élan de sympathie des Maliens à l’égard de la France. Il aura terni également l’aura de leader européen en matière de sécurité au Sahel, que le cas malien aurait pu conférer à son pays. On n’en serait pas là si Paris n’avait pas multiplié les fautes politiques. Ceux qui ont pris le pouvoir au Mali ont été assimilés à des personnages qui représenteraient un danger pour la démocratie. Au même moment, d’autres « putschistes » sont conviés à Paris. Ces dirigeants invités à l’Élysée pour décider de l’avenir de la force Barkhane ne se distinguent pas tous par leur qualité de démocrate. Loin s’en faut. Cette politique de deux poids deux mesures ne pouvait que davantage écorner l’image de la France au Sahel et plus particulièrement au Mali, où les motivations de son engagement militaire sont controversées. Nombreux sont ceux qui n’ont jamais cru que la France soit réellement incapable de réduire le pouvoir de nuisance des groupes terroristes. Et ce n’est pas qu’au Mali qu’on se pose des questions : «Je m’étonne que les Français n’aient pas été capables d’éradiquer ces bandes terroristes. Le veulent-ils vraiment, ou ont-ils un autre agenda ?», s’interrogeait le ministre de la Défense burkinabé Chérif Sy dans un entretien à l’hebdomadaire sud-africain Mail & Guardian, en juin 2019. Les critiques se sont exacerbées au fur et à mesure que des groupes terroristes – que l’on croyait anéantis – se reconstituaient et menaient des actions d’envergure sur le terrain. Il est clair pour chacun que le Septentrion malien n’est aujourd’hui ni plus sécurisé, ni plus stable qu’au moment du déploiement de Barkhane. La dégradation de la situation est réelle dans d’autres régions, avec les répercussions que l’on sait sur les populations civiles. En somme, comme l’a rappelé le gouvernement dans son communiqué, les résultats attendus « n’ont pas été satisfaisants », ni en 2013 avec l’opération Serval ni en 2016 avec l’opération Barkhane. Cette réalité a sapé la prétention de Paris à asséner des leçons de démocratie à des autorités soucieuses des préoccupations de leurs concitoyens qui aspirent avant tout à la sécurité. D’où les manifestations de soutien à la Transition dont les actions sont aussi interprétées comme un refus du néocolonialisme. «À bas la France !», «France, dégage !» entend-on fréquemment, depuis août 2020, dans les rues de Bamako. Pas plus tard que samedi, le mouvement Yèrèwolo – “Débout sur les remparts” a réussi une nouvelle mobilisation pour célébrer le retrait de Barkhane et de Takuba. Les réseaux sociaux amplifient cette contestation – elle ne date pas d’hier -, les articles de presse s’en font l’écho. Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, Cheick Oumar Sissoko, ex-ministre de la Culture, a dénoncé l’«habitus colonial», cette «disposition d’esprit faite de complexe de supériorité et de mépris souverain à l’égard de peuples dominés, exploités par le colonialisme français, qui est ancrée, cultivée et entretenue au sein de la classe dirigeante française». Le chanteur malien Salif Keita avait affirmé qu’il n’y avait «pas de terroristes en Afrique, mais des mercenaires payés par la France». À son retour à Bamako, il a reçu un accueil triomphal. En se redéployant hors du Mali, sans la certitude d’y pouvoir vraiment améliorer la situation sécuritaire, Paris ouvre un boulevard aux puissances qui lorgnent le Sahel. Les Russes, que les Maliens n’ont de cesse de réclamer l’arrivée, n’y verront qu’une opportunité de grignoter dans ce qui était jusqu’ici considéré comme le pré carré de la France. ID (AMAP)
CNT : L’adoption du projet de loi portant révision de la charte de la transition prévue ce lundi
Bamako, le 21 février (AMAP) Le Conseil National de Transition (CNT) se réunira en séance plénière ce lundi au Centre international de Conférence de Bamako (CICB) sur l’adoption du projet de loi portant révision de la Charte de la Transition et plusieurs autres questions, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite le 17 février dernier à travers un avis du président du Conseil National de Transition rendu public jeudi qui précise qu’au regard de l’importance de l’ordre du jour, la présence effective de tous les membres du CNT est exigée et le port du masque obligatoire. Selon le gouvernement, les modifications apportées à la charte de la transition portent, entre autres sur la suppression du poste de Vice-président pour éviter les duplications des missions et permettre au ministre chargé de la Défense et au ministre chargé de la Sécurité de recouvrer et d’exercer la plénitude de leurs attributions traditionnelles; la suppression du nombre de membres du Gouvernement pour une meilleure gouvernance politique et sociale objective et efficiente ; l’augmentation du nombre des membres du Conseil national de Transition pour renforcer davantage l’inclusivité autour du projet de refondation de l’Etat ; l’adaptation de la durée de la Transition aux recommandations des Assises Nationales de la Refondation dans le but de mener des réformes indispensables au retour à l’ordre constitutionnel. KM (AMAP)
L’Armée malienne neutralise 57 terroristes et détruit du matériel à Tessit (Nord)
Bamako, 20 fév (AMAP) L’aviation des Forces armées maliennes (FAMa) est intervenue, dans l’après-midi du 18 février 2022, et neutralisé des colonnes de motocyclistes armés non identifiés dans le secteur d’Archam, à l’Ouest de Tessit, dans le Nord du Mali, ont annoncé des sources militaires. Les frappes aériennes FAMa ont tué ces groupes terroristes qui tentaient de submerger une unité accrochée lors d’une patrouille et « le ratissage a permis de dénombrer 57 terroristes neutralisés et divers matériels détruits », précise l’État-major général des Armées, dans un communiqué publié vendredi. La destruction totale de la base terroriste, consécutive à de violents combats aux alentours de la forêt refuge, a fait 8 morts, 14 blessés, 05 portés disparus et 02 véhicules détruits côté FAMa. Selon la même source, l’unité des FAMa était en reconnaissance offensive de recherche et de destruction de sanctuaires terroristes. « Elle avait missions de réassurance et de protection des populations civiles, récemment victimes d’exactions extrêmes des groupes terroristes ayant provoqué leurs déplacements forcés du Gourma vers le Liptako », explique l’Armée. Plusieurs hommes armés, présumés terroristes, ont tué une quarantaine de civils, dimanche 6 février 2022, aux environs 14 heures, au cours d’une attaque concomitante dans plusieurs villages de la Commune rurale de Tessit, ont annoncé, jeudi, les autorités administratives. Les assaillants ont fait irruption, dans les localités de Tadjalate, Tazimé, Keygouroutane, Marsi, Bakane, Abagazoz, sur une cinquantaine de motos et à bord de huit véhicules pick-up estampillés Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Agaly et de Amadou Kouffa, et ont semé la terreur parmi la population. « L’État-major général des Armées s’incline devant la mémoire des morts et présente les condoléances les plus attristées de la Nation aux familles et proches et souhaite prompt rétablissement aux blessés ». Il rappelle que ces « frères d’armes, d’une grande bravoure, sont morts vaillamment au combat pour la noble cause de la défense de la Nation qui reste reconnaissante ». « L’État-major général des Armées salue (leur) courage et rappelle que rien n’arrêtera les FAMa dans leur lutte implacable pour le retour de la paix et de la quiétude des populations. SS/MD (AMAP)

