Région de Ségou : L’accalmie s’installe peu à peu

Reportage : Envoyé spécial  Cheick Amadou DIA Ségou, 23 fév (AMAP) Cultures brûlées, matériels agricoles détruits, bétails emportés : Ces actes de banditisme rythmaient le quotidien des habitants de  dizaines de villages, dans le Cercle de Niono (Centre), en zone Office du Niger. En seulement deux mois d’opération des Forces armées et de sécurité, plus de 60% de la zone ont été récupérés par nos soldats. Les femmes sont, de plus en plus, visibles dans les champs et sur  les espaces maraîchers. Le commandement compte en finir définitivement avec l’ennemi en débandade, dans les jours à venir Située à environ 70 kilomètres de la capitale régionale, la circonscription administrative de Niono abrite la majeure partie des surfaces rizicoles du Mali. Au-delà des cultures céréalières, on y produit des légumes comme la pomme de terre et l’oignon. En 2021, la campagne agricole a été affectée par l’arrivée des terroristes qui s’en prenaient aux habitants de dizaines de villages et leurs champs. De Farabougou à Songo, en passant par Dogofri, Fabacoro et Diabaly, ces villages étaient devenus les symboles de l’occupation et de la présence des terroristes. Des villages entiers ont été vidés de leurs populations. Ceux qui ont accepté de se rallier à leur cause ont été épargnés des affres de l’obscurantisme.  Le témoignage de Bourama Coulibaly, chef du village de Songo, dans la Commune rurale de Mariko, fait froid dans le dos. Chassés par les assaillants depuis plus de quatre mois, les habitants ont trouvé refuge dans le village de Kimbiri-wèrè, dans la même commune. Leurs champs qui demeurent leur seule source de revenus et de subsistance, ont été confisqués et le bétail emporté. À en croire le chef coutumier, ses congénères vivent dans le dénuement total, en proie à la famine.  Idem pour les habitants du tristement célèbre village de Farabougou. Si l’armée y est présente depuis quelques mois, « les habitants restent confinés sur place. Les activités économiques sont toujours à l’arrêt », confie Abdoul Karim Coulibaly, conseiller du chef de village. Ne pouvant pas se rendre à la foire de Dogofri, village voisin à quelques encablures, les plus de 3.000 âmes vivent grâce à l’assistance. Il y a quelques jours, les Forcesramees maliennes (FAMa) y ont convoyé 65 tonnes de vivres. Ce qui a permis de soulager une population durement affectée par la faim et la peur. « Plus de 5.000 hectares de culture ont été détruits par les agresseurs », signale le conseiller coutumier. L’accès au village est toujours difficile à cause des pistes minées. Cinq ponts ont été dynamités.  « Des travaux sont en cours pour le déminage des voies d’accès et la réparation des infrastructures par l’Armée malienne et ses partenaires », a dit le commandant de la 2è Région militaire, le colonel Didier Dembélé.  Le déclenchement de l’opération Mali-Ko, arrivé en janvier dernier dans ces localités, « a permis aujourd’hui d’installer de façon progressive, une accalmie », confirme le maire de la Commune urbaine de Niono, Abdrahmane Touré. Son collègue de la Commune rurale de Mariko juge que cette accalmie est quelque peu relative. Dans sa circonscription, qui compte 25 villages et une trentaine de hameaux, « deux villages sont toujours assiégés. 15 autres sont entre les mains des ‘’gens de la brousse’’ » (désignant les terroristes) », indique Brahima Diaby.  RETOUR À LA STABILITÉ – « Cette situation est exacerbée par les agissements peu orthodoxes des groupes d’autodéfense constitués de chasseurs «donzos» », s’indigne le responsable communal. Ces individus qui sont censés protéger leurs villages contre les agresseurs, sont en effet devenus eux-mêmes leurs bourreaux. Armes en main, ils harcèlent des habitants déjà dépourvus de tout, en les obligeant à leur verser des sommes d’argent contre la garantie de leur sécurité. Ils enlèvent leurs animaux pour les vendre sur le marché local et s’accaparent de leurs biens.  Tientienbougou, un village de la commune, est pris en otage par les « donzos » depuis plusieurs mois. Ses habitants sont soumis à toutes sortes de violences. Ils ne peuvent ni se rendre dans leurs champs, ni participer aux foires pour subvenir à leurs besoins. Ce qui complique davantage la situation sécuritaire dans la zone.  Ce banditisme d’un genre nouveau est devenu récurrent dans la zone. D’où l’inquiétude des autorités communales qui demandent leur désarmement et leur démobilisation par les FAMa. « Ce travail sera fait », assurent les responsables militaires sur place. « Il faut juste en finir avec la première menace qui est celle des terroristes », affirment-ils.  Rappelons que la crise sécuritaire dans la région a sérieusement affecté la campagne agricole 2021-2022 dans la zone de l’Office du Niger. « Sur les 120.000 hectares à mettre en valeur, près de 12.000 hectares, soit 10% de la superficie cultivable n’ont pu être exploitées à cause de l’insécurité », indique Salif Ouédraogo, directeur de zone à l’Office du Niger.  C’est pourquoi, pour soulager la souffrance des populations déjà affectées, « la direction générale de l’Office du Niger a renoncé à la redevance eau, taxe destinée à l’entretien des canaux, pour un montant de 780 millions de Fcfa, au titre de la campagne 2021-2022 », rappelle le directeur de l’appui au monde rural à l’ON, Bamoye Keïta. « D’autres mesures d’accompagnement des sinistrés seront proposées aux autorités, promet M. Keïta. Pour combler ce déficit, la structure mise sur la culture de contre-saison qui bat son plein sur les parcelles dédiées à cet effet.  En bras de chemise, pantalon retroussé jusqu’au genou, debout au milieu de son champ de riz, Bassaro Traoré nous reçoit. Cet habitant de la ville de Niono n’avait pas pu travailler en début de campagne à cause de l’insécurité. Avec l’arrivée des FAMa, il est aujourd’hui rassuré et peut s’occuper de son champ en toute sécurité. À l’image de ce paysan, ils sont plusieurs à pratiquer la culture de contre-saison. Les femmes sont de plus en plus visibles dans les champs et sur les périmètres maraîchers. Ce qui est un signe annonciateur du retour à la stabilité et à la reprise des activités économiques dans le cercle, espère l’élu communal de Niono.  En seulement deux mois d’opération, plus de 60% de la zone ont été

Le général Mahamat Idriss Déby Itno annonce  un renforcement du contingent tchadien au Mali (Télévision nationale)

Bamako, 23 fév (AMAP) Le président de la transition au Tchad, le général Mahamat Idriss Déby Itno, a annoncé lundi, le renforcement du contingent tchadien au sein de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) «Avec l’accord des autorités maliennes et de la Minusma, nous allons renforcer nos effectifs qui sont sous l’autorité de la Minusma», a dit le président du Conseil militaire de transition sur la chaîne nationale du Tchad. Le général Mahamat Idriss Déby Itno n’a pas précisé le nombre d’éléments qu’il entendait ajouter aux quelque 1.200 soldats tchadiens déjà engagés au sein de la Mission onusienne, mais le porte-parole de l’Armée a parlé d’un millier d’hommes.  Le déploiement d’effectifs supplémentaires au Mali est un geste d’amitié et de solidarité dans l’épreuve. Le contexte sécuritaire au Mali et la tension diplomatique qui l’oppose à la France donnent une dimension toute particulière à cette décision du Tchad. La situation sécuritaire demeure volatile et le Mali, au moment où la France a décidé le retrait des forces Barkhane et de Takuba. Répondant aux questions des journalistes tchadiens, qui ont demandé si le Tchad allait retirer ses soldats du Mali à l’unisson de la France, le général Mahamat Déby a déclaré : «Certainement pas (…). Ce n’est pas le moment de quitter le Mali, tant que le terrorisme persiste, nous allons rester pour aider nos frères maliens». Fin janvier 2013, le président d’alors du Tchad avait engagé plus de 2.000 soldats de l’armée tchadienne pour libérer le Mali de l’emprise des terroristes.  Les Forces armées tchadiennes d’intervention au Mali (FATIM) ont ainsi été les premières troupes étrangères à venir appuyer l’opération Serval. Elles étaient commandées par le général Oumar Bikimo, dont l’adjoint était l’actuel chef de l’Etat du Tchad.  Partis de N’Djamena, fin janvier 2013, le général Bikimo et ses hommes ont vite récupéré Andéramboukane, ensuite Ménaka. Ils ont alors continué leur progression jusqu’à Kidal qu’ils ont libéré. De là, le contingent tchadien, fort de 2.400 hommes, s’était divisé en deux colonnes. L’une a mis le cap sur Aguel’hoc, puis sur Tessalit. Alors que l’autre, après avoir libéré Kidal, a poursuivi sa marche jusqu’au cœur de l’Adrar des Ifoghas. C’est là, que les deux colonnes des FATIM se rejoignirent. Le 22 février 2013, sur cette chaîne de montagnes où les terroristes s’étaient retranchés, les Tchadiens ont livré une bataille coûteuse en vie humaines. Bilan: 26 soldats tchadiens tués, contre une soixantaine d’islamistes mis hors de combat, dont des chefs. L’engagement et le sacrifice de soldats tchadiens ont été déterminants pendant la guerre dite de libération du Mali. Le 12 mai 2013 à Massakory, localité située à 150 kilomètres de N’Djamena, le président de la République par intérim Dioncounda Traoré avait rendu un vibrant hommage aux soldats tchadiens : «Merci en mon nom propre et du fond du cœur, en tant que Malien et en tant que président d’un pays qui a été profondément ébranlé mais qui, revient à la normalité grâce à la chaîne de fraternité, dont le Tchad, son président Idriss Deby Itno et son armée sont un maillon essentiel… »  « Ceux devant lesquels nous nous inclinons aujourd’hui sont des héros, tombés sur notre sol…Nous attestons ici de la bravoure de ces soldats qui ont donné leurs vies pour que le Mali soit libre», a fait ajouté Dioncounda Traoré.  À l’occasion, il avait décoré le général Mahamat Deby Itno de la médaille de la Croix de la valeur militaire à titre étranger. ID/MD (AMAP)

Le Premier ministre à Dubaï : Vendre la destination Mali

Envoyé spécial Dieudonné DIAMA Dubai, 22 fév (AMAP) A la tête d’une forte délégation, le Premier ministre malien,  Choguel Kokalla Maïga, est arrivé, mardi, dans la capitale des Emirats arabes unis (UAE) où il prendra part à la Journée du Mali à l’Exposition universelle Dubaï 2020 et nouera des contacts dans le cadre de la diversification de nos partenaires.  Après son accueil à l’aéroport, le chef du gouvernement a confié aux journalistes qui l’accompagnent que ce déplacement qu’il effectue à la tête d’une forte délégation composée de collaborateurs, de ministres, d’artistes et d’opérateurs économiques a deux objectifs.  Rappelant que l’exposition universelle Dubaï 2020 a réservé le 23 février 2021 comme la journée du Mali, Dr Choguel Kokalla Maïga a estimé que notre pays doit être vu dans toute sa diversité économique, culturelle et sociale. «Nous sommes là aussi avec un deuxième objectif extrêmement important : c’est la diversification des partenaires économiques et financiers du Mali avec les pays du Golfe», a indiqué le Premier ministre.  Le président des émirats arabes unis et le Prince de Dubaï ont invité le chef du gouvernement pour célébrer aussi, le 50è anniversaire de la fondation de leur Etat. «Nous avons répondu positivement, car cela correspond à nos objectifs aujourd’hui de diversification de notre partenariat, de renforcement des relations entre le Mali et les pays arabes et musulmans qui ont toujours été à nos côtés», a-t-il soutenu, tout en rappelant les grandes années difficiles de sècheresse et les temps qui courent où notre pays a besoin de soutien, du concours de ses amis.  Dr Choguel Kokalla Maïga s’est dit convaincu que les deux objectifs que le président de la Transition a fixés au gouvernement dans le cadre de cette mission seront largement atteints. Il s’agit de montrer le Mali dans toute sa diversité, montrer qu’il est debout, marche, que les Maliens marchent ensemble. Mais également, renforcer les partenariats économiques et financiers et diversifier les relations avec le monde arabo-islamique.  Le chef du gouvernement a fait savoir que sa visite à Dubaï n’est qu’un début. Car selon lui, plusieurs missions gouvernementales de haut niveau sont en préparation dans les semaines et mois à venir. Parmi celles-ci, précisera-t-il, certaines seront conduites par des ministres et d’autres par le Premier ministre pour porter le message d’amitié et de fraternité, de coopération du président de la Transition et du peuple malien à l’ensemble du monde arabo-islamique.    Au programme de la présente visite du Premier ministre, plusieurs activités pour vendre la destination Mali. Il s’agit, entre autres, d’un Forum invest in Mali, d’un panel sur les secteurs d’opportunité au Mali, notamment des présentations sur le cadre législatif et réglementaire de partenariat public-privé, les filières porteuses au Mali tirées de la stratégie nationale de développement des exportations. Mais aussi un autre panel sur les secteurs prioritaires du gouvernement dans les domaines de l’énergie, notamment les énergies renouvelables, les secteurs prioritaires du gouvernement dans les domaines des infrastructures et dans les domaines de l’agriculture. Il est aussi prévu une soirée culturelle avec des artistes locaux.  Le chef du gouvernement est accompagné par les ministres de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, des Mines, de l’énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko et par le secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants, le général Sidiki Samaké. DD (AMAP)

Mali : Les FAMa maintiennent la pression sur les groupes terroristes (Etat-major) 

Bamako, 23 fév (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) maintiennent leur dynamique offensive de recherche et de destruction des terroristes et leurs sanctuaires, dans le cadre du plan Maliko et de l’opération Kélétigui, assure un communiqué de l’état-major des Armées publié mardi 22 février.  Faisant le bilan des opérations des FAMa contre les groupes terroristes, au cours de la semaine écoulée, l’Armée annonce une intensification des opérations qui ont conduit à l’arrestation de huit terroristes, tous recherchés dont deux chefs de base. Il s’agit de Abdou et Mahamadou Barry et un chef de guerre, Boubacar Nouhoum Diallo dit Matiel, dans la Région de Tombouctou, précise l’état-major des Armées.    « Les indices collectés sur les lieux de l’assassinat des deux policiers à Tombouctou, le 21 février 2022, permettent d’orienter les recherches sur deux (02) terroristes déjà identifiés et sévissant dans le secteur de Ber », poursuit le communiqué, avant de souligner que ces derniers sont auteurs d’« assassinats ciblés et des poses  d’EEl dont le dernier incident a été commis sur la route Tombouctou-Ber ». « Dans les régions de Ségou, Mopti et Bandiagara, les reconnaissances offensives dans différents secteurs ont fait un bilan de 15 bases terroristes démantelées, 19 terroristes neutralisés dont Hassane Sangaré ayant conduit l’attaque contre le détachement FAMA de Sokoura en Août 2020 », informe l’Armée.  Et d’annoncer l’interpellation de 15 suspects dans le même secteur. Deux suspects mauritaniens interpelés, ont été libérés et remis à l’ambassade.  34 motos ont été récupérées et 15 autres détruites, 37 téléphones récupérés, 03 batteries de mise en œuvre des EEl récupérées, 08 engins explosifs improvisés récupérés et détruits, relève l’Armée.   Des renseignements récupérés ont permis de localiser et interpeler un complice-indicateur terroriste installé à Point A (aux abords du pont de Markala) pour informer sur les mouvements FAMa sur les axes Markala-Niono et Markala-Macina, ajoute l’Armée.  Dans la Région de Bougouni, les FAMa ont détruit à l’artillerie une base terroriste dans la forêt de Tèla, arrondissement de Kignan. Le bilan de l’armée fait état de 03 terroristes neutralisés, 02 pistolets mitrailleurs et 04 chargeurs garnis récupérés, et du matériel de fabrication d’EEl récupérés.   L’état-major indique que les efforts ont porté sur la collecte, la précision des renseignements et la localisation des cibles dans la Région de Nara. Ce qui a permis, note la même source, la récupération de trois fusils et des munitions, 07 téléphones et 32 suspects interpelés et relâchés après les enquêtes de la prévôté.   25 tonnes de vivres ont été récupérés lors des reconnaissances offensives sur les sites de dépôt de Zakats imposé de force aux populations dans diverses localités des régions de Mopti et de Ségou, informe l’Armée.   Selon le même communiqué, une unité FAMa et la Task group Takuba ont continué des  offensives dans le Liptako à la recherche des sanctuaires dans le secteur d’Indelimane et de Ménaka.  Les FAMa continuent les reconnaissances et les patrouilles pour la sécurisation et la protection des populations civiles dans le secteur de Tessit, Région de Gao, face à un ennemi adoptant désormais l’évitement. L’état-major général des Armées rassure que les actions de recherches de renseignements, de surveillance, de poursuite et de neutralisation des terroristes dans leurs sanctuaires se poursuivent. Il invite les populations à se démarquer des terroristes qui utilisent ces derniers temps des civils comme des boucliers humains, note l’Armée.  M. TOURÉ

Mali : Un taux de croissance de 5,3% attendu en 2023, selon le ministre de l’Économie et des Finances 

Bamako, 22 fév (AMAP) Les perspectives macroéconomiques indiquent une reprise de l’activité économique, en 2023, avec un taux de croissance réel attendu à 5,3%, contre 3,5% en 2022,  a annoncé, lundi, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. « L’inflation se stabilise tournant autour de 2% et la prudence sera observée en matière de politique budgétaire », a précisé M. Sanou, au lancement du processus budgétaire 2023 qu’il a présidé, par visio-conférence, dans lson département. Le processus budgétaire permet, entre autres de fixer le cap, d’allouer les moyens et de déterminer les objectifs. La conférence de lancement du processus budgétaire est devenue une tradition bien ancrée au Mali depuis quelques années. Elle apparaît comme  un rendez-vous majeur de dialogue entre le gouvernement et ses partenaires. En la matière, cette conférence abordera trois thèmes importants. Ils se rapportent à l’articulation entre la réforme budgétaire et la réforme administrative : enjeux et défis ; la pratique de l’évaluation des programmes : forces et faiblesses des outils et du dispositif, et l’animation du dialogue de gestion au cours du processus budgétaire : acteurs, processus et enjeux. Elle se tient dans un contexte quelque peu favorable. « L’économie malienne a renoué avec la croissance en 2021 après la contraction de 2020 liée à la Covid-19 et aux conséquences de la situation sécuritaire », a fait noter le ministre de l’Économie et des Finances. Selon lui, le taux de croissance devrait s’accélérer en 2022 et 2023 pour atteindre respectivement 3,5% et 5,3%. L’inflation reste maîtrisée, nettement inférieure au critère de convergence communautaire fixé à 3%. La politique budgétaire vise un déficit budgétaire de 4,9% du Produit intérieur brut (PIB) en 2023. Cela compte tenu de nombreux engagements du gouvernement notamment dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et des populations en général. «Il reste entendu qu’à moyen terme, la politique budgétaire s’inscrirait dans la dynamique du retour progressif au critère de convergence communautaire de 3%. Cette stabilité macroéconomique doit donc être consolidée et renforcée à travers une meilleure planification budgétaire pour une croissance économique durable et inclusive», a soutenu le ministre de l’Économie et des Finances. Concernant l’année budgétaire 2022, elle suit son cours. Cela, malgré les sanctions économiques et financières imposées au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pour y faire face, le gouvernement travaillera à l’amélioration de l’exécution budgétaire suivant le double objectif d’intensification de la mobilisation des ressources intérieures et de maîtrise des dépenses tout en maintenant la croissance. S’agissant de l’exécution budgétaire au titre de 2021, Alousséni Sanou a rappelé que la mobilisation des recettes fiscales est plus satisfaisante que celle enregistrée en 2020. Le taux de pression fiscale a atteint 15,5% du PIB, contre 14,3% en 2020. L’exécution des dépenses, selon lui, « a été contenue dans la limite des dépenses prévues, soit 22,5% du PIB contre une prévision de 25,8% en 2020 ». Le niveau de déficit budgétaire est ressorti à 4,7% du PIB nettement meilleur que la prévision de 5,5%. «Malgré le contexte difficile marqué par la situation sécuritaire, la pandémie de Covid-19 et ses impacts économiques sur les prix des denrées alimentaires, l’absence d’acte budgétaire général, nous avons pu contenir le déficit budgétaire à un niveau de 4,7% contre des prévisions estimées à 5,5%. Ce qui n’a pas impacté le taux de croissance qui est ressorti à 3,1%, contre -1,2 en 2020», a précisé le patron de l’hôtel des Finances. AG (AMAP)

Situation alimentaire et nutritionnelle au Mali : 1,8 million de personnes ont besoin d’assistance 

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 22 fév (AMAP) Quelque 1,8 million de personnes ont besoin d’assistance alimentaire au Mali, selon l’évaluation provisoire du Système d’alerte précoce (SAP), a-t-on appris. lundi, lors des travaux du 18è Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA).  Cette situation est consécutive au fait que la campagne agricole 2021-2022 a été jugée de moyenne à très médiocre pour l’ensemble des cultures. «Le tableau peu reluisant de notre campagne 2022 laisse paraître d’énormes besoins à mobiliser», a déclaré le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga qui a présidé la session. Selon l’évaluation provisoire du SAP, à travers le Cadre harmonisé, 1,8 million de personnes ont besoin d’être assistées sur le plan alimentaire et nutritionnel dans notre pays. À ce chiffre, s’ajoutent 4,4 millions d’autres personnes qui sont dans l’insécurité alimentaire modérée et ont besoin d’être soutenues par la restauration de leur capital productif, à travers des activités génératrices de revenus.  Les participants, venus de Bamako et de l’intérieur du pays, ont passé en revue l’état de mise en œuvre des recommandations formulées lors de la session précédente, avant de faire le bilan du Plan national de réponses de 2021.  Tout en examinant le projet de Plan national de réponses 2022 en vue de son adoption, ils ont examiné la situation alimentaire et nutritionnelle élaborée par le SAP et ses partenaires à travers le Cadre harmonisé. Dr Choguel Kokalla Maïga a souligné que ce CNSA 2022 « se tient dans un contexte alimentaire et nutritionnel très particulier avec la superposition de plusieurs facteurs contributifs à l’insécurité alimentaire pour bon nombre de nos concitoyens se trouvant dans des zones de précarité ».  « Aussi, a ajouté le chef du gouvernement, les marchés internationaux subissent de plein fouet une inflation dans la durée avec une répercussion ascendante sur les prix des denrées de grande consommation ». Selon lui, tout ceci est amplifié par le mauvais climat engendré par la pandémie de Covid-19. 33.000 TONNES DISTRIBUÉES – Le chef du gouvernement a indiqué que la campagne agricole 2021-2022 a été jugée de moyenne à très médiocre pour l’ensemble des cultures. «Du côté de l’élevage, les pâturages et les conditions d’abreuvement du bétail sont annoncés également difficiles avec une soudure pastorale déjà installée sur l’ensemble des zones d’élevage du pays», a-t-il fait noter, ajoutant que l’insécurité dans les zones de conflit a perturbé les mouvements des troupeaux et limité leur accès à certains parcours. Face à cette situation préoccupante, Dr Choguel Kokalla Maïga a annoncé que le Plan national de réponses 2022 tentera d’apporter des solutions d’atténuation pour près de 6 millions de personnes, tout en mettant en cohérence les actions conjointes de l’État et de ses partenaires d’appui.  « D’ailleurs, a-t-il ajouté, l’un des mandats du CNSA est d’apporter le planning de réponses au titre de 2022 portant sur l’assistance alimentaire, le cash transfert, l’appui au bétail, la lutte contre la malnutrition sous toutes ses formes et la reconstitution des stocks de sécurité ».  Le Premier ministre a remercié et félicité le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) pour tous les efforts consentis dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. En effet, le CSA n’a pas ménagé ses efforts pour apporter une assistance alimentaire à plus d’un million de personnes au profit desquelles 33.000 tonnes de céréales ont été distribuées. 7.600 tonnes d’alimentation ont bénéficié aux urgences non planifiées, notamment aux personnes déplacées internes. Un milliard de Fcfa a été mobilisé au bénéfice des pasteurs et agro-pasteurs. Plus de 8 milliards de Fcfa ont été investis par le dispositif pour répondre à la crise. Représentant les partenaires techniques et financiers, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry, a rappelé que le taux national de malnutrition aiguë globale est au seuil d’alerte de 10% de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).  Les Cercles de Koro (Centre), Diéma et Nioro (Ouest) sont en deçà du seuil d’urgence de 15% qui est de 18 % à Ménaka (Nord). Le taux de malnutrition chronique national, estimé à 22%, atteint 25 et 29 % à Sikasso (Sud), Mopti (Centre), Gao (Nord). Il atteint la situation d’urgence à Ménaka en s’établissant à 34%. Le représentant des PTF a estimé que les défis du moment sont encore plus élevés que ceux de l’an passé. Et Bart Ouvry de citer « la nécessité de renforcer la coordination entre les différents acteurs pour une couverture géographique continue et justement repartie ; de progresser dans la mise en œuvre du nexus pour pallier les faiblesses actuelles dans le temps et dans l’espace ; de plaider pour que les différents acteurs nationaux et internationaux financent des réponses structurantes pour renforcer la résilience et le relèvement précoce… »  AMK (AMAP)

Tombouctou : Deux policiers tués dans une attaque perpétrée par des hommes armés non identifiés

Tombouctou, 22 février (AMAP) Deux policiers ont trouvé la mort dans une attaque perpétrée par quatre hommes armés non identifiés jeudi à Tombouctou, a appris l’AMAP de source locale. Notre source précise que quatre hommes armés non identifiés à bord d’une Toyota Hilux  de couleur blanche ont ouvert le feu sur 3 agents de la police sur 2 motos, revenant du poste de contrôle de Bariz (quartier Hammabangou, lundi aux environs 18h. Selon la même source, les 2 policiers sur la même moto ont trouvé la mort sur le champ et les assaillants ont pris les 2 armes des victimes avant de disparaitre dans la nature. Notre source qui déclare par ailleurs que le troisième policier, seul sur sa moto a eu la vie sauve,  précise que les agents ont été suivis depuis le poste avant d’être coincés à une intersection avant d’atteindre le centre-ville. Informés, les forces de défense et de sécurité ont investi les lieux à la recherche des auteurs de cet acte ignoble selon notre source qui précise que les corps des victimes (promotion 2015 de la police nationale en service au commissariat de Tombouctou), ont été transportés à la morgue en attendant leurs obsèques.  MS/KM (AMAP)

Lutte contre le terrorisme : les Forces paramilitaires mobilisées

Envoyés spéciaux  M.K. O.D Mopti, 22 fév (AMAP) Dans les Régions de Mopti, Bandiagara et Douentza, la vie reprend petit à petit son cours normal grâce à la montée en puissance des Forces de défense et de sécurité. La libération des villes comme Bandiagara, à la suite de combats ou de frappes aériennes a permis le redéploiement des forces paramilitaires, notamment la police, le service de la protection civile ou le service des eaux et forêts. Tous viennent en appui aux Forces armées maliennes (FAMa) dans leur croisade contre les groupes terroristes dans le secteur 4 de l’opération Maliko couvrant les Régions de Mopti, Bandiagara et Douentza (Centre). Le commandant Ousmane Samassékou est le directeur régional des eaux et forêts de Mopti. Il rappelle que la direction nationale des eaux et forêts a signé en 2004 une convention avec l’état-major général des armées pour la protection des éléphants dans le Gourma. Ce travail était rendu difficile à cause de la présence massive des groupes terroristes dans le secteur, notamment la Katiba du Gourma. «Avec la montée en puissance de l’armée, nous allons reprendre les patrouilles dans le Gourma pour protéger les éléphants et les ressources végétales», annonce le directeur régional des eaux et forêts, signalant que certains de ses agents ont déjà regagné leurs postes.  «Avant, nous ne pouvions pas travailler dans nos zones d’intervention, car nous étions aussi une cible pour les djihadistes. Mais avec la montée en puissance de l’armée, les gens ont commencé à regagner leurs postes. Cela est nécessaire pour permettre l’octroi de permis aux populations afin qu’elles aient accès aux ressources naturelles. Les actions en cours par l’armée rassurent tout le monde», se réjouit le commandant Samasékou. Les agissements des terroristes ont aussi considérablement joué sur les rendements de la direction régionale des douanes de Mopti. Le trafic sur la Route nationale (RN15) appelée route du Poisson qui relie Mopti à Ouagadougou (capitale du Burkina Faso) en passant par Bandiagara, Bankass et Koro avait été fortement perturbé à cause de multiples attaques terroristes. Toute chose qui a aussi affecté les recettes de la douane sur ce corridor international. Grâce aux différentes patrouilles des Forces armées et de sécurité, notamment les unités spéciales de la gendarmerie, le trafic est devenu presque normal sur la RN15 pour le grand bonheur aussi bien des populations que de l’administration douanière de Mopti. «Aujourd’hui, la situation est meilleure sur la RN15 par rapport à un passé récent. Le bureau d’entrée de la région, c’est le bureau de Koro qui n’arrivait pas à fonctionner de façon normale, à cause de l’insécurité. Mais aujourd’hui, il y a des entrées et sorties des camions sur cet axe, ça veut dire que la circulation est redevenue fluide sur cette route», fait savoir le directeur adjoint de la douane de Mopti. L’inspecteur Cheick Oumar Tangara rappelle qu’en tant que force paramilitaire, la douane vient en appui aux Forces de défense et de sécurité. « C’est une mission traditionnelle de l’administration des douanes, en plus de ses missions fiscales. Dans la Région de Mopti, nous constations que la situation s’améliore grâce aux actions des Forces de défense et de sécurité», explique-t-il. Le responsable douanier fait remarquer qu’avant, la situation était extrêmement difficile pour son service. «Avant, il y avait des postes qu’on ne pouvait pas tenir. Aujourd’hui, avec l’amélioration de la situation sécuritaire dans la région, les agglomérations (Bankass, Douentza et Youwarou) sont occupées de nouveau par nos éléments», dit-il. Le directeur adjoint de la direction régionale de la douane de Mopti espère qu’avec l’évolution de l’opération Maliko, des postes avancés de la douane, notamment celui de Hombori où des agents douaniers ont été tués lors d’une attaque terroriste, seront occupés, de nouveau, par les brigades mobiles d’intervention.  Avec la montée en puissance des FAMa, la douane de Mopti a l’espoir d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés. Déjà le mois dernier, elle a réalisé plus de 70% de ses objectifs. Une prouesse qui pourrait être rééditée, voire dépassée à la fin de ce mois. En ce qui concerne le service de la protection civile de Mopti, elle appuie aussi les FAMa dans leurs opérations sur les théâtres d’opération. Lors des attaques terroristes, elle se déploie sur le terrain pour transporter les blessés vers les centres hospitaliers. Comme en témoigne le directeur régional de la protection civile de Mopti, le lieutenant-colonel sapeur pompier, Namaké Dembélé. «Nous participons pleinement à l’opération Maliko dans le cadre des missions qui sont confiées à la protection civile, notamment la lutte contre les incendies, les cas d’attaques terroristes, l’évacuation des blessés de guerre’, dit-il.  « Si les villages sont attaqués par les terroristes, on évacue les blessés ou quand les assaillants brûlent les maisons, éteint les feux. Je vous cite le cas de Songho où l’attaque terroriste a fait une trentaine de morts et 18 blessés. Nous intervenons également sur le fleuve dans le cadre des patrouilles nautiques avec les Forces de défense et de sécurité», explique le directeur régional de la protection civile de Mopti. Le lieutenant-colonel Dembélé salue les autorités pour avoir mis à la disposition de son service de nouveaux équipements lui permettant d’accomplir pleinement ses missions sur le théâtre d’opérations.  A l’image des autres forces paramilitaires, la police est aussi très engagée dans la lutte contre le terrorisme. Elle mène des patrouilles régulièrement dans les villes où est elle est présente. C’est le cas notamment à Mopti et Bandiagara où notre équipe s’est rendue. MK/OD (AMAP)

De présumés terroristes aux mains de la Prévoté

Envoyés spéciaux Madiba KEÏTA Oumar DIOP Mopti, 22 fév (AMAP) De présumés terroristes appréhendés lors des opérations militaires sont mis à la disposition de l’unité prévôtale de la gendarmerie qui mène des investigations pour décider de leur sort. Actuellement, plusieurs d’entre eux sont en garde à vue à Mopti dans le cadre des enquêtes préliminaires. Selon un officier de la gendarmerie, la plupart de ces présumés terroristes ont été capturés sur le front ou sur renseignement. Parmi lesquels, il y a des adultes mais aussi de très jeunes. «Ils sont ici dans de bonnes conditions. Ils bénéficient de tous les droits d’un prisonnier. On leur donne à manger régulièrement et on soigne aussi ceux qui sont malades», assure notre interlocuteur. Après la phase d’enquêtes préliminaires, les présumés djihadistes sont remis à la justice, en attendant leur procès. Il arrive que certains d’entre eux soient relaxés après les enquêtes de la gendarmerie. MK/OD (AMAP)

Lutte contre le terrorisme à Mopti (Centre) : Les gendarmes en première ligne

Envoyés spéciaux Madiba KEÏTA Oumar DIOP Mopti, 22 fév (AMAP) La Route nationale (RN 15), appelée route du Poisson, a beaucoup fait parler d’elle ces dernières années à cause des attaques répétées de groupes armés terroristes. Les habitants des villages riverains ne dormaient que d’un œil, car à tout moment, les terroristes pouvaient faire irruption dans leurs localités pour tuer des innocents, brûler des maisons ou encore emporter le bétail. Ces hommes sans foi, ni loi tendaient aussi des embuscades aux forains et aux Forces de défense et de sécurité en utilisant les Engins explosifs improvisés (EEI). Dans leur dessein de faire mal aux populations, les groupes terroristes ont saboté la plupart des ouvrages se trouvant sur le tronçon Sévaré-Bandiagara sur la RN 15. Aujourd’hui, le trafic a repris normalement sur ce corridor qui relie le Mali et le Burkina Faso, grâce aux patrouilles des unités de la 6è Région de la gendarmerie nationale. Le colonel Mahamadou Siné Doucouré et ses hommes ont la lourde tâche de sécuriser la circulation des personnes et des biens sur la RN 15.  Ce mercredi 16 février 2022, nous les avons suivis durant une bonne partie de la journée. Plusieurs véhicules Pick-up remplis de gendarmes armés jusqu’aux dents se mettent en branle vers midi en direction du village de Ficko, sur la RN 15 où les mouvements de Groupes armés terroristes (GAT) avaient été signalés par les villageois. Le chef de village, Bréhima Traoré, et ses conseillers ont fait part de leurs inquiétudes aux patrouilleurs par rapport à cette situation. «Avec les différentes opérations de l’armée, les terroristes se sont regroupés à 3 km de notre village. Pour le moment, ils ne sont pas venus nous attaquer comme ils le faisaient avant, mais nous avons peur», s’inquiète Sékou Traoré, un des conseillers du chef de village. Il a ainsi demandé à l’armée de bombarder la position des terroristes pour les éloigner loin de son village. «Nos femmes et nos enfants ont peur d’aller en brousse pour ramasser le bois ou faire d’autres activités. C’est vrai que les hommes n’ont pas encore commencé les travaux champêtres, mais nous ne voulons pas avoir affaire à ces gens qui n’hésitent pas à tuer nos enfants ou à violer nos femmes», dit le vieux Traoré, tout en reconnaissant que la présence des gendarmes rassure les populations locales. Le colonel Mahamadou Siné Doucouré explique aux villageois que l’armée est désormais dans une posture offensive, dans le but de sécuriser les personnes et les biens. Il promet que les patrouilles seront menées de jour comme de nuit afin de débusquer les terroristes dans leur dernier retranchement. Les gendarmes ont continué la patrouille en remontant vers Yawakanda où un pont a été détruit par les terroristes. Les travaux de rénovation sont sécurisés par les hommes du peloton de surveillance de la 6è Région de la gendarmerie nationale, le lieutenant Harouna Dembélé. «Cette patrouille s’inscrit dans le cadre de la sécurisation du trafic sur la RN15. C’est pour permettre aux populations de circuler en toute quiétude sur cet axe routier que nous menons intensivement des patrouilles», explique l’officier de gendarmerie. Les patrouilles permanentes que mènent le colonel Mahamadou Doucouré et ses hommes sur la RN15 font que les populations riveraines ont repris leurs activités commerciales. «En menant ce genre de patrouilles, nous faisons ce que nous appelons la police de proximité. On s’arrête dans les villages pour parler avec les populations, pour savoir ce qui se passe chez elles, pour connaître leurs problèmes et leur faire comprendre notre mission. La population de Ficko était contente de nous recevoir, tout cela contribue à la montée en puissance des FAMa», indique-t-il. «La gendarmerie est partie intégrante des Forces armées maliennes (FAMa). Dans le cadre de nos missions régaliennes, nous travaillons dans le secteur 4 de l’opération Maliko. à travers notre présence dans certaines emprises, nous travaillons, souvent, en solo ou avec d’autres forces sous le commandement du commandant du secteur 4 de l’opération Maliko », explique le colonel Doucouré. « Ces derniers temps, nous sommes plus offensifs. Les opérations que nous menons sur le terrain sont concluantes», explique l’officier supérieur, tout en se réjouissant des moyens mis à la disposition de la 6è Région de la gendarmerie nationale par les autorités de la Transition. «Nous avons, pratiquement, les mêmes armements que l’Armée de terre. Nous avons aussi des capacités de déminage. Nous sommes, aujourd’hui, à un certain niveau par rapport à la montée en puissance des FAMa», dit le colonel Doucouré. De Yawakanda, la patrouille de la gendarmerie a regagné la base à Sévaré vers le petit soir. L’unité nautique a pris la relève par une patrouille sur le fleuve Niger, à Mopti. Nous avons embarqué à bord des bateaux dont certains sont équipés de mitrailleuses. En effet, les patrouilles sur les eaux dans la Venise malienne ont permis, dans un passé récent, d’intercepter du carburants et des vivres destinés aux GAT. Au cours de notre incursion, la patrouille est tombée sur une grosse pinasse en provenance de Diré. Les gendarmes ont procédé au contrôle qui a duré une demi-heure.  Selon le colonel Doucouré, Mopti étant entourée par les eaux, la surveillance du fleuve est très importante pour, non seulement, lutter contre le trafic illégal mais, aussi, pour faire en sorte que les groupes terroristes et leurs complices ne viennent se ravitailler à Mopti par pirogues. La 6è Région de la gendarmerie nationale est aussi dotée de motos pour mener des patrouilles nocturnes dans la ville de Mopti. Il est 21 heures, une vingtaine de motos conduites par des agents armés se mettent en branle dans Sépare avec pour mission de sécuriser les personnes et les biens. Ayant reçu l’information de l’infiltration d’une trentaine de présumés terroristes à Sévaré, les gendarmes avaient pour mission de s’informer auprès des habitants de la présence de ces individus suspects dans leurs alentours. Interrogé, le colonel Doucouré a tenu à préciser qu’avec ces patrouilles nocturnes qui sont menées régulièrement à Mopti et Sévaré, il ne s’agit pas de contrôler