Mopti organise un atelier de formation sur le système de santé décentralisé

Mopti, 24 octobre (AMAP) Au Mali, malgré le nombre élevé de centre de santé communautaire les objectifs sont loin d’être atteint pour des raisons entre autres, la faiblesse de la gouvernance locale, la non maitrise par les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de la santé de leurs rôles et responsabilités, la faible analyse et utilisation du système local d’information sanitaire pour les prises de décisions et la faiblesse dans l’offre de soins de santé en termes de qualité, a appris l’AMAP de source officielle. Pour renverser cette tendance, la Cellule d’Appui à la Décentralisation et à la Déconcentration (CADD) du ministère de la Santé a organisée au centre Jean Bosco de Sévaré du 19 au 21 octobre à l’attention des acteurs des régions de Mopti et Bandiagara   un atelier de formation sur le système de santé décentralisé et gouvernance dans le cadre du financement basé sur les résultats. Cette session qui a mobilisée plus de 200 participants (autorités administratives, élus, agents socio sanitaires, membres des FERASCOM, FELASCOM, ASACO) des districts sanitaires de Bankass, Bandiagara et Mopti s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Accéléré les Progrès vers la Couverture Universelle » (PACSU) financé par l’association Internationale de Développement (IDA), du GFF et des Pays-Bas. Cet atelier dont la cérémonie d’ouverture était présidée par le conseiller à la sécurité du gouverneur de la région de Mopti, le lieutenant-colonel Mamadou Sidiki Konaté s’est déroulé en présence de Dr Félix Diarra assurant l’intérim du directeur régional de la santé et la délégation nationale de la CADD-Santé conduite par Dr Marguerite Dembélé. Il avait pour objectif global de renforcer les capacités des acteurs impliqués dans le processus de mise en œuvre de la décentralisation sur les outils de gestion et de gouvernance en matière de santé afin d’améliorer leur performance. Il visait entre autres objectifs spécifiques de présenter et échanger sur le Projet PACSU ; présenter discuter les résultats de l’étude relatif au transfert des compétences et des ressources de l’Etat aux CT ; expliquer et commenter : La stratégie de transfert des ressources financières aux CT dans le contexte de la gestion axée sur le résultat (GAR) ; les Ressources transférées aux CT et le Guide d’opérationnalisation du décret n°02-314 du 02 juin 2002 et le guide du contrôle de l’exercice de légalité et de l’appui conseil. Durant les trois jours de formation, les participants ont eu droit à la présentation de plusieurs documents notamment, La stratégie et le Guide d’opérationnalisation du décret n°02-314 du 02 juin 2002 relatif au transfert des ressources financières aux CT dans le contexte de la gestion axée sur le résultat (GAR) et l’arrêté interministériel n°2019-3342/MSAS-MEF-MATD-SG du 02octobre 2019 relatifs à la maitrise de leurs rôles et responsabilités dans l’amélioration des qualités de soins des populations et une appropriation des stratégies sectorielles de santé au Mali dans un contexte de financement basé sur le résultat. L’expérience du district sanitaire de Bankass dans le cadre du transfert des compétences et des ressources aux collectivités au compte du CSRef, des CSCom, le paiement de la cote part de la référence évacuation, la gestion des fonds et les difficultés ont été présenté comme une référence dans les 2 régions. A l’issue des travaux les participants ont formulé plusieurs recommandations entre autres, étendre la formation des agents de santé à l’administration générale et communale, créer un mécanisme d’information des ASACO et des représentants de l’état par rapport aux fonds transférés. Ils ont aussi souhaité que les fonds alloués aux ASACO soient utilisé conformément au cahier de charge. A la fin des travaux, Dr Marguerite Dembélé s’est réjoui de la qualité des débats et de l’assiduité des participants qui dénote de leur intérêt pour l’amélioration de la santé des populations condition indispensable du développement. DC/KM (AMAP)

L’Armée malienne neutralise une trentaine de terroristes (état-major)

Bamako, 22 oct (AMAP)  Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé une trentaine de terroristes, entre le 11 et le 21 octobre courant, dont le nommé Malick Ba alias Abou Malick, chef des opérations de la Katiba du Macina en charge des secteurs de Dioungani-peulh dans le Séno, de Dioura et Nampala (Centre), a annoncé, samedi, l’état-major général des Armées dans un communiqué. Plusieurs suspects ont été, également, interpellés et mis à la disposition de la gendarmerie, selon la même source qui ajoute que les FAMa, ont, « au cours d’une reconnaissance offensive, le 11 octobre dernier, accroché dans la zone de Wataye, à 10 km de Gomitra, un Groupe armé terroriste (GAT) auteur de multiples embuscades sur la route Kayes-Bamako. » « Le bilan, précise l’Armée, est de 05 terroristes neutralisés, 03 suspects interpellés, 02 PM et plusieurs chargeurs, 05 motos et divers matériels récupérés. Avant de déplorer 01 blessé du côté FAMa. » Le 17 octobre, indique l’Armée, les FAMa ont procédé à la destruction de 02 bases de la Katiba Macina dans les localités de Mafouné et Diarakoungo, cercle de Tominian, Région de San. Le bilan fait état de 02 présumés terroristes interpellés, 01 véhicule calciné. Ainsi que plusieurs armes de différents de calibre, des munitions, des chargeurs motos, des moyens de communications et divers matériels y compris des cartes d’identité et des cartes Nina. Selon la source militaire, le 21 octobre dernier, « les FAMa, prises à partie par des terroristes entre Mourdiah et Kwala, y ont promptement réagi avec un bilan côté ennemi de 04 terroristes neutralisés, 01 PKM, 01 PM, des munitions en vrac et une radio récupérés ». Les FAMa « ne déplorent aucune perte en vie humaine ni en matériels. »   Sur le théâtre est de l’opération Maliko, le 12 octobre, des frappes aériennes ont ciblé un regroupement terroriste dans le secteur de Haroun à 10 Km au sud de Tessit (Nord). Le bilan est « de 11 morts y compris le nommé Aly Issiaka, 03 véhicules plus 10 motos calcinés », revèle l’état-major général des Armées.   La source militaire explique aussi que le 19 octobre les FAMa ont, au cours d’une reconnaissance offensive dans la localité de Serma, située à 24km au Sud-Ouest de Boni (Centre), interpellé 20 suspects terroristes dont un guetteur et récupéré plusieurs médicaments et 05 fûts d’essences.   Le 20 octobre, la précision des renseignements a permis de localiser et neutraliser le nommé Malick Ba alias Abou Malick, chef des opérations de la Katiba du Macina en charge des secteurs de Dioungani-peulh dans le Séno, de Dioura et Nampala « avec la saisine de précieux documents y compris des identités, des plans et des refuges. »   Également, une reconnaissance offensive dans la zone de N’dila, commune de Toridagago a fait un bilan de 10 terroristes neutralisés, 08 PM, 04 PKM et divers matériels récupérés. Par la suite, les FAMa ont mené une reconnaissance offensive dans la localité de Kéréna, située à 28km à l’Est de Konna (Centre). « 01 terroriste neutralisé, 2 fusils de chasse, 01 Ak-47, 01 chargeur, 33 téléphones, 6 batteries, des composantes EEI et des objets divers récupérés », indique l’état-major général des Armées. SS/MD (AMAP)

Basket-ball Africa League : Le Stade malien se relance contre les Béninois d’Elan coton basket-ball club (85-36)

Bamako, 22 oct (AMAP) Le Stade malien s’est racheté, samedi, en dominant les Béninois d’Elan coton basket-ball club (85-36), au Palais du 29 juillet, à Niamey (Niger), lors d’une rencontre comptant pour le Basket-ball Africa League. Battus vendredi lors de son entrée en lice par Abidjan basket club (54-66), les Stadistes ont, dans une rencontre à sens unique, fait l’essentiel lors du premier quart temps, remporté 25-2. Les Béninois, vainqueurs des hôtes du tournoi, les Nigériens de Nigelec basket club (75-65), ont rehaussé le niveau de leur jeu dans le deuxième quart temps, mais les représentants maliens n’ont pas lâché prise, menant à la pause (45-12). Le reste de la partie a été une formalité pour les blancs qui ont remporté le troisième quart temps (64-27) et dernier quart temps (85-36). Grâce à cette  victoire, le Stade malien garde intactes ses chances de qualification pour l’Elite 16. Les Blancs effectueront leur dernière sortie, ce dimanche à 15h30, face à Nigelec basket club, éliminé de la course après sa défaite, samedi, contre Abidjan basket club (81-56). Avec deux victoires en autant de journées, les Ivoiriens occupent la tête du groupe A et sont qualifiés pour le tour suivant. Le deuxième ticket du groupe se jouera entre le Stade malien et Elan coton basket-ball club qui affrontera le leader de la poule, Abidjan basket club. LMD/MD (AMAP)

Éliminatoires CAN U23 : Le Mali réalise le nul (1-1) contre le Rwanda

Bamako, 22 oct (AMAP) La sélection malienne de football de moins de 23 ans a tenu en échec, samedi, les Amavubi Espoirs du Rwanda (1-1) au compte du match aller du deuxième tour des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de cette catégorie. Exempté du premier tour, les Aigles Espoirs, en déplacement à Kigali, le Mali réalise ainsi une belle opération pour son entrée en matière. Le milieu de terrain, Ahmed Diomandé, a ouvert le score à la 41è minute pour les Aigles Espoirs mais à la minute suivante, les Rwandais ont remis les pendules à l’heure. Le match retour aura lieu, samedi 29 octobre, au stade du 26 Mars. En cas de succès, le Mali affrontera le vainqueur de la double confrontation Burkina Faso-Sénégal, en mars 2023, pour une place à la phase finale de la CAN U23, Maroc 2023. LMD/MD (AMAP)

Burkina Faso : L’avocat Apollinaire Joachim Kyelem nommé Premier ministre

Bamako, 22 oct (AMAP) Le nouveau Premier ministre du Burkina Faso, Apollinaire Joachim Kyelem de Tambela, a été nommé, vendredi, selon un décret présidentiel lu à la télévision publique (RTB). Cet avocat de 64 ans est à la tête du Centre de recherches internationales et stratégiques, un groupe de réflexion. Il a fait une partie de ses études en France à la Faculté de droit de Nice. Sa nomination est intervenue dans la foulée de la prestation de serment, le même jour, du capitaine Ibrahim Traoré comme président de la Transition. Le nouveau chef du gouvernement burkinabè a commencé sa carrière universitaire comme assistant au Trinity College de l’Université de Toronto, au Canada, puis comme chercheur à l’université de Nice, en France. Au Burkina Faso, il a également enseigné à l’Université de Ouagadougou. Il est notamment auteur d’un livre intitulé «Thomas Sankara et la révolution au Burkina Faso, une expérience de développement autocentré». MDD/MD (AMAP)

Mali : Le CNT approuve la militarisation de la Police et de la Protection civile

Bamako, 20 oct (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT), réuni en séance plénière, jeudi, a approuvé le projet de loi portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile par 111 voix pour, zéro contre et zéro abstention. Après son adoption par le Conseil des ministres du 05 octobre 2022, le projet de loi, initié par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a été soumis à la Commission de la défense nationale, de la sécurité et de la protection civile du CNT. « Au regard de la situation sécuritaire et des défis multiples auxquels les Forces de défense font face, il a été souverainement recommandé lors des Assises nationales de la refondation (ANR), tenues du 27 au 30 décembre 2021, de militariser la Police nationale », avait dit le Conseil des ministres pour motiver le projet de loi. Pour la Commission de la défense nationale, la direction générale de la Protection civile constitue le deuxième segment du ministère de la Sécurité et de la Protection civile avec la Police nationale.  « Les deux services ont presque les mêmes statuts et relèvent de la même chaîne de commandement. Donc, militariser la Police nationale sans la Protection civile, reviendrait à créer un commandement à deux vitesses au niveau du département, l’un militaire et l’autre paramilitaire », a argumenté la même source à travers son rapport présenté au CNT. Cette militarisation de la Police nationale et de la Protection civile concourt à la réalisation des objectifs de la refondation de l’État telle qu’indiquée dans les recommandations des ANR et confirmée dans le  » Plan d’Action stratégique de la Refondation », à travers les actions prioritaires du gouvernement. La Synergie des syndicats de la Police nationale a réagi à l’initiative du projet de loi dans  un communiqué publié le 05 octobre 2022. Les syndicats ont indiqué que la  Police « est prête à apporter sa pierre à la refondation de l’État, si cela passe obligatoirement par sa militarisation », tout en soulignant être « dubitative sur beaucoup de zones d’ombre qui émaillent les contours liés à ce projet ». SS/MD (AMAP)

Festival de la culture traditionnelle : A la découverte du riche patrimoine malien

Bamako, 20 oct (AMAP) C’est dans une ambiance de kermesse que la 4è édition du Festival de la culture traditionnelle du Mali s’est déroulée du 15 au 17 octobre derniers, à la Maison des jeunes de Bamako, sous le thème : «Jeunesse et culture traditionnelle». Peuls, bambaras, bozos, dogons, maures, tamasheks ont répondu présents à ce rendez-vous culturel pour magnifier la diversité culturelle du Mali et exprimer leur engagement à œuvrer pour la promotion de cette culture. Pendant trois jours, la Maison des jeunes de Bamako a été transformée en un véritable creuset culturel où toutes les disciplines artistiques et culturelles ou presque de notre société étaient représentées. Des artistes au talent exceptionnel comme Mariam Bakayoko, Abdramane Maïga mais, aussi, la troupe de Gao (Nord) ont émerveillé le grand public par des prestations haut de gamme. La rencontre se voulait, aussi,  un espace d’échanges, de recréation, de vente de produits de transformation. La particularité de ce festival est son caractère pluridisciplinaire. Le directeur national de la jeunesse, Mahmoud  Baby  Arby, a exprimé, au nom du parrain, le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Mossa Ag Attaher, l’engagement de ce ce département dans la promotion des jeunes à travers la culture. Il a salué cette belle initiative de l’ancien animateur de la radio nationale, promoteur du Festival, Ibrahim Dionkoloni Coulibaly, pour avoir donné l’opportunité à plus de 30 jeunes de travailler au niveau de sa station radio privée. Selon lui, « il est clair que cet événement est un signe  fort de cohésion sociale, car il regroupe l’ensemble de la communauté malienne autour de notre  culture ». Ibrahim Dionkoloni Coulibaly s’est dit satisfait de l’accompagnement des autorités, à travers le ministère de la Jeunesse. « C’est également le lieu de remercier la direction de la Maison des jeunes de Bamako qui a gracieusement offert  son espace pour la tenue de cette rencontre culturelle », a-t-il dit. Ces trois jours ont été rythmés, par des soirées culturelles, conférences-débats, rencontres culturelles, concerts, stands et manifestations folkloriques ou de marionnettes des différentes localités du Mali. Les festivaliers ont  revisité la culture du pays. Pour Amadou Guindo dit « Petit dogon », ce festival est une opportunité pour les vendeurs d’objets culturels. « Nous avons pu écouler nos produit », s’est-il réjoui.  «Je lance un appel aux initiateurs à revoir la durée de ce rendez-vous culturel, mais, aussi, la période de lancement que je trouve trop juste», a-t-il conclu. La boucle a été bouclée par la prestation des troupes musicales de Tombouctou, Kidal (Nord), Bamako, la capitale mais, aussi, de la diva Mariam Bagayoko et sa troupe. Il y avait aussi les marionnettes. Les cérémonies officielles d’ouverture et de clôture étaient dirigées par le directeur national de la jeunesse, Mahmoud  Baby  Arby, représentant le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne Mossa Ag Attaher, parrain de l’événement. C’était en présence du promoteur du Festival, Ibrahim Dionkoloni Coulibaly, et des représentants des communautés venues de différentes régions du Mali. AS/MD (AMAP)

Mali-Russie : Nouvelle page dans  la coopération universitaire

Bamako, 20 oct (AMAP) Le président de l’Université privée Ahmed Baba (UPAB), Ousmane Dramé, et la vice-rectrice aux affaires internationales de l’Université électrotechnique d’Etat (LETI) de Saint-Petersbourg (Russie) Mme Anastasia Minina ont co-animé, mercredi, a Bamako, une conférence de presse dans les locaux de l’UPAB, à Sotuba ACI 2000. Mme Minina, à la tête d’une délégation de LETI, a séjourné au Mali, du 14 au 19 octobre 2022,  pour consolider la coopération scientifique, technique et culturelle avec l’UPAB. A l’issue de la visite de travail de la délégation russe, il s’agissait d’annoncer les perspectives de la coopération scientifique et technique entre la Fédération de Russie et le Mali,  à travers les deux universités. Ousmane Dramé a précisé que « la coopération va s’accentuer sur la mobilité des enseignants et des étudiants entre nos deux pays et l’accompagnement qui sont les points sur lesquels les deux universités vont travailler. « Une délégation de l’UPAB se rendra en Russie dans les jours a venir pour visiter LETI et finaliser des programmes d’activités, a-t-il annoncé. Quant à la vice-rectrice, elle a indiqué que son université formera les étudiants maliens. « Cela leur permettra d’utiliser les équipements modernes de leurs laboratoires ». Elle a, aussi, annoncé l’ouverture d’un laboratoire de langue russe à Ahmed Baba pour les scientifiques, les étudiants et les hommes d’affaires pour apprendre la langue russe avant d’aller en Russie. «Nous attendons les meilleurs étudiants en Russie. Nous espérons que les expériences que nous partagerons avec eux permettront de booster l’éducation et renforcer la coopération entre nos deux pays», a souhaité Mme Mme Anastasia Minina. L’Université privée Ahmed Baba, créée en 2012, offre des formations comme  le droit, le journalisme, la communication, les mines, le pétrole, le génie civil, le genre industriel, l’environnement, la gestion, l’électromécanique, les télécommunications. L’Université électrotechnique d’Etat de Saint-Petersbourg a vu le jour en 1886 et accueille 10.000 étudiants dont 20% d’étrangers. Elle enseigne l’électrotechnique, l’électronique, la mécanique, l’informatique, les énergies renouvelables, l’intelligence artificielle, la biomédecine, l’économie. Un partenariat a été scellé entre les deux universités pour matérialiser la volonté commune des dirigeants maliens et russes. La Fédération de la Russie a décidé de mettre en place un programme de bourses appelé «Projet d’éducation et de formation pour l’Afrique» (RAFU), dédié à la formation d’ingénieurs pour soutenir le développement de l’Afrique. Dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre nos deux pays, l’Université privée Ahmed Baba (UPAB) a pris le leadership de la relance de la coopération scientifique, technique russo-malienne dans les domaines éducatif, scientifique, technique, culturelle, de la recherche et de la formation. La collaboration entre l’UPAB et LETI s’inscrit en droite ligne de la relance de la politique de coopération bilatérale entre nos deux peuples. La coopération bilatérale entre le Mali et la Russie remonte aux premières années de l’indépendance malienne. Les relations entre Bamako et Moscou ne cesse de prendre du volume. La formation de nombreux cadres maliens en Russie, l’intervention de l’armée russe aux côtés des Forces armées maliennes (FAMa) dans la lutte contre le  terrorisme et les récents appels téléphoniques entre le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et son homologue de la Russie, Vladmir Poutine, attestent du raffermissement de ces liens. SYW/MD (AMAP)  

Sikasso (Sud) : Grand dénuement des déplacés internes

Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 20 oct (AMAP Chassés de leurs terroirs par les terroristes, de nombreux compatriotes ont trouvé refuge dans la Région de Sikasso (Sud). Des familles entières vivent aujourd’hui des moments difficiles. A l’image de Bintou Konaté, ressortissante de Wankoro, pres de Bandiagara, dans le Centre du Mali. « Les rebelles ont attaqué mon village. Ils ont kidnappé certains membres de ma famille. Ils ont emporté tous nos animaux, il y a de cela trois ans. Suite à ces désastres, ma famille a fui le village pour s’installer à Sikasso», dit-elle. Comme elle, de nombreuses personnes ont été contraintes d’abandonner leurs résidences habituelles pour  sauver leur vie. Beaucoup d’entre vivent à Sikasso. Ils ne savent plus à quel saint se vouer. Tant leurs conditions de vie sont difficiles. Ils occupent des bâtiments en chantier. Les déplacés sont installés aussi dans le marché à bétail de Médine et dans les quartiers de Sirakoro, Médine, Attbougou, Lamine bambala, Hamdalaye, Ziembougou et Babembabougou. Certains se sont installés dans le Cercle de Kadiolo. Bintou Konaté, la ressortissante de Wankoro,  fait partie des déplacés du quartier de Médine. La dame au teint noir révèle qu’elle vit ici avec ses 9 enfants. Elle ajoute qu’à cause de la cherté de vie, son mari « est retourné dans notre village pour faire de l’agriculture ». « Ici, je me débrouille pour subvenir aux besoins de mes enfants en vendant des galettes. Cela ne marche plus. Même aujourd’hui j’ai un plateau remplie de galettes non écoulées. Ce marché n’est plus rentable», ajoute-t-elle. Le regard dans le vide, elle poursuit : « Depuis six mois, je n’ai pas payé mon loyer, faute de moyens ». A présent, elle craint que le propriétaire ne l’expulse avec sa famille. C’est le sort qui attend la plupart des familles déplacées. «Mon souhait le plus ardent est de trouver un métier pour mes enfants. Cela permettra de réduire mes charges. Nous vivons ici  depuis deux ans. Nos conditions de vie sont vraiment déplorables», témoigne-t-elle. Son père travaillait comme ouvrier sur le chantier deconstruction de la route 2X2 voies de Sikasso. « C’est suite à cela qu’il est tombé gravement malade. Après sa guérison, mon père a décidé de rentrer et, depuis son départ, il a disparu. Je crois qu’il a été soit kidnappé ou bien tué par les rebelles», pense-t-elle. Alidjouma Karambé vient de Bandiagara. Il habite à Sirakoro dans un bâtiment en chantier avec ses deux frères. L’homme au teint noir, la taille moyenne, a une famille de trente personnes. «La situation n’est pas facile. Nos enfants ne sont pas habitués au climat de Sikasso. Ce qui fait qu’ils sont toujours malades. Mes revenus sont tellement maigres qu’ils me procurent à peine mon pain quotidien», révèle qui travaille comme bûcheron. Karambé demande à l’Etat de mettre en place un régime d’assurance maladie pour les déplacés et leurs enfants. BONNES VOLONTÉS – La veuve Mme Konaté Mala Korobara est la présidente de la Coordination des associations des victimes de Sikasso, Loloni, Kadiolo et Zégoua. C’est également elle qui s’occupe de l’accueil de la plupart des déplacés de la région. Depuis près de quatre ans, elle reçoit et accompagne ces déplacés avec la collaboration des autorités régionales. Elle se rappelle qu’en 2019, elle a reçu 85 déplacés de Bankass et de Wankoro (Bandiagara). «Beaucoup d’entre eux ne possédaient que les habits qu’ils portaient. Des enfants à moitié nus. C’était vraiment difficile», témoigne-t-elle. Lorsqu’elle a informé les autorités régionales, une grande délégation composée du gouverneur, du directeur régional du développement social, du maire de la Commune urbaine, du préfet du Cercle de Sikasso et des ONG sont venus leurs apporter des dons. De nos jours, la présidente de la coordination des associations des victimes de Sikasso, Loloni, Kadiolo et Zégoua s’occupe de plus de 200 déplacés à Sikasso. « Chaque fois que les autorités ou encore les bonnes volontés veulent leur offrir des dons, je les rassemble chez moi et on leur partage les dons. Je fais de mon mieux pour eux. A présent, ils sont comme ma famille », souligne Mme Konaté. S’exprimant sur les difficultés des déplacés, Mala Korobara a mis l’accent sur l’accès au logement, à la nourriture, à l’habillement, à la santé et, surtout, à l’éducation pour les enfants. « Même ce matin, j’ai conduit 12 enfants déplacés à l’école de Médine pour les y inscrire », indique-t-elle. Par ailleurs, la veuve a évoqué le cas du vieux Djombo Traoré qui habitait à Sirakoro. Ce dernier a décédé de maladie. «Malgré mes démarches pour qu’il recouvre sa santé, on n’a pas trouvé de soutien. Finalement, il est décédé », explique notre interlocutrice qui ajoute que certains déplacés deviennent fous et disparaissent. Mme Konaté Mala Korobara demande que chacun considère les déplacés « comme ses propres frères et sœurs, d’autant plus qu’ils ont été obligés de quitter leurs localités à cause de l’insécurité ». « Chacun peut se trouver dans cette situation», dit Mala Korobara qui invite les autorités régionales à accélérer le processus d’acquisition du récépissé de sa coordination. Elle appelle les autorités à offrir de l’emploi aux chefs de familles des déplacés afin qu’ils puissent subvenir à leurs besoins. Le directeur régional du développement social de Sikasso, Mamoudou dit Mama Dioni, affirme que l’Etat et les ONG font de leur mieux pour ces déplacés. En ce qui concerne la mise en place du régime d’assurance maladie pour les déplacés et leurs enfants, Mama Dioni a révélé que les déplacés internes sont affiliés au Régime d’assistance médicale (RAMED). Ce régime constitue un dispositif public de protection social non contributif qui assure la prise en charge médicale des indigents, des personnes sans domicile, des prisonniers, des militaires et civils blessés au cours ou à l’occasion de conflits armés et de catastrophes. Par ailleurs, le directeur régional du développement social de Sikasso a dit que très bientôt un nouveau projet sera mis en place à Sikasso. Ce dispositif prendra en charge, en grande partie, les difficultés des déplacés internes de la région. MFD/MD (AMAP)  

Mali/Agriculture : Des nuisibles dans les champs inquiètent les  producteurs

Par Makan SISSOKO Bamako, 20 oct (AMAP) La campagne agricole est prometteuse dans plusieurs zones de productions agricoles du Mali. Le maïs, le riz sont arrivés à maturité. Le mil et le sorgho sont en épiaison, le coton est en fructification. Cependant, des paysans craignent les conséquences des invasions de nuisibles, ennemis des cultures. Issa Koné est cultivateur de coton dans le secteur de Garalo, Région de Bougouni (Sud). En plus du coton, il cultive du gombo, de l’arachide et du maïs. Depuis juin dernier, des nuisibles envahissent ses champs. «L’évolution des cultures était bonne et normale. L’apparition précoce des nuisibles a changé la tendance», regrette le paysan, contacté au téléphone. Deux des sept hectares qu’il possède ont été infestés par les ravageurs. Ils mangent les feuilles des plantes jusqu’à la sève, entraînant l’arrêt de leur croissance. «Tous les trois jours, je traite mon champ, mais les nuisibles résistent aux produits. J’ai investi plus de 250 000 Fcfa dans l’achat de pesticides. Depuis la campagne agricole de 2007, les attaques de nuisibles n’ont pas été aussi précoces et féroces», se rappelle M. Koné. Son collègue Yaya Ballo est cotonculture dans la zone de Konséguela, Région de Koutiala (Sud). Il déplore l’inefficacité des solutions apportées jusqu’ici. «Nous avons appelé les agents de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) qui, après des passages, peinent à nous trouver des solutions. Ils soutiennent que ces infestations sont causées par des nuisibles », dit Ballo. « Nous connaissons ces insectes qui apparaissent chaque année. Nous pensons que cette maladie est simplement liée à la pluviométrie», soutient le paysan dont les 34 hectares de coton sont affectés. Il implore les techniciens agricoles de trouver des solutions à ce fléau et sollicite le soutien des autorités du Mali. L’Office de protection des végétaux (OPV) est spécialisé en la matière. « Des nuisibles ont fait récemment irruption dans certaines zones de production de coton et d’autres cultures vivrières notamment, le gombo, le da, le riz, le maïs, etc. dans plusieurs bassins de productions », confirme le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV, Adama Mallé. « Les céréales ne sont pas touchées pour le moment », rassure le technicien. Les spécialistes en protection des végétaux de l’OPV aident les producteurs à lutter contre ces ravageurs qui impactent fortement le rendement.   SPECIFICITÉ – Au Mali, il existe plusieurs types de ravageurs des cultures : les criquets sont fréquents dans la bande sahélienne, les chenilles sur les cultures dont les tomates les concombres et les melons. Sans oublier les mouches de fruits, les coléoptères, les acariens blanches, termites et les maladies végétales. Il existe des nuisibles et maladies spécifiques à chaque zone de culture. À l’Office du Niger (ON) par exemple, « il y a eu des problèmes de rongeurs sur les cultures. Les rats, les souris et les oiseaux granivores font des dégâts sur le mil, le riz, le sorgho et les cultures maraîchères », explique le spécialiste. « La situation des nuisibles, poursuit le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV, est moins préoccupante cette année malgré quelques menaces ». «De façon générale, nous disons que la situation des nuisibles est relativement calme. Nous n’avons pas enregistré de cas d’infestations majeurs», rassure-t-il. Adama Mallé précise qu’il a été constaté, au niveau des champs de coton, l’arrivée précoce d’un ravageur sur le cotonnier : Jassides, piqueurs suceurs. Ce ravageur a affecté beaucoup de zones de production de coton et d’autres cultures maraîchères. Selon lui, ce ravageur qui existe sur place n’est pas nouveau. « Sa forte pullulation a surpris beaucoup de producteurs et même l’encadrement », ajoute-t-il, soulignant que des cas d’infestations ont été signalés sur des cotonniers à Kadiolo et dans plusieurs localités du Mali.   JASSIDES – Concernant ce ravageur, le technicien révèle qu’il s’agit des Jassides appelés Jacobiella facialis. «Avec les responsables de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), nous avons mené une mission d’inspection dans les filiales de Kadiolo, Bougouni et de Sikasso. Dans ces zones-là, nous avons vu le ravageur sur le cotonnier et il a fait aussi des dégâts. Nous sommes en train d’analyser les facteurs qui ont entrainé cela», explique M. Mallé. En attendant, le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV encourage les producteurs de continuer à intensifier le traitement des champs pour pouvoir venir à bout du destructeur. La nature du ravageur étant connu, il demande aux paysans de ne pas céder à la paniquer. « À l’instar des piqueurs suceurs (pucerons, jassides, acariens, etc.), d’autres ravageurs notamment, la chenille légionnaire d’automne se signalent », indique Adama Mallé. Introduite en Afrique en 2016, à partir du Nigeria, cette chenille originaire des États Unis d’Amérique apparaît au Mali en 2017, en s’attaquant au maïs de contre saison. Comparé aux années précédentes, certes, elle a été moins vorace sur le maïs cette année. «Mais, elle existe toujours. Nous sommes en train de la gérer de façon efficace et efficiente», explique Adama Mallé. Selon lui, la situation est relativement calme dans l’ensemble. Le technicien ajoute que la campagne agricole est même prometteuse dans plusieurs zones de productions agricoles du pays, grâce à la bonne pluviométrie enregistrée. Pour prévenir l’expansion des ravageurs, le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV invite les producteurs à mettre l’accent sur le traitement des champs. Il leur demande de signaler rapidement à son service toute présence de nuisibles. «Nous disposons d’un stock important de bio pesticides, depuis 2019. Les producteurs ne viennent pas souvent s’en approprier. Ces produits sont subventionnés par l’État et donnés gratuitement aux paysans pour le traitement de leur champ en cas d’infestations», explique Adama Mallé. En attendant, le paysan Issa Koné, lui, redoute une chute de son rendement. Et se demande comment il va faire pour rembourser les prêts qu’il a contractés chez les fournisseurs publics et privés. MS/MD (AMP)