Le colonel Assimi Goïta officiellement invité par Vladimir Poutine au Sommet Russie-Afrique
Bamako, 11 nov (AMAP) Le président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goïta est officiellement invité à prendre part au prochain Sommet Russie-Afrique de juillet 2023 à Saint-Pétersbourg, en Russie, a indiqué le département malien en charge des Affaires étrangères sur les réseaux sociaux. « La lettre d’invitation officielle a été remise, jeudi, au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, au cours d’une audience qu’il a accordée à l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Mali, Igor Gromyko », a indiqué le département. Selon la même source, l’ambassadeur russe était venu remettre officiellement au ministre Diop l’invitation du président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, à son homologue malien, le colonel Assimi Goïta. Le diplomate russe a, aussi, informé les autorités maliennes de la visite prochaine en Afrique, y compris au Mali, du ministre des Affaires étrangères de Russie, Serguei Lavrov. En outre, les deux personnalités ont échangé sur la nécessité de renforcer la coopération économique et commerciale entre le Mali et la Russie ainsi que le soutien politique mutuel à l’échelle internationale, notamment au sein des Nations unies. Pour sa part, le chef de la diplomatie malienne s’est félicité de l’excellence des relations d’amitié et de coopération entre les deux pays, « marquée par le regain d’intérêt mutuel à travers des visites de haut niveau et le raffermissement des liens de partenariat stratégique dans plusieurs domaines. » Il a conclu en assurant que l’invitation du président Poutine parviendra à son destinataire. AT/MD (AMAP)
Mali : Ouverture de la 1ère édition de la Journée nationale des légitimités traditionnelles
Bamako, 11 nov (AMAP) Le Premier ministre par intérim, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, a présid.é, ce vendredi, l’ouverture de la 1ère édition de la journée nationale des légitimités traditionnelles au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a constaté l’AMAP. Cette 1ère édition dont le thème est : « Place et rôle des légitimités traditionnelles dans la réconciliation nationale, la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de la refondation de l’État », a été organisée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a consacré le 11 novembre comme Journée nationale des légitimités traditionnelles par décret du 4 mars 2022. Son objectif « est de contribuer à mieux exploiter le système de gouvernance des légitimités traditionnelles pour promouvoir la paix, la cohésion sociale et soutenir la refondation de l’État.» Il s’agit, aussi, « de mieux faire connaitre les légitimités traditionnelles, de valoriser leurs fonctions, de raffermir leur ancrage dans la vie politique, économique et sociale, de s’appuyer sur leur système de gouvernance pour soutenir la refondation ». Mais, également, « informer et sensibiliser les jeunes générations à s’inspirer des valeurs de société des légitimités traditionnelles pour l’éducation civique et la construction citoyenne ainsi que renforcer la synergie d’actions entre les pouvoirs administratifs et ces légitimités ». DD/MD (AMAP)
Un crédit de 20 milliards de Fcfa de la Banque mondiale contre l’insécurité alimentaire au Mali (Communiqué)
Bamako, 11 nov (AMAP) La Banque mondiale a approuvé un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) d’un montant de 30 millions de dollars soit environ 20 milliards de Fcfa alloués au Mali pour améliorer la productivité agricole et renforcer la résilience des ménages ruraux vivant dans les zones arides ciblées, a annoncé un communiqué de l’institution de financement du développement. «Ces ressources supplémentaires augmenteront le nombre de ménages bénéficiaires de transferts monétaires directs de plus de 40.000 à 193.000 ménages et contribueront à atténuer l’insécurité alimentaire dans laquelle ils se trouvent», a expliqué la Directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Clara De Sousa. Ce financement additionnel, au titre du Projet de développement de la productivité et de la diversification agricole dans les zones arides du Mali (PDAZAM), s’inscrit dans les objectifs de la Banque mondiale « visant à renforcer la production et la résilience des systèmes alimentaires, faciliter les échanges commerciaux, développer des chaînes de valeur inclusives et soutenir les ménages vulnérables ainsi que les producteurs », précise le communiqué. Selon la même source le crédit couvrira « les coûts d’une réponse d’urgence à l’insécurité alimentaire ainsi que ceux occasionnés par les pressions inflationnistes, dues en partie à la crise ukrainienne et à l’insécurité. » Les activités du Projet « ciblent les pauvres et les personnes vulnérables y compris les femmes les jeunes, et les personnes déplacées à l’intérieur du pays », explique le document. La directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali précise que « les femmes qui jouent un rôle dominant dans l’agriculture de subsistance et dans la vente d’aliments transformés sur les marchés ruraux et urbains, les ménages qu’elles dirigent ainsi que les agricultrices seront ciblés pour amplifier les bénéfices du projet. » Avec ce fonds additionnel, le PDAZAM pourra couvrir un plus grand nombre de bénéficiaires éligibles dans la zone d’intervention, notamment les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (Près de Bamako), Ségou et Mopti (Centre), et ailleurs en cas de déclaration de crise alimentaire. selon la Bamque mondiale. Ce fonds additionnel arrive, quelques jours, après le lancement de la 27ème Conférence des parties sur le changement climatique (COP 27) à Sharm-el-Sheik en Egypte. L’IDA est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Fondée en 1960, cette institution accorde des dons et des prêts à taux faible ou nul pour financer des projets et des programmes de nature à stimuler la croissance économique, réduire la pauvreté et améliorer la vie des plus démunis. BBC/MD (AMAP)
L’Armée malienne repousse une attaque terroriste à Markala
Bamako, 11 nov (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé, dans la nuit du 9 au 10 novembre, un assaillant et récupéré du matériel au cours d’une attaque terroriste visant le poste de contrôle de l’entrée sud de la ville de Markala (Ségou), dans le Centre du Mali, a annoncé, jeudi, l’Armée sur sa page twitter. Le même jour, le commandant du secteur 5 de l’Opération Maliko, le colonel Youssouf Oumar Cissé et le commandant de la Région de Gendarmerie de Ségou, accompagnés de certains collaborateurs, se sont rendus au poste qui était visé. Selon la même source, le colonel Cissé a félicité et encouragé, au nom de la hiérarchie militaire, « les vaillants soldats stationnés » au pont rouge, véritable verrou à l’entrée de la ville. « Il a transmis aux FAMa du poste la fierté du commandement. Il leur a demandé de rester constamment en veille afin d’éviter toute surprise », selon le communiqué. Les autorités administratives locales, communales ont assuré le colonel Youssouf Oumar Cissé de leur soutien et accompagnement dans la lutte anti-terroriste que mènent les FAMa. La délégation du colonel Cissé s’est rendue, également, au COFEAT abritant la formation du Certificat interarmes, note le Communiqué, aux Ateliers militaires centraux, à la Brigade territoriale de Gendarmerie. Puis, elle a franchi le pont du barrage de Markala afin de vérifier le dispositif sécuritaire. SS/MD (AMAP)
Mali : Les experts se penchent sur la dépolitisation de l’administration publique
Bamako, 11 nov (AMAP) L’atelier de validation et de partage de la Stratégie nationale de dépolitisation de l’administration publique et de son plan d’actions, qui servira de référentiel pour le gouvernement en vue d’améliorer la performance, l’efficacité et l’efficience des structures publiques, a démarré, jeudi. au Centre international de conférences de Bamako, a constaté l’AMAP. «Dans le cadre de la mise en œuvre des actions refondatrices dans les différents segments de notre État qui a soif d’une gouvernance vertueuse et légitime au sein des structures administratives dans le respect de l’orthodoxie prescrite, le département de la Refondation a mis en place un processus d’élaboration d’une stratégie nationale de dépolitisation de l’administration publique», a expliqué le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, qui a présidé l’ouverture des travaux. Cette rencontre de deux jours qui réunit, entre autres, les gouverneurs de plusieurs régions, les représentants de la société civile, permettra un examen minutieux du document. La dépolitisation de l’administration, déjà inscrite dans le Plan d’actions du gouvernement de Transition (2021-2022), a été débattue au cours des Assises nationales de la refondation (ANR) en décembre 2021. Ces assises lui ont réservé au moins quatre recommandations. « A travers un échantillonnage des régions et du District de Bamako, les consultants ont rencontré, notamment, les représentants des services de l’administration, de la société civile, du secteur privé et la classe politique, a souligné le ministre Maïga. Ces rencontres ont permis de faire des observations et propositions pertinentes ayant contribué à la production du document soumis à la validation par cet atelier, a fait savoir le patron du département de la Refondation de l’État. CRISE DE CONFIANCE – Pour le ministre en charge de la Refondation de l’État, le phénomène de politisation de l’administration a pris des proportions inquiétantes ces dernières années. Cela, « avec son corollaire de crise de confiance entre les acteurs de la gestion de l’administration et les usagers des services publics ». « La vision proposée (par l’équipe de consultants) est une administration neutre, professionnelle, moderne, performante, assurant un égal traitement à tous les usagers et inscrite dans la recherche continue et pérenne de l’amélioration de la qualité des services et de l’innovation», a expliqué Ibrahim Ikassa Maïga. Toutefois, le ministre Maïga a dit que « le défi à relever demeure important et seule une volonté politique inébranlable permettrait d’inverser la tendance pour une administration professionnelle, performante, responsable, redevable aux citoyens, au service de l’usager et non du militant. » « Les activités inscrites dans le plan d’actions doivent être réalisées, suivant une approche participative et inclusive afin de marquer l’esprit des populations par l’engagement responsable des autorités à créer un environnement propice à la satisfaction de leurs besoins fondamentaux », a précisé Ibrahim Ikassa Maïga MK/MD (AMAP)
Visite du DG des douanes à Ségou : Mobilisation pour l’atteinte des objectifs quantifiés de recettes
Ségou, 10 nov (AMAP) Le directeur général des douanes, l’inspecteur général Amadou Konaté, a effectué mercredi une visite de travail dans la Région de Ségou (Centre) en vue de la réalisation des objectifs quantifiés de recettes. Lors d’une rencontre, dans la salle de conférence de la direction régionale des douanes de Ségou, regroupant les directeurs régionaux des douanes de Mopti, Koutiala et Ségou, il est ressorti qu’en matière de perception des recettes, de janvier à septembre 2022, sur une prévision de 12.915.000.000 Fcfa, la direction régionale de Ségou a pu réaliser 11.160.300.000 Fcfa, pour le dernier trimestre. Sur une prévision de 5.421.000.000 Fcfa, elle a recouvré 1.266.000.000 Fcfa en fin du mois d’octobre 2022. Les facteurs qui justifient ces chiffres par rapport aux objectifs « sont l’insécurité dans les deux régions administratives (Ségou et San) et la faiblesse des effectifs », a fait savoir le directeur régional des douanes de Ségou, le lieutenant-colonel Oumar Tangara. Intervenant à la fin de la rencontre , le directeur général des douanes a déclaré à la presse qu’ « un seul point figurait à l’ordre du jour de cette rencontre à savoir la mobilisation de l’ensemble des douaniers pour l’atteinte des objectifs quantifiés de recettes et bien d’autres qui sont en rapport avec les trois orientations » qui lui ont été assignées par le ministre de l’Économie et des Finances. « Il s’agit de la mobilisation des recettes douanières, de la lutte contre la fraude et la réalisation des reformes pour améliorer nos prestations», a indiqué l’inspecteur général Amadou Konaté. Le DG des douanes a révélé que l’activité douanière s’est réalisée, en 2022, dans des conditions extrêmement difficiles, marquée par des crises multidimensionnelles (crise sécuritaire, Covid-19, embargo imposé par la CEDEAO et conflit russo-ukainien). Selon Amadou Konaté, « l’ensemble de ces crises a coûté au cordon douanier près de 142 milliards de FCFA de pertes de recettes. » Le patron des douanes n’a pas manqué de saluer l’accompagnement de l’État dans la mise en œuvre des réformes entreprises par sa structure à savoir l’adoption de la loi portant Code des douanes, la récompense du mérite par l’octroi d’une médaille aux douaniers, la construction du nouveau siège de la direction générale des douanes, etc. Selon Amadou Konaté, les douanes ont un devoir de retour envers l’État « en réalisant tout simplement les objectifs quantifiés de recettes qui lui sont assignés durant cette année. Il a rappelé que, de janvier à octobre 2022, les douanes ont réalisé un total de 464,155 milliards de Fcfa, malgré le contexte difficile. Le DG des douanes a appelé à l’implication effective du personnel des douanes de Ségou, Mopti et Koutiala afin d’atteindre, en décembre 2022, les objectifs quantifiés de recettes à la direction des douanes qui sont de l’ordre de 611.290.000.000 Fcfa. Le directeur général des douanes et sa délégation se sont également rendus au gouvernorat pour rencontrer le chef de l’exécutif régional. Le contrôleur général de police Alassane Traoré a salué le travail abattu au quotidien par les soldats de l’économie, avant de souligner « la nécessité de renforcer la direction régionale des douanes de Ségou en personnel afin de réussir les objectifs qui lui sont assignés. » MS/MD (AMAP)
Le Mali crée une commission de lutte contre la hausse des prix
Bamako, 10 nov (AMAP) Le gouvernement malien a institué une Commission interministérielle de lutte contre la hausse des prix et de facilitation de l’approvisionnement du pays en intrants agricoles et produits de première nécessité, a appris l’AMAP de source officielle. Créée le 2 novembre dernier, par décret, cette Commission, « a pour mission de coordonner et de suivre toutes les initiatives visant à lutter contre la flambée des prix des produits de première nécessité et à faciliter l’approvisionnement du pays en intrants agricoles et en produits de première nécessité. » Précisément, elle est chargée d’analyser les causes de la flambée des prix des produits de première nécessité et de l’approvisionnement difficile du pays en intrants agricoles, de prendre des mesures pour une meilleure gestion de la période de soudure, de coordonner et évaluer les actions et mesures prises au niveau des départements ministériels. La commission est, également, chargée de proposer des mesures correctives en vue d’améliorer les conditions de vie des populations et d’assurer l’approvisionnement correct du pays en intrants agricoles et en produits de première nécessité. Elle aura la tâche d’entreprendre toute autre action pouvant contribuer à l’atteinte des objectifs du gouvernement en matière de réduction ou de maîtrise des prix des produits de première nécessité et de facilitation de l’approvisionnement correct du pays en intrants. Présidée par le Premier ministre, la Commission interministérielle « se réunit en session ordinaire chaque mois et en session extraordinaire chaque fois que de besoin, sur convocation de son président ». MD/MD (AMAP)
Mopti, au Centre du Mali : La campagne agricole en zone Office riz suscite de l’espoir
Par Dramane COULIBALY Mopti, 9 nov (AMAP) La campagne agricole 2022-2023 en zone Office Riz Mopti (ORM), dans le Centre du Mali, à la faveur de la crue exceptionnelle et de la bonne pluviométrie, augure de bonnes perspectives. Les producteurs de la zone entendent contribuer à la sécurité alimentaire du Mali avec une production attendue de 164.685 tonnes de céréales, toutes spéculations confondues, avec un accent particulier sur le riz qui occupe 73% au titre de ladite campagne. Celle-ci a démarré dans des conditions agro-climatiques et socioéconomiques difficiles, liées à la crise sécuritaire et humanitaire avec le sabotage de la station de pompage du périmètre moyen de Sofara, de l’ouvrage du casier de Torokoro-Kouna par des groupes armés non identifiés et le déplacement massif des populations. Selon le directeur général de l’ORM, Yaya Amadou Téssougué, « ces difficultés ont été aplanies avec des mesures prises » par son service et l’État. Il s’agit de la distribution gratuite de 21 tonnes de semence de riz certifié aux producteurs, l’entretien et la réhabilitation des infrastructures hydro-agricoles et le renforcement de la confiance entre l’encadrement, les organisations professionnelles agricoles, les partenaires au développement par des actions de concertation et de dialogue. Et d’ajouter que « l’État, suite aux évènements malheureux de Sofara, a octroyé gratuitement aux producteurs du périmètre moyen les 50% de leurs besoins en engrais minéraux et mis à leur disposition 8 moto pompes et intrants pour sauver la campagne ». Le premier responsable de l’ORM a, aussi, expliqué que la subvention des engrais par l’État pour 6.135 tonnes et la bonne répartition des pluies dans le temps et l’espace, associée à la bonne crue, ont permis la réalisation d’un objectif d’emblavure de 93.104 ha, soit 9,95% d’augmentation par rapport à la précédente campagne. Pour lui, il y a également un taux de germination satisfaisant. La zone d’intervention de la structure, qui couvre les parties inondables des Cercles de Djenné, Mopti, Ténenkou et Youwarou (Centre), est un bassin de production de céréales par excellence ou l’état végétatif et l’aspect général des champs est bon dans l’ensemble. Le riz est au stade épiaison en maîtrise totale et au stade levé de feuille dans les autres modes de riziculture. Le mil, le sorgho et le maïs sont au stade maturation (récolte en cours). C’est le constat établi par Yaya Amadou Téssougué après une série de visites de supervision de la campagne. Selon lui, malgré les difficultés liées au mauvais état des infrastructures hydro agricoles, le faible équipement des producteurs et la crise sécuritaire, ayant réduit la mobilité du personnel d’encadrement, « les efforts d’accompagnement des autorités à travers le ministère du Développement rural ont permis d’atteindre des objectifs d’emblavure avec une production attendue de 164.685 tonnes de céréales en zone ORM ». Pour booster la productivité et la production, la direction de l’ORM a initié un projet intitulé : «Projet de développement intégré de l’Office Riz Mopti» pour transformer les casiers rizicoles en maîtrise totale de l’eau. Cet ambitieux programme donne espoir aux producteurs de riz dans un contexte de changement climatique, dont l’adaptation reste une alternative crédible. Le projet qui ambitionne la transformation de 4.260 ha à cours termes bénéficie de l’accompagnement de l’État. Pour le président de la coordination des producteurs, Moussa Diallo, la difficulté majeure de cette campagne réside au niveau de la couverture du bassin de production en engrais minéraux. Contrairement aux années précédentes, l’accent a été mis sur l’engrais organique un système auquel les paysans n’étaient pas préparés. « Le système est à l’essai et sera évalué à la fin de la campagne », a-t-il indiqué. En termes de conseil, le DG de l’Office a invité les producteurs à élaborer un plan de fertilisation organique et de renouvellement des semences, à ne pas brader la production, à veiller sur la dynamique des oiseaux granivores ». Yaya Amadou Téssougué et le président de la coordination, Moussa Diallo, ont salué les efforts des plus hautes autorités à travers le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, engagées pour réussir la campagne afin d’assurer l’auto-suffisance alimentaire du Mali. DC/MD (AMAP)
Culture du blé au Mali : Péril sur l’immense potentiel
Par Mohamed TOURÉ et Almahadi A. TOURÉ Bamako, 9 nov (AMAP) On pourrait bien appeler cela le paradoxe malien. L’État renonce à des milliards de Fcfa chaque année pour encourager l’importation de denrée de base : riz, blé… Le pays dispose, pourtant, de potentialités immenses inexploitées pour la production à grande échelle de ces produits, notamment du blé. Plus de 45.000 ha se prêtent à la culture irriguée du blé dans la Région de Tombouctou et 100.000 ha aménagés dans la zone Office du Niger avec une disponibilité des ressources hydriques et des conditions agro-climatiques favorables, selon les estimations de l’Institut d’économie rurale (IER). Ce potentiel est loin d’être exploité. Les données officielles soulignent que le Mali n’exploite qu’environ 10.000 ha sur ce potentiel immense. La production totale moyenne s’élève à 45.000 tonnes soit une productivité moyenne de 3,5 tonnes par ha. La consommation annuelle de blé dépasse 365.000 tonnes, dont seulement 12,33% produits localement. Le pays importe une grande quantité de graine de blé d’Europe pour la consommation domestique. Les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montrent que le Mali dépend fortement des importations de blé. «De 2015 à 2018, environ 278.550 tonnes de blé ont été importées en moyenne pour un coût annuel moyen estimé à près de 69 millions de dollars (environ 45,4 milliards de Fcfa)», souligne un document de recherche que nous avons consulté. À titre illustratif, « le Mali a importé 380.000 tonnes de blé en 2020 pour une consommation de 420.000 tonnes soit une production nationale de seulement de 40.000 tonnes », note le même document. Seulement ces derniers mois, le blé est devenu une denrée stratégique dans un contexte mondiale marqué par les effets de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ces deux pays en sont les principaux producteurs mondiaux. «30% du blé au monde provient de la Russie et de l’Ukraine. Le blé est une céréale très consommée dans le monde et la plupart des pays importent de ces deux pays», explique l’économiste Modibo Mao Makalou, à propos de l’importance du blé dans le contexte de ce conflit qui secoue le monde depuis le 24 février 2022. La principale conséquence de ce conflit sur le continent africain a été la flambée des prix des denrées importées de ces deux pays. L’opportunité pourrait ainsi venir de la mise en valeur de la production locale pour les pays disposant de potentialités agricoles. «Le blé a la particularité d’être cultivé pendant la période froide alors que le riz par exemple est cultivé au cours de la période chaude», explique le Dr Oumarou Goïta, chercheur à l’IER. Ce spécialiste travaille, depuis plus de 20 ans, sur la sélection, le choix des variétés et les innovations dans la culture du blé au Mali. Les différents travaux qu’il a menés avec ses collègues ont permis de connaître avec précisons les conditions environnementales et les périodes de semi favorables au blé au Mali. Le Dr Goïta souligne que la culture du blé demande une grande technicité dans la gestion de l’eau pour fructifier les températures. Cette céréale a aussi la particularité de ne pas consommer beaucoup d’eau et les températures fraiches lui sont propices. Une aubaine pour certaines localités de la Région de Tombouctou, dans le Nord du Mali. La première région du Mali où la culture du blé aurait été introduite dès le 15è siècle, selon des sources historiques, par les Almoravides (Confrérie de moines guerriers, Berbères sahariens). ABANDON AU PROFIT DE L’OIGNON – Dans le Cercle de Goundam (Nord), le blé est en effet cultivé depuis des générations. Trois communes sont les fiefs de cette culture : Douékiré, Kanèye et Doukouria, situées à l’est de la Commune urbaine de Goundam, respectivement à 45 km et 5 km du chef-lieu de Cercle. Selon le chef du service local d’agriculture à Goundam, Amadou Almoudou, près de 2.500 ha de terres y sont exploités, chaque année, avec une production annuelle de 18.750 tonnes soit 7,5 tonnes à l’hectare. « Les surfaces cultivables sont façonnées en casiers, la méthode culturale est le semi par poquet et l’irrigation faite à l’aide de motopompes », explique Amadou Almoudou. Regroupés au sein de la coopérative des producteurs de blé du Cercle de Goundam, les producteurs écoulaient à perte une grande partie de la production. Le reste était vendu aux populations locales. Toute la production locale du Cercle, avant l’installation de l’insécurité et la survenue de la pandémie de Covid-19, intéressait un seul gros client : Achcar. « Il sillonnait les cercles de Diré et de Goundam à la fin des campagnes pour acheter les récoltes de blé, mais à un prix jugé presque dérisoire faute de concurrence », se souvient le président de cette unique coopérative des producteurs de blé. Mossa Ag Demba. Il juge que cette situation a découragé plus d’un exploitant. En plus de la vente à perte, les producteurs de blé demeurent confrontés à de nombreux défis dont la vétusté du système de canalisation, l’inflation du prix de l’engrais et autres intrants agricoles. Ce cumule de problèmes démotive de plus en plus les exploitants. Face à la situation, beaucoup de producteurs sont tentés d’abandonner la culture du blé, ces dernières années, au profit de l’oignon, du cumin et de l’anis, vendus dans les région situées au sud du pays à des prix plus alléchants. Avec l’argent obtenu, ils parviennent à payer des intrants, des tonnes d’engrais, des pièces de rechange et du carburant pour les motopompes. Une alternative à la perte causée par la mauvaise commercialisation du blé. Aujourd’hui, les blés produits dans les zones d’exploitation sont achetés et consommés par les populations des Régions de Tombouctou et Gao. Ils s’écoulaient très timidement, mais avec la crise actuelle les derniers stocks de blé ont été raflés par les consommateurs locaux. Le «sawal» l’unité de mesure du marché de la localité qui correspond à 3 kg est vendu à 1.750 Fcfa la mesure. Selon des documents de recherches, le blé est le deuxième produit agricole le plus important au Mali pour la sécurité alimentaire
Région de Gao (Nord) : Les services publics paralysés
Gao, 9 nov (AMAP) Les trois grandes centrales syndicales, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), la Confédération démocratique des travailleurs du Mali (CDTM) et la Centrale syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), observent à Gao depuis, mardi, un arrêt de travail de 48 heures, a constaté l’AMAP sur place, Ce mouvement, pour protester contre les difficultés liées aux déplacements sur l’axe Gao-Sévaré (Centre), Gao-Ansongo (Nord), Gao-Bourem (Nord) à cause de l’insécurité, a ainsi paralysé les services administratifs de l’ensemble de la Région de Gao, excepté les services de santé et les commerces. Selon les responsables des trois centrales syndicales, cette réaction forte est la conséquence de l’insécurité grandissante dans la Région, notamment les derniers événements malheureux survenus sur le tronçon Gao-Ansongo ayant causé de nombreux morts et de blessés. Y compris le bétail emporté par les bandits ou les assaillants. Pour remédier à la situation, les trois centrales syndicales exigent la mise en place d’une riposte sécuritaire pour permettre aux paisibles citoyens de vaquer librement à leurs occupations. Elles dénoncent aussi le comportement de certains agents des forces de sécurité qui s’adonneraient à des intimidations et des rackets. Elles demandent tout autant la non-ingérence de certaines personnalités influentes dans les dossiers judiciaires, notamment ceux des délinquants mis aux arrêts. Les responsables des trois centrales syndicales réaffirment leur disponibilité au dialogue avec l’ensemble des parties prenantes au processus de développement de la région afin que des solutions idoines soient apportées dans les plus brefs délais. Comme à Gao, le mouvement est très suivi à Ansongo. «Le Cercle d’Ansongo souffre de l’insécurité, raison pour laquelle à l’appel des trois centrales syndicales, cet arrêt de travail de 48 heures est bien suivi par les services administratifs du cercle », a expliqué Seydou Cissé, membre de la société civile d’Ansongo. «Aujourd’hui, même durant la journée, des individus armés rentrent dans la ville pour enlever des personnes et leurs biens. Souvent, ils tuent sans aucune raison. Nous avons décidé de fermer les trois postes du cercle d’Ansongo. Ce qui fait qu’aucun véhicule ne rentre ni ne sort de la ville actuellement», a-t-il ajouté, Selon nos informations, les services administratifs dans les autres Cercles de la région observent le mouvement de grève. AT/MD (AMAP)

