Fana : Psychose sur la ville, après des crimes rituels en série
Par Bembablin DOUMBIA Envoyé spécial Fana, 16 mar (AMAP) Fana, dans la Région de Dioïla, à une centaine de kilomètres de Bamako, la capitale malienne, sur la route de Ségou (Centre), est tristement célèbre à cause de nombreux crimes odieux que la ville a connus ces dernières années. Les habitants, les autorités municipales et la justice sont mobilisés pour mettre fin à ce phénomène qui émeut tout le pays. Il est 7h14, le soleil se lève sur la ville. En cette matinée d’un lundi du mois de janvier, les élèves prennent le chemin de l’école. Le braiment des ânes mêlé au bêlement des chèvres retentit un peu partout dans le Guégnéka. Les minibus de transport «Massani» se positionnent le long de la Route nationale 6 (RN6) et celle menant à Dioïla attendant d’éventuels passagers. Plusieurs boutiques sont déjà ouvertes. Au rond-point, des propriétaires de pousse-pousse attendent, impatiemment, leurs premiers clients. Cependant, derrière cette ambiance, la population de la ville de Fana vit la peur au ventre du fait de crimes crapuleux qui marquent les esprits. De 2017 à 2021, dix cas ont été recensés parmi lesquels celui de la fillette albinos Ramata Diarra, en 2018, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. «À cette époque, on pensait que c’était une question d’albinos. Mais après, on a vu que les assassins n’épargnent personne», fait remarquer Djakaridia Doumbia, un habitant de la ville. Selon notre interlocuteur, les crimes odieux ou rituels sont légion à Fana, depuis belle lurette. «Je suis né ici et j’ai trouvé que le phénomène existe», révèle le jeune homme d’une trentaine d’années. À l’en croire, les auteurs de ces actes abjects sont tous originaires de la ville et connaissent leurs victimes. «Très souvent, les criminels viennent la nuit bavarder avec leurs victimes. Ils en profitent pour leur donner des substances afin de les endormir. Après, ils passent à l’acte», croit savoir Djakaridia Doumbia, précisant que de nombreuses victimes sont des gardiens qui habitent un peu a l’écart de la ville. Djakaridia pense que les malfaiteurs se servent du sang de leurs victimes pour des sacrifices et des sciences occultes. «Aujourd’hui, nous avons peur d’envoyer nos enfants même à la boutique par crainte qu’ils ne soient enlevés », dit-il. Avant de demander aux autorités de tout faire pour mettre la main sur ces criminels. Djakaridia Doumbia déplore, par ailleurs, le fait que les forces de sécurité ne font pas les patrouilles la nuit dans les endroits moins éclairés de la ville où la plupart de ces crimes ont été commis. PEUR AU VENTRE – À cause de cette psychose, les habitants de Fana sont devenus méfiants les uns envers les autres. «Chacun pense que c’est l’autre qui est derrière ces crimes», note une dame qui a requis l’anonymat par peur d’être la cible des malfrats. « Au début, ce sont les femmes qu’on décapitait, mais après, la situation s’est retournée contre les hommes », fait-elle remarquer. Notre interlocutrice explique que les gens ont peur de dormir dehors pendant la période de forte chaleur. «Les auteurs de ces crimes sont parmi nous», dit-elle. La vieille dame se rappelle qu’une femme, après avoir participé à une prêche de Maouloud lors de laquelle, les fidèles maudissaient les criminels, est revenu trouver son mari décapité par des inconnus. «Nous avons vraiment peur de ces bourreaux. Quand la nuit tombe, on ne sait pas si on va se réveiller vivant le lendemain», fait savoir notre interlocutrice. Avant de demander l’implication des autorités de la Transition pour venir à bout de ce fléau. «Ce sont les pauvres gens qu’on tue. Il faut que les autorités trouvent un solution», dit-elle. Les jeunes de Fana sont vent debout contre ces crimes crapuleux. «On a eu à rencontrer les autorités, à sensibiliser la jeunesse en l’invitant à faire confiance à la police et à la gendarmerie, en leur donnant des informations», révèle le secrétaire général du Conseil national de la jeunesse de Guégnéka, Amadou Timété. Selon lui, cette situation ne peut pas être gérée sans la collaboration de la population. «À ce propos, nous avons des jeunes qui travaillent dans l’ombre avec les forces de sécurité, car l’ennemi est invisible et peut être n’importe qui», confie-t-il. Notre interlocuteur sollicite l’extension du réseau électrique dans la ville parce que, selon lui, les zones ciblées par les malfaiteurs sont celles où il y a l’obscurité. Il demande également de renforcer le poste de sécurité de la ville, en y instituant des patrouilles de contrôle d’identité de 18 heures à 6 heures du matin. «Cela permettra de dissuader les assassins», estime-t-il. «Nous, la jeunesse de Fana, nous n’allons pas baisser les bras tant que ces criminels ne seront pas arrêtés», assure le responsable du Conseil national de la jeunesse, notant que beaucoup de personnes se méfient de la ville de Fana, aujourd’hui, à cause de cette situation. COMPLICITÉS – La municipalité de la ville semble à bout de souffle. «Nous avons renforcé la sécurité en installant un commissariat, mais avec tout cela, les crimes continuent», regrette un responsable de la mairie de Fana. Lui, aussi, demande aux autorités d’étendre le réseau électrique dans la ville pour éclairer un maximum de quartiers. «À part le cas de la femme malade mentale et son enfant, les autres décapitations ont eu lieu dans des endroits isolés et obscurs», explique notre interlocuteur. Par contre, il pense que les auteurs de ces crimes ne sont pas des autochtones de Fana, mais auraient des complices dans la ville. Lors de son investiture, en janvier dernier, le tout nouveau gouverneur de la Région de Dioïla a affiché sa volonté de remédier à l’insécurité résiduelle dans sa circonscription, souvent due à des activités rituelles à Fana. D’après Abdallah Faskoye, les services de sécurité travaillent avec la justice afin que cette insécurité soit éradiquée dans la région. Sur la question, le procureur de la République près le Tribunal d’instance de Fana, Boubacar Moussa Diarra, nous a confié que, de 2017 à 2021, il y a eu huit dossiers d’assassinats avec décapitation dont deux
Sikasso : La Mairie de Nongon Souala incendiée par des hommes armés
Sikasso, 16 mars (AMAP) Des hommes armés non identifiés ont attaqué lundi Nongon Souala, localité située à une soixantaine de km de la ville de Sikasso, incendiant totalement la mairie, emportant des batteries sans faire de victimes, a appris l’AMAP de source locale. Selon notre source, des hommes armés non identifiés sont arrivés vers midi suer des motos en tirant dans tous les sens, sans faire de victimes, incendiant complètement la mairie, sans faire de victime car au moment de l’attaque le personnel n’était pas sur place. Notre source précise qu’après leur forfait, les assaillants dont les motivations ne sont pas connues ont disparu dans la nature. KM (AMAP)
Métaux et plastiques : Le filon du recyclage
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 15 mar (AMAP) Badalabougou, sur la rive droite du fleuve Djoliba, à Bamako, la capitale malienne, à proximité de la pâtisserie Amandine. Installées à l’ombre d’un arbre, des figurines : cheval, coq, éléphant faites de fer de récupération et autres représentations de petites bêtes, comme le crapaud, séduisent passants et visiteurs. Au milieu de ces petits objets inanimés, Abdoulaye Lampa est assis sur une chaise en forme de guitare faite à partir d’amortisseurs et de chaines usagés de motos. Le quadragénaire est l’artisan de ces «sculptures» métalliques. Artiste/créateur, ses œuvres séduisent le public depuis 2009. Emerveillés, les passants les contemplent avant de s’avancer pour les toucher. « C’est ainsi tous les jours », lâche, sourire en coin, celui qui dit s’être amouraché de cet art depuis sa tendre enfance. «Je fabriquais des chaises. L’idée de recycler ces déchets métalliques pour en faire des objets d’art m’est venue à la suite d’une épreuve de la vie», se souvient-il. L’artiste en devenir avait acheté des pièces détachées (trois) pour la réparation de sa moto, en panne depuis quelques temps. Le jour où il devait l’amener à l’atelier du mécanicien, l’engin à deux roues a été volé. Dépité, Abdoulaye Yampa décide d’utiliser ces pièces neuves pour faire des statues en métal. «Auparavant, je fabriquais les petits objets avec les métaux», relate notre homme aux dreadlocks. Cette expérience aidant, l’artisan fabriquera un éléphant à partir des pièces qu’il a achetées pour réparer son engin. Le coup d’essai fut un coup de maître. Le chef-œuvre sera acheté par un hôtel de la place à 350.000 Fcfa (l’équivalent du prix d’une Djakarta neuve à l’époque). Trois autres commandes suivront. À l’autre bout de Bamako, à Yirimadio, en Commune VI, Adama Bamba et Ousmane Koné mettent en commun leur intelligence pour fabriquer paniers, bassines… en plastique. Cette union débouche sur la création de «Kouraya Company», une entreprise spécialisée dans le recyclage de déchets plastiques. «Kouraya», un mot bambara, qui signifie renouvellement ou recyclage. Rencontrés lundi, peu après la prière de 14 heures, ils portent des bavettes sur le nez pour «éviter d’inhaler» les débris de plastiques que dégagent les machines. À HAUTE TEMPERATURE – Des machines dédiées au recyclage de déchets plastiques grondent à l’intérieur de l’atelier laissant échapper une légère fumée. Ces plastiques, Adama Bamba les achètent auprès de personnes qui récupèrent les anciens bidons en caoutchouc, les bouteilles de boisson, d’huile alimentaire, de sachets plastiques. Ils sont réutilisés pour fabriquer des paniers, des chaises et autres objets de décorations. « Chaque type de plastique ou de caoutchouc est utilisé en tenant compte des produits à fabriquer », explique Modibo Sidibé, un des cofondateurs. «Nous les découpons et les mettons dans les broyeuses pour obtenir des paillettes de plastiques. Compressées et chauffées, les paillettes sont fondues à 140°C dans une extrudeuse qui confère aux plastiques la forme désirée», précise notre interlocuteur. Il ajoute que le filament, ainsi obtenu, est moulé afin de créer de multiples objets. Selon lui, l’aventure a commencé il y a trois ans. «Nous avons fait des tests sur les plastiques parce que nous avons constaté qu’il y a beaucoup de pollution à Bamako», rappelle-t-il. La raison d’être de leur entreprise est de faire face à cette situation en récupérant les déchets plastiques. Pour y arriver, ils ont mené des recherches sur Google, YouTube, etc. sur les techniques de fabrication de ces différents objets. «C’était devenu une urgence pour nous à cause de la pollution de l’air et du sol à Bamako», révèle Modibo Sidibé. Ainsi, à défaut de pouvoir importer une broyeuse à cause des restrictions de voyage liées à la Covid-19, les jeunes entrepreneurs décident de fabriquer sur place, avec l’appui technique d’un soudeur, leur première broyeuse. Cet investissement a coûté plus d’un million de Fcfa. «Maintenant, nous fabriquons des machines de recyclage, des extrudeuses, des paniers, des chaises, des tables, des luminaires, des pavés écologiques, des portes stylo, des saladiers et des tabourets. Nous avons des machines pour la fabrication de tous ces objets», explique notre interlocuteur avant de préciser qu’un kilo de plastiques coûte 200 Fcfa. MÉVENTE – . La même quantité de fer usagé vaut 200 à 250 Fcfa. «Avant, les personnes de bonne volonté me ravitaillaient gratuitement. Depuis plus de deux ans, ce n’est plus gratuit. Je les achète, notamment chez les mécaniciens et auprès des mendiants», révèle-t-il. À la différence des «recycleurs» qui sélectionnent les types de plastiques à transformer, Abdoulaye Yampa utilise toutes sortes de métaux, même usagés, pour fabriquer ses œuvres. Il dessine d’abord ses représentations sur une feuille pour se faire une idée des types de fer à utiliser et voir comment les agencer. «Je découpe les fers avec la scie ou autres matériels pour leur donner la forme que je désire», précise-t-il. Ses œuvres peinent, de plus en plus, à trouver des preneurs depuis quelques années, déplore Abdoulaye Yampa. La faute, selon lui, à la rareté des foires expositions et à l’accès au financement. Ses clients sont essentiellement des expatriés, notamment occidentaux. « Il y a aussi les personnes qui s’intéressent à l’environnement et aux problèmes de pollution, les restaurateurs et les hôteliers qui s’intéressent à nos produits », ajoute-t-il. Autant de difficultés qui font que les apprentis sont moins attirés par le travail d’Abdoulaye Yampa. «J’avais un apprenti qui a abandonné. Ce métier est un peu difficile. Il demande beaucoup de courage et de passion», fait-il savoir. Malgré ces difficultés, les activités de «Kouraya» Company semblent attirer les jeunes. Demba Traoré, étudiant à la Faculté des sciences et techniques (FST), y est stagiaire depuis avril dernier. Il dit faire ce travail par passion. Pendant les vacances, confie Adama Bamba, sa compagnie forme également des jeunes étudiants sur les techniques de recyclage des plastiques. « Des vendeurs de plastiques aux recycleurs, estime Adama Bamba, toute la chaine de production et d’approvisionnement se frotte les mains ». «Les gens s’y intéressent parce que nous arrivons à écouler ce que nous produisons. C’est rentable», note-t-il. Les produits finis sont vendus entre 1.000 et 7.500 Fcfa, selon les
Quelque 75 concurrents en compétition à la Semaine des marques au Mali
Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 15 mar (AMAP) Soixante-quinze marques sont en compétition pour divers prix, lors de la première édition de la Semaine des marques qui se tient, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), depuis lundi jusqu’au samedi 19 mars 2022. «Nous avons commencé par la sélection des candidats par catégorie de marque préférée du public. Cette sélection, qui a été présentée au public depuis le 8 mars dernier, continuera jusqu’au 18 du même mois», a annoncé le président du jury, Arouna Kanté. Les marques ont été répertoriées sur la base des fiches de représentation électronique mises à disposition par le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI), a révélé M. Kanté. La Semaine des marques vise à valoriser et à donner une meilleure visibilité aux marques nationales, prévenir contre les risques et dangers de la contrefaçon. Ainsi, pour inciter les entreprises à protéger leurs marques au CEMAPI, les organisateurs ont mis en compétition les marques nationales protégées, établies, exploitées et celles exerçant une activité économique ou sociale régulière. Les prix en compétition sont, entre autres, le Prix de la marque préférée du public, de la meilleure marque de produit, le Prix de la meilleure marque de service, le Prix de la meilleure marque à l’international, le Prix de la meilleure marque féminine et le Prix de la meilleure marque du plus jeune entrepreneur. Le president du jury a expliqué que le choix revient aux consommateurs qui peuvent voter, par SMS ou en appelant les numéros : 71 52 30 30/61 52 30 30 et 52 52 31 31 pour leurs marques préférées. Ces marques nominées ont été présentées au public. Il s’agit, pour la catégorie «Meilleure marque du produit», de Fofy, Sapec, Diago. La catégorie «Meilleure marque de service» met en compétition Sama Money, Ispric, Imafer. Quant à la catégorie «Meilleure marque à l’international», elle concerne la société Bara Musso, Thé Achoura, l’hôtel Azalai. Faso Kaba, I ka look sont nominées pour la catégorie «Meilleure marque féminine» et Waati, Diakité robotique pour «la marque du jeune entrepreneur». «Ces activités initiées par les organisateurs de la Semaine permettront « de faire la promotion de nos produits », a commenté la responsable marketing et communication de Sapec. « Remporter par exemple ce prix donnera une grande visibilité à notre marque qui existe depuis 2003 », a ajouté Ramatoulaye Berthé. «Notre objectif est d’avoir le trophée de la meilleure marque de produit», a-t-elle dit. Ewaati est une startup spécialisée dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la robotique. Pour ses responsables, c’est pour promouvoir leurs produits et services qu’ils ont participé à cette Semaine des marques. «Nous avons des produits et services comme e-school, e-security e-marketing, e-care, e-face», ont-ils expliqué. Responsable marketing de Sahel infusion qui existe depuis 2013, Aissata Cissé se dit heureuse de compter parmi les nominées et espère que son entreprise sera retenue pour cette première édition. Quant à la chargée de communication de la société Bara Musso, elle souhaite que cette activité soit encouragée et soutenue. «La Semaine des marques nous a montré qu’on est parmi les grandes entreprises et qu’on est considéré», se réjouit Fatou Sidibé, rappelant que Bara Musso existe depuis 2008. FMS/MD (AMAP)
Gestion des déchets à Bamako : la capitale va recruter un nouvel opérateur
Bamako, 15 mar (AMAP) Le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné, a annoncé, lundi, le recrutement prochain d’un nouvel opérateur pour la gestion des déchets à Bamako. « Des dispositions vont être prises très rapidement pour lancer un appel d’offres pour le recrutement d’un nouvel opérateur en collaboration avec les entreprises maliennes pour faire ce travail à la fin du contrat de Ozone », a dit M. Koné, au terme d’un conseil des ministres restreint d’environ deux heures, à la Primature. «Nous allons faire en sorte que ces dispositions soient pertinentes afin que ce que nous avons constaté dans le déroulement du contrat de Ozone ne soit plus fait au Mali », a-t-il poursuivi. Selon lui, il faut aussi « réfléchir sur les moyens efficaces de mettre en place le modèle financier idoine afin que le financement du traitement des déchets puisse être re-financé par les populations, elles-mêmes, depuis les poubelles jusqu’à la décharge finale ». «La ville de Bamako est actuellement sale. Nous devrons y trouver une solution idoine dans les meilleurs délais. C’est ainsi que nous avons revisité le contrat de Ozone qui est chargée de rendre Bamako propre », a déclaré le ministre en charge de l’Assainissement. M. Koné a annoncé que les dispositions doivent, également, être prises pour les dépôts de transit, qui constituent un goulot d’étranglement dans le District de Bamako et ses environs. « Nous devons faire en sorte que dès que les ordures arrivent au niveau des dépôts de transit, ils soient évacués dans les 48 heures qui suivent. Nous devons prendre les dispositions pour que la décharge finale de Noumoubougou soit finalisée par les moyens de l’État », a précisé le ministre Parlant de l’exécution du contrat de Ozone, le ministre Koné a fait savoir que « globalement, cette société n’a pas respecté ses engagements, notamment en termes de réalisation des caniveaux, de balayage des rues et de transport des déchets ». Par rapport à l’appel d’offres pour assainir la ville de Bamako, le ministre a précisé que la priorité sera donnée aux entreprises nationales qui ont les moyens de le faire. Il a expliqué que ce conseil de cabinet, en vue de faire des propositions concrètes pour rendre la ville de Bamako propre, s’est tenue à la demande du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta et du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, en vue de faire des propositions concrètes pour que la ville de Bamako soit bien propre. La réunion a été présidée par le Premier ministre, en présence de plusieurs autres membres du gouvernement. BD/MD (AMAP)
Tombouctou : L’association de Solidarité Femme d’Ici et d’Ailleurs(ASFIA) fait œuvre utile
Tombouctou, 15 mars (AMAP) Le Gouverneur de Région, le commissaire divisionnaire de police Bakoun Kanté a présidé samedi dans la cour de l’hôpital régional de Tombouctou la cérémonie de donation de l’Association de Solidarité Femme d’Ici et d’Ailleurs(ASFIA), a constaté l’AMAP. C’était en présence du président du conseil régional, Boubacar Ould Hammady, du maire de la commune Aboubacrine Cissé, de la présidente de l’Association, Fatoumata M’Barka Mint Hammoudi, du directeur de l’hôpital docteur Djibril Kassogué et de plusieurs personnalités administratives de la ville et de la région. Ces dons d’une valeur de plus 30 millions sont composés de lits, de chaises, de matériels de transfusion sanguine, des réactifs et des consommables pour l’hôpital régional, des vivres (riz, sucre, huile de cuisine) pour les mosquées et les veuves de militaires. Huit associations et coopératives de femmes de Tombouctou et Taoudéni ont également reçu chacune une enveloppe pour leur permettre de redémarrer leurs activités génératrices de revenus. Le directeur de l’hôpital docteur Djibril Kassogué a démontré la nécessité et l’importance du matériel qui selon lui va améliorer qualitativement et quantitativement le service de transfusion sanguine au bonheur des patients en manque de sang. Au directeur de révéler que « si la transfusion sanguine est gratuite au Mali quelque part c’est l’Etat qui met la main dans la poche, pour cette année c’est ASFIA qui prend cette charge pour l’hôpital de Tombouctou ». Docteur Djibril Kassogué a fait savoir que « ASFIA a joué sa partition, le reste du travail revient aux donneurs de sang » avant de remercier la jeune association pour ce geste humaniste et sa vision claire des préoccupations des populations et des services publics. La présidente de l’association Fatouma M’Barka Mint Hammoudi a déclaré qu’ASFIA a vu le jour en juin 2021 à Bamako. Elle a pour but d’accompagner les plus hautes autorités de la Transition en améliorant la vie et en soutenant les femmes et les jeunes partout en République du Mali. De sa création à nos jours, la présidente cite à l’actif du groupe, des adductions d’eau dans plusieurs villages, des dons de taxi-moto à certains jeunes, de moulins à des associations de Bamako, la construction de pont à Komi-Komi (Djago/Kati), le forage d’un puits à Yanfolila entre autres. Fatouma M’Barka mint Hammoudi promet de revenir pour d’autres actions dans un proche délai. Le gouverneur de région, le président du conseil régional Boubacar Ould Hammady et le maire de la commune Aboubacrine Cissé ont apprécié ce geste de portée humanitaire. Ils ont encouragé ASFIA à faire plus pour toucher le maximum de ville, village ou communauté. MS/KM (AMAP)
Plus de 14 000 entreprises voient le jour au Mali, chaque année (Le Premier ministre)
Bamako, 15 mar (AMAP) Chaque année, plus de 14 000 entreprises voient le jour au Mali où 1 055 marques déposées ont été enregistrées, de 2016 à 2022, a-t-on appris, lundi, de source officielle, à l’ouverture de la Semaine des marques. « Ces chiffres placent le Mali dans le Top 5 des gros déposants de l’Organisation africaine de la propriété industrielle (OAPI) », a souligné le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, qui a présidé cette cérémonie, au Centre international de Conférences de Bamako (CICB). La Semaine des marques, qui se déroulera jusqu’au 19 mars, est organisée par le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI) et son partenaire Spirit, avec comme thème : «Une marque compétitive : un outil de conquête de marchés». La rencontre mettra en compétition les marques nationales protégées, établies et exploitées et celles exerçant une activité économique ou sociale régulière. Les prix en compétition sont, entre autres, «la marque préférée du public», «la meilleure marque de produit», «la meilleure marque de service», «la meilleure marque à l’international», «la meilleure marque féminine», «la meilleure marque du plus jeune entrepreneur». Pour cette grande première, il y aura une série d’activités, notamment des panels qui permettront aux participants et aux visiteurs de mieux appréhender la question de la marque, comprendre son utilité et savoir comment la protéger. Des conférences sur la contrefaçon et ses méfaits et des ateliers de formation à l’intention des jeunes et des femmes entrepreneurs et de la société civile sont, aussi, au menu de cette Semaine des marques. Il y aura également des émissions télévisées comme «Grin de midi», des caravanes sur les deux rives du fleuve Djoliba (Niger) avec les produits et les sponsors de l’événement, une journée porte ouverte au CEMAPI, des animations et des jeux concours. Pour le chef du gouvernement, cette manifestation économique offre l’occasion de célébrer et magnifier le secteur privé malien qui se distingue, aujourd’hui, « par son dynamisme, sa résilience, son sens patriotique et son engagement de tout instant malgré le contexte économique et géopolitique particulièrement difficile ». Choguel Kokalla Maïga a indiqué qu’avec la mondialisation, la concurrence constitue une menace pour les entreprises qui ne sont pas préparées. D’où la nécessité pour elles de faire recours à la propriété industrielle. « En effet, a ajouté le Premier ministre, la propriété industrielle constitue un outil précieux pour le développement économique de notre pays et pour satisfaire aux impératifs du développement ». Il convient, pour ce faire, d’innover et de créer pour permettre d’améliorer constamment la qualité de vie de nos populations à travers la production et la commercialisation de nos biens de services. Selon le chef du gouvernement, derrière ces biens de services de consommation, il y a une identité, une marque qui permet de créer et de renforcer les liens entre les entreprises et les consommateurs. Pour le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, cette Semaine des marques servira donc à donner une meilleure visibilité et à sensibiliser les opérateurs économiques sur l’importance de la marque dans leur stratégie commerciale. Mahmoud Ould Mohamed a précisé que la marque, comme tout autre signe distinctif, est un enjeu incontournable et essentiel en termes de communication d’entreprise. Elle apporte notoriété et confère à l’entreprise une image positive lui permettant de créer un lien fort avec les consommateurs. La marque a une valeur ajoutée et est un véritable capital pour les entreprises. Il s’agit, a poursuivi le ministre de l’Industrie et du Commerce, « de faire valoir la marque malienne qui fait face à une lourde concurrence sous régionale et internationale ». De son côté, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, a indiqué que la Semaine des marques vise à inciter les opérateurs économiques à prendre conscience de l’importance de leurs marques, « afin de sécuriser leurs investissements ». M. Bathily a invité les opérateurs et les promoteurs de marques à engager, au niveau du CEMAPI, les démarches nécessaires en vue de la protection de leurs marques contre les contrefaçons et la piraterie. AMK/MD (AMAP)
Art et culture : Restitution de la troupe culturelle SO-Dew
La Troupe culturelle «so-dew » de l’ONG Instrument 4 Africa, qui a bénéficié d’un financement de l’Ambassade des Etats Unis au Mali, a fait une restitution culturelle lors d‘une soirée organisée, vendredi dernier à la Maison des jeunes de Bamako, après six mois de formation de 25 jeunes de 7 à 20 ans au Centre Karim Togola de Sabalibougou. C’était en présence de l’attaché culturel de l’ambassade des états-Unis au Mali, Mme Erin Sutherland, des responsables de l’ONG Instrument 4 Africa, initiatrice du projet, et de plusieurs invités de marque. Au cours de la soirée, il y a eu des messages de sensibilisation. La Maison des jeunes était devenue le temps de la soirée un véritable théâtre des arts et de la culture. Le public n’a pu résister au génie des jeunes qui se sont montrés à la hauteur à travers les chants, l’occupation de la scène, l’utilisation des instruments comme le tam-tam et le balafon. à travers des séquences de théâtre, de danse, conte et chants, les enfants ont revisité le répertoire musical de notre terroir. Ils ont aussi mis en évidence leur savoir-faire et leur détermination à jouer leur partition dans la refondation d’un Mali nouveau. La formatrice en conte et théâtre, Mme Aïssata Tangara, présidente de l’Association aw djigui a félicité l’engagement des enfants et l’appui constant de l’ONG instrument 4 Africa à travers l’ambassade des états-Unis. «Nous avons beaucoup travaillé en casting avec les enfants. Pendant six mois, ils se sont montrés très intéressés par cette belle aventure artistique et ont pris goût au théâtre et au conte», a-t-elle expliqué. Il faut aussi rappeler que l’individualisme est en train de ruiner notre société et c’est pourquoi nous avons travaillé sur la cohésion, le vivre ensemble pour stopper l’individualisme qui gagne du terrain. Mme Erin Sutherland a exprimé l’engagement de l’ambassade américaine à soutenir les projets culturels. Elle a rappelé l’appui constant de son pays au développement des activités des arts et de la culture. «C’est à travers des ateliers de ce genre que nous pouvons faire la promotion des arts et de la culture. L’art et la culture contribuent à maintenir la cohésion sociale, mais participe aussi au développement et à l’autonomisation des jeunes. Ensemble, nous pouvons faire avancer les choses», a-t-elle expliqué. Et de dire que l’ambassade des états-Unis réitère son engagement à œuvrer à la promotion de la culture, à l’amélioration des capacités des jeunes vers plus de citoyenneté. «à travers l’ONG Instrument 4 Africa, nous avons travaillé pendant plusieurs années dans le domaine des arts pour développer une bonne collaboration entre des universités et collèges créés à l’origine pour les Afro-américains aux états-Unis et des musiciennes maliennes», a déclaré Mme Erin Sutherland. Pour le représentant de l’ONG Instrument 4 Africa, l’objectif de cette activité culturelle est de dresser le tableau des résultats obtenus dans les différentes formations en chant, danse, théâtre, conte, percussion et plus spécifiquement de la masterclass dédiée à la danse contemporaine. Auparavant, le représentant de la mairie de Bamako avait exprimé sa satisfaction de voir réaliser un projet de sensibilisation dans le domaine des arts et de la culture. Il a retiré son engagement à soutenir ce genre d’évènement. AS (AMAP)
Communiqué de presse UNICEF- Union Européenne
L’Union européenne et l’UNICEF unissent leurs forces pour une justice adaptée aux enfants en Afrique de l’Ouest L’Union européenne alloue une subvention de près de 8 millions d‘Euros pour trois ans afin d’aider l’UNICEF à améliorer l’accès à la justice aux enfants en déplacement et aux autres enfants vulnérables dans six pays d’Afrique de l’Ouest Dakar, Bruxelles, 24 février 2022. L’Union européenne et l’UNICEF unissent leurs efforts pour améliorer l’accès à la justice et soutenir la fourniture de services de protection de l’enfance pour 41 389 enfants en déplacement, enfants victimes de violence, d’abus et d’exploitation, et enfants en conflit avec la loi dans un programme de trois ans (2021-2024) couvrant le Burkina Faso, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Nigeria. « La protection des droits de l’enfant est essentielle pour que les enfants grandissent avec les meilleures opportunités possibles et puissent envisager leur avenir avec confiance. Un meilleur accès à un système judiciaire adapté peut faire une réelle différence dans la vie de nombreux enfants vulnérables. Pour l’Union européenne, la protection des enfants en déplacement, quel que soit leur statut ou l’étape de leur voyage, est une priorité« , déclare la commissaire européenne chargée des partenariats internationaux, Jutta Urpilainen. « L’accès à la justice est un problème majeur pour les enfants en déplacement et les autres enfants vulnérables en Afrique occidentale. La pratique de la détention persiste, bien qu’elle soit contraire aux droits de l’enfant, et malgré les preuves des effets négatifs sur le développement des filles et des garçons. La détention d’enfants, qu’ils soient non accompagnés ou qu’ils voyagent avec leur famille, n’est jamais dans leur intérêt supérieur, et constitue une violation de leurs droits. Elle doit donc être évitée à tout prix. L’UNICEF travaille avec les autorités gouvernementales et d’autres partenaires pour réimaginer la justice pour les enfants en Afrique de l’Ouest en renforçant les capacités des autorités nationales et de la société civile à identifier, référer et soutenir rapidement les enfants non accompagnés et séparés (y compris ceux qui se déplacent) ; et en renforçant les systèmes judiciaires en faveur d’une approche des droits de l’enfant qui inclut des alternatives à la détention « , déclare Marie-Pierre Poirier, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Grâce à la subvention de presque 8 millions d’euros de l’Union européenne et en collaboration avec les autorités régionales, nationales et sous-nationales, les communautés, les prestataires de services, les familles et les enfants eux-mêmes, l’UNICEF promeut la fourniture de services multisectoriels aux enfants en contact avec le système judiciaire, notamment l’accès à une justice adaptée aux enfants avec une approche basée sur les droits. Plus précisément, le programme vise à : – Prévenir la détention d’enfants et promouvoir des options alternatives, conformément aux lignes directrices des Nations Unies pour la prise en charge alternative des enfants ; – Renforcer la fourniture de services multisectoriels de prévention et de réponses pour les enfants vulnérables et ceux en contact avec le système judiciaire, y compris l’accès à des systèmes de justice et de protection sociale adaptés aux enfants ; – combler les lacunes en matière de données afin de mieux comprendre les obstacles auxquels sont confrontés les enfants, en particulier ceux qui sont en détention, pour accéder à la justice et aux services de protection. De nombreux enfants en déplacement ne connaissent ni leurs droits ni les réseaux de soutien existants. Ils se heurtent à des barrières linguistiques ou autres qui les rendent encore plus vulnérables, tandis que la séparation d’avec leurs parents ou les personnes qui s’occupent d’eux crée des difficultés supplémentaires pour leur permettre d’accéder à la justice. Nombre de ces enfants vulnérables sont particulièrement exposés à la détention provisoire, à l’incarcération avec des adultes et à l’exposition à la violence et aux abus, notamment psychologiques ou sexuels. En octobre 2021, on estimait à 11 millions le nombre d’enfants en déplacement en Afrique de l’Ouest et du Centre, dont 7,6 millions de déplacés internes, 1,2 million de réfugiés et 2,2 millions d’enfants migrants internationaux. NOTE AUX ÉDITEURS : Pour plus d’informations, merci de contacter : Hadrien Bonnaud, UNICEF au Burkina Faso : +22625491125 ext=1125, hbonnaud@unicef.org Saa Momory Koundouno, UNICEF en Guinée : skoundouno@unicef.org Stephanie Joy Raison, UNICEF au Mali : +223 75 99 93 11, sraison@unicef.org ou Ismail Maiga : + 223 76 40 91 01, imaiga@unicef.org Zahra Cheikh Malainine, UNICEF en Mauritanie : +22242783120, zcmalainine@unicef.org Philippe Kropf, UNICEF au Niger : +227 80 06 60 18, pkropf@unicef.org ou Binta Saley Souley,: +22790391928, bsaleysouley@unicef.org Geoffrey Njoku, UNICEF au Nigeria, +234 803 525 0288, gnjoku@unicef.org Anne Fouchard, UNICEF Bureau régional Afrique de l’Ouest et du Centre : +221 77 740 42 27 – afouchard@unicef.org
Écoles privées de santé : Une plus-value ?
Par Sidy Yaya WAGUE Bamako, 14 mar (AMAP) Les établissements privés de santé ne bénéficient d’aucune subvention de l’État. Cependant, elles s’inscrivent dans la complémentarité des efforts de formation de l’État. Ces écoles versent, chaque année, sur le marché de l’emploi, des ressources humaines. L’école des infirmiers du 1er cycle, première école de santé au Mali avait été créée en 1952. On y accédait avec le Certificat d’études primaires (CEP). Pour améliorer la qualité de la prise en charge des soins infirmiers, le ministère de la Santé d’alors a augmenté la capacité d’accueil de cette école et relevé son niveau de formation, en créant l’Ecole secondaire de la santé (ESS) en 1962. Il fallait donc décrocher le Diplôme d’études fondamentales (DEF) pour s’y inscrire. A cette époque, la formation était exclusivement du ressort de l’Etat. Confronté au faible taux de scolarisation dans les années 1990, l’état a donc décidé d’ouvrir l’éducation au secteur privé. Cette volonté s’est traduite par la promulgation de la loi N°94-032 du 25 juillet 1994 portant Statut de l’enseignement privé en République du Mali. Ainsi, la première école privée de santé a été créée en 1995. Chaque structure sanitaire essaie de s’adapter au programme de formation des techniciens de santé (TS). Au Mali, les TS jouent un rôle très important dans l’offre de services aux populations. Selon l’annuaire statistique 2019 des ressources humaines des secteurs de la santé, du développement social et de la promotion de la femme, ils représentent 16% des ressources humaines du département en charge de la Santé et du secteur privé. Ils étaient au nombre de 3.804 pour un effectif total de 23.432 agents, la même année. Le Centre technique de formation «école santé plus», créé en octobre 2006, enseigne les matières, conformément au programme de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS). Il dispose d’un 1er cycle (DEF+3) et d’un second cycle (bac+3). Santé maternelle et infantile, santé publique, techniciens de laboratoire/pharmacie sont les filières de formation du 1er cycle. Quant au second niveau de formation, il porte sur des filières comme sage-femme, infirmier d’Etat et biologie médicale. Les études sont sanctionnées par la licence. Le promoteur, directeur général de l’établissement et également secrétaire aux relations extérieures et aux activités scientifiques de l’Association des écoles de santé du privé, Dr Sériba Bengaly, explique que les formations sont théoriques et pratiques. Et d’ajouter que le taux de réussite de son établissement, au titre de l’année scolaire 2020-2021, est de 78% pour les deux niveaux de formation. Il soutient, aussi, que 80% des ressources humaines du secteur de la santé sont du privé. Il invite les pouvoirs publics à être plus regardants dans l’organisation des examens nationaux. Il estime qu’un agent de santé mal formé représente un risque, voire un danger pour le pays. «Dans la mesure où l’Etat organise les évaluations de fin de cycle, s’il y a des défaillances, il en est le seul responsable», a-t-il dit. L’Ecole de santé de Bamako (ESB), a été créée en 2002 avec pour mission la formation professionnelle des techniciens supérieurs de santé. Elle verse sur le marché de l’emploi des ressources humaines pour combler, en partie, l’insuffisance criarde d’agents dans les structures de soins publiques et privées. Elle dispose de deux niveaux de formation. Le 1er cycle accueille les titulaires du DEF tandis que le second niveau encadre les nouveaux bacheliers qui s’y inscrivent. Les sages-femmes, les infirmiers d’Etat, les techniciens supérieurs de laboratoire, de pharmacie et d’assainissement sont les filières de formation de l’ESB. Le taux de réussite au 1er cycle est de 60,55% au titre de l’année scolaire 2020-2021 tandis qu’il est de 89,89% au cycle supérieur, selon les promoteurs de l’établissement. La directrice des études de l’ESB, Mme Yaro Fatoumata Traoré, a précisé qu’une convention signée entre les encadreurs des structures sanitaires fixe les frais de stage à 10.000 Fcfa par étudiant et par an pour les stages urbains dans les hôpitaux. Elle fixe un quota de 8.000 Fcfa par étudiant et par an au niveau des Centres de santé de référence (CSRéf). « Dans les Centres de santé communautaire (CSCOM), les écoles privées de santé paient 5.000 Fcfa par étudiant et par an », a déploré la directrice des études. Et de décrier, aussi, la non prise en charge entière des examens des écoles de santé du privé, le non respect du cahier de charges à chaque remaniement ministériel, l’organisation des stages urbains, la rotation des stagiaires et la prolifération des écoles de santé. L’Ecole privée paramédicale des «4 0» (EP 4 0) qui a vu le jour en 2007 forme les détenteurs du DEF et du bac dans 4 filières : ophtalmologie, optique-optométrie, orthoptie d’où le nom «4 0». Elle encadre aussi des infirmiers et des sages-femmes d’Etat auxquels elle délivre la licence qui donne droit à deux avantages : la mobilité des étudiants et l’exercice de leur profession dans l’espace OOAS et dans la sous-région. Son programme scolaire est conforme à celui de l’Institut national de formation en sciences de la santé (INFSS) qui date de 1998. Le président de l’Association des écoles de santé du privé, Dr Sidi Yaya Ba, rappelle que les écoles privées de santé exercent à la suite des arrêtés de création et d’ouverture des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et de l’Education nationale. Il a déploré le fait que ces écoles ne bénéficient d’aucune subvention de l’État. Au contraire, les écoles privées de santé paient leurs frais de participation aux examens nationaux. Le pédagogue a reconnu que l’Etat met à leur disposition les surveillants et les établissements privés bénéficient aussi de l’accompagnement des Académies dans l’organisation des examens. Notons que les écoles privées de santé ont basculé dans le giron du ministère de l’Education nationale depuis la rentrée solennelle des universités, des grandes écoles et Instituts de recherche et de formation 2015-2016. SYW (AMAP)
