Nouveaux prix des hydrocarbures au Mali : 762 Fcfa le litre d’essence et 760 Fcfa celui du gasoil

Bamako, 17 mar (AMAP) Les prix des hydrocarbures au Mali ont pu être maintenus à un niveau acceptable à savoir 762 f le litre d’essence et 760 f le litre du gasoil, malgré une hausse, a-t-on appris, mercredi, de source officielle. Il ressort  des différentes explication du ministre de l’Economie et des Finances, Alousseni Sanou, du directeur général de l’Office national des produits pétroliers (ONAP), Modibo Diall, des représentants des opérateurs des produits pétroliers et des consommateurs, intervenant sur la télévision publique, que les autorités maliennes ont procédé « à la réduction d’un certain nombre de taxes sur les hydrocarbures pour rendre soutenables les prix en République du Mali. » La flambée des prix des hydrocarbures sur les marchés internationaux, exacerbée par la guerre entre la Russie et l’Ukraine, a engendré l’augmentation du prix du carburant pour les consommateurs du monde entier. Face à cette situation le gouvernement du Mali a, également, « invité les opérateurs à réduire leur marge bénéficiaire pour soutenir la population et les autorités ». Par ailleurs, depuis novembre 2020 et jusqu’en février 2022, malgré la hausse continue des prix sur le marché internationale, l’Etat rappelle avoir « maintenu les prix au même niveau, c’est-à-dire 663 Fcfa pour le litre d’essence et 593 Fcfa le litre de gasoil, avec les efforts consentis des pétroliers ».  « Ce qui a occasionné une perte de près de 115 milliards de Fcfa pour les caisses l’Etat », a dit le ministre de l’Economie et des Finances sur la télévision publique. MD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 16 mars 2022

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 16 mars 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État.  Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a :  –  adopté des projets de texte ; –  procédé à une nomination ; –  et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES  1. Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités d’application des dispositions du Code des Personnes et de la Famille, relative à la nationalité malienne.  L’état des personnes et de la famille est régi au Mali par la Loi n°2011-087 du 30 décembre 2011 portant Code des Personnes et de la Famille. Le Code des Personnes et de la Famille prévoit qu’un décret pris en Conseil des Ministres fixe les modalités d’application des dispositions relatives à la nationalité.  Le projet de décret adopté précise entre autres :  –  les éléments de la procédure pour les différentes formes d’acquisition ou de perte de la nationalité ; –  les modalités de la déchéance de la nationalité ; –  les éléments d’appréciation de la moralité du demandeur, de son degré d’intégration et du service exceptionnel ; –  la liste des pièces à fournir et le taux de chancellerie. Ces différentes précisions vont résorber les divergences d’interprétation et guider les usagers dans leurs démarches pour acquérir ou décliner la nationalité malienne. 2. Sur le rapport du ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, le Conseil des Ministres a adopté un projet d’ordonnance portant création de la Maison du Hadj.  La Maison du Hadj a été créée par la Loi n°04-028 du 27 juillet 2004 avec pour mission de contribuer à la gestion du pèlerinage et de la Oumra.  Après plus d’une décennie d’application, la Maison du Hadj est confrontée à des difficultés liées entre autres à la confusion des rôles des multiples acteurs intervenant dans l’organisation du pèlerinage.  Le projet de loi adopté vise à pallier ces difficultés, prendre en compte les recommandations des missions de contrôle pour une meilleure organisation du Hadj sur les Lieux Saints de l’Islam.  AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES  Le Conseil des Ministres a procédé à la nomination suivante :  AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE ET DES DROITS DE L’HOMME :  – Secrétaire général :  Monsieur Boubacar Sidiki DIARRAH, Magistrat.   AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS  Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une augmentation du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente.  Le Président de la Transition, Chef de l’Etat appelle la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.  Bamako, le 16 mars 2022 Le Secrétaire général du Gouvernement,  Mahamadou DAGNO  Officier de l’Ordre national 

La quantité de riz vendue sur les marchés ruraux dans la zone Office du Niger a baissé, selon l’Observatoire du marché agricole

Bamako, 16 mar (AMAP) Les prix des céréales enregistrés, sur les marchés ruraux,  la semaine dernière, sont stables pour 72%, en hausse pour 25% et en baisse pour seulement 3%, selon les résultats de l’enquête hebdomadaire de l’Observatoire du marché agricole (OMA-APCAM), sur la période du 3 au 9 mars dernier. Dans un communiqué, l’observatoire indique avoir fait le « même constat sur les marchés de consommation, où la tendance de 90% des prix collectés est la stabilité, contre 8% à la hausse ». Seulement 3% des prix enregistrés sont en baisse.  « Cette tendance progressive à la stabilité est consécutive à l’amélioration de la situation sécuritaire en certains endroits du pays et la poursuite de l’assistance alimentaire aux populations vulnérables à travers le pays », indique le communiqué de l’OMA-APCAM. En revanche, les quantités de riz vendues sur les marchés ruraux dans la zone Office du Niger ont baissé. Celles expédiées de cette zone vers d’autres localités du Mali ont légèrement augmenté de l’ordre de plus 6%. Dans le District de Bamako, la capitale, par rapport à la semaine précédente, les prix à la consommation sont restés globalement stables. Ainsi, les prix au détail couramment pratiqués ont été de 250 Fcfa le kg pour le maïs, 300 Fcfa pour le mil, le sorgho et le maïs pilé, 350 Fcfa pour le mil/sorgho pilés, 375 Fcfa pour les riz importés RM40 thailandais et vietnamien et pour le riz brisé importé. Le kg du riz local Gambiaka a gagné 425 Fcfa, contre 600 Fcfa pour le fonio et 650 Fcfa pour le Niébé.  Selon la même source, le sac de 100 kg a coûté 23.000 Fcfa pour le maïs, 27.000 Fcfa pour le sorgho, 28.500 Fcfa pour le mil, 34.000 Fcfa pour le riz brisé importé thailandais et pour le riz RM40 importé, et 37.000 Fcfa pour le riz local Gambiaka.  Les prix aux consommateurs des riz importés brisés et RM40 sont supérieurs non seulement par rapport à la même semaine de l’année dernière mais, aussi, par rapport à la moyenne des prix des cinq dernières années. Par rapport aux pays de la sous-région dont les prix sont disponibles, notre pays occupe la première place pour le mil/sorgho. Il vient en deuxième position pour le maïs et le riz de grande consommation après le Burkina. Les prix de l’aliment bétail à base de graine de coton sont restés relativement stables par rapport à la semaine écoulée. Ces prix ont varié entre 5.000 et 12.000 Fcfa pour les sacs de 40 et 50 kg. Dans les capitales régionales, les prix du sac de 50 kg de l’aliment bétail à base de graines de coton ont été de 9.000 Fcfa à Bamako, 9.500 Fcfa à Mopti, 11.000 Fcfa à Sikasso, 11.500 Fcfa à Ségou et 12.000 Fcfa à Koulikoro. Le sac de 40 kg a été vendu à 8.000 Fcfa à Gao et 9.500 Fcfa à Tombouctou. Pour améliorer la disponibilité céréalière au Mali, le gouvernement a adopté une série de mesures comme la suspension, depuis le 6 décembre 2021, des exportations de mil, sorgho, maïs et riz local et l’autorisation des importations commerciales de riz à taxes réduites de moitié jusqu’à hauteur de 300.000 tonnes. De plus, l’État envisage d’importer 180.000 tonnes de riz et acheter 20.000 tonnes de riz locaux, révèle le communiqué. AMK/MD (AMAP)

Relecture du Code de justice militaire : L’avant-projet de texte en cours de validation 

Bamako, 16 mar (AMAP) L’atelier de validation de l’avant-projet du Code de la justice militaire se tient depuis, mardi, à l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye (EMP-ABB), à Bamako, avec pour objectif, pendant deux jours, de présenter et d’expliciter le Code de justice militaire dans sa nouvelle forme aux participants ainsi que de tirer profit de leurs recommandations. Depuis une dizaine d’années, le Mali vit le conflit et l’instabilité politique avec son corollaire de défis à relever en termes de droits de l’Homme et de droit international humanitaire. De novembre 2020 à décembre dernier, a rappelé le directeur de la Justice militaire, le colonel Boubacar Maïga, plus d’une trentaine d’affaires ont été jugées par les tribunaux militaires de Mopti (Centre) et Bamako, la capitale. Ces dossiers « ont permis, à l’épreuve de la pratique, de mettre en exergue les insuffisances, les anachronismes et les difficultés liées à l’inadaptation du Code de justice militaire avec le Code pénal et le Code de procédure pénale », a fait noter le colonel Boubacar Maïga. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, qui présidé l’ouverture des travaux, en présence de son collègue de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué, a  rappelé que « ces dernières années, la judiciarisation croissante des opérations militaires dans la lutte contre le terrorisme a mis en exergue la sensibilité du respect des droits de l’Homme, du droit international humanitaire et de la lutte contre l’impunité ». Selon le colonel Camara, les défis qui se posent, aujourd’hui, à notre pays « requièrent de bâtir un système de justice efficace, performant, crédible et jouissant de la confiance des populations ». «La lutte contre l’impunité et la refondation du Mali prônées par les autorités de la Transition passent par ces réformes qui sont nécessaires pour adopter les bonnes pratiques», a indiqué le ministre Camara. Avant d’inviter les participants à un examen approfondi de l’avant-projet du code de justice militaire afin d’aboutir à un document adapté à nos réalités et à nos besoins. Vieux de plus de 25 ans, le Code de justice militaire a des insuffisances et nécessite, aujourd’hui, une relecture. Les acteurs de la justice militaire sont confrontés à des difficultés liées, notamment au renouvellement du mandat des magistrats de l’ordre judiciaire affectés dans les juridictions militaires et à l’absence de précision sur la prise en compte ou pas de la qualité de militaire de la personne poursuivie au moment des faits.  S’y ajoutent l’absence de la procédure de flagrance et de la plainte avec constitution de partie civile, celle de la question de lieu de détention des militaires, en cas de mandat de dépôt ou d’arrêt ainsi que l’interdiction des avocats étrangers de plaider devant les juridictions militaires.  Pour pallier ces dysfonctionnements, un atelier de cadrage a réuni, en septembre dernier, le commandement militaire, les acteurs de la chaine pénale et les partenaires internationaux sur la relecture du Code de justice militaire. À l’issue de cette rencontre, les participants ont demandé, entre autres, l’attribution de l’ordre de poursuite au procureur militaire, après une consultation obligatoire du ministre de la Défense et des Anciens combattants et l’insertion d’une disposition relative à la mise à disposition des militaires devant les services de police judiciaire.  L’atelier a, également, recommandé la révision de la carte judiciaire, l’introduction de nouvelles infractions, la création du double degré de juridiction militaire et l’insertion de la prévôté. BD/MD (AMAP)

Une délégation de la Société civile ivoirienne offre sa médiation  entre le Mali et la CEDEAO 

Bamako, 16 mar (AMAP) Une délégation du Groupe national de travail pour la paix et la concorde nationale en Côte d’Ivoire offre sa médiation pour une issue favorable à la crise qui oppose le Mali à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a annoncé, mardi, à Bamako, son président, Pr Haïdara Moctar. « Cette médiation se fait pour trouver une solution en vue de lever les sanctions de la CEDEAO pour que les activités reprennent comme par le passé », a expliqué le Pr Haïdara, à la tête de la délégation de cette faitière de la société civile ivoirienne, en mission au Mali. La délégation ivoirienne a été reçue par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, à la Primature. Au terme de l’audience, le président du Groupe national de travail pour la paix et la concorde nationale en Côte d’Ivoire a indiqué que « les difficultés du Mali  touchent toute la région ». Ce qui a amené son regroupement a venir présenter ses hommages et manifester la solidarité du peuple ivoirien au peuple malien. Avant le Premier ministre, la délégation ivoirienne a rencontré les acteurs politiques, de la société civile, des associations et des ONG du Mali. « Nous entendons rencontrer le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Et nous sommes sûrs qu’avec une meilleure connaissance de la situation du Mali, nous pourrons parler aussi à notre président Alassane Ouattara, qui est un ami du Mali. Nous allons lui rendre compte de toutes les actions entreprises et lui faire un tableau de la réalité du Mali pour qu’il comprenne que les choses sont vraiment difficiles et pour le peuple malien et pour le peuple ivoirien», a déclaré Dr Haïdara, Et d’ajouter : «Parce que nous avons traversé la frontière : du côté ivoirien, nous avons vu les souffrances des populations tout comme du côté malien».  Pr Haïdara Moctar s’est dit persuadé que « le président Alassane Ouattara, quand il aura une connaissance parfaite de la situation, mènera des actions pour convaincre les autres chefs d’Etat de la CEDEAO en vue de la levée de l’embargo qui pèse sur le Mali et qui pèse aussi sur la Côte d’Ivoire, le Sénégal et d’autres pays voisins ». BD/MD (AMAP)

Refondation de l’État : Bientôt un cadre stratégique

Bamako, 16 mar (AMAP) Un atelier pour valider l’avant-projet du Cadre stratégique de la refondation de l’État, assorti de son plan d’actions 2022-2031, a débuté, mardi, à Bamako. Ces échanges et discussions de trois jours, participent de l’objectif général de cette initiative d’assurer « un véritable processus de refondation à travers la mise en œuvre intelligente des recommandations pertinentes des Assises nationales de la refondation (ANR), basé sur une approche participative et inclusive ».  Cet atelier intervient un mois après la remise officielle du rapport final des ANR aux autorités de la Transition par le Panel des hautes personnalités et  la Commission nationale d’organisation des ces Assises. Les travaux, qui se déroulent sous forme de plénières et de groupes de travail, devraient aboutir à des propositions ou reformulations conséquentes permettant au gouvernement de disposer d’un cadre référentiel en matière de refondation de l’État afin d’agir avec efficacité et efficience dans l’intérêt supérieur de notre nation. Dans son allocution, le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, a indiqué que « la rencontre se veut un cadre d’échanges et de discussions autour de toutes les propositions faites par les Maliens en vue d’enclencher le processus d’opérationnalisation et de mise en œuvre des actions refondatrices de notre pays ». Selon M. Maïga, cette activité corrobore la volonté affichée des hautes autorités et du gouvernement de Transition de traduire en actions les 516 résolutions et recommandations formulées lors des ANR.  « Une véritable messe populaire tenue tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national, avec une participation massive de nos concitoyens à tous les niveaux », a dit le ministre en charge des Relations avec les institutions. Il a assuré que des résolutions des ANR seront traduites en véritables actions dans le projet de Cadre stratégique de la refondation de l’État et serviront à poser les jalons solides du « Mali kura » auquel « aspirent tous nos concitoyens ». Cela, « en vue de l’avènement d’un Mali bien gouverné, mieux sécurisé, plus démocratique et stable, d’un État prospère, soucieux du vivre ensemble et respectueux des droits de l’Homme et des valeurs socioculturelles ». Pour Ibrahim Ikassa Maïga, la mise en œuvre du plan d’actions nécessitera, d’une part, l’implication de toutes les parties prenantes, notamment l’administration publique, les forces politiques et syndicales, les organisations de la société civile, les légitimités traditionnelles et religieuses. Mais aussi les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec handicap, les acteurs du processus de paix, le secteur privé et les Maliens établis à l’extérieur, etc.  D’autre part, elle «requiert la disponibilité des ressources financières provenant du budget de l’État, de la contribution des Collectivités territoriales et des appuis des partenaires techniques et financiers», a-t-il précisé.  Une ébauche de l’avant-projet du Cadre stratégique de la refondation a été projetée par le Commissaire au développement institutionnel, Ahmed Mohamed Yahya. Ibrahim Ikassa Maïga qui a présidée l’ouverture était entouré de plusieurs de ses collègues de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga et celle déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Réformes politiques et institutionnelles, Mme Fatoumata Sékou Dicko. AT/MD (AMAP) 

Farine de blé et ciment : Les recettes du gouvernement contre la hausse des prix

Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 16 mar (AMAP) Les autorités maliennes, en concertation avec les acteurs des filières farine de blé et ciment, sont à pied d’œuvre pour prévenir tout risque de pénurie susceptible de déclencher une tendance haussière. Le gouvernement semble avoir une conscience claire des enjeux liés à une hausse des prix de la farine du blé et du ciment. C’est ainsi qu’il multiplie les démarches inclusives visant à explorer toutes les pistes de solutions possibles pour les maintenir à la portée du Malien lambda.  Visiblement alerte, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a initié des rencontres visant à «anticiper» une hausse éventuelle des prix des denrées de consommation.  Mahmoud Ould Mohamed a, en fin de semaine dernière, consulté les acteurs de la filière blé-farine-pain. Objectifs : «sécuriser les stocks et éviter toutes formes de rétention ou de pénurie».  Les prix de la farine boulangère et du pain restent plafonnés respectivement à 22.000 Fcfa le sac de 50 kg et 250 Fcfa la baguette de 250 g. Cela grâce à la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement et les acteurs de la filière. La farine de blé a été, la semaine dernière, cédée au détail entre 400 et 500 Fcfa le kg. Ce qui correspond à un prix moyen estimé à 439 Fcfa, contre 386 Fcfa le kg, l’année dernière à la même période, selon des notes du département en charge du Commerce.   Cette hausse survient dans un contexte de conflit entre la Russie et l’Ukraine. Les deux pays européens sont respectivement 2è et 4è producteurs de blé soit 29% de la production mondiale et 40% du commerce mondial de blé. Une guerre entre Russes et Ukrainiens suffit pour faire bondir les prix.  Ainsi, le cours du blé a gagné du terrain sur les places boursières passant de 269,25 euros (environ 172.413 Fcfa) la tonne au cours du mois de février dernier, à 316 euros la tonne à la date du 24 février (début de la guerre), avant de redescendre à 290 euros la tonne. Le cours devrait encore grimper pour atteindre plus de 400 euros la tonne (environ 260.000 Fcfa), selon certaines prédictions. 60.000 TONNES – Cette situation risque d’impacter les prix sur le marché national au regard de l’importance de la farine dans la consommation quotidienne du Malien. En la matière, le besoin annuel de consommation nationale en farine boulangère produite à partir du blé tendre importé est estimé à environ 60.000 tonnes. La France est considérée comme le premier fournisseur du Mali en blé, suivie de la Russie, de l’Argentine et de l’Ukraine. Les stocks de farine boulangère sur le territoire national s’élèvent à 19.764 tonnes. 7.798 tonnes sont disponibles au niveau des unités industrielles. Les 12.000 restants sont dans le circuit de distribution auprès des commerçants grossistes et demi-grossistes. Disponibles au niveau des pays de transit, 8.023 tonnes de blé attendent d’être évacuées. Au regard des stocks disponibles (environ 4 mois de consommation), la crise en Ukraine n’aura probablement pas un impact immédiat sur l’approvisionnement de notre pays, rassure la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence. Toutefois, pour prévenir tout risque de pénurie susceptible d’entraîner une hausse des prix, il urge de diversifier les sources d’approvisionnement du pays. Cela en accompagnant «nos industriels et minoteries à souscrire rapidement des contrats d’achat avec les négociants afin d’anticiper sur une probable augmentation des cours en prélude à la prochaine campagne de commercialisation du blé à partir du 2è semestre 2022». D’où la rencontre précitée ayant réuni les acteurs de la filière autour du ministre en charge du Commerce.  Consultation à la fin de laquelle il a été décidé, à court terme, de procéder à l’évaluation rapide des stocks au niveau des ports de transit et solliciter l’accompagnement des opérateurs économiques afin «d’éviter le dérapage des prix et la rupture des stocks». À moyen terme, il apparaît nécessaire de diversifier nos sources d’approvisionnement et accompagner nos unités industrielles dans la recherche de nouveaux partenaires commerciaux et des facilités de financement, ont prôné les participants. La solution la plus durable retenue étant de promouvoir la culture du blé au niveau national et la fabrication du pain à partir d’autres céréales. 50 CAMIONS DE KLINKER – Ce remède ultime devrait être injecté dans le secteur du ciment dont les prix grimpent face au moindre choc. En effet, la tonne de ciment est passée de 95.000 Fcfa à 120.000 Fcfa le lendemain de l’imposition, le 9 janvier dernier, de sanctions «illégales, injustes et illégitimes» au peuple malien par les chefs d’État de la Communauté économique de Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire oust-africaine (UEMOA).  Cette hausse serait consécutive, à croire les quincaillers, à la rupture de stocks, à l’augmentation des frais de manutention consécutive à l’embargo économique de ces institutions sous régionales, à l’incidence de la hausse du prix des papiers d’emballage et de certaines matières premières intervenant dans la production de ciment.  Concernant la rupture de matières premières entrant dans la fabrication du ciment, la douane malienne a récemment réceptionné plus de 50 camions de Klinker en provenance du Port de Conakry pour la production du ciment au Mali. Contactée, une source à la direction générale des douanes confirme l’information, rappelant qu’il y a «quelques jours des convois totalisant près de 300 camions ont emprunté le corridor Conakry-Bamako sans difficulté majeure». Les deux douanes ont créé les conditions nécessaires à cet effet, précise-t-elle. La disponibilité du Klinker, «constituant du ciment obtenu par calcination d’un mélange d’acide silicique d’alumine, d’oxyde de fer et de chaux», pourrait être considérée comme un début de réponse aux préoccupations des producteurs nationaux de ciment. Présentes à une rencontre entre le patron du Commerce et de l’Industrie et les acteurs du BTP, les trois usines de production de ciment opérationnelles sur le territoire national avaient sollicité l’accompagnement et le soutien du gouvernement pour les aider à faire baisser le prix.  Les consommateurs espèrent sur le respect strict

Sikasso (Sud) : Nongon Souala attaqué par des terroristes

Bamako, 16 mar (AMAP) Le village de Nongon Souala, à une soixantaine de kilomètres de la ville de Sikasso (Sud), a été l’objet d’une attaque terroriste lundi, indiquent des sources militiares.  « Les assaillants, qui ont fait irruption dans le village vers midi, ont fait des tirs de sommation pour effrayer la population’, indiquent les mènes sources.  Ils ont, ensuite, attaqué les locaux de la mairie avant d’y mettre le feu. Il n’y a pas eu de victime car le personnel de la mairie n’était pas sur place, au moment de l’attaque. Mais les assaillants sont repartis avec des matériels de la mairie. MD (AMAP)

Opérations contre les terroristes : L’Armée mène des frappes dans plusieurs régions (Etat-major des armées) 

Bamako, 16 mar (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené des frappes en plusieurs endroits du pays annonce l’état-major général des armées, dans un communiqué rendu public mardi. Sur le théâtre-Est de l’opération Maliko, les FAMa ont mené, le 13 mars dernier, des opérations aéroterrestres dans le secteur de Ménaka (Nord) suite aux attaques terroristes contre les populations. « Les frappes aériennes sur les zones refuges ont permis de desserrer l’étau et briser l’élan des groupes terroristes dans les zones de Ménaka, Anderamboukane, Inchinana, Harodi, Ifokaratène, In Araban, Tabankort, Tamalet avec de nombreuses pertes infligées dans leurs rangs », selon l’état-major des armées. Sur le théâtre-Centre de l’opération Maliko, du 8 au 15 mars 2022, les opérations dans la localité de Diabaly, précisément à Bekaye wèrè (Région de Ségou), ont permis  « de neutraliser un terroriste, récupérer un pistolet mitrailleur et détruire 5 sacs d’engrais ». Six suspects appréhendés ont été libérés après identification.  Suite aux tirs de mortiers sur l’emprise de Boni (centre), la patrouille FAMa, en sortie pour une reconnaissance offensive, est tombée dans une embuscade dans la forêt de Serma.  Le bilan fait état de 12 terroristes tués, 2 Pick-up, 2 mitrailleuses 12.7, 3 PKM et 10 pistolets mitrailleurs récupérés. En zone Sud, dans la Région de Sikasso, des patrouilles ont été menées dans la localité de Tandio, suite à des informations indiquant le retour de certains éléments des groupes armés terroristes dans le secteur. « Un terroriste a été neutralisé, une arme et une moto récupérées », ajoute la même source. La patrouille Kélétigui, lors d’une reconnaissance offensive, le 11 mars 2022, dans la localité de Goumbou, dans la Région de Nara (Ouest), « a neutralisé 2 terroristes, récupérés 2 AK47 et 4 téléphones portables ». L’état-major indique que les FAMa « continuent leur mission de recherche et de destruction des sanctuaires terroristes dans le cadre du plan Maliko et de l’opération Kélétigui ». MD (AMAP)

Fana : Psychose sur la ville, après des crimes rituels en série

Par Bembablin DOUMBIA Envoyé spécial Fana, 16 mar (AMAP) Fana, dans la Région de Dioïla, à une centaine de kilomètres de Bamako, la capitale malienne, sur la route de Ségou (Centre), est tristement célèbre à cause de nombreux crimes odieux que la ville a connus ces dernières années. Les habitants, les autorités municipales et la justice sont mobilisés pour mettre fin à ce phénomène qui émeut tout le pays. Il est 7h14, le soleil se lève sur la ville. En cette matinée d’un lundi du mois de janvier, les élèves prennent le chemin de l’école. Le braiment des ânes mêlé au bêlement des chèvres retentit un peu partout dans le Guégnéka.  Les minibus de transport «Massani» se positionnent le long de la Route nationale 6 (RN6) et celle menant à Dioïla attendant d’éventuels passagers. Plusieurs boutiques sont déjà ouvertes. Au rond-point, des propriétaires de pousse-pousse attendent, impatiemment, leurs premiers clients.  Cependant, derrière cette ambiance, la population de la ville de Fana vit la peur au ventre du fait de crimes crapuleux qui marquent les esprits. De 2017 à 2021, dix cas ont été recensés parmi lesquels celui de la fillette albinos Ramata Diarra, en 2018, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. «À cette époque, on pensait que c’était une question d’albinos. Mais après, on a vu que les assassins n’épargnent personne», fait remarquer Djakaridia Doumbia, un habitant de la ville.  Selon notre interlocuteur, les crimes odieux ou rituels sont légion à Fana, depuis belle lurette. «Je suis né ici et j’ai trouvé que le phénomène existe», révèle le jeune homme d’une trentaine d’années. À l’en croire, les auteurs de ces actes abjects sont tous originaires de la ville et connaissent leurs victimes.  «Très souvent, les criminels viennent la nuit bavarder avec leurs victimes. Ils en profitent pour leur donner des substances afin de les endormir. Après, ils passent à l’acte», croit savoir Djakaridia Doumbia, précisant que de nombreuses victimes sont des gardiens qui habitent un peu a l’écart de la ville.  Djakaridia pense que les malfaiteurs se servent du sang de leurs victimes pour des sacrifices et des sciences occultes. «Aujourd’hui, nous avons peur d’envoyer nos enfants même à la boutique par crainte qu’ils ne soient enlevés », dit-il. Avant de demander aux autorités de tout faire pour mettre la main sur ces criminels. Djakaridia Doumbia déplore, par ailleurs, le fait que les forces de sécurité ne font pas les patrouilles la nuit dans les endroits moins éclairés de la ville où la plupart de ces crimes ont été commis. PEUR AU VENTRE – À cause de cette psychose, les habitants de Fana sont devenus  méfiants les uns envers les autres. «Chacun pense que c’est l’autre qui est derrière ces crimes», note une dame qui a requis l’anonymat par peur d’être la cible des malfrats. « Au début, ce sont les femmes qu’on décapitait, mais après, la situation s’est retournée contre les hommes », fait-elle remarquer.  Notre interlocutrice explique que les gens ont peur de dormir dehors pendant la période de forte chaleur. «Les auteurs de ces crimes sont parmi nous», dit-elle.  La vieille dame se rappelle qu’une femme, après avoir participé à une prêche de Maouloud lors de laquelle, les fidèles maudissaient les criminels, est revenu trouver son mari décapité par des inconnus. «Nous avons vraiment peur de ces bourreaux. Quand la nuit tombe, on ne sait pas si on va se réveiller vivant le lendemain», fait savoir notre interlocutrice. Avant de demander l’implication des autorités de la Transition pour venir à bout de ce fléau.  «Ce sont les pauvres gens qu’on tue. Il faut que les autorités trouvent un solution», dit-elle.  Les jeunes de Fana sont vent debout contre ces crimes crapuleux. «On a eu à rencontrer les autorités, à sensibiliser la jeunesse en l’invitant à faire confiance à la police et à la gendarmerie, en leur donnant des informations», révèle le secrétaire général du Conseil national de la jeunesse de Guégnéka,  Amadou Timété. Selon lui, cette situation ne peut pas être gérée sans la collaboration de la population. «À ce propos, nous avons des jeunes qui travaillent dans l’ombre avec les forces de sécurité, car l’ennemi est invisible et peut être n’importe qui», confie-t-il.  Notre interlocuteur sollicite l’extension du réseau électrique dans la ville parce que, selon lui, les zones ciblées par les malfaiteurs sont celles où il y a l’obscurité. Il demande également de renforcer le poste de sécurité de la ville, en y instituant des patrouilles de contrôle d’identité de 18 heures à 6 heures du matin. «Cela permettra de dissuader les assassins», estime-t-il. «Nous, la jeunesse de Fana, nous n’allons pas baisser les bras tant que ces criminels ne seront pas arrêtés», assure le responsable du Conseil national de la jeunesse, notant que beaucoup de personnes se méfient de la ville de Fana, aujourd’hui, à cause de cette situation. COMPLICITÉS – La municipalité de la ville semble à bout de souffle. «Nous avons renforcé la sécurité en installant un commissariat, mais avec tout cela, les crimes continuent», regrette un responsable de la mairie de Fana. Lui, aussi, demande aux autorités d’étendre le réseau électrique dans la ville pour éclairer un maximum de quartiers. «À part le cas de la femme malade mentale et son enfant, les autres décapitations ont eu lieu dans des endroits isolés et obscurs», explique notre interlocuteur.  Par contre, il pense que les auteurs de ces crimes ne sont pas des autochtones de Fana, mais auraient des complices dans la ville.  Lors de son investiture, en janvier dernier, le tout nouveau gouverneur de la Région de Dioïla a affiché sa volonté de remédier à l’insécurité résiduelle dans sa circonscription, souvent due à des activités rituelles à Fana.  D’après Abdallah Faskoye, les services de sécurité travaillent avec la justice afin que cette insécurité soit éradiquée dans la région.  Sur la question, le procureur de la République près le Tribunal d’instance de Fana, Boubacar Moussa Diarra, nous a confié que, de 2017 à 2021, il y a eu huit dossiers d’assassinats avec décapitation dont deux