Sécurité à Bamako : La garde plus que jamais haute
Reportage de Mohamed TOURE Bamako, 25 août (AMAP) Une attaque au poste de contrôle de Zantiguila, le 16 juillet 2022, puis une tentative d’incursion au camp militaire de Kati, le 22 juillet 2022. La menace terroriste s’était dangereusement rapprochée de la capitale du Mali et de certaines agglomérations. Depuis ces récentes attaques terroristes qui ont visé la garnison de Kati et certaines localités proches de Bamako, la capitale malienne, les autorités ont pris des mesures fortes pour renforcer la sécurité. L’état-major général des Armées estimait, en juin dernier, que les groupes radicaux « essoufflés, sont soumis, depuis plusieurs mois, à une forte pression des Forces armées maliennes (FAMa) jusque dans leurs zones sanctuaires où ils disposaient d’un certain confort et d’une grande influence par le passé», Selon l’Armée malienne, les Groupes armées terroristes (GAT) ont «adapté leur mode d’actions et orienté désormais leur attaques lâches contre des cibles molles et des civils désarmés». Un changement de stratégie que confirme également le chercheur Ibrahim Maïga, conseiller spécial pour le Sahel à l’International Crisis Group (ONG spécialisée dans la prévention et l’aide à la résolution des conflits meurtriers). Cet expert souligne que les groupes terroristes ont adopté la stratégie de «ne plus affronter l’adversaire de façon frontale et de ne plus faire de l’occupation territoriale un objectif en soi». Et de rappeler que les GAT tentent, depuis quelques années, de tisser leur toile à travers le pays. Désormais, l’option privilégiée par les terroristes serait de «mener des attaques sporadiques, parfois ponctuelles sur des positions de l’armée, des camps ou des convois», estime-t-il. Les dernières incursions près de Bamako et à Kati seraient dans cette logique. « Des coups d’éclat voire médiatiques plus que de réelles actions militaires », ajoute le chercheur. DES TERRORISTES NEUTRALISÉS – Quand l’ennemi change de stratégie, il faut en faire de même. Les services maliens de sécurité ont adopté cette nouvelle posture. En riposte aux tentatives d’incursion et aux attentats kamikazes, les responsables sécuritaires ont instauré un dispositif considérable sur l’ensemble du territoire. Des mesures incluant des contrôles accrus sur les principaux axes, aux abords des bâtiments et lieux stratégiques sont perceptibles. Dans la capitale, des véhicules de police ont notamment renforcé les dispositifs existants au niveau de plusieurs édifices. Les forces de l’ordre mènent également des patrouilles, tout en faisant des descentes en certains endroits ciblés. « Des opérations spéciales qui ont permis l’interpellation de plusieurs suspects », selon des sources sécuritaires. Sur le front militaire, plus d’une centaine de terroristes ont été «neutralisés» entre le 19 juillet et 20 août dernier, selon l’état-major général des armées. «Ces derniers mois, l’Armée a mené un certain nombre d’offensives dont certaines ont abouti à la neutralisation de nombre de combattants des groupes terroristes, à la découverte de caches d’armes, de minutions et de provisions alimentaires. C’est aussi en représailles à la multiplication des attaques de l’Armée que ces groupes ont décidé de mener ses incursions», analyse Ibrahim Maïga. Selon lui, les groupes essayeraient aussi de «desserrer l’étau qui semble se resserrer sur eux dans une partie du territoire, en particulier dans le centre». Dans cette forme de lutte que les groupes terroristes ont adoptée, il arrive qu’ils emploient des techniques effroyables comme celles des cadavres piégés, récemment apparues au Mali. À ce sujet, Ibrahim Maïga déplore l’arrivée de ce mode opératoire au Sahel. «Au Sahel, on a un rapport particulier aux morts. Les proches ont besoin d’enterrer leurs morts. Le fait qu’un cadavre puisse servir de chair à canon ou de bombe est très inquiétant», relève-t-il. LOURD TRIBUT – Cependant, le chercheur estime que la réponse à la crise multidimensionnelle que traverse le Mali et d’autres pays du Sahel devra tenir compte de toutes les dimensions, en plus de la réponse militaire. «On voit une montée en compétence de l’armée avec un renforcement en termes d’équipements militaires, un engagement beaucoup plus fort d’aller à l’offensive, de sortir de la position statique. Mais il est tout aussi important de s’intéresser aux autres dimensions», propose-t-il. Parmi ces réponses, la priorité, de son point de vue, serait d’améliorer la gouvernance dans les localités les plus touchées. «Il est important de rétablir la confiance entre les gouvernants et les citoyens. Une dimension qui a été négligée est la prévention. Les États ne doivent pas s’enfermer dans une seule dimension notamment celle militaire», suggère-t-il. L’expert rappelle que ce sont les civils qui payent le plus lourd tribut aux attaques et violences des groupes armés terroristes. «Ce qu’on peut craindre, les autorités en sont conscientes, ce sont des attaques plus ciblées notamment à Bamako qui auraient des résonnances médiatiques et politiques beaucoup grandes que dans l’arrière-pays», explique-t-il. Ainsi, Ibrahim Maïga juge que les populations ne doivent pas oublier le contexte et adopter des mesures de vigilance indispensables. Pour lui, cela passe par la sensibilisation et des mesures visibles. «Les populations doivent obéir aux consignes de sécurité, accepter de se faire checker (fouiller) à l’entrée d’un stade ou d’une salle de spectacle», conclut-il. La plupart des Bamakois que nous avons interrogés se disent rassurés par le renforcement du dispositif sécuritaire en certains lieux et services publics. «C’est bien de renforcer les contrôles devant le palais présidentiel, la Cité administrative et d’autres services publics, il faut, aussi, penser à faire de même au niveau des marchés, des écoles, des stades qui sont censés accueillir des milliers de personnes», préconise Moussa Dembélé, chauffeur de taxi. MT/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 24 août 2022
Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 24 août 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du Premier Ministre par intérim, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation de la Stratégie nationale de Stabilisation des régions du Centre et son Plan d’actions 2022-2024. Dans le cadre de la résolution de la crise du centre, le Gouvernement a pris acte de la communication écrite relative à la Stratégie nationale de Stabilisation des régions du Centre et son Plan d’actions 2022-2024, lors de la session du Conseil des Ministres du 15 juin 2022. Cette stratégie traduit la volonté des autorités de la Transition d’avoir une approche holistique de la stabilisation des régions du Centre. Elle vise à faire du Centre une zone stable et prospère où les communautés sont réconciliées entre elles-mêmes et vivent en harmonie avec leurs voisins. La Stratégie nationale de Stabilisation des régions du Centre est articulée autour des axes ci-après : – le rétablissement de la paix, de la sécurité et de la cohésion sociale ; – l’amélioration de la gouvernance et le renforcement de la justice ; – la gestion des questions humanitaires et le relèvement économique ; – la communication et la coordination des interventions des partenaires. Le projet de décret adopté ouvre la voie à la mise en œuvre des actions prévues dans le Plan d’actions. Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant acquisition de la nationalité malienne par voie de naturalisation. Les conditions d’acquisition de la nationalité malienne par voie de naturalisation sont prescrites par la Loi n°2011-087 du 30 décembre 2011 portant Code des Personnes et de la Famille. Les demandeurs concernés remplissent tous, les conditions fixées par le Code des Personnes et de la Famille. Le projet de décret adopté accorde ainsi la nationalité malienne par voie de naturalisation aux personnes ci-après : – Madame Sophie NTARAKA, de nationalité burundaise ; – Monsieur Mohamed Ali Moustapha BADRADIN, de nationalité guinéenne ; – Monsieur Komi YEKPLE, de nationalité togolaise ; – Madame Ami Mireille KPORHA, de nationalité togolaise ; – Monsieur Komi ASSIMADI, de nationalité togolaise. Sur le rapport du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, le Conseil des Ministres a adopté un projet d’ordonnance portant création de la Société de Recherche et d’Exploitation des Ressources minérales du Mali. Le Mali dispose d’un vaste potentiel dans les domaines pétrolier et gazier couvrant une superficie de 900 mille Km2. Pour la mise en valeur de ces nombreuses ressources et conformément aux recommandations des Assises nationales de la Refondation, le projet d’ordonnance adopté crée la Société de Recherche et d’Exploitation des Ressources minérales du Mali avec comme actionnaire unique l’Etat. La société a pour objet la recherche, l’exploitation, le traitement et la commercialisation des substances minérales, dans les limites des périmètres qui lui sont octroyés. Sur le rapport du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte modifiant l’Ordonnance n°2017-036/P- RM du 27 septembre 2017 portant statut des enseignants-chercheurs de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et son décret d’application. L’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants à travers une refonte du système éducatif, est l’un des axes majeurs de la feuille de route de la Transition. C’est dans ce cadre que les fonctionnaires relevant du statut général des fonctionnaires et du statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale ont bénéficié d’une augmentation salariale d’environ 20%. Les modifications apportées visent, notamment à : – fixer les conditions d’accès au statut des enseignants-chercheurs de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ; – fixer la limite d’âge de recrutement des Assistants et des Attachés de Recherche à 43 ans ; – harmoniser l’âge de départ à la retraite à 65 ans pour tous les enseignants-chercheurs du statut des enseignants-chercheurs de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ; – prendre en compte l’augmentation salariale d’environ 20% au profit du personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ; – hiérarchiser les fonctionnaires relevant du statut général des fonctionnaires qui dispensent des cours ou mènent des activités de recherche dans les institutions d’enseignement supérieur et de recherche, afin qu’ils puissent évoluer dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. L’adoption des projets de texte participe de la mise en œuvre des engagements du Gouvernement, de sa volonté de rétablir l’équité et la justice sociale et d’améliorer les conditions de travail du personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION – Gouverneur de la Région de Ménaka : Colonel-major Issa TIMBINE. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection civile du Gouverneur de la Région de Ségou : Lieutenant-colonel Samba Abdoulaye SOUSSOKO. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux a informé le Conseil des Ministres de l’organisation par notre pays de la conférence annuelle du Groupe Régional Africain de l’Union Internationale des magistrats. Le Groupe Régional Africain de l’Union Internationale des magistrats, lors de la conférence annuelle tenue du 07 au 11 mai 2022 à Tunis, a porté son choix sur le Mali pour organiser la conférence annuelle statutaire au titre de l’année 2023. L’objectif principal du Groupe Régional Africain de l’Union Internationale des magistrats est la sauvegarde de l’indépendance du pouvoir
Mali : Exposition de plus de 200 objets culturels issus de fouilles, pillages et de trafic illicite
Bamako, 24 août (AMAP) Une exposition de biens culturels, issus de fouilles, de l’inventaire, du pillage et du trafic illicite, intitulée «Protégeons nos bien culturels pour les générations futures» se tient au Musée national depuis lundi jusqu’au 30 septembre prochain. Cette exposition de plus de 200 objets est aussi virtuelle et offre l’opportunité à d’autres continents de découvrir les merveilles de la civilisation malienne. Elle est organisée par le département en charge de la Culture dans le cadre de la mise en oeuvre du projet : «Sensibilisation, éducation à la lutte contre le trafic illicite et exposition des biens culturels». L’exposition est financée par l’ambassade américaine dans le cadre d’un accord, signé le 19 septembre 1993 entre les gouvernements des Etats-Unis et du Mali. Cet accord est relatif à l’imposition de restrictions à l’importation de certaines catégories de biens archéologiques et ethnologiques, en provenance du Mali et a été renouvelé, lundi, pour la 7è fois. La signature de ce document a été l’un des temps forts de la cérémonie. Les objets exposés sont constitués de canaris, terres cuites, masques, bracelets et autres objets d’une valeur inestimable. L’exposition met en exergue ces objets archéologiques saisis par la douane américaine et retournés au Mali dans le cadre de l’Accord bilatéral. Elle se compose d’artéfacts issus de fouilles scientifiques et du pillage des sites archéologiques et ambitionne de contraster les résultats et de montrer que seules les fouilles réalisées dans un contexte scientifique, permettant d’apporter des informations complémentaires à la connaissance de notre histoire. Le vernissage a été présidé par le ministre de l’Artisanat, de la Culture de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, en présence de l’ambassadeur des États-Unis au Mali, Dennis B. Hankins, et du chef du Bureau de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Edmond Mukala. Le ministre Guindo a rappelé la réception de 900 objets restitués au Mali, le 7 décembre 2021, sous la présidence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga. Selon Andogoly Guindo, le pillage inconsidéré des sites archéologiques prend l’allure d’une véritable catastrophe pour nos compatriotes, légitimement soucieux de connaître les traces laissées par leurs ancêtres, depuis des millénaires. PILLAGE – Face au danger que représente le pillage, le Mali a entrepris une politique de protection de son patrimoine archéologique, en adoptant des textes législatifs et règlementaires, en ratifiant des conventions internationales et en concluant des accords. C’est dans cette optique, que le Mali et les Etats-Unis ont signé un accord le 19 septembre 1993 relatif à l’imposition de restrictions à l’importation de certaines catégories de biens archéologiques et ethnologiques en provenance de notre pays. À en croire le ministre Guindo, l’exposition en cours est un bel exemple de mise en œuvre de cet accord. Elle permettra à de nombreux Maliens d’être informés sur « leur héritage, de percevoir sa richesse, de renforcer sa protection et de prendre conscience des effets négatifs du pillage et du trafic illicite des biens culturels ». Enfin, il a invité la société civile à œuvrer pour la préservation et la promotion du patrimoine culturel et à se réapproprier les biens culturels issus du pillage et du trafic illicite. Le diplomate américain a exprimé l’engagement des Etats-Unis à œuvrer pour la protection et la sauvegarde du patrimoine culturel. Il a souligné l’excellence des relations entre Washington et Bamako, avant de rappeler la crise de 2012 qui a entrainé une insécurité résiduelle. Le phénomène du trafic illicite des biens culturels, bien qu’ancien, a pris, au cours des cinq dernières années, une dimension toute particulière dans les pays du Sahel. Et Dennis B Hankins de signaler qu’une étude effectuée dans les années 1990 indique que 80 à 90% des sites du Delta intérieur du Niger furent touchés par le pillage. Certains d’entre eux furent totalement détruits donc définitivement perdus pour la recherche. «L’assistance culturelle du gouvernement des États-Unis au Mali est conçue pour promouvoir l’héritage culturel du Mali», a conclu le diplomate américain. AS/MD (AMAP)
Le président Assimi reçoit le ministre iranien des Affaires étrangères
Bamako, 24 août (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a reçu, mardi, au Palais de Koulouba, le ministre iranien des Affaires étrangères, Dr Hossein Amir-Abdollahian qui séjourne au Mali depuis lundi. A sa sortie d’audience, le ministre iranien des Affaires étrangères, en compagnie de son homologue malin, Abdoulaye Diop, a confié à la presse avoir eu une bonne discussion avec le chef de l’Etat. Dr Hossein Amir-Abdollahian a indiqué avoir fait au président de la Transition un compte rendu des travaux de la Commission mixte Mali-Iran. Le diplomate iranien a, également, souligné que les échanges ont porté sur la coopération dans tous les domaines entre la République islamique d’Iran et le Mali. «Nous avons les mêmes points de vue sur la coopération dans les domaines scientifique, technologique, agricole et économique», a-t-il fait savoir. Le ministre iranien a, aussi, précisé que les questions sécuritaires et de lutte contre le terrorisme étaient au menu des échanges avec le chef de l’État. Dr Hossein Amir-Abdollahian a laissé entendre que les parties iranienne et malienne ont une identité de vue sur ces questions. Il a dit que le président de la Transition a mis l’accent sur la concrétisation des engagements pris lors des travaux de la Commission mixte, ajoutant que le chef de l’État malien a soutenu les accords qui existent entre Bamako et Téhéran. Le chef de la diplomatie iranienne a promis une accélération de la coopération bilatérale en vue d’aboutir à de nouveaux projets, précisant que l’un des dossiers importants à promouvoir est le transfert de technologies au Mali. «Grâce à Dieu, le peuple malien sera témoin d’une bonne accélération et d’un bon progrès des rapports bilatéraux», a assuré Dr Hossein Amir-Abdollahian qui s’est dit confiant que le Mali saura relever les défis de son développement. BD/MD (AMAP)
Coopération: Bamako et Téhéran renforcent leurs relations bilatérales
Bamako, 24 août (AMAP) Les ministres en charge des Affaires etrangeres du Mali, Abdoulaye Diop, et d’Iran, Dr Hossein Amir-Abdollahian, ont cooprésidé la première session de la Commission mixte de coopération Mali-Iran, mardi, à Bamako. Le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, Dr Hossein Amir-Abdollahian, à la tête d’une forte délégation, séjourne au Mali, depuis lundi dernier, dans le cadre du renforcement de la coopération économique, commercial surtout de la lutte contre le terrorisme. Cette session, qui s’est tenue au département des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a été précédée par la réunion des experts, les 21 et 22 août 2022, au cours de laquelle les deux délégations ont fait le tour d’horizon des dossiers de coopération bilatérale. Le ministre Abdoulaye Diop a rappelé les liens historiques d’amitié et de fraternité entre les peuples et les gouvernements des deux pays. À ce propos, le chef de la diplomatie malienne s’est félicité que le Mali soit le premier pays visité, durant la tournée officielle en Afrique du Dr Hossein Amir-Abdollahian, depuis sa nomination à ce poste. Au plan politique, M. Diop a exprimé « la très haute appréciation des autorités de la Transition concernant la lecture lucide et pragmatique que le gouvernement iranien a toujours faite de la complexité de la crise au Mali ». À cet égard, il a entretenu la partie iranienne des efforts entrepris par le gouvernement malien pour la pacification et la sécurisation du territoire national. Il a, aussi, souhaité que la présente session soit l’occasion de dégager les voies et moyens permettant de contribuer au renforcement et à la diversification de la coopération bilatérale entre le Mali et la république islamique d’Iran, notamment dans les domaines prioritaires comme la défense, la sécurité, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Les deux parties envisagent d’élargir leur coopération au développement rural, aux mines, à l’énergie et à l’eau, à la santé, aux transports et infrastructures, à l’industrie, au commerce, à l’habitat, l’urbanisme, la culture et au tourisme, à la communication et à l’économie numérique. Dr Hossein Amir-Abdollahian, a, quant à lui, relevé la parfaite convergence de vues entre le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et celui de la République islamique d’Iran, Seyyed Ebrahim Raïssi, sur les questions de paix, de sécurité, de développement, de souveraineté et sur les différentes crises que connaît le monde. Le ministre des Affaires étrangères d’Iran a présenté sa présence à cette réunion comme « l’expression de la volonté des autorités iraniennes à développer les relations et la coopération bilatérale ». Il a expliqué que la tenue de la Commission mixte de coopération globale est un mécanisme approprié pour organiser la coopération économique visant à dynamiser les échanges commerciaux. Ainsi, Dr Hossein Amir-Abdollahian a souligné « la nécessité de mettre en œuvre les accords et de poursuivre les réunions périodiques ». Les deux ministres ont ensuite invité les deux délégations à faire l’état des lieux de la coopération entre les le Mali et l’Iran et à entreprendre les actions nécessaires en vue de relancer, consolider et diversifier cette coopération, conformément aux orientations des deux chefs d’État. C’est ainsi qu’il a été décidé de créer un comité de suivi de la mise en œuvre des décisions et recommandations issues de la première session de la Commission mixte. En marge de cette session, les ministres Abdoulaye Diop et Dr Hossein Amir-Abdollahian ont « eu des échanges approfondis sur les questions bilatérales, sous régionales, régionales et internationales. La deuxième session de la Commission mixte de coopération entre les deux pays est prévue en 2024 (1403) à Téhéran, en République islamique d’Iran, à une date qui sera fixée d’accord partie par voie diplomatique. Auparavant, le ministre des Affaires étrangères d’Iran a annoncé l’organisation d’une exposition technologique à Bamako. Aussi, la République islamique d’Iran prévoit-elle de créer un centre technologique dans la capitale malienne. Évoquant le sujet du terrorisme lors du point de presse conjoint, Dr Hossein Amir-Abdollahian a promis que son pays fera profiter au Mali de son expérience dans le cadre de la lutte contre ce phénomène. «Les efforts du Mali pour préserver son indépendance sont une approche positive. C’est pour cela que nous soutenons cette Transition», a-t-il déclaré. Une séance de travail a également réuni les opérateurs économiques maliens et iraniens. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a assuré la partie iranienne de rendre le climat des affaires entre les deux pays très propice et profitable. Mahmoud Ould Mohamed a précisé que le Mali est intéressé par le développement de l’agro-industrie qui est créatrice de valeur ajoutée. Il a relevé que le Mali est le deuxième pays de la zone ouest africaine dans le domaine du cheptel et premier producteur de coton en Afrique au sud du Sahara. Et d’assurer de la disponibilité de son département à faciliter les démarches administratives. OD/MD (AMAP)
Kangaba : Tenue d’un atelier de formation des collecteurs des récits de changement
Kangaba, 24 août (AMAP) Une équipe de l’Institut Malien de Recherche Action pour la Paix (IMRAP) organisé du 15 au 19 août 2022 à Kangaba un atelier de formation des collecteurs des récits de changement, a constaté l’AMAP. Cet atelier entre dans le cadre du projet « vestibule de la paix » qui vise à placer les populations elles-mêmes au cœur du système de construction de la paix. Cette appropriation endogène est une réponse structurée à une forte demande des populations maliennes elles-mêmes. L’approche recherche action systématique, développée par International Development Studies (IDS), offre une nouvelle opportunité aux communautés maliennes pour avoir une compréhension approfondie de la gestion pacifique de leurs conflits en faisant d’elles des acteurs pertinents du diagnostic et de pistes de solutions durables et consensuelles. Cette méthodologie, couplée avec la recherche action participative de l’IMRAP et Interpeace, a le potentiel d’inspirer non seulement les communautés locales dans toutes les régions du Mali mais également les acteurs aux niveaux national et international pour faire la consolidation de la paix un processus ancré dans les réalités locales. Ainsi, le processus mené à Kangaba par l’IMRAP connait maintenant de grandes avancées en termes de réalisation des activités, de maturité des groupes de recherche action (GRA), d’émergence de changements individuels, de groupes et/ou communautaires. Dans le but de capitaliser et de documenter ces changements afin d’en tirer des leçons d’apprentissage, une opération de collecte des récits sera effectuée à Kangaba auprès des bénéficiaires du projet. C’est en prélude à cette opération de la collecte que l’équipe opérationnelle de l’IMRAP a organisé cet atelier de 05 jours en vue de renforcer les capacités de vingt-cinq (25) collecteurs en technique de collecte et de documentation des récits de changements à Kangaba. A l’issue des travaux, comme résultats obtenus, les vingt-cinq (25) collecteurs de récits de changements ont été formés dans la conduite des entretiens de collecte, une collecte test de récits de changements a été réalisée dans la ville de Kangaba en vue de familiariser les collecteurs à la pratique et aux outils de collecte de résultats et la méthode et les outils de collecte de résultats ont été adaptés au contexte. SD/KM (AMAP)
Appartements meublés : Le loisir côtoie des pratiques peu recommandables
Fadi CISSÉ Bamako, 23 aout (AMAP) Il est 16 heures, un vendredi. La semaine de travail s’achève. Adama Traoré alias Noss est tout joyeux et excité de passer le week-end en galante compagnie dans un appartement meublé, à Faladiè (Commune VI de Bamako). Il compte bien prendre du bon temps, après une semaine de labeur. À l’en croire, les appartements sont des endroits appropriés pour se relaxer en toute discrétion, accompagné ou pas, car l’intimité est aussi garantie. Et les frais de location ne coûtent pas une fortune. Avec 20.000 Fcfa, un tarif que notre interlocuteur estime abordable, on peut séjourner dans un cadre et calme. Depuis quelques années, beaucoup de citadins font comme Adama et louent des appartements destinés à l’origine à servir d’alternative à l’hôtel, pour les touristes et autres vacanciers. Un samedi matin du mois de juillet, aux environs de 9 heures, sous un ciel qui tarde à se débarrasser de ses nuages, la circulation est intense devant un immeuble imposant, situé à Hamdallaye ACI 2000 en Commune IV. Le ballet des voitures est très évocateur quant à la fréquentation des lieux. Généralement, ceux qui se donnent rendez-vous ici n’arrivent pas ensemble. Manifestement, il y a une volonté de passer incognito. Et d’éviter d’afficher des relations pas très catholiques. Il vaut mieux éviter des regards indiscrets lorsque l’on est homme ou femme marié et que l’on entretient une relation extra-conjugale. Bien souvent, les réservations sont faites à l’avance. Et certains débarquent avec des ustensiles de cuisine pour préparer à manger. Une manière de vivre tranquillement en couple, le temps d’un week-end. Comme les lieux sont bien fréquentés, les vendeurs à la sauvette ne se font pas prier pour venir proposer des objets. C’est ainsi que la clientèle des appartements attirent près de l’immeuble divers commerces comme de petits restaurants, des vendeurs de crédits téléphoniques, d’objets de décoration de chambre et, hivernage oblige, de parapluies et imperméables. VIOL COLLECTIF – L’éventail de la clientèle des appartements est très large. Il y a aussi des jeunes filles et garçons qui les louent pour des fêtes d’anniversaire ou pour célébrer la fin de la vie de célibataire. Alima Tounkara aime y fêter ses anniversaires. Pour la circonstance, cette benjamine de famille aisée dit louer l’appartement à 50.000 Fcfa pour une journée. «On peut faire plus de choses entre filles qu’en présence de la famille. En plus, un appartement quand c’est très joli et bien décoré, on y fait de belles photos. Et c’est pratique, toutes les provisions sont sur place. On n’est pas obligé d’aller ailleurs», précise la jeune fille d’une vingtaine d’années. À l’occasion de l’enterrement de sa vie de jeune fille, Aminata Touré a loué un appartement pour une journée à 35.000 Fcfa. « L’idée, dit-elle, était juste de trouver un endroit chic pour fêter avec ses amies avant la célébration de son mariage ». Les réseaux sociaux fourmillent d’offres de location d’appartements. Localisation, tarifs et autres services disponibles sont présentés aux clients potentiels. Le phénomène compte donc beaucoup de partisans mais, aussi, des adversaires comme Saliou Kalapo. Ce chef de famille fait partie des parents qui dénoncent la location des appartements par les jeunes pour des pratiques mondaines. D’abord pour des raisons de sécurité car un participant peut avoir de mauvaises intentions à l’égard d’un des membres du groupe. Le sexagénaire propose donc de réglementer la location de ces appartements de loisirs en réservant leur accès aux adultes. Les craintes de Saliou Kalapo ne sont pas sans fondement car ces festivités en cercle privé peuvent déraper. Une jeune fille a été violée, le 12 juillet dernier, lors de la célébration d’un anniversaire, dans un appartement. Il s’agissait de l’anniversaire du copain de la victime. Celle-ci avait été invitée par son petit ami à prendre part à cette fête nocturne dans un appartement loué à Baco-Djicoroni Golf, en Commune V de Bamako. Durant la soirée, la jeune fêtarde a été victime d’un viol collectif, abusée jusqu’au petit matin. Ce drame souligne la nécessité d’encadrer et de sécuriser une pratique locative qui gagne en ampleur. Le phénomène, aujourd’hui bon enfant, pourrait finir par échapper à tout contrôle et fournir une couverture à des activités prédatrices et criminelles. FC/MD (AMAP)
Koulikoro lance sa campagne régionale de reboisement
Koulikoro, 22 Aôut (Amap) Le parc animalier de Tienfala dans le cercle de koulikoro a abrité jeudi dernier le lancement de la campagne régionale de reboisement 2022, sous le thème « une seule terre, agissons ensemble », a constaté l’AMAP. Cette 28ème édition était présidé par le ministre de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable, Modibo Koné en présence du gouverneur de la région de koulikoro, Col Lamine Kapory Sanogo, de la directrice nationale des eaux et forets madame Kanouté Fatoumata Koné et plusieurs invités. L’objectif de cette journée rappelle – t- on est de restaurer des terres dégradées, lutter contre la désertification, d’embellir des agglomérations pour un meilleur cadre de vie, réaliser des divers types de plantation, conserver la diversité biologique entre autres. « Conscient des impacts négatifs que peuvent entrainer la détérioration des ressources biologiques sur le plan économique, social et culturel de notre region,nous,nous engageons à prendre toutes les mesures appropriées avec l’ensemble des acteurs afin d’inverser la tendance de la dégradation des ressources forestières et fauniques de notre circonscription en conformité avec la vision des plus hautes autorités du pays » a déclaré le ministre de l’environnement Modibo Koné. Le programme de cette année prévoit la production 998230 plants toutes espèces confondues et la plantation de 1121 hectares. Aussi a insisté le ministre, la présente cérémonie de lancement au delà de son caractère symbolique, sera une journée de plantation d’enrichissement de 08 hectares avec 200 plants de néré, 100 plants de caïlcédrat ,150 plants de baobab, 150 plants de balanzan et de gommier et 200 noix de rônier. Le ministre a exhorté les acteurs forestiers à intensifier les sensibilisations pour des reboisements sur des espaces sécurisés avec des essences forestières utilitaires autochtones afin d’augmenter nos formations forestières et de restaurer nos sols dégradés. Le ministre après avoir expliqué le choix du parc animalier de Tienfala a vivement remercié le parrainage du consortium AZHAR/AFAD pour sa contribution de 20 000 plants et de plantation d’enrichissement sur 35 hectares dans la forets classée de Tienfala. C’est de cela a conclu le ministre que la campagne de reboisement nous interpelle et nous invite à agir ensemble pour sauvegarder notre environnement mais aussi freiner le phénomène de la désertification. AM/AD/KM (AMAP)
Mali : Le colonel Abdoulaye Maïga désigné Premier ministre par intérim (décret)
Bamako, 22 août (AMAP) Le colonel Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, également porte-parole parole du gouvernement, est désigné pour assurer l’intérim du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga en « repos forcé » depuis le 13 août, selon une note de la Primature. Le décret présidentiel qui confirme cet intérim a été lu à la télévision nationale, dimanche soir, par le secrétaire général de la Présidence de la République, Mamadou Oulalé. Le décret présidentiel souligne que « le choix pourtant sur le colonel Abdoulaye Maïga s’est opéré en dérogation du décret N° 2021- 0476/ PT-RM du 26 juillet 2021, fixant les intérims des membres du gouvernement en République du Mali ». Selon les prescriptions de cet décret, l’intérim du Premier ministre « est assuré par les membres du gouvernement suivant leur ordre de nomination ». Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, n’est plus apparu en public depuis le 13 août après avoir été placé en « repos forcé » après 14 mois « de travail sans répit », selon ses services. AT/ND (AMAP)
Guinée : Bernard Goumou confirmé Premier ministre
Bamako, 21 août (AMAP) Le président de la Transition de la Guinée, le colonel Mamadi Doumbouya, a nommé, samedi, le Dr Bernard Goumou au poste de Premier ministre, annonce un décret publié dans la soirée. Le nouveau chef du gouvernement occupait jusque-là les fauteuils de Premier ministre intérimaire et de ministre du Commerce, de l’Industrie et des Petites et moyennes entreprises (PME). Le nouveau Premier ministre, âgé de 41 ans, est diplômé de l’École nationale de commerce et de gestion de Settat, au Royaume du Maroc. Il est également spécialisé en « Risk management ». Selon un média guinéen, son décret de nomination précise que le nouveau Premier ministre remplace Mohamed Béavogui, indisponible pour cause de maladie, depuis environ un mois. Ce dernier avait été nommé en octobre 2021, moins d’un mois, après l’arrivée de l’actuel président de la Transition guinéenne au pouvoir. MD/MD (AMAP)

