Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 07 décembre 2022
Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 07 décembre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, président de la Transition, Chef de l’Etat. A l’ouverture de la session, le Président de la Transition, Chef de l’Etat, a souhaité la bienvenue au Premier ministre, Chef du Gouvernement, Monsieur Choguel Kokalla MAIGA, pour la reprise de ses fonctions après quatre mois d’absence. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, a ensuite présenté au Premier ministre ses vœux de réussite et de succès dans la conduite de l’action gouvernementale tout en exhortant les membres du Gouvernement à plus de persévérance, d’abnégation, de solidarité, d’engagement et de loyauté en vue de l’atteinte des objectifs assignés à la Transition. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a salué et remercié le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation pour son engagement, sa loyauté et son esprit patriotique dans la conduite de l’action gouvernementale pendant la période intérimaire. Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, en retour, a remercié le Président de la Transition, Chef de l’Etat, les membres du Gouvernement et l’ensemble du peuple malien pour le soutien dont il a bénéficié pendant cette période de repos forcé. Le Chef du Gouvernement a remercié le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation pour la perspicacité et la loyauté avec laquelle il a dirigé le Gouvernement pendant son absence. Le ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Elevage et de la Pêche, en sa qualité de doyen d’âge, a rendu hommage au nom de l’ensemble des membres du Gouvernement, au Président de la Transition, Chef de l’Etat pour le soutien constant et l’accompagnement à l’endroit du Premier ministre, Chef du Gouvernement. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil des Ministres a : adopté un projet de texte ; procédé à des nominations ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant classement des juridictions. Le classement des juridictions a été défini dans la carte judiciaire aux premières années de l’indépendance avec la distinction entre tribunaux de première instance et justices de paix à compétence étendue. Il est resté figé malgré la création de nouvelles Cours d’appel, de tribunaux de première instance, de tribunaux de commerce, de tribunaux administratifs, de justice de paix à compétence étendue. La Loi n°2011-038 du 15 juillet 2011 portant création de juridictions a procédé à l’érection des tribunaux de première instance en tribunaux de grande instance et des justices de paix à compétence étendues en tribunaux d’instance. La création de nouvelles juridictions impose de fixer des critères vérifiables pour leur classement afin de mieux gérer la carrière des magistrats et de prévoir une évaluation périodique en vue de tenir compte de l’évolution du contentieux. Le projet de décret adopté classe les Cours d’appel, les tribunaux de grande instance, les tribunaux de commerce, les tribunaux du travail et les tribunaux administratifs en juridictions de 1ère et 2ème classe en fonction du volume d’affaires et institue une évaluation tous les cinq ans afin de procéder aux réajustements adéquats. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTÈRE DE LA DÉFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS Chargé de mission: Colonel Cheick Oumar N’DIAYE. AU TITRE DU MINISTÈRE DES TRANSPORTS ET DES INFRASTRUCTURES Conseillers techniques : Monsieur Lassana Abdou KEITA, Inspecteur des Finances ; Monsieur Malick KASSE, Ingénieur des Constructions Civiles. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a cependant appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.
Revue stratégique de la MINUSMA : Jean-Pierre Lacroix recueille les attentes du chef de l’État
Bamako, 07 dec (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu, mardi, au palais de Koulouba, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, en visite de travail au Mali, a constaté l’AMAP. Cette rencontre fait suite à une séance de travail entre le diplomate onusien et le gouvernement sur la préparation de la revue stratégique de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Une revue qui a été demandée par le Conseil de sécurité, a rappelé le chef des opérations de paix de l’Onu. Selon Jean-Pierre Lacroix, cette rencontre avec le chef de l’État a porté « sur la manière dont les Nations unies pourraient continuer à apporter leur soutien aux efforts des Maliens dans les domaines de la transition politique, de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, qui reste une préoccupation fondamentale. » Il s’agissait également de s’assurer que les recommandations que «nous allons devoir faire au Conseil de sécurité, qui décide du mandat de la MINUSMA, soient les plus en phase avec les attentes des Maliens et de leurs autorités», a déclaré le diplomate onusien. Il a confié que le colonel Assimi Goïta a exprimé ses attentes, notamment en ce qui concerne la sécurité. Jean-Pierre Lacroix a promis qu’ils vont travailler « dans la plus totale transparence dans les semaines à venir avec les autorités maliennes » afin d’avoir l’assurance que les autorités maliennes se reconnaitront dans les objectifs et les priorités qu’ils mettront en avant. Ensuite, « il appartiendra au Conseil de sécurité de décider », a fait savoir le chef des opérations de maintien de paix de l’Onu. Selon lui, il s’agit d’aider le Mali et de s’assurer que les États membres soient en mesure de soutenir leur travail. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali, chef de la MINUSMA, El-Ghassim Wane. BD/MD (AMAP)
Industrie textile au Mali : Un plan de relance de 6 milliards de Fcfa pour la COMATEX
Par Anne-Marie KÉITA Bamako, 07 dec (AMAP) «La Compagnie malienne des textiles (COMATEX) participe à la valorisation de la production nationale de coton fibre dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de développement industriel par la création de valeur ajoutée et des emplois». Ces propos ressortent du communiqué du Conseil des ministres du mercredi 23 novembre 2022, lors duquel le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, a informé le Conseil du plan de relance de la COMATEX. En effet, cette Compagnie est confrontée actuellement à des difficultés de divers ordres. Pour l’aider à sortir de cette mauvaise passe, le gouvernement a peaufiné un plan de relance qui nécessite un apport financier de l’Etat d’environ 6 milliards de Fcfa. Le Mali et son partenaire chinois ont signé, le 21 novembre 2022, un protocole d’accord pour l’installation de deux unités de filature de coton, soit trois jours avant l’adoption de ce plan de relance en Conseil des ministres du 23 novembre. Ces unités seront implantées à Bamako et à Koutiala. La réalisation de ce projet, confiée à la société chinoise «Qingdao», nécessite un investissement de 300 millions de dollars, soit environ 180 milliards de Fcfa. Dénommée Société malienne de filature (SOMAFIL), son capital est détenu à 85 % par l’Etat du Mali à travers la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) et à 15 % par le partenaire chinois. L’unité de Koutiala aura une capacité de 20.000 tonnes de coton fibre par an à transformer en filet. Et celle de Bamako va, annuellement, transformer environ 25.000 tonnes de coton fibre. Ces projets affichent clairement la volonté des autorités maliennes de mettre en chantier toutes les actions pouvant rendre à notre pays sa souveraineté économique et son indépendance financière. L’objectif est d’amener le taux de transformation du coton de 2% présentement à près de 10% et la valorisation du «Made in Mali ». La création des usines de la filature est l’une des dimensions des efforts consentis par les autorités de la Transition pour redonner au Mali sa 1ère place de producteur de coton dans la sous-région. «Ces unités de production vont permettre la reprise des activités de la COMATEX qui était en récession de moins de 1,2 % en 2020», a précisé le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, lors d’une interview sur les antennes de la télévision nationale. «On a mis des actions en œuvre et cela a contribué à ramener le Mali à une production record l’année dernière de 795.000 tonnes. La suite était de transformer ce coton ici chez nous et de capter les 30 % de la valeur ajoutée qui nous échappait», a déclaré le ministre. Faut-il le rappeler, c’est en septembre dernier que le président de la Transition, dans son discours à la nation, avait annoncé la reprise en main de beaucoup de sociétés. La relance de la COMATEX s’inscrit dans ce cadre. Cette Compagnie a cessé de produire depuis plus deux ans du fait de difficultés de trésorerie et d’approvisionnement en matières premières. Les équipements de production aussi sont obsolètes. RÉGRESSION – Ses travailleurs sont ainsi venus grossir les rangs des chômeurs. Beaucoup de familles vivaient directement ou indirectement des activités de cette usine. Les travailleurs, qui triment depuis des mois, sont les premiers à percevoir une lueur d’espoir avec cette décision de relance. Cependant, elle ne dissipe pas totalement les angoisses : «Avec ce plan de l’Etat, il est fort probable que la COMATEX soit de nouveau à l’arrêt dans quelques mois», prévient un syndicaliste de la Compagnie sous le couvert de l’anonymat. Et pour cause, soutient-il, « les 6 milliards de Fcfa annoncés sont insuffisants pour payer les arriérés des travailleurs et remettre en état les machines de l’usine. » «Après le paiement des arriérés, il ne restera plus que 4 milliards de Fcfa pour l’achat du matériel. Nous supposons donc qu’ils vont acheter quelques pièces de rechange. Or, à la COMATEX, tout est vétuste. La situation est telle qu’il faut carrément changer tout le matériel pour espérer voir la Compagnie retrouver son dynamisme d’antan». Le temps jugera de la pertinence des actions envisagées par l’Etat. D’ores et déjà, l’annonce de la relance est bien accueillie par les commerçants et les consommateurs des produits textiles, comme au Grand marché de Bamako, où les vendeurs de tissus COMATEX sont impatients. «La fermeture de cette usine nous a fait assister à une régression du consommer malien. Les commerçants, sans d’autres choix, faisaient confectionner ou importaient de la sous-région les pagnes censés être faits par cette usine. A titre d’exemple, ces dernières années, on a assisté à l’importation de toutes sortes de pagnes des festivités du 08 mars», déplore Hamidou Diallo. Pour ce commerçant, cette situation est due au fait que la COMATEX ne produit plus de pagne. «Importer les pagnes n’honore ni les commerçants ni les consommateurs», se désole ce propriétaire d’une grande boutique de pagnes importés au Grand marché de Bamako. Et d’assurer que le Malien, de nature, aime le ‘Made in Mali’. «Tous les jours, les gens viennent nous réclamer les pagnes Comatex», nous dit un autre commerçant, Souleymane Coulibaly. « En fabriquant ces tissus chez nous, ce sont les Maliens qui gagnent, car tout le monde y trouve son compte d’une manière ou d’une autre. Le pays y gagne également », soutient-il. Ne comprenant pas pourquoi la COMATEX a arrêté sa production, Mme Koné Aïchata Koné dit que cette situation ne devrait pas arriver et que les autorités devraient tout mettre en œuvre pour régler ce problème. L’arrêt de cette usine a fait grossir les rangs des chômeurs. En effet, selon Moussa Kouyaté, ancien vendeur de pagne COMATEX, cette usine a créé tellement d’emplois directs et indirects qu’il est inconcevable qu’elle ne puisse pas fonctionner. «Imaginez, de la production jusqu’à la commercialisation, la COMATEX nourrit des milliers de familles», fait-il savoir. Selon le ministre de l’Économie et des Finances, 4 millions de personnes vivent directement de la filière coton. Les usines de filature qui seront installées à Bamako
Batasso, près de Bafoulabé : L’école sous la paillotte
Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 06 dec (AMAP) N’allez pas parler aux populations du village de Karamokobougou et celles de leur hameau de culture, Batasso, du concept : « Un Village, Une Ecole », lancé au début de la dernière décennie par l’ancien président malien, Alpha Oumar Konaré. Pourquoi ? L’application de cette formule soulève, ici, des problèmes épineux qui compromettent l’éducation des enfants. Comme c’est malheureusement et généralement le cas à Bafoulabé, dans la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali. Les populations ne cessent de faire le plaidoyer pour la construction d’une école moderne. A Batasso, situé à 1km de Bafouabé, les élèves étudient sous des paillottes faites de tiges de céréales. Cette école qui appartient au village de Karamokobougou, a été construite en 2001 pour promouvoir l’éducation dans les campagnes. Elle compte un effectif de 79 élèves aujourd’hui. D’après l’administration scolaire, le mode de recrutement est biennal. A défaut d’avoir de bons locaux répondant aux normes admises, les mouflets se contentent de de bivouac. Qui les expose au soleil. Or, le reflet des rayons solaires sur le cahier affecte beaucoup la vision des écoliers. Outre ces problèmes, le maître est souvent obligé d’interrompre pour chasser les serpents de la salle de classe. Le hic, c’est que les villageois sont contraints de refaire ces paillotes, à chaque rentrée scolaire et après les récoltes. D’où le retard dans le démarrage des cours dans cette localité de la 1ère région administrative du Mali. En effet, l’entretien de l’établissement scolaire de fortune est un problème crucial dans la commune de Bafoulabé qui englobe ces deux localités. L’unique école de Karamokobougou qui a été construite sur le site de Batasso risque de disparaître si la mairie et les populations ne prennent pas des dispositions pour construire une nouvelle école en dur. De sa création en 2001 à nos jours, la rentrée scolaire n’a jamais été effective dans cette localité du cercle de Bafoulabé. « Ici, les populations attendent la récolte du mil afin d’avoir des tiges pour la confection de nouveaux hangars afin que l’école rouvre ses portes pour la nouvelle année scolaire. Une situation qui pénalise les apprenants et place l’administration scolaire dans l’angoisse car dans ces conditions, il sera très difficile pour les maîtres d’épuiser leur programme, après deux à trois mois de retard », affirme Makan Coulibaly, directeur de cette école. Bakary Sacko, élève en 6ème Année, déplore le fait que le Comité de gestion scolaire (CGS) soit obligé de confectionner, chaque année, des hangars afin que les élèves puissent étudier. Il se plaint de l’état des classes « pas rassurant » puisque celles-ci n’offrent aucune commodité à ses occupants qui se contentent des rayons du soleil comme source d’éclairage. « Je ne peux même pas bien voir les écritures au tableau quand le soleil apparait. Les rayons entrent à travers le toit. Leur reflet sur les cahiers affecte nos yeux. En classe, on ne fait pas une semaine sans chasser un serpent. Après les récoltes, les animaux domestiques sont laissés à eux- mêmes. Ils viennent brouter les herbes ou les pailles servant d’enclos pour nos classes », se lamente l’écolier. En effet, l’école de Karamokobougou, à Batasso, constitue un abris pour les animaux en divagation. Des bêtes qui n’épargnent rien sur leur passage : elles détruisent par endroit les salles de classe de fortune. Ces classes servent aussi de cache pour les serpents. Face à cette situation alarmante et inquiétante, les enfants, tout comme leurs parents et proches, ne peuvent que lancer des cris du coeur, en vue d’inciter les autorités locales à agir pour le bien-être des enfants qui sont les futurs cadres de demain. Ce hameau est habité par des gens venus de Karamokobougou, dont les fondateurs viennent du Wassoulou. A Batasso, les gens s’adonnent principalement à l’agriculture. Au fil du temps, le hameau est devenu prospère, ravissant du coup la vedette à son village affilié, Karamokobougou, qu’il a tendance à l’absorber. De nos jours, on a l’impression que ces deux localités forment un même village. Surtout que Batasso compte 399 habitants. Karamokobougou, petite localité Ouassoulounké, est peuplé de 100 habitants essentiellement composés de Malinkés et de Khassonkés, d’après le Récencement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2009. Un nombre jugé insuffisant pour la construction d’une école dans le village dont les enfants parcourent 1 km tous les jours pour se rendre à l’école située au hameau (Batasso). « Pour construire 3 salles de classes et une direction, il faut réunir beaucoup de millions. Ce qui n’est pas à notre portée », confie Hawa Damba, présidente du CGS. « Pour le moment, les démarches auprès des fils du village et de la mairie restent vaines », regrette Djibril Touré, conseiller villageois. « Depuis 22 ans, jour pour jour, nous nous couchons et réveillons avec le souci d’acquérir de nouvelles salles de classe. Nous cherchons des bonnes volontés pour nous soulager», confie la présidente du C.G.S. A la demande du maire, Kandé Doucouré, la population a déposé une demande pour la construction de 3 salles de classes en 2015. Cette demande a été actualisée en 2019. Sans succès ! Au même moment, une demande similaire a été adressée aux ressortissants du village. La réponse a toujours été : « Nous vous chercherons des bonnes volontés ». BM/MD (AMAP)
Mali-ONU : Discussions pour rendre la MINUSMA plus efficace
Bamako, 06 nov (AMAP) Le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de paix, Jean Pierre Lacroix, qui effectue une visite de travail de deux jours au Mali, a eu, lundi, au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, une séance de travail avec la partie gouvernementale conduite par le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop Le sejour de Jean Pierre Lacroix rentre dans le cadre de la préparation du rapport du secrétaire général des Nations unies concernant la revue stratégique de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) demandée par le Conseil de sécurité Au terme de la rencontre de deux heures, le chef des opérations de paix de l’ONU a indiqué qu’il s’agit de s’assurer d’une synergie, une convergence entre les autorités maliennes et les Nations unies « afin que le moment venu, les recommandations au niveau du Conseil de sécurité soient en phase avec les objectifs des autorités maliennes. » Lacroix a dit avoir entendu une présentation du ministre Diop sur ses objectifs et priorités recouvrant largement ce que les Nations unies pensent être les siennes. «Ce qui est inscrit aujourd’hui dans le mandat de la MINUSMA est très encourageant. Je pense que nous allons continuer ensemble ce travail de manière à aboutir aux meilleurs résultats possibles», a-t-il déclaré. Pour le secrétaire général adjoint de l’ONU, les deux parties ont besoin de marcher sur deux jambes. « La première jambe, a-t-il expliqué, concerne l’appui, la bonne coordination et synergie avec le Mali. Et la deuxième jambe constitue le soutien des États membres qui décident de l’avenir de la MINUSMA, notamment les membres du Conseil de sécurité, les États contributeurs financiers, les États contributeurs de troupes. » «Il faut que nous travaillions ensemble pour que les deux jambes soient fortes, musclées et opérationnelles. C’est le sens de notre discussion d’aujourd’hui qui a été très productive », a déclaré Jean Pierre Lacroix qui a salué l’ouverture de la partie malienne. COORDINATION – Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a tenu à rappeler que les Nations unies sont présentes au Mali pour pouvoir accompagner l’État à restaurer son autorité sur l’ensemble du territoire. Et d’y améliorer la sécurité, les conditions de vie de la population. «Dans ce cadre, comme le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, l’a indiqué, il est important que le travail de la MINUSMA soit bien aussi coordonné en complémentarité des efforts du gouvernement lequel n’est pas dans une position de spectateur », a fait savoir Abdoulaye Diop. Il a mis l’accent sur les efforts importants faits par l’État malien en termes de sécurisation avec des résultats sur le terrain. « Toutefois, cela ne veut pas dire que nous n’avons pas besoin d’être accompagnés ici et là. Nous avons juste indiqué que nous avons une ambition, une vision pour notre pays», a-t-il précisé. Le ministre Diop est revenu sur les trois principes qui guide « notre action avec l’ensemble des partenaires, à savoir le respect de la souveraineté de notre pays, le respect des choix stratégiques et des partenaires du Mali et la prise en compte des intérêts vitaux des Maliens. » «Si ces points sont pris en compte dans le cadre de l’échéance, cela nous permettra de pouvoir évoluer avec les Nations unies», a-t-il insisté. Et d’ajouter qu’autant le gouvernement et les Nations unies ont une responsabilité particulière et une plus haute priorité : la sécurité. « Car, la sécurité des populations qui constitue la préoccupation essentielle et cette coopération avec les Nations unies ne sera jugée qu’à l’aune de l’efficacité ou en tout cas de l’amélioration que les deux parties peuvent apporter à la sécurité des Maliens. » Le chef de la diplomatie malienne a énuméré d’autres priorités autour du processus politique, de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix, de la question des infrastructures, de la contribution du développement économique du pays, des droits de l’Homme. Mais aucune de ces priorités ne peut être envisagée en dehors d’un cadre de sécurité. «La sécurité demeure la priorité numéro un pour laquelle nous sommes engagés», a souligné le ministre Diop qui a, toutefois, reconnu qu’il y a une convergence dans la vision en espérant que les discussions permettront au Conseil de sécurité, dans le futur immédiat, de prendre des mesures idoines rendant la MINUSMA plus efficace. OD/MD (AMAP)
OMVS : La centrale hydroélectrique de Gouina officiellement mise en service
Bamako, 06 nov (AMAP) Les quatre chefs de gouvernement du Mali, le colonel Abdoulaye Maïga, de la Guinée, Bernard Goumou, de la Mauritanie, Mohamed Bilal Messaoud, et du Sénégal, Amadou Ba, ont inauguré, samedi, le barrage hydroélectrique de Gouina, dans la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali. La mise en service du complexe de Gouina est un « moment fort dans la vie de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal OMVS », selon le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga. Il a souligné qu’avec cette réalisation, l’Organisation « vient d’aménager près de la moitié de ses sites de barrages hydroélectriques. Et cet ouvrage est considéré comme un maillon de ce qu’on appelle les ouvrages de seconde génération. » L’ ouvrage est une réalisation de l’OMVS qui regroupe les quatre pays. Il se dresse aux environs immédiats des chutes naturelles de Gouina, situées dans la Commune de Diamou (Kayes) et à 53 km en aval de la confluence Bafing-Bakoye, à Bafoulabé. Sa capacité installée est de 140 mégawatts (MW). La centrale utilise les sorties du barrage de Manantali en amont. Un déversoir de 1,230 m de long construit juste au-dessus de la cascade dirige l’eau dans un canal qui alimentera la centrale. L’ouvrage comprend, également, une ligne de transport 225 kv de 60 km pour le transport de l’énergie produite. Cette gigantesque infrastructure a coûté environ 284 milliards de Fcfa dont 248 financés grâce à un prêt contracté solidairement par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal auprès de la banque chinoise de promotion des exportations, Eximbank de Chine. C’est également un groupe chinois, en l’occurrence Sinohydro, qui a exécuté les travaux en 5 ans. Sa production associée à celle de la centrale de Félou augmentera la capacité de production de Manantali de 200 à 340 MW. Pour faire transiter l’énergie de Gouina, l’OMVS a mis en place un projet dénommé Manatali II. Il vise à augmenter la capacité de transit de l’énergie, favoriser les échanges d’énergie dans le cadre du marché d’énergie sous-régionale et renfoncer les capacités de la SOGEM. Le colonel Abdoulaye Maïga a encouragé les instances de l’organisation sous regionale à diligenter les travaux de ce projet, avant de rendre un « vibrant hommage » aux populations, sans lesquelles le barrage de Gouina n’aurait pas vu le jour. Il a magnifié leur sens du patriotisme pour avoir accepté de céder leurs terroirs. Le projet a, en effet, nécessité le relogement de 104 ménages en juin 2018. Le maire de Diamou, Habib Diakité, a confirmé que les ménages affectés ont été tous relogés. Auparavant, le président du Conseil des ministres de l’OMVS, le sénégalais Serigne Mbaye Thiam, a soutenu que l’Organisation est surtout une « communauté de volonté et d’aspirations pour une conservation qualitative de la vie de nos populations ». Au nom de ces homologues, il a exprimé sa reconnaissance à la nation malienne dont le « peuple accorde sa légendaire « djatiguiya » aux ouvrages de Manantali, de Félou et de Gouina ». Le complexe hydroélectrique de Gouina est le quatrième ouvrage réalisé par l’OMVS depuis sa création en 1972, après le barrage hydro-électrique Manantali au Mali, le barrage anti-sel de Diama au Sénégal, et la centrale hydro-électrique de Félou. Ces ouvrages assurent une maitrise partielle du fleuve et donc une disponibilité permanente de l’eau qui permet de satisfaire notamment les besoins énergétiques, la fourniture d’eau potable et l’agriculture irriguée, transport. Le colonel Abdoulaye Maiga a effectué le voyage en compagnie de quatre membres de son gouvernement dont celui en charge de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. ID/MD (AMAP)
Le Premier ministre du Mali Choguel Kokalla Maïga a repris service lundi
Bamako, 05 nov (AMAP) Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga a repris service lundi à la Primature, a appris l’AMAP sur le compte Tweeter du chef du gouvernement. « J’ai commencé mes activités par une série de rencontres avec, notamment, le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le secrétaire général du gouvernement et le cabinet de la Primature », a déclaré Dr Choguel Kokalla Maïga sur Tweeter. Cette reprise, attendue depuis une semaine, intervient suite à l’abrogation par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, du décret portant désignation du colonel Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, en qualité de Premier ministre par intérim. Le décret présidentiel abrogeant cet intérim a été lu, dimanche soir, à la télévision nationale par le secrétaire général de la Présidence de la République, Mamadou Oulalé. Par la même occasion, ce décret élève le colonel Abdoulaye Maïga du titre de ministre d’État tout en maintenant ses anciennes attributions dans le gouvernement. Le Porte-parole du gouvernement est également désigné, par le même décret présidentiel, comme intérimaire du Premier ministre « en cas d’absence ou d’empêchement ou de vacances. » Cette abrogation du décret qui instituait l’intérim du Premier ministre intervient quelques jours après la rencontre du chef du gouvernement, Dr Choguel Kokalla Maïga avec le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta au Palais de Koulouba. A l’issue de cette audience le Premier ministre avait indiqué à la presse qu’il était apte à reprendre le service sous l’autorité du président de la Transition. AT/MD (AMAP)
Lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite : Le Mali et le Burkina font front commun
Bamako, 01 déc (AMAP) L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) et l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) du Burkina Faso ont signé, mardi, à Bamako, un protocole de coopération et de collaboration, a constaté l’AMAP. Par ce document, l’OCLEI et l’ASCE-LC « s’engagent à échanger les informations et les pratiques », « et développeront ensemble des outils et réaliseront des actions communes de sensibilisation, d’études et d’enquêtes. » Lors de cette cérémonie dans les locaux de l’OCLEI, la délégation burkinabè était conduite par le Contrôleur général d’État, Nion Philippe Néri Kounthon. Les premiers responsables des deux structures ont exprimé leur volonté de s’organiser pour pleinement donner corps à ce protocole signé au nom de leurs États respectifs. Pour le président de l’OCLEI, Dr Moumouni Guindo, « la corruption est un phénomène transfrontalier et, par conséquent, les moyens, outils, stratégies et approches doivent être transfrontaliers. » Dr Guindo a souligné que la structure qu’il dirige a déjà signé six protocoles d’accord du même genre avec les entités internationales. Des démarches sont en cours pour sceller des accords avec tous les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les Emirats arabes unis et l’Égypte. Pour sa part, le Contrôleur général d’État du Burkina Faso a estimé que « cette signature de convention est le symbole de la bonne synergie qui existe entre les deux pays frères. » «Nous sommes venus apprendre et partager. Cette convention va permettre de mutualiser nos moyens de lutte», a déclaré Nion Philippe Néri Kounthon. Pour lui, la corruption est une infraction transnationale, lorsque les produits qui en sont issus sont externalisés. Ainsi, a-t-il dit, il faut «se donner les moyens de passer outre les frontières terrestres pour aller les appréhender là où ils sont localisés. » Selon le Contrôleur général d’État du Burkina Faso, la convention permettra d’aller outre les frontières « pour identifier les avoirs compromis, qui seront ensuite saisis, recouvrés et retournés aux populations qui ont été privées momentanément de ces ressources. » BBC/MD (AMAP)
Élections prochaines au Mali : La HAC appelle la presse au professionnalisme
Bamako, 01 déc (AMAP) La Haute autorité de la communication (HAC) a initié, mercredi, à son siège, une rencontre avec la Maison de la presse et autres faîtières des médias pour susciter une synergie d’action en vue d’assurer la couverture médiatique des prochaines consultations électorales, a constaté l’AMAP. À l’issue des échanges, les Termes de référence (TDR) ont été adoptés par les participants. Ils ont également rédigé une résolution qui a été adoptée à l’unanimité. Par cette démarche, l’instance de régulation dont le président, Fodié Touré Fodié Touré, a dirigé la rencontre, en présence du président de la Maison de la presse, Bandiougou Danté, entendait rappeler aux faitières des médias leur rôle. Il s’agit de faire que les faitières des médias « puissent assurer leurs missions, conformément aux exigences du moment et s’acquitter de leurs fonctions sans contrevenir aux lois et règlementations en vigueur dans le domaine médiatique. » Les TDR mettent l’accent sur l’importance de créer les conditions d’une bonne préparation des médias maliens à une couverture professionnelle et responsable des prochaines élections. Le document souligne, également, que les médias maliens doivent s’investir pleinement dans la prévention des conflits électoraux et contribuer à l’apaisement du climat politique et social. Les participants ont demandé à la HAC d’élaborer un plan d’actions pour la régulation des médias en période électorale. Ils ont souhaité que ce plan (une fois validé) soit adressé, dans les meilleurs délais, aux autorités. Une résolution a été également adoptée à l’unanimité. Le président de la Maison de la presse s’est dit satisfait de l’adoption à l’unanimité de cette résolution. Selon Bandiougou Danté, les médias et la HAC ont un rôle important à jouer dans le processus électoral. « Donc, nous allons essayer de nous mettre ensemble pour élaborer des stratégies permettant aux médias de couvrir avec indépendance et professionnalisme les périodes électorales qui sont sensibles», a-t-il promis. Et d’ajouter que cette résolution répond « véritablement aux attentes des médias puisqu’il s’agit de faire en sorte que les médias aient accès à l’information et bénéficier d’un appui conséquent de la part des pouvoirs publics. » Le président de la Maison de la presse a invité ses confrères « au professionnalisme et à faire le travail conformément aux règles d’éthique et de déontologie. » Pour sa part, le président de la HAC a indiqué que l’adoption de cette résolution vise à anticiper sur la période cruciale des élections générales au Mali. Cette période, qui avant, pendant et après peut aboutir à des crises. Fodié Touré a estimé que cette rencontre permettra de capitaliser ce qui a été bien fait et de corriger les insuffisances. «Je n’ai aucun doute que ces résolutions vont être traduites dans un plan d’actions qui va être rédigé dans les semaines à venir et soumis aux autorités pour les mesures d’accompagnement qui doivent être prises», a-t-il dit. Le président de la HAC s’est dit convaincu que ces résolutions permettront un encadrement des médias qui vont couvrir ces élections. «Il y a des points sur lesquels il faut être très prudent, des compétences qu’il faut sécuriser et savoir s’en tenir à ce que la loi nous autorise de faire. Chaque fois qu’on reste dans le cadre de la loi, tout devient facile mais une fois qu’on s’en écarte, même les choses les plus simples deviennent compliqués», a-t-il déclaré. AG/MD (AMAP)
Production agricole : Les femmes rurales bousculent les traditions
Par Anne-Marie Kéita Bamako, 01 déc (AMAP) Au Mali où la terre appartient globalement aux hommes, il était rare de voir les femmes pratiquer la riziculture. Depuis plus d’une décennie maintenant, les femmes bousculent les traditions, aidées en cela par les organisations de défense de leurs droits. En plus des travaux ménagers, elles font la riziculture et sont fortement impliquées dans les semis, l’entretien des parcelles et la récolte. Sélingué est à 178 km de Bamako, la capitale malienne. Dans ce village connu pour son barrage hydroélectrique, plusieurs ethnies cohabitent : malinkés, peuls, Bamanans, Dogons… Le commerce et l’agriculture sont les principales activités exercées dans cette zone. Ces activités sont aussi bien pratiquées par les hommes que par les femmes. Ces dernières représentent une large part de la main-d’œuvre agricole, formelle et informelle, et contribuent de manière significative à la sécurité alimentaire et au renforcement de la résilience face aux changements climatiques. Dans cette zone, la riziculture, demeurée longtemps l’apanage des hommes, a été complètement récupérée par les femmes. Cette inversion de la tendance dans la culture du riz a été favorisée par certains facteurs, notamment l’installation de l’Office du développement rural de Sélingué (ODRS), mais aussi des organisations et projets non étatiques. MAITRISE DE L’EAU – Un périmètre irrigué aménagé avec maitrise totale de l’eau et placé sous la responsabilité de l’ODRS, a largement contribué à l’intégration des femmes dans la riziculture. Elles occupent aujourd’hui l’essentiel des surfaces aménagées dans ce périmètre, où nous avons rencontré Djélika Keïta dans son champ de riz. Cette «nyéléni» (brave femme), une daba suspendue à l’épaule, confie avoir commencé à cultiver le riz bien avant l’aménagement du périmètre. Du haut de ses 60 ans, elle conduit toutes les opérations techniques jusqu’à la phase de croissance des plants. Cela, avec l’accompagnement des techniciens spécialisés en aménagement et en production végétale. «L’ODRS nous donne les intrants et tout le nécessaire pour nous aider. A la fin de la récolte, nous remboursons les frais», explique-t-elle. La paysane a acquis une parcelle de 0,25 hectare au périmètre irrigué de Sélingué sur laquelle, elle cultive le riz «NénéKala», une variété qui résiste au froid. De la préparation du champ jusqu’à la récolte, aidée souvent par ses enfants, elle mène la grande partie des travaux. «Aujourd’hui, je n’ai plus assez de force, car c’est un travail qui demande beaucoup d’énergie», avoue la sexagénaire. La culture du riz commence fin juin et se termine à la mi-décembre. « Les travaux débutent par le semis, puis viennent le désherbage, l’entretien et la récolte », détaille Mme Sanogo Mah Sanogo. Elle fait son champ de riz en fonction de sa disponibilité, car elle doit aussi assurer les tâches ménagères. Son agenda familial surbooké impacte sur son rendement agricole. Les nouvelles technologies, y compris «RiceAdvice» (un outil d’aide à la décision permettant aux agriculteurs d’a ccroitre leurs productivités), ont beaucoup facilité aux femmes la culture du riz à Sélingué. Mme Sanogo confirme l’utilité de cet outil qui lui a permis de choisir la variété «Arica 3» résistante à l’eau, à la sècheresse et aux infestations. Notre rizicultrice espère sur un bon rendement avec au moins 20 sacs de riz cette année. Mais, elle déplore l’insuffisance de la main-d’œuvre agricole, une situation due au fait que «beaucoup de jeunes migrent vers les sites d’orpaillage». DÉPENSES FAMILIALES – «En s’appropriant les nouvelles techniques culturales, nos rendements de riz se sont nettement améliorés», atteste Fatoumata Bayo, une des agricultrices qui travaillent dans le périmètre irrigué de Sélingué. Il a fallu du temps pour qu’elle réussisse à vaincre les pesanteurs socioculturelles et se lancer dans la riziculture. «A cause de nos coutumes, j’avais peur de pratiquer l’agriculture», dit-elle. Rokiatou Diarra, mère de 4 enfants, arrive à bien concilier travaux champêtres et ménagers. Puisqu’elle ne peut compter sur sa progéniture (tous jeunes), la brave dame s’occupe seule de l’entretien de son champ rizicole. C’est en 2015 qu’elle a commencé à s’intéresser à l’agriculture, particulièrement à la riziculture. Aujourd’hui, elle tire un gain substantiel de la vente du riz. «Avec le soutien des organisations (gouvernementales et non gouvernementales), j’ai pu produire un hectare de riz cette année», explique avec fierté Rokiatou Diarra. Elle reste consciente que la riziculture demande de la persévérance. Les revenus tirés de la riziculture couvrent une bonne partie des dépenses familiales. En effet, les femmes utilisent leurs gains pour subvenir aux besoins en alimentation et faire face à la scolarité des enfants, aux dépenses de santé, entre autres. Ainsi, la riziculture permet aux femmes rurales d’avoir une autonomie financière et de ne pas dépendre de leurs conjoints sur ce plan. Ces revenus sont aussi essentiels dans le développement de la famille. Aux dires de Djélika Kéita, c’est grâce à sa production rizicole qu’elle arrive à gérer la période de soudure. «Depuis que je me suis investie dans la riziculture, nos conditions se sont améliorées, car on produit mieux et on mange bien. J’y mets tout mon cœur», déclare Maïmouna Samaké, rizicultrice à Maninkoura, un village situé à 45 kilomètre de Sélingué. Et, aujourd’hui, avec un bon rendement, elle a pu aider son mari à construire une maison. Egalement, les «revenus de la production du riz m’ont servi à lancer d’autres projets comme l’élevage», a-t-elle conclu. AMK/MD (AMAP)

