Mali-Mètre 2022 : La majorité des Maliens satisfaite de la gestion de la Transition (Enquête de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung)

Bamako, 20 mai (AMAP) Quelque 84% des Maliens trouvent que la situation générale du pays s’est améliorée au cours des douze derniers mois, selon les résultats de la 13è enquête d’opinion intitulée ‘Mali Mètre’ de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung rendus publics, jeudi,  à Bamako.  Durant la même période, 8% des personnes sondées estiment que la situation du Mali s’est plutôt détériorée. Le même nombre de Maliens pense que la situation est restée au même niveau, indiquent ces résultats. L’enquête a été menée auprès de 2.344 personnes âgées de 18 ans ou plus dont 50% de femmes. Cette enquête d’opinion politique est menée au Mali depuis fin 2012. Elle a recueilli les opinions des Maliens sur différentes questions marquantes de l’actualité ou décisives pour le présent et le futur du pays. Selon Christian Klatt, qui a présenté les conclusions du sondage, la proportion de personnes estimant que la situation générale du pays s’est améliorée a augmenté de 50% par rapport à 2021 et de 58% en comparaison à 2017. Toutefois, a-t-il précisé, elle est de 20% en deçà des statistiques se situant entre 2019 et 2021. Outre l’évolution de la situation générale du pays, le sondage d’opinion a interrogé les défis auxquels le Mali est confronté actuellement. En la matière, 76% des sondés se sont dit préoccupés par la lutte contre l’insécurité. Si la lutte contre l’insécurité alimentaire inquiète 48% des songés, celle contre le chômage des jeunes est un défi majeur pour 41% de personnes interrogées. La lutte contre la pauvreté focalise l’attention de 40% d’entre eux.  Ces préoccupations restent presque les mêmes que celles soulevées lors des cinq dernières années, a noté le présentateur du rapport d’enquête. Les principaux défis et priorités du Mali évoquées à l’occasion étaient entre autres, la lutte contre l’insécurité, le chômage des jeunes, la lutte contre l’insécurité alimentaire, la pauvreté ainsi que l’amélioration du système éducatif. Concernant la gestion de la Transition, a exposé Christian Klatt, plus de neuf personnes sur dix sont satisfaites, dont 67% très satisfaits et 28% plutôt satisfaits de la gestion de la Transition. Parmi les autorités de la Transition, le président de la Transition est la personnalité en qui les personnes enquêtées ont le plus confiance avec un taux de 72%. Par rapport aux partenaires internationaux, les principales attentes des Maliens sont : la lutte contre l’insécurité (75%), la lutte contre l’insécurité alimentaire (42%), la lutte contre le chômage des jeunes (39%) et la lutte contre la pauvreté (36%). Plus de la moitié des enquêtés estiment que les conflits inter et intracommunautaires sont inexistants, note le document. L’enquête s’est également intéressée aux principales sources d’information des Maliens sur l’actualité. À ce niveau, Il a été constaté que 38% des Maliens s’informent à travers la radio, 27% par la télévision, 11% sur Facebook, 8% sur les sites internet et 8% par le bouche à oreille. Cette enquête a été menée auprès de 2.344 personnes âgées de 18 ans ou plus se trouvant dans les capitales régionales et le District de Bamako du 13 mars au 4 avril 2022. La taille de l’échantillon a été fixée suivant la formule d’estimation d’une proportion. Sa taille finale a tenu compte de deux autres aspects : ajustement des régions à faible poids et anticipation de la non réponse.  Le tirage de l’échantillon a été fait de sorte à assurer la représentativité de la population vis-à-vis de sa structure démographique. Comme technique de collecte, les enquêteurs ont utilisé la méthode des quotas avec des catégories comme le sexe, l’âge et le niveau d’instruction. Le plan d’échantillonnage adopté garantit une représentativité égalitaire entre les deux sexes (50% de l’échantillon enquêté sont des femmes). FC/MD (AMAP)    

Abdoulaye Diop devant les ambassadeurs africains à Moscou : « Le Mali reste dans la dynamique des négociations avec la CEDEAO»

Envoyé spécial B. TOURE Moscou, 20 mai (AMAP) « Le Mali reste dans la dynamique des négociations avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a déclaré, jeudi, à Moscou le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Le chef de la diplomatie malienne, à la tête d’une délégation ministérielle qui séjourne dans la capitale russe, a rencontré, en fin d’après-midi à l’ambassade du Mali, le groupe des ambassadeurs africains en poste à Moscou. Ce séjour, entamé mercredi avec pour objectif d’explorer les voies et moyens d’établir un pont économique et commercial entre le Mali et la Russie. Devant les diplomates africains en Russie, M. Diop a expliqué le point de vue du Mali sur la crise que le pays traverse, notamment la controverse entre le Mali et la CEDEAO, qui dure depuis de longs mois. « Le Mali subit les sanctions qu’il juge illégales de la part de l’organisation communautaire à cause d’une divergence de lecture de la crise », a estimé Abdoulaye Diop pour qui l’analyse de la CEDEAO était trop centrée sur l’organisation des élections. « Tandis que pour les Maliens, la profondeur de la crise oblige à mener des réformes politiques et institutionnelles avant d’appeler les citoyens aux urnes », a argumente M. Diop. Selon lui, Il y a une juxtaposition de crises (politique, sécuritaire et de gouvernance) qui rend la situation très complexe au Mali. Cependant, le chef de la diplomatie malienne s’est réjouit de la récente évolution positive augurant qu’un accord est dans l’ordre du possible dans un bref délai. « Les partenaires adhèrent à l’idée des reformes et les positions se sont rapprochées », a apprécié Abdoulaye Diop, tout en assurant que le Mali reste dans la dynamique des négociations. Il a, également précisé que son pays n’a pas désigné un nouveau  médiateur en sollicitant l’appui du président togolais, Faure Gnassingbé.« Goodluck Jonathan  reste le médiateur désigné par la Conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO », a-t-il dit.  Auparavant, le chef de la diplomatie malienne a précisé que sa visite dans la capitale de la Fédération de Russie. avait pour objectif d’établir un pont économique entre Bamako et Moscou. « Il s’agit, a-t-il expliqué, de porter les échanges commerciaux au niveau des relations dans le domaine militaire. « La délégation malienne est présente à Moscou pour explorer  les voies et moyens d’un approvisionnement correct du Mali en biens de consommation », a-t-il repeté. Abdoulaye Diop a, aussi, évoqué d’autres sujets comme le départ de Barkhane du Mali, la  dénonciation des accords de défense avec la France, le retrait du G5 Sahel. Sur ce dernier dossier, il a précisé que le Mali tient à conserver des relations bilatérales cordiales avec tous les pays membres de l’organisation sahélienne dont il vient de claquer la porte. « Nous avons été amenés à prendre cette décision pour protester contre l’injustice consistant à empêcher le Mali de bénéficier de son droit à exercer la présidence tournante du G5 Sahel », a-t-il précisé, tout en déplorant le fait que cette situation était due principalement aux manœuvres d’une puissance extra-continentale pour isoler le Mali sur la scène internationale.  Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, ce qui vaut au  Mali, l’hostilité non dissimulée de certains pays est pourtant le minimum qu’un pays puisse demander dans ses relations avec ses partenaires : la souveraineté dans les choix stratégiques, le respect mutuel, la coopération gagnant-gagnant. Les ambassadeurs présents à la rencontre ont, tour à tour, pris la parole pour exprimer leur solidarité avec le peuple malien et assuré que l’accompagnement de leurs pays respectifs ne fera pas défaut. Tout en soulignant le droit du Mali de choisir ses partenaires, les uns et les autres ont insisté sur la nécessité pour les pays africains d’unir leurs forces pour défendre leurs intérêts et affirmer leur dignité. BT/MD (AMAP)

Visite d’une délégation ministérielle malienne à Moscou : Dans la dynamique du développement des échanges commerciaux 

Envoyé spécial B. TOURE Moscou, 20 mai (AMAP) La journée de jeudi de la visite de la délégation ministérielle malienne à Moscou a été marquée par la rencontre avec Maxime Markovitch, directeur du département de la coopération internationale et du développement de l’exportation des produits du Complexe agronomique auprès du ministère russe de l’Agriculture, pour des échanges qui ont porté, notamment, sur les possibilités d’approvisionnement du Mali en blé. Avec M. Markovitch, entouré de ses collaborateurs, la délégation malienne de quatre membres du gouvernement, a eu des échanges sur les possibilités d’approvisionnement du Mali en blé. Les ministres Abdoulaye Diop (Affaires étrangères et Coopération internationale), Alousséni Sanou (Économie et Finances), Mme Dembélé Madina Sissoko (Transports et Infrastructures) et Lamine Seydou Traoré (Mines, Énergie et Eau) ont exprimé la volonté du Mali de développer les échanges commerciaux avec la Russie. À l’image de l’acquisition de matériels dans le domaine militaire, d’autres biens de consommation peuvent être obtenus par le Mali auprès de la Russie. Par exemple, le partenaire russe est, parfaitement, capable de satisfaire les besoins urgents du Mali en blé.  La diversification et le développement des échanges commerciaux ouvrira de nouvelles perspectives pour la coopération entre le Mali et la Russie. Le commerce, l’agriculture, les mines, les hydrocarbures, les médias… sont d’autres secteurs dans lesquels les deux parties pourraient développer des opportunités mutuellement avantageuses. Aujourd’hui, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est jugé insuffisant au regard de leurs relations diplomatiques aussi anciennes que cordiales. Au cours des échanges, au deuxième jour de cette visite débutée mercredi, la partie malienne a insisté sur la disponibilité du blé à des prix compétitifs. Le partenaire russe est bien disposé à satisfaire les besoins de Bamako et dans un délai très court. La Russie est l’un des grands greniers à blé à l’échelle mondiale. Le pays fournit déjà cette céréale à 140 pays.  Après les discussions avec les ministres, les Russes ont demandé une séance de travail avec les techniciens maliens pour préciser les modalités pratiques des futures transactions.  À travers cette démarche, le gouvernement malien entend s’impliquer directement dans l’approvisionnement correct et durable en produits de consommation pour éviter les pénuries et la flambée des prix. L’approvisionnement correct du Mali en blé permet de rendre disponible la farine qui est l’intrant principal dans la fabrication du pain dont le prix est une question très sensible. La hausse incontrôlée du prix du pain qui peut être source de remous sociaux. BT/MD (AMAP)  

Musique : Retour au bercail de l’artiste compositeur, Sory Bamba

Par Dramane COULIBALY Mopti, 19 mai (AMAP) Berceau de grandes civilisations de l’Afrique de l’Ouest, le Mali regorge d’immenses richesses culturelles dont les artistes musiciens, comme Sory Bamba, Salif Keïta, Toumani Diabaté et beaucoup d’autres, depuis 1960, année d’indépendance, sont des ambassadeurs de part le monde. Après plusieurs décennies au service de l’art et de la musique du Mali ainsi que de promotion des riches et variées facettes de la culture malienne, Sory Bamba, appelé « le Maître » par les jeunes musiciens, est de retour au pays depuis 2019 et s’est, définitivement, installé dans sa ville natale, Mopti, dans le Centre du Mali. Une des figures emblématiques de la musique malienne, Sory Bamba, est née en 1938 à Mopti, aux confluents des fleuves Niger et Bani, dans le Delta intérieur. A son jeune âge, après être confronté à l’interdiction des parents qui ne voulaient pas le voir faire de la musique, considérée comme réservée aux griots, Sory commença son destin de musicien en jouant de la flûte traditionnelle. Il devient, au fil du temps, multi-instrumentiste, chanteur, auteur compositeur, arrangeur.  Interrogé par l’AMAP, sur son parcours de musicien, le doyen dit avoir commencé par créer, avec un groupe d’amis, une fanfare avec la flûte et des instruments à percussion. En 1957, il forma un « groupe de Goumbé » un style de folklore de la Côte d’Ivoire et devient le leader de l’Orchestre régional de Mopti, fondé en 1966. A la faveur de la nomination de Diby Silas Diarra, comme gouverneur de la Région de Mopti, l’orchestre bénéficia d’instruments, Sory Bamba et ses amis comme Sory Traoré dit Sitek, Kissima Traoré, Loré Dédéou et d’autres, sont plus tard rejoint par la formation locale, le « Bani Jazz ». De 1966 à 1974, la formation régionale, sous la direction de Sory Bamba, chef d’orchestre, s’est focalisé sur l’exploitation des rythmes et mélodies du terroir et des styles traditionnels du pays, avec un accent particulier sur la musique Dogon, toute chose qui lui a valu le grand succès enregistré de partout dans le monde. A la fin de l’année 1974, Sory Bamba s’envola pour la Côte d’ivoire où il a rencontré des artistes comme Manfila Kanté, Mory Kanté avec qui il produit, entre autres, ‘Kèlèmagni’, ‘Sérré’, ‘Kéléya’, ‘Soufiana’ et ‘Makoura’. « Mon départ pour la Côte d’Ivoire se justifiait par le désir de saisir des opportunités que ce pays offrait aux artistes pour leur promotion et celle de sa culture avec des studios d’enregistrement, des maisons de disque, des producteurs et des arrangeurs », a expliqué le doyen Sory Bamba. Selon lui, son séjour en terre ivoirienne a, aussi, été l’occasion de découvrir beaucoup d’autres talents africains et internationaux comme Manfila Kanté, qui l’a accompagné jusqu’à Mopti, sa ville natale. « De retour au pays, la moisson d’expériences de ce voyage m’a ouvert les jeux et oriente vers la recherche d’autres talents et artistes musiciens, comme Koko Dembélé et autres, pour renforcer l’existant. A la suite d’un travail de recherche approfondie, l’Orchestre régional a réussi un chef-d’œuvre, un hommage aux masques Dogon intitulé « Kanagayé » (le Kanaga), le plus prestigieux de la contrée », se souvient Sory Bamba. A partir du succès de cet opus, l’Orchestre régional de Mopti fut alors rebaptisé, en 1976, Orchestre Kanaga de Mopti. Sous l’impulsion du vertueux chef d’orchestre, Sory Bamba et le Kanaga de Mopti enregistrent, successivement, avec  au bout un grand succès, ‘Kaméléba’ (Le faux galan), ‘Kulukutu’, ‘Yayoroba’, un hymne aux femmes rondes et d’autres titres, non des moindres, comme : ‘Mayel’ (Sory Bamba du Mali) réalisé en 1979 sur une sonorité qui s’apparente au Jazz, influencée par la musique Dogon. Pendant ce temps le mythique  Kanaga se hisse au rang d’Orchestre national, après avoir remporté le Premier prix de la Biennale artistique du Mali trois fois consécutives : 1978, 1980 et 1982, un an après le départ de Sory. En 1981, Sory Bamba fasciné par la culture, se lance dans une nouvelle aventure, celle de faire la promotion de la culture Dogon qui le conduit en Côte d’Ivoire, puis en France où il s’installe.  Considéré comme le plus grand promoteur du patrimoine culturel Dogon, il organise des tournées en Europe, avec des groupes de danseurs et musiciens venant du plateau Dogon et enseigne des cours de percussion et de danse au Café de la Gare à Paris.  Pendant son séjour en France, parallèlement à l’enseignement, il enregistre trois albums : ‘Sigui’ en 1989 dédié à Djéli Baba Sissoko, ‘Mali-ballon’ (en l’honneur de l’équipe nationale de football, Les Aigles) en 2001 et ‘Dogon Blue’ en 2010. Ces consécrations lui ouvrent la voie d’une vaste tournée au Japon, Espagne, France et Allemagne. Ce monument de la musique malienne a signé son retour définitif au bercail en 2019 et vit ses 84 hivernages, en bonne santé,  chez lui, au quartier populaire de Gangal, à Mopti. « J’ai fait ce que j’ai pu. Derrière cela, je regrette ne pas avoir atteint un idéal : celui de créer une musique propre uniquement au Mali, comme le Sénégal l’a fait avec le Mbalax. Je demande aux jeunes générations de travailler à cela’, dit le doyen Bamba. Ses collaborateurs, les administrateurs de la culture et ses admirateurs sont fiers de l’homme et apprécient sa contribution au rayonnement du riche patrimoine culturel malien. Mamadou Kébé, compagnon de tous les temps qui fut le responsable en charge du matériel de Sory, depuis la fanfare jusqu’à l’Orchestre Kanaga, dit de lui que c’est « un homme téméraire, humble, modeste et gros travailleur ». « Il a créé le Kanaga et grâce à son courage l’a conduit à son apogée et à la consécration qui lui ont permis de sillonner le pays et au-delà, dans des pays voisins et d’Europe’, poursuit Kébé. Selon lui, Sory Bamba « reste, pour nous une fierté régionale et nationale, dans le cadre du développement et de la promotion de la culture ». Pour le directeur régional de la Culture de Mopti, Adama Traoré, Sory Bamba « est incontestablement une icône de la musique malienne qui a su sceller un mariage fécond entre le traditionnel et le moderne, en imposant, d’une manière adaptée,

Dr Aly Tounkara : «Le G5 Sahel n’a pas pu combler les attentes des Sahéliens »

Par Dieudonné DIAMA Bamako, 19 mai (AMAP) « Lorsqu’on fait le bilan du G5 Sahel, huit ans après sa création, cette organisation n’a pas pu combler les attentes des Sahéliens en termes de sécurité et de développement », a déclaré le directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), Dr Aly Tounkara. Toutefois, Dr Aly Tounkara estime que le Mali a procuré certains avantages de cette organisation, notamment les différentes formations assurées par le Collège sahélien de sécurité du G5 Sahel  et par le Collège de défense à l’endroit des forces de défense et de sécurité et même de l’administration. Dr Tounkara, dans un entretien avec l’AMAP, sur la décision des autorités maliennes de la Transition de retirer le pays de tous les organes et instances du G5 Sahel, estime qu’avec la nature de la menace terroriste (ses aspects transversalité et universalité), il est extrêmement difficile voire impossible pour un pays, à lui seul, de faire face à cette nébuleuse, ans bénéficier du soutien de ses partenaires ou de ses voisins. «Quand on parle du soutien, il n’y a pas que le soutien en termes de patrouilles conjointes. Imaginons que demain, du moment que le Mali se retire du G5 Sahel, des terroristes soient boutés hors du territoire malien et qu’ils prennent le Burkina Faso comme sanctuaire. Difficilement, les autorités burkinabè vont communiquer avec celles du Mali en termes de partage d’informations», analyse Dr Tounkara, ajoutant que c’est la même chose pour le Niger et la Mauritanie. « Ce dernier pays est même soupçonné depuis un certain temps d’être une sorte de sanctuaire pour les groupes radicaux violents », dit-il. « Avec ce retrait, pense-t-il, les autorités maliennes ont rendu le combat contre les groupes radicaux violents davantage complexe ».  Même si le Dr Tounkara reconnait que les raisons d’un tel retrait sont tout à fait réalistes du point de vue de la conformité des textes régissant le G5 Sahel, il estime que sur le plan pragmatique, un tel retrait a des conséquences militaires, même s’il y a une suspension de la coopération conjointe avec le Niger depuis un certain temps pour des raisons liées à la crise diplomatique entre les deux pays. D’après le spécialiste de la sécurité, un tel retrait va forcément mettre le Mali dans une position d’acteur unique dans le cadre de la lutte contre les groupes radicaux violents. «Les textes ont beau être violés par le G5 Sahel, au regard du contexte d’insécurité et des fronts qui sont ouverts par le Mali (CEDEAO, Union africaine (UA), Union européenne (UE) et Nations unies à certains égards), il ne fallait pas ouvrir un autre, même si les raisons restent, certes, très valables», pense l’analyste. Pour lui, cela pourrait, dans un avenir très proche, amener une difficile collaboration du Mali avec les Etats voisins, notamment le Burkina Faso, le Niger et même la Mauritanie. REDÉFINITION DES RAPPORTS – Rappelant qu’il y a des accords bilatéraux entre le Mali et ces Etats pris isolément, Dr Tounkara soutient que ces accords bilatéraux ont été, en grande partie, gommés par la naissance du G5 Sahel. Avec cette suspension, il estime que le Mali va assister à une redéfinition de ses rapports avec ses voisins. Laquelle redéfinition pourrait s’inscrire dans le long temps. Mais dans le même temps, il souligne que la France reste une interface entre le Mali et ses voisins. Dans ce cas, les différentes victoires militaires que le Mali est en train d’engranger dans la lutte contre le terrorisme auront du mal à s’inscrire dans la durée. «Aucune nation n’a le nombre suffisant de militaires pour couvrir l’ensemble du territoire de façon effective et pérenne. Même les armées les plus puissantes comme celles des Etats-Unis, de la France, ne peuvent aucunement assurer une telle fonction en termes de protection et de défense du territoire», explique le directeur du CE3S.  Pour Dr Tounkara, les victoires que l’Armée malienne revendique, aujourd’hui, sont à saluer. « Toutefois, selon lui,  c’est un succès qui ne peut pas se pérenniser car l’Armée ne peut pas être présente sur toute l’étendue du territoire, en tout lieu et à tout moment ». C’est pourquoi, il soutient qu’avec le retrait du Mali du G5 Sahel, il faut s’attendre à un Liptako-Gourma peu contrôlé, à une possible incursion de groupes radicaux dans les localités censés être contrôlés par les trois pays, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger.  D’après le directeur du CE3S, « même si le G5 Sahel n’est pas efficace comme réponse militaire, il permet, quand même, à certains égards, de rendre fluides les renseignements et informations entre les États membres ». Dr Tounkara soutient qu’on ne peut pas nier la légitimité et la légalité de la décision de suspension du Mali. Mais pour lui, « sa pertinence pose un problème ».  DD/MD (AMAP)  

Koulouba : Le chef de l’Etat malien reçoit la Vice-présidente du Bénin 

Bamako, 19 mai (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu, mercredi, au palais de Koulouba, la vice-présidente du Bénin, Mme Mariam Chabi Talata Zime, porteuse d’un message du président Patrice Talon  malien, au chef de l’Etat malien. À sa sortie d’audience, Mme Mariam Chabi Talata Zime s’est dit satisfaite de sa rencontre avec le président Goïta. «Le chef de l’État a été très sensible au contenu du message qu’il a reçu», a-t-elle déclaré, avant de remercier le président de la Transition, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Amadou Kéita, pour la marque de considération et de fraternité à l’endroit de sa délégation.  La vice-présidente du Bénin avait été accueillie, mardi dernier, à l’aéroport international président Modibo Keïta-Sénou par le Premier ministre. OD/MD (AMAP)

Une délégation ministérielle à Moscou : Explorer de nouvelles pistes de coopération entre le Mali et la Russie 

Envoyé spécial  B. TOURÉ  Moscou, 19 mai (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, conduit une délégation ministérielle arrivée, mercredi, à Moscou et qui séjournera dans la capitale russe jusqu’à samedi. La délégation est composée des ministres des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, des Mines, de l’Energie et de l’Eau Lamine Seydou Traoré et de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou. La mission de ces quatre membres du gouvernement malien est d’établir des liens de partenariat solides entre les acteurs économiques du Mali et de la Fédération de la Russie et le Mali, Elle « a pour but d’établir une relation politique et économique solide avec la Russie, a expliqué le ministre Diop à son arrivée à Moscou. Les ministres ayant effectué le déplacement dans la capitale russe mettront tout en œuvre pour trouver des solutions à des défis pressants dans le cadre de l’approvisionnement du Mali en hydrocarbures, en intrants agricoles, en produits de consommation notamment le blé, le ciment. Les échanges entre partenaires maliens et russes porteront, aussi, sur les projets d’infrastructures. A ce propos, le Mali peut compter sur l’appui des Russes pour faire de la relance du chemin de fer une réalité. Les contacts ont débuté, dès l’arrivée de la délégation malienne par une rencontre avec le vice-président directeur général de la société russe opérant dans le domaine des chemins de fer. Les deux parties ont manifesté leur intérêt pour un partenariat dans ce domaine. Une nouvelle rencontre est prévue aujourd’hui (Ndlr, jeudi) pour approfondir les discussions techniques afin que la partie russe puisse davantage appréhender les défis qui sont les nôtres dans le secteur ferroviaire et proposer des appuis efficaces. Toujours jeudi, le programme prévoit une rencontre avec le directeur du département de la coopération internationale et du développement de l’exportation des produits du complexe agronomique auprès du ministère de l’Agriculture de la Fédération de Russie. Cette rencontre vise à explorer les opportunités de partenariat dans le domaine agricole. Rappelons que la Russie est un grand producteur agricole et un géant de la production d’engrais chimiques.  Le programme prévoit, vendredi, un entretien avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Cette rencontre, qui est le clou de la visite, sera suivie d’un échange avec la presse et d’un déjeuner de travail.  Ce sera l’occasion, pour les deux chefs de la diplomatie, de réaffirmer la solidité des relations de coopération entre la Russie et le Mali. Abdoulaye Diop devrait rappeler l’attachement du Mali à affirmer sa souveraineté et à faire prévaloir sa volonté de traiter avec les pays qui respectent ses choix stratégiques. Le partenaire russe a déjà exprimé son soutien à ces aspirations du Mali. Nul doute qu’il le réitèrera et fera connaître les appuis que son pays entend apporter au Mali qui en a fortement besoin aujourd’hui. Le programme de la journée du vendredi prévoit, aussi, un entretien avec le vice-ministre de l’Industrie et du Commerce de la Fédération de Russie.  BT/MD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 18 mai 2022

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 mai 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1. Sur le rapport du ministre de la Défense et des anciens Combattants, le Conseil des Ministres a adopté : a. un projet de décret portant modification du Décret n°2017-0576/P-RM du 18 juillet 2017 fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de l’Etat- major Général des Armées ; b. des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de la Direction de la Justice Militaire ; c. des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de la Direction Centrale du Service de Santé des Armées. La restructuration en cours des Forces Armées a révélé l’impérieuse nécessité de relire les textes de création, d’organisation et de fonctionnement de certaines structures, notamment l’Etat-major Général des Armées, la Direction de la Justice Militaire et la Direction Centrale du Service de Santé des Armées. Les projets de texte adoptés visent à corriger les insuffisances décelées dans l’organisation et le fonctionnement de ces structures en apportant des innovations, notamment : – la création de nouvelles structures adaptées pour des besoins opérationnels ; – la redéfinition des missions assignées à la Direction de la Justice Militaire ; – la réorganisation des structures concernées ; – la reformulation de la dénomination de la Direction Centrale des Services de Santé des Armées ; – la prise en compte des prestations de services de la Direction Centrale du Service de Santé des Armées au profit du personnel non militaire. L’adoption de ces textes permet de renforcer le professionnalisme des Forces Armées et de Sécurité afin de mieux répondre aux défis sécuritaires. 2. Sur le rapport du ministre de l’Économie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté des projets de décret portant approbation des marchés relatifs à la fourniture de 55 000 tonnes de riz importé en trois lots (lots n°1 et 3 à livrer dans le magasin OPAM de Bamako) et de 20 000 tonnes de riz local en cinq lots (lot n°5 à livrer dans le magasin OPAM de Tombouctou). Le marché du lot n°1 relatif à l’achat de 20 000 tonnes de riz importé à livrer dans le magasin OPAM de Bamako est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et la société BATHILY CEREALE IMPORT EXPORT pour un montant toutes taxes comprises de 6 milliards 800 millions de francs CFA et un délai d’exécution de cent vingt (120) jours. Le marché du lot n°3 relatif à l’achat de 20 000 tonnes de riz importé à livrer dans le magasin OPAM de Bamako est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et la société DJIKINE GLOBAL SERVICES SARL pour un montant toutes taxes comprises de 6 milliards 800 millions francs CFA et un délai d’exécution de cent vingt (120) jours.  2 Le marché du lot n°5 relatif à l’achat de 5 000 tonnes de riz local à livrer dans le magasin OPAM de Tombouctou est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et la société Etablissement DEMBA BAH pour un montant toutes taxes comprises de 2 milliards 25 millions francs CFA et un délai d’exécution de soixante (60) jours. La conclusion de ces marchés, entièrement financés par le budget national sur l’exercice budgétaire 2022, s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale d’Anticipation du Renchérissement des prix et risque de rupture de stocks des produits de première nécessité. 3. Sur le rapport du ministre du Développement rural, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités d’application de la Loi n°2016-004 du 12 février 2016 régissant la pharmacie vétérinaire. Dans le cadre de la réforme de la pharmacie vétérinaire engagée en 2006, le Conseil statutaire des Ministres de I’UEMOA a adopté deux textes fondamentaux, notamment la Directive n°07/2006/CM/UEMOA du 23 mars 2006 relative à la pharmacie vétérinaire. A l’instar des autres pays de l’espace UEMOA, le Mali a transposé cette directive à travers l’adoption de la Loi n°2016-004 du 12 février 2016 régissant la pharmacie vétérinaire. Le présent projet de décret est adopté pour fixer les modalités d’application de cette loi. Il précise les conditions d’ouverture et d’exploitation des établissements pharmaceutiques vétérinaires ainsi que les conditions d’importation, d’exportation, de fabrication et de distribution de médicaments vétérinaires. 4. Sur le rapport du ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation, aux modalités de fonctionnement et au cadre organique de la Cellule d’appui à l’Emploi et à la Formation professionnelle des Diplômés et Formés en langue Arabe. La problématique de l’insertion des diplômés de l’école malienne en général et celle des diplômés et formés en langue arabe en particulier constitue une préoccupation majeure des plus hautes autorités. Face au nombre croissant de diplômés et formés en langue arabe, le Gouvernement a mis en place un cadre institutionnel dont l’objectif est de procurer à chaque citoyen une éducation et une formation lui permettant de s’insérer dans le tissu productif et socio-économique du pays. La Cellule d’appui à l’Emploi et à la Formation professionnelle des Diplômés et Formés en langue Arabe aura pour mission d’entreprendre toute action appropriée visant à renforcer l’employabilité et faciliter l’insertion professionnelle des diplômés et formés en Langue Arabe. L’adoption des présents projets de texte consacre de la création Cellule d’appui à l’Emploi et à la Formation professionnelle des Diplômés et Formés en langue Arabe et permet de le doter pour les cinq (5) prochaines années en personnel nécessaire à l’exécution de sa mission. AU CHAPITRE DES

Pénurie de gazole à Bamako : Les déboires de Chaka, le taximan 

Par Amadou CISSE Bamako, 18 mai (AMAP) Trois grosses gouttes de sueur dégoulinent le long de ses mâchoires alors que Chaka, chauffeur de taxi de son état, ne voit pas le bout du tunnel. « Depuis 5 heures du matin, je cherche du carburant. Jusqu’à présent rien », confie l’automobiliste, au fond de son taxi.  Il est bientôt midi. Les stations-service ne sont que peu fréquentées. Les véhicules qui carburent à l’essence n’ont aucun problème d’approvisionnement. Pour le moment. Les voitures à gazole, elles, rencontrent des difficultés qui commencent à paralyser les transports, le commerce et même le service public.  A l’entame de la montée de Samé, en Commune III de Bamako, la capitale malienne, un chapelet de stations de carburant s’aligne. Position très stratégique du fait du passage à flux tendu des camions qui partent et reviennent du port de Dakar. Mêmes les géants (Total, Shell et Oryx) s’y sont installés. PAS D’EMBARGO – Malgré le nombre de stations-service, Chaka n’a pas de gazole. Le tableau de bord de sa vieille allemande affiche le rouge : le réservoir est à sec. « Tu vois non ? L’aiguille est au rouge. Depuis le matin, de bonne heure, je suis planqué là, dans l’espoir d’avoir un peu de carburant pour la journée. Vraiment, si c’est comme ça la Transition, nous les pauvres, on a rien compris », balbutie le désespéré.  En vérité, la pénurie de carburant n’est pas imputable aux sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Mali. Mais, plutôt à la guerre menée sur le sol ukrainien par la Russie. Chaka « s’en fout » de cette conjoncture internationale. Il veut juste un peu de gazole pour travailler et assurer le minimum vital à sa famille nombreuse.  La quarantaine bien sonnée, Chaka a deux épouses. Chacune d’entre elles a plusieurs « bouts de bois de Dieu ». Pour lui, fataliste jusqu’au bout, Dieu donne toujours à l’homme les moyens de nourrir sa progéniture. « Pour ce faire, il faut tout de même arriver à travailler », poursuit le chauffeur. LA force de galérer, il est devenu philosophe.  Stationné à l’angle nord-est de la station Yara Service, il attend encore la livraison annoncée de gazole. « C’est vrai que nous attendons une citerne qui prend du retard. Sinon ,nous sommes l’une des rares stations à servir du gazole », se tape la poitrine le pompiste. En attendant, Chaka prend son mal en patience. Une heure plus tard, le réservoir du tacot est toujours vide, selon le chauffeur.  Un peu plus loin, dans le vieux quartier de Badialan, la station Total est fermée. Quelques policiers assurent la sécurité. Le personnel est en grève pour protester contre le niveau bas de leur salaire. Même atmosphère chez Shell, au quartier du fleuve et Oryx sur la route de Sébéninkoro.  CRISE MONDIALE – Il y a quelques semaines, la structure des prix fixée par l’Office nationale des produits pétroliers (ONAP) annonce une augmentation du coût des hydrocarbures à la pompe. « Le problème n’est pas le prix. La difficulté réside au niveau de l’approvisionnement », se plaint un automobiliste qui craint le pire dans les jours à venir. Lui, comme beaucoup de nos compatriotes, préfèrent les véhicules diesel à l’essence, à cause de la consommation.  La guerre entre la Russie et l’Ukraine est surtout une guerre pour un nouvel ordre mondial avec le pétrole au cœur des rapports de force. Le Mali, n’étant pas encore producteur de pétrole est obligé de jouer sur différents tableaux pour s’approvisionner. En recevant une cinquantaine de citernes de gazole la semaine dernière, les responsables des Douanes, de l’ONAP et de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) ont promis de tout faire pour éviter le chaos.  Avec une consommation journalière de plus d’un million de litres, le Mali aura du mal à joindre les deux bouts. « La crise est mondiale. Avec ou sans l’embargo, la guerre et les sanctions internationales contre la Russie conduisent forcément à une crise mondiale du pétrole », commente un responsable du Ministère de l’Economie et des Finances. AC (AMAP) 

Sécurité et Protection civile : Les grandes réalisations et les chantiers 

Par Dieudonné DIAMA Bamako, 18 mai (AMAP) Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Daoud Aly Mohammedine était, mardi, l’invité de l’émission «Mali kura taasira» de la Télévision nationale.  Occasion pour lui d’expliquer les grandes actions réalisées ou en cours pour assurer la sécurité des populations et de leurs biens sur l’ensemble du territoire dans un contexte de montée en puissance des Forces armées et de sécurité. Le ministre Daoud Aly Mohammedine a d’abord fait savoir que la mission de son département est d’assurer la sécurité des populations et de leurs biens sur l’ensemble du territoire. « Dans cette mission, a-t-il dit, le département travaille en collaboration avec celui de la Défense et des Anciens combattants ». Selon lui, le gouvernement actuel a hérité d’une situation sécuritaire difficile. Et, c’est d’ailleurs, la raison pour laquelle dans le Plan d’action gouvernemental (PAG), le premier axe a été consacré au renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire. Parlant des actions réalisées par les autorités de la Transition, le ministre Daoud Aly Mohammedine a cité, entre autres, la création de 13 commissariats de police, de 5 groupements mobiles de sécurité. Il a, aussi, dit qu’un Groupement mobile de sécurité (GMS) et une Compagnie de la circulation routière (CCR) de la police ont été créés sur les deux rives du fleuve Djoliba, à Bamako. D’autres actions majeures que le ministre a citées sont la création de trois centres de secours de la protection civile qui a reçu 68 véhicules dont des ambulances et des véhicules de secours.  Le général Daoud Aly Mohammedine a également touché du doigt la lutte contre les stupéfiants et les psychotropes. Les actions menées ont permis d’engranger des résultats notamment la saisie de 8 tonnes de cannabis, de 38 kilos de cocaïne et d’une grande quantité de psychotropes par l’Office central des stupéfiants. S’agissant de la prolifération des armes légères, il a fait savoir que 267 armes légères et des fusils de guerre ont été saisies dans le cadre d’une collaboration entre les forces de sécurité et la douane. La création de trois Pôles sécurisés de développement et de gouvernement (PSDG) dans trois villages pour permettre aux populations de reprendre leurs activités figure également parmi les actions réalisées par le département de tutelle. Comme action future, le général Daoud Aly Mohammedine assure que les Maliens seront bientôt dotés de carte biométrique. D’autres questions ont porté sur le scandale né du dernier recrutement à la police. Le ministre a dit avoir demandé l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur cette affaire et situer les responsabilités. Pour le ministre, la première difficulté est la dimension du territoire qui est très vaste. Il reconnait que les moyens humains ne permettent pas aux forces de sécurité d’être présentes dans toutes les parties du territoire. C’est pourquoi, il a demandé aux populations d’accompagner les Forces de défense et de sécurité, en termes de renseignements. Même s’il soutient que les forces de défense et de sécurité ont les renseignements d’ordre technique, il dira que le renseignement humain est très important.  Le général Daoud Aly Mohammedine a indiqué que la montée en puissance des Forces de défense et de sécurité est une réalité. Pour continuer d’assurer la sécurité des populations et de leurs biens, le ministre a souligné les recrutements en cours. à titre d’exemple, il a annoncé 4 250 recrues en formation dont 3 250 de la Police nationale et 1 000 de la Protection civile. Il a rappelé que 2 960 éléments de la police sont sortis, il y a quelques jours, et vont être déployés dans les différentes unités. Le ministre a assuré que le moral des effectifs est bon car ils ont les moyens de leur travail. Pour lui, la Loi de programmation pour le secteur de la sécurité (2017-2021) a fait effet puisqu’elle a permis d’équiper les forces de sécurité. Selon le général Daoud Aly Mohammedine, la première phase (2017-2021) est bouclée et les autorités sont en train de travailler sur la deuxième phase. Comme autres réalisations, le ministre a cité la création de la police scientifique, la réorganisation de la Forsat en Force anti-terroriste (FAT) avec trois groupements. Selon lui, il s’agit d’une réorganisation avec plus d’effectifs dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. DD/MD (AMAP)