Processus de DDR au Mali : Des avancées notables
Bamako, 18 mai (AMAP) La Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (CNDDR) a organisé, lundi, à Bamako, un atelier de mise au point du programme national DDR. L’objectif principal de la session est de permettre, à travers les échanges fructueux, d’identifier les difficultés rencontrées depuis l’opérationnalisation du DDR et de faire des propositions concrètes pour les surmonter. A l’ouverture des travaux, le secrétaire général du ministère de la réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la Réconciliation nationale, Sidi Camara, a affirmé que l’initiative d’organiser cette rencontre trouve sa pertinence dans la complexité, la délicatesse et la sensibilité du processus DDR d’une part et la multiplicité des acteurs nationaux et internationaux d’autre part. M. Camara, en présence du président sortant de la CNDDR, Zahabi Ould Sidi Mohamed, a souhaité de cet atelier des pistes qui mènent au désarmement général, à la démobilisation, qui constituent des facteurs incontournables pour la restauration de la paix et de la sécurité au Mali. Et par rapport au volet sécuritaire, il y a eu des avancées importantes. «La première avancée est la mise en confiance de tous les Maliens qui ont accepté d’être ensemble pour pouvoir discuter de leurs problèmes. Et le cessez-le-feu est respecté depuis la signature de l’Accord», a salué le président sortant de la CNDDR. Le deuxième acquis, a-t-il ajouté, a trait aux avancées dans les concepts comme l’Armée reconstituée qui existe à travers des bataillons présents à Kidal, Gao, Tombouctou et Ménaka, dans le Nord du Mali. En ce qui concerne les quotas, Zahabi Ould Sidi Mohamed a indiqué que le gouvernement de Transition a pu élucider cette question qui a fait l’objet de blocages pendant plus de trois ans. «Finalement, il y a un travail qui a été fait au niveau de tous les ministères et l’État fera un effort d’intégrer à peu près 13.000 ex-combattants dans les différents services des corps de l’État. C’est une discussion qui est en voie de finalisation», a-t-il déclaré. La Commission a, aussi, travaillé sur l’importante question de l’enregistrement de tous les ex-combattants qui sont évalués à près de 74.000. « Sur cet effectif, a précisé le président sortant de la CNDDR, il y en a 26.000 qui ont été enregistrés avec des armes et les autres avec des munitions ». Au cours de la journée, un rapport de fin de mission du président sortant de la CNDDR (de novembre 2016 à mai 2022) a été présenté. La cérémonie s’est déroulée, également, en présence du président de la CNDRR, le colonel-major Faguimba Ibrahima Kansaye. SS/MD (AMAP)
Administration territoriale et Décentralisation : Les axes prioritaires, selon le ministre
Par Namory KOUYATE Bamako, 17 mai (AMAP) Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga a eu les mots justes, lundi, pour répondre aux nombreuses questions de nos deux confrères, Ibrahim Traoré de l’ORTM et Ousmane Mohamed Touré du journal Le Poing. Invité de l’émission «Mali kura taasira» de la Télévision nationale, le colonel Maiga, dans un entretien qui a duré plus d’une demi-heure (37 minutes pour être précis), a abordé plusieurs sujets dont le retour de l’Administration sur toute l’étendue du territoire, le processus de réorganisation territoriale, la question de l’état civil, la décentralisation. Selon le ministre en charge de l’Administration du territoire, « le département travaille dans la sérénité et le moral est au beau fixe pour satisfaire les usagers de l’administration avec abnégation et acharnement ». « Le département, a-t-il assuré, se porte très bien, en termes de réalisations et de projets d’envergure ». Evoquant le retour de l’administration, le ministre porte-parole du gouvernement a expliqué deux éléments clés de ce secteur. Le premier, c’est le traumatisme collectif vécu par le Mali, à savoir le contrôle de 70% du territoire national par des groupes terroristes appuyés par des groupes séparatistes en 2012. « Cela a engendré un véritable choc et un ébranlement des piliers de l’Etat. Le second élément, c’est la désaffection d’une partie de la population pour l’Etat », a dit le colonel Abdoulaye Maïga. Selon lui, cet état de fait a facilité le départ de l’administration. Conformément à la vision du chef de l’Etat, le premier responsable du département en charge de l’Administration territoriale affirme que la satisfaction des préoccupations des Maliens doit être au cœur de l’action gouvernementale. Ainsi, des mesures ont été prises comme la reconquête «des cœurs et des esprits des Maliens», le redéploiement des membres du corps préfectoral civil dans les zones relativement plus sécurisées, la réhabilitation des infrastructures détruites, notamment les bureaux. Concernant les endroits censés être des milieux d’insécurité, le ministre a indiqué que le personnel militaire, avec le feu vert du ministère de la Défense et des Anciens combattants, remplace les administrateurs civils pour assurer la présence de l’Etat. « Mais, avant, tout déploiement, les militaires commis d’office pour ces postes suivront un programme de formation accélérée pour maîtriser le travail des préfets et sous-préfets », a précisé le colonel Maiga. Aujourd’hui, le ministre se réjouit que tous les postes de gouverneurs soient pourvus et seul un poste de préfet est vacant (soit 99% d’occupation). Toutefois, il révèle que 66 postes de sous-préfets, sur un total de 330 demeurent vacants (soit 80% d’occupation). Dans le cadre de ce retour, le ministre en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a dit que les autorités de la Transition accordent une grande importance à l’amélioration des conditions de travail et de vie des représentants de l’Etat. A cet effet, une loi de programmation sera bientôt adoptée. Il est prévu, grâce à l’Agence de gestion du fonds d’accès universel (AGEFAU), de moderniser le réseau de communication de la représentation de l’Etat en y déployant un système de communication sécurisé, permettant la connexion Internet et la géolocalisation. DE LA CARTE BIOMETRIQUE A LA CARTE D’ELECTEUR – S’agissant du processus de la réorganisation territoriale, le colonel Abdoulaye Maïga a rappelé qu’avec l’adoption de la loi n°2012-017 du 2 mai 2012, portant création de circonscriptions administratives en République du Mali, les régions sont passées de 8 à 19. Le processus de réorganisation administrative continue avec les avants projets concernant les collectivités territoriales. Ainsi, plusieurs textes ont été relus dont le Code des collectivités territoriales, la loi déterminant les conditions de la libre administration des collectivités territoriales, la loi portant statut particulier du District de Bamako et les textes relatifs aux conditions de nomination des représentants de l’Etat dans le District de Bamako. Les questions de délivrance de l’état civil, notamment le Numéro d’identification nationale (Nina), ont été également au cœur des échanges. Abdoulaye Maïga a indiqué que la carte Nina a été suspendue au profit de la carte d’identité biométrique qui servira de carte d’électeurs. Il a précisé, aussi, que la fiche descriptive est suffisante pour effectuer les formalités administratives. Parmi les grandes réalisations de la Transition, le ministre Maïga a cité, entre autres, les 223 infrastructures de santé qui ont coûté plus de 3 milliards de Fcfa, les 856 infrastructures scolaires pour un montant de plus de 10 milliards de Fcfa, les 277 projets dans le secteur de l’eau pour un budget de plus de 3 milliards de Fcfa. NK/MD (AMAP)
Transition : Le levier de la diplomatie de crise
Par Oumar DIAKITE Bamako, 17 mai (AMAP) Le Mali s’est engagé à partager sa position et sa vision holistique de la situation qu’il traverse actuellement, afin de faire face aux incompréhensions constatées et à la mauvaise foi de certains partenaires. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, est revenu, dimanche dernier, dans l’émission «Mali kura taasira», sur la stratégie diplomatique adoptée par notre pays pour se faire entendre. Le Mali traverse aujourd’hui une crise diplomatique. Les autorités de la Transition en sont conscientes et s’emploient, depuis de longs mois, à déconstruire la mauvaise lecture de la situation du pays par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Une mauvaise lecture qui est, d’ailleurs, à la base de « sanctions illégales, injustes et inhumaines » imposées à notre pays par l’organisation sous régionale et l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). « La posture de ces partenaires nécessite la promotion d’une diplomatie de crise pour expliquer la réalité des faits et éviter que notre histoire ne soit racontée par les autres », a dit Abdoulaye Diop . « Et, surtout défendre la dignité et la souveraineté du peuple malien ». Selon lui, il a fallu exposer au monde la relation fonctionnelle entre la sécurité et le développement. Le Mali a surtout procédé à une prise de contact avec des pays amis comme le Maroc, la République démocratique du Congo, l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), les Emirats arabes unis (UAE). « Une visite a été également effectuée dans certains pays voisins, comme l’Algérie, la Mauritanie, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Sénégal et la Guinée », a poursuivi M. Diop. Notre diplomatie a affirmé, clarifié et défendu les positions maliennes devant les Nations unies. Ce fut lors de discours sur des thèmes majeurs de la situation politique du pays, cette année, aux sessions du Conseil de sécurité des Nations unies par le chef du département des Affaires étrangères ou par notre ambassadeur auprès des Nations unies. L’occasion a été mise à profit pour réaffirmer notre demande d’un mandat robuste pour la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et répondre, de façon vigoureuse, à des accusations non fondées sur les Forces armées maliennes (FAMa) suite aux évènements de Moura. NOUVELLE IMPULSION – S’agissant de la levée des sanctions contre notre pays, le ministre Diop a expliqué que le président de la République du Togo, Faure Gnassingbé, a été sollicité afin d’apporter une nouvelle impulsion aux pourparlers avec la CEDEAO. «Aujourd’hui, nous sommes plus proche d’une solution que nous ne l’avons jamais été», a dit Abdoulaye Diop. Et d’ajouter qu’ »une solution est toujours possible mais pas à n’importe quel prix ». « Désormais, rien ne se fera sur le dos de notre pays », a-t-il martelé. Les choses vont bien, c’est juste la question de la durée de la Transition qui demeure. La CEDEAO planche sur 16 à 18 mois, alors que la partie malienne tient à 24 mois, a dit le ministre Diop. L’effort diplomatique a permis d’engranger des résultats significatifs avec une meilleure compréhension de la situation et des positions du Mali par la majorité des partenaires. Le chef de la diplomatie malienne rappelle le soutien favorable de plusieurs pays africains à la levée des sanctions illégales et illégitimes des organisations sous régionales. Et, surtout, le soutien et la mobilisation de certains pays frontaliers (Guinée, Mauritanie et Algérie) qui ont également refusé d’appliquer ces sanctions, en maintenant leurs frontières ouvertes avec le Mali. Ce, en vue de permettre l’approvisionnement régulier et permanent du pays. Grâce à sa diplomatie éclairée, notre pays a pu obtenir le soutien de pays amis (Chine et Russie à l’ONU, l’Algérie, l’Ethiopie, le Rwanda à l’Union africaine). Ces soutiens historiques ont abouti à faire échec aux différentes actions d’isolements politiques et économiques du Mali au niveau international. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères note la diversification et le renforcement du partenariat stratégique, particulièrement dans les domaines de la sécurité et de la défense (Russie, Chine, Turquie). Les actions diplomatiques ont également contribué à la mise en place de groupes de travail de haut niveau technique et politique et de rapprocher les positions entre notre pays et la CEDEAO. Abdoulaye Diop annonce que la dynamique amorcée, à travers la diversification des partenariats pour trouver une solution durable à la crise multidimensionnelle, va se poursuivre. Sur la base des priorités du pays, « à savoir la sécurité, les réformes politiques et institutionnelles et les élections ». OD/MD (AMAP)
Commémoration : Le chef de l’État salue la mémoire du président Modibo Keïta
Bamako, 17 mai (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a déposé, lundi, une gerbe de fleurs sur la tombe de l’ancien président Modibo Keïta qui repose au cimetière d’Hamdallaye, à Bamako. Après avoir loué les qualités exceptionnelles de son illustre devancier, le colonel Assimi Goïta a remercié le peuple malien pour son soutien et son accompagnement constants aux autorités de la Transition Il y a 45 ans disparaissait le père de l’indépendance, malienne, Modibo Keïta, qui a dirigé le Mali du 23 septembre 1960 au 19 novembre 1968. A l’occasion de la commémoration de sa disparition, la nation malienne a rendu hommage au défunt leader politique. A son arrivée sur place, le chef de l’État a été accueilli par les autorités administratives et coutumières de la Commune III et du District de Bamako, en présence du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement. étaient également présents des membres de la famille biologique de l’illustre disparu et de nombreux responsables de sa famille politique, le Rassemblement démocratique africain (RDA Mali). Après l’exécution de l’hymne national et la sonnerie aux morts, le colonel \Goïta a procédé au dépôt de la gerbe de fleurs sur la tombe avant de saluer « la mémoire d’un leader politique charismatique qui s’est battu avec ses compagnons de lutte pour donner au Mali sa souveraineté et sa dignité ». Selon le colonel Assimi Goïta, feu Modibo Keïta, au-delà d’avoir été le premier président du Mali, fut également un homme d’exception qui a su imposer le respect du Mali dans le concert des nations. Pour le président de la Transition, Modibo Keïta était, aussi, un grand panafricaniste qui considérait l’unité africaine comme une nécessité pour coordonner l’ensemble des actions des pays indépendants sur le continent. “Ce jour d’anniversaire doit être pour tous les Maliens un jour de mémoire sans distinction d’ethnie ou d’appartenance”, a dit le président Goïta. Le chef de l’Etat a, ensuite, assuré que les autorités de la Transition mettront « tout en oeuvre pour la sauvegarde, la défense de la souveraineté, la dignité et l’honneur de la patrie dans le strict respect des intérêts du peuple malien ». Né le 4 juin 1915 à Bamako, Modibo Keïta est décédé le 16 mai 1977, en détention au Camp des commandos parachutistes de Djikoroni Para, à l’âge de 62 ans. AT/MD (AMAP)
Mali-Union européenne (UE) : Plus de 32 milliards de Fcfa pour lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle
Bamako, 17 mai (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop et l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry, ont signé, lundi, au ministère des Affaires étrangères, la convention de financement du nouveau programme «Résilience et développement durable au centre du Mali», annonce la page Facebook du diplomate européen. D’un montant de 50 millions d’euros (32,8 milliards de Fcfa) pour une durée de 5 ans, ce nouveau programme servira, « en particulier à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations vulnérables, prévenir la malnutrition et renforcer les capacités de résilience et de gestion des risques des institutions nationales, locales et des communautés », indique la même source . Egalement, le programme intégrera le Plan national de réponse (PNR) du Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA), en particulier, pour les aspects d’assistance alimentaire et les activités d’appui aux moyens d’existence. « Il s’inscrit dans la continuité des engagements que l’UE a pris vis-à-vis du gouvernement pour soutenir ses efforts afin de garantir à tous les Maliens l’accès à une nourriture suffisante et de qualité, condition indispensable de l’équité sociale et du développement du Mali ». Selon l’ambassadeur de l’UE au Mali, «cette cérémonie traduit, une fois encore et en actes concrets, les engagements de l’Europe (Institutions et États membres) à accompagner le Mali dans ses efforts pour le développement, la sécurité et la paix». M. Ouvry a souhaité la poursuite de cette bonne coopération avec le gouvernement du Mali et l’ensemble des partenaires « dans un esprit de dialogue ouvert ». MD (AMAP)
Accord pour la paix et la réconciliation : La mise en oeuvre n’est pas un long fleuve tranquille
Par Issa DEMBELE Bamako, 17 mai (AMAP) La paix et la réconciliation au Mali restent des objectifs, pas irréalistes mais, visiblement, plus difficiles à atteindre que les acteurs ne l’imaginaient quand ils signaient, en 2015, l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Près de sept ans après, les acquis sont en effet fragiles et de nombreuses difficultés persistent : manque d’engagement de certains signataires, lenteur dans la fourniture de listes définitives certifiées de combattants, insuffisance des ressources, faible appropriation des textes, faible ancrage de l’Accord au niveau régional et local… Les espoirs placés dans une relance et une accélération de la mise en œuvre pendant la Transition restent à concrétiser. Les susceptibilités et la rhétorique subsistent, alors que les acteurs devraient aller vers des actions et des concessions courageuses pour rendre le processus irréversible pendant cette période transitoire. Ainsi, à ce jour encore, la fin des hostilités entre les belligérants demeure le principal acquis aux yeux du citoyen lambda. Les autres avancées sont moins évoquées, notamment l’important arsenal de textes législatifs et réglementaires mis en place sur les différents piliers de l’Accord. Des structures et mécanismes indispensables à sa réalisation ont été également créés et opérationnalisés. Spécifiquement, sur le volet des questions politiques et institutionnelles, on peut se féliciter de la poursuite de l’opérationnalisation des nouvelles régions et la mise en place quasi effective des autorités intérimaires. Sur le volet «Défense et sécurité», les progrès portent sur l’intégration de plus de 1.700 ex-combattants dans les Forces de défense et de sécurité, le pré-enregistrement de plus de 7 400 ex-combattants en vue du Désarmement, démobilisation, réinsertion (DDR) intégral… Et concernant le volet «développement économique, social et culturel», on peut citer la création du Fonds de développement durable et l’adoption des 16 premiers projets financés par ce Fonds. Ces avancées ne sauraient garantir la mise en œuvre des dispositions essentielles. Dans son rapport d’août 2021, le Centre Carter déplorait les désaccords persistants sur les questions clés, prolongeant ainsi un manque de perspectives claires sur les mesures centrales de l’Accord. Ces mesures concernent la réorganisation des Forces de défense et de sécurité (FDS) reconstituées, les prochaines étapes du processus de DDR, l’application des mesures sur la décentralisation et les modalités de mise en œuvre des premiers projets de développement… AVANCER RÉELLEMENT – Aujourd’hui encore, nul ne sait quand démarrera le DDR intégral prévu. Et la question du Bataillon de Kidal n’est toujours pas résolue. En effet, les deux compagnies stationnées dans le camp I, depuis février 2020, ne sont pas opérationnelles. La prépondérance de la Coordination sécuritaire des mouvements de l’Azawad de Kidal (CSMAK) sur les missions de sécurisation dans cette ville n’est pas de nature à favoriser le redéploiement des Forces de défense et de sécurité reconstituées. S’y ajoutent une foultitude de dérives par rapport à l’esprit de l’Accord : l’extension territoriale de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui établit des bases et check-points bien au-delà du territoire contrôlé initialement, les parades militaires qui sont contraires à l’esprit du désarmement, les textes réglementaires décrétés par la CMA, les connivences avec les terroristes que les ex-rebelles refusent de combattre… Ces entraves sont connues et persistent depuis 2015. La «relecture intelligente de l’Accord», prônée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, devrait permettre de re-préciser les contours et d’avancer réellement dans l’application du texte. En attendant, des efforts sont à faire pour pallier le manque général d’information et de redevabilité sur les actions de mise en œuvre. Ce déficit continue à nourrir une défiance croissante du public et de certains membres de la classe politique envers l’Accord. Les signataires ont prouvé qu’ils ont bien cerné cet enjeu, en délocalisant les sessions du Comité de suivi dans les Régions de Kidal (Nord) et de Kayes (Ouest). Ces sessions ont illustré la dimension nationale du processus. Tous les observateurs conviennent que l’on ne peut se satisfaire de la situation actuelle. Et que l’équipe de médiation internationale doit peser de tout son poids, en exerçant une pression suffisante sur les parties, singulièrement les mouvements signataires qui semblent avoir intérêt à conserver le statu quo. Lors de la validation du «Plan de travail annuel 2022» du Bureau du Haut représentant du président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, Inhaye Ag Mohamed avait exhorté ces mouvements à privilégier le sens du dialogue et du compromis, surtout dans le contexte actuel où la «matérialisation de certains engagements prend du temps». «Ne prenez pas ça comme une négligence ou une nonchalance voulue ou construite de la part du gouvernement», avait-il déclaré. ID (AMAP)
Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : « Le Mali n’a eu d’autres choix que celui du retrait de tous les organes et instances du G5 Sahel »
Bamako, 17 mai (AMAP) Le Mali n’a pas eu d’autre choix que de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel y compris sa Force conjointe, a déclaré, lundi, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Dans un entretien accordé à la presse, le chef de la diplomatie malienne explique les faits qui ont conduit Bamako à du retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel y compris sa Force conjointe, comme annoncé dans un communiqué en date du 15 mai 2022. Il a rappelé qu’en février 2021 s’est tenue à N’Djamena, au Tchad, la conférence des chefs d’État du G5 Sahel à l’issue de laquelle, il a été décidé d’organiser le prochain sommet (février 2022) à Bamako pour que le Mali assume la présidence conformément à la pratique de l’organisation basée sur une présidence tournante. «Nous savions déjà, bien avant le mois de février 2022, qu’il y avait des manœuvres et des tentatives de certains pays pour empêcher le Mali à assumer la présidence. Nous sommes restés sereins jusqu’au mois de février et le Mali n’a pas eu d’indication par rapport à sa présidence », explique le ministre Diop. Face à cette situation, le président de la Transition a écrit une première correspondance à son homologue tchadien pour lui rappeler cette décision et lui exprimer la volonté et la disponibilité du Mali à assumer sa présidence et à accueillir le sommet. D’après Abdoulaye Diop, le chef de l’Etat a écrit une deuxième lettre car les réponses données n’étaient pas satisfaisantes. Dans une troisième lettre, le président Goïta a indiqué qu’il était important et impérieux que la décision soit prise pour que le Mali assume la présidence, conformément aux textes du G5 Sahel. « Mieux, il a précisé dans cette lettre que s’il n’y avait pas d’évolution substantielle pour que le Mali assume cette présidence, notre pays n’aura d’autre choix que de suspendre sa participation de tous les organes et instances de l’organisation », a dit Abdoulaye Diop. Selon lui, les autorités maliennes avaient donné la date du 15 mai pour prendre cette décision. Ce délai ayant expiré, le Mali qui n’a pas eu de réponse ne pouvait que s’assumer. Le ministre a précisé que le G5 est une organisation basée sur des textes. Toutefois, il déplore que les textes et les décisions prises ne soient pas observés. « Le pire, a poursuivi le chef de la diplomatie malienne, est que la base sur laquelle, le Mali est empêché d’assumer la présidence ne tient pas, car certains mettent en avant sa situation politique interne avec la Transition en place ». Et Abdoulaye Diop de souligner qu’aucun texte du G5 Sahel ne se fonde sur des considérations politiques ou lié à des évolutions politiques à l’intérieur d’un pays. TIRER LES FICELLES – Mieux, il a dit que le Tchad, qui assume la présidence, est conduit par une Transition comme au Mali. Egalement, M. Diop a tenu à préciser qu’aucun texte de l’organisation ne vise cela et ne prévoit qu’elle puisse endosser ou entériner des décisions car certains ont demandé que le G5 Sahel applique les décisions adoptées par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pour le chef de la diplomatie malienne, le pire, c’est un Etat non membre du G5 Sahel et extra-régional qui tire les ficelles et qui a mis un veto pour que le Mali ne puisse pas assumer la présidence du G5 Sahel. « Nous trouvons que c’est une instrumentalisation et une ingérence inacceptables. Le Mali doit en tirer toutes les conséquences parce qu’il est un Etat membre et paye près de 400 millions de Fcfa de contribution annuelle », a souligné le ministre Diop. À la question de savoir si ce n’est pas un risque pour le Mali de quitter cette organisation dans ce contexte de lutte contre le terrorisme, Abdoulaye Diop répond que « notre pays est en mesure de continuer à assurer sa sécurité ». Pour lui, le G5 Sahel avait un rôle qu’il n’a pas pu jouer entièrement. « Le Mali est parti parce que nous pensons que les principes cardinaux ne sont pas respectés », fait savoir Abdoulaye Diop. Il ajoute que le Mali quitte le G5 Sahel car « ce cadre régional ne nous permet plus de travailler mais il maintient ses relations amicales, de fraternité et de coopération avec la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad ». Mieux, il œuvrera avec chacun de ces pays dans le cadre bilatéral ou dans d’autres cadres appropriés pour travailler sur les questions de développement, de coopération, d’intégration comme sur des questions de sécurité. Le ministre Diop rassure les Maliens qu’il n’y a pas de vide particulier que le G5 Sahel laisse sur le terrain. Selon lui, le travail qui doit être fait est en train de l’être par les Forces de défense et de sécurité du Mali. Il assure aussi que « nos Forces de défense et de sécurité ont, aujourd’hui, des moyens pour pouvoir sécuriser notre territoire national et prendre en charge les différents mécanismes de protection des populations ». DD/MD (AMAP)
Les FAMa ont neutralisé douze terroristes, interpelés sept autres, dans la zone de Banamba (officiel)
Bamako, 17 mai (AMAP) Le Groupe tactique interarmes GTIA Kélétigui 1 a mené, du 10 au 14 mai 2022, dans la zone de Toubakoro Sylla, à une cinquantaine de km au nord de Banamba (Ouest), une opération offensive dont le bilan est de 12 terroristes neutralisés, 7 interpelés, 12 motos, des bidons d’essence et du matériel de guerre saisis., indiquent des sources militaires. Dans un communiqué, les Forces armées maliennes maliennes (FAMa), indiquent que sous le leadership du commandant en chef du GTIA, le colonel Boubacar Yassanry Sanogho et conduite par le colonel Seydou Bassirou Niangado, « tout a commencé, quand une section renforcée du GTIA, lors de sa progression a été accrochée, le mercredi 11 mai 2022, par une colonne logistique des Groupes armés terroristes (GAT), entre Toubakoro Sylla et Séméné ». Ce premier accrochage a fait sept morts chez les GAT dont 6 éléments ont été arrêtés. « Au cours de leur fuite en direction du sud de Toubakoro Sylla, un autre GAT a été intercepté par le deuxième échelon du GTIA, initialement installé à Ouléni ». Selon les FAMa, « cette seconde opération a permis la neutralisation de cinq terroristes, d’autres se sont enfuis dans la forêt ». « Des motos et du matériel de combat ont été récupérés. Les FAMa ont procédé à des tirs de mortier et de SPG9, dans ladite forêt ». Au cours de ces manœuvres, le GTIA a enregistré 2 blessés légers. En plus de ces évènements, le 12 mai 2022, vers 2 heures du matin, un autre groupe composé de 5 terroristes a tenté de mener une action de sabotage dans le nouveau camp militaire de Banamba où se trouve le PC du GTIA. « L’élément précurseur a été arrêté et les 4 autres restés très loin du camp n’ont pas été retrouvés ». Mis en examen par la prévôté, le suspect a déclaré avoir participé à l’embuscade du 29 décembre 2021 contre le GTIA Kélétigui 1 au cours de laquelle, la mission a subi des pertes en vie humaine. Le chef de mission, le colonel Niangado, a déclaré que les éléments arrêtés seront mis à la disposition de la prévôté « pour toutes fins utiles ». Il « a vivement salué la prouesse de ses hommes dont le courage et la détermination restent un atout majeur dans ce combat ». L’officier a, aussi, rappelé que la défense de la patrie est comme la foi en Dieu et « un devoir pour tout militaire ». MD (AMAP)
Mali : Une tentative de coup d’État avortée
Bamako, 16 mai (AMAP) Une tentative de coup d’État par des militaires « soutenus par un Etat occidental » a été déjouée au Mali, dans la nuit du 11 au 12 mai 2022, a annoncé lundi soir un communiqué du gouvernement. Le putsch a échoué « grâce à la vigilance et au professionnalisme des Forces de Défense et de Sécurité du Mali », poursuit le communiqué gouvernemental, Il explique la tentative a été menée dans un « dessein malsain de briser la dynamique de la Refondation du Mali » par un « groupuscule d’officiers et de sous-officiers anti-progressistes maliens ». Le gouvernement « condamne avec la dernière rigueur cette indigne atteinte à la sûreté de l’Etat » dont l’objectif est « d’entraver, voire annihiler les efforts substantiels de sécurisation de notre pays et le retour â un ordre constitutionnel, gage de paix et de stabilité », indique la même source. Par la même occasion, le gouvernement « informe que dans le cadre de l’enquête et de la recherche des complices impliqués dans ce projet funeste que tous les moyens nécessaires, ainsi que les mesures appropriées ont été déployées ». Il s’agit notamment du « renforcement des contrôles aux sorties de la ville de Bamako et aux postes frontaliers du Mali », précise le commumiqué. Le texte ajoute que « les personnes interpellées seront mises à la disposition de la justice », avant d’assurer que « la situation est sous contrôle ». MT/MD (AMAP)
Kangaba : Échanges sur les plans transfrontaliers de développement local
Kangaba, 16 mai (AMAP) Le préfet de Siguiri en Guinée, Colonel Douramoudou KEITA et son homologue de Kangaba au Mali, Allidji BAGNA ont coprésidé le mardi 10 mai 2022 dans la salle de conférence Tèninkoman KEITA de l’hôtel Mandé de Kangaba, les travaux de l’atelier de restitution et de validation des documents finaux des plans transfrontaliers de développement local (PTDDL) des Groupements Locaux de Coopération Transfrontalière (GLCT) de l’espace Siguiri-Kangaba, a constaté l’AMAP. Les travaux de cet atelier se situent dans le cadre de la mise en œuvre du programme frontalier de l’Union Africaine. En effet, parallèlement aux activités de délimitation et de démarcation de leur frontière en cours, les autorités maliennes et Guinéennes se sont engagés dans une dynamique de coopération transfrontalière. Cette forme de coopération entre les deux pays vise à consolider leu relation séculaire de fraternité et de concorde, d’une part, et d’autre part, à promouvoir le développement et la sécurisation des espaces frontaliers. En vue d’opérationnaliser cette coopération transfrontalière, plusieurs organes ont été mis en place dont le GLCT qui a pour objectif de promouvoir, de soutenir, d’encourager et de coordonner les actions de coopération transfrontalière dans l’espace frontalier Siguiri-Kangaba. Il s’agit donc d’amener les GLCT à assurer la maitrise d’ouvrage du renforcement de l’intégration de proximité et du développement des espaces frontaliers qui sont généralement enclavés et sous-équipés. Pour y parvenir, les GLCT se sont dotés d’un Plan Transfrontalier de Développement Local (PTDL) qui se veut un document de référence en matière de planification transfrontalière. Voila qui explique la tenue de cet atelier de restitution et de validation du document final du PTDL de l’espace frontalier Siguiri-Kangaba. Le but de cet atelier est de restituer, d’examiner et d valider le PTDL en vue de renforcer l’intégration de proximité et de promouvoir le développement durable de l’espace Siguiri-Kangaba. De façon spécifique, il s’agit de restituer les rapports des ateliers de planification des actions prioritaires, d’examiner les documents sur la base des recommandations des ateliers de restitution et de faire valider les dits documents par les acteurs impliqués. Les deux préfets ont donné l’assurance de leur soutien et leur parfaite adhésion à ce processus. Ils ont salué les élus locaux des différentes communes bénéficiaires de ce plan transfrontalier de développement local et les ont invités en même temps que tous les acteurs, après validation du document, de veiller pour sa mise en œuvre dans l’intérêt des populations le long des frontières. A la fin des travaux, l’atelier a recommandé de mobiliser les ressources nécessaires pour la mise en œuvre du PTDL et le suivi-évaluation du PTDL. Ils sont 55 participants venus des communes de Doko et Gnagassola de la préfecture de Siguiri en Guinée, et des communes de Balan Bakama, Benkadi, Naréna, Nouga et Kaniogo du cercle de Kangaba au Mali. Signalons qu’il existe les GLCT Siguiri-Kangaba et Mandiana-Yanfolila. SD/KM (AMAP)

