Conseil national de Transition au Mali : Ouverture de la session d’octobre
Bamako, 04 oct (AMAP) La session d’octobre du Conseil national de Transition (CNT) s’est ouvert lundi au Centre international de conférence de Bamako avec pour ordre du jour principal l’examen du projet de loi de finances 2023. Le président du CNT, le colonel Malick Diaw, a présidé la cérémonie. Son homologue de la Guinée, Dansa Kourouma, à la tête d’une forte délégation, a pris part à l’évènement, qui a enregistré la présence du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, des présidents des institutions de la République et des représentants du corps diplomatique. Outre la loi de finances, d’autres projets de texte sont au menu, notamment les projets de loi de finances rectificative du budget 2022, la loi de règlement du budget d’Etat 2018, le projet de loi fixant les règles générales relatives à la réparation des préjudices causés par les violations graves des droits de l’Homme, Il y a, aussi, des projets de loi portant respectivement création de la Direction de la Justice militaire, de la Direction centrale du service de santé des Armées, de la Direction générale des Douanes et de la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali ainsi que le projet de loi relatif à la modification du Statut des fonctionnaires des collectivités territoriales. À ceux-ci, s’ajouteront sûrement d’autres dépôts en cours de session et l’examen du rapport de contrôle de l’exécution du budget du CNT au titre du 4è trimestre 2021, élaboré par la Commission de contrôle. Premier à intervenir, le président du CNT de la Guinée a indiqué que son pays et le Mali sont à un tournant décisif de leur histoire. «Nos deux pays sont confrontés à une certaine incompréhension de la part de notre organisation commune dont nous sommes membres fondateurs, la CEDEAO», a expliqué Dansa Kourouma. Il a souligné que les transitions en cours en Guinée et au Mali s’inscrivent « dans une dynamique de refondation de l’Etat en raison de la gestion hasardeuse des régimes ayant mis nos Armées respectives face à leur responsabilité devant leur peuple et l’histoire ». « Cette réalité semble échapper à nos frères et sœurs de notre organisation commune», a-t-il noté. Toutefois, il a dit que cet épisode historique, vécu comme une épreuve au niveau de nos Etats vient renforcer les liens historiques des deux pays. Selon lui, les liens entre le Mali et la Guinée résultent de l’histoire et de la géographie. Il a rappelé que le président Ahmed Sékou Touré, parlant des deux pays, disait qu’ils sont les deux poumons d’un même corps. Dansa Kourouma se souvient aussi que le Mali a refusé de fermer ses frontières à la Guinée alors frappée par l’épidémie d’Ebola. DIGNITÉ – Pour sa part, le colonel Malick Diaw a magnifié les autorités civiles et militaires de la transition dans le combat qu’elles mènent au quotidien pour redonner au Mali sa dignité et sa place dans le concert des nations. Il a salué le leadership et la clairvoyance du président Assimi Goïta, ajoutant que si le président Amadou Toumani Touré a été le soldat de la démocratie au Mali, Assimi Goïta se trouve être le soldat de la renaissance du Mali. Pour le colonel Malick Diaw, ce qui s’est passé entre nos deux pays en l’espace de quelques mois est tout simplement historique. Il a, aussi, qu’avec les transitions politiques en cours au Mali et en Guinée, une autre page commune de l’histoire de nos deux pays est en train de s’écrire. Sur un autre chapitre, le président du CNT a évoqué la situation sécuritaire dans le pays marqué ces dernières semaines par des attaques sporadiques dans plusieurs localités de la part des groupes armés terroristes. Selon lui, ces actions désespérées prouvent que les terroristes et leurs complices sont aux abois et en perte de vitesse. Il aussi parlé de l’affaire des 49 soldats ivoiriens suspects arrêtés au Mali et présentés comme des Eléments nationaux de soutien. Selon lui, cette obscure affaire qui continue de susciter beaucoup d’interrogations exige désormais de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) une plus grande clarté et une plus grande coordination avec les autorités maliennes dans la conduite de ses opérations. Mais aussi sur les conditions de déploiement et de rotation des troupes onusiennes sur le territoire malien ainsi que la gestion des Eléments nationaux de soutien. Le président Diaw a, enfin, souligné que l’intersession qui s’achève a été principalement marquée par la restitution de la nouvelle loi électorale à travers le pays. DD/MD (AMAP) a
Rentrée scolaire 2022-2023 au Mali : Démarrage effectif des cours
Par Sidi Y. WAGUÉ Bamako, 03 oct (AMAP) Plus de 3,5 millions élèves des écoles fondamentales publiques (niveau 1 et 2), repartis dans 20.131 établissements scolaires ont repris le chemin de l’école, lundi, au Mali, pour la rentrée scolaire 2022-2023, après trois mois de vacances, selon des statistiques fournies par le directeur national de l’enseignement fondamental, Issoufi Arbert Touré. À Bamako, le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, accompagné des membres du gouvernement, dont la ministre de l’Éducation nationale, Mme Sidibé Dédéou Ousmane, a donné le coup d’envoi de la reprise des cours au Groupe scolaire «Mamadou Konaté», Le thème cette année est «la lutte contre le changement climatique : un élève, un arbre» pour le fondamental et «la paix et la réconciliation nationale» pour les autres niveaux d’enseignement. Le chef du gouvernement par intérim a assisté, dans une classe de 9è année, à une leçon modèle sur le thème de la rentrée scolaire 2022-2023 au niveau fondamental, «le changement climatique, un élève, un arbre», avant de planter un arbre dans la cour de l’établissement. Le colonel Maiga s’est également rendu au jardin d’enfants «Kassé Keïta» puis au lycée «Notre Dame du Niger», où il a suivi la leçon modèle sur le thème : «la paix et la réconciliation nationale». Dans une interview qu’il a accordée à la presse, le colonel Abdoulaye Maïga a indiqué que le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a une vision claire du Mali de demain, donc du Mali kura (nouveau Mali). Il a soutenu que l’épine dorsale du Mali Kura reste l’Education et l’avenir de nos enfants. Selon lui, les acquis de l’école seront préservés et pérennisés dans le temps grâce à l’éducation que nos enfants recevront. Le colonel Maïga s’est, aussi, réjoui de voir des enseignants engagés et enthousiastes et des élèves heureux de retrouver l’école. Il compte sur l’accompagnement des partenaires de l’école, notamment de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et le bureau de coordination de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) qui doivent s’investir pour sécuriser l’espace scolaire. Par ailleurs, le chef du gouvernement par intérim a salué le geste des Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 pour avoir suspendu leur mot d’ordre de grève de l’année dernière afin de faire l’union sacrée autour du gouvernement. « Les doléances des enseignants sont en train d’être examinées », a assuré le Premier ministre par intérim, tout en annonçant qu’une conférence sociale sera « une solution pour traiter, de manière globale, toutes les revendications des enseignants ». Se réjouissant d’une année scolaire apaisée et réussie en 2021, il en a appelé à l’engagement et au patriotisme des enseignants pour que une année 2022-2023 soit apaisée et pacifique. Et d’ajouter que les réponses apportées par le gouvernement commencent à produire des effets. « Mais, il est important, a-t-il dit, de continuer sur cette lancée ». Quant à la ministre de l’Education nationale, elle a procédé à la remise officielle de kits scolaires aux élèves du lycée Ba Aminata Diallo (LBAD) et de l’École centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (ECICA). La ministre a, également, révélé que l’État investit 1,3 milliard de Fcfa pour l’alimentation scolaire, plus de 2,4 milliards de Fcfa pour les fournitures scolaires dans les lycées publics et écoles techniques et professionnelles et 57 milliards de Fcfa dans les écoles privées (au titre de bourses et frais scolaires des élèves). «Globalement, chaque année, l’État débloque plus de 60 milliards de Fcfa pour l’éducation de nos enfants», a déclaré Mme Sidibé Dédéou Ousmane. Notre équipe de reportage s’est rendue aux groupes scolaires «Sega Diallo» de Bozola et «OPAM» à Quinzambougou pour constater l’effectivité de la rentrée scolaire. Dans le premier établissement, tous les élèves étaient en classe. Les enseignants, aussi. Les cours se déroulaient normalement à la satisfaction du directeur-coordinateur du Groupe scolaire Aly Sidèye Touré. Deux agents du Centre d’animation pédagogique (CAP) de Bozola étaient sur les lieux pour s‘assurer de la reprise des cours et recenser les difficultés énumérées. L’OPAM compte 4 écoles fondamentales (OPAM 1, 2, 3 et 4). Les enseignants dispensaient les cours. La rentrée des classes s’est, aussi, bien déroulée dans cet établissement scolaire qui accueille 1.100 élèves, repartis dans 24 salles de classe pour 47 enseignants. L’établissement continue d’enregistrer des cas de transfert d’élèves. Le coordinateur-directeur de l’établissement, Boubacar Coulibaly, a déploré la persistance de certaines difficultés qui pourraient empêcher les élèves de suivre normalement les cours. Il s’agit du non-paiement des salaires des enseignants pour le mois de septembre 2022, de l’insuffisance de livres de lecture, de mathématique, de sciences naturelles pour les classes de 7è, 8è et 9è années. L’insuffisance de ressources humaines, tables-bancs et des toilettes dégradées sont aussi des soucis. La cour de l’ECICA grouillait d’élèves. Certains consultaient le tableau d’affichage pour retrouver leurs noms et d’autres récupéraient leurs fournitures scolaires à la direction. SYW/MD (AMAP)
Le président sierra-léonais a effectué à Bamako une visite d’amitié et de solidarité
Bamako, 03 oct (AMAP) Le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, en visite d’amitié et de solidarité à Bamako, a affirmé, vendredi, qu’en tant que militaire, il a traversé la même situation en Sierra Leone, à savoir «une transition militaire-civile», comme au Mali aujourd’hui. «Je suis ici pour voir avec mon homologue malien, échanger avec lui sur comment nous avons vécu cette expérience en Sierra Leone afin d’avoir le même résultat au Mali», a insisté le président sierra-léonais. Selon lui, cette phase a conduit à un processus de stabilisation, de paix définitive dans le pays. Julius Maada Bio a inscrit son séjour dans le cadre d’une solidarité à l’endroit du peuple malien. Il a indiqué que les quelques heures passées dans la capitale malienne, lui ont permis de partager son expérience dans la conduite de la Transition. Il a confié avoir, également, évoqué avec le chef de l’État la situation des 46 militaires ivoiriens détenus à Bamako. «Nous avons échangé là-dessus et avons regardé de quelle manière nous pouvons résoudre cette question-là très rapidement pour nous permettre de continuer avec les tâches de développement», a dit Julius Maada Bio. S’adressant de façon particulière aux Maliens, le président sierra-léonais a fait savoir que le monde traverse une période difficile et qu’il faut qu’on travaille ensemble pour résoudre les problèmes de l’heure. «Je souhaite qu’il y ait un processus de Transition qui se passe dans la paix et que l’issue de cette Transition nous amène vers une élection transparente et un régime civil», a conclu le président Maada Bio. Accompagné de ses ministres des Affaires étrangères, David A. Francis, de l’Energie, Alhaji Kanja Sesay et de son Porte-parole, Yusuf Keketomu Sandi, le président Maada Bio, a été accueilli, vendredi, à l’aéroport international président Modibo Keita Sénou, par le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, pour une visite d’amitié et de travail de 24 heures. Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, le président du Conseil national de Transition, (CNT) le colonel Malick Diaw, des membres du gouvernement et du corps diplomatique étaient présent à l’accueil. Après le cérémonial protocolaire les deux chefs d’État ont eu un tête-à-tête dans le salon d’honneur de l’aéroport. Le président de la Transition et son hôte ont eu, ensuite, un deuxième tête-à-tête au palais de Koulouba, avant de présider la séance de travail élargie aux membres des deux délégations. À la fin de la rencontre, le président de la Sierra Leone a déclaré à la presse être venu rendre visite à «un ami et un frère». «J’étais là avant le changement de régime. Maintenant, je me dois de venir avec le changement échanger sur les questions d’intérêt général et d’intérêt commun à nos deux pays. Et aussi de partager mon expérience et mon vécu avec lui», a-t-il dit. BD/NK/MD (AMAP)
Maleye Diop est le nouveau Représentant résident du PNUD au Mali
Bamako, 03 oct (AMAP) Maleye Diop est le nouveau Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Mali, annonce une source officielle. Selon l’agence onusienne, avant cette nomination, M. Diop était le Représentant résident du PNUD en République du Congo de 2019 à 2022. Il a servi, respectivement, au PNUD, au gouvernement et dans le secteur privé dans son pays, le Sénégal, en tant que Directeur Pays Adjoint des Programmes du PNUD Mali, Directeur Pays au PNUD Burkina Faso, Responsable mondial du Programme de partenariats public-privé pour la fourniture de services du PNUD travaillant dans les pays des 5 régions du PNUD (Afrique, Asie-Pacifique, Amérique latine et Caraïbes, États arabes, Europe de l’Est et CEI), basé à Pretoria/Johannesburg (Afrique du Sud). Il a, aussi, été Conseiller régional Afrique sur les partenariats public-privé, basé à New York aux USA. Avant de rejoindre le PNUD en 2000, Maleye Diop a travaillé pendant 13 ans pour son pays d’origine, le Sénégal, au sein du gouvernement et du secteur privé : ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, ministère de l’Hydraulique, le Bureau de l’Organisation et des Méthodes à la Présidence de la République et dans le secteur privé comme ingénieur-conseil. Le nouveau représentant résident du PNUD Mali a été Humphrey Fellow du gouvernement américain. Il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en politiques publiques avec spécialisation sur les partenariats public-privé de l’Université RUTGERS aux États-Unis ainsi que d’une maîtrise en gestion de projet de l’Université internationale de la francophonie au service du développement de l’Afrique (Université Léopold Sédar Senghor) d’Alexandrie (Égypte). Il est, aussi, détenteur d’un diplôme d’ingénieur de conception en Génie civil de l’Ecole polytechnique de Thiès (Sénégal). MD (AMAP) .
Mali : Le business lucratif des analyses et examens médicaux
Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 03 oct (AMAP) Ils sont éminemment utiles à la communauté, notamment dans la prise en charge des maladies. Ils ont pris l’engagement (Serment d’Hippocrate) d’être fidèles à l’éthique et la déontologie dans l’exercice de leur profession qui, soit dit en passant, est un sacerdoce. Il s’agit des médecins, parmi lesquels certains qui envoient systématiquement les patients vers des structures privées même lorsque les analyses peuvent être effectuées dans les établissements publics. Esprit mercantile ou non-respect du serment d’Hippocrate ? Malheureusement certains des praticiens ont des comportements a contre-courant de cet engagement. Ceux-ci, par amour du gain, semblent se faire une spécialité d’envoyer les malades et autres usagers des établissements publics de soins (hôpitaux et centres de santé de référence) vers les structures privées pour des analyses biomédicales ou de radiographie. La formule consacrée est : «Les résultats des analyses ou des radios de telle structure sont plus fiables que ceux des établissements publics». Qu’est-ce qui explique ce phénomène ? Pourquoi ces pratiques continuent-elles de perdurer ? Abdoul Karim Sangaré, chauffeur de son état, a du mal à comprendre les raisons qui poussent des médecins à orienter systématiquement les patients vers les structures privées qui utilisent très souvent les mêmes compétences que les établissements publics. Il explique avoir vécu, au moins deux fois, cette situation au Centre de santé de référence (CSRéf) de Kalabancoro. Et de s’interroger sur la pertinence de cette pratique dans la prise en charge d’une pathologie. Elle impose des surcoûts aux malades et leurs familles. Or, il est généralement admis que pour faire face au coût du traitement de certaines maladies au Mali, le patient moyen est contraint, très souvent de battre, le rappel des parents. PROPENSION – Comme Abdoul Karim Sangaré, d’autres aussi s’interrogent et veulent comprendre pourquoi pour même un simple examen d’échographie dans un CSRéf), certains praticiens ont la propension d’envoyer les patients dans les structures privées. Un doctorant, sous le couvert de l’anonymat, explique que la pratique jure d’avec l’éthique et la déontologie de la médecine. Il condamne la pratique, mais tente d’en trouver une explication. Pour lui, « c’est généralement une pratique du personnel qui n’est pas recruté, autrement des bénévoles qui officient dans les structures de soins. Beaucoup de malades et usagers des établissements publics ne sont pas d’accord avec ce point de vue et estiment c’est bien «une problématique réelle et généralisée». Pour eux, le médecin qui s’adonne à cette pratique le fait simplement par « appât du gain ». Aujourd’hui, les malades se bousculent aux portillons de certaines structures privées sur recommandation des médecins. Ces médecins trompent les malades et autres usagers sur la qualité de l’arsenal de diagnostic des établissements publics. Malheureusement les pannes récurrentes de certains équipements de pointe dans les structures publiques comme le scanner ou l’Imagerie par résonance magnétique (IRM), y contribuent aussi. Notre doctorant reconnaît que dans certains cas, le médecin requiert un examen comparatif entre les résultats de deux structures pour s’orienter dans son protocole thérapeutique. A l’en croire, certains examens médicaux ne sont pas faisables dans les services publics. Il parle aussi de l’insuffisance de compétences dans certains domaines. RISTOURNES – Un spécialiste en cardiologie, qui consulte dans une clinique privée à Kalabancoro, explique clairement que son établissement accorde des ristournes aux médecins qui lui envoient des malades pour faire leurs examens. Ils qualifient ces médecins de collaborateurs. Et de dire que ceux-ci bénéficient parfois d’autres avantages en nature à l’occasion des fêtes, par exemple. Il soutient que les médecins des structures publiques méritent plus en matière de rémunération. Pour gagner plus, certains s’engagent dans la collaboration avec les établissements privés. Vêtu de bleue, la barbe touffue, le médecin chef du district sanitaire de la Commune IV de Bamako, Dr Abdoul Razak Dicko, ne passe pas par quatre chemins pour dénoncer la pratique. Il reconnait que le secteur de la santé compte « des brebis galeuse ». Il fustige le phénomène qui nuit « gravement à notre système de santé ». Il rappelle que le système de santé a été conçu pour rendre plus accessibles les services de soins aux populations. Ce spécialiste en santé publique estime que la pratique engendre une baisse de recettes au niveau des structures publiques et crée des difficultés de fonctionnement. Elle contribue, aussi, à la paupérisation des usagers. Le chef du district sanitaire de la Commune IV est convaincu que les agents de santé, qui orientent les patients vers les établissements privés, reçoivent des ristournes au prorata des malades envoyés. Il explique avoir déjà sanctionné un agent qui s’était rendu coupable d’une telle pratique. Notre interlocuteur explique que les médecins peuvent demander aux patients d’aller faire les analyses ou les examens dans le privé lorsqu’un appareil de l’établissement connaît une panne technique ou si la structure n’est pas en mesure de fournir le service, faute d’équipements ou de compétences. Dr Dicko invite le personnel de santé au respect du serment d’Hippocrate, en intégrant la notion de sacerdoce de la médecine. Il conseille aux malades et autres usagers de dénoncer ces actes. Pour sa part, le médecin chef du district sanitaire du Cercle de Kati, Dr Issa Guindo, explique que ces pratiques peu orthodoxes se passent à l’insu des gestionnaires des établissements publics. Il assure que chaque fois qu’il a été informé d’une pareille situation, il a pris des sanctions disciplinaires. Ceux qui s’adonnent à cette pratique « ne pensent pas aux malades mais plutôt à l’argent », déplore le médecin. Notre interlocuteur souligne que le 8 septembre dernier, les responsables des administrations hospitalières ont signé avec le ministère de la Santé et du Développement social des contrats de performance. Ces contrats ont été initiés pour améliorer le fonctionnement des hôpitaux publics de 2è et 3è références et renforcer la qualité des soins de santé au bénéfice des populations. MDD/MD (AMAP)
Mossadeck Bally élu président du Conseil national du patronat du Mali
Bamako, 03 oct (AMAP) Le président directeur général du Groupe Azalaï, Mossadeck Bally, été élu, samedi, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) pour un mandat de cinq ans, par 117 des 129 délégués inscrits, avec un taux de participation de 90,70%. Le nouveau président du CNPM dirige un bureau de 31 membres dont 5 femmes. Ce bureau a été élargi aux 9 membres du Comité statutaire. Les opérations de vote se sont déroulées sous la présidence du président de l’administration provisoire du CNPM, Soya Golfa qui est le président du Groupement des commerçants du Mali. Les opérations de vote se sont déroulées sans incident. L’accès à la salle était conditionné à la présentation d’un badge confectionné à cet effet. Le dispositif technique était aussi en place pour s’assurer du respect des consignes. La sécurité avait été renforcée autour du siège du Patronat. Des éléments des forces de sécurité étaient positionnés à l’entrée du siège du CNPM et devant la salle où se sont déroulées les opérations de vote. Après la cérémonie d’ouverture, les délégués ont installé un bureau de vote présidé par Elhadj Modibo Boundy. Il était assisté par deux assesseurs et deux suppléants. Après 6 heures de travaux (10 h à 16h), Modibo Boundi et ses collègues ont présenté à l’assistance un projet de bureau avec à sa tête Mossadeck Bally qui sera ensuite adopté par l’Assemblée générale. Le président du nouveau bureau, Mossadeck Bally, a invité les acteurs du secteur privé national à l’union sacrée. «C’est le temps de se donner la main, de s’unir, notamment tous les ressortissants du secteur privé sans exclusive. C’est aussi le temps de se projeter vers le futur, car le Mali se porte très mal, ainsi que notre économie. C’est alors le moment de voir comment relever notre pays, nos économies et nos entreprises », a dit M. Bally. Pour lui, c’est le temps pour la CNPM, « en tant qu’organisation et syndicat du secteur privé de défendre nos intérêts et de le faire de façon citoyenne, professionnelle, sans acharnement. Car avant tout, ce pays nous appartient », Le nouveau patron du CNPM s’est, également, dit honoré de la confiance placée en lui par les délégués et a appelé à la mobilisation face aux défis. L’administration provisoire a mis à profit l’assemblée générale pour de faire le point de ses activités et de présenter le rapport financier de ses six mois d’exercice. FC/MD (AMAP)
Mali: Le convoi du gouverneur de Nara (Nord-Ouest) attaqué dans le Gringalé
Nara, 01 sept (AMAP) Le convoi du gouverneur de Nara (Nord-Ouest), le colonel-major Amara Doumbia a fait l’objet, vendredi, aux environs de 10h30, d’une attaque complexe entre Kaloumba et Mourdiah, dans la forêt du Gringalet, dans le Nord-Ouest du Mali, proche de la frontière avec la Mauritanie. Des groupes armés terroristes ont fait exploser un Engin explosif Improvisé (EEI) au passage de la colonne de véhicules, puis s’en est suivi des tirs nourris. L’explosion n’a pas fait de victimes humaines mais des dégâts matériels mineurs dont une citerne légèrement touchée , L’ennemi a été mis en déroute, grâce à « une riposte vigoureuse » de l’escorte des Forces armées maliennes (FAMa) qui ont neutralisé plusieurs terroristes. Le gouverneur et sa délégation sains et saufs ont continué sur leur route. Les attaques à l’EEI sont de plus en plus fréquentes sur laxe Nara-Kwala. C’est la deuxième embuscade en un mois. La précédente a occasionné la mort de deux éléments des FAMA, près de Madina Kagôro, à 100 km de Nara BC/MD (AMAP)
Préparatifs de la rentrée des classes à Bamako : À géométrie variable
Par Sidi Y. WAGUÉ Bamako, 30 sept (AMAP) La rentrée scolaire 2022-2023 est prévue lundi prochain. Les écoles des différents ordres d’enseignement ont été assainies (certaines ont refait peau neuve) pour accueillir les écoliers qui s’apprêtent à reprendre les cours. Pour jauger l’état de préparation de l’administration scolaire dans ces différents établissements, notre équipe de reportage s’est rendue au Complexe scolaire «Farandole» de Sogoniko. Le directeur Fadaman Camara explique que les préparatifs se déroulent normalement. L’administration de l’établissement a mis les bouchées doubles pour débroussailler la cour. Les salles de classe rénovées sont prêtes à accueillir les élèves. De nouveaux élèves y sont inscrits et des cas de transfert sont en cours de traitement. Le directeur soutient que son établissement est fin prêt pour la reprise des cours. M. Camara a précisé que le complexe démarrera avec 12 classes au 1er cycle pour un effectif de 400 élèves et 7 classes au second cycle, y compris 3 classes de 9è année, pour un effectif de 309 écoliers. Quant au jardin d’enfants de l’établissement, il accueille 60 enfants. À l’orée de la rentrée scolaire, l’établissement « ne recense aucun problème majeur », selon son premier responsable. Par contre, l’administration de l’école fondamentale publique de Hamdallaye marché C, qui compte 6 classes au 1er cycle, se démène pour aplanir de nombreuses difficultés. La directrice, Mme Kamissoko Fatoumata N’Diaye, énumère ses problèmes : manque criard de matériel didactique, de tables-bancs et un problème d’électrification des classes avec des installations vétustes. Elle en ajoute d’autres liés à l’état défectueux des toilettes et robinets, aux inondations de la cour de l’école. Comme pour ne rien arranger, la cour est remplie de boue et d’herbes. « Ces mauvaises conditions d’apprentissage font que les parents ne se bousculent pas aux portillons de l’établissement pour inscrire leurs enfants », explique Mme Kamissoko qui ne fait pas dans la dentelle. Pour elle, cette situation justifie le fait que les parents d’élèves du quartier préfèrent inscrire leur progéniture dans les écoles privées plutôt que dans l’école fondamentale publique de Hamdallaye marché C. Anecdote assez révélatrice, Mme Kamissoko Fatoumata N’Diaye révèle avoir enregistré, à la date du 28 septembre 2022, une seule inscription en 1ère année. Et l’année dernière elle avait enregistré seulement deux inscriptions en 1ère année. Elle déplore aussi le fait que le Comité de gestion scolaire (CGS) ne joue pas pleinement son rôle au sein de l’établissement. Un autre constat : les 6 classes de l’école fondamentale publique Hamdallaye marché E, restent fermées. Une classe de 2è année abrite même une famille. Et une dame était en train de cuisiner à l’entrée de la classe. C’est une situation qui mérite d’être tirée au clair par les autorités scolaires. À en croire Mme Kamissoko Fatoumata N’Diaye cette situation perdure depuis 2014, année où sa collègue directrice de cet établissement a fait valoir ses droits à la retraite. La directrice de l’école fondamentale Hamdallaye marché C est sûre et certaine et invite les services compétents de l’Éducation nationale à investiguer en vue de prendre les dispositions qui s’imposent. Au niveau de Dravéla 2è cycle I, le directeur Mamadou Doumbia a publié la liste des élèves qui passent en classes supérieures, ceux qui redoublent mais, aussi, les cas de transfert et d’exclusion. En dépit d’une insuffisance de personnel enseignant, M. Doumbia assure que son établissement « reprendra les cours, conformément aux instructions de la hiérarchie mais dans des difficultés notoires. » Le lycée «Prosper Kamara» (LPK) d’Hamdallaye est un établissement parapublic, c’est-à-dire qu’il reste à cheval entre le public et le privé. Le proviseur de cet établissement d’enseignement secondaire, Cléophas Dakouo, relève que les inscriptions ont débuté le 12 septembre dernier pour clore le 30 du même mois. Les anciens élèves des classes de 10è année et ceux des 11è et 12è années, toutes séries confondues, ont commencé leur réinscription au titre de l’année scolaire 2022-2023. L’établissement doit accueillir 350 nouveaux élèves admis au Diplôme d’études fondamentales (DEF) 2022. Toutes les dispositions semblent avoir été prises pour le démarrage des cours à la date indiquée. Le constat général de la situation est que la rentrée scolaire du début de semaine est diversement préparée dans les établissements. Certains sont prêts à accueillir les écoliers et à démarrer les cours. D’autres ne répondent pas aux préalables. SYW/MD (AMAP)
Affaires des militaires ivoiriens détenus au Mali : Les émissaires de la CEDEAO ont quitté Bamako sans aucune déclaration
Bamako, 29 sept (AMAP) Les envoyés spéciaux de la Conférence des chefs d’État de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour dénouer le dossier des militaires ivoiriens en détention au Mai, ont quitté, jeudi, Bamako sans faire aucune déclaration. Les présidents ghanéen, Nana Akufo Addo, et gambien, Adama Barrow ainsi que le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey ont eu des entretiens à huis clos avec les autorités de la Transition au Mali, au palais présidentiel de Koulouba, pour tenter de trouver une situation à la crise des 46 militaires ivoiriens qui oppose Bamako à Abidjan. Au terme de plusieurs heures de discussions, rien n’a filtré de cette rencontre. Ils sont repartis de la capitale malienne sans le moindre communiqué final ou déclaration à la presse. Le président ghanéen Nana Akufo-Addo s’est juste contenté de dire aux journalistes que la CEDEAO entretient « toujours de bonnes relations» avec le Mali, avant de s’engouffrer dans son véhicule pour l’aéroport. Sollicité par la presse, le président Adama Barrow et le chef de la diplomatie togolaise n’ont pas souhaité faire de déclaration. Les envoyés spéciaux de la CEDEAO semblent garder la teneur des discussions avec les autorités maliennes pour la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation communautaire. Depuis son sommet extraordinaire tenu le jeudi 22 septembre 2022 à New York (Etats-Unis d’Amérique) en marge de la 77è session ordinaire de l’assemblée générale des Nations unies à la demande du président ivoirien, Alassane Ouattara, la CEDEAO tente de trouver par la voie diplomatique une solution dans l’affaire des militaires ivoiriens détenus au Mali depuis le 10 juillet pour «tentative d’atteinte à la sureté de l’État». Les dirigeants ouest africains ont dépêché à Bamako une délégation de haut niveau composée du président de la Gambie, Adama Barrow, du président du Ghana, Nana Akufo-Addo. Préalablement annoncé parmi les visiteurs de marque, Faure Gnassingbé, le président togolais non moins principal médiateur dans la crise entre la Côte d’Ivoire et le Mali concernant le dossier des militaires ivoiriens en détention, n’a finalement pas effectué le déplacement de Bamako. Toutefois, il s’est fait représenter par son ministre des Affaires étrangères, Pr Robert Dussey. Le médiateur de la CEDEAO pour le Mali, l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, faisait également partie de la délégation. C’est exactement à 11h 08 mn que l’avion transportant le président gambien s’est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport international Président Modibo Keïta de Bamako-Senou. À sa descente d’avion, Adama Barrow a été accueilli au bas de la passerelle par le président Assimi Goïta. C’était en présence du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement. Etaient aussi à l’accueil des autorités administratives et coutumières de Bamako ainsi que le corps diplomatique accrédité au Mali dont le patron de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), El Ghassim Wane, et le chef de la Délégation de l’Union européenne (UE), Bart Ouvry. Après les salutations d’usage suivies de l’exécution des hymnes du Mali et de la CEDEAO par la fanfare nationale, les deux chefs d’État ont regagné le salon d’honneur du pavillon présidentiel pour un rafraîchissement. Une heure plus tard, l’avion du président ghanéen a atterri sur la piste. Même cérémonial pour le président Goïta qui a accueilli son hôte avec tous les honneurs. Après l’accueil, le chef de l’État a d’abord pris congé de ses deux homologues avant de les retrouver quelques minutes plus tard au palais de Koulouba. A la tribune des Nations unies, le samedi dernier, le Premier ministre malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maiga, s’était indigné du fait que le Mali ait été l’objet d’une combine par rapport au dossier des 46 mercenaires ivoiriens, ajoutant qu’il y avait eu « une synchronisation, une mise en scène et une harmonisation des éléments de langage pour faire passer notre pays du statut de victime à un statut de coupable ». De retour de New York, le colonel Abdoulaye Maïga a martelé que c’était un dossier judiciaire et que le gouvernement n’était pas du tout bien placé pour s’impliquer dans les questions judiciaires. Pour lui, seul le président de la Transition peut le faire, en sa qualité du président du Conseil supérieur de la magistrature. Parmi les 49 soldats ivoiriens arrêtés au départ à l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako-Senou, le 10 juillet 2022, trois femmes ont été libérées, le 3 septembre dernier, par la justice malienne pour des «raisons humanitaires». Une libération au crédit du médiateur principal, le président togolais, Faure Gnassingbé. Le sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, en marge de la 77ème Assemblée générale de l’ONU, à New-York, a décidé, jeudi, de l’envoi « incessant » dans la capitale malienne de cette mission composée, initialement des chefs d’État ghanéen, Nana Akufo Addo, sénégalais, Macky Sall, et togolais, Faure Gnassingbé, pour obtenir la libération de 46 soldats ivoiriens détenus au Mali L’arrivée de cette mission d’abord prévue le mardi 27 septembre, a été décalée de deux ou trois jours, à l’initiative du gouvernement malien. Le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale avait évoqué, dans une note adressée à l’organisation sous-régionale, « des contraintes d’agenda » pour expliquer ce léger report de la visite des chefs d’État ouest-africains à Bamako AT/DD/MD (AMAP)
Travaux d’entretien routier à Bamako : Ces chantiers interminables qui entravent la circulation
Par Babba B. COULIBALY Oumar SANKARÉ Bamako, 29 sept (AMAP) Dans la capitale malienne, Bamako, plusieurs voies urbaines sont impraticables aujourd’hui. Pas seulement à cause de la mauvaise qualité de la chaussée. Mais, surtout, à cause des engins et des matériaux de construction souvent laissés à l’abandon par des nombreuses entreprises incapables d’honorer leurs engagements. Les usagers de la route vivent un véritable calvaire. «Nous voulons des routes en bon état. Les travaux d’entretien routier en cours perturbent véritablement la fluidité de la circulation. Ils ont pris trop de retard. Des embouteillages montres partout. Les déviations improvisées rendent la vie dure aux usagers qui ne maîtrisent pas bien les zones concernées. Les entreprises doivent accélérer la cadence pour libérer les voies afin de soulager les usagers». Ce cri du cœur du conducteur Mohamed Diarra, excédé, résume le calvaire que vivent les Bamakois en cette période d’hivernage. Hivernage généralement synonyme de cauchemar pour eux. En ce mois de septembre 2022, il pleut encore, presque quotidiennement, sur Bamako. Le goudron est inexistant sur plusieurs tronçons. Des nids de poules similaires à des « baignoires d’éléphants » essaiment le bitume qui, un peu partout, ressemble à une gruyère. Pendant ce temps, des chantiers de construction, d’entretien routier et d’ouvrage d’assainissement (caniveaux et collecteurs) sont nombreux à travers la ville, depuis près de trois mois. Des chantiers qui sont au point-mort pour la plupart, si ce n’est à l’arrêt. Des tas de gros cailloux, de sable et de graviers longent les caniveaux et ces routes-là. Réduisant ainsi la largeur des routes qui sont devenues inaccessibles. Les cas les plus emblématiques aujourd’hui sont les voix traversant le Quartier sans-fil, le marché de Sabalibougou, le quartier Golf… Les entreprises abandonnent matériaux et machine sur place, sans aucune mesure pour faciliter la circulation, en créant des déviations. Ce phénomène est récurrent ces dernières années. Les populations, à l’image de Moussa Samaké, vivent très mal cette situation. «À cause de ces travaux à durée illimitée, nous éprouvons toutes les peines du monde à rejoindre nos maisons, après le travail ou des courses en ville. Nous sommes, pour ce faire, obligés de prendre des rues adjacentes souvent en très mauvais état ou des déviations de fortune pour y accéder», déplore-il, suant à grosses gouttes. Sur la rive gauche du District de Bamako, les travaux de réhabilitation du tronçon passant par le marché de Wolofobougou entravent la mobilité des usagers. Ce tronçon est stratégique, car les camions de marchandises, en provenance du Sénégal et de la Mauritanie, empruntent cette voie. Il n’est plus carrossable à cause de son état de dégradation avancé. Les eaux de pluie ont creusé des trous béants, un peu partout, le long du tronçon. Au passage de notre équipe, le contrôleur de chantier était absent. Le chef des ouvriers présent se refuse à tout commentaire sur les raisons du retard dans l’exécution des travaux. À quelques mètres du pont Richard, des engins de construction barricadent carrément la route. Les motocyclistes et quelques automobilistes manœuvrent, souvent de façon dangereuse, pour pouvoir se frayer un passage. Des travaux de curage et de réhabilitation de caniveaux s’y déroulent. CINQ MILLIARDS DE FCFA – Selon une source au ministère des Transports et des Infrastructures, le budget des travaux du premier Programme d’entretien routier, réalisé entre février et juin, se chiffre à 5 milliards de Fcfa. Cette phase a concerné la réalisation des caniveaux et la réhabilitation de certains tronçons à travers la ville de Bamako. Il s’agit notamment de la voie passant devant le Palais des Sports, la Cité des enfants à Niamakoro et Bacodjicoroni. « Concernant le programme actuel, les entreprises peinent à démarrer les travaux », déplore notre interlocuteur, sans préciser le montant exact alloué à cet effet. Selon lui, les entreprises locales qui ont bénéficié des marchés manquent de moyens suffisants. «Nous comprenons la frustration des populations. On a demandé de valoriser les entreprises maliennes. Les travaux d’entretien routier en cours ont été donnés uniquement aux entreprises maliennes. La plupart d’entre elles n’arrivent pas à travailler malgré la remise des sites. L’État leur a pourtant versé les montants», nous confie notre source. Malgré cela, les travaux n’ont pas encore débuté sur certains sites, selon une note d’information fournie par le ministère des Transports et Infrastructures. Il s’agit des voies RN7-Magnambougou-Banankabougou-RN6, corniche (Magnambougou-3eme Pont), la rue OUA Faso Kanu-École Cheick Anta Diop-Marché Magnambougou, la Rue 883, Tour de l’Afrique-intersection Aéroport, (rue du gouverneur Faladié Sema). Les travaux de la RN7- IJA – Niamakoro cimétière Faladiè-voie des 30 m, RN7 (UATT)-CNREX-BTP-Niamakoro-Voie des 30 m, RN7-1008 Logements sociaux-Sirakoro, RN6-Niamana , RN7-Base militaire 101 de Sénou, RN7, Daoudabougou-Limite District Sénou, Marché de Sénou au niveau de la RN7 n’ont toujours pas commencé. «Effectivement, des entreprises sont en retard», reconnaît le président de l’Organisation patronale des entreprises de construction du Mali (OPECOM). Le problème est, selon Boubacar H. Diallo, organisationnel et opérationnel. Il pointe du doigt les changements fréquents demandés par le département des infrastructures. Ce qui, selon lui, rend difficile l’organisation du travail entre les différents acteurs. Au plan opérationnel, des entreprises ont reçu leur note de service au mois de juillet durant lequel «il est interdit de travailler (Ndlr : faire des goudrons)», dit M. Diallo. « Normalement, insiste-t-il, on ne doit faire que des travaux d’urgence maintenant. Regardez les désagréments que les travaux causent en ville actuellement », ajoute-t-il. «En saison sèche, quand on barre une rue, on la finit en une semaine et on la remet en circulation. Pendant l’hivernage, on barre la rue, il pleut. On met les gens sur les autres rues qui ne sont pas aménagées, cela provoque des ennuis à tout le monde», explique-t-il. QUALITÉ, COÛT ET DÉLAI – Toutefois, relativise le patron de l’OPECOM, le département a réalisé de grands travaux durant la saison sèche. Il s’agit de la rue qui passe derrière le champ hippique à Missira. La voix qui relie Suguni Kura, à Djélibougou, Korofina Nord, Banconi, est dégagée maintenant contrairement aux autres années. « La liste est loin d’être exhaustive », dit M. Diallo. Selon lui, il fallait
