Mali : Le gouvernement opte pour la militarisation de la Police nationale et la Protection civile
Bamako, 06 oct (AMAP) La police et la protection civile maliennes seront militarisées, a annoncé le gouvernement dans le communiqué du Conseil des ministres publié mercredi. « Le projet de loi adopté consacre la militarisation de la Police nationale et de la Protection civile », précise le communiqué qui explique que cette militarisation « permettra de déployer la Police nationale dans les zones reconquises par l’Armée afin d’y assurer la sécurité des populations et de leurs biens et empêcher le retour des forces du mal ». Le projet de loi portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile que le Conseil des ministres a adopté, sur le rapport du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, intervient « au regard de la situation sécuritaire et des défis multiples auxquels les Forces de défense font face », indique la même source. La décision. qui a été « souverainement » recommandée lors des Assises nationales de la Refondation, est étendue à la Protection civile qui constitue le deuxième segment du ministère de la Sécurité et de la Protection civile avec la Police nationale. Il s’agit de « permettre de couvrir l’arrière des forces engagées au combat en vue de préserver les acquis et sécuriser l’Administration et les populations. » Sur cette base, poursuit le communiqué, « les fonctionnaires de la Police nationale et de la Protection civile engagés en opération, bénéficieront des mêmes avantages que les autres militaires. » La militarisation de la Police nationale et de la Protection civile concourt à la réalisation des objectifs de refondation de l’Etat. Elle ’était l’une des principales conclusions des Assises nationales de la refondation de l’Etat (ANR), qui ont eu lieu à Bamako, du 27 au 30 décembre 2021. SS/MD (AMAP)
Economie : La bonne affaire du commerce de l’arachide au Mali
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 06 oct (AMAP) «Venez acheter de l’arachide», «Vous en voulez ?». Des vendeurs d’arachides hèlent, presqu’en chœur, la clientèle au marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako, la capitale du Mali. Aux différentes entrées de cette place firte de négoce, ces hommes exposent des sacs de 100 kg d’arachides. En cette période, ce produit s’écoule très bien à Bamako. Assis sur une chaise, Oumar Sangaré accepte de se confier. Il importe l’arachide de Garalo, une localité située à 55 Km de la ville de Bougouni, dans le Sud du Mali. Le commerçant achète le sac de 100 kg à 15.000 Fcfa. Ses fournisseurs le livrent à Bamako où il revend avec une marge bénéficiaire. Il explique clairement qu’il peut avoir en stockenviron 2 000 sacs. Il relève aussi que ce négoce est avantageux en période d’hivernage, mais comporte aussi des risques. Les cacahouètes peuvent, par exemple, pourrir quand le véhicule de transport tombe en panne. Parfois, on peut aussi avoir des graines non mûres. Mais notre vendeur se préoccupe de la récolte globale de l’arachide cette année. «La saison paraît moins productive que les autres années. Les producteurs ont eu des difficultés pour acheter de l’engrais. Ainsi, certains n’ont pu emblaver les superficies habituelles», dit-il. Et d’ajouter que l’abondance du produit sur le marché profite moins aux vendeurs. La quantité écoulée sur les marchés de Bamako dépasse de loin les besoins. Ce qui justifie les exportations vers un pays voisin, en l’occurrence le Sénégal pour faire des profits. Pour les vendeurs, c’est une alternative pour compenser les pertes dues à la mévente sur nos marchés. Depuis plus de 10 ans, Aguibou Diarra s’est installé dans ce domaine comme rabatteur. Il invite la clientèle à s’approvisionner chez un vendeur qui propose de l’arachide de qualité en provenance du Wassoulou, de Bougouni (Sud) et de Niono (Centre). Celui-ci est fourni par les grands commerçants. «Et nous le vendons au prix du marché», laisse entendre Aguibou Diarra. Il dit réaliser un bénéficie de 1.000 Fcfa sur chaque sac d’arachide vendu. Grâce à son entregent, le vendeur arrive à écouler une cinquantaine de sacs certains jours. Ce qui lui rapporte une somme substantielle souvent. « Quand il y a surabondance d’arachides sur le marché, dit-il, les grossistes demandent aux livreurs de limiter l’approvisionnement pour leur permettre d’écouler les stocks ». Daouda Traoré, étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), qui cumule une expérience de 8 ans dans le commerce d’arachide qu’il pratique pendant les vacances. Assis devant sa marchandise, il échange avec des clients. Il note qu’il y a peu d’arachides sur le marché mais pense que cette situation est liée à la conjoncture économique. Pas avare en commentaires, il apprécie bien la qualité de l’arachide cette année du fait de l’abondance de pluie. « Des Sénégalais et Nigériens viennent acheter notre arachide pour le revendre chez eux », indique-t-il. «Les Sénégalais représentent le plus gros contingent de notre clientèle d’arachide. Ils peuvent acheter entre 50 à 60 sacs». Des femmes aussi s’approvisionnent chez nous. Celles-ci achètent par jour souvent 2 sacs :, poursuit M. Traoré. «Les cacahouètes qui entrent dans la production de la pâte d’arachide sont cédées à 70.000 Fcfa le sac de 100 kg», rappelle le jeune étudiant de 24 ans. Certains importent l’arachide de la Côte d’Ivoire entre novembre et mai. La production nationale inonde le marché entre juin et octobre. « Cette période, renchérit-il, coïncide avec la récolte de l’arachide au Mali qui s’étend de juillet à octobre ». Par jour, l’étudiant peut gagner 15 000 Fcfa de bénéfice. Il s’en réjouit puisqu’il est soutien de famille. Ce gain lui permet de faire face à certaines dépenses. « Cette année, regrette-t-il, le prix de l’arachide a augmenté à cause de la hausse du carburant ». Alima Traoré, foulard noir sur la tête, sépare le bon grain de l’ivraie. La jeune fille de 18 ans quitte Kati (sur les hauteurs de Bamako) pour s’approvisionner en arachide, tous les quatre jours, chez Daouda Traoré, pendant la saison des pluies. Elle achète le grand seau d’arachide à 5.000 Fcfa. La vendeuse d’arachide grillée, depuis 5 ans, précise que le marché est timide cette année par rapport aux années précédentes. Elle cède l’arachide à partir de 50 Fcfa et y trouve son compte. Parce qu’il lui arrive de faire 1 500 à 2 000 Fcfa de bénéfice. Au Marché de Niaréla, Fatoumata Dacko possède plusieurs fours traditionnels pour la grillade d’arachide. A côté d’elle, une dizaine de femmes sont à l’œuvre. Elle explique louer ces fours à ces femmes et travaille dans ce secteur depuis plus de 20 ans. «L’arachide coûte cher cette année. Nous nous approvisionnons à partir des marchés de Ouolofobougou et «Soukounikoura». Aujourd’hui, j’ai acheté le sac de 50Kg à 10 000 Fcfa. On parvient à écouler le produit en trois ou quatre jours», affirme Maman Tangara, parmi le groupe de femmes. Elle dit que ce travail leur permet de subvenir à leurs besoins. «Je peux gagner 3 000 Fcfa à 4 000 Fcfa de bénéfice par sac», indique-t-elle. Niakalé Fadiga est une vendeuse de pâte d’arachide depuis trois ans à Bozola, en Commune II du district de Bamako. Elle achète deux sacs pour en tirer de la pâte d’arachide et revendre dans des seaux de 5Kg à 7 500 Fcfa l’unité, mais aussi de 10 Kg à 15 000 Fcfa l’unité. Selon le chef de la statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry, la production d’arachide pour la campagne agricole 2021 était de 367.822 tonnes sur une prévision de 512.785 tonnes, soit 71,73% de réalisation. «Cette production était en baisse de 20,8% par rapport à la campagne 2020 qui était de 464.538 tonnes. Ce qui s’explique en partie par des difficultés pluviométriques », dit M. Barry. Les superficies semées en arachide, pour cette année, sont de 339.764 hectares pour les hommes et 188.299 hectares pour les femmes soit un total de 528.063 hectares. Et ce, sur un objectif de 508.749 hectares
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 05 octobre 2022
Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 05 octobre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté des projets de texte ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile. Au regard de la situation sécuritaire et des défis multiples auxquels les forces de défense font face, il a été souverainement recommandé lors des Assises nationales de la Refondation de militariser la Police nationale. Le projet de loi adopté consacre la militarisation de la Police nationale et de la Protection civile. Cette militarisation permettra de déployer la Police nationale dans les zones reconquises par l’Armée afin d’y assurer la sécurité des populations et de leurs biens et empêcher le retour des forces du mal. Elle est étendue à la Protection civile qui constitue le deuxième segment du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile avec la Police Nationale pour permettre de couvrir l’arrière des forces engagées au combat en vue de préserver les acquis et sécuriser l’Administration et les populations. Sur cette base, les fonctionnaires de la Police nationale et de la Protection Civile engagés en opération, bénéficieront des mêmes avantages que les autres militaires. La militarisation de la Police nationale et de la Protection civile concourt à la réalisation des objectifs de la refondation de l’Etat. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation de la convention de concession relative à la construction et à l’exploitation d’une centrale solaire photovoltaïque de 48 Méga Watts crêtes avec stockage dans la localité de Férékoroba/Sounsoukoro dans la Commune rurale de Ouélessébougou. La convention de concession est conclue entre le Gouvernement de la République du Mali et la Société Sélingué Solar PV pour un montant de 41,2 milliards de Francs CFA et une durée de 30 ans. Sa mise en œuvre permettra de renforcer la capacité de production nationale d’énergie et de réduire la facture pétrolière du sous-secteur de l’électricité. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des ministres a pris acte d’une communication écrite relative à la Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive et son plan d’actions 2022-2024. La criminalité transnationale, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, par leur capacité à infiltrer les sphères économiques et financières à l’échelle nationale et internationale, constituent une menace pour la paix et la sécurité mondiale. La stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme est élaborée pour faire face à cette situation. Son objectif est de créer un cadre permanent de renforcement et de suivi évaluation du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive. La stratégie est articulée autour de six axes et sera mise en œuvre à travers des plans d’actions dont le premier couvre la période 2022-2024. Sur le rapport du ministre des Affaires Religieuses, du Culte et des Coutumes, le Conseil des Ministres a pris acte d’une communication écrite relative au Plan d’actions 2020-2026 de la Politique nationale de Prévention et de Lutte Contre l’Extrémisme Violent et le Terrorisme. Face à la montée de l’extrémisme violent, le Gouvernement a adopté et mis en œuvre la Politique nationale de Prévention et de Lutte Contre l’Extrémisme violent et le Terrorisme et son plan d’actions 2018-2020. Cette politique vise à mettre en place un cadre inclusif de concertation et de coordination intersectoriel pour la mise en œuvre des actions du Gouvernement et de ses partenaires en matière de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme. L’évaluation de la mise en œuvre du plan d’actions 2018-2020 a révélé des insuffisances qu’il convient de corriger. Le présent plan d’action est élaboré à cet effet. Il couvre une période de cinq ans allant de 2022 à 2026. Le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau a informé le Conseil des ministres des résultats de la mise en œuvre des dispositions prises contre l’exploitation frauduleuse des richesses du sous-sol malien. Dans le cadre de la lutte contre l’exploitation frauduleuse des richesses du sous-sol, une mission du Ministère des Mines, de l’Energie de l’Eau, avec l’appui du Ministère de la Sécurité et de la Protection civile et du Ministère des Transports et des Infrastructures, a sillonné au cours du premier semestre 2022, certaines localités des cercles de Kangaba, Kénièba Konlondieba et Yanfolila. La mission a constaté une grande affluence d’exploitants illégaux issus de plusieurs nationalités. Ces exploitants illégaux, en plus de causer d’énormes dégâts environnementaux, spolient notre pays d’une quantité importante de devises. La mission a démantelé vingt-neuf sites d’exploitation frauduleuse, interpellé et mis à la disposition de la justice 136 exploitants illégaux. D’importantes quantités d’équipements ont également été saisis et remis à la justice. Afin de juguler ce fléau, le Gouvernement réaffirme sa volonté de renforcer et de multiplier les missions de contrôle à travers une brigade spéciale. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a cependant rappelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.
Le procureur Idrissa Hamidou Touré parle de la bonne distribution de la justice
Propos recueillis par Aboubacar TRAORE Bamako, 05 oct (AMAP) Dans cette interview, le procureur du Tribunal de grande instance de la Commune IV de Bamako aborde la problématique de la lenteur de la justice. Il explique les causes de cette situation préjudiciable à la bonne distribution de la justice. L’Essor : Quelles sont les causes de la lenteur de la justice ? Et comment se manifeste-t-elle ? Idrissa Hamidou Touré : On parle de l’incompétence lorsqu’un agent de la chaine judicaire est négligeant dans le traitement d’un dossier ou lorsqu’il produit un dossier avec des nullités ou omet de solliciter l’avis d’un expert en cas de besoin. Cela met en péril l’issue de la procédure et l’efficacité de la décision à rendre. L’efficacité d’une décision de justice est largement tributaire des qualités professionnelles de l’agent qui l’a rendue. La compétence professionnelle des praticiens de justice tient au respect d’un ensemble d’éléments : d’abord, le respect de l’éthique et de la déontologie. Aussi, des attitudes inappropriées du genre : afficher des signes d’ennui ; de nonchalance, d’impatience voire d’irritabilité, peuvent entamer la qualité des procédures voire la confiance des parties en l’appareil judiciaire. Par exemple, une victime ou même un témoin qui manque de confiance pourrait être en mesure de faire une description détaillée de ce qui s’est passé, dans un environnement émotionnellement favorable, mais pourrait être embarrassé ou se renfermer s’il a l’impression d’être exposé à la vue du public ou attaqué. Ensuite, le respect des règles de procédure telle que le principe du délai raisonnable. Il s’agit là d’une vertu qui n’est pas que personnelle mais qui engage collectivement la justice. La garantie du délai raisonnable commence à courir dès la naissance de la procédure, donc à partir des enquêtes préliminaires, par exemple, jusqu’à l’exécution de la décision par l’huissier de justice. La diligence n’est pas la rapidité ou la précipitation, lesquelles peuvent être source d’erreurs mais bien la nécessaire conscience chez l’agent de justice que sa décision est attendue et que sa négligence ou son laxisme dans le traitement des affaires peut avoir des répercussions négatives pour les parties et pour l’ordre public. Enfin, il y a le manque de moyens (humains et matériels). Nous sommes 532 magistrats sur lesquels beaucoup ne sont plus dans la distribution de la justice pour plus de 20 millions d’habitants. L’Essor : Quelles sont les formes de la lenteur de la justice ? IHT : Elle revêt plusieurs formes qui vont des enquêtes policières enlisées, des erreurs de procédures, des dossiers jamais réglés à temps aussi bien par les parquets que par les cabinets d’instruction. Mais également des dessaisissements de procédures motivés par des questions de personne, des renvois successifs et autres sine die, des cédules de citation irrégulièrement formalisées, ou qui ne le sont jamais parce que les honoraires des huissiers ne sont pas payés par l’État de sorte qu’eux aussi s’abstiennent de dépenser encore. S’y ajoutent des rabats de délibérés injustifiés et autres délibérés prorogés, la rédaction tardive des factums par les juges, le manque de ponctualité du magistrat pour l’examen des causes soumises à son office. Or, la longueur du temps obscurcit la clarté des décisions de justice. L’Essor : Que répondez-vous à ceux qui trouvent qu’il y a trop de mandats de dépôt actuellement et que les gens ne sortent pas de prison ? IHT : Il faut souligner que le taux de délinquance a explosé et que tout le monde a démissionné, laissant la régulation sociale à la seule justice. On n’a donc que le choix de réprimer. Comme disait Montesquieu : «on examine la cause de tous les relâchements, on verra qu’elle vient de l’impunité des crimes et non pas de la modération des peines». L’impunité avait trop droit de cité dans ce pays, il fallait la combattre et on est en train de gagner ce combat aussi bien dans le monde physique que dans le monde virtuel. Par exemple aujourd’hui en Commune IV, il n’y a plus ou presque de spéculateurs fonciers. Ces délinquants qui pouvaient en toute impunité, morceler même votre titre foncier et le vendre ou vendre un seul terrain à deux, trois personnes. Ils sont pour la plupart en prison et ceux qui n’ont pas été retrouvés, ont fui le pays. Depuis, les gens sont tranquilles par ici. Dans le monde virtuel, les injures grossières de père et de mère à visage découvert sur le territoire national, c’est du passé. Il ne reste plus que ceux qui sont à l’extérieur. Contre la plupart, il y a des mandats d’arrêts au niveau d’Interpol. Seulement, il se trouve que tant que la personne ne se présente pas dans un aéroport en vue de voyager ou qu’elle ne fait pas l’objet d’un contrôle de police, elle n’est pas interpellée car les agents ont tellement de choses à faire qu’ils ne vont pas les chercher. C’est souvent à la suite d’un banal contrôle de police qu’ils se rendent compte qu’il y a un mandat et alors, ils arrêtent la personne. L’avantage est que dès qu’un mandat est envoyé à Interpol, la personne visée est tout de suite inscrite au Tableau des antécédents judiciaires (TAJ) de sorte que dès qu’elle est contrôlée par la police quelque part, tout de suite, elle est arrêtée. Donc, on n’est nullement pressé concernant ces gens. Tôt ou tard ils seront arrêtés et renvoyés au pays. Aussi, ce que les gens ne disent pas à propos de la surpopulation carcérale, si la Maison centrale d’arrêt de Bamako (MCA) a été construite pour recevoir 400 personnes, c’est parce qu’à cette époque, ce n’était pas le même nombre d’habitants qu’il y a aujourd’hui dans la capitale. La population a explosé. Or, plus il y a du monde dans une ville, plus le taux de délinquance grimpe. Malgré tout, les magistrats, qui sont largement en nombre insuffisant, font de leur mieux. Par exemple, ici en Commune IV, de janvier 2022 à maintenant, on est à près de 800 mandats pour le parquet sur lesquels près de 700 ont été
Bamako : Les restaurants modernes en vogue
Par Oumar SANKARÉ Bamako, 05 oct (AMAP) La capitale malienne, Bamako, est l’une des villes africaines qui connaît une urbanisation à une vitesse ahurissante. Cette agglomération est de façon permanente en chantier avec des immeubles. Ce boom urbain tient, sans doute, grâce à une classe moyenne de plus en plus ambitieuse, qui aspire à de meilleures conditions de vie. Le «parc» gastronomique n’est pas en marge de cette modernisation. Pâtisseries et restaurants modernes poussent comme des champignons. Et nos compatriotes et ressortissants étrangers se bousculent aux portillons de ces lieux de restauration pour savourer les spécialités maliennes, africaines voire d’ailleurs. Il est 19h au restaurant «Chez Richard» à Bacodjicoroni Golf, en Commune V du district de Bamako. Cet endroit est le point de rencontre de jeunes ivoiriens vivant à Bamako, mais aussi de Maliens. «Très fréquemment, je viens ici pour savourer du Garba (Atièkè) qui est l’un de mes plats préférés», dit Mohamed Bengaly, 27 ans, ingénieur dans une entreprise de la place. Ce jour-là, la terrasse grouille de monde. Un groupe de jeunes à l’accent ivoirien y discutent. Ces derniers y viennent pour acheter du «garba», du «placali», du «donkounou» et autres. Tout autour, l’éclairage reflète sur le mobilier, luisant davantage le décor moderne. Une dizaine de tables de forme rectangulaire meuble le décor. Des jeunes mangent, en discutant ou en regardant la télévision. Un mach de football cristallise l’attention. Soudain silence total. Pénalty manqué pour le Bayern de Munich : des bruits fusent de partout. Camara, le maître des lieux est un Ivoirien. «Nous sommes ouverts depuis 2019 et rencontrons un franc succès. Les clients sont Ivoiriens, Maliens et autres Africains», explique le gérant. «Chez Richard», les clients ont la possibilité de manger sur place ou de se faire livrer partout à Bamako. Décor occidental – «Los turcos» est un restaurant turc sis à Badalabougou. À l’entrée, des voitures de diplomates (en tout cas les immatriculations sur fond vert l’indiquent). Après, une fouille méticuleuse pour raison de sécurité, nous voici à l’intérieur. L’ambiance est calme, le temps est doux. Des couples se dévorent du regard. Le décor, européen, laisse imager le type de clientèle qui fréquente le lieu. Çà et là, des tables à deux places pour des tête-à-tête. Celles de quatre sont disposées sous un hangar. À droite, des espaces sont aménagés sur le gazon. La luminosité va du sombre à l’éclairé par endroit. Pape Konaté, médecin à Bamako, discute avec des amis venus du Ghana. «Je suis un habitué du coin. Nous prenons un pot après un tour de bateau», explique-t-il. «C’est ma première fois de fréquenter un restaurant turc. Ça me fait du tourisme culinaire», enchaine son camarade Ousmane Atimbila. Ghanéen d’origine malienne, Mohamed Bocoum semble avoir des soucis avec le café turc qu’il vient de commander. «Je suis amateur de café, mais celui-ci passe difficilement. Je vais demander un jus», sourit-il. « Après trois ans hors du Mali, ajoute-t-il, c’est normal de faire le tour pour découvrir les nouveaux coins de la capitale. » Los Turcos est également fréquenté par des jeunes huppés de Bamako. Nice Cream opère au Mali, au Sénégal et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Elle est la propriété d’une famille libanaise. Cette boulangerie-pâtisserie, située à l’ACI 2000, assure une vue panoramique sur la route à travers une baie vitrée. Des comptoirs vitrés longent le hall. Derrière eux sont exposés différents produits. Vêtu d’une chemise assortie au pantalon, Julien Tremblin, un jeune diplômé de commerce, en est le gérant. «La clientèle de Nice Cream est essentiellement familiale, malienne et étrangère. En cette période, il y a également beaucoup de vacanciers», explique Julien Tremblin. Il propose différentes gammes de produits, du pain boulangerie avec des farines spéciales, viennoiserie (beurre, sucre et chocolat), pâtisserie (crème, caramel), aux glaces (lait, crème, à base de fruits locaux), ainsi que la pizza, le burger et la pâte. Comme toute activité, le secteur rencontre des difficultés. Nice Cream possède des établissements à travers la capitale malienne. Le dernier est celui de l’ACI 2000 qui emploie 16 personnes, des Maliens pour la plupart. Il y a également des ressortissants de pays de la sous-région. Julien Tremblin explique avoir un «bon partenariat avec le Centre Chiaka Sidibé». Qui, selon lui, dispense une bonne formation sanctionnée par un diplôme. Nice Cream recrute ceux qui ont de l’expérience et forment certains sur place. «En deux ou trois semaines, ils apprennent le service (servir les clients), les produits (la glace principale production), les différents postes dont la caisse : Le personnel doit être polyvalent», estime-t-il. FORMATION – Awa Bagayoko, teint noire, taille fine, est pâtissière. «J’ai reçu une formation à Azalai hôtel. C’est après avoir travaillé un certain temps là-bas que je suis venue ici», dit-elle. « Le secteur est pourvoyeur d’emplois », confirme-t-elle. Le quadragénaire Alkassoum Maïga est dans l’événementiel (sono, caméra, lumière, photo et vidéo). Apres avoir passé 10 ans en France, il rentre au pays. «Dans le domaine, les opportunités sont nombreuses et la restauration reste un domaine porteur», confirme-t-il. Après une journée de labeur, les gens cherchent où s’asseoir en soirée pour discuter, passer du bon temps. À chaque fois qu’un nouvel endroit ouvre, c’est la ruée », constate-t-il. «J’ai des amis qui sont dans la restauration, il arrive qu’ils manquent de place pour les clients et surtout de parking pour leurs véhicules», explique Alkassoum Maïga. Dr Kawélé Togola est professeur d’anthropologie au département de sociologie et d’anthropologie à l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako. Selon lui, cette situation est liée à un certain standing économique atteint par certains individus. «Cette prolifération de pâtisseries et restaurants modernes relève d’une occidentalisation du visage de notre société, particulièrement de nos modes de consommation alimentaire», analyse l’universitaire. Cela donne accès à un nouveau type de nourritures préparées selon des standards internationaux. On peut constater que ceux qui servent dans ces restaurants, dans la plupart des cas, ont fait des formations et ont une expertise dans le domaine. « Aussi, soutient l’universitaire, les gens ont le souci de leur santé : on estime en ce sens que
Signature d’un accord de financement de 101 milliards de Fcfa entre les États-Unis et le Mali
Bamako, 05 oct (AMAP) Les Etats-Unis d’Amérique ont mis à la disposition du Mali 101 milliards de Fcfa (148.5 millions de dollars) dans le cadre d’un amendement à l’accord d’aide au développement entre les deux pays signé le 19 septembre dernier, par le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et la directrice de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) au Mali, Miriam Lutz. Un communiqué de presse de l’ambassade Etats-Unis au Mali, rendu public mardi, indique que l’amendement comprend 17 millions de dollars (soit 11,5 milliards de Fcfa) « en aide d’urgence annoncée précédemment dans le secteur de l’agriculture et la nutrition destinée aux communautés du Mali pour faire face à la flambée des prix sur les aliments; une flambée causée par la guerre de la Russie contre l’Ukraine. » Selon la même source, « ce nouveau financement permettra à directement 300 000 familles d’agriculteurs de bénéficier d’engrais et de semences améliorées afin de renforcer la capacité (du Mali) à pouvoir nourrir sa population sans avoir à dépendre d’importations onéreuses. » Une partie de cette aide « est déjà perceptible sur le terrain avec la distribution par l’USAID de 1,2 million de sacs de 500 g de farine enrichie à plus de cinq mille femmes enceintes et allaitantes et 30 000 jeunes enfants ». Cet appui permettra de lutter contre la malnutrition aiguë en période de soudure dans certaines des localités les plus touchées dans le Centre du Mali. « Ce soutien du peuple américain au Mali, à travers l’USAID, ne représente qu’une partie de notre aide globale », explique le communiqué. « Il couvrira le financement de nouvelles activités et celles en cours dans les domaines de la santé, de la gouvernance, de l’agriculture et de l’éducation de base », ajoute le texte. Le montant, objet de l’amendement, s’ajoute aux plus de 250 millions de dollars (soit 170 milliards de Fcfa) que Washington a accordé à Bamako, « à travers l’USAID, au cours de l’année écoulée y compris 90 millions de dollars (soit 61 milliards de Fcfa) en aide humanitaire. » La signature de cet accord d’aide au développement est présentée comme l’illustration de l’engagement « indéfectible des États-Unis en faveur d’un Mali plus pacifique et plus prospère qui dirige son propre développement ». Selon le chargé d’affaires, p.i. de l’Ambassade des Etats-Unis, Brian Neubert, cité par le communiqué, « depuis 1961, nous travaillons aux côtés du peuple malien pour bâtir un avenir meilleur. Ce nouveau financement reflète la force continue de nos liens ». Au cours des vingt dernières années, les États-Unis ont accordé, au peuple malien, à travers l’USAID, près de 3.5 milliards de dollars, soit 2,4 trillions de Fcfa (Un trillion vaut un milliard de milliards) en aide humanitaire et en aide au développement, au taux de change actuel MD (AMAP)
Burkina-Faso : La mission de la CEDEAO satisfaite des échanges avec le capitaine Ibrahim Traoré (Communiqué)
Bamako, 4 oct (AMAP) La délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de de l’Ouest (CEDEAO), en mission d’information, ce mardi à Ouagadougou, au Burkina Faso, s’est dite satisfaite des échanges avec le président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), le capitaine Ibrahim Traoré, selon un communiqué de la présidence burkinabè. « Je suis totalement satisfait de l’entretien que j’ai eu avec le capitaine Traoré. Nous repartons confiants et nous allons rendre compte de notre mission au président en exercice de la CEDEAO et aux Chefs d’État », a déclaré le médiateur de l’organisation ouest-africaine, Mahamadou Issoufou, cité par le communiqué de la Direction de la communication de la Présidence du Faso. Il s’est voulu rassurant, ajoutant que « la CEDEAO va continuer à accompagner le peuple burkinabè dans cette période difficile. « Nous avons eu l’occasion de saluer le rôle extrêmement positif que les autorités religieuses et coutumières ont joué pour arriver à une sortie de crise, pour renouer le fil du dialogue. Ce rôle a été important et décisif », a dit l’ancien président du Niger, dans le communiqué final à l’issue des différentes rencontres qui se sont déroulées à l’aéroport de Ouagadougou, en raison de manifestations en ville. Dépêchée par le président exercice de la CEDEAO, Umaru Sissoco Embalo, à la suite du changement intervenu à la tête du Burkina Faso, le 30 septembre dernier, la délégation a eu des discussions avec le Président du MPSR, le capitaine Ibrahim Traoré et des leaders de communautés religieuses et coutumières du Burkina Faso. Le médiateur de la CEDEAO a qualifié de « francs et approfondis » ces échanges de la délégation avec le capitaine Traoré. A cette occasion, « j’ai rappelé l’engagement de la CEDEAO aux côtés du peuple burkinabè afin que le peuple burkinabè réussisse la Transition qui est en cours », a indiqué Mahamadou Issoufou. L’ancien président nigérien a indiqué que le travail va se poursuivre avec le soutien et l’accompagnement de l’organisation sous-régionale. MD (AMAP)
Un crash d’un avion de l’Armée malienne à Gao (Nord) fait deux morts
Bamako, 04 oct (AMAP) Un avion de combat des Forces armées maliennes (FAMa) s’est écrasé, mardi, aux environs de 09h30, dans la zone aéroportuaire de Gao, dans le Nord du Mali, faisant deux morts dont le pilote de nationalité russe, a annoncé un communiqué de l’état-major des armées. L’accident a fait, aussi, dix blessés dont trois civils et d’importants dégâts matériels, ajoute la même source. Les blessés ont été admis à l’hôpital de Gao. Selon le communiqué, l’appareil de type de Sukhoï SU-25, immatriculé TZ-20C, revenait « d’une mission effectuée en appui aux populations civiles. » L’accident serait intervenu au moment où l’avion amorçait sa descente. L’acquisition, ces derniers mois, de plusieurs avions et hélicoptères de combat a permis aux FAMa de renforcer de leur capacité opérationnelle dans la lutte contre le terrorisme. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, avait présidé, le 9 août dernier, la cérémonie officielle de remise aux forces armées d’avions de type SU-25 et L-39 Albatros. « Le Sukhoï SU-25 est un chasseur bombardier spécialisé dans l’attaque au sol, capable de transporter des roquettes, des canons, des bombes et des missiles air sol », avait expliqué, lors de cette cérémonie, le chef d’état-major de l’Armée de l’air, le général de brigade Alou Boï Diarra. MT/MD (AMAP)
Semaine nationale de la réconciliation : Pour que les communautés s’approprient le processus de paix
Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 04 oct (AMAP) «C’est une très bonne initiative car, elle peut être un facteur d’appropriation du processus de paix par les communautés», estime Marcelin Guenguere, membre de l’association Gina Dogon. Comme lui, de nombreux compatriotes ont apprécié l’initiative de la célébration de la Semaine nationale de la réconciliation (SENARE), au Mali, du 15 au 21 septembre 2022, dont l’objectif général est de restaurer la paix, de renforcer la cohésion sociale et le vivre ensemble. Cette Semaine se tient à un moment où le Mali, depuis 2012, est confronté à une crise multidimensionnelle qui a sérieusement affecté le tissu social et bouleversé la cohabitation pacifique séculaire. Ainsi, les valeurs cardinales telles que le cousinage, le pardon mutuel et le vivre ensemble, qui étaient des vertus, cèdent devant la méfiance et le mépris. Cependant, face à cette situation de nature à compromettre la cohésion sociale, les pouvoirs publics ont initié de nombreux mécanismes de résolution des crises d’où l’institution de la SENARE, demandée par les Maliens lors de la Conférence d’entente nationale, tenue il y a quelques années. Cette volonté a été traduite par les dispositions de la Loi d’entente nationale à partir de laquelle l’arrêté n°2021-5480/MRPCN-SG du 27 décembre 2021 fixant la période allant du 15 au 21 septembre, de chaque année, comme la SENARE a été pris. Cette Semaine participe d’un esprit de promotion des valeurs fondatrices de notre vie sociale, notamment la solidarité, l’humilité et le pardon. En instituant la SENARE, les autorités de la Transition donnent un écho favorable à une volonté du peuple de trouver des solutions endogènes aux problèmes nationaux. La Semaine constitue ainsi une opportunité pour «chasser les démons de la division et de la terreur afin que germent les perspectives de développement, facteur d’épanouissement collectif», a déclaré le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, lors du lancement de la 1ère édition de la Semaine. Elle offre, également, l’occasion de mobiliser tout le peuple malien, de l’intérieur comme de l’extérieur, autour du vivre ensemble et de la stabilité du pays. Moment de communion, d’échanges, d’évaluation et de prospection, la SENARE pourra, à travers les activités programmées et les thèmes débattus, jouer en outre un rôle d’alerte pour prévenir et atténuer toutes formes de chocs susceptibles de fissurer le tissu social. En promouvant le dialogue sincère, facteur du pardon et de cohésion, «nous ne faisons que revenir aux valeurs fondamentales que nous ont léguées nos aïeux», a poursuivi le colonel Goïta. Cela est d’autant plus important que les différentes initiatives prises par les autorités de la Transition s’inscrivent dans la droite ligne de la préservation des fondements de notre Nation, mise à rude épreuve par les réalités du moment. Face à la flambée de la violence sur fond d’actions malsaines orchestrées par des aventuriers décidés à compromettre, par la discorde, la stabilité de notre pays, il est nécessaire d’envisager des solutions innovantes, à même d’obtenir l’adhésion des communautés, le plus souvent «instrumentalisées» dans des conflits, dont elles ignorent les vraies raisons. Mais aussi à poursuivre avec abnégation les actions prévues dans la Stratégie nationale de la réconciliation et son schéma directeur, a préconisé le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta. AMÉLIORER L’EXERCICE – Toutefois, Marcelin Guenguere pense que l’initiative de la Semaine doit être améliorée. Appuyant ses propos, l’ancien député pointe du doigt le «manque d’implication des communautés à la base». «Il y a eu plus de communication au niveau national que local», regrette-t-il. Toutefois, dit le responsable de Gina Dogon, il est clair que «si la Semaine est bien organisée, la paix et la réconciliation seront une réalité». De son côté, le président de l’association Tabital Pulaaku, Abou Sow, il se réjouit de l’initiative des autorités. D’après M. Sow, aujourd’hui, le Mali a besoin de la réconciliation des esprits, des cœurs et de tous les Maliens. Selon lui, « le Mali est une nation : un pays dont les habitants forment une seule entité sociale. » « De chaque coin du pays à l’autre, les populations se connaissent et ont entre elles des liens historiques et socio-culturels », ajoute le premier responsable de Tabital Pulaaku, estimant que « quelle que soit la gravité de la crise, ces liens finissent par prédominer ». Dans le prolongement de la 1ère édition de la Semaine, Abou Sow a dit que son association organisera, le 23 octobre prochain, un meeting dont l’objectif est la réconciliation, la refondation et la stabilisation de notre pays. «Quand il y a crise, il faut d’abord se parler. Le fait d’avoir organisé cette Semaine a été un déclic. Les gens se parlent et vont continuer à le faire. Du coup, le syndrome de méfiance va être progressivement entamé au point de disparaitre. Et, finalement, nous allons parvenir aux résultats escomptés, à savoir la réconciliation», se félicite Abou Sow. Pour lui, la réconciliation est un ensemble de comportements : « il faut s’abstenir de tenir des propos diffamatoires et inflammatoires, de poser certains actes et savoir pardonner et oublier. » Pour sa part, le président de la Commission d’organisation, par ailleurs secrétaire général du département en charge de la Réconciliation, Sidy Camara, affirme que la 1ère édition de la SENARE s’est bien déroulée. « Même s’il y a des choses à parfaire pour les prochaines rencontres », il soutient, néanmoins, que dans l’essentiel, cette édition a été une réussite. D’après lui, sur les 24 activités prévues, ce sont seulement deux qui n’ont pu être réalisées, soit un taux de réalisation de plus de 90%. Ces activités sont, notamment celles sportives et les actions de solidarité (don de sang, don de céréales et de kits aux déplacés internes). S’y ajoutent les activités religieuses. «Nous avons été impressionnés par la force des messages que les religieux ont passés auprès de l’opinion pour prouver que le Mali n’est qu’un et qu’on n’a pas d’autres intérêts que la paix », a dit Sidy Camara. « Ils (Ndrl, les religieux) ont également fait savoir que notre ennemi est la fissure du tissu social», a ajouté le président de la Commission d’organisation. Il a annoncé qu’à la
L’Armée malienne a mis hors de combat une soixantaine de terroristes en septembre (DIRPA)
Bamako, 04 oct (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé une soixantaine de terroristes, au cours du mois de septembre dernier, sur le théâtre Centre de l’opération Maliko, a annoncé, lundi, le directeur de l’information et des relations publiques des armées, le colonel Souleymane Dembélé Le col Dembélé qui animait la traditionnelle conférence de presse mensuelle de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) a indiqué que, drant ces multiples affrontements, l’Armée qui déplore la mort de 12 soldats et 17 blessés, a interpelé plus de 150 terroristes et récupéré une importante quantité de matériel militaire et roulant dont 60 motos détruites. Dans les locaux de la structure et en présence de plusieurs responsables militaires, le chef de la DIRPA a précisé que la situation sécuritaire de septembre 2022 a été marquée par une diminution drastique des attaques directes ou indirectes contre les FAMa en statique ou en mouvement. Ainsi, elle se résume « par des actes de banditisme, d’enlèvements et d’assassinats contre les populations civiles sur plusieurs localités du Mali ». Dans leur rôle prioritaire de protections des personnes et de leurs biens, les FAMa ont répliqué « à toutes ces forfaitures perpétrées par les groupes terroristes ». Ces performances, selon e colonel Souleymane Dembélé, sont le résultat tangible de plusieurs actions militaires menées à travers plus de 200 opérations aériennes dont 91 vols d’appui feu, 75 vols de transports (dont 13 d’évacuations sanitaires et 10 de prisonniers) et 41 vols de reconnaissance. Le colonel Dembélé a, aussi, indiqué qu’au cours du mois écoulé, les FAMa sont arrivées à réduire considérablement les capacités de nuisance des Groupes armés terroristes (GAT) en menant des raids et des frappes aériennes sur les points de regroupements, les plots et les circuits de ravitaillement. Selon lui, grâce à ces efforts déployés par nos soldats, la campagne agricole, en général dans les zones d’opérations et en particulier dans la zone Office du Niger, est très prometteuse. En outre, l’officier suoerier a relevé que durant la période de référence, sur la Route nationale (RN16), de Douentza à Gossi, la fréquence des mouvements des GAT a considérablement chuté et la population se déplace paisiblement. «Nous pouvons aisément affirmer que ce qui a été fait de décembre 2021 à nos jours, ne l’a pas été durant les neuf années précédentes», s’est-il réjoui. Cependant, le patron de la DIRPA s’est voulu mesuré en affirmant que cela ne doit pas amener les forces nationales à « dormir sur leurs lauriers » et oublier que « la lutte contre le terrorisme est une épreuve de longue haleine qui demande beaucoup d’engagements et de perspicacité mais aussi la participation de tous ». AT/MD (AMAP)

