Sortie des 20 officiers de la 1ère promotion de l’École de guerre du Mali 

Bamako, 13 oct (AMAP) La 1ère promotion de l’École de guerre du Mali (EGM) comptant 20 officiers maliens dont un personnel féminin a eu lieu, jeudi, dans la cour de l’établissement, à Badalabougou (ancien Messe des officiers). Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, qui a présidé  la cérémonie, dans une interview à la presse, a réaffirmé la ferme volonté du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, « de faire de notre outil de défense une expression de la souveraineté nationale. » « Des efforts sont consentis pour la formation et l’équipement, avec pour objectif, l’amélioration et l’adaptation de cet outil au contexte sécuritaire. C’est en cela que la création de l’Ecole de guerre du Mali trouve toute sa pertinence», a dit le colonel Sadio Camara. Le ministre en charge de la Défense a exprimé « toute (sa) fierté et (sa) satisfaction pour la sortie de cette promotion ». Il a ajouté que « cette école d’excellence est un joyau » que son département va soutenir davantage. Le ministre Camara a appelé à l’esprit qui a prévalu à la création de cette structure et a demandé « à tous les Maliens de soutenir cette école pour que nous puissions avoir des cadres formés à notre image. » De son côté, le chef d’état-major général adjoint des Armées, le général Ousmane Wélé, a rappelé que « le Mali, depuis bientôt une décennie, est au cœur des manifestations d’une guerre hybride ». «Nous devons, par notre propre réflexion, élaborer les stratégies et trouver les moyens adaptés à l’éradication du phénomène et de sortie de crise», a-t-il déclaré, ajoutant que l’EGM est « désormais un instrument de puissance et de rayonnement du Mali. » À l’issue des examens, tous les stagiaires ont obtenu la moyenne de passage comprise entre 11, 90/20 et 14,95/20. Pendant l’année scolaire 2021-2022, ils se sont consacrés à l’étude sur l’emploi des instruments de puissance nationale. L’école contribue à faire progresser les connaissances dans la mise en œuvre globale de la puissance militaire. Son enseignement est sanctionné par l’obtention de deux diplômes : un Brevet d’enseignement militaire supérieur de second degré (BEMS2) et un Master en stratégie-défense-sécurité et développement. La remise de diplômes et des insignes de brevets d’enseignement militaire supérieur de second degré aux officiers stagiaires de la première promotion de l’EGM a été l’un des moments forts de la cérémonie. L’EGM) a été créée par la loi n°2021-052 du 29 septembre 2021. Cette promotion, qui a fait sa rentrée le 29 novembre 2021, est composée d’officiers de différents corps des Forces armées maliennes (FAMa). Elle a effectué deux voyages d’études à Kayes et en Algérie. Étaient présents des ministres, la hiérarchie militaire, des membres du corps diplomatique accrédité au Mali, ainsi que les parents et proches des officiers stagiaires. SS/MD (AMAP)

Nouvelle Constitution : Ce qui pourrait changer

Par Issa DEMBELE Bamako, 13 oct (AMAP)  Aussi bien dans la forme que dans le fond, l’avant-projet de nouvelle Constitution diffère nettement de l’actuelle norme suprême. Ses 195 articles – la Constitution de 1992 comporte 122 – introduisent des innovations importantes : affirmation claire de l’Etat unitaire, possibilité de destituer le président de la République, suppression de certaines institutions alors que d’autres changent de dénomination et voient leurs prérogatives renforcées, possibilité de recourir aux modes alternatifs de règlement de conflit, clarification de certains concepts (dont la laïcité) mentionnés dans la Constitution de 1992 etc. D’abord, il convient d’expliquer que l’accroissement du nombre d’articles s’explique par la «complexité du monde, la multiplication des acteurs et des grandes problématiques», selon le président de la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution, le Pr Fousseyni Samaké, qui a présenté, mardi, sur la chaîne de télévision nationale, les changements qu’apportera le nouveau texte. C’est surtout au niveau des institutions que l’on retrouve les innovations majeures. Certaines changent de dénomination, alors que d’autres (Haute cour de justice et le Haut conseil des collectivités) disparaissent de l’architecture institutionnelle qui enregistre une nouvelle création, en l’occurrence la Cour des comptes. Ainsi, le président de la République, le gouvernement, la Cour constitutionnelle et la Cour suprême demeurent. L’avant-projet encadre, cependant, la taille du gouvernement en fixant le nombre de ministres à 29, quelle que soit leur dénomination. Quant au Conseil économique, social et culturel, il change de nom pour devenir le «Conseil économique, social, culturel et environnemental». Les attributions et pouvoirs de la Cour constitutionnelle, objet de controverses depuis des années, ont été modifiés. Par contre, l’actuelle Assemblée nationale sera remplacée par un Parlement à deux Chambres : l’Assemblée nationale et le Haut conseil de la Nation. Ce sont ces deux Chambres qui vont voter les lois. Elles pourront se réunir en Congrès. A souligner que le Haut conseil de la Nation est constitué de membres élus au suffrage universel indirect représentant les collectivités territoriales et de membres désignés représentant les légitimités traditionnelles, les Maliens établis à l’extérieur et de personnalités ayant honoré le service de la Nation. L’avant-projet de nouvelle Constitution réorganise le pouvoir exécutif, en redéfinissant les pouvoirs du président de la République et du Premier ministre. En effet, ce sera dorénavant au président de la République de déterminer la Politique de la Nation. Et il incombera au gouvernement d’assurer la conduite de cette Politique. Ce changement met fin à une sorte de fiction juridique, puisqu’en réalité la détermination de la politique de la Nation a toujours été faite par le président de la République.   PROCÉDURES DE DESTITUTION – Ce changement relatif à la définition de la Politique de la Nation n’est pas, aussi, sans conséquence juridique sur les rapports entre le gouvernement et le Parlement. Ce dernier ne pourra plus renverser le gouvernement. Et, en sens inverse, le président de la République ne pourra, non plus, dissoudre l’Assemblée nationale. Cependant, l’avant-projet prévoit des procédures de destitution des présidents de la République, de l’Assemblée nationale et du Haut conseil de la Nation. Il sera donc possible de mettre fin aux fonctions de ces personnalités, lorsque celles-ci ne sont plus en mesure de répondre correctement aux exigences de leurs fonctions. Particulièrement, le président de la République peut être destitué pour haute trahison. Il y a haute trahison lorsqu’il viole son «serment, pose des actes manifestement incompatibles avec l’exercice de ses fonctions, est auteur, co-auteur ou complice de violations graves et caractérisées des droits humains, d’atteinte aux biens publics, de corruption ou d’enrichissement illicite». La motion de destitution est initiée par les membres de l’une ou l’autre Chambre du Parlement. Elle n’est recevable que si elle est signée par au moins la moitié des membres. Un détail très important, selon l’article 77 de l’avant-projet, le président de la République est pénalement responsable devant les juridictions de droit commun, des crimes et délits commis en dehors de l’exercice de ses fonctions. Cela peut se justifier par l’absence d’une Haute cour de justice. En outre, avec l’avant-projet de la nouvelle Constitution, le président de la République nomme le Premier ministre et met fin à ses fonctions. Donc, plus question pour le chef de l’État d’attendre la lettre de démission de ce dernier. Une autre innovation, une fois par an, dans le courant du premier trimestre, le président de la République prononce devant le Parlement réuni en Congrès un discours sur l’état de la Nation. Son discours est suivi de l’intervention du représentant de l’opposition et celui de la majorité. Par ailleurs, selon l’article 77 de l’avant-projet de texte, le gouvernement est responsable devant le président de la République. Concernant le pouvoir judiciaire, la Commission de rédaction a estimé utile d’introduire une nouvelle ouverture consistant à autoriser les modes alternatifs traditionnels de règlement des conflits. Selon le Pr Fousséyni Samaké, une loi va déterminer les modes d’application de cette justice alternative qui permettra aux populations de régler certains problèmes sans faire recours au juge. Par ailleurs, le caractère unitaire de l’Etat malien est clairement affirmé dans la nouvelle Constitution. En d’autres termes, il n’est pas question que «nous ayons un Etat fédéral», selon le président de la Commission de rédaction. La Commission a également adopté une formule un «peu dynamique» par rapport aux langues nationales et celles d’expression officielle. Autre élément important : l’avant-projet de la nouvelle Constitution développe le concept de la «République laïque» pour plus de clarification. IsD/MD (AMAP)

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 12 octobre 2022

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 12 octobre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté des projets de texte ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi portant prorogation de mandats de Conseils communaux à titre exceptionnel. Le mandat des Conseils communaux, élus le 20 novembre 2016, a été prorogé à deux reprises de 6 mois. La deuxième prorogation intervenue à travers le Décret n°2022-0297/PT-RM du 20 mai 2022, arrive à terme le 22 novembre 2022 à minuit. Face aux nécessités exigées par les circonstances, notamment l’impossibilité de tenir les élections communales à l’échéance prévue, le Gouvernement a décidé de proroger, à titre exceptionnel, le mandat des Conseils communaux. Le projet de loi adopté proroge, à titre exceptionnel, le mandat des Conseils communaux élus le 20 novembre 2016, à l’exception de ceux dont l’annulation de l’élection est devenue définitive, à compter du 23 novembre 2022, jusqu’à l’installation de nouveaux Conseils communaux. Cette prorogation, conformément aux conclusions des Assises nationales de la Refondation, permettra aux élus en poste d’assurer la continuité de l’action publique à travers la fourniture des services sociaux de base et de préserver la stabilité. Sur le rapport du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant institution et règlementation de la carte d’identité biométrique sécurisée. La carte d’identité biométrique est une pièce d’identité sécurisée instituée par les Autorités communautaires en vue d’assurer la libre circulation des populations dans le nouveau contexte sécuritaire que connaissent les pays de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Dans le cadre de la mise en œuvre de cette décision, le Gouvernement, soucieux de la sécurité, a décidé de doter la population d’une carte nationale d’identité conforme aux spécifications communautaires. La carte nationale d’identité biométrique sécurisée sera produite à partir de la base de données du Recensement Administratif à Vocation d’Etat Civil pour permettre à chaque citoyen d’avoir son numéro d’identification nationale sur sa carte d’identité et d’établir un lien entre les différents documents d’identité. Le projet de décret adopté institue la carte nationale d’identité biométrique sécurisée en vue de promouvoir la mobilité intra régionale, d’offrir un titre sécurisé permettant de lutter contre les trafics et migrations irrégulières et de répondre aux enjeux de la lutte contre le terrorisme. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté́ un projet de décret instituant un système sécurisé de facture normalisée. Les transactions entre opérateurs économiques et entre les opérateurs et les consommateurs sont retracées par un système de facturation dont les conditions et les règles d’émission sont déterminées par le Code général des Impôts, le livre de procédures fiscales et le Code de Commerce. Le Gouvernement, dans le cadre de la mise en œuvre des réformes en vue d’une mobilisation optimale des ressources fiscales, a adopté le Décret n°2020-0409/P-RM du 31 décembre 2020 fixant les modalités d’institution d’un système sécurisé de facture normalisée. A l’application, il est apparu nécessaire d’améliorer le système et de prendre en compte certaines préoccupations exprimées par les acteurs, aux fins entre autres : de permettre aux entreprises de grande taille d’éditer elles-mêmes leurs factures ; de clarifier les concepts de caisse enregistreuse et de l’authenticité de l’hologramme ; d’exclure de l’obligation de délivrance systématique de la facture normalisée certains contribuables de très petite taille ; de juxtaposer l’institution du système de facture normalisée et l’avènement de la facture numérique ; de transposer la facture normalisée dans le système d’information des entreprises qui génèrent elles-mêmes leurs factures ; de prendre les mesures dérogatoires pour les entreprises de grande taille ; de fixer la date de mise en application du système de facture normalisée. Le projet de décret est adopté dans ce cadre. Sur le rapport du ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, le Conseil des Ministres a adopté́ un projet de décret portant modification du Décret n°2014-100/P-RM du 20 février 2014 fixant la valeur indiciaire et les avantages accordés au personnel fonctionnaire des Entrepôts Maliens dans les ports de transit. Les entrepôts dans les ports de transit sont des services extérieurs chargés entre autres : de la gestion des installations portuaires mises à la disposition du Mali et le contrôle de leur exploitation ; de la coordination des activités de transport et de transit des marchandises en provenance et à destination du Mali ; du suivi des accords de coopération en matière de transport et de transit ; de l’assistance aux chargeurs. Le projet de décret adopté corrige les insuffisances et lacunes décelées dans l’application du Décret n°2014-100/P-RM du 20 février 2014 fixant la valeur indiciaire et les avantages accordés au personnel fonctionnaire des Entrepôts maliens en vue d’améliorer leurs conditions de vie et de travail. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre des Transports et des Infrastructures a informé le Conseil des ministres de l’enclenchement du processus de résiliation des marchés des travaux d’entretien routier des entreprises défaillantes. Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie d’entretien routier, le Ministère des Transports et des Infrastructures a lancé le Programme spécial 2021 des travaux d’entretien routier dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Mopti et le District de Bamako et le Programme des travaux d’entretien des routes d’intérêt national. L’exécution de ces programmes a mobilisé d’importantes ressources financières qui ont permis de réaliser des travaux de redimensionnement, de curage de certains ouvrages d’assainissement et d’entretien exceptionnel de certaines voies. Malgré la disponibilité des ressources, l’exécution des deux programmes n’est pas satisfaisante. L’état d’avancement des travaux est estimé à 10%, pour un délai consommé de 90% pour certaines entreprises engagées. Les bureaux d’ingénieurs recrutés pour assurer le contrôle et la surveillance des

Banconi-Djalokorodji-Safo : Le tronçon de tous les dangers

Par Oumar SANKARE Bamako, 12 oct (AMAP) Le soleil est déjà haut dans le ciel, en cette matinée. Des ménagères, paniers sur la tête pour certaines, transpirent à grosse goutte, le long de la route reliant Bancononi à Djalakorodji. Aux abords de la voie sont installés de nombreux commerces. Certains marchands portent le cache-nez rendu rouge par la poussière. Même leurs cheveux, leur barbe et leurs sourcils ne sont pas épargnés. La route Nionsombougou-Banconi, en passant par Djalokorodji et Safo, est aujourd’hui en très mauvais état. De gros trous béants sont visibles par endroits. Les eaux de pluies y sont, certainement, pour quelque chose. Les quelques Sotrama (minibus de transport en commun), qui osent s’aventurer sur cette piste de rallye, font vivre le calvaire aux passagers. «Ouille!», «que Le Puissant nous assiste! » «Quelle misère !» répètent en chœur les passagers d’un Sotrama, dandinant dans tous les sens. «Vous n’avez encore rien vu», leur lance un passant. Mohamed Diarra, réparateur de moto, la trentaine révolue, est assis dans son atelier. Il regard fixé sur la route. «Nous en avons assez de cette route. Les canaux d’évacuation d’eau sont bouchés de tous les côtés. En cas de pluie, l’eau inonde les maisons et les boutiques», raconte-t-il. « Des femmes ont fait des fausses couches sur cet axe, long d’environ 10 km », renchérit Bamoye Sow, court de taille, teint noir. Son collègue Alhassane confie : «Un ami a abandonné sa nouvelle maison construite dans le quartier pour retourner dans la grande famille à Médine, avec toute sa famille, à cause de l’état de la route». Comme lui, plusieurs habitants des quartiers desservis par cette voie retournent en location, abandonnant carrément leur habitation. De l’autre côté de la route, se trouve la résidence du chef de quartier. Traverser cette voie, même à pied, est pénible à cause des trous. Taille moyenne, barbe grisonnante, Yacouba Koné, fils du chef de quartier de Layebougou, nous reçoit. Coiffé d’une casquette, un turban blanc au tour du cou, il décrit la souffrance de la population. «En saison sèche, nous sommes envahis par la poussière. En saison pluvieuse, nous pataugeons dans les eaux stagnantes et boueuses. Les véhicules s’embourbent, les motos patinent. Conducteurs et piétons trébuchent. Des personnes âgées se relèvent avec des fractures», témoigne Koné. IMPORTANCE CAPITALE – Abdoulaye Diallo, un habitant de Dialakorodji, fait le même constat. «Quatre années après le début des travaux de construction de la route, le chantier est à l’abandon. On a l’impression de circuler sur une piste rurale drainant sur des familles, toutes les eaux venant des collines», décrit Sahidou. «Sur cette route, plusieurs vies ont été fauchées. Les Sotrama roulent à vive allure soulevant la poussière, obstruant ainsi la visibilité. Et bonjour les dégâts ! Nous sommes fatigués d’enterrer les nôtres », dit le jeune commerçant Seydou Dembélé. Le maire de Dialakorodji rejette toute responsabilité dans cette situation. «La population s’en prend à la mairie à tort. Même dans les Sotrama, on m’insulte», regrette Oumar Guindo, précisant que la construction des routes au Mali relève de la compétence du gouvernement. La construction de la route Nionsombougou-Banconi a été initiée par les autorités en vue de permettre aux gros camions venant du Sénégal ou de la Mauritanie d’entrer à Bamako , la capitale malienne, sans passer par Kati. C’est une voie de contournement pour les poids lourds afin d’accéder au port sec de la Zone industrielle, en Commune I du district de Bamako. «C’est une route CEDEAO qui est d’une importance capitale pour l’économie nationale», indique Ousmane Diabaté, 2e adjoint au maire, chargé des routes, confirmant que les camions en provenance de la Mauritanie et du Sénégal passent par là car le tronçon Samé est accidentogène. Sotigui Niaré, 1er adjoint au maire, rappelle que le lancement des travaux à Safo remonte à novembre 2017. « Le peu qui a été réalisé est déjà dégradé», déplore-t-il. Le ministère des Transports et des Infrastructures rejette, lui aussi, la faute sur les riverains. «Les populations refusent de libérer les emprises de la voie entravant toute progression du travail. L’entreprise burkinabè sur ce chantier a fait faillite car elle louait des engins à coup de millions», révèle Mohamed Ould Mamouni, chargé de communication au ministère des Transports et des Infrastructures. Contacté, le ministère en charge des Domaines n’a pas répondu à nos sollicitations. OS/MD (AMAP)

Mali mode show se tiendra du 3 au 6 novembre à Bamako (Organisateur)

Bamako, 12 oct (AMAP) La 3è édition du Mali mode show se tiendra, dans l acpitale malienne, Bamako, du 3 au 6 novembre prochains, a annoncé le fondateur de l’Association Mali mode, Ibrahim Guindo alias Akim Soul, le week-end dernier. «Cet événement est dédié à la mode, à l’esthétique mais aussi au lifestyle. Il essaie de réunir amateurs et professionnels de ces différents domaines afin de démontrer leur savoir-faire», a expliqué Ibrahim Guindo. Le fondateur de l’Association a ajouté que l’objectif « est d’accompagner la créativité made in Mali et de mettre à disposition des plateformes de rencontre, de formation et d’échanges au service des acteurs de la mode et du monde de lifestyle. Cela, afin qu’ils puissent montrer leurs compétences. » C’est aussi une occasion pour les créateurs de présenter leur collection au grand public. Selon Ibrahim Guindo alias Akim Soul, la réussite des deux précédentes éditions a donné plus d’ampleur à cette 3è édition. « Aujourd’hui, cet événement se positionne comme l’un des rendez-vous, les plus huppés au Mali, en termes de participation de personnalités publiques et d’actualité de la vogue. Le Mali mode show, c’est aussi l’opportunité de développer et élargir des relations professionnelles », a-t-il dit. Au menu de cette édition, il y aura, le rendez-vous business dont l’objectif est d’inciter à des échanges autour de la créativité, le dialogue entre différents univers professionnels en présence d’éminents acteurs de la société. Il est, aussi, prévu le défilé Made in Mali, exclusivement dédié aux marques locales. Une dizaine de créateurs maliens présenteront leurs dernières créations au public. Il y aura, également, le défilé de clôture qui se fera avec 15 créateurs de mode ouest-africaine dont les collections seront présentées par une cinquantaine de mannequins. Enfin, la boucle sera bouclée par une vente de marques. Ibrahim Guindo a invité le public à assister à l‘évènement pour en faire un grand moment de magie. Et de rappeler que la vente des tickets a débuté. La présidente d’honneur de l’Association, Fatou Faye, et de plusieurs acteurs de la mode ont assisté au cocktail d’annonce dans un restaurant de la capitale malienne. Depuis 2011, l’Association Mali mode s’est engagée en faveur de la mode et du design à travers des initiatives novatrices. Elle sert de vitrine à la créativité des professionnels et constitue un véritable tremplin pour le développement et la valorisation des métiers de la mode au Mali. NS/MD (AMAP)    

Accord pour la paix et la réconciliation : Maintenir la nouvelle dynamique

Bamako, 12 oct (AMAP) Le président du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger (CSA), Delmi Boudjemaa, a appelé, mardi, à Bamako, les signataires à maintenir la nouvelle dynamique de mise en oeuvre du texte Ouvrant la 46è session ordinaire du s’est tenue, au siège de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour  la stabilisation au Mali (MINUSMA), le diplomate algérien a lancé « un appel fraternel à l’ensemble des parties signataires pour écarter toute suspicion et toute méfiance en vue de travailler de manière solidaire et en totale confiance pour consolider les convergences et promouvoir les compromis nécessaires au parachèvement de la mise en œuvre du document. » Cette rencontre est intervenue après la 6è session de haut niveau du CSA et la réunion décisionnelle de haut niveau sur l’Accord tenues, respectivement, en septembre et août derniers. «Ces deux réunions de haut niveau ont réitéré l’importance cruciale pour le Mali, mais aussi pour toute la Région, d’une mise en œuvre diligente et sincère de l’Accord de Bamako », a noté, dans son discours d’ouverture, le président du CSA. La session arrive, également, dans un contexte marqué par la mise en œuvre de l’Accord et la conduite du processus de transition destiné «à promouvoir une refondation de l’Etat au bénéfice du peuple malien». D’après Delmi Boudjemaa, si ces deux processus «inter-reliés» sont menés de manière concomitante, ils ne manqueront pas de créer les synergies favorables à la promotion des facteurs qui offriraient d’heureuses perspectives pour le peuple malien. Selon l’Envoyé spécial de l’Algérie pour le Sahel, dans le cheminement des efforts déployés par les signataires de l’Accord, de «belles choses» ont été réalisées « dont la plus intéressante est probablement l’adhésion de toutes les parties aux objectifs de réconciliation, de paix et d’unité. » « Cependant, quelques difficultés attendent d’être prises en charge », a indiqué le diplomate algérien. Il a ajouté que pour sa part, « l’Algérie est, comme il a toujours été, aux côtés du peuple frère malien dans toutes ses composantes », ajoutant que cette solidarité de l’Algérie avec le Mali « a été tout récemment réitérée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune . » Les travaux de cette session se sont bien déroulés malgré une suspension. À ce propos, le chef de la délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), Attaye Ag Mohamed, a indiqué que cette situation n’était rien qui puisse compromettre le climats de confiance. «Ce sont des choses qui ont été faites dans l’intérêt supérieur de bien tenir la session», a-t-il déclaré. Il a, par ailleurs, souligné que cette session a été l’occasion de rappeler aux parties qu’il faut faire bouger les lignes. Le représentant de la CMA faisait allusion aux engagements qui ont été pris par rapport au processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) global ainsi qu’aux réformes politiques et institutionnelles. LANCEMENT DE PROJETS – De son côté, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, El-Ghassim Wane, a fait noter que cette session est intervenue dans un contexte marqué par une dynamique réelle dans la mise en œuvre de l’Accord. Pour le chef de la MINUSMA, au-delà de la « symbolique », cette rencontre a été l’occasion pour les parties de se mettre d’accord sur certains points, notamment rendre opérationnelle rapidement la commission ad hoc qui avait été convenue lors de la réunion de niveau décisionnel pour traiter, au cas par cas, la situation des cadres au niveau des mouvements. Il y a eu, également, un accord sur la redynamisation de toutes les structures chargées du suivi de la mise en œuvre de l’Accord, notamment le CSA et la nécessité de lancer très rapidement les 16 projets de développement qui ont été convenus depuis quelques temps. « Et pour lesquels des conventions de financement ont déjà été signées », a ajouté El-Ghassim Wane. Le coût de réalisation de ces projets s’élève à environ 38 milliards de Fcfa. Pour sa part, le secrétaire général du ministère en charge de la Réconciliation, Sidy Camara, a affirmé qu’au cours de la rencontre, la communication du gouvernement a porté sur les quatre volets : défense-sécurité, politique-institutionnel, développement-socioéconomique et culturel, justice-questions humanitaires. À ce propos, M. Camara a indiqué qu’il y a eu des avancées. Etayant ses propos, il a signalé que toutes les questions liées à la nouvelle Constitution sont en cours de traitement. L’avant-projet du texte a été remis, mardi, au président de la Transition par la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution. Le secrétaire général du département en charge de la réconciliation a poursuivi que dans sa démarche, cette Commission a rencontré les mouvements pour la prise en compte des aspects liés à l’Accord. Par rapport au volet défense-sécurité, Sidy Camara a souligné qu’ « aujourd’hui, en matière de DDR, tous les sites qui doivent abriter les éléments de ce processus ont été identifiés ». Il a ajouté que dans les jours à venir, on fera une évaluation du niveau de l’aménagement de ces sites afin que ces éléments commencent. Sidy Camara a par ailleurs souligné que le projet de loi portant réparation des préjudices causés aux victimes, depuis 1960, est sur la table du Conseil national de transition (CNT). Il a indiqué, à ce sujet, que le ministre Ismaël Wagué est convié au CNT, très prochainement. Le président du CSA, Delmi Boudjemaa, a dirigé les travaux en présence également du Haut représentant du président de la Transition pour la mise en œuvre de l’Accord, Inhaye Ag Mohamed. L’on notait également la présence des membres de la médiation internationale et des représentants des Mouvements signataires de l’Accord et de l’Inclusivité. BD/MD (AMAP)  

L’avant-projet de la nouvelle Constitution remis au colonel Assimi Goïta

Bamako, 12 oct (AMAP) La Commission de rédaction de l’avant-projet de la nouvelle Constitution du Mali a officiellement remis, mardi, au chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, le texte et le rapport de fin de mission. Au terme de la cérémonie dans la salle des banquets du palais de Koulouba, le président de la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution, le Pr Fousseyni Samaké, n’a pas révélé les grandes lignes de cette nouvelle norme suprême, encore moins les innovations majeures qu’elle apportera au cadre politique et institutionnel du Mali. Il a tout simplement évoqué un « accroissement sensible du nombre d’articles et des innovations importantes » qui attestent de la volonté d’ancrer la «Constitution dans son environnement sociopolitique et culturel». La Commission a mis en œuvre des mécanismes de consultation qui ont permis aux différentes sensibilités du Mali de faire des propositions. Le récapitulatif des contributions écrites reçues par la Commission et des contributions en ligne donne un total de 1 900 dont 5 émanant des institutions de la République, 52 des partis politiques, 60 des organisations de la société civile, 7 des organisations religieuses, 2 des chefferies traditionnelles, 1 743 d’autres entités et de particuliers. Ces chiffres ne prennent pas en compte des contributions parvenues après la clôture du délai de dépôt. Ala question de savoir si toutes ces contributions ont été prises en compte, le Pr Fousséyni Samaké estime que la Constitution « est une loi fondamentale et, en tant que telle, elle énonce uniquement les grands principes ». « C’est la raison pour laquelle, a-t-il expliqué, que toutes les attentes qui ont été formulées ne peuvent pas trouver leurs réponses dans la Constitution comme de nombreuses personnes le souhaiteraient». Il a, aussi, indiqué que « la valeur d’une Constitution ne réside pas seulement dans son texte qui n’est que sa matérialisation ». Pour lui. la valeur du texte fondamental « se révèle plutôt avec la pratique qui est le fait des acteurs ». NOUVELLES BASES – Le président de la Transition est revenu sur le sens de ce processus de rédaction d’une nouvelle Constitution, en insistant sur la nécessité pour le Mali de « repartir sur de nouvelles bases». Le colonel Assimi Goïta a, particulièrement, apprécié la méthode de travail adoptée par la Commission afin aboutir à cet avant-projet de Constitution, sur lequel repose «l’espoir commun d’une démocratie rénovée, un Etat mieux organisé et à la hauteur des défis nationaux et internationaux ». « Ceci, a-t-il, suppose à la fois un jeu politique équilibré et l’émergence d’un Etat qui doit être fort sans écraser les citoyens. » Le chef de l’Etat a affirmé que la Commission a accordé une attention particulière à la question de la souveraineté de l’Etat. A cet égard, il a estimé que « la résilience dont le peuple malien fait preuve, constitue un tremplin évident pour la reconquête de sa véritable souveraineté ». « C’est dire que l’élan de mobilisation amorcé ne doit jamais s’essouffler. Il y va de notre capacité collective à entreprendre les grandes actions de développement », selon le colonel Assimi Goïta. Il a ajouté qu’une nouvelle Constitution doit «sceller un nouveau contrat social à même d’assurer l’inclusion totale de l’ensemble des forces vives et l’utilisation de tous les talents dans une optique de compétition politique saine et de justice sociale. » Le chef de l’État a félicité les membres de la Commission pour le travail accompli en un temps record, et le peuple malien pour avoir massivement participé au processus. « La remise de l’avant-projet ne constitue qu’une étape du processus. C’est en adoptant la nouvelle Constitution que le peuple aura souverainement pris l’acte juridique de fondation du Mali Kura », a dit le colonel Goïta. Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga et autres chefs d’institutions de la République, ainsi des membres du gouvernement ont assisté à la cérémonie. ID/MD (AMAP)

Politique : Remise de l’avant-projet de Constitution au Président de la Transition

Bamako, 12 octobre (AMAP) La cérémonie de remise officielle de l’avant-projet de la Constitution du Mali et du rapport de fin de mission de la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution (CRNC) au président de la Transition, Colonel Assimi Goïta s’est déroulée mardi à Koulouba, a constaté l’AMAP. C’était en présence du Premier ministre par intérim, de l’ensemble des membres de la CRNC, des membres du Gouvernement, des Présidents des institutions de la République. Le Président de la Commission, Fousseyni Samaké a saisi l’occasion pour rappeler que la CRNC avait pour mission d’élaborer un avant-projet de Constitution. Après l’accomplissement de la mission, M. SAMAKE a expliqué la démarche qui a prévalu tout au long du processus d’élaboration de ce texte constitutionnel. Il a évoqué les deux étapes ont été suivies. Il s’agit de la consultation des forces vives de la Nation avec des visites de courtoisie, des correspondances adressées aux partis politiques et aux forces vives de la Nation, des séances d’écoute et d’échanges avec les forces vives et les partis politiques, la création d’un site Web. Le Président de la CRNC a expliqué que l’élaboration d’une nouvelle Constitution répond aux aspirations profondes du peuple malien, exprimées lors des Assises nationales de la refondation. M. Samaké a laissé entendre que cette nouvelle Constitution est un marqueur important du processus de refondation de l’État malien. Quant à la seconde étape, elle a visé la rédaction de l’avant-projet de Constitution et du rapport et de fin de mission. La Commission a salué l’élan de patriotisme des Maliens et la qualité des contributions reçues. La CRNC a également réitéré sa reconnaissance et ses remerciements au Chef de l’État et ses collaborateurs, le personnel de soutien ainsi que les départements ministériels qui l’ont tous soutenue dans l’accompagnement de sa mission. Le Président de la Transition a saisi l’occasion pour féliciter et remercier les membres de la Commission pour le travail remarquable accompli en un temps record. Il a également adressé ses remerciements à l’ensemble des Maliennes et des Maliens qui ont compris les enjeux auxquels nous faisons face aujourd’hui et ont participé massivement et activement au processus en apportant leurs contributions. Le Chef de l’Etat a par ailleurs déclaré que notre « espoir commun d’une démocratie rénovée, ainsi que d’un État mieux organisé et à la hauteur des défis nationaux et internationaux » reposent sur cet avant-projet de Constitution qui vient de lui être remis. L’avant-projet de constitution contient plusieurs innovations parmi lesquelles le remplacement de l’Assemblée par le parlement avec deux chambres, la limitation du nombre des membres du gouvernement à 29 et l’ajout de l’environnement au Conseil économique, social et culturel. KM (AMAP)

Ténenkou célèbre la 10ème journée internationale de la fille

Ténenkou, 12 octobre (AMAP) La journée internationale de la fille a été célébrée mardi à Ténenkou, sous la présidence de l’adjoint du maire, Abdourahamane Sow en présence du chef service local de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, de la présidente de la CAFO et de plusieurs autres invités, a constaté l’AMAP. Le thème retenu cette année pour la journée est « la participation des filles dans la promotion de leurs droits ». L’objectif de cette journée organisée en partenariat avec l’ONG IRC est de promouvoir l’autonomisation des filles à travers leur participation au respect et à la protection de leurs droits contre toutes les formes d’inégalités de genre. Le maire de la commune urbaine de Ténenkou a saisi l’occasion pour rappeler l’importance qu’occupe la jeune fille dans la société en tant que future mère donc future éducatrice. Le chef du service de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille s’est, pour sa part, réjoui de l’organisation de cette journée tout en rappelant la disponibilité de sa structure à accompagner toutes les actions qui concourent à la promotion des droits de la fille dans le cercle de Ténenkou. La présidente de la CAFO, Mme Safiatou Touré, pour ce la concerne, a saisi l’occasion pour insister sur l’implication des jeunes filles dans la promotion de leurs droits pour leur plein épanouissement. Durant près d’une heure, le chef du service de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille a présenté les conventions relatives aux droits des enfants. Cette 10e édition a été mise à profit pour sensibiliser l’opinion publique sur les inégalités dont les filles souffrent et la nécessité de respecter leurs droits afin de susciter leur implication dans les prises de décisions les concernant. Un sketch portant sur les droits de la fille a permis d’édifier les participants sur les droits des filles notamment à la vie, à l’éducation, à la santé et aux loisirs. AS/KM (AMAP)

Bafoulabé : Deux vieux bacs de plus de 20 ans assurent la traversée du fleuve

Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 11 oct (AMAP) A Bafoulabé,  dans l;Ouest du Mali, il n’y a pas de pont sur le fleuve Sénégal et les populations riveraines font recours au bac et aux piroguiers pour se rendre d’une rive à l’autre. En cas de panne, comme, c’était le cas en août 2022, bonjour le calvaire pour les transporteurs, passagers et habitants. Le bac fluvial est pour Bafoulabé ce qu’était le train pour Kayes (Ouest), son chef-lieu de Région. En effet, il est impossible au voyageur, qui vient de Kayes et de Diamou, de fouler le sol de la Cité de Mali Sadio sans prendre le bac, à partir de Tintila. Il en va ainsi pour celui qui emprunte l’axe Kita-Toukoto. Ce dernier doit transiter forcément par Babaroto pour arriver à Bafoulabé ou à Tintila. S’agissant des passagers en provenance de Tambaga et de Manantali, ils doivent faire la traversée par le bac pour l’autre côté du fleuve. La traversée du fleuve Sénégal par le Bac est le passage obligé pour tous ceux qui n’aiment pas voyager par pirogue par peur des noyade et autres chavirements, surtout en cas d’orages et de tornades. Le Cercle de Bafoulabé possède deux bacs fluviaux qui assurent la continuité des routes (Kayes-Kita, en passant par Babaroto, Kayes-Tambaga, en passant par Manantali). « Cependant, ces engins sont vieillissants. Ils ont été mis en circulation, depuis plus de 20 ans. Alors, avec de tels bacs, les problèmes ne finissent pas », a déploré le préfet du Cercle de Bafoulabé, Amadou Soumaré, lors d’une rencontre avec la société civile. Selon lui, Il y a longtemps qu’un bac est à l’arrêt, suite à un problème de moteurs dont les pièces sont récupérées pour faire marcher le second engin. « Pour l’instant, c’est un seul bac qui assure la traversée des véhicules avec ses multiples problèmes (moteurs, propulseurs). Un seul de ses moteurs fonctionne. Ce qui explique aussi sa lenteur au cours du trajet », précise le préfet, également président du Comité de gestion des bacs fluviaux (CGBF) . Le préfet a rappelé que les Industries navales et constructions métalliques (INACOM) qui sont basées à Koulikoro, sont les seules habilitées à réparer les bacs fluviaux, un travail qui se fait à coût de millions. Il faut souligner que les populations ne sont pas restées indifférentes à cette situation. Bien avant le calvaire provoqué par l’arrêt de cet indispensable moyen de transport fluvial, la société civile,  avec en tête, sa présidente Salama Sakiliba, le président du Conseil local des jeunes, Boubacar Macalou, les présidents des Conseils communaux de la jeunesse de Bafoulabé, Karamagan Diallo, et de Mahina. Harouna Diop, avaient entrepris des démarches auprès du préfet pour l’organisation d’une rencontre. Celle-ci a permis à l’ensemble des acteurs d’échanger sur des questions liées aux bacs afin que la situation ne tourne au pire. Au cours de cette rencontre, la présidente de la société civile assure avoir suggéré des pistes au préfet. Mais, cette tentative de sauvetage n’a pas été un succès, puisque le 26 août 2022, à 08:16mn, le second moteur du bac a lâché pour de bon. D’où ces exclamations des usagers : « Plus de bac ! Plus de traversée de véhicules » ! Ainsi, a commencé le calvaire pour le personnel naviguant et pour l’ensemble des usagers de ce moyen de transport fluvial. Sans oublier les populations riveraines du fleuve Sénégal formé par le Bafing et le Bakoye dont la rencontre a donné à la ville de Bafoulabé son nom (littéralement, la rencontre des deux fleuves). La problématique a largement animé les débats sur les réseaux sociaux, dans les « grins ».  Partout, ici, on ne parle que du problème de bac. Si cette panne a plongé le personnel et le comité de gestion du bac dans le désarroi, elle a bien profité aux piroguiers qui se sont frotté les mains. Car, comme le dit cet adage populaire : « A quelque chose, malheur est bon ». En effet, ces deux semaines d’arrêt du bac leur ont permis de gagner beaucoup d’argent, étant donné que les pirogues étaient les seuls moyens de transport fluvial. Avec comme conséquence : tous les prix, y compris ceux des produits alimentaires, qui ont doublé, rendant ainsi la vie très chère. RECOURS AUX PIROGUES – On faisait traverser une personne à 200 Fcfa le jour et à 500 Fcfa la nuit. Le transport d’une tonne de ciment, d’une rive à l’autre, coûte 3 000 Fcfa. D’où le ras-le-bol des habitants qui ont manifesté dans les rues contre l’arrêt du bac et la cherté de la vie. Et ils ont enfoncé le clou, en accusant le Comité de gestion des bacs fluviaux d’avoir mal géré les recettes générées par ce moyen de transport. Pour tirer leur épingle du jeu, les transporteurs et les passagers n’avaient qu’une option. Celle de se rabattre sur les piroguiers pour l’acheminement de leurs marchandises et autres bagages jusqu’à l’autre rive où sont stationnés des véhicules prêts à prendre le relais. Pourtant le gérant du bac, Mamadou Diakité, a, dès le début de la panne technique, indiqué qu’il avait informé immédiatement le préfet de la situation. D’après lui, cette situation constituait un coup dur, notamment pour le personnel du bac. « C’est le bac qui nous donne le sourire. Et ce travail nous plait. Bref, le bac est notre vie. Si ce moyen tombe en panne, c’est la galère pour nous tous », affirme-il. Selon certains conducteurs de véhicules, c’était la résignation pour ceux qui ne pouvaient pas traverser le fleuve. D’autres étaient contraints de rebrousser chemin et de rester sur les bords, tout en sympathisant avec les habitants au bord du fleuve, afin d’améliorer leurs conditions de vie, faute de moyens. La nouvelle du bac ayant pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux et lors des causeries de « grins », le préfet a convoqué une réunion d’urgence dans son bureau le 5 septembre 2022 à laquelle a pris part la société civile. Un seul point à l’ordre du jour : « Réfléchir ensemble pour trouver une solution au problème du Bac ». Cette rencontre a débouché sur des propositions concrètes. Certaines