Rapport du secrétaire général sur le Mali : Le gouvernement invite l’ONU à recentrer sa mission
Bamako, 18 oct (AMAP) Le gouvernement malien invite la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à recentrer sa mission sur les fondements de sa présence dans le pays, a appris l’AMAP. Dans un mémorandum que le ministre malien des Affaires étrangères de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, présentera aujourd’hui, mardi, devant le Conseil de sécurité, Bamako indiquera « les actions » qu’il appelle « de ses vœux, dans le cadre d’une coopération efficace avec les Nations unies. » Le mémorandum du gouvernement malien porte, entre autres, sur le soutien à la restauration de l’autorité de l’État (malien) sur l’ensemble du territoire, la protection des populations civiles, une meilleure articulation avec les services compétents maliens et l’appui à la mise en œuvre de l’Accord. Dans ce mémorandum, Bamako réagit au dernier rapport trimestriel du secrétaire général des Nations unies sur la situation au Mali qui sera débattue, aujourd’hui, par le Conseil de sécurité, en présence du chef de la diplomatie malienne. En observation générale, le gouvernement malien se félicite qu’Antonio Guterres ait reconnu les progrès réalisés par les autorités de la Transition. Cependant, il regrette que « le rapport mette un accent particulier sur les défis et difficultés rencontrées, en passant sous silence, de nombreuses réalisations dans le cadre de la conduite de la Transition. » Au plan politique, les autorités maliennes se réjouissent que le rapport reconnaisse les progrès politiques importants réalisés ayant permis la levée des sanctions économiques et financières de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il s’agit, entre autres, de la fixation de la durée de la transition, la création de la commission chargée d’élaborer un avant-projet de Constitution, l’adoption puis la promulgation de la Loi électorale, la reprise des travaux du cadre de concertation entre le gouvernement et les partis politiques, la création de la Commission de suivi du chronogramme des réformes politiques et électorales. AVANCÉES NOTABLES – Bamako signale que l’absence de consensus évoqué dans le rapport était interne aux forces vives de la Nation qui ne sont pas parvenues à se mettre d’accord sur les critères de désignation de leurs représentants au sein du collège de l’Agence indépendante de gestion des élections (AIGE). Sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, en réponse aux accusations de «lenteur dans la mise en œuvre», le gouvernement estime au contraire que la période sous examen a été marquée par des avancées notables, notamment, la tenue de la réunion de niveau décisionnel à Bamako du 1er au 05 août 2022, de la réunion ministérielle du Comité de suivi de l’Accord à Bamako le 02 septembre 2022. Le gouvernement soutient que les consensus auxquels les parties maliennes sont parvenues marquent une étape majeure dans le processus de paix, notamment en ce qui concerne l’intégration de 26.000 ex-combattants d’ici à 2024, les mesures à prendre pour régler la question des grades et de la chaîne de commandement au sein des forces de défense et de sécurité ainsi que sur l’intégration des hauts responsables civils des mouvements signataires. La mise en œuvre de l’Accord a connu une autre étape importante avec la tenue, le 11 octobre 2022, de la 46è session du Comité de suivi de l’accord (CSA) où les parties maliennes ont renouvelé leurs engagements en vue d’une mise en œuvre diligente et effective. Au plan sécuritaire, Antonio Guterres exprime sa préoccupation concernant les conditions de sécurité au Mali, en dépit «des opérations militaires visant à stabiliser le Centre du pays». Il évoque l’augmentation des activités des éléments extrémistes affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Ndrl, acronyme arabe JNIM) et à l’Etat islamique dans le grand Sahara (IGS, marquée par une extension de l’insécurité vers l’Ouest et le Sud du Mali, avec leur corollaire de menaces contre les populations civiles, les forces de défense et de sécurité et la MINUSMA. Le rapport indique que, face à cette situation, la MINUSMA a mené 175 patrouilles conjointes avec les Forces de défense et de sécurité maliennes au 4 septembre. « À ce propos, le gouvernement reconnaît que nos Forces militaires ont certes effectué des patrouilles avec la MINUSMA, mais estime que ce chiffre est à revoir largement à la baisse », indique le rapport onusien. Il soutient qu’à Tombouctou, aucune patrouille n’a été effectuée dans ce sens et aucune sur l’axe Tombouctou-Goundam depuis quatre mois. SAISINE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ – Toujours dans le chapitre sécuritaire, le gouvernement trouve surprenant que le rapport du secrétaire général ait passé sous silence la saisine du Conseil de sécurité par le Mali concernant les tentatives de déstabilisation et de violations répétées de l’espace aérien par les forces françaises. Le Mali renouvelle sa demande d’une réunion spécifique du Conseil de sécurité. Le rapport évoque le retrait du Mali du G5 Sahel, puis soutient que «la coopération transfrontalière s’est érodée et les conditions de sécurité dans la zone des trois frontières ont continué à se détériorer». À ce sujet, le gouvernement fait observer qu’il ne saurait y avoir de relation de cause à effet entre le retrait du Mali et la détérioration de la situation sécuritaire, comme tend à l’établir M. Guterres. Car, cette coopération a toujours été un défi même lorsque le Mali était membre du G5 Sahel. Sur la situation des droits de l’Homme dont certaines violations sont imputées aux forces maliennes, les autorités maliennes précisent qu’aucune plainte concernant les cas cités n’a été reçue par les services compétents de la défense et de la sécurité de la part des populations. Au sujet des défis opérationnels de la MINUSMA, contrairement aux informations contenues dans le rapport, le gouvernement réitère qu’ « il n’existe aucune volonté de restreindre les mouvements de la Mission sur le terrain, mais plutôt une volonté de coordination des actions avec les Casques bleus. « Sur le dossier des soldats ivoiriens, le gouvernement rappelle la teneur de son communiqué n°034 du 11 juillet 2022, expliquant en détails, les conditions illégales dans lesquelles, ces forces étrangères, dont une trentaine des forces spéciales, sont
Mali : Une Conférence sociale pour poser les jalons d’un climat social apaisé
Bamako, 18 oct (AMAP) La Conférence sociale durable a débuté, lundi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB) avec pour objectif de permettre aux participants de faire un diagnostic clair des causes réelles de la détérioration du climat social et, surtout, de favoriser l’élaboration et la signature d’un Pacte de stabilité sociale. La conférence qui se terminera, vendredi, permettra aux participants d’identifier les inégalités salariales et leurs causes pour plus d’équité et de justice sociale, et d’identifier les besoins de renforcement des capacités des acteurs tripartites et du cadre juridique et institutionnel du dialogue social. Les acteurs du monde du travail, qui seront réunis durant toute la semaine, s’attelleront à identifier les moyens et mécanismes permettant d’aboutir à une stabilité sociale durable. Durant les travaux, les participants se pencheront sur trois thématiques principales : la liberté syndicale et l’exercice du droit de grève, le dialogue social, ainsi que la gestion des carrières et la politique de rémunération. Selon la ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Mme Diawara Aoua Paul Diallo dont le département est l’initiateur de la conférence sociale, cette rencontre « est l’occasion de poser les jalons d’une évolution permettant à l’ensemble des acteurs sociaux d’avoir une convergence de vue pour l’apaisement du climat qui a été fortement perturbé au cours des cinq dernières années. » « En termes de statistiques, a-t-elle précisé, mon département avec ses services centraux et déconcentrés ont enregistré respectivement 114 préavis de grève en 2019, 125 en 2020 et 103 l’année dernière pour les secteurs public et privé. » Mme Diawara Aoua Paul Diallo a indiqué que ces conflits affectent de plus en plus les secteurs vitaux comme l’éducation, la santé, la justice, le trafic aérien, l’économie nationale et même la sécurité. Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, qui a présidé l’ouverture travaux, a relevé que le Mali et d’autres pays dans le monde subissent les effets néfastes d’une évolution profonde de la nature du travail qui s’explique notamment par l’évolution démographique, le creusement des inégalités, la situation économique difficile, les nouveaux visages de la production et de l’emploi. Il a rendu hommage aux organisations syndicales pour leur résilience dans un contexte de crise, à travers l’observation spontanée de la trêve sociale par tous. Pour sa part, le directeur du Bureau-pays de l’Organisation internationale du travail (OIT), Frédéric Lapeyre, dont la structure a apporté son appui technique à la tenue de la rencontre, a noté que le dialogue social et le tripartisme qui prévaut dans cette conférence sont des valeurs qui sont au cœur de sa structure et de son fonctionnement. Selon lui, les pistes stratégiques que la conférence pourrait explorer sont, entre autres, la formation des acteurs, la mise en place d’initiatives volontaristes, la promotion de la négociation collective et la politique de rémunération dans les secteurs public et privé. S’y ajoute l’organisation des travailleurs et employeurs de l’économie informelle. Les représentants des centrales syndicales ont, tour à tour, exprimé leurs attentes et aspirations parmi lesquelles la visibilité de la politique générale du syndicalisme, la confirmation des traitements pacifiques des revenus et pouvoirs d’achats, l’assainissement des relations de travail et la reconnaissance du volet socio-économique du syndicalisme. Le président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally, a apprécié la pertinence des thèmes qui, selon lui, interpellent le secteur privé. Il a rappelé que son organisation s’est toujours investi dans la promotion d’un climat social apaisé. Après la cérémonie d’ouverture, les participants se sont repartis en groupes de travail, afin de traiter en profondeur les trois thématiques de la conférence sociale. MDD/MD (AMAP)
Trois casques bleus tués dans une explosion à Tessalit, dans le Nord du Mali (MINUSMA)
Bamako, 17 oct (AMAP) Trois casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ont été tués, lundi, dans une explosion à Tessalit, dans la Région de Kidal (Nord-est), a annoncé la mission onusienne sur son compte twitter. La MINUSMA précise que les trois casques bleus ont été tués lorsque leur véhicule a percuté un Engin explosif improvisé (EEI) lors d’une patrouille de recherche et de détection de mines à Tessalit. « Cet incident a également fait 4 blessés graves parmi les casques bleus », indique le communiqué, avant de rappeler que depuis l’installation de la Mission en 2013, les engins explosifs improvisés ont arraché la vie à 74 soldats de la paix. Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la MINUSMA, El-Ghassim Wane, a exprimé dans un tweet ses « pensées aux casques bleus déployés au Mali ». « Pensées émues à nos casques bleus : les morts et les blessés à Tessalit, dans le nord du Mali, suite à l’explosion d’une mine », a écrit M. Wane. Le chef de la mission onusienne a souligné que les EEI sont l’une des plus graves menaces à laquelle font face les casques bleus, en saluant à nouveau leur « courage et le sens du devoir.» SS/MD (AMAP)
L’ancien Premier ministre du Mali, Younoussi Touré, est décédé à 81 ans
Bamako, 17 oct (AMAP) L’ancien Premier ministre du Mali, Younoussi Touré, est décédé, ce lundi, à Paris, en France, des suites d’une maladie, à l’âge de 81 ans, a annoncé le Bureau exécutif national (BEN) de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), parti dont il était un membre fondateur. Dans un communiqué, le BEN de l’URD ajoute que « les obsèques feront l’objet d’un communiqué ultérieur. » Figure importante de la scène politique malienne, Younoussi Touré, est né le 1er janvier 1941 à Niodougou, dans le Cercle de Niafunké, dans la Région de Tombouctou (Nord). Il a été un grand commis de l’État qui a exercé de très hautes responsabilités, notamment Premier ministre du président Alpha Oumar Konaré, du 9 juin 1992 au 12 avril 1993 (10 mois et 3 jours), président de l’Assemblée nationale (2012-2014). Sur le plan politique, il a également été, de 2003 à 2014, président de l’URD, avant d’être remplacé à la tête de cette formation par Soumaïla Cissé. M. Touré a suivi ses études primaires et secondaires à Niafunké, à l’École des artisans soudanais, à l’École normale de Sévaré (Centre), à l’École normale de Katibougou et au lycée Askia Mohamed de Bamako. Il a commencé ses études universitaires en 1963 à l’Université d’Abidjan dont il est sort en juin 1965 avec le diplôme d’études économiques générales (DEEG). Il a continué à l’Université de Dakar, à l’École de formation technique de la Banque de France. Il est titulaire d’un Diplôme d’études supérieures spécialisées en sciences économiques. Ce parchemin lui a permis de travailler dans le domaine de la Banque, notamment à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dont il a été directeur de l’Agence du Mali. A.T/MD (AMAP)
Tenenkou organise une course de pirogues pour renforcer la cohésion sociale
Tenenkou, 17 octobre (AMAP) Une course de pirogues, organisée par les jeunes rhimaïbé s’est déroulée dimanche à Tenenkou, sous la présidence de l’adjoint du maire, soumaïla B Coulibaly, a constaté l’AMAP. C’était en présence du chef du détachement des Fama, le capitaine Ouedrago, du président du conseil local de la jeunesse et des centaines de personnes qui ont fait le déplacement pour assister à cette course épique qui a tenu en haleine tous les spectateurs présents. Son objectif était de renforcer les liens de fraternité, de cohésion et de solidarité qui existent entre ces communautés mais aussi de perpétuer la tradition. Une demoiselle d’honneur a été désignée pour être le porte-drapeau. Ce choix d’une jeune fille est le symbole de la place de choix qu’occupe la femme en générale dans cette communauté caractérisée par la liberté. Deux pirogues étaient au départ de la course, celle des aînés et celle des jeunes frères. La course qui a été par les aînés qui l’a emporté, a suscité passion et effervescence a été rondement menée par les deux pirogues. Pour les compétiteurs, c’est la gloire pour l’éternité qui était mis en avant. Une soirée de flûte a été également organisée à l’honneur du vainqueur pour conclure cette journée de très belle communion et de très belle facture. Cette course de pirogues vient nous rappeler les grandes heures du longaal Tenema. Le longaal Tenema, c’est une course de pirogues à laquelle participaient plusieurs pirogues du Massina. Elle a été instituée par le chef de village de tout le Massina, il y’a plus d’un siècle.Elle était avec la traversée des animaux à Diafarabé, les principales attractions culturelles du cercle de Ténenkou. Mais, depuis le début de la crise sécuritaire qui touche le cercle de Ténenkou, ces événements ont disparu du calendrier culturel passant désormais dans la liste des oubliettes. Après cette course, un défilé de la pirogue victorieuse a été organisé dans l’après-midi pour remercier la demoiselle d’honneur mais aussi magnifier cet évènement à travers des parades. AS/KM (AMAP)
Macina : Conférence sur la citoyenneté et sur la Taxe de développement régional et local
Macina, 16 oct (AMAP) Quelque 30 acteurs locaux ont participé, dimanche, à une conférence sur la citoyenneté et sur la Taxe de développement régional et local (TDRL) dans la salle de délibération de la mairie de Macina (Centre). Ce Forum de Macina a regroupé des représentants du Conseil communal de la jeunesse, des Femmes leaders, de la Société civile, des Forces de défense et de sécurité et des chefs de services techniques pour un renforcement des économies rurales et la connaissance des actions réalisables pour permettre la réconciliation dans le Centre et le Sud du Mali. Il s’agissait, dans le détail, de renforcer la capacité des participants sur la citoyenneté et la gestion des actions et politiques communales, de renforcer le processus démocratique et le dialogue civique à travers l’implication des acteurs ciblés et les autres membres de la Société Civile jusqu’à la base. La rencontre était destinée, également, à faciliter une vision du développement des communes en corrélation avec la gestion des affaires publiques (renforcement de la cohésion sociale). Et aussi de clarifier les rôles et responsabilités des acteurs communaux plus spécifiquement (Définir la bonne gouvernance, approfondir la notion de citoyenneté et insister sur la participation citoyenne ). Cette activité est un micro-projet de l’Organisation non gouvernementale « Alerte-International », présente au Mali depuis 2013 et qui intervient dans le Cercle de Macina depuis 2015. Elle revendique plus de 30 ans d’expérience en analyse pour trouver des solutions durables à la crise sociale qu’a connue le Mali à partir de 2012. Au terme de la rencontre, les participants se sont dit « bien outillés sur (leurs) droits et devoirs pour un développement harmonieux de la localité ». A la fin des travaux, le 2ème adjoint au préfet, Oumar Dembélé, qui a présidé les travaux, a invité les participants à s’approprier la feuille de route issue du forum. AOK/MD (AMAP)
Goundam, dans le Nord du Mali : Les commerçants et détaillants en proie aux pillages et braquages
Goundam, 14 oct (AMAP) Ni la présence d’un camp des Forces armées maliennes (FAMA), ni celle d’un contingent de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) basé à Goundam (Nord), étoffés d’un bon nombre de gendarmes, gardes et, récemment, de policiers ne dissuadent nullement les bandits armés qui continuent de semer la terreur dans la ville de Goundam. Les bandits avaient d’abord pour cibles les jeunes chauffeurs et transporteurs de la ville qui, pour la plupart, voyant leurs activités de transport vers les centres importants bloquées, et ne pouvant plus disposer ni de véhicules 4×4, ni de véhicules neufs, de crainte d’en être dépossédés ou tués, se sont résignés à assurer au moins le transport sur la Route nationale (RN) 33, Goundam-Tombouctou, au moyen de vieilles guimbardes. Cette pratique a permis à certains jeunes de tirer leur épingle du jeu, car leur transport a bien prospéré. Ce business a intéressé les bandits armés qui font tout pour ne pas se faire identifier au cours de leurs différentes opérations. Les jeunes transporteurs ont fini par devenir la cible de bandits armés jaloux de leur réussite. Ainsi, les bandits ont-ils commencé à couper la route aux véhicules de transport pour dépouiller les passagers. Et, comme cela ne suffisait pas, il fallait aussi décourager les transporteurs afin qu’ils abandonnent le transport. Pour y parvenir, il fallait tirer, à bout portant, sur les chauffeurs. C’est ainsi que quatre chauffeurs ont perdu la vie. Malgré ces quatre victimes dans le rang des chauffeurs, les transporteurs de Goundam ont tenu à assurer la liaison Goundam-Tombouctou, au prix de leur sang. Ces derniers temps, des jeunes armés non identifiés font des irruption, nuitamment, dans la ville et s’attaquent à une boutique ciblée, C’este cela leur modus operandi. Plusieurs boutiques ont, ainsi, été braquées et des sommes importantes emportées, en quelques mois. Le plus récent coup a eu lieu, mercredi, au quartier populaire d’Alphaou où un commerçant, du nom de Hamadoun Ahmadou dit Ulysse, a été attaqué en plein centre-ville, entre 19h30 et 19h45 dans son échoppe. Toute sa recette de la journée lui a été arrachée. Lui-même a été soumis à des menaces et tortures, sans pouvoir recevoir la moindre aide ou secours. Les bandits, après leur forfait, ont fait des tirs de sommation pour couvrir leur fuite. Des motos achetées par les ressortissants de Goundam, venus d’exode, et qui rejoignent leur village, sont régulièrement braqués et dépossédés de leurs engins et de tout ce qu’ils possèdent, sans qu’ils reçoivent une quelconque assistance. La population semble désemparée face à cette vagues de grand banditisme qui déferle sur la ville de Goundam, malgré la présence de toutes ces forces armées. Ces bandits non identifiés se déplacent à moto et sont armés de pistolets et souvent de kalachnikovs ou de carabines. La question sur toutes les lèvres, ici, est : « Quand est-ce que toutes ces forces présentes à Goundam se mettront ensemble pour une plus grande sécurisation des populations, à travers des patrouilles, des fouilles de toutes les maisons de la périphérie de la ville, de tous ces camions et 4×4 qui traversent la ville dans toutes les directions ? » Des camions et des véhicules tout-terrain chargés de fûts de carburant traversent régulièrement la ville pour des destinations inconnues, sans aucun contrôle. De l’avis de certains habitants, ce trafic prospère sur le même terreau que le banditisme. AMAP
Prorogation du mandat des conseillers communaux : Le colonel Abdoulaye Maïga explique le choix du gouvernement
Bamako, 14 oct (AMAP) Le Premier ministre par intérim, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, a expliqué, jeudi, à Bamako, les motivations du projet de loi adopté par le Conseil des ministres du mercredi dernier portant prorogation du mandat des conseillers communaux à titre exceptionnel et les mesures en cours pour le retour de l’ancien dispositif des délégations spéciales. Lors d’un point de presse dans les locaux de son département, Abdoulaye Maïga a indiqué que sur ce dossier, le gouvernement avait plusieurs possibilités. La première était de mettre en place des autorités intérimaires dans toutes les communes du Mali, de relire le Code des collectivités territoriales pour y inclure la possibilité d’une troisième prorogation. Selon le conférencier, en application du Code des collectivités en vigueur, le gouvernement ne peut demander que deux fois, une prorogation du mandat des conseillers des collectivités territoriales. Ce qui a déjà été fait. C’est pourquoi, la troisième possibilité était d’adopter une loi pour proroger le mandat des conseillers communaux à titre exceptionnel jusqu’à l’organisation des prochaines élections. Le Premier ministre par intérim a souligné que le choix du gouvernement est motivé par la prudence, la stabilité sociale et la continuité du service public au profit des populations. Il a soutenu qu’il y a, à cet effet, plus de 11.000 conseillers des collectivités territoriales au Mali. Et il y a un danger et un risque liés à un remplacement systématique de ces conseillers par des autorités intérimaires. Pour le colonel Maïga, le processus est long car il risquerait de prendre deux ans au minimum. La mise en place des autorités intérimaires, à travers l’actuel dispositif, est aussi porteuse de risques dans certaines localités. «Ce que nous voulons faire en lieu et place des autorités intérimaires, c’est de relire le Code des collectivités territoriales. Cette activité est en cours», a expliqué conférencier, qui dira que dans les jours à venir, le gouvernement va soumettre à l’approbation du président de la Transition, le remplacement du dispositif des autorités intérimaires par le celui antérieur des délégations spéciales. Toutefois, le ministre Maïga a précisé que le but n’est pas de remplacer systématiquement les 11.000 conseillers par des délégations spéciales. Mais pour lui, cela ne voudrait pas dire que le gouvernement va rester en spectateur face à des collectivités territoriales qui ne fonctionnent pas. Car celles-ci seront systématiquement remplacées par des délégations spéciales. LES DÉLÉGATIONS SPECIALES – « L’objectif du gouvernement n’est pas de donner un blanc-seing aux collectivités qui ne fonctionnent pas », a-t-il précisé. D’après lui, après l’adoption de cette loi, dans les jours à venir, le gouvernement va proposer une relecture du Code des collectivités pour ramener le dispositif des délégations spéciales. Ainsi, toutes les collectivités qui connaissent des difficultés de fonctionnement seront systématiquement remplacées par les délégations spéciales. Il s’agit, entre autres, de celles où il y a des tensions entre le maire et ses adjoints et qui jouent sur leur fonctionnement, celles où la mauvaise gouvernance est une réalité. Le ministre Maïga a rappelé que l’Accord pour la paix et la reéonciliation issu du processus d’Alger, lui-même, ne parle pas d’autorités intérimaires. Mais d’autres textes, dans le cadre de sa mise en œuvre, les ont prévues. Il précise que c’était pour des régions bien ciblées. « Comme nous sommes dans une République, on ne peut pas adopter une loi pour des régions particulières et laisser les autres », a-t-il expliqué, ajoutant que c’est la raison pour laquelle, le dispositif des autorités intérimaires a été appliqué à l’ensemble des régions du Mali. Pour lui, la délégation spéciale a quelques avantages car il y a moins de personnes et dans son fonctionnement, elle est moins coûteuse que les autorités intérimaires. Le chef du gouvernement par intérim a soutenu qu’en agissant ainsi, il n’y a aucune volonté de la part du gouvernement de ne pas appliquer l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. DD/MD (AMAP)
Vote des Maliens déplacés et réfugiés : Les partis politiques font des propositions
Bamako, 14 oct (AMAP) Sur un total de 274 partis politiques, 38 ont fait des propositions, soit un taux de 13,87%, a appris l’AMAP lors d’une rencontre tenue, jeudi, et destinée à recueillir les propositions des acteurs politiques en vue d’apporter des solutions au vote des Maliens déplacés et réfugiés. Cette rencontre, au Centre de formation des collectivités territoriales, entre le Premier ministre par intérim, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, et les représentants des partis politiques du Cadre de concertation national a porté sur les modalités d’organisation du vote des réfugiés et des déplacés internes. Les principales propositions faites par les formations politiques sont au nombre de cinq : transférer les personnes déplacées internes enrôlées vers les communes d’accueil ; recenser l’ensemble des réfugiés et déplacés en vue de participer aux différents scrutins ; créer des bureaux de vote au niveau des sites des réfugiés et des déplacés. S’y ajoutent l’amélioration de l’expérience de l’élection présidentielle de 2013 sur le vote des réfugiés, en corrigeant les insuffisance relevées et l’application des dispositions de l’article 49 de la loi n°2022-019 du 24 juin 2022 portant loi électorale et les pratiques qui ont prévalu lors des présidentielles de 2013 et 2018. La rencontre rentre dans le cadre de l’inclusivité du processus électoral qui, selon le gouvernement malien, est une préoccupation majeure des autorités de la Transition. Selon un rapport du ministère de la Santé et du Développement social, à la date du 30 avril dernier, le nombre de personnes déplacées internes est estimé à environ 370.548. Malgré les efforts de sécurisation en cours sur toute l’étendue du territoire, «force est de reconnaitre que tous les déplacés et les réfugiés ne pourront regagner leurs localités d’origine avant les élections», a noté, dans son discours d’ouverture, le ministre en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Les déplacés sont présentement sur des sites d’accueil ouverts dans le District de Bamako, la capitale, et les Régions de Mopti, Tombouctou, Gao, Ségou, Ménaka, Kidal…Quant aux réfugiés, ils sont installés majoritairement dans les pays voisins (Burkina Faso, Mauritanie et Niger). Si le vote des Maliens réfugiés trouve une solution dans notre législation, il n’en est pas de même pour celui des personnes déplacées internes. Aucune disposition de la loi électorale ne se penche sur le vote de ces dernières. Le colonel Abdoulaye Maïga a fait savoir que si aucune solution n’est trouvée à cette situation, bon nombre des déplacés et des réfugiés ne pourront accomplir leur devoir citoyen lors des scrutins décisifs à venir. D’où l’initiative de la rencontre d’hier avec les partis politiques. BD/MD (AMAP)
Avant-projet de Constitution : Les missions de l’administration, des forces armées et de sécurité clairement définies
Bamako, 14 oct (AMAP) L’avant-projet de Constitution, remis mardi dernier au chef de l’État, se veut novateur dans le sens où il introduit de nouveaux chapitres dont ceux consacrés à l’Administration et aux Forces armées et de sécurité. Le chapitre III du Titre III (du pouvoir exécutif) précise les missions de l’Administration, ainsi les devoirs et droits de ceux qui l’animent. Selon l’article 83 de l’avant-projet de texte, l’Administration participe à la promotion du développement économique, social et culturel en répondant de façon adaptée aux besoins de la collectivité nationale et des usagers dans la transparence, le respect des droits de l’Homme et de la démocratie. L’article suivant précise que les «agents de l’Administration sont tenus, dans l’exercice de leurs missions, de respecter les principes fondamentaux du service public comprenant la légalité, l’égalité, l’impartialité, la neutralité et la continuité ». Les agents doivent, également, adopter un «comportement respectueux des règles d’éthique et de déontologie, en particulier d’intégrité et de probité morale». Et vis-à-vis des agents, l’Etat a l’obligation de veiller à inscrire leur recrutement dans le cadre de procédures transparentes qui assurent l’égalité des chances pour tous et à faire reposer le déroulement de leur carrière sur des critères de compétence et de professionnalisme. En plus, l’Etat doit veiller à offrir aux agents les conditions de travail, de rémunération et de sécurité nécessaires au bon accomplissement leurs missions. Quant aux Forces armées et de sécurité, leurs missions sont définies dans le chapitre V du Titre III. Celles-ci sont, en effet, «chargées de la défense de l’intégrité du territoire national, de la protection des personnes et de leurs biens, du maintien de l’ordre public et de l’exécution des lois ». Elles ne peuvent, cependant, être employées au maintien de l’ordre public que dans les conditions déterminées par la loi (article 90). «Républicaines, apolitiques et soumises à l’autorité politique», les Forces armées et de sécurité sont au service de la Nation et doivent participer aux actions de développement économique, social et culturel du pays. Par ailleurs, elles peuvent participer à des missions extérieures de paix, de stabilisation ou de sécurité dans le cadre du respect des engagements internationaux du Mali. Pour leur permettre d’accomplir ces missions, l’État veille à ce que les Forces armées et de sécurité disposent en permanence de capacités en ressources humaines et en moyens matériels nécessaires (article 92). La planification de ces ressources et moyens s’opère à travers des lois de programmation. ID/MD (AMAP)

