Dégradation de la voie publique : Le trou de tous les désagréments au «Wonida»

Par Assitan KIMBIRY Bamako, le 19 oct (AMAP) Depuis le 10 septembre dernier, une partie importante de la voie, au niveau du carrefour de la place marchande dénommée en bamanakan «Pilasi kôrô», s’est effondrée suite à une pluie diluvienne. Sur cette intersection où le trafic est très dense, est apparu un trou à grand diamètre qui représente un réel danger pour les usagers de la voie. Ceux-ci n’apprécient guère de voir le bitume de nos grandes artères se dégrader, sans la moindre petite intervention des services compétents du ministère des Transports et des Infrastructures. Pour préserver les usagers, des blocs de béton ont été disposés tout autour de ce trou béant. Ce qui est l’origine d’un embouteillage à l’intersection qui conduit au Marché rose, au grand marché aux légumes de Bamako communément appelé «Wonida». Comme si cela ne suffisait pas, des vendeuses de légumes squattent aussi l’espace, depuis la destruction de cette partie du goudron, créant ainsi un tohu-bohu indescriptible. Un vrai cauchemar pour les riverains ! La situation complique davantage la régulation de la circulation par les policiers. Ceux-ci sont même pointés du doigt par certains usagers qui estiment qu’ils représentent un facteur de complication avec le contrôle systématique des véhicules de transport. Au détriment de la fluidité de la circulation. Les particuliers sont, aussi, contraints souvent à des contorsions pour se frayer un passage et sortir de la nasse. Moulaye Samaké conduit un véhicule de transport qu’il cherche à garer pour débarquer des passagers. Il manœuvre habilement pour s’arrêter dans un espace réduit. Le chauffeur fulmine contre ce gros trou qui pose de nombreuses difficultés. «On ne peut pas circuler librement. On doit faire le détour pour avoir des clients. Cela augmente notre consommation en carburant, surtout en cette période de hausse du prix des hydrocarbures», se lamente le transporteur désabusé. Il déplore la situation qui provoque un embouteillage. Selon lui, le syndicat des transporteurs aurait dû réagir et interpeler qui de droit pour réparer. BOUCHON PERMANENT – Un autre usager qui a souhaité garder l’anonymat, s’indigne du manque de volonté des autorités compétentes à entretenir les biens publics. Il explique ne pas hésiter à mettre la main à la poche pour contribuer à la réparation de certaines infrastructures. Il cite volontiers l’exemple d’un panneau de signalisation qui était abimé. Il dit avoir pris l’initiative de le réparer Le conducteur de moto taxi, Ali Badra Keïta, est lui aussi déconcerté par la situation en tant qu’usager. Il peste contre le grand bazar occasionné par la situation avec comme conséquence l’obstruction de la voie par les vendeuses de légumes. Celles-ci pensent malheureusement être en droit d’occuper les lieux et exposent leurs marchandises à même le sol. Elles sont grincheuses et invectivent qui tente de les raisonner. Aminata Sanogo, vendeuse de légumes a été chassée de son installation initiale du fait de la dégradation de la route. Elle a pu, selon elle, se caser sur la voie. Mamadou Coulibaly, transporteur et syndicaliste explique que ce trou est à l’origine du bouchon permanent sur la voie. Et cela constitue une perte considérable pour les conducteurs de Sotrama. Devant la situation, les principaux acteurs se rejettent la responsabilité. Le deuxième adjoint au maire de la Commune II du District de Bamako, Mamadou Kaou Touré, indique que la réparation de cette route n’est pas du ressort de sa collectivité. L’édile incrimine l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (AGEROUTE). Un agent de cette structure dit être au courant de la situation. « Certes, reconnaît-il, notre mission consiste à réparer les routes. Mais, il la réparation de ce dégât relève plutôt de la société Builders ». Apparemment, une entreprise sous-traitante. Nos tentatives pour joindre les responsables de cette entreprise ont été vaines. AK/MD (AMAP)      

Patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara  : première réunion du Comité de pilotage du Projet «Reconstruction et réhabilitation

Bamako, 19 oct (AMAP) La première réunion du Comité de pilotage du Projet «Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara (Pays-dogon)» s’est déroulée, mardi, au ministère en charge de la Culture. Ce programme vise à accélérer la reconstruction et la réhabilitation du patrimoine détruit par des terroristes, la resocialisation et la bonne conservation des objets cultuels. Mais, aussi, la reprise des pratiques et traditions culturelles intra et intercommunautaires. C’est en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), sur financement de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (ALIPH). Le secrétaire général du département, Demba Hamane Cissé, qui a présidé la réunion, en présence du chef du bureau de l’UNESCO au Mali, Edmond Moukala, a exprimé la satisfaction du ministère pour la tenue de cette première réunion qui regroupe tous les acteurs de la chaîne. Demba Hamane Cissé a salué l’engagement constant de l’UNESCO auprès du Mali, ainsi que les autres partenaires techniques et financiers, particulièrement Aliph, pour son soutien financier. « Sous les assauts abrupts des terroristes, notre pays a vu son patrimoine culturel, richesse inestimable, détruit avec fureur au nom d’une guerre aux contours toujours contestables», a-t-il dit. Le secrétaire général du ministère en charge de la Culture a évoqué le site de Bandiagara (Centre) qui a été durement frappé par les tensions et conflits dont les conséquences ont été la destruction de maisons, de greniers à céréales, ainsi que des enlèvements de bétail, des pertes en vie humaine et la destruction des biens culturels, etc. C’est dans ce contexte difficile que le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, à travers la direction nationale du patrimoine culturel, a initié le Projet «Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara (Pays-dogon)». Le Projet cible quatre villages, à savoir Ogossagou, Sobane da, Djombolo et Tégourou. Il a pour objectif d’y reconstruire ou réhabiliter le patrimoine bâti détruit, pour renforcer le tissu social, la cohésion sociale et la paix. Quand à Edmond Moukala, il a salué la résilience des communautés à Bandiagara qui a permis à l’équipe de se rendre dans les différents villages. «Malgré les résultats encourageants, les défis pour ce projet restent importants et complexes à cause de la situation sécuritaire et de la forte attente de la population», a-t-il souligné. Edmond Moukala a salué ALIPH pour son appui financier et réitéré l’engagement de l’UNESCO pour la restauration de la paix et la construction du patrimoine culturel. Auparavant, les représentants de l’UNESCO et ALIPH étaient intervenus par visioconférence. Tous deux ont  exprimé leur volonté de soutenir le Mali dans la restauration de son patrimoine culturel. Un film documentaire sur les 4 villages concernés par le projet a eté projeté . On notait la présence des représentants de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), d’ALIPH, ainsi que des communautés. La réunion était également suivie en visioconférence par l’UNESCO à Paris et ALIPH. AS/MD (AMAP)            

Légumes : Valse des prix à Bamako

Par Fatoumata M. SIDIBE Bamako, 19 oct (AMAP) Assise sur une chaise, Kia Diarra appelant les clients du geste et de la voix. La vendeuse de tomate installée sur le bitume, à l’entrée du marché Wonida, propose des grands et petits paniers de tomates. Elle explique se frotter les mains depuis quelques jours. Or, les prix ont baissé sur le marché. Pour le marché de tomates, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour les marchandes de t. «Les prix ont diminué en cette période. Il y a 15 jours, le grand panier était cédé à 20 000 Fcfa, aujourd’hui, on peut l’avoir à 15 000 Fcfa. Par contre, le prix du petit panier de tomates varie de 500 Fcfa à 1 000 Fcfa», souligne-t-elle. Et de préciser qu’à l’approche de la saison froide, la tomate sera encore plus abondante sur le marché et coûtera encore moins cher. Non loin de la vendeuse de tomates, se trouve Maïmouna Fofana. Autour d’elle, on aperçoit les céleris et les persils étalés par terre. Pour elle, le marché des légumes est maintenant acceptable. Les feuilles sont de bonnes qualités et peuvent faire 2 à 3 jours sans se faner. Elle dit acheter les tas de feuilles de céleris à 25 F au champ pour les vendre entre 100 et 250 Fcfa. Assétou Sow est de passage pour emprunter un véhicule de transport en commun. «Quand j’ai vu le tas de céleri, j’ai décidé d’en acheter pour le conserver dans mon frigo. Je trouve le marché Wonida moins cher que les marchés du quartier», explique Assétou Sow, qui vient d’en acquérir pour 1 000 Fcfa. A l’intérieur du marché, Assétou Niaré, est assise sur un tabouret, Elle arrose les poivrons et les aubergines avec de l’eau. Elle souligne que les prix des poivrons et des aubergines n’ont pas baissé pour le moment, mais qu’avec le changement de saison, les prix chuteront. Selon elle, le sac de poivrons, qui était cédé à 9 000 F cfa est vendu à 11 000 Fcfa aujourd’hui. «Ici, le tas est cédé entre 250 Fcfa et 500 Fcfa. Quant aux aubergines, les tas sont vendus  à partir de 250 Fcfa», fait-elle noter. Quant à Mme Dramé Maman Touré, elle vend de la carotte, des choux et de l’ail. Tout en arrangeant ses marchandises, elle précise que le sac de carottes coûte un peu cher, même s’il a connu une baisse ces derniers temps. Le sac de carotte est obtenu à 35 000 Fcfa aujourd’hui contre 28 000 Fcfa précédemment. Le carton de l’ail est obtenu à 10 000 Fcfa au lieu de 11 000 Fcfa. Le sac de chou à 25 000 Fcfa contre 15 000 F cfa auparavant et le détail oscille entre 500 et1 000F cfa. Entouré de sacs d’oignon rouge et blanc et de pommes de terres dans des paniers et des sacs de 100 kg, Mamadou Traoré rappelle qu’il évolue dans ce domaine depuis dix ans. Il dit que ses oignons viennent du Maroc. Le sac coûte 12 250F cfa. Il fait noter qu’en cette période, les oignons du Mali se font rares et plus chers.  Le  kg d’oignon est vendu, de nos jours, à 550 Fcfa contre 700 Fcfa, il y a un mois. Djènèba Diarra est venue se ravitailler en oignon. Elle relève que l’oignon et la pomme de terre ne sont pas accessibles à toutes les bourses. Selon elle, il y a des périodes où on achète le kg de l’oignon à 250 ou 300 Fcfa et la pomme de terre ne dépasse pas 400 Fcfa le kg. Elle espère que les prix vont bientôt baisser. La ménagère se réjouit du fait que le gombo est moins cher, car il est passé de 10 000F à 7 500F cfa le sac. Selon elle, le petit seau varie de 750 à 1 000 Fcfa. Le piment est aussi très abondant sur le marché en ce moment. FMS/MD (AMAP)  

Conseil de sécurité : Le chef de la diplomatie malienne réfute des points du rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Mali

Bamako, 19 oct (AMAP) Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a démenti, mardi, devant le Conseil de sécurité, de nombreuses allégations contenues dans le dernier rapport trimestriel du secrétaire général de l’ONU sur la situation au Mali. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni pour l’examen du document, Abdoulaye Diop a estimé que le rapport « aurait gagné en objectivité s’il informait davantage sur les efforts et les progrès réalisés par le gouvernement du Mali dans le cadre de la recherche de la paix et de la sécurisation du territoire national et de la protection des populations civiles. » Les différentes interventions ont concerné, entres autres, les avancées enregistrées par le Mali dans le processus de transition, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, les violations des droits humains, des restrictions imposées par les autorités maliennes à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), la question des rotations, celle des soldats ivoiriens, la détérioration de la situation sécuritaire. La représentante de la Fédération de Russie à l’ONU, Anna M. Evstigneeva, a fait savoir que la situation au Mali se stabilise. D’après elle, malgré les difficultés, les Forces armées maliennes (FAMa) ont démontré, ces derniers mois, qu’elles étaient « capables de parvenir à de véritables résultats dans la lutte contre le terrorisme ». Elle a souligné que la Russie a fourni à l’Armée malienne une assistance multiforme, notamment en matière de renforcement de ses capacités et de formation des soldats. Elle a ensuite, ajouté que son pays est « vivement préoccupé par les tentatives de transformation du Sahel en théâtre de confrontation géopolitique entre les puissances étrangères ». Estimant cette situation contraire aux intérêts des États et des peuples du Sahel, Anna M. Evstigneeva a cité en appui à ses propos les désaccords internes du G5 Sahel, provoqués de l’extérieur et qui ont contraint le Mali à quitter cette organisation. Elle a dénoncé « les réactions vivement négatives de l’Occident contre le renforcement de la coopération entre la Russie et le Mali. PROGRES IMPORTANTS – Dans son discours, le ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a d’abord indiqué que sur le plan politique, des progrès importants ont été réalisés pendant la période concernée par le présent rapport. Ces progrès portent « sur un retour apaisé et sécurisé à l’ordre constitutionnel, notamment l’adoption d’un chronogramme pour les réformes politiques et électorales, le calendrier des élections, la nouvelle loi électorale, la remise de l’avant-projet de la nouvelle Constitution au président de la Transition, etc. » Sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, M. Diop a dit que « le Mali reste totalement engagé dans sa mise en œuvre diligente et intelligente pour sa stabilité durable ». Il a rappelé la tenue de la réunion de haut niveau décisionnel au mois d’août dernier, suivie de la 6è réunion de haut niveau du Comité de suivi de l’accord (CSA), le 02 septembre 2022, qui ont permis de lever certains obstacles. Mais aussi, la 46è session du CSA, tenue le 11 octobre 2022, qui a permis aux parties maliennes de renouveler leurs engagements pour une paix durable. Et, parallèlement, le gouvernement a organisé la première édition de la Semaine nationale de la réconciliation. En ce qui concerne la situation sécuritaire, selon Abdoulaye Diop, depuis le mois de décembre 2021, les Forces de défense et de sécurité du Mali ont lancé de grandes opérations militaires qui ont permis de détruire plusieurs sanctuaires terroristes, d’opérer des saisies importantes d’armes et de matériels de guerre, de libérer plusieurs localités et de favoriser le retour de personnes déplacées. Il a poursuivi que le gouvernement s’est doté d’une stratégie intégrée pour le Centre qui comprend des aspects purement sécuritaires, des approches politiques et de développement économique, social et culturel. LEGITIME DEFENSE – Le chef de la diplomatie malienne s’est dit surpris que le rapport ait passé sous silence la saisine du Conseil de sécurité par le Mali, le 15 août 2022, pour les tentatives de déstabilisation et les violations répétées de l’espace aérien malien par les forces françaises. C’est pourquoi, il a renouvelé la demande du gouvernement d’une réunion spécifique du Conseil de sécurité, qui lui donnera « l’occasion de présenter les preuves concrètes des actes de duplicité, d’espionnage et de déstabilisation de la France à l’encontre du Mali, y compris le partage de renseignements et le largage de matériels militaires au profit des organisations criminelles ». Abdoulaye Diop a declaré que « le gouvernement se réserve le droit de recourir à la légitime défense si la France continue à porter atteinte à la souveraineté du Mali, à son intégrité territoriale et à sa sécurité nationale ». Sur la question des droits de l’Homme, le ministre Diop a soutenu que les opérations militaires des Forces de défense et de sécurité sont conduites dans le strict respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. « Le gouvernement reste fermement opposé à l’instrumentalisation et à la politisation de la question des droits de l’Homme à des fins de déstabilisation, d’intimidation et de chantage », a-t-il fait savoir. Il a expliqué que contrairement à ce qui est véhiculé, il n’existe aucune volonté de restreindre les mouvements de la Mission onusienne. Concernant le dossier des militaires ivoiriens, M. Diop a déploré que le rapport omet de faire référence à la note verbale en date du 22 juillet 2022 par laquelle, la MINUSMA établit clairement qu’il n’existe pas de lien entre les 49 militaires et la Mission. Enfin, il a rappelé les principes clés édictés par le président de la Transition et qui guident l’action publique au Mali, à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et de partenaires opérés par le Mali et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. DD/MD (AMAP)

Mopti organise un atelier d’appropriation de l’accord pour la paix issu du processus d’Alger

Mopti, 19 septembre (AMAP) Les responsables de l’équipe régionale d’appui à la réconciliation (ERAR) de Mopti et de la société civile étaient à l’école d’appropriation les 13,14 et 15 Octobre derniers de l’accord pour la paix issu du processus d’Alger, a constaté l’AMAP. Ont pris part à cette session outre les membres de l’équipe régionale d’appui à la réconciliation (ÉRAR), les représentants des organisations de la société civile, les responsables des associations culturelles Guina Dogon, Tapital Pulaku, les associations Ir ganda, les chasseurs, les hommes de médias, les autorités traditionnelles et coutumières et les religieux. Initié par le ministère de la réconciliation avec l’appui financier de la coopération Suisse, cet atelier de trois jours avait pour objectif de permettre à l’équipe régionale d’appui à la réconciliation et à certains acteurs potentiels de la société civile de se familiariser avec l’accord et avoir une compréhension harmonisée de son contenu pour mieux véhiculer le texte. Sous la direction du facilitateur Abdoul Majid Maïga, l’atelier a fait une étude approfondie du document de l’accord pour la paix et la réconciliation dont le but est de trouver une solution globale et définitive à la crise multidimensionnelle de 2012. A l’entame des travaux, les participants ont d’abord été briffé sur les différents accords que le Mali à la recherche de solutions pérennes aux révoltes récurrentes notamment l’accord de Tamanrasset le 6 janvier 1992 ; le pacte national du 22 avril 1992 ; l’accord d’Alger du 4 juillet 2006 ; celui de Ouagadougou le 18 juin 2013 et successivement Alger 2014 – 2015 ; Bamako mai et juin 2015. Ils ont ensuite planché sur l’accord de son architecture à sa mise en œuvre avec les avancées et les difficultés rencontrées en passant par les principes et engagements généraux, les questions de défense et de sécurité, les questions de développement socioéconomique et culturel et les questions de réconciliation, justice et actions humanitaires. En plus des présentations de l’expert les réponses aux préoccupations posées par l’assistance en lien avec le contrôle de certaines parties du pays par les groupes armés, la nation de police territoriale, le problème de bonne foi et d’engagement ferme au niveau de certaines parties, le processus de désarmement et démobilisation ( DDR), l’insuffisance des ressources mobilisées en faveur de la mise en œuvre de l’accord ont suffisamment édifié l’assistance sur l’importance de l’accord dans la recherche de la stabilisation de notre pays. La cérémonie de clôture de cet atelier présidée par le chef de cabinet du ministère de la réconciliation, Mahamadou Djouara a été marquée par deux interventions. Pour le chef de l’équipe régionale d’appui à la réconciliation, Ali Kampo il est heureux de constater que l’accord est en mouvement malgré les vicissitudes et la multiplicité des acteurs. M. Kampo s’est réjoui de la délocalisation de cette session à Mopti en proie à l’insécurité qui a permis à nombres d’acteurs de la région de comprendre les défis et les enjeux de l’accord. Dans son mot de clôture, le chef de cabinet a, au nom des plus hautes autorités du pays remercié la Coopération Suisse pour son accompagnement et félicité les participants pour l’intérêt porté à l’accord pour la paix et la réconciliation issue du processus d’Alger. « Le Mali est à la croisée des chemins, toutes les puissances sont en guerre et ont l’appétit tourné vers nous. Nous ne devons permettre à personne de transporter sa guerre chez nous. Pour ce faire transcendons nos divergences pour nous unir pour amener notre bien commun à bon port » a conclu M. Djouara.  DC/KM (AMAP)

Mali : La Sous-secrétaire d’Etat américaine exhorte les autorités au respect du calendrier électoral 

Bamako, 19 oct (AMAP) La Sous-secrétaire d’Etat aux Affaires politiques des Etats-Unis d’Amérique, Victoriat Nuland, en séjour au Mali, a appelé, mardi, les autorités de la Transition à respecter le chronogramme électoral, mais également à soutenir la population dans leur approche de la sécurité. «Nous avons échangé sur comment améliorer la sécurité et essayer d’établir une bonne coordination entre les Forces armées maliennes et la MINUSMA», a confié la diplomate américaine, au terme des discussions avec le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga. Les échanges, qui se sont déroulées au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, ont porté sur le calendrier électoral au Mali. Victoriat Vuland a salué les efforts des autorités de la transition, en mettant l’accent sur l’adoption de la loi électorale et l’inclusivité autour du processus. La situation sécuritaire au Mali étaient également au menu des discussions entre les deux personnalités sur. Une situation dont «le peuple malien a beaucoup souffert», a dit la sous-secrétaire américaine,  au terme de la rencontre. La diplomate américaine, qui a souligné que le Mali et les Etats-Unis sont des partenaires depuis des décennies, a exhorté les autorités à faire en sorte que le pays ne devienne «une victime des forces extérieures». La rencontre a enregistré la présence du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara et de son collègue de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué. BD/MD (AMAP)  

Diéma : Des jeunes ont posé des barricades pour réclamer de l’eau et de l’électricité

Diéma, 19 oct (AMAP) Hier mardi a été un jour noir à Diéma. Depuis 8 heures, les jeunes, pour protester contre le manque d’eau et d’électricité, ont barricadé tous les axes routiers de la ville, empêchant les véhicules de passer, sauf les ambulances, les véhicules militaires,  la protection civile.  Les routes internationales Diéma-Bamako, Diéma-Kayes, Diéma-Nioro-Nouakchott, sont carrément coupées si bien qu’il est difficile même à un piéton de se frayer un passage. Adama Sidibé, convoyeur dans une compagnie de transport adhère à la marche. Mais il affirme que cette situation pourrait avoir des conséquences dramatiques. Dans un bus, par exemple, il peut y avoir une personne malade grabataire. Si elle n’est pas acheminée à temps, elle peut mourir. Le cas des femmes et des enfants aussi est à prendre en compte. Mme Mariam Samaké, en partance pour Kayes,  qui précise ne pas être ressortissante de Diéma, souhaite que cette marche continue, afin que les populations de Diéma soient desservies correctement en eau et en électricité. Pour Modibo Tamboura, vendeur ambulant de boisson, « c’est l’ affaire de à nous tous ». « Depuis que cette coupure d’électricité a débuté, moi je suis obligé de commander de la glace jusqu’à Nioro », fulmine l’homme. Salif Bathily est passager d’un bus. Il s’indigne et dit : « On nous a mis en retard. Ils ne devraient pas s’en prendre aux routes, qui n’ont rien à avoir avec leurs problèmes d’eau et d’ électricité. » Inoussa Cissé, vendeur de viande grillée au quartier Razel, prend son mal en patience. S’il n’y a pas de courant, c’est une grande perte pour lui. Les  délégués des marcheurs ont été reçus par le premier adjoint au préfet, Djigui Keita. Leur porte-parole Nakounté Diakité, a transmis aux autorités les messages de ses concitoyens. « Trop, c’est trop ! Les populations de Diéma sont fatiguées de vivre ce calvaire », clamait- il. Les jeunes se sont dit décidés « à aller jusqu’ au bout, jusqu’à l’arrivée du nouveau groupe électrogène tant de fois promis à Diéma. En réponse aux doléances des manifestants, le président du Conseil de Cercle, Makan Koma, a exprimé aux jeunes son soutient, ajoutant que leur lutte est noble. Mais il n’a pas cautionné le blocage des routes. Selon lui, cela pourrait aggraver davantage l’insécurité dans la ville, sans compter d’autres problèmes inhérents. Il a rappelé tous les efforts entrepris pour stabiliser le courant et l’ eau dans la ville de Diéma. En direction des marcheurs, il a prôné d’ apaisement, « pour un meilleur dénouement ». Abondant dans le même sens, le premier adjoint au préfet, Djigui Keita, a demandé « humblement aux marcheurs de lever les barricades pour ne pas entrainer d’autres crises pour les paisibles populations qui ne les méritent pas. » Il a réitéré l’engagement des autorités locales à apporter des solutions idoines, « dans la mesure de leurs compétences »,  à l’absence d’eau et d’électricité qui perdure dans la ville de Diéma depuis plusieurs mois. Selon les  dernières informations, toutes les barricades ont été levées. OB/MD (AMAP)

Mali : L’avant-projet de Constitution restitué au gouvernement

Bamako, 18 oct (AMAP) La Commission de rédaction de la nouvelle Constitution a présenté, lundi, au Premier ministre par intérim et aux membres du gouvernement les grandes innovations apportées dans l’avant-projet qu’elle a élaboré. Lors de la  rencontre, à la Primature, sous la présidence du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, le président de la Commission de rédaction de la nouvelle  Constitution, le Pr Fousseyni Samaké, a expliqué que l’avant-projet comporte de grandes innovations. Dans sa structure, l’avant-projet compte 195 articles contre 122 pour la Constitution de 1992. Les titres sont plus subdivisés dans sa présentation par rapport à l’ancienne. Et beaucoup d’articles sont des reformulations. Selon Pr Samaké, les innovations sont nombreuses sur le fond. En effet, le document prend en compte dans son préambule des éléments de préoccupations récentes de notre pays. Il a expliqué, par exemple, qu’au niveau du Titre I du projet de texte fondamental, l’article 9 stipule que le mariage se fait entre homme et femme pour lever toute équivoque. À propos du Titre II,  Pr Fousseyni Samaké a indiqué que les innovations portent sur le caractère unitaire du Mali. Une autre formulation se situe au niveau des langues. Sur ce point, le président de la Commission de rédaction a fait noter que les langues nationales ont la vocation de langues officielles. Toutefois, il a souligné que « l’érection des langues nationales en langues officielles est extrêmement contraignante pour l’État. » Les Institutions de la République sont ramenées à sept au lieu de huit dans l’actuelle Loi fondamentale. Le Pr Samaké est revenu sur des innovations les plus marquantes concernant le président de la République. Désormais, le président de la République aura le pouvoir de nommer et de démettre le Premier ministre de ses fonctions. Mieux, l’avant-projet de Constitution verrouille la limitation du mandat du président de la République en stipulant qu’«en aucun cas, nul peut exercer plus de deux mandats de président de la République». L’autre nouveauté concerne la nationalité et l’âge des futures candidats  à la présidentielle. L’avant-projet de Constitution limite la taille du gouvernement à 29 membres. Il préconise, aussi, un Parlement à deux chambres (Assemblée nationale et Haut conseil de la Nation), tout en interdisant le nomadisme politique. En outre, l’avant-projet innove en consacrant des Titres sur l’Armée, l’Administration et les légitimités traditionnelles. «Ce travail remarquable est un souci d’adaptation à la réalité avec la suppression de certaines Institutions et la création de nouvelles autres ainsi que la redéfinition de leurs missions, le caractère militaire, les attributions du président de la République, la gestion des ressource et la laïcité », a dit le Premier ministre par intérim. Le colonel Abdoulaye Maiga, qui a félicité l’équipe de rédaction de la nouvelle Constitution, a ajouté que le document sera soumis à un examen avant d’être amendé. « Le gouvernement ne faillira pas à jouer sa partition », a-t-il assuré. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, après avoir reçu l’avant-projet de Constitution, la semaine dernière, a instruit la Commission de rédaction de restituer le document aux différentes Institutions de la République. Ce travail de restitution a commencé avec le gouvernement. OD/MD (AMAP)   

L’analyse de deux éminents juristes sur l’avant-projet de Constitution du Mali

Propos recueillis par                                                           Bembablin DOUMBIA et Massa SIDIBE Bamako, 18 oct (AMAP) Le texte élaboré par la Commission de rédaction a été remis officiellement au président de la Transition et au Premier ministre par intérim. Me Mountaga Tall et Me Kassoum Tapo, deux avocats de renom et non moins acteurs politiques de premier plan, se prononcent sur les propositions. Me Mountaga Tall : « Cette Constitution, comme celle de 1992, ne sera que ce qu’en feront les Maliens » Avant tout, il convient de s’entendre sur la nature du document produit par la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution du Mali qui s’intitule textuellement «Avant-projet de Constitution de la République du Mali». Un avant-projet n’est autre chose que la rédaction provisoire ou l’étude préparatoire d’un projet. Les ingénieurs, autres concepteurs ou bâtisseurs d’ouvrages diront une maquette ou une esquisse. Cette première précision me parait utile pour cerner les contours des débats en cours. Pour l’instant, rien n’est gravé dans du marbre et les discussions et analyses sont certainement utiles et doivent être bienvenues. Ensuite, il faut accepter le fait que l’unanimité autour d’un projet est aussi ambitieux qu’impossible. Elle ne peut se réaliser ni chez les citoyens intéressés au premier chef, ni chez les «sachants» et autres analystes, ni même au sein de la commission de rédaction même si une obligation de réserve doit prévaloir chez ses membres. Je sais que même les autorités qui prennent l’initiative d’une nouvelle Constitution ont quelques contrariétés face au produit fini qui leur est livré. C’est pour toutes ces raisons, au demeurant, qu’une campagne référendaire suivie d’un référendum sont organisés avec parfois des résultats serrés dans certains pays. L’important en cette matière est d’être le plus consensuel possible, le moins clivant et de ne surtout pas faire de l’écriture d’une nouvelle Constitution un moyen de faire prévaloir des visions personnelles ou des intérêts politiques et encore moins de faire prévaloir un groupe sur l’autre. Je pense qu’il n’en a pas été ainsi. Ces observations faites, je crains qu’une appréciation technique de l’avant-projet article par article par exemple ne soit fastidieuse voire impossible dans notre cadre. Car, nonobstant la qualité du document pour laquelle il faut féliciter les membres de la commission de rédaction, il y a bien évidemment quelques points qui peuvent être améliorés. La réflexion pourrait ainsi se poursuivre sur l’autorité qui déterminera la politique de la Nation en cas de cohabitation ou sur les clarifications à apporter sur le type de régime proposé.  On peut également s’interroger sur le rôle du Haut conseil de la Nation, qui pouvait être la fusion du Conseil économique, social et culturel (CESC) et du Haut conseil des collectivités actuels. Ainsi, on impliquerait davantage les légitimités religieuses et traditionnelles dans la vie de la nation sans les exposer aux  prises de position politiques et partisanes inévitables dans une chambre parlementaire. Je ne suis pas aussi sûr que la navette parlementaire que supposent deux chambres au Parlement soit gage d’efficacité dans notre environnement politique et économique. Par ailleurs, l’on peut constater que le louable souci de pédagogie a quelquefois conduit à insérer dans la Constitution des normes qui relèvent normalement de la loi organique et parfois même de la loi ordinaire. Il y a aussi, et c’est plus important, certaines dispositions, qui dans leur application, pourraient poser des problèmes d’articulation, de fonctionnement et de stabilité des Institutions. Il est vrai que les Assises nationales de la refondation (ANR) sont passées par là avec les conclusions dont il fallait impérativement tenir compte. Ce sont d’ailleurs ces conclusions qui constituent l’aune principale d’appréciation de l’Avant-projet même si certaines d’entre elles posaient de sérieux problèmes de logistique voire d’équilibre et de stabilité politique et institutionnelle. Je voudrais terminer sur la pertinence et le moment de la rédaction d’une nouvelle Constitution qui sont contestés par certains. Le besoin d’une nouvelle Constitution ne doit pas être interprété comme la «mise à la poubelle» de la Constitution de 1992 qui, quoi qu’on en dise, a tenu trente ans. Mais, depuis son adoption, la pratique politique et institutionnelle du Mali a mis en évidence la nécessité d’intégrer de nouvelles dispositions. Car souvenons-nous, c’était notre première expérience d’une constitution pluraliste et démocratique. Face à ces impératifs et après trois tentatives infructueuses et la demande insistante des Maliens à travers les ANR, le travail ne pouvait plus être différé. Et la date indiquée pour le referendum constitutionnel doit rassurer ceux qui pensaient que l’initiative de la nouvelle Constitution n’était qu’un stratagème pour proroger la Transition. Je dirais pour conclure que cette Constitution, comme celle de 1992, ne sera que ce qu’en feront les Maliens, gouvernants comme gouvernés. Les premiers en faisant preuve de vertu républicaine et démocratique et les seconds, en jouant leur rôle de sentinelle vigilante. Me Kassoum Tapo : «L’Avant-projet a plus l’allure d’une loi organique que d’une Constitution» D’abord, il faut féliciter les auteurs d’avoir, en si peu de temps, fait un avant-projet de Constitution. Cela étant, il y a beaucoup de choses à dire là-dessus. On ne fait pas comme cela une nouvelle Constitution pour un pays. D’abord, je trouve que le document est un peu trop long avec 195 articles. Alors qu’à titre comparatif, la Constitution de 1992 comporte 122 articles contre 89 pour la Constitution française de 1958 dont elle s’inspire. Parce que, certainement les auteurs ont voulu prendre en charge tous les problèmes institutionnel, politique, économique et social du pays. Ce qui fait que l’avant-projet a plus l’allure d’une loi organique que d’une Constitution qui prend en charge un peu les problèmes relevant du domaine du Code civil, des Codes de déontologie, de l’administration etc… donc du domaine de la Loi. Toutes choses qui n’ont forcément pas leur place dans une Constitution qui doit se limiter aux principes d’organisation des pouvoirs publics. Je pense que ce n’est qu’un avant-projet comme son nom l’indique et qui est susceptible d’être amélioré pour aboutir à un projet définitif à soumettre par référendum au peuple. L’innovation majeure, c’est la possibilité de destitution du président de la République. Mais aussi celle des présidents du Haut conseil de la Nation et de l’Assemblée nationale. Je pense qu’aujourd’hui, nous avons plus à nous soucier de la stabilité de l’Etat qu’autre chose. Permettre aux deux chambres de

Lait et viande de dromadaire : Que de vertus et de vitamines !

Par Abdourhamane TOURE Gao, 18 oct (AMAP) « Le dromadaire est très utile. Son utilité ne se limite pas seulement au transport des bagages. Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que le lait et la viande du dromadaire ont des vertus et sont très riches vitamines A et C», révèle le directeur du Centre régional de recherche agronomique (CRRA) et représentant de l’Institut d’économie rurale (IER) à Gao, le Dr Mohomodou Moussa. Selon le directeur du CRRA, qui a soutenu sa thèse de doctorat sur l’évaluation de la production et de la productivité du dromadaire en zone subhumide et sahélienne, assure que le lait du dromadaire contient du cholestérol digestif qui n’a pas d’inconvénient sur la santé. « Le lait du dromadaire est très digestif, il contient beaucoup d’insulines et peut aider à traiter le diabète. Un litre de lait du dromadaire peut contenir jusqu’à 5,8 unités d’insulines », indique-t-il. Ce n’est pas tout, notre interlocuteur ajoute que le lait du dromadaire « est également très efficace dans le traitement des maladies métaboliques notamment l’hypertension artérielle et peut être utilisé dans le traitement  de l’arthrose. » Selon Dr Mohomodou Moussa qu’il n’existe pas de chameaux au Mali, mais plutôt des dromadaires dont le nom scientifique est «camelus dromaderus». Le dromadaire a seulement une bosse. Le Mali compte environ 1,2 million de têtes de dromadaire, grand mammifère domestique du genre camelus, selon les statistiques de 2015 de la Direction nationale des productions et industries animales (DNPIA). «En fonction des localités, notre pays possède plusieurs espèces de dromadaires : le dromadaire de Tamasna, de Dossahak , du Sahel, de Berebiche, de l’Adrar des Ifogas et le dromadaire de Timitrine de Gao», précise-t-il. VERTUS THERAPEUTIQUES – Selon Dr Mohomodou Moussa, la direction du CRRA a déjà lancé des projets de recherche pour la production de fromages et de yaourts à base de lait de dromadaire mélangé avec de la papaye. La structure a également initié l’élevage des dromadaires au centre, à l’IER de Bamako et Niono. Le président de la Coopérative des éleveurs de dromadaires du Sahel de Gao, Mohamed Ag Hamati, indique que le regroupement est constitué de 80 éleveurs. Elle compte des hommes et des femmes et dispose d’un point de vente de lait qui peut collecter 20 litres de lait par jour. La vente du lait de dromadaire est lente, parce que les populations de Gao ne sont pas friandes de ce lait. Ce sont surtout les nomades qui consomment le lait de cet animal. Ils achètent un à trois litres chaque semaine à raison de 1 500 Fcfa le litre. « Le problème principal de la coopérative, explique Mohamed Ag Hamati, c’est le manque de vétérinaires et le fait que l’animal ne peut pas être élevé en ville ». Le directeur général de l’hôpital de Gao, Dr Youssouf Touré, se souvient que que durant son enfance, ses parents lui donnaient à boire le lait de dromadaire pour étancher sa soif. A cette époque-là, les puits n’étaient pas nombreux dans la brousse. «A cause de la rareté de l’eau, souvent nous constations sur le passage des ossements de bergers ou de voyageurs  morts de  soif. » CINQ TÊTES PAR JOUR – Dr Touré ne cite pas de documents scientifiques sur le dromadaire au Mali, mais il se souvient que ses parents utilisaient l’urine, l’estomac et les bouses du dromadaire pour traiter des maladies comme le paludisme, l’ulcère, le hoquet etc. La viande du dromadaire a les mêmes vertus que le lait de l’animal. L’estomac du dromadaire est utilisé dans le traitement traditionnel de l’hémorroïde, de l’ulcère gastrique et de l’asthme. Certaines personnes traitent le rhumatisme avec les os de l’animal. Médecin nutritionniste à la Direction régionale de la santé de Gao, Dr Isaac Kodio affirme que la viande de dromadaire diffère de la viande bovine. Boucher de son état, Hado vend la viande de dromadaire au marché de Gao depuis près d’une trentaine d’années. «Avant la crise (Ndlr, sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA), je pouvais abattre cinq têtes par jour. Sur le marché de Wabaari, le prix d’achat d’un dromadaire varie entre de 600.000 à 650.000 Fcfa. Un kilo de viande du dromadaire sans os coûte 3 000 Fcfa contre 2 500 Fcfa pour la viande avec os ». « La viande du dromadaire est meilleure que celle de la vache», tranche le boucher qui ajouter «La viande du dromadaire, la peau, l’estomac et même les sabots de l’animal sont utilisés dans le traitement de plusieurs maladies. Quant à son urine, elle sert pour le traitement du paludisme». Harber Maiga est routier entre Gao et le Ghana. Lui aussi connaît bien la viande de dromadaire et ne tarit pas d’éloges sur l’animal. Selon lui, la plupart des médecins traditionnels conseillent la viande de l’animal aux personnes du troisième âge à la place du boeuf, du mouton ou de la chèvre. Harber Maiga assure que la consommation de la viande du dromadaire peut guérir de nombreuses maladies. « Quand on y goûte une fois, on ne peut plus s’en passer », affirme-t-il. AT/MD (AMAP)