Diamant : Le Mali bientôt producteur ?
Par Oumar SANKARE Bamako, 14 juin (AMAP) La diversification de la production minière nationale, longtemps voulue par nos autorités maliennes pour attirer des investissements massifs dans le secteur, est-elle en train de se matérialiser ? La confirmation, la semaine dernière, du potentiel diamantifère malien par une délégation technique du secteur des mines confirme cette tendance. Cette découverte historique de diamant intervient quelques jours après le lancement des travaux de construction de la mine de lithium par Leo Lithium, co-entreprise formée par l’australien Firefinch et le chinois Ganfeng Lithium. C’est la Société minière Samadou Mining, détentrice d’un permis d’exploration de diamant, qui a fait la découverte, la semaine dernière, dans le village de Kénébélé, Commune de Kologo, dans la Région de Bougouni (Sud). Cela, au terme de trois mois de travaux d’exploration. «Il s’agit de trois morceaux de diamants de bonne qualité à vu d’œil», confirme le directeur du Bureau d’expertise, d’évaluation et de certification des diamants bruts (BEEC). Rencontré jeudi à son bureau, Dr Birama Sory Sidibé précise qu’une analyse plus approfondie est demandée pour donner leur coût exact une fois les 4 C (poids, coupe, couleur et pureté) déterminés. Selon lui, un morceau de diamant peut être vendu entre 20 millions et plus de 100 millions de Fcfa en fonction des 4C. L’État prélève 2% de la valeur de chaque morceau comme taxe. Des études faites en 2006 par des services spécialisés américains distinguent le diamant gemme : pierre pure ou très pure, destinée à la bijouterie-joaillerie du diamant industriel : diamant très impur, en général opaque, destiné à la fabrication d’outils industriels de forage (ex. forage pétrolier, sondage minier) ou de découpage (ex. perçage de bétons armés, sciage de pierres dures, polissage de divers matériaux). Aucune analyse déterminant à laquelle des deux familles nos diamants appartiennent et le potentiel réel du périmètre concerné n’est encore disponible. Toutefois, ce qui pourrait être considéré comme la première mine d’exploitation de diamant au Mali s’étend sur 12 km2. Autre évidence : c’est un gisement de type alluvionnaire (qui découle des ruissellements) où des morceaux de diamants sont sortis de trois trous. «Ce qui prouve à suffisance qu’il y a du potentiel», analyse Dr Birama Sory Sidibé. Précisons ici que l’extraction du diamant se fait principalement dans les gisements primaires (pipes kimberlitiques) à ciel ouvert (carrière) ou en souterrain. Les dépôts secondaires (placers) peuvent se trouver dans les lits des rivières ou sur les côtes marines (offshore). 20 À 30 MILLIONS DE FCFA– L’exploitation du potentiel découvert dans la région de Bougouni exige des préalables. L’autorisation d’exploration de trois mois dont dispose Samadou Mining a expiré, rappelle l’expert. À ce stade, suggère le spécialiste, il leur faut un permis de recherche d’une durée de trois ans renouvelable. «Mais nous pensons qu’ils peuvent passer à la phase d’exploitation», ajoute Dr Birama Sory Sidibé. Et d’assurer : «Avec un investissement de 20 à 30 millions de Fcfa nécessaires pour l’installation d’une laverie moderne (7 millions de Fcfa) et une pelleteuse, ils peuvent commencer l’exploitation». L’expert précise, ensuite, qu’il s’agit là d’une exploitation artisanale mécanisée. « Car, selon lui, la production du diamant ne requiert aucun produit chimique ». La directrice nationale adjointe de la géologie et des mines assure de son soutien à cet effet. «Le département fera tout pour accompagner Samadou Mining, afin de quitter le stade artisanal pour une exploitation de meilleur standard», promet Mme Karambé Awa Goundian. Dr Birama Sory Sidibé invite les autorités à investir davantage dans la recherche pour une diversification de l’exploitation minière. «Ceci permettra de prouver l’existence du potentiel minier et de mieux négocier lors des conventions internationales et les contrats miniers», argumente le technicien. Il a été établi que le Mali dispose d’un potentiel appréciable en diamant dans les zones de Kéniéba, Kangaba et Yanfolila. Les estimations tablent sur 583.598 carats dans les gisements primaires et 1.775.733 carats dans les gisements alluvionnaires. 1 carat équivalant à 0,20g. On se souvient que l’ancien ministre en charge des Mines et du Pétrole avait confirmé, en 2018, que le Mali possède du diamant. « Les districts miniers de Kénièba, Kangaba et Yanfolila regorgent de milliers de carats de diamant tandis que dans certaines localités de Sikasso et de Taoudéni des recherches supplémentaires étaient en vue pour confirmer l’existence du métal précieux », avait précisé Pr Tièmoko Sangaré. Rappelons que le Mali a été admis en 2013 au Schéma de certification du processus de Kimberly, un régime international de certification de diamants bruts réunissant gouvernements, industriels et société civile. Le processus de Kimberly (PK) vise à éviter que les recettes émanant du commerce des diamants ne soient utilisées pour financer les activités militaires de groupes rebelles ou terroristes. Les pays qui ont d’importantes productions alluviales, artisanales ou mécanisées, sont surtout en Afrique : Angola, République démocratique du Congo (RDC), Namibie, Sierra Leone, République centrafricaine (RCA), Guinée, République du Congo, Tanzanie, etc. Selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis, ils représentent quelque 25 à 30% de la production mondiale qui a atteint près de 180 millions de carats en 2004. OS/MD (AMAP)
Renouvellement du mandat de la MINUSMA : Le Mali pose ses conditions
Bamako, 14 juin (AMAP) Bamako demande que les actions de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali soient centrées davantage sur la protection des populations civiles et l’appui au rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble de son territoire, a déclaré, lundi le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Devant le Conseil de sécurité réuni, lundi, à New York, au siège des Nations unies, pour examiner le rapport du secrétaire général sur la situation du Mali, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a ajouté que son pays « juge tout aussi indispensable de mieux définir et articuler la notion de protection des civils dans un contexte de guerre asymétrique. » Aussi, selon lui, il y a lieu de clarifier contre qui on veut protéger les populations, sachant que la menace principale provient des groupes armés terroristes. Exprimant, la position du Mali, ses préoccupations et attentes pour un éventuel renouvellement du mandat de la MINUSMA, le chef de la diplomatie malienne a rappelé que son pays, en guerre contre le terrorisme et l’insécurité, continue de faire face à une crise multidimensionnelle consécutive à l’intervention en Libye. Et. malgré le soutien international apporté depuis 2013, la situation sécuritaire n’a fait qu’empirer. Selon lui, les résultats atteints n’ont pas été à la hauteur des attentes des populations maliennes et de la Région. Et pour inverser cette tendance, le peuple malien a décidé de prendre son destin en mains. Dans cette perspective, le gouvernement a développé des stratégies et consenti des sacrifices énormes en investissant massivement dans son appareil de défense et de sécurité. Ces efforts ont permis « une montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa) qui enregistrent des résultats remarquables sur le terrain ». OPPOSITION FERME – Mieux, soutient-il, le mandat de la MINUSMA doit obligatoirement prendre en compte la montée en puissance des Forces de défense et de sécurité du Mali qui sont, désormais, en première ligne face aux groupes terroristes. Le chef de la diplomatie malienne a exprimé l’opposition ferme du gouvernement à l’intervention sur son territoire de la Force française Barkhane après la décision unilatérale de retrait de ladite force et la dénonciation par le Mali des accords de défense avec la France. Avant d’insister sur le respect de la souveraineté du Mali et des décisions prises par les autorités maliennes à cet égard. Dans le cadre du renouvellement du mandat de la MINUSMA, le ministre Diop a souligné la nécessité d’une meilleure coordination des actions de la Mission onusienne avec l’Etat malien, « de manière à assurer une pleine efficacité dans l’accomplissement de son futur mandat ». Il a insisté, ensuite, sur la nécessité pour la Mission de l’ONU « de travailler étroitement et véritablement avec les autorités et les parties prenantes maliennes pour aider le Mali à protéger ses populations civiles et à restaurer son autorité sur l’ensemble de son territoire. » Sur les allégations de restrictions imposées à la MINUSMA, Abdoulaye Diop a déclaré que le gouvernement n’a pris aucune mesure restrictive visant particulièrement la Mission. « La mise en place de mesures de restriction temporaire sur une partie de l’espace aérien national vise un double objectif : protéger les forces maliennes engagées dans une nouvelle posture dynamique et offensive pour reprendre l’initiative, réduire la capacité de nuisance des groupes terroristes sur les populations maliennes et maîtriser les risques pour le trafic aérien, liés à l’utilisation intensive de la troisième dimension par les forces maliennes notamment avec des vols d’aéronefs militaires y compris sans pilote et des tirs d’artillerie fréquents », a-t-il dit. AUCUNE PLAINTE – Répondant à certains membres du Conseil de sécurité sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, le ministre Diop a dit que le gouvernement est surpris que le rapport du secrétaire général relève que les Mouvements signataires ont dénoncé l’enrôlement de 2 000 nouveaux éléments devant être déployés dans les régions du Nord du Mali, dans le cadre du recrutement spécial. Il a précisé que le gouvernement n’a reçu « aucune plainte d’un quelconque groupe dans ce sens ». Toutefois, il rassure que le recrutement spécial initié par l’état-major général vise les éléments des groupes d’auto-défense ainsi que la récupération des armes. Il a souligné, ensuite, que le gouvernement reste pleinement engagé dans « la mise en œuvre diligente et intelligente de l’Accord ». Sur la situation sécuritaire, le ministre Diop a soutenu qu’avec la montée en puissance des FAMa, des résultats probants ont été enregistrés sur le terrain, notamment la neutralisation d’importants membres de Katibats terroristes, la récupération des matériels, la libération de localités du joug des terroristes, la destruction des sanctuaires terroristes et le retour de populations déplacées. Parlant du retour à l’ordre constitutionnel, il a souligné certaines mesures, déjà prises, par les autorités, notamment le décret n°2022-0335/PT-RM du 07 juin 2022 qui fixe la durée de la transition à 24 mois, à partir du 26 mars 2022, le décret n°2022-0342/PT-RM du 10 juin 2022 qui créé, auprès du président de la Transition, une Commission de rédaction d’un avant-projet de Constitution. « Ce qui, selon lui, est la manifestation de l’engagement des autorités nationales pour le retour à l’ordre constitutionnel ». Le ministre a, aussi, annoncé l’adoption « dans les tous prochains jours par le Conseil national de Transition, d’une nouvelle loi électorale et la prochaine publication du chronogramme de la Transition ». Enfin, le ministre Diop a dit que le retrait du Mali du G5 Sahel y compris la Force conjointe « est une réponse aux violations des traités fondateurs de l’Organisation, à la politique de deux poids deux mesures et aux ingérences extérieures hostiles à l’égard d’un Etat membre fondateur ». DD/MD (AMAP)
San : Organisation d’une tribune contre la désinformation et les rumeurs
San, 14 juin (AMAP) Une Tribune d’Expression Populaire pour lutter contre la désinformation et les rumeurs fondées sur les messages de haine et de peur dans le cadre du projet « Tabale Kunkan » s’est tenue lundi à San, a constaté l’AMAP. Présidée par le sous-préfet de l’Arrondissement de Sy, cette activité visait à renforcer la collaboration entre les différentes composantes des forces vives de la localité, notamment les acteurs étatiques, de la société civile et communautaires pour la prévention des rumeurs et des messages de haine, d’incitation à la violence, entre autres. La rencontre s’est déroulée en présence des représentants des services techniques locaux, de la presse, des confessions religieuses, des unités de sécurité, de la société civile, des chefferies traditionnelles et des médias. NC/KM (AMAP)
Kayes : Arrestation d’un brandit qui achète du bétail avec des faux billets
Kayes, 14 juin (AMAP) Un répit de justice vient de tomber dans les filets du Commissariat de Police du 2è Arrondissement de Kayes à cause d’une histoire de faux billets utilisés dans l’achat du bétail. Il s’agit de Y. B., un âgé de 62 ans et originaire du cercle de Kéniéba, région de Kayes, a appris l’AMAP de source locale. Ce bandit de grand chemin a été déféré le 10 Juin dernier. Les éléments de la Brigade de Recherche (BR) de ce commissariat basé à Kayes N’Di (rive droite du fleuve Sénégal) avaient trouvé sur lui des faux billets évalués à 535 000 FCFA, tous des coupures de 10 000 FCFA. Ce bandit qui s’est présenté comme un employé, de commerce avait comme bagages une valise et quelques pacotilles. Il venait de purger une peine de prison de 17 ans et a recouvré sa liberté, il y a moins de 6 moins. Le pot aux roses a été découvert lorsque le commissaire principal de police, Seydou Sylla, et ses éléments de la Brigade de Recherche ont reçu plusieurs plaintes de la part des vendeurs de bétail et des boutiquiers opérant dans leur zone d’intervention. En effet, les vendeurs de bœufs ont alerté les policiers de ce commissariat sur le mouvement suspect d’un individu qui sillonne la Kayes N’Di à l’aide d’une moto de couleur noire. Munis de ces indices, le commissaire principal de police, Seydou Sylla, et ses éléments ont réussi à mettre la main sur le premier suspect qui était en possession de faux billets évalués à 300 000 FCFA. Quelques jours plus tard, les éléments de la BR ont mis leur machine en branle dans le but de démanteler le réseau des faussaires. C’est ainsi qu’ils ont trouvé sur leur chemin un individu qui parle la langue Peulh et présentait la même physionomie que la personne décrite par les plaignants. Les policiers ont trouvé sur lui 245 000 FCFA de faux billets. Lors de son audition, le bonhomme a reconnu l’achat d’animaux, dont 14 bœufs et 7 petits ruminants, soit un préjudice de 3 000 000 000 FCFA. Les enquêtes sont en cours pour poursuivre d’autres suspects, précise notre source. Kayes N’Di et ses banlieues constituent une zone d’élevage par excellence car il renferme le principal marché de bétail ou garbal de la ville. Mais, les vols de bœufs et de moutons sont très fréquents dans ce gros quartier de la cité des rails, surtout à la veille des fêtes de Ramadan et de Tabaski. Les populations de ces zones misent sur une présence renforcée et diverse des forces armées et de sécurité pour lutter contre l’insécurité. BMS/KM (AMAP)
Barkhane rétrocède la base militaire de Ménaka (Nord) aux Forces armées maliennes (Communiqué)
Bamako, 13 juin (AMAP) La Force Barkhane a remis, lundi, les clés de sa base opérationnelle avancée de Ménaka à l’armée malienne, a annoncé l’Opération française dans un communiqué de presse publié sur son site internet, « Le 13 juin 2022, la base opérationnelle avancée de Ménaka a été transférée selon le calendrier prévu, dans un état opérationnel favorable permettant ainsi l’installation sans délai des Forces armées maliennes », indique Barkhane. « L’opération a fait l’objet d’une préparation minutieuse et d’une coordination avec la partie malienne, assure la force française dans son communiqué qui souligne que toutes les mesures ont été prises pour que « l’emprise soit restituée dans les meilleures conditions possibles, avec en particulier le transfert de très bonnes infrastructures de protection ». Les militaires français quitteront le Mali pour de bon « à la fin de l’été » avec le transfert aux Forces armées maliennes (FAMa) de leur principale emprise de Gao, a souligné le porte-parole de l’état-major français, le colonel Pascal Lanni, lors d’un point presse. Le retrait des Forces françaises du Mali a été décidé unilatéralement, en février dernier, par le chef de l’État français, Emmanuel Macron. AT/MD (AMAP)
5ème audience publique de la Commission vérité, justice et réconciliation : Témoignages poignants de victimes sur leur traumatisme
Bamako, 13 juin (AMAP) Douze victimes (dix femmes et deux enfants) ont témoigné publiquement lors de l’audience publique de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), samedi dernier. La rencontre s’est déroulée au Centre international de conférences de Bamako (CICB). L’ouverture des travaux a été présidée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, en présence des membres du gouvernement et du président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé. Le thème de la rencontre portait sur : «Femmes victimes de violences sexuelles et enfants victimes de conflits». Juste après la cérémonie d’ouverture des travaux, les victimes sont, successivement, passées pour raconter les «atrocités» qu’elles ont subies du fait des conflits. Ainsi, la première victime que nous présentons sous les initiales F. T. a été «violée» par sept hommes lors des événements de 2012 à Gao (Nord). «Ce jour-là, ils sont venus chez nous et ont ligoté tous les hommes avant d’abuser de moi devant un de mes enfants dans le salon», a-t-elle relaté, les larmes aux yeux. Le mari de notre «héroïne» a disparu du fait de cette situation. Et son enfant, qui a été «témoin» de cet événement horrible, s’est séparé d’elle, car ne supportant plus de la regarder dans les yeux. «Aujourd’hui, je vis seule en location avec les autres enfants et je n’arrive plus à faire face à leurs besoins», a témoigné F. T. Avant de demander l’assistance des autorités. Quant à la deuxième victime que nous renommons B. K., elle a été «enlevée» et «violée» par un terroriste. Les faits se sont déroulés, en 2012, également à Gao. D’après elle, ce jour-là, son bourreau est venu à la maison demander sa main. «Mais, ma mère a refusé en répliquant que j’étais déjà mariée. Ce que le terroriste n’a pas digéré. Il a envoyé, après, sept personnes pour m’emmener de force chez lui, avant de passer à l’acte», a déclaré celle qui a 40 ans aujourd’hui. B. K. avait un enfant à l’époque et elle allaitait. «Lorsque mon mari est revenu dans la ville, il a récupéré notre enfant. Et depuis, je suis restée avec ce terroriste jusqu’à la libération de Konna par les Forces armées maliennes et françaises en janvier 2013», a-t-elle témoigné. FILS DU TERRORISTE – Entre-temps, B. K., qui était tombée «enceinte», accouchera plus tard. À cause de cette situation, sa famille l’a «bannie». Et l’enfant qu’elle a eu de cette union forcée est pointé du doigt dans le quartier comme le «fils du terroriste». La quadragénaire a demandé aux autorités, lors de l’audience, de lui trouver un autre lieu de résidence afin de se mettre à l’abri de la «stigmatisation». Quant aux deux enfants victimes de conflits, l’un a été enrôlé de force par un groupe terroriste et l’autre amputé du pied droit. L’histoire du premier s’est déroulée, en 2012, à Tombouctou. Au moment des faits, il n’avait que 11 ans. «Un jour, les terroristes sont venus chez nous pour nous dire qu’ils veulent enrôler des combattants. C’est ainsi qu’ils m’ont emmené dans un centre où on a fait trois mois de formation militaire. Après, ils nous ont déployés aux postes de contrôle routier», a déclaré celui qui a 23 ans aujourd’hui. «Et lorsque ma mère a appris cela en Mauritanie, elle est revenue pour faire la médiation afin que je puisse être libéré. C’est ainsi qu’on m’a libéré», a-t-il ajouté. Du fait de cette situation, notre victime a pris d’énormes retards dans ses études. «Cette année, je passe le Diplôme d’études fondamentales (DEF) alors que je devais être en terminale», a regretté le jeune homme. Avant de demander l’accompagnement des autorités pour ses études. S’agissant du second enfant victime, les faits le concernant se sont déroulés, en 2013, à Gao. Un jour, en promenade avec ses amis dans la rue, le garçon a eu une balle perdue dans le pied droit. Son évacuation vers un centre de santé prit du retard. «Quand on est arrivé à l’hôpital, on nous a informé que le pied s’est infecté et qu’il faut l’amputer», a expliqué le jeune homme qui s’exprimait dans une projection diffusée lors de la rencontre. À cause de cette situation, il n’a pu poursuivre ses études et ses ambitions de devenir footballeur ont ainsi été brisées. RENDRE AUX VICTIMES LEUR DIGNITÉ – Avant ces témoignages poignants le président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé, avait relevé que depuis son indépendance, le Mali a connu des rebellions armées et des crises politiques qui ont occasionné des violations graves de droits de l’Homme. Il a mis l’accent sur les violences perpétrées spécifiquement sur des femmes et des enfants, M. Sidibé, a expliqué que la Commission a été mise en place, dans ce contexte, avec le mandat «de contribuer à l’instauration d’une paix durable à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale et des valeurs démocratiques». Il a, par la suite, précisé que les audiences publiques ne sont pas judiciaires. «À la différence des tribunaux qui cherchent à établir la culpabilité ou l’innocence des auteurs présumés, ici seules les victimes seront entendues», a-t-il clarifié. Selon Ousmane Oumarou Sidibé, l’audience publique permet de rendre aux victimes leur dignité, d’intégrer leurs récits à la mémoire nationale et de faciliter un début de guérison. Il s’agit donc, a indiqué le président de la CVJR, d’une contribution concrète à la promotion du dialogue, du pardon, de la réconciliation nationale et de la paix. Toutes choses qui sont «au cœur des missions assignées à la Transition». « Reconstruire la paix à travers la cohabitation communautaire et la réconciliation nationale est une priorité vitale pour la survie de notre nation à laquelle l’ensemble des forces vives doivent s’engager résolument, aujourd’hui plus qu’hier », a declaré le Premier ministre. Pour Dr Choguel Kokalla Maïga, le gouvernement ne ménagera pas ses efforts pour accompagner les communautés et les individus à aller vers le pardon et la réconciliation. D’où l’adoption récente par le Conseil des ministres de la Politique de réparation des victimes des crises maliennes de 1960 à
Journée internationale de l’albinisme : Le cri de coeur des associations d’albinos
Bamako, 13 juin (AMAP) Le Mali, à l’instar des autres pays du monde, célèbre, ce lundi, la Journée internationale de l’albinisme instituée le 18 décembre 2014 par l’Assemblée générale des Nations unies qui a décrété le 13 juin, de chaque année, comme Journée dédiée à cette cause. Cette année, le thème retenu est : «Unis pour faire entendre nos voix». Ce thème a été choisi pour plusieurs raisons : mettre en lumière les réalisations des personnes atteintes d’albinisme dans le monde entier, montrer que les albinos peuvent surmonter tous les obstacles, célébrer la façon dont les personnes atteintes d’albinisme répondent et dépassent les attentes dans tous les domaines de la vie, sensibiliser la population sur les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne par les albinos. Ainsi, plusieurs activités sont prévues par les associations qui luttent pour l’intégration des personnes atteintes d’albinisme et contre les violences dont sont, souvent, victimes les personnes souffrant de cette maladie héréditaire mais non transmissible due à une absence de pigmentation (mélamine) sur les cheveux, la peau et les yeux. Pour le moment, il n’existe aucun remède à l’albinisme. Dans presque tous les cas d’albinisme, les deux parents doivent être porteurs du gène pour le transmettre, même s’ils ne sont pas eux-mêmes atteints d’albinisme. Mme Maïga Aminata Traoré dirige l’Association malienne pour la protection des personnes atteintes d’albinisme (AMPA), qui a été mise en place en 2000 par six jeunes filles atteintes d’albinisme et qui ont, toutes, été victimes de harcèlement sexuel. «Notre association a été mise en place, pour faire face aux nombreux problèmes rencontrés par les albinos, notamment les filles albinos. Ces filles sont souvent victimes de harcèlement parce que dans notre société, il y a des gens qui pensent qu’avoir des relations sexuelles avec une albinos peut donner la chance à un homme», confie Mme Maïga Aminata Traoré. Elle a ajouté qu’il y a, également, des gens qui ont peur des albinos et qui «font tout pour les éviter». « Ces dernières années, la situation des personnes atteintes d’albinisme a évolué au Mali », admet Mme Maïga Aminata Traoré, mais, s’empresse-t-elle d’ajouter, «beaucoup de mythes se sont forgés autour de l’albinisme qui entraînent toujours la discrimination et l’exclusion des personnes atteintes de la maladie». Selon la présidente de l’AMPA, il y a aussi des personnes qui pensent que le sang, les membres ou encore les organes génitaux d’une personne atteinte d’albinisme peuvent procurer la chance et la richesse. La présidente de AMPA évoque un autre problème : «avant, dit-elle, les albinos ne voyaient pas l’albinisme comme un handicap mais maintenant nous avons su que les albinos ont des problèmes de vision et que nous faisons partie des personnes considérées comme des mal voyants». « Pour permettre aux personnes atteintes d’albinisme d’avoir une vie normale, suggère la présidente de l’AMPA, il faut d’abord les assister dans tout ce qu’ils font, sensibiliser la population sur la cause des albinos et faire comprendre aux gens que la maladie n’est pas transmissible ». En clair, résume Mme Maïga, «il faut lever la barrière et la différence qui existent entre la population de peau noire et les personnes atteintes d’albinisme». Selon Boubacar Mariko, père d’enfants atteints d’albinisme, les albinos sont victimes de discrimination, «à l’école, dans le quartier et, souvent même, jusque dans leur propre famille». «Dans certaines familles, on refuse de manger avec les albinos ou d’utiliser le même récipient qu’eux. J’ai même vu des gens cracher au passage de mes enfants. à l’école, la plupart des enfants ont peur de s’asseoir sur le même table-banc que les albinos. Les albinos ont encore beaucoup de problèmes», souligne M. Mariko, ajoutant qu’il connaît beaucoup d’albinos qui ont été contraints d’abandonner l’école à cause due la stigmatisation. L’Association Espoir pour les albinos entend, également, marquer le coup à l’occasion de cette 8è édition de la Journée internationale des albinos. La présidente, Fatou Touré, annonce qu’il y aura une distribution de kits de protection, de crèmes solaires, de chapeaux et de lunettes pour les albinos. En outre, l’association organisera une grande manifestation, en collaboration avec les artistes du Mali pour dire stop à l’assassinat des personnes atteintes d’albinisme. Selon Fatou Touré, trois personnes atteintes d’albinisme ont été assassinées, cette année au Mali, dont un garçon de 15 ans à Yirimadjo, une rouquine de 7 ans et un enfant de 2 ans à Katibougou. «Trop, c’est trop», martèle la présidente de l’Association Espoir pour les albinos. DK/MD (AMAP)
Mali : réunion de haut niveau du Conseil de sécurité à l’ONU
Bamako, 13 juin (AMAP) Le Conseil de sécurité de l’ONU tient, ce lundi, sa réunion d’information trimestrielle sur le Mali au siège des Nations Unies, à New York, a annoncé la Radio Mikado FM Le Représentant spécial et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), El-Ghassim Wane, qui se trouve actuellement à New York, fera un exposé aux quinze membres, ajoute la même source. Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, devrait, également, y participer. Cette réunion intervient à une dizaine de jours du renouvellement du mandat de la MINUSMA qui expire le 30 juin. A la suite de cette réunion, aura lieu une consultation à huis-clos au cours de laquelle les membres du Conseil recevront le projet de résolution renouvelant le mandat de la mission. MD (AMAP)
Jeux de hasard : Les jeunes, fous de paris foot !
Par Boubacar KANTE Bamako, 12 juin (AMAP) C’est devenu la mode. Des salles de jeu pour paris sportifs ne désemplissent pas. Des jeunes parieurs, encore et toujours plus nombreux !!!! Une jeunesse, désœuvrée ou non qui passent le plus clair de son temps, les yeux rivés sur le smartphone, à pronostiquer sur des rencontres sportives dans différents pays et paris sportifs sur des plateformes en ligne comme Premierbet, 223bet ou 1Xb. Les paris sportifs figurent, aujourd’hui, parmi les jeux de hasard les plus populaires au Mali. Surtout pour la couche juvénile de la population. « Mon ami gendarme, en service dans une ville dans le Nord du Mali, un turfiste dans le sang, m’a transmis le virus des paris sportifs en ligne. Chaque fois qu’il gagnait, il me transférait de l’argent. Il m’a convaincu de la facilité des gains dans ce jeu de hasard. C’est ainsi que je m’y suis mis depuis plusieurs mois et j’en profite pas mal », témoigne Oumar Diallo, un jeune stagiaire dans un établissement public à caractère administratif (EPA) à Bamako. Cupidité et gain rapide accrochent plus d’un parieur de ces jeux de hasard, un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur. « Pas uniquement de la cupidité ou le gain facile », assure-t-on. Les paris sportifs en ligne sont, aussi, une question de passion. Les jeunes passionnés du ballon rond les trouvent à leur goût, comme un prolongement de leur passion pour le football, tout en se faisant, parfois, de l’argent. « Tout d’abord, le football est une passion pour moi. Et ça me fait plaisir de parier sur les matchs car mes pronostics sont bons. C’est un jeu de hasard. Je gagne souvent, comme je perds aussi Mais, j’ai gagné plusieurs fois, c’est pourquoi je joue toujours », soutient A.D, 24 ans, journaliste sportif stagiaire dans un organe de la presse écrite à Bamako. Et de conseiller : « je pense que les jeunes doivent jouer avec conscience ». A cet effet, notre interlocuteur conteste toute idée tendant à faire croire que « c’est de l’argent facile qu’on y gagne ». A.D fait allusion à sa propre stratégie. « Certains disent que c’est de l’argent facile. Ce n’est pas mon cas. Avant de jouer, j’étudie d’abord les statistiques des équipes qui me permettent de connaitre leurs forces et faiblesses. Ces détails m’aident énormément dans mon pari », révèle-t-il, ajoutant que ce secret est la source de ses gains. En réalité, pour A.D, les paris sportifs en ligne sont une aubaine. « En tant que jeune et à demi-chômeur, ce pari m’aide beaucoup à résoudre certains de mes problèmes pécuniaires», se réjouie-t-il. Hamidou Traoré, agent de sécurité dans un hôtel de la place, est dans la même logique. Selon lui, il faut être un fan du sport pour gagner dans ce jeu. «C’est plus facile de miser et espérer des gains quand on regarde les grands championnats du monde. Ce qui n’est pas mon cas et mes semblables », raconte notre vigile d’une trentaine d’années. Il précise que beaucoup, comme lui, jouent espérant le gain facile. L’engouement de la dernière journée de la Première League (championnat anglais) est à son paroxysme, ce dimanche, vers 15h. Des parieurs dans un espace de paris sportifs. La salle refuse du monde. Pour cause ! Plusieurs matchs sont au programme et chacun tient à tenter sa chance. Suspense ! Le titre se joue à distance entre Manchester City et Liverpool. La course à la qualification pour les compétitions européennes met en rivalité Tottenham et Arsenal. Déjà les mises sont faites. Rien ne va plus !!! Plusieurs turfistes se tiennent devant le petit écran. Le stress se lit sur les visages. Juste près de nous, un jeune homme, répondant au nom de Salif Diakité, porte son attention sur les sept matchs du jour. Car, le jeune Diakité mise 3 500 Fcfa et n’espère que son gain de 369 000 Fcfa, si ses pronostics se vérifient. Plus ou moins serein et confiant, notre ami parie que les deux équipes en opposition marqueront dans chacun des sept matchs à l’affiche. Dans la salle, plus les minutes passent, certains parieurs se terrent dans un silence pesant. À chaque minute, les uns et les autres se penchent sur leur téléphone, histoire de consulter les résultats des autres matchs non retransmis en direct. L’atmosphère était à couper au couteau. Des fois, on lisait un semblant de joie sur certains visages. Déjà, leurs paris perdus, certains quittent les locaux, à la mi-temps. Par contre, Salif Diakité garde encore espoir parce que certaines équipes en confrontation marquaient des deux côtés. Le suspense reste entier et il tient à empocher les 369 000 Fcfa. Malheureusement, il ne gagne pas son pari, car sur les 7 matches, un but seulement d’une équipe lui à fait perdre son ticket. «C’est le jeu. Parfois on gagne, parfois on perd », se console Salif Diakité. Et d’ajouter, philosophe : « j’ai gagné, il y a de cela deux semaines, avec la même mise et par le même gain ». C’est ainsi que, aussitôt après ces matchs, il place encore d’autres mises pour d’autres paris. Car, les paris sportifs concernent les championnats de tous les pays. Disette d’espaces ou salles de jeu – Selon les explications d’Aristide Doumbia, 34 ans, gérant d’un espace de jeux, BET223 est au Mali depuis juin 2020. C’est une société malienne, dirigée par des Maliens dans le secteur des jeux et loisirs en partenariat avec le Pari mutuel urbain (PMU) Mali. BET223 fait partie du groupe BET2AFRICA. Pour M. Doumbia, les raisons qui suscitent l’engouement pour le pari sportif sont nombreuses. « Tout d’abord, nous avons une facilité d’inscription sur le site, ensuite une facilité de navigation sur le site grâce à un menu détaillé et des couleurs attractifs (Bleu-Rose) », dit-il. « Nous avons, aussi, de très bonnes côtes en paris sportifs, en jeux virtuels, casinos et une grande diversité des championnats et des jeux. Nous avons une multitude d’offres promotionnelles et le Service Clients est disponible, du lundi au vendredi, avec une permanence le samedi et le dimanche », commente Aristide Doumbia. Pour Moussa
Huit morts dont deux douaniers lors d’une attaque terroriste à Koutiala (Sud du Mali)
Koutiala, 11 juin (AMAP) Une attaque terroriste a fait huit morts et de nombreux blessés, samedi soir, à N’gountjina, à 11 km de Koutiala, dans le Sud du Mali. Aux environ de 18 heures 30minutes, des hommes armés, à bord d’un véhicule 4/4, ont ouvert le feu sur le poste de contrôle appelé PK 11 faisant huit morts dont deux contrôleurs de douane et six civils. Après leur acte criminel, les assaillants avec leur véhicule ont pris la direction de la ville de Koury, à la frontière avec le Burkina Faso. Ils ont emporté un véhicule des Douanes avec un agent à bord. Les forces de défense et de sécurité ont ouvert une enquête.

