Protection de la biodiversité : Déclin du nombre d’éléphants au Mali

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 16 juin (AMAP) Le Mali, qui comptait 600 pachydermes, il y a quelques années, se retrouve aujourd’hui avec seulement 246 têtes. Les efforts en cours permettront d’inverser la tendance, conformément aux recommandations de la Convention sur la diversité biologique La désertification, les feux de brousse, le surpâturage et le braconnage menacent la biodiversité, ensemble des êtres vivants ainsi que les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Fléaux face auxquels il urge d’agir. Dans cette optique et dans le but de minimiser les effets néfastes de ces pratiques sur l’homme et son environnement, la Direction nationale des eaux et forêts (DNEF ) profite des activités en cours de la 23è édition de la Quinzaine de l’environnement pour sensibiliser la population.  Elle a organisé, mardi, dans ses locaux une conférence sur la biodiversité, une thématique développée par le point focal national biodiversité à la DNEF, le capitaine Ali Poudiougou, Le capitaine Poudiougou a rappelé les pressions exercées sur la variété des formes de vie, notamment par les actions de l’homme.   Le braconnage, une de ces actions nocives contre la biodiversité, cible principalement les éléphants. Ces mammifères géants chassés pour leur ivoire, qui se vendent à prix d’or sur le marché noir, vivent, selon les explications du conférencier, dans une zone transfrontalière située entre le Burkina Faso et le Mali. Cette zone est, aujourd’hui, confrontée à un problème sécuritaire récurrent. «De 2017 à nos jours, nous avons constaté une perte énorme de nos éléphants qui se trouvent être les derniers spécimens de la zone sahélienne en voie de disparition», a déploré le conférencier. Le capitaine Ali Poudiougou a dit qu’il est  urgent d’inverser la tendance à la dégradation de la biodiversité, dont la diminution des spécimens d’éléphants est un exemple, par l’engagement de la population à abandonner les actes qui vont à l’encontre de cette biodiversité tels que le braconnage, les feux de brousse et l’orpaillage. « Afin, a-t-il insisté, que cette biodiversité puisse être restaurée et préservée pour les générations futures ».  Quant aux efforts en la matière, le capitaine Poudiougou a évoqué le Cadre mondial post 2020 en cours de finalisation. C’est un document stratégique qui fixe des objectifs et cibles à atteindre d’ici 2030. «Il est demandé à chaque pays d’atteindre, au moins 30%, de ses territoires en aire protégée. Nous sommes dans cette mouvance pour sensibiliser la population, les collectivités territoriales pour que chacun à son niveau puisse faire en sorte que nos ressources forestières et fauniques, halieutiques et autres puissent être préservées», a-t-il expliqué. Pour le conférencier, le Mali contribue à l’atteinte des objectifs en matière de protection de l’environnement. Toute chose qui aidera à inverser la tendance à la perte de notre biodiversité, comme recommandé par la Convention sur la diversité biologique (CDB), l’une des trois grandes conventions de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, tenue en juin1992 à Rio de Janeiro, au Brésil.  La DNEF, à travers le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, a également mis en œuvre plus de quatre projets. Ceux-ci ont permis l’élaboration de 39 plans d’aménagements et la restauration des forêts au niveau des collectivités. À ces projets, s’ajoute la mise en œuvre, en 2017, de la Brigade anti-braconnage qui a contribué à la protection des éléphants. AMK/MD (AMAP)

Recensement général de la population : Combien sont les Maliens ?

Par Oumar SANKARE Bamako, 16 juin (AMAP) Combien de Maliens sommes-nous au total, en réalité : 19, 20, 21 ou 22 millions ? Ces chiffres distillés ça et là sont des estimations qui varient selon les sources ou les méthodes de calculs utilisés. Le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) est la seule opération de collecte qui fournit des informations exhaustives et fiables sur l’état et la dynamique de la population aux niveaux de l’ensemble du pays, des régions, des cercles, des communes et des villages/fractions/quartiers au Mali. Le dernier, qui remonte à 2009, estimait la population malienne à 14,5 millions d’habitants dont 50,4% de femmes et plus de 70% vivant en milieu rural, selon l’Institut national de la statistique (INSAT). Les travaux de terrain du cinquième Recensement général qui ont été lancés dans cette optique, depuis plusieurs mois, à travers le ministère de l’Économie et des Finances, ont officiellement démarré mercredi 15 juin 2022, à travers tout le Mali, «préalablement découpé en zones de dénombrements». L’opinion nationale et internationale en a été informée la veille (mardi) par un message du Ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou.  « Durant les trois prochaines semaines, les agents recenseurs et les chefs d’équipes, qui sont chargés de collecter des informations sur les caractéristiques socioéconomiques, démographiques et culturelles de la population, passeront, à cet effet, dans nos familles respectives »,  annoncé le ministre en charge des opérations. Selon lui, au total 26.327 agents recenseurs, 4.504 chefs d’équipes et 866 contrôleurs TIC seront engagés sur le terrain auprès des ménages. «Ces équipes seront encadrées par les cadres et responsables de l’Institut national de la statistique, des autres structures du Système statistique national, des directions régionales et des services locaux de la planification, de la statistique et de l’informatique, de l’aménagement du territoire et de la population», explique-t-il.  Aux populations (Maliens et ressortissants d’autres pays vivant sur le territoire national), ils demanderont des informations relatives à plusieurs aspects de la vie notamment l’état civil, l’éducation, la santé, l’emploi, la mobilité et les caractéristiques de l’habitat. « À l’effet de compter le nombre d’habitants, de mesurer la fertilité, la mortalité et les déplacements, de dégager des tendances démographiques et même de contribuer à détecter des inégalités en matière d’emploi, d’éducation et de richesse », comme l’explique le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) sur son site Internet, à propos du recensement.   AVENIR – L’agence directrice des Nations unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive rappelle que ces informations générées par les recensements de la population et de l’habitat (nombre d’habitants, répartition, conditions de vie et autres données clés) sont essentielles pour l’élaboration des politiques de développement. « Car, alerte-t-elle, en l’absence de données précises, les responsables politiques ne sont pas en mesure de déterminer les infrastructures nécessitant des investissements (écoles, hôpitaux, routes) et les populations les plus démunies ne sont pas répertoriées ».  Donc de la réussite de cette opération, dépend le devenir du Mali et l’avenir de ses enfants. Le ministre en charge de l’Économie a, à cet égard, sollicité «l’engagement des chefs de quartier dans nos villes et les chefs de village et de fraction, en vue d’une meilleure orientation des agents recenseurs déployés dans leurs localités ; le dévouement des autorités administratives et municipales (gouverneurs, préfets, sous-préfet, maires), pour la coordination des opérations dans leurs circonscriptions ; l’accompagnement habituel des Forces de défense et de sécurité en vue de la protection et de la sécurisation de cette opération». En réponse à cette sollicitation, le gouverneur du District de Bamako, la capitale malienne, Abdoulaye Coulibaly a procédé au lancement du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat pour le District. C’était mercredi chez le chef de quartier de Ouolofobougou, Bourama Ciré Fadiga, en présence du directeur national adjoint de l’INSAT, Dr Issa Bouaré. Il a été organisé par l’INSAT en collaboration avec la direction régionale de la planification, de la statistique, de l’informatique, de l’aménagement du territoire et de la population du District de Bamako.  Prenant la parole, le gouverneur du District de Bamako a levé toute équivoque. «Ce recensement a un but purement statistique et vise à contribuer à l’amélioration de la connaissance de la situation démographique, sociale et économique du pays et de sa dynamique en vue d’une meilleure prise en compte des variables démographiques dans les programmes et stratégies de développement pour la fourniture des données socio-démographiques pertinentes, fiables et à jour», a précisé Abdoulaye Coulibaly.  La maire de la Commune III a exprimé sa satisfaction d’avoir participé à cette activité combien importante pour le Mali. «La population est galopante. Les quartiers s’agrandissent de jour en jour, avec toujours de nouveaux venus en ville. Nous avons donc, régulièrement, besoin d’éléments statistiques pour savoir où aller et prévoir le développement de la Commune et la construction du pays», a souligné Mme Djiré Mariame Diallo.  Tous les intervenants ont invité les populations à coopérer avec les agents de recensement. Ils ont exhorté les responsables administratifs, élus locaux, acteurs de la société civile, femmes, hommes et jeunes à contribuer à la réussite de cette opération dont les résultats «nous serviront ainsi que les générations futures».   OS/MD (AMAP)

Vingt-deux civils tués dans une attaque terroriste à Ihinita (Ménaka), dans le Nord du Mali

Bamako, 15 juin (AMAP) La Plateforme des Mouvements du 14 juin 2014 d’Alger, a dénoncé l’assassinat de vingt-deux personnes lors d’une attaque par des hommes armés non identifiés, le week-end dernier, dans un campement à Ihinita, dans la Région de Ménaka (Nord). Dans un communiqué publié ce mercredi 15 juin 2022, la Plateforme des Mouvements du 14 juin 2014 d’Alger explique que « des hommes armés ont fait irruption, le 12 juin 2022, dans un campement non loin de la localité d’Izingaz (Commune d’Ihinita, Cercle de Tidermene, Région de Ménaka) et ont procédé  à l’exécution sommaire de vingt-deux personnes parmi lesquelles des déplacés venus chercher refuge dans cette zone.» Selon le groupe armé, « ces graves atteintes aux droits humains et à la vie tout court » ont été perpétrées par des terroristes affiliés à «  Daesh » et opérant sur des motos.  Ainsi, la Plateforme des Mouvements du 14 juin 2014 d’Alger, tout en condamnant ces crimes d’une horreur inexplicable, « appelle la division des droits de l’homme de la Minusma, les organisations des droits de l’Homme ainsi que toutes les autorités compétentes à diligenter une enquête » pour traduire les auteurs de ces crimes devant les  juridictions compétentes. Cette tuerie survient la veille de la rétrocession par la Force Barkhane de sa base opérationnelle avancée de Ménaka aux Forces armées maliennes (FAMa) lundi 13 juin 2022. AT/MD (AMAP)

Le Code Craft, un rempart contre le Travail des enfants dans l’orpaillage 

Par Makan SISSOKO Bamako, 15 juin (AMAP) – Solidaridad west africa (SWA), une organisation internationale de la société civile, a organisé, lundi dernier, à Bamako, un atelier sur le thème : «Engagement des parties prenantes sur le Code pour l’atténuation des risques dans l’activité minière artisanale et à petite échelle, s’engageant dans un commerce formel et transparent (Code Craft)».  Cette organisation promeut la production durable, la sécurité alimentaire et les modèles de services robustes des Petites et moyennes entreprises (PME) rurales dans les chaines d’approvisionnement du cacao, du palmier à huile, du coton, de l’aquaculture et de l’or en Afrique de l’Ouest. Son bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest est basé au Ghana, avec des programmes opérationnels au Nigéria, en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Liberia. Organisée en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT), cet atelier s’inscrivait dans le cadre du projet régional : Accélérer l’action pour l’élimination du travail des enfants dans les chaines d’approvisionnement en Afrique (Accel Africa), mis en œuvre par l’OIT grâce à un financement du ministère néerlandais des Affaires étrangères.  La rencontre d’un jour a regroupé les acteurs du secteur minier sur l’engagement du secteur privé. Le but était de former les acteurs nationaux sur la chaine d’approvisionnement de l’orpaillage sur le Code Craft. Cela en mettant l’accent sur les risques liés au travail des enfants avec en perspective l’émergence des partenariats public-privé. La finalité étant de soutenir l’élimination du travail des enfants dans le secteur de l’Exploitation minière artisanale à petite échelle (EMAPE) au Mali. Pour y arriver le projet entend s’attaquer aux causes profondes de ce fléau en accélérant son élimination en Afrique. Des actions ciblées seront mises en œuvre dans les chaines d’approvisionnement sélectionnées en Côte d’Ivoire (cacao, extraction d’or), en Égypte (coton), au Malawi (café et thé), au Mali (extraction d’or et coton), au Nigeria (cacao, extraction d’or) et en Ouganda (café et thé).  C’est dans cette optique que SWA Côte d’Ivoire a été engagée par l’OIT pour la mise en œuvre du Code Craft et des processus de diligence raisonnable dans le secteur de l’exploitation minière artisanale à petite échelle de l’or (EMAPE)  au Nigéria, au Mali et en Côte d’Ivoire. «Dans le cadre de ce projet, nous avons signé un accord d’exécution avec l’OIT pour pouvoir travailler sur un projet qui vise à implémenter le Code Craft dans l’exploitation arsenal de l’or au Mali», a expliqué son représentant pays en Côte d’Ivoire, Amadou Cissé. « Pour ce faire, l’organisation va former les acteurs nationaux dans la chaine d’approvisionnement de l’orpaillage sur le Code Craft », a précisé M. Cissé. « Ce qui leur permettra, selon lui, de pouvoir répondre à un certain nombre d’exigences sur le marché international de l’or, notamment celui de l’Union européenne (UE) qui a mis en place un certain nombre de règlementations appelées ‘Les devoirs de diligences’. Il s’agit, notamment, des exigences sociale, environnementale et économique pour pouvoir faire du business avec l’UE. «À travers l’implémentation de ce Code Craft, on arrive à répondre à ces besoins de diligences au niveau de l’UE et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) », a expliqué Amadou Cissé.   Cette phase de transfert de connaissances aux acteurs locaux, qui dure six mois, vise à les outiller afin de former, à leur tour, tous les artisans miniers. «Nous allons former une institution qui formera les acteurs pour que ce Code Craft puisse être disséminé dans l’ensemble des chaînes de valeur pour qu’on aille vers la formalisation des Petites entreprises minières au Mali», a-t-il indiqué. Le conseiller technique au ministère malien des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, chargé des questions minières, Lassana Guindo, a expliqué que le travail des enfants est un gros défi qui figure dans les priorités de son département. « Il y a deux ans, lors de l’élaboration du nouveau Code minier, nous avons fait une mention spéciale pour l’interdiction du travail des enfants dans les sites d’orpaillages», a rappelé M. Guindo. Il a ajouté que cet atelier permettra la mise en place d’une stratégie rigoureuse de lutte contre le travail des enfants. MS/MD (AMAP)

Les USA disposés à aider le Mali pour la libération de deux de leurs ressortissants (Envoyé spécial US chargé des questions d’otages)

Bamako, 15 juin (AMAP) Roger Carstens, Envoyé spécial du président américain, Joe Biden, pour les questions d’otages a exprimé, mardi, à Bamako, au chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, la disponibilité des Etats-Unis d’Amérique à aider le Mali pour la libération de deux de leurs ressortissants retenus en otage par des terroristes.  M. Carstens, qui était accompagné par l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Mali, Dennis B. Hankins, à sa sortie d’une audience au palais de Koulouba accordée par le président de la Transition, a exprimé sa satisfaction d’être reçu par le colonel Assimi Goïta pour parler, non seulement des deux otages américains mais, aussi, de ceux d’autres nationalités aux mains des terroristes au Mali.  « Nous avons compris que le président de la Transition est prêt à aider toutes les nationalités concernant la problématique des otages », a fait noter l’Envoyé spécial du président américain. Il a révélé que le chef de l’Etat était très favorable au renforcement de la coopération avec les Etats-Unis d’Amérique pour la libération des otages. Le diplomate américain a, également, souligné que la question des otages est un sujet assez important pour le président Joe Biden. Et d’ajouter : « nous devons remercier les efforts du gouvernement malien en ce qui concerne nos otages ». OD/MD (AMAP) 

Alimentation : « Allabadja « , plat des grands jours dans le Nord du Mali 

Par Mohamed GAKOU Gourma Rharous, 15 juin (AMAP) « Alllabadja » est une spécialité culinaire que partagent toutes les communautés, dans le Nord du Mali, nomades comme sédentaires. La confection de ce plat repose sur un rituel. Il est fait à base de riz du cru, de préférence, de viande de mouton ou de boeuf, rayée de strates de graisse et agrémentée de beurre de vache conditionné dans les règles de l’art. Le riz est cuit dans l’eau, avec juste un soupçon de sel et la viande, en bouillon, tout aussi modérément salé. C’ est la première phase de préparation du plat. Cette tâche est généralement dévolue aux femmes. Quand la viande est cuite à point, on en prélève quelques filets gras destinés à être pilés dans un mortier jusqu’à les transformer en fines nervures de chair. Cette opération revient, aussi, aux femmes. La dernière phase de préparation requiert de la force et de l’endurance. C’est à cette étape que les hommes entrent en jeu. Ce sont généralement des forgerons ou autres hommes de caste. Le riz cuit à point, est mis dans un grand bol en bois. Un homme robuste commence à le malaxer, à la force des muscles des deux bras, dans un mouvement giratoire, à l’aide d’une grosse louche en bois ou un petit pilon  Le plat est tenu sur les deux bords par un autre homme qui, de façon intermittente, arrose la mixture de riz, avec de grosses louches de bouillon fait des filets prélevés, pilés et retournés dans une quantité raisonnable de jus de cuisson. Au fur et à mesure que l’opération se poursuit, le riz prend un aspect pâteux et moelleux, incrusté de fils de chair très fins. Le plat est prêt. Miam miam !!! Il est servi dans des plats moyens en bois taillés dans des essences particulières qui donnent au contenu un parfum capiteux et gourmand. La pâte est tassée dans les plats avec un trou aménagé au milieu, qui servira à contenir le beurre de vache, « la cerise sur le gâteau » ! Tout autour de l’excavation, de gros morceaux de viande dégoulinant de graisse sont disposés. « Allabadja » se déguste avec des petites cuillères en bois finement ouvragés. Ce plat est accompagné par un thé nature légèrement corsé et de lait caillé ou frais coupé d’eau, selon les milieux. En dehors du plaisir que cette spécialité gastronomique procure aux papilles gustatives, elle symbolise, aussi, l’art de l’hospitalité chez toutes les communautés dans le Nord du Mali. On le prépare, à l’occasion des fêtes religieuses, des réjouissances sociales ou pour accueillir et régaler un hôte de marque. Ce plat, qui tient la première place dans la culture gastronomique des communautés dans le Nord de notre pays, est pourtant peu valorisé, lors des rencontres dédiées aux arts culinaires.  MG/MD (AMAP)

Des hommes armés ont mis le feu à trois camions citernes sur l’axe Kayes-Bamako

Diéma, 14 juin (AMAP)  Des hommes armés non identifiés, sur des motos, ont mis le feu, lundi, à trois véhicules citernes d’une compagnie locale, transportant chacun quarante-cinq mille litres de gaz-oil, à 10 km de Torodo (Ouest), sur la route de Bamako. Selon des témoignages recueillis sur place, les malfrats ont fait dévier les camions, en provenance de Kayes, de leur trajectoire normale. A 4 km de là, après avoir forcé la route, à plusieurs reprises,  les véhicules ont été contraints de s’arrêter. C’est alors que les bandits ont ordonné aux chauffeurs de mettre pied à terre. Ceux-ci ont obtempéré et se sont fait dépouiller de leurs téléphones portables afin de les empêcher de toute communication.  Les agresseurs auraient dit aux chauffeurs n’avoir aucun problème avec eux « personnellement », mais plutôt en vouloir à l’Etat et et aux autorités. L’un des chauffeurs leur aurait dit ne pas être des fonctionnaires mais travailler pour une société privée. « Notre travail nous permet de nourrir et d’entretenir dignement nos familles ». L’un des bandits aurait alors renchéri : « Si ce que vous dites est vrai, montrez-nous vos pièces et les documents des véhicules. » Cette vérification faite, les bandits auraient rétorqué que le carburant était quand même destiné au fonctionnement de l’Etat et de ses services. Les bandits ont minutieusement fouillé les véhicules et demandé aux conducteurs de  prendre toutes leurs affaires. Ensuite, ils ont criblé de balles les camions-citernes avec leur Kalachnikov. Le carburant coulait à flot. Ils ont mis le feu aux véhicules dont deux ont été calcinés. Seul le carburant du troisième camion est récupérable, car les balles ont seulement touché sa cabine.  Après leur forfait, les agresseurs ont restitué aux chauffeurs leur téléphone. Ils ont sommé ceux-ci de transmettre aux autorités leur message.  Alertés, des éléments de la FORSAT, de la Brigade de gendarmerie et de l’opération « Kélétigui », se sont rendus sur les lieux pour faire le constat et procéder à la sécurisation des personnes et de leurs biens.   Les populations de Diéma ont toujours réclamé la mise en place de postes de sécurité sur l’axe Sébabougou-Diéma, pour minimiser le banditisme qui prend de plus en plus d’ampleur dans le Cercle de Diéma, malgré les efforts des forces armées et de sécurité.  OB/MD (AMAP)

Examens scolaires de fin d’année 2021-2022 : Les programmes exécutés  de façon satisfaisante

Bamako, 14 juin (AMAP) Les examens scolaires de fin d’année 2021-2022 débuteront le lundi 20 juin 2022 par l’examen du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) pour lequel, cette année, 23 434 candidats sont inscrits et repartis entre 76 centres et 925 salles au niveau national. Quelque 1 949 surveillants sont mobilisés auprès des candidats. Notre équipe de reportage a sillonné trois écoles privée et publique pour jauger l’exécution des programmes scolaires en cette fin d’année scolaire.  L’école internationale fondamentale « Kalanso  2», a rappelé sa directrice générale, Mme Nadine Sanoh, a démarré sa rentrée scolaire le 1er novembre 2022 avec de brefs congés entre décembre et mars 2022. La directrice de Kalanso 2 assure que les programmes scolaires ont été exécutés à 100%. L’établissement scolaire privé qui compte trois classes de 9è année doit présenter 87 candidats inscrits au Diplôme d’études fondamentales (DEF 2022).  Mme Sanoh précise que les révisions se poursuivent pour bien préparer et mieux renforcer les capacités des élèves au DEF. Elle assure que les candidats de « Kalanso 2 » sont prêts pour l’examen du DEF. Et Mme Nadine Sanoh d’ajouter que la limitation des programmes extra-scolaires et autres ont permis à son école de bien avancer dans l’exécution des programmes.  Le directeur-coordinateur du Groupe scolaire de la « République » Moussa Boré précise, pour sa part, que son école compte deux classes de 9è année. Il se dit satisfait de l’exécution des programmes scolaires à 98% comparés à l’année scolaire 2020-2021 qui était à 80%.  « Les 129 candidats inscrits du Groupe scolaire de la « République » sont aptes à affronter le DEF », dit le directeur-coordinateur. Si le 3è trimestre a pris fin, le reste des 2% des programmes scolaires de l’établissement scolaire est en cours d’exécution à deux semaines du DEF. Quant aux révisions pour les candidats au DEF, « elles démarreront la semaine prochaine », annonce Moussa Boré.  Avec ses 30 classes de Brevet de technicien (BT1 et 2), le Centre de l’Ecole centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (ECICA) présente, cette année, 995 candidats au BT1 et 410 au BT2. « Les programmes scolaires ont été exécutés à peu près à 95% au BT1 et 100% au BT2 », soutient le directeur des études de l’ECICA, Nouhoum Dembélé. Les candidats composeront dans quatorze spécialités : èlectronique, électro-mécanique, maintenance industrielle, construction métallique, bâtiment ou maçonnerie, froid et climatisation, travaux publics (TP), hydraulique, dessin-bâtiment, géométrie ou topographie, chimie industrielle, géologie, comptabilité et secrétariat de direction.  L’adjoint du directeur national du Centre national des examens et concours de l’éducation (CNECE), Oumar Cissé, nous a précisé que le téléphone est interdit dans les centres et salles d’examens « Dès lors qu’on surprend un candidat avec un téléphone en salle, il est en situation de fraude », a averti M. Cissé. Il ajoute que tous les candidats ayant des copies identiques sont d’office disqualifiés de l’examen en question. Les surveillants complices sont suspendus et poursuivis. Les sanctions en la matière s’imposent. Le directeur adjoint du CNECE assure que tous les moyens possibles seront déployés pour circonscrire les fuites de sujets cette année.  Il invite les présidents de centres et leurs surveillants à empêcher les fraudes dans les centres et salles d’examens. Et Oumar Cissé d’exhorter ces acteurs des examens à faire un rapport circonstancié dès lors qu’ils constatent des actes contraires au règlement intérieur des examens. Rappelons que tous les responsables scolaires rencontrés ont reconnu que les programmes scolaires ont été exécutés à hauteur de souhait cette année , à cause de l’absence de grèves intempestives.  SYW/MD (AMAP)

L’Institut d’économie rurale (IER) a produit plus de 100 000 kg de semences certifiées en 2021 (Son directeur)

Bamako, 14 juin (AMAP) L’Institut d’économie rurale (IER) a produit une quantité de semences certifiées évaluée à 103.557 kg en 2021 contre 5.336 kg une année auparavant, a annoncé, lundi, son directeur général, Dr Modibo Sylla, lors la 28è session du Comité de programme de l’institut. Dr Sylla intervenait lors de cette instance du cycle de programmation de la recherche agricole, atelier d’évaluation des résultats de l’IER, au titre de 2021 et de recueil des propositions d’activités de recherche pour ses projets futurs, dans la salle de réunion de la dette publique. Il a précisé qu’en 2021, sa structure « a produit 22.630 kg de semences de pré-base toutes cultures confondues contre 88.042 kg en 2020. La production de semences de base a atteint 135.125 kg en 2021contre 122.099 kg en 2020. » Le directeur général de l’IER a présidé cet atelier de cinq jours (du 13 au 17 juin) qui se veut un forum d’échanges scientifiques, d’évaluation des résultats obtenus et de propositions d’activités de recherche. Les participants doivent analyser chacun les 113 documents, dont 93 rapports et 20 propositions de recherche. Il a indiqué que l’amélioration de l’accès aux semences de qualité est envisagée dans le cadre d’une programmation harmonisée impliquant les différents acteurs concernés.   Selon  Dr Modibo Sylla, les activités de renforcement des capacités ont connu un essor en 2021, grâce au nombre de projets réalisés. En la matière, a-t-il précisé, sur 120 projets prévus 99 ont été exécutés, soit un taux de réalisation de 83%. Il a noté que le nombre de stagiaires encadrés a atteint 220 sur une prévision de 181, soit 122%. 25.010 producteurs sur une prévision de 7.512 ont été formés soit 333%. Le nombre d’agents techniques et de chercheurs formés s’est établi 197 sur une prévision de 192 soit 103%. 22 formations diplomates ont été réalisées sur 25 prévus, soit 88%, a précisé Dr Modibo Sylla.  Il estime que l’amélioration de la production et de la productivité agricole reste un grand défi à relever par la recherche agricole. « Car, a-t-il dit, elle requiert des stratégies orientées sur le développement des technologies adaptées dans les domaines des productions agricoles, animales, sylvicoles et halieutiques ». « Face, par exemple aux changements climatiques, il faut faire preuve d’imagination afin de développer des technologies intelligentes », a-t-il ajouté.  « À cet effet, a-t-il soutenu, l’élaboration de la carte de fertilité des sols du Mali est une priorité ». Elle permettra de mieux orienter les efforts à déployer pour la correction de l’acidité des sols qui, selon lui, demeure un problème préoccupant surtout dans les régions situées dans le Sud du Mali. Dr Modibo Sylla a invité les chercheurs à un examen approfondi des documents et à des échanges scientifiques devant permettre une bonne amélioration des performances du personnel de l’IER. Des prix symboliques seront attribués aux chercheurs à la fin de cette session pour la qualité de leurs prestations scientifiques. « Ils concerneront les meilleurs rapports et propositions de recherche, a-t-il indiqué.  FC/MD (AMAP)

Diamant : Le Mali bientôt producteur ?

Par Oumar SANKARE  Bamako, 14 juin (AMAP) La diversification de la production minière nationale, longtemps voulue par nos autorités maliennes pour attirer des investissements massifs dans le secteur, est-elle en train de se matérialiser ? La confirmation, la semaine dernière, du potentiel diamantifère malien par une délégation technique du secteur des mines confirme cette tendance. Cette découverte historique de diamant intervient quelques jours après le lancement des travaux de construction de la mine de lithium par Leo Lithium, co-entreprise formée par l’australien Firefinch et le chinois Ganfeng Lithium.  C’est la Société minière Samadou Mining, détentrice d’un permis d’exploration de diamant, qui a fait la découverte, la semaine dernière, dans le village de Kénébélé, Commune de Kologo, dans la Région de Bougouni (Sud). Cela, au terme de trois mois de travaux d’exploration. «Il s’agit de trois morceaux de diamants de bonne qualité à vu d’œil», confirme le directeur du Bureau d’expertise, d’évaluation et de certification des diamants bruts (BEEC).  Rencontré jeudi à son bureau, Dr Birama Sory Sidibé précise qu’une analyse plus approfondie est demandée pour donner leur coût exact une fois les 4 C (poids, coupe, couleur et pureté) déterminés. Selon lui, un morceau de diamant peut être vendu entre 20 millions et plus de 100 millions de Fcfa en fonction des 4C. L’État prélève 2% de la valeur de chaque morceau comme taxe.  Des études faites en 2006 par des services spécialisés américains distinguent le diamant gemme : pierre pure ou très pure, destinée à la bijouterie-joaillerie du diamant industriel : diamant très impur, en général opaque, destiné à la fabrication d’outils industriels de forage (ex. forage pétrolier, sondage minier) ou de découpage (ex. perçage de bétons armés, sciage de pierres dures, polissage de divers matériaux). Aucune analyse déterminant à laquelle des deux familles nos diamants appartiennent et le potentiel réel du périmètre concerné n’est encore disponible. Toutefois, ce qui pourrait être considéré comme la première mine d’exploitation de diamant au Mali s’étend sur 12 km2. Autre évidence : c’est un gisement de type alluvionnaire (qui découle des ruissellements) où des morceaux de diamants sont sortis de trois trous. «Ce qui prouve à suffisance qu’il y a du potentiel», analyse Dr Birama Sory Sidibé.  Précisons ici que l’extraction du diamant se fait principalement dans les gisements primaires (pipes kimberlitiques) à ciel ouvert (carrière) ou en souterrain. Les dépôts secondaires (placers) peuvent se trouver dans les lits des rivières ou sur les côtes marines (offshore). 20 À 30 MILLIONS DE FCFA– L’exploitation du potentiel découvert dans la région de Bougouni exige des préalables. L’autorisation d’exploration de trois mois dont dispose Samadou Mining a expiré, rappelle l’expert. À ce stade, suggère le spécialiste, il leur faut un permis de recherche d’une durée de trois ans renouvelable. «Mais nous pensons qu’ils peuvent passer à la phase d’exploitation», ajoute Dr Birama Sory Sidibé. Et d’assurer : «Avec un investissement de 20 à 30 millions de Fcfa nécessaires pour l’installation d’une laverie moderne (7 millions de Fcfa) et une pelleteuse, ils peuvent commencer l’exploitation». L’expert précise, ensuite, qu’il s’agit là d’une exploitation artisanale mécanisée. « Car, selon lui, la production du diamant ne requiert aucun produit chimique ».  La directrice nationale adjointe de la géologie et des mines assure de son soutien à cet effet. «Le département fera tout pour accompagner Samadou Mining, afin de quitter le stade artisanal pour une exploitation de meilleur standard», promet Mme Karambé Awa Goundian. Dr Birama Sory Sidibé invite les autorités à investir davantage dans la recherche pour une diversification de l’exploitation minière. «Ceci permettra de prouver l’existence du potentiel minier et de mieux négocier lors des conventions internationales et les contrats miniers», argumente le technicien.  Il a été établi que le Mali dispose d’un potentiel appréciable en diamant dans les zones de Kéniéba, Kangaba et Yanfolila. Les estimations tablent sur 583.598 carats dans les gisements primaires et 1.775.733 carats dans les gisements alluvionnaires. 1 carat équivalant à 0,20g.  On se souvient que l’ancien ministre en charge des Mines et du Pétrole avait confirmé, en 2018, que le Mali possède du diamant. « Les districts miniers de Kénièba, Kangaba et Yanfolila regorgent de milliers de carats de diamant tandis que dans certaines localités de Sikasso et de Taoudéni des recherches supplémentaires étaient en vue pour confirmer l’existence du métal précieux », avait précisé Pr Tièmoko Sangaré.  Rappelons que le Mali a été admis en 2013 au Schéma de certification du processus de Kimberly, un régime international de certification de diamants bruts réunissant gouvernements, industriels et société civile. Le processus de Kimberly (PK) vise à éviter que les recettes émanant du commerce des diamants ne soient utilisées pour financer les activités militaires de groupes rebelles ou terroristes.  Les pays qui ont d’importantes productions alluviales, artisanales ou mécanisées, sont surtout en Afrique : Angola, République démocratique du Congo (RDC), Namibie, Sierra Leone, République centrafricaine (RCA), Guinée, République du Congo, Tanzanie, etc. Selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis, ils représentent quelque 25 à 30% de la production mondiale qui a atteint près de 180 millions de carats en 2004. OS/MD (AMAP)