Bankass : Quatre ministres sur place pour rassurer les populations, après les attaques meurtrières au centre

Bankass, 22 juin (AMAP) Les localités de Diallassagou, Dianweli et Deguessagou dans le Cercle de Bankass ont été attaquées dans la nuit du samedi au dimanche dernier par des hommes lourdement armés. Le bilan officiel est de 132 civils froidement tués. Cette tuerie, d’après le gouvernement, a été perpétrée «par les combattants de la Katiba du Macina de Amadou Kouffa dont plusieurs, parmi les auteurs, ont été formellement identifiés». En cette période de deuil national, une forte délégation ministérielle composée du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion sociale, chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, de la ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré, de la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Wadidié Founè Coulibaly et du ministre délégué auprès de la ministre de la Santé et du Développement social, chargé de l’Action humanitaire, de la Solidarité, des Réfugiés et des Déplacés, Oumarou Diarra, s’est rendue hier  à Diallassagou, Dianweli et Deguesagou pour exprimer la compassion et la solidarité  des plus hautes autorités et rassurer les populations locales. La délégation était accompagnée par le gouverneur de la Région de Bandiagara, Sidi Mohamed El Béchir, le maire de la Commune de Diallassagou, Amadou Guindo, le préfet de Cercle de Bankass, le colonel Aly Sidibé et le président du Conseil de cercle de Bankass, Amadou Yaro. Les ministres se sont rendus successivement  à Diallassagou, Dianweli et Deguesagou pour échanger avec les populations locales, les parents des victimes et les rescapés. Ils ont également fait des prières sur les tombes des défunts. Une grande rencontre a eu lieu à Diallassagou avec les autorités locales au cours de laquelle les membres du gouvernement ont déclaré que toutes les dispositions seront prises pour assurer la sécurité des populations. Au nom du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta et du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, les visiteurs ont présenté les condoléances de la Nation aux parents des victimes et souhaité prompt rétablissement aux blessés. Une enveloppe symbolique a été remise aux trois villages endeuillés. Dans son communiqué du lundi, le gouvernement a indiqué que les dispositions seront prises pour rechercher et traduire les auteurs de ces actes criminels devant la justice. Il a appelé à la communion des cœurs et des esprits des Maliens face à cette épreuve et réitéré que la sécurité et la protection des personnes et leurs biens restent sa priorité absolue. Abdoul Kader GUINDO

École supérieure de journalisme et des sciences de la communication : La première promotion baptisée Diomansi Bomboté

Bamako, 22 juin (AMAP) Les 21 lauréats de première promotion de l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication (ESJSC), baptisée Diomansi Bomboté, ont reçu, samedi, leur parchemin.  La cérémonie solennelle de sortie de ces tous premiers étudiants de l’ESJSC, au terme de trois longues années d’études théoriques et pratiques, s’est déroulée au Centre international de conférences de Bamako (CICB). «Notre ambition est que l’école supérieure de journalisme et des sciences de la communication devienne l’épine dorsale de la formation du journalisme au Mali», a  dit en introduction le président de la Commission d’organisation, Tiona Mathieu Koné, Il a invité les journalistes à un dévouement total dans la défense des intérêts et aspirations justes des populations comme toute presse.  Un défi que les futures hommes et femmes  de la presse nationale entendent relever avec professionnalisme et responsabilité. «Nous nous engageons à faire honneur à notre établissement, à la profession comme nous l’avons appris dans le strict respect de la morale, des règles d’éthique et de déontologie», a promis le porte-parole de la promotion, Aminata Cheick Tall, Selon elle, ces diplômes sont le fruit de trois années de dur labeur, dense en apprentissages, en émotions fortes et riche en rencontres. L’un des temps forts de cette célébration a été le message du parrain, jugé puriste pour son attachement au respect strict des principes et pratiques du métier, et dont la teneur a été livrée par notre confrère Salif Sanogo. «C’est un sentiment de fierté qui nous réunit tous aujourd’hui», a déclaré l’ancien directeur général de l’ORTM. « Un journaliste est un intermédiaire entre ce qui se produit et un public qui a le droit de savoir. Un journaliste fait son travail quand il apprend aux autres ce qui leur échappe, ce qui est méconnu ou inconnu, ce que l’on ne voudrait pas qu’il sache et on leur dissimule »,  a poursuivi Salif Sanogo. Et  d’ajouter : «la légitimité du journaliste se fonde sur sa capacité à assumer pleinement la liberté des médias». « La déontologie journalistique apparaît comme une sorte de table de la loi en matière professionnelle », estime-t-il. Et d’insister : «le travail journalistique ne doit s’inscrire dans aucune volonté de plaire ou de nuire». Enfin, le représentant de Diomansi Bomboté rappelle : «Votre défi, jeunes journalistes, est de faire en sorte que la presse malienne ne soit pas réfractaire à la culture démocratique».  Pour sa part le Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga, a félicité les 21 étudiants qui ont reçu leur diplôme et les a invités à se battre pour leur pays. Car il estime que la guerre n’est pas seulement militaire mais aussi informationnelle. Et le chef du gouvernement d’inviter les récipiendaires «à la responsabilité et au professionnalisme dans tous leurs actes». Dr Choguel Kokalla Maïga a remis aux 3 majors des différentes spécialités leur diplôme : Aminata Simpara (télé), Boubacar Diallo (presse écrite) et Kouane Diarra (radio).  L’ESJSC a ouvert ses portes à la rentrée universitaire 2017-2018 avec un effectif de 25 étudiants, dont 6 filles et 19 garçons.  L’établissement comme l’ensemble des institutions universitaires nationales, applique le système LMD (licence-master-doctorat). L’école comprend deux départements, celui du journalisme et celui des sciences de la communication, dont le démarrage a été différé pour le moment. La cérémonie de graduation était placée sous le patronage du chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, et présidée par le Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga. C’était en présence des ministres de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Me Harouna Mamadou Toureh, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Amadou Keita. Presque tous les grands noms de la presse malienne étaient de la fête.  OS/MD (AMAP)

Mali Un deuil national de 3 jours décrété suite à des attaques meurtrières au centre

Bamako, 21 juin (AMAP) Le gouvernement du Mali a décrété un deuil national de 3 jours suite à des attaques terroristes qui ont fait 132 morts à Diallassagou, Diaweli et Deguessagou dans le cercle de Bankass, au centre du pays, a appris l’AMAP de source officielle. « Un deuil national de 3 jours de 3 jours à compter du mardi 21 juin à zéro heure est déclaré  sur toute l’étendue du territoire national en hommage aux victimes des attaques terroristes perpétrées dans la nuit du samedi 18 juin dans les localités de  Diallassagou, Diaweli et Deguessagou et environs dans le cercle de Bankass » précise le décret du président de la Transition datant du 20 juin 2022. Le décret précise par ailleurs que les drapeaux seront mis en berne sur tous les bâtiments et édifices publics pendant toute la durée du deuil. KM (AMAP)

Mali : La 14è conférence de l’Union Francophone de l’Audit Interne se déroulera au mois d’octobre à Bamako

Bamako, 20 juin (AMAP) L’Association des Contrôleurs, Inspecteurs et Auditeurs du Mali a organisé une conférence de presse le weekend dernier dans un hôtel de la place pour annoncer la 14ème Conférence de l’Union Francophone de l’Audit Interne, prévue les 10 et 11 octobre prochain à Bamako, a constaté l’AMAP. La conférence était animée par son président Moussa Diakité qui avait à ses cotés le président de la commission d’organisation Samba Soumaré et plusieurs autres membres de l’association. Les objectifs de cette rencontre internationale sont entre autres, comprendre et promouvoir l’audit interne au Mali, apporter des réponses aux défis multiformes auxquels l’audit interne fait face aujourd’hui, sensibiliser les hautes autorités sur la contribution de l’audit interne dans la bonne gouvernance et la création des services d’audit interne dans les structures publiques. Il s’agit également d’encourager les auditeurs tant dans le secteur privé que le secteur public ainsi que permettre aux aspirants de démontrer leurs compétences en s’inscrivant dans un processus d’obtention de qualification professionnelle et contribuer à redorer l’image du pays à travers l’organisation d’un tel évènement international. Le président de l’association, Moussa Diakité a présenté son association qui a été créée en 1988 à l’initiative de l’Institut Français de l’Audit et du Contrôle Internes (IFACI). Elle a pour vocation de promouvoir et de développer la pratique professionnelle de l’audit interne dans les pays totalement ou partiellement d’expression française, en regroupant les associations d’auditeurs internes de ces pays. Le président de la commission d’organisation, Samba Soumaré a, pour sa part,  expliqué que toutes les dispositions sont prises pour la bonne marche de la conférence malgré le contexte de crises que notre pays fais fasse. Il a rassuré que les dispositifs sécuritaires seront bien établis et les commissions sont déjà à pied d’oeuvre pour rendre la rencontre agréable. Il a laissé entendre que plus de 400 professionnels sont attendus à Bamako pour échanger sur des sous thèmes comme la gestion administrative pendant la période de la crise, le terrorisme, les crises sanitaire. Cette année, une vingtaine de conférenciers venant du Mali, des pays de l’UEMOA, de la Suisse, de la France, des Etats Unis, du Maroc et de la Tunisie animera les plénières et ateliers programmés. Il est également prévu des visioconférences pour ceux qui n’arriveront pas à effectuer le déplacement AS/KM (AMAP)

Le projet de loi électorale adopté au Conseil national de Transition

Bamako, 17 juin (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté, ce vendredi, le projet de texte portant loi électorale par 115 voix pour, 3 contre et 0 abstention, lors de sa session d’avril en cours, a constaté l’AMAP. Le texte était défendu devant l’organe législatif transitoire par Mme Fatoumata Sékou Dicko, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et institutionnelles.  Le Plan d’action du gouvernement (PAG) prévoit parmi ses axes prioritaires, l’organisation d’élections générales dont la première action est la création de l’organe unique de gestion des élections. La mise en œuvre de cette action avait pour corollaire, la relecture de la loi électorale.  Le projet de loi électorale examiné par le CNT comprend 225 articles. La principale innovation du texte est la création de l’organe unique de gestion des élections appelé  Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE).  Après examen du projet de loi, la Commission des Lois constitutionnelles, de la Législation, de la Justice, des droits de l’Homme et des Institutions de la  République  a proposé 92 amendements au document déposé sur la table du CNT. Avec ces amendements adoptés par 111 voix pour, 3 contre et 0 abstention, l’AIGE a pour missions, l’organisation et la gestion de toutes les opérations référendaires et électorales. A ce titre, elle est chargée de la confection, de la gestion, de la mise à jour et de la conservation du fichier électoral, de la réception et de la transmission des dossiers de candidatures relatifs aux élections des députés à l’Assemblée nationale, des conseillers nationaux et des conseillers des collectivités territoriales, des opérations de dépouillement des bulletins de vote, de recensement des votes, de centralisation, de la proclamation, de la publication des résultats provisoires des scrutins par bureau de vote et de la transmission des procès-verbaux.  L’AIGE est, aussi, chargée de la gestion des observateurs nationaux et internationaux, de la formation électorale et de la coordination des activités y afférentes, de la publication et de la remise officielle de son rapport annuel d’activités, de l’acheminement des procès-verbaux des consultations référendaires, présidentielles et législatives, accompagnés des pièces qui doivent y être annexées à la Cour constitutionnelles, en rapport avec les représentants de l‘Etat. En outre, l’AIGE est chargée de la centralisation des résultats des consultations électorales communales, régionales, des cercles et du district de Bamako et la conservation des procès-verbaux, du suivi et de la supervision de la révision des listes électorales à l’occasion des opérations référendaires et des élections dans les conditions prévues par la présente loi.  Elle s’occupe, également, de la confection, de la personnalisation, de l’impression et de la remise des cartes d‘électeurs biométriques à l’occasion des opérations référendaires et des élections, du suivi de la campagne électorale, des opérations de délivrance des procurations de vote, du suivi du déroulement des opérations de vote, de l’élaboration de son budget annuel de fonctionnement et du budget des consultations référendaires et électorales, de la mise en place des cadres de concertation permanents avec l’administration, les partis politiques et la société civile. Elle participe, enfin, à l’élaboration de la législation afférente aux élections. Malgré l’opposition de la ministre Fatoumata Sékou Dicko qui a soutenu que le gouvernement ne se reconnait pas dans le texte, avec la plupart des amendements proposées, le projet de loi électoral a été adopté par les membres du CNT. DD/MD (AMAP) 

Concours international de la langue chinoise : Fatoumata Tounkara et Mama Bouaré sont les porte-drapeaux du Mali

Bamako, 17 juin (AMAP) Mlle Fatoumata Tounkara, élève en terminale de Langues et Littérature (TLL) au lycée « Oumar Bah » de Kalaban-Coura et Mama Bouaré, en 2è année de Langue chinoise à l’Institut Confucius de l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB) défendront les couleurs du Mali, respectivement, à la 15è édition du concours international de langue chinoise des élèves du niveau secondaire de Kunming (Chine) et à la 21è édition du concours international de la langue chinoise des étudiants de Changsha (Chine).  La compétition annuelle dénommée «Pont vers le Chinois», qui a pour thème «Un monde, une famille», aura en principe lieu en été prochain (août-septembre 2022) par visioconférence pour cause de Covid-19.  L’objectif des deux concours est de construire un pont entre les apprenants de la langue et de la culture chinoises, à travers le monde, et cultiver l’esprit de compréhension mutuelle, de tolérance et de partage.  Les représentants maliens ont été sélectionnés lors d’un concours national qui s’est déroulé à l’Institut Confucius de l’ULSHB. sur la colline de Badalabougou, a Bamako. Le chef de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Yacouba Kébé et l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Chen Zhihong, ont co-présidé la cérémonie de sélection de nos deux candidats.  C’était en présence du directeur de l’Institut Confucius, Dr Belko Ouologuem, et de son homologue de la Classe Confucius du lycée «Askia Mohamed», l’inspecteur général de l’éducation nationale, Fayera Sissoko. Chaque candidat est passé sur le podium pour se présenter et parler de la langue chinoise afin de convaincre le jury et le public. Si la maîtrise des compétences linguistiques et de la performance artistique étaient les critères de sélection de Fatoumata Tounkara, la présentation d’un thème en rapport avec la langue et la culture chinoises ont prévalu pour le choix de Mama Bouaré. Le proviseur du lycée « Askia Mohamed » de Bamako, Mahamane Camara, a rappelé que la compétition est organisée par l’ambassade de Chine, conjointement avec la classe Confucius de son lycée et l’Institut Confucius de l’ULSHB. Le recteur de l’ULSHB, le Pr Idrissa Soiba Traoré, a signalé que le Mali a toujours occupé les meilleures places lors de ces concours. L’ambassadeur de Chine au Mali a déclaré que le concours international de la langue chinoise met en relief l’importance de la communication et des échanges entre les différentes ethnies et peuples du monde.  « Le thème, a dit Chen Zhihong, reflète les meilleurs vœux des Chinois sur la paix et l’ordre international et conserve sa pertinence même aujourd’hui ». « L’Education reste le domaine le plus dynamique et promoteur de la coopération entre nos deux pays » a soutenu Chen Zhihong. Le diplomate a, ensuite, donné en exemple la Cité universitaire de Kabala construite par la Chine, les bourses du gouvernement chinois, le Centre de formation professionnelle, les grands projets à impact rapide financés par l’ambassade, la pose de la première pierre de l’école de Gombala (Région de Koulikoro) à titre d’exemples de coopération dans le domaine de l’éducation. Le concours international de la langue chinoise a démarré en 2008 pour les lycées et en 2002 pour les Universités. SYW/MD (AMAP)

Journée de l’enfant africain : Les zones rurales ne sont pas épargnées par le travail des enfants  

Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 17 juin (AMAP) Ce jeudi 14 avril 2022, il est 11 heures sur le site d’orpaillage de Foroko (une localité dans le Cercle de Kangaba, près de la frontière du Mali avec la République de Guinée). Ici beaucoup d’hommes, des femmes et des enfants. Chacun est occupé à faire quelque chose. Tandis que certains garçons de moins de 15 ans creusent les trous, d’autres attendent avec impatience de remplir des seaux qu’ils  tirent du trou. Non loin de là, un petit  groupe de quelques filles qui rincent inlassablement une petite motte de boue, dans l’espoir de tomber sur quelques pépites d’or. La petite Oumou Diarra fait partie du groupe. Elle est là grâce à son oncle, Elle affirme que laver la boue est son quotidien. « Dès que les travailleurs commencent à creuser, on se met en place afin de récupérer la boue susceptible de contenir des pépites d’or », dit la gamine. Elle affirme  qu’en marge des activités d’orpaillage sur le site, de nombreuses jeunes filles s’adonnent à la prostitution pour arrondir les angles. Elle a révélé le cas de son amie, Koro dont l’oncle l’a amenée ici pour travailler. «Apparemment, son parent n’était pas satisfait de l’argent qu’elle gagnait. Il a, alors, commencé à l’encourager à se prostituer. », dit Oumou. Afin de mettre à l’aise sa nièce, l’oncle a ouvert un maquis pour couvrir ses activités louches. « Naturellement, les parents de Koro ne sont pas au courant de sa double vie ici», précise notre interlocutrice.  Oumou a ajouté, également, que des pratiques de mariage sous contrat (communément appelés en bamanankan «Fouroudeni») sont monnaie courante. Par ailleurs, Oumou se souvient encore du viol d’une petite fille sur le site, en 2015. La victime a été retrouvée gravement blessée dans la case de ses deux violeurs. « Fort heureusement, ces derniers ont été rapidement confondus et ils sont actuellement en train de purger leur peine », dit-elle.  Les jeunes garçons sont, aussi, nombreux sur les sites d’orpaillage. Selon Seydou Kanté, un garçon de 14 ans, tirer les seaux, laver la boue afin d’y trouver de l’or, vendre de l’alcool… constituent les activités principales des garçons de son âge. «Nous travaillons de 5 heures du matin à 20 heures. La vie est très dure ici, car il n’y a pas de pitié. L’exploitation, la trahison et d’autres formes de violence constituent notre quotidien», explique-t-il.  PLUTÔT LE COTON QUE LES ETUDES –  S’exprimant sur les difficultés auxquelles les enfants sont confrontés sur le site d’orpaillage de Foroko, Seydou Kanté a révélé que lorsque qu’on surprend un enfant en train de voler de l’or, il s’expose inévitablement à la vindicte populaire et à tous les sévices et atrocités jusqu’à l’arrivée de ses tuteurs. Des justiciers improvisés vont jusqu’à utiliser des méthodes de torture dignes des camps de concentration faisant passer au fautif des moments douloureux, s’il ne rend pas l’âme sous l’assaut des méthodes barbares d’une autre époque. ‘Toutes ces exactions, selon Seydou Kanté, se passaient avant l’installation des «Ton boloma», autrement dit, les protecteurs et gardiens des sites d’orpaillage ».    Il en est du site d’orpaillage de Foroko comme de celui de M’Bèkèla (localité située dans la Commune rurale de Finkolo Ganadougou, Sikasso). Là-bas, les conditions de travail des enfants  sont exécrables. Ils sont mal rémunérés, n’ont pas de dortoirs, boivent de l’eau souillée des drags, etc. C’est aussi un camp de concentration à ciel ouvert, dans un monde disparate où les plus forts règnent en maîtres absolus des lieux. La souffrance physique, morale et psychologique des enfants travaillant sur les sites d’orpaillage est sans commune mesure avec ceux qui courbent l’échine dans les champs. Une ressortissante du village de Koungoba (Cercle de Sikasso), Kadidiatou Fané témoigne. Elle est âgée de 14 ans. L’année dernière, elle était en classe de 6è année, Elle a abandonné les études, car elle n’avait pas de temps à y consacrer à cause des travaux champêtres. Elle est actuellement à Sikasso, chez une tante, afin de rassembler de quoi constituer son trousseau de mariage. Elle raconte que pendant la récolte du coton, chaque matin elle se rend au champ de 8 heures à 18 heures, pendant un mois ou plus. De retour des champs, aux environs de 18 heures, les enfants doivent s’occuper des travaux domestiques. « Donc, je ne disposais pratiquement pas de temps suffisant pour apprendre mes leçons, m’exercer et faire mes devoirs », soupire-t-elle.  «Une fois, j’ai dit à mon père que nous sommes en composition, que je dois apprendre au lieu d’aller au champ, il m’a répondu que j’irai composer au champ», se souvient-elle, avant d’ajouter que « récolter le coton est une obligation pour chaque enfant de Koungoba ». ENGAGEMENT DES ACTEURS – Le travail des enfants peut affecter, non seulement leur santé mais, aussi, leur éducation scolaire. L’effort physique intense demandé aux enfants entraîne des conséquences pour leur croissance. Des enfants peuvent s’adonner, à l’insu de leurs parents, à la consommation de stupéfiants afin de faire face aux lourdes charges des travaux imposés. Pourtant, le Code du travail interdit d’employer « les enfants de moins de 18 ans à des travaux excédant leurs forces, représentant des dangers ou qui, par leur nature et par les conditions dans lesquelles ils sont exécutés, sont susceptibles d’affecter leur moralité ». MFD/MD (AMAP)

Sanké-Mô 2022 : Un rite pluri-centenaire sous le signe de la réconciliation nationale et de la paix 

Envoyé spécial Oumar DIAKITÉ San, 17 juin (AMAP)  Symbole de l’unité et de la solidarité de toute une région, la 622è édition de la pêche collective, Sanké-Mô, s’est tenue, jeudi, à San *dans le Centre du Mali. Le thème, cette année, de la traditionnelle pêche collective est : «Sanké-Mô : facteur de réconciliation nationale, de cohésion sociale et de paix». La pêche collective «Sanké-Mô» se tient depuis 622 ans. Ni les guerres ni les épidémies ni même la colonisation n’ont pu avoir raison de la volonté des habitants de la contrée d’organiser cet événement rituel. C’est pour saluer cette persévérance et cette ténacité que les autorités de la Transition ont voulu donner un cachet particulier, cette année, au Sanké-Mô, dont le parrain était le chef de l’État. Le colonel Assimi Goïta s’est fait représenter à San par le chef du gouvernement, accompagné du ministre en charge de la Culture, Andogoly Guindo. Sur le site, la célébration rituelle a commencé par le sacrifice de deux coqs blancs et des offrandes aux esprits de l’eau qui habitent la mare Sanké. Ce rituel a été suivi de la prestation au bord de la mare de danseurs traditionnels coiffés de chapeaux ornés de cauris et de plumes. Soutenant que son déplacement à San n’était pas anodin, le Premier ministre a cité le président Assimi Goïta selon qui « aucune construction durable et stable de l’Etat ne peut se faire sans s’appuyer sur notre culture, nos traditions et valeurs de civilisation ». Pour le chef du gouvernement, cela traduit la volonté du président de la Transition et du gouvernement de mettre la culture au centre de la refondation de l’REtat malien. « C’est pourquoi, a-t-il expliqué, tous les événements culturels d’envergure sont d’une grande importance pour l’État malien ». «C’est la culture qui fait un peuple. Les populations de San peuvent être fières de ce qu’elles ont donné et de ce qu’elles donnent au peuple malien», a souligné le Premier ministre.  CULTURE LOCALE – Le Sanké Mô a été lancé par les autochtones de San, il y a plus de six siècles. Et c’est en 2009 que l’évènement a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Occasion pour Dr Choguel Kokalla Maïga de remercie r les ancêtres ayant initié cette cérémonie qui constitue, aujourd’hui, une référence pour l’humanité entière.  Le Sanké-Mô est, aussi, « une boussole vers l’enracinement de la souveraineté et de la dignité », a estimé le Premier ministre, ajoutant que « le gouvernement de la Transition n’a d’autre ambition que de restaurer la dignité, l’honneur, l’indépendance et  la souveraineté de l’État malien ». «Nous voulons qu’à la fin de cette Transition, tout Malien, de quelques bord et région qu’il soit, puisse dire, en âme et conscience, que ces hommes ont écrit avec nous une des pages les plus glorieuses de notre histoire», a soutenu Dr Choguel Kokalla Maïga.  Le rite Sanké-Mô marque traditionnellement le début de l’hivernage. C’est, aussi, une expression de la culture locale à travers l’art et l’artisanat, les connaissances et le savoir-faire attachés à la pêche et aux ressources en eau Il renforce les valeurs collectives de cohésion sociale, de solidarité et de paix entre les communautés locales. Ce qui a incité le Premier ministre à solliciter la bénédiction des initiateurs. A cet effet, il a demandé aux anciens, aux légitimités traditionnelles et à l’ensemble de la population de San de prier pour une bonne pluviométrie au Mali, cette année. Moment privilégié de retrouvailles, l’édition de cette année a permis aux Sanois (habitants de la localite de San)  de fêter dans la communion. OD/MD (AMAP)

Mali : Célébration de la journée de l’enfant africain

Bamako, 17 juin (AMAP) La cérémonie de la commémoration de la journée de l’enfant africain (16 juin) a été présidée jeudi à la Cité des enfants par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Wadidié Founé Coulibaly, a constaté l’AMAP. C’était en présence de son homologue de l’Education Sidibé Dédeou Ousmane, des élus, des représentants de l’UNICEF, de l’ONG Plan, du président de la Coalition malienne pour les droits de l’enfant (Comade), Antoine Akplogan, de la Directrice de la Cité des Enfants, Koumaré Amina Cissé, de son adjoint Famara Keïta, des représentants du Parlement des enfants, de plusieurs invités et de nombreux enfants. Le thème retenu cette année est : « élimination des pratiques néfastes affectant les enfants : Progrès en matière de politique et de pratique depuis 2013 ». Cette journée offre l’opportunité à l’État et ses partenaires, de faire le point des progrès réalisés depuis 2013 dans le cadre de l’élimination des pratiques néfastes affectant les enfants. La ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a expliqué que durant les dix dernières années, de nombreuses mesures d’ordre politique, institutionnel et juridique ont été prises pour renforcer la réalisation des droits de l’enfant. Au nombre de ces mesures, on peut citer, entre autres, l’adoption de la Politique nationale de promotion et de protection de l’enfant en 2014, l’élaboration de la stratégie nationale multisectorielle pour mettre fin au mariage d’enfants, la participation active des enfants à la promotion de leurs droits et à l’accomplissement de leurs devoirs, le renforcement des institutions de protection d’enfants. Malgré ces progrès, force est de constater que de nombreux enfants et leurs parents vivent dans les sites de déplacés et dans les camps de réfugiés à cause de la crise multidimensionnelle que connaît notre pays, a fait savoir Mme Wadidié Founé Coulibaly. Elle ajoutera qu’à cause de cette situation, de nombreux enfants n’ont pas d’actes de naissance, ne vont plus à l’école, n’ont pas accès aux services de santé, à une alimentation saine et à un logement décent. « En outre, il est regrettable de constater que dans nos communautés, des filles continuent d’être données en mariage avant l’âge requis », a indiqué la ministre Mme Wadidié Founé Coulibaly. La représentante intérimaire de l’Unicef au Mali, Andrea Berther a rappelé qu’en jetant un regard rétrospectif sur la situation des enfants, il est à relever d’importants progrès depuis 2013. Selon elle, plus de 1.132 villages ont mené à bout leur processus d’abandon des mutilations génitales féminines (MGF). Ils ont concrétisé leur geste par la signature de conventions locales assorties de déclarations publiques d’abandon. Elle ajoutera que 2.715 agents sociaux et sanitaires ont été formés pour la prise en charge médicale, psychosociale et juridique des survivantes de MGF. Elle a également relevé que plus de 8 millions de personnes ont été sensibilisées sur les violences basées sur le genre, y compris le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines. La présidente du Parlement des enfants, Diaminatou Kanouté a, pour sa part, déclaré que les enfants souhaitent être consultés pour toutes les questions ou décisions les concernant, surtout dans ce contexte particulier où il est question de bâtir le Mali kura (nouveau Mali) qui doit se faire de façon inclusive. Elle a confié ensuite que le Parlement des enfants entend désormais jouer pleinement ses missions notamment de plaidoyer et de sensibilisation sur toutes les problématiques de protection et de promotion de leurs droits. En ce qui le concerne, le président du Comade a plaidé pour la finalisation du projet de loi portant protection de l’enfant, son adoption par les membres du Conseil national de Transition (CNT) et sa promulgation par le président de la Transition. Les autorités ont placé la protection de l’enfance au cœur des programmes de développement du pays. En ratifiant la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant depuis 1998, notre pays s’est engagé à garantir la protection, la participation et la jouissance aux enfants de leurs droits. La Journée de l’enfant africain, a été adoptée par l’Organisation de l’Unité Africaine en souvenir de la répression sanglante des centaines d’enfants de Soweto lorsqu’ils ont battu le pavé, le 16 juin 1976, pour réclamer leurs droits. Depuis, le 16 juin est consacré Journée de l’enfant africain. KM (AMAP)

La culture malienne s’expose en Allemagne au 15è Festival Documenta

Bamako, 16 juin (AMAP) L’art et la culture du Mali, à travers le Festival sur le Niger, s’exporte dans la localité de Kassel, en Allemagne,  dès ce samedi 18 juin, où se déroule la 15è édition de le Festival la Documenta, annonce un communiqué. Cette rencontre, l’un des plus grands festivals,  rassemble plusieurs centaines d’artistes du monde entier qui  travaillent dans tous les domaines de la création, sur une longue période soit une centaine de jours. Il a lieu tous les cinq ans. Le directeur, Mamou Daffé, et son équipe, vont déployer un véritable échantillon du Festival sur le Niger. Ils ont rassemblé les grands noms comme le célèbre plasticien Abdoulaye Diabaté, le marionnettiste Yaya Coulibaly, l’organiste et interprète Cheick Tidiane Seck. Ainsi, « la Fondation Festival sur le Niger, en tant que membre du collectif international Lumbung, présentera une série de projets artistiques en résonance avec les pratiques sociales qui influencent le changement dans la société malienne », explique le communiqué de presse publié par la Fondation Festival sur le Niger. Ces propositions artistiques sont présentées dans le concept de «Maaya Bulon/Vestibule Maaya», nom donné à une pièce spécifique de l’architecture des maisons traditionnelles maliennes où se prennent les décisions familiales ou communautaires.  C’est le lieu où se pratique l’hospitalité (accueil, discussion, échange avec l’hôte), notion centrale au Mali. Le travail de la Fondation Festival sur le Niger est fondé sur la philosophie traditionnelle Maaya. Le Maaya est un concept intégral de l’humanité qui parle de la relation entre l’individu et la communauté. Elle est fondée sur des valeurs telles que le respect de l’autre, la solidarité, la générosité, l’hospitalité, la connaissance de soi, la limitation de soi et l’humour.  Pour cette édition de la Documenta, le Festival a invité des artistes de son écosystème à collaborer et à se réunir dans le concept du «Maaya-Bulon». Le Maaya Bulon célèbre la façon dont l’art et le Maaya sont enchevêtrés dans la pratique artistique traditionnelle et contemporaine. Il s’agit d’une interaction entre le travail des artistes tels que Abdoulaye Konaté, Losso Marie-Ange Dakouo, Lassana Koné et Seydou Camara, une forêt sacrée et les marionnettes de Yaya Coulibaly, ainsi que des activations par une grande variété d’artistes de la scène et de la musique.  Plusieurs œuvres font référence au Kôrèûdugaw, une société qui pratique des rites dans l’esprit Maaya, alliant humour, esprit et sagesse, et représentant l’étape suprême du savoir dans la culture Bamanan au Mali. Dans le Maaya Bulon, il y aura des soirées thématiques de spectacles de théâtre, de contes, de danse, de musique, notamment à travers le spectacle Maaya ni Dambé, par les artistes de l’écosystème de la Fondation Festival sur le Niger et les metteurs en scène, comme Lamine Diarra, Mama Koné et N’Dji Yacouba Traoré.  A l’entrée du Maaya Bulon, une tente touarègue et un toguna. Le toguna, ou togouna, ou shônan, est une construction ouverte érigée en général au centre des villages dogons se trouvant le long de la falaise de Bandiagara. Elles sont d’une hauteur insuffisante pour se tenir en position debout de façon à obliger les participants à s’asseoir. L tente et le tigana lors de cette exposition accueillent des rassemblements et des débats, rappelant les liens entre les différents peuples du Mali. YD/MD (AMAP)