Région de Kayes (Ouest du Mali) : Flambée des prix de l’engrais non subventionné
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 27 juin (AMAP) Dans la Région de Kayes (Ouest), la problématique de l’accès aux intrants agricoles plonge les producteurs dans l’inquiétude. Les paysans attendent avec impatience les engrais qui sont subventionnés par l’Etat. Alors que sur le marché, on assiste à une flambée des prix des produits non subventionnés. Certains commerçants abusent souvent de la naïveté des clients en proposant leurs marchandises à des coûts très élevés. Il faut user de l’art de la négociation ou de la persuasion pour espérer obtenir ces produits à moindre coût. Actuellement, le prix d’un sac de 50 kg d’engrais coûte 40.000 Fcfa dans certains points de vente de la Cité des rails (Kayes). Mais, d’autres engrais sont écoulés à un prix inférieur ou égal à 25.000 Fcfa dans la cité et dans certaines localités de la région. Au grand marché de Kayes, le commerçant Bakary Boundy soutient que les engrais sont chers cette année. Il vend le sac de 50 kg d’urée à 40.000 Fcfa. Pour avoir la même quantité de complexe céréales, il faut débourser 35.000 Fcfa contre 15.400 Fcfa l’an dernier et le kilo est cédé à 500 Fcfa. Ce commerçant vend une autre variété d’intrants agricoles, appelée « Complexe 17 17 17 », produite par Boubacar Sow. Le sac de 50 kg de cette variété est cédé à 35.000 Fcfa. Bien que le marchand reconnaisse la cherté des prix, il ne peut cependant donner aucune explication à sa clientèle sur la question. Selon lui, seuls les fournisseurs peuvent éclairer les producteurs sur cette flambée soudaine des prix. Par ailleurs, il déplore la lenteur dans la livraison des intrants agricoles subventionnés. Or, les producteurs en ont urgemment besoin en cette période de semis. Selon le directeur régional de l’Agriculture de Kayes, Ousmane Camara, le producteur doit débourser 31.875 Fcfa pour un sac de 50 kg d’urée, 40.500 Fcfa pour le DAP, 30.625 Fcfa pour le complexe céréales « NPK » et 3.000 Fcfa le kg de semence de maïs hybride. Il précise que les trois premiers engrais (urée, DAP et complexe céréales NPK) sont subventionnés par l’Etat à hauteur de 12.500 Fcfa, l’engrais organique à 2.500 Fcfa et la semence de maïs hybride à 1.500 Fcfa. La gamme des engrais organiques industriels est estimée à 5.500 Fcfa le sac. La direction régionale de l’Agriculture a fait diffuser des communiqués à la radio pour informer la population sur les prix standards. Le directeur Ousmane Camara est aussi intervenu sur les ondes de la station régionale de l’ORTM pour informer et sensibiliser les citoyens afin d’éviter la hausse des prix. S’agissant des engrais subventionnés, Ousmane Camara a expliqué que ses services avaient invité les producteurs à se faire inscrire, tout en donnant des informations sur leurs parcelles, au niveau des mairies. « Il n’y a pas de problème avec les engrais subventionnés. Seulement, le stock couvre à peine les 10% de nos besoins », a souligné le directeur régional. Contrairement à l’année dernière, les besoins de la Région de Kayes sont estimés à 1.368 tonnes en 2022 contre 1.336 en 2021. La région attend 91 tonnes d’urée cette année contre 311, 10 tonnes de DAP contre 23 tonnes, 34 tonnes de NPK contre 419. La part des engrais organiques industriels est très importante cette année. Les besoins sont de l’ordre de 1.242 tonnes contre 98 tonnes en 2021. Les engrais organiques industriels sont moins chers. Le directeur relève une insuffisance dans le suivi des marchés, en raison de cette période de crise et de libéralisme économique. L’encadrement technique encourage beaucoup l’utilisation des engrais organiques industriels qui favorisent la fertilisation des sols et l’accroissement de la production. Ces derniers sont produits localement contrairement aux engrais chimiques qui proviennent essentiellement d’Ukraine et de Russie. Le conflit entre ces deux grands producteurs a provoqué un renchérissement des prix de ces produits sur les marchés nationaux et internationaux. BMS/MD (AMAP)
Interêt croissant pour la production de melon et de pastèque au Mali
Par Kadiatou OUATTARA Bamako, 27 juin (AMAP) Salla, village situé à environ 13 km de Bamako, la capitale du Mali. Cette bourgade, de plus en plus célèbre, relève de la Région de Koulikoro. Entourée de villages abritant des unités industrielles, des auberges, des champs, elle draine des foules de visiteurs depuis quelques temps. Hommes d’affaires de premier plan, médias, politiques… y défilent souvent. Motif : visiter les champs de pastèque et de melon du richissime homme d’affaire malien, Ibrahim Diawara. Le patron de la société d’un groupe spécialisé dans l’agro-business, y possède cinq hectares : un destiné à la culture du melon et les quatre autres consacrés à celle de la pastèque. Issu de la famille des Curcubitacées, le melon, nom scientifique «Cucumis mélo », est de deux types repartis entre plusieurs variétés. Celles rencontrées sur le marché malien, ont la peau colorée et l’intérieur est orange (Cantaloup charentais) ou la peau colorée et l’intérieur est vert (Galia), les premiers sur le marché national avant l’indépendance. Puis vient le jaune canari (à la peau jaune et la chair blanche (Moussa melon) qui a été introduit par l’ancien président de la République, feu Moussa Traoré. De la même famille que le melon, la pastèque ou «Citrulus vulgaris» est, également, de deux types avec une diversité de variétés. Celle à la chair rouge avec plusieurs variétés (Charleston gray, Sagar baby, Kaolac, Crimson sweet) est la plus répandue sur le marché malien. Jadis saisonniers, ces deux produits sont maintenant disponibles presque toute l’année dans les rayons de supermarchés locaux, les coins de rues et le long des grandes artères. Accusés à tort ou à raison d’avoir une propension à vendre cher, leurs vendeurs font croire aux clients qu’ils sont importés du Maroc. Peut-être une manière de justifier le prix onéreux qu’ils imposent à la clientèle. «En réalité, la plupart sont cultivés au Mali notamment dans la périphérie de Bamako pour le melon et dans la zone de Barouéli pour la pastèque, précisément à Sanankoroba (Près de Bamako), Ségou, Bla, (Centre), Sikasso (Sud), Samé, Diéma (Ouest)», confirme Dr Aminata Dolo Nantoumé, spécialiste au programme fruits et légumes du Centre régional de recherche agronomie (CRRA) de l’Institut d’économie rurale (IER), basé à Sotuba. La société de M. Diawara a décidé d’investir dans ce «secteur très rentable», afin de booster davantage la production nationale. Le promoteur, l’opérateur économique, lui-même, pilote le projet de la filiale «Diazon». Il tend à devenir l’un des grands producteurs de ces fruits notamment hors saison habituelle de production. Pourquoi ce choix ? MICRO-IRRIGATION – «Je suis un grand amateur de la pastèque. Un jour, une dame a voulu me vendre le kg à 7 000 Fcfa, prétextant que les pastèques provenaient du Maroc. Je me suis alors demandé comment parcourir 4 000 km pour venir nous vendre ici des fruits constitués à 90% d’eau. C’est à partir de ce jour que j’ai décidé de m’engager dans la culture de la pastèque», explique Ibrahima Diawara. Pour y arriver, l’opérateur économique jette son dévolu sur une technique appelée micro-irrigation ou la méthode «goutte à goutte». Elle consiste à diluer de l’engrais dans une machine contenant de l’eau pour ensuite l’évacuer goutte à goutte au pied des végétaux, soit 1,5 litre d’eau par heure. Selon lui, cette technique est la meilleure parce qu’elle permet d’économiser en engrais et en eau, tout en assurant une bonne récolte. Grâce à cette technique, Ibrahima Diawara a eu 41 600 melons sur un total de 10.400 pieds plantés, chaque pied donnant quatre fruits. Avec 6 250 pieds de pastèques par hectare, notre interlocuteur assure avoir obtenu une production de 86 200 kg, soit un total de 344 800 kg pour les quatre hectares. Ce qui lui a permis de vendre le kilo du melon à 500 Fcfa, contre 350 Fcfa pour la pastèque. « En principe, il faut deux mois et 15 jours au melon et à la pastèque pour atteindre la maturité. 48 jours pour le cycle végétatif et 25 jours pour la récolte », explique celui qui dit se faire le devoir de mobiliser tous les opérateurs économiques du Mali pour qu’ils s’engagent dans ces productions «économiquement très rentables». Sans préciser combien sa production lui a apporté, M. Diawara se dit disponible à accompagner gratuitement, en termes d’appui conseil et technique, ceux qui veulent se lancer dans le domaine. Fournisseur d’intrants au sein de l’entreprise sémencière Technisem, Bablé Diarra. confie que les semences de ces fruits sont importées d’Europe et du Maghreb. Selon lui, le sachet de 100g du «melon charentais» coûte 6 870 Fcfa contre 11.740 Fcfa pour 500g de la «pastèque kayak». Parlant des difficultés liées à la culture de ces fruits, Dr Aminata Dolo Nantoumé, évoque la non maîtrise de l’itinéraire technique, les problèmes de conservation, de commercialisation et une multitude de parasites et de maladies qui peuvent attaquer les fruits. Par ailleurs, Dr Aminata Dolo Nantoumé explique que la culture du melon se fait en plein champs, en saison sèche et fraiche. Elle exige des températures diurnes assez élevées ainsi qu’un bon ensoleillement. Ce fruit succulent supporte moins les températures nocturnes élevées, une forte humidité de l’air et un temps couvert. «L’hivernage provoque donc des baisses de qualité et de rendement», conclut-elle. KO/MD (AMAP)
Coupe du Mali de football : Le Djoliba s’impose, 13 ans après
Bamako, 25 juin (AMAP) Le Djoliba Athletic Club (DAC) de Bamako a remporté la 61è édition de la Coupe du Mali de football en battant le Réal (2-0), samedi après-midi, au stade Modibo Keïta. Le DAC met fin à 13 ans de disette dans une compétition où son dernier sacre remonte à 2009 à Ségou (Centre) contre le Stade malien (1-0). L’attaquant Ousmane Coulibaly (38è min s.p.) et Hamidou Sinayoko (87è min) ont permis aux Rouges de décrocher leur 20è trophée du Coupe du Mali, à une unité désormais du Stade malien (21 trophées), vainqueur de la précédente édition. En remportant la Coupe du Mali, l’équipe du Complexe sportif Karounga Keïta empoche 10 millions de Fcfa contre 5 millions de Fcfa pour le finaliste perdant et 500. 000 Fcfa pour le meilleur joueur de la finale, Aboubacar Diarra « Senior ». Leader du championnat national, le Djoliba est en route pour le doublé Coupe-Championnat. En cas de doublé du Djoliba, le Réal représentera le Mali à la Coupe de la Confédération de CAF 2022-2023. La finale a été présidée par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement. LMD/MD (AMAP)
Centre du Mali : L’Armée neutralise une soixantaine de terroristes dans le secteur de Diallassagou (Communiqué)
Bamako, 25 juin (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé une soixantaine de terroristes dont des responsables, lors d’un ratissage dans le secteur de Diallassagou, près de Bandiagara, dans le Centre du Mali. a annoncé l’état-major général des Armées dans un communiqué publié vendredi 24 juin 2022. « Le bilan des opérations menées dans la forêt de Sama – Sosso dans la zone de Ouenkoro a fait état de 59 djihadistes neutralisés dont des responsables et sept véhicules détruits », précise le communiqué. Il s’agit, notamment, de Djibril Sangaré, du village de Ouenkoro, Hamidou Barry, du village de Mondoro, Abou Youssouf dit Bodédjo, Imam Hassane Dicko et Moctar Dicko de nationalité étrangère. En plus, « deux terroristes guetteurs ont été neutralisés et leurs matériels récupérés dans la zone Mondoro », lors de ces ces opérations dont les priorités ont été orientées sur la stabilisation du secteur de Diallassagou, suite à l’attaque terroriste contre les populations dans la nuit du 18 au 19 juin 2022, explique l’état-major général. Il indique, aussi, que la dynamique offensive des FAMa se poursuit pour rechercher et détruire les sanctuaires terroristes dans le cadre du plan Maliko et de l’opération Kèlètigui. Ainsi, depuis le dernier communiqué hebdomadaire du 11 juin 2022, « les FAMa ont consolidé les succès tactiques avec des actions majeures contre des terroristes, de plus en plus fébriles et orientant désormais leurs actions désespérées et pressions sur les paisibles populations civiles ». Sur le théâtre Centre de l’opération Maliko, dans les régions de Koutiala, Bougouni, Sikasso (Sud) et Nara (Ouest), les reconnaissances offensives de sécurisation de la campagne agricole ont permis « d’interpeler 08 suspects terroristes mis à la disposition de la prévôté », dit le cmmuniqué. La même source ajoute que sur le théâtre Est de l’opération Maliko, les priorités opérationnelles ont porté sur la consolidation des positions FAMa, notamment à Ménaka (Nord-Est). Ce, à travers «des vols de réassurance des populations dans les secteurs de Fafa, Djebock, Imenas et In-Ekar dans la Région de Gao. (Nord) Par ailleurs, en soutien aux populations, les FAMa ont transporté 177 tonnes de vivres aux populations de Farabougou, escorté 150 camions civils sur le tronçon Gao- Labbezanga-Gao, distribué aux populations martyrs de Diallassagou 10 tonnes de vivres. Elle ont aussi aidé à l’acheminement de 50 tonnes de vivres au profit des populations de Mondoro, ajoute le document. L’état-major général des Armées « appelle à la vigilance des populations dont la protection et la sécurité restent la priorité et. cela, conformément au respect des droits de l’Homme et du Droit international humanitaire ». AT/MD (AMAP)
Le médiateur de la CEDEAO constate les progrès de la Transition au Mali
Bamako, 24 juin (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour le Mali, l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, s’est dit « heureux » de constater les progrès effectués par le gouvernement malien sous l’autorité du président de la Transition. Goodluck Jonathan, en mission au Mali, du jeudi au vendredi, s’est, également, dit « convaincu » que « très bientôt, les populations maliennes se rendront compte du travail abattu par la Transition pour atteindre ce niveau de progrès réalisé dans sa marche ». Au cours de son séjour, le médiateur de la CEDEAO s’est entretenu, vendredi, avec le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, au Palais de Koulouba. Au terme de la rencontre il a déclaré que sa mission visait à suivre tout ce qui a été entrepris dès le départ afin d’aider le Mali à sortir de la situation dans laquelle il se trouve. « Nous savons que c’est une crise qui frappe non seulement le Mali, mais également les pays de la sous-région et de l’Afrique de l’Est », a relevé le médiateur ouest-africain Au cours de la rencontre, Goodluck Jonathan a présenté ses condoléances au peuple et au gouvernement du Mali suite aux récents événements tragiques ayant causé la mort de plus de 100 civils dans des localités le Centre du pays. Cette rencontre a enregistré la présence de plusieurs membres du gouvernement et du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali, par ailleurs chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), El-Ghassim Wane. BD/MD (AMAP)
Sikasso : Lancement du projet media citoyens pour la paix
Sikasso, 24 juin (AMAP) Le préfet du cercle, Dramane Diakité a présidé mercredi à Sikasso, la cérémonie de lancement du projet média citoyens pour la paix et le vivre ensemble (Benkunko), initié par le consortium : le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-terre solidaire), la migration-citoyenneté-développement (GRDR) et l’ONG Azhar, a constaté l’AMAP. C’était en présence des représentants du coordinateur régional de l’Union des radios et télévisions libres (URTEL) de Sikasso, Lassine Doumbia, de l’ONG Azhar, Issa A. Coulibaly, du coordinateur des chefs de quartiers de Sikasso, Sidiki Diawara, de nombreux hommes de médias et des membres de la société civile. L’objectif de la rencontre était de « contribuer au renforcement de la paix et de la cohésion sociale au Mali à travers la participation citoyenne des organisations de la société civile et la professionnalisation des hommes de médias », Pour un coût total d’environ 690 000 000 de Francs CFA, ce projet d’une durée de trois ans couvrira les régions de Sikasso, Kayes, Nioro du sahel et les six communes du district de Bamako. Ledit projet ciblera les acteurs des medias, la société civile et les collectivités locales. Le chef de l’exécutif local a saisi l’occasion pour déclarer que ce projet entend créer les conditions favorables à l’émergence des médias dans le cadre de la production des informations citoyennes, la promotion du vivre-ensemble et de la cohésion sociale. « La professionnalisation des hommes de médias revêt d’une importance particulière pour la communauté », a-t-il souligné avant de rappeler que les médias jouent un rôle très important dans la stabilisation du pays. Dramane Diakité a par ailleurs souligné que les hommes de médias peuvent être des catalyseurs de paix, de vivre-ensemble et d’apaisement s’ils sont bien formés. Mais mal formés, ces mêmes hommes de médias peuvent être à l’origine des conflits et des troubles. A cet effet, le préfet du cercle de Sikasso a salué la bonne initiative des organisateurs avant d’inviter les participants à suivre avec intérêt la présente rencontre. « Si la maitrise de la communication constitue un pan important de la gestion des crises, le renforcement de capacité des acteurs de médias, de la société civile et autres communicateurs demeure une nécessité au Mali », a détaillé le représentant de l’ONG azhar, Issa A. Coulibaly. Il a par ailleurs, salué les efforts des médias et de la société civile dans le cadre de la promotion de la démocratie et de la restauration de l’Etat de droit au cours des trente dernières années. Pour sa part, le représentant du coordinateur de l’URTEL de Sikasso, Lassine Doumbia s’est réjoui du choix porté sur la 3ème région pour la tenue de la rencontre. Il a réitéré l’engagement des radios dans le cadre de la diffusion des informations précises et fiables avant de remercier les initiateurs du projet. La mise en place du comité régional d’orientation dudit projet a constitué le clou de l’évènement. MD/KM (AMAP)
Les moutons de tabaski courent les rues à Bamako, au Mali
Par Amadou CISSÉ Bamako, 23 juin (AMAP) Barbe blanche, mâchoire épaisse, Mamadi garde un œil vigilant sur son fond de commerce. Quelques cinq béliers sont reliés par une seule corde qu’il tire énergiquement sur le trottoir. Si Mamadi met ses béliers sur le marché, c’est que la fête de Tabaski est proche. Selon le calendrier, elle a lieu le 10 juillet. Autant dire dans quelques jours, pour faire simple. Cette fête musulmane intervient deux mois et 10 jours après la fin du Ramadan. Ici, on l’appelle, également. la grande fête. Pour l’occasion, chaque famille musulmane est invitée, selon sa bourse, à immoler au moins un bélier, un bouc ou d’autres animaux admis pour le sacrifice d’Abraham. Les enfants s’excitent et se projettent déjà dans la fête au cours de laquelle la viande est consommée sans modération. C’est certainement pourquoi, les mômes la considèrent comme la plus grande fête de la culture musulmane. Si les touts-petits salivent déjà abondamment pour la viande, les grandes personnes sont moins enthousiastes. L’idée des charges afférentes est une source d’angoisse pour les moins nantis. « Écoutez, vous avez les habits de fête, le prix de condiments du jour « J » et, surtout, le fameux mouton. Sans oublier d’autres charges dans la grande famille », se plaint André Diallo qui a une famille d’une dizaine de « Bouts de bois de Dieu ». Pour lui, fête rime avec angoisse. En bon musulman, il garde la foi et s’en remet au destin. « Dieu, dit-il, voit le moindre moineau qui tombe du ciel ». Dans la capitale malienne, sur le trottoir longeant le vieux quartier de Badialan, passant par le Groupement mobile de Sécurité (GMS), qui vient relier le monument de l’indépendance, Mamadi encadre avec dextérité son bétail. « Ils coûtent de 100.000 à 200.000 Fcfa. Le prix varie en fonction du choix du client », confie le vendeur. « Mais, on peut toujours trouver un arrangement sur le prix. Il faut commencer par montrer le bélier choisi », ajoute-t-il, dans un sourire très charmeur. Si les bêtes du cinquantenaire sont relativement chères, c’est parce qu’il les a lui-même élevés. À la différence de beaucoup qui n’achètent les béliers qu’à l’approche de la fête pour faire des profits illico. « Moi, dit-il, je prends soins de mes animaux pendant plus de six mois avant de les vendre une fois la fête à l’horizon ». Lafiabougou est célèbre, en partie, grâce au grand marché à bétail qu’il abrite. Bovins, caprins et mêmes des chevaux se disputent un espace restreint. Les pieds sont trempés dans les crottins d’animaux. Mauvais moment, bon endroit, le mercredi était une journée pluvieuse. Le ciel ne semble faire qu’à sa tête. Il a plu toute la journée. Le soir, les béliers ont froid, les têtes désolées. Le jeune berger Abdoulaye bondit du fond d’un hangar. Il donne des coups de pied aux béliers qui se lèvent aussitôt. « Patron, fais ton choix », lance-t-il dans un accent du Nord du Mali. Il est arrivé de Mopti (Centre) pour vendre son bétail et retourner auprès des siens avec quelque fortune. Les moutons qui ne payent pas de mine sont cédés à moins de 100.000 Fcfa. En revanche, ceux qui raflent la vedette sont négociés à partir de 250.000 Fcfa. Le marché verra son pic la veille de la fête. Les amateurs de la dernière minute vont débarquer avec un faible budget dans l’espoir de tomber sur un bon coup. Cette catégorie de personnes prennent un risque. En misant sur la mévente, ils espèrent une chute des prix à la dernière minute. « Ils ne sont pas tous comme cela : certains craignent le vol et d’autres n’ont pas l’espace nécessaire pour garder la bête », nuance un client en quête d’un bélier de tabaski, 52.500 Fcfa en poche. De l’avis du jeune berger, son budget doit être revu à la hausse s’il tient à faire plaisir aux membres de sa famille. Mais, à sa décharge, la conjoncture n’est guère favorable aux dépenses onéreuses. Choqué par le commentaire du berger, notre acheteur remonte sur la moto et se dirige chez un concurrent un peu plus loin. Toujours dans l’espoir de repartir à la maison avec un bélier, modeste soit-il. AC/MD (AMAP)
L’armée malienne mène des frappes aériennes sur des sanctuaires terroristes à Bankass (Centre)
Bamako, 23 juin (AMAP) L’armée malienne a mené, entre les 20 et 22 juin 2022, des frappes aériennes ciblées sur des sites logistiques et sanctuaires terroristes de la Katiba du Macina d’Amadou Kouffa dans les secteurs de Djenné, Ténenkou, Segué et la forêt de Sama, dans le cercle de Bankass (Centre), annonce l’état-major général des Armées Dans un communiqué daté de mardi 21 juin, l’état-major explique que ces opérations s’inscrivent dans le cadre de la protection des populations et de leurs biens. Selon la source, « ces actions sont consécutives à des efforts de recherche et de précision de renseignements sur les auteurs des attaques terroristes contre les populations civiles dans le cercle de Bankass le 18 juin dernier et sous le leadership de la Katiba du Macina ». « Soumis depuis plusieurs mois à une forte pression des Forces armées maliennes jusque dans leurs sanctuaires où ils disposaient d’un certain confort et d’une grande influence par le passé, ces groupes terroristes ont adapté leurs modes d’action et orienté désormais leurs attaques lâches contre les cibles molles et les civils désarmés », soutient l’Armée. « L’Etat-major général des Armées continue la recherche de tous les responsables de ces crimes pour qu’ils répondent de leurs actes devant la justice », assure-t-il dans son communiqué. Selon lui, « la traque des assaillants continue dans le cadre du plan Maliko et de l’opération Kèlètigui et les FAMa assureront pleinement leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de protection des personnes et leurs biens ». L’Etat-major général des Armées rappelle que les Forces armées maliennes (FAMa) « restent engagées et respectueuses des strictes règles d’engagement qui encadrent leurs actions ». SS/MD (AMAP)
Marché du mouton de Tabaski : Gao veut ravitailler la capitale Bamako (Mali)
Par Abdourahmane TOURE Gao, 22 juin (AMAP) La fête du mouton approche à grands pas. Il est prescrit à tout musulman ayant les moyens d’en acquérir pour accomplir le rite sacrificiel. Au Mali, plus précisément à Gao (Nord), acheter un mouton de fête pour les bourses moyennes relève d’une équation presque impossible. En effet, à l’embargo et l’insécurité qui sévissent sur l’ensemble du territoire national, s’ajoutent les prix exorbitants du mouton de sacrifice à l’occasion de cette fête religieuse. Notre équipe de reportage s’est rendu sur le marché à bétail de la Commune urbaine de Gao. La tête enveloppée d’un turban de couleur blanche, le revendeur de moutons Assadeck assure qu’il exerce ce métier depuis une quinzaine d’années. «Souvent, j’achète les moutons dans la Commune rurale de Djebok pour les revendre dans la Cité des Askia (Ndlr, Gao) », dit-il. « Cette année, j’ai acheté la plupart de mes moutons à 60.000 Fcfa au marché de Djebok, un village distant de 40 km du Cercle de Gao. Je débourse 500 Fcfa comme frais de transport pour chaque tête. Le bourgou (Ndlr, fourrage herbacé très prisé par les animaux) ou l’aliment-bétail coûte très chers cette année. Et pour réaliser un bénéfice, je compte revendre chaque bête à 70.000 Fcfa », dit le négociant. Selon lui, à cause de l’insécurité et du manque d’herbe, les prix des animaux ont flambé. « Du fait du blocage de la Route nationale 16 (RN-16), reliant Gao-Sevaré-Bamako, les rues de la Cité des Askia sont bondées d’animaux venus d’Ansongo et de Maradi (Niger) », révèle le chef de la voirie de la municipalité de Gao, Amadou Maïga. En temps normal, ces vendeurs transitent par Gao pour rejoindre la capitale. « Avec 75.000 Fcfa, on peut acheter un bon bélier et un moyen à 30.000 Fcfa sur le marché de Gao », ajoute M. Maïga. Plus pessimiste que notre premier interlocuteur, Mohamed Haïdara pense que le prix d’un bon géniteur sur le marché de la ville varie de 80.000 à 100.000 Fcfa. Mohomodou Idrissa est un commerçant. Il estime, de son côté, que malgré l’insécurité sur l’axe Gao-Sevaré-Bamako, le prix du mouton sur le marché de bétail de Wabaria, situé à 15 km de la ville, n’a pas baissé. « Mardi passé, raconte-t-il, jour de la foire du bétail de Wabaria, j’ai été, là-bas pour me procurer des moutons de Tabaski. Après plusieurs tours, je suis tombé sur un éleveur qui fait de l’embouche, avec qui j’ai réussi à négocier trois gros béliers à raison de 92.500 Fcfa chacun », nous dit-il. «Avant la crise, on pouvait s’acheter un bon bélier à 40.000 Fcfa. Actuellement, les prix sont exorbitants. Cela s’explique par le fait que cette année, le prix du sac de 40 kg d’aliment bétail, qui se vendait à 7.500 Fcfa, a atteint 10.000 Fcfa voire 12.500 Fcfa. Et le prix du tas de bourgou est passé de 1.250 à 1.500 Fcfa. Tous ces facteurs concourent à la hausse du prix de la bête», explique le commerçant Mohomodou Idrissa. Selon lui, la cherté fait partie des habitudes de la ville de Gao. Il corrobore sa thèse par ce qu’il a vécu l’année dernière. Il assure avoir été témoin d’une spéculation inexpliquée sur le prix du mouton. Un marchand a acheté un bélier à 150.000 Fcfa à Gao pour le revendre 100.000 Fcfa plus cher soit à 250.000 Fcfa à un étranger sur le marché à bétail de Wabari. Le porte-parole des vendeurs de moutons, Abdoulaye Touré, confirme que quatre camions chargés de 160 à 180 têtes de bétail ont quitté Gao pour rallier Bamako. Selon lui, ces camions sont déjà arrivés à Douentza où ils seraient bloqués Par ailleurs, trois autres sont en route, ils ne sont pas loin de la localité de Gossi, selon ses dernières informations. « Pour les frais de transport de Gao à Bamako, nous avons payé 1.800.000 Fcfa par camion sans compter le prix des nattes et des pailles pour les animaux », révèle le porte-parole. Certains vendeurs de la zone de Bamba ont emprunté les pinasses pour rallier Bamako par Mopti. Malgré les difficultés rencontrées sur les marchés primaires pour acheter les animaux et celles liées au trajet Gao-Bamako, les marchands sont déterminés à assurer l’approvisionnement de la capitale en moutons. La détermination des prix, au final, dépendra fortement de tous les aléas parcourus (tracasseries routières, insécurité). Les chefs de ménage appréhendent déjà avec angoisse les préparatifs de cette fête. Beaucoup d’entre eux se résoudront à vider leur portefeuille pour satisfaire les exigences des enfants, tout en évitant l’opprobre de n’avoir pas son mouton de fête. AT/MD (AMAP)
Campagne agricole 2022-2023 : Un peu plus de 10,5 millions de tonnes de céréales (Mali-Météo)
Par Makan SISSOKO Bamako, 22 juin (AMAP) L’Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo), organisme public spécialisé en prévisions météorologiques, prédit, cette année, une production agricole estimée à un peu plus de 10,5 millions de tonnes de céréales. Mali-Météo prévoit, aussi, une saison des pluies humide caractérisée par des dates de démarrage précoces à moyennes, de fin tardives à moyennes, des séquences sèches courtes à moyennes dans la partie Ouest et moyennes à longues dans la partie Est du pays. Cette année, il est également attendu « des écoulements globalement excédentaires à moyens dans les principaux bassins fluviaux ». Le cumul pluviométrique sera supérieur ou proche des moyennes saisonnières de la période 1991-2020 sur la majeure partie du Mali. Quelles attitudes doivent adopter les producteurs pour pouvoir booster les productions céréalières au sortir de la campagne 2022-2023 ? Sur la prévision de production d’un peu plus de 10,5 millions de tonnes de céréales, il y a 41,2% de maïs, 28,6% de riz, 15,1% de mil, 14,3% de sorgho, 0,5% de fonio et 0,2% de blé pour une superficie à cultiver estimée à 6.061.726 hectares. L’agriculture malienne est toujours tributaire de la pluviométrie. L’atteinte de ces résultats dépend donc, en grande partie, de l’abondance des pluies. Ce qui paraît de plus en plus incertaine, à cause des effets néfastes du changement climatique. Dans un tel contexte, seules les semences de qualité et l’appropriation des conseils des spécialistes permettent d’avoir de bons rendements. « Elles contribuent jusqu’à hauteur de 50% à 80% pour les hybrides », révèle Dr Dionkounda Camara, le responsable du Laboratoire d’analyses de qualité des semences (Labosem) de l’Institut d’économie rurale (IER), basé à Sotuba et expert semences. Selon lui, il existe quatre catégories de semences : semences de pré bases, de bases, certifiées première reproduction (R1) et certifiées deuxième reproduction (R2). Elles sont identifiées respectivement par des étiquettes de couleur blanche barré de violet, blanche uniquement, bleue et de couleur rouge. « Les producteurs disposant de grandes superficies les achètent généralement », explique-t-il. Les paysans doivent, avant toute chose, chercher à comprendre auprès des compagnies semencières les qualités et variétés de semences adaptées à leur zone de production. Chaque zone agro-écologique du Mali est subdivisée en zones de cultures bien distinctes. avec des variétés répondant au changement climatique. En la matière, les nouvelles variétés développées par la recherche et homologuées par le Labosem, ont subi un certain nombre de tests appelés les épreuves de distinction homogénéité stabilité et les épreuves de valeur agronomique, technologique, environnementale. Ces variétés créées par la recherche hybride et à pollinisation libre (OPV) répondent forcément au critère de changement climatique. Les semences homologuées sont inscrites dans le catalogue des espèces et variétés du Mali. La dernière édition de ce catalogue national parue en juin 2021, contient 298 nouvelles variétés pour 9 espèces : le mil, le maïs, le sorgho, le niébé, le riz, l’arachide, la tomate, l’oignon et l’échalote. «Pour chaque nouvelle variété où espèce inscrite dans le catalogue, il y a une pluviométrie bien décrite. C’est à cela que les producteurs doivent obligatoirement se consacrer. Chaque zone a sa pluviométrie et sa variété adaptée pour faire les semis», conseille-t-il aux producteurs. Selon lui, dans les zones où il ne pleut pas beaucoup, les agriculteurs doivent semer à bonne date et utiliser les variétés certifiées et de qualité à cycle court adaptées au changement climatique. À Sikasso par exemple, les producteurs ont commencé les semis depuis le mois de mai. «Cette année avec le début précoce et l’intensité annoncée, il y a certaines cultures qui n’aiment pas assez d’eau. S’il y a des inondations et que la durée de l’eau atteint les 3 et 4 jours, les plants tels que le sorgho, le mil et le maïs qui ne supportent pas la stagnation d’eau, jaunissent et cela serait une perte de rendement», prévient Abdouramane Yoroté, Ingénieur agronome à l’Unité agro climatologie à l’IER, basé à Sotuba. M. Yoroté conseille aux paysans de ne pas cultiver dans des endroits comme les bas-fonds. Le spécialiste demande aux producteurs d’être toujours à l’écoute de la météo pour suivre les prévisions et la progression de l’hivernage pour bien boucler le cycle des variétés utilisées dans les localités. Selon Abdouramane Yoroté, les producteurs sont actuellement conscients des enjeux du changement climatique mais sont toujours réticents par rapport aux nouvelles pratiques d’utilisation des semences. «Dans le cadre de nos enquêtes sur le changement climatique, nous avons remarqué que présentement en milieu rural, les paysans n’ont que les anciennes semences qui sont de nos jours inadaptées à la culture», fait-il savoir. MS/MD (AMAP)

