Bamako – Conakry par la route : L’odyssée vaut le détour
Reportage Ahmadou CISSÉ Bamako, 20 juil (AMAP) Les lumières ne sont pas éteintes dans les bureaux des Douanes. Il est pourtant 22 heures passées de quelques minutes à Kouremalé. Cette frontière entre le Mali et la Guinée est des plus cocasses. Les deux pays se partagent, à part égale, le même village. Cela arrache un brin de sourire : certaines familles sont installées sur la ligne frontalière qui cherche en vain à diviser le Mali et la Guinée. En bonne intelligence, on dit : Kouremalé Mali et Kouremalé Guinée. L’arbre qui marquait la frontière est tombé sous le poids de l’âge. Dès lors, une borne en béton prit la relève. Dans le bâtiment vieillissant et fort exiguë des soldats de l’économie, tout le monde est à son poste. Les dossiers entassés par dévers lui, le chef du bureau les évacue comme il peut. Un travail de forçat pour un inspecteur des douanes de près de deux décennies de carrière au compteur. «Nous n’avons même plus de vie de famille. Le douanier, c’est aussi ça ! », lâche-t-il. La frontière, c’est deux barrières de sécurité. Les services des douanes et de sécurité des deux pays contrôlent et filtrent les passages. Entre les deux, il y a une bande neutre d’une centaine de mètres qui sert d’aire de stationnement. Pour la petite histoire, les véhicules à destination du Mali sont orientés vers Bamako. Ceux en partance pour la Guinée sont tournés vers ce pays. Dès lors, nul n’est censé ignorer cette règle. Les formalités de passage sont faites même aux heures tardives. Seulement, il faut mettre la main à la poche. Une espèce d’échange de bons procédés. Il ne faudrait pas en dire davantage. Les relations bilatérales entre les deux pays sont au beau fixe du fait, essentiellement, de la similarité de la situation politique. NATURE GÉNÉREUSE – Après Kankan, plus en profondeur des terres guinéennes, une très longue route se déroule devant le voyageur. Par le passé, le tronçon Dabola-Kouroussa a tiré sa célébrité de l’état cahoteux du bitume. Même la beauté du paysage ne peut faire oublier l’enfer de cette piste rouge et serpentée, aujourd’hui, devenue agréable à emprunter. Une forte pluie matinale a arrosé Kankan, la ville natale du chef de l’État guinéen, Mamadi Doumbouya. De même, la quasi-totalité du pays a bénéficié de la générosité divine, le même jour. La Guinée cumule les bienfaits de la mer généreuse, de la forêt abondante et d’un sous-sol gorgé de minerais précieux et de terres rares. Mais le développement du pays ne reflète pas cette surabondance naturelle de richesses. La chaussée est carrossable de Bamako à Conakry. Les Guinéens ont mis une bonne dizaine d’années pour réaliser cette route dans un relief très accidenté. Autant de ponts que de kilomètres, serait-on tenté de dire. Mais au bout du chemin, ils ont pu doter le corridor de la meilleure route de la sous-région. Les ingénieurs et les ouvriers sont encore à la tâche, à mettre les dernières touches à l’ouvrage. «Vraiment, pour la route, rien à dire. Auparavant, nous passions des journées sur une route qui casse nos camions et nos reins avec. Aujourd’hui, on l’avale d’un trait. Seulement, les autorités guinéennes et (même) maliennes doivent travailler à calmer les ardeurs financières des policiers et des gendarmes sur la route», confie le vieux chauffeur Abdoulaye Sogoba, confortablement installé dans la cabine de son camion. BLO, LE ROUTIER – Il connaît le moindre virage de l’axe pour l’avoir fréquenté pendant plus d’une décennie. Bonnet couleur chocolat qui cache à peine ses cheveux blancs, Blo prend la vie du bon côté. «Tant qu’on avance, on finira par arriver», c’est son leitmotiv. Sur la route, il est reconnu par son camion blanc-rouge sur lequel il est inscrit une sagesse : «Dieu seul sait !». Cette écriture côtoie la «Chahada» manuscrite en arabe. Lui-même chétif, nez sévèrement aplati qui surplombe de généreuses lèvres. La cola qu’il ne cesse de mâcher, a légèrement abîmé ses dents. Il est jovial, fait toujours un jet de phare pour saluer les automobilistes qu’il croise. Blo sourit aux agents de sécurité et il lui arrive même de lever la main aux troncs d’arbres lorsqu’il conduit la nuit. Il y a aussi ses grosses lunettes noires à la Chuck Norris. Un beau temps berce Dabola, situé à environ 400 km de la capitale. Le vent frais qui s’échappe des collines environnantes est mortelle. La montée des collines abruptes commence ici. Un spectacle saisissant que personne ne peut rater : la traversée des nuages en voiture. Une chimie de la nature qui place de couches épaisses de nuages sur les cimes de la montagne enrobée d’une verdoyante couche d’arbustes. A une centaine de kilomètres de Mamou, l’enthousiasme est timoré par l’état dégradé de la route sur un segment de hautes montagnes. Certains chauffeurs surchauffés y laissent fréquemment des plumes. Les véhicules «CH» qui viennent d’Europe, en transit, pour notre pays, sont très souvent défigurées ou très endommagées. Les mauvaises langues racontent partout que des chauffeurs renforcent leurs capacités par des produits dopants. Ces comprimés bon marché en Guinée les aident, semble-t-il, à tenir le coup et les chocs. Seulement, plus tard, ils deviennent dépendants, le corps affaibli, l’esprit flottant et bonjour les dégâts ! CHAUFFARDS – Pour une course normale, le circuit prend 24h. Les casse-cous le réussissent en bien moins. C’est pendant la nuit que Conakry se montre. Avec ses barrages militaires, taxis motos et surtout le tintamarre des klaxons. Mais une ville d’une coquetterie particulière qui se construit petit à petit. Les gratte-ciels sont de plus en plus nombreux. Conakry s’est même fait deux tours jumelles. Que dire de plus ? Si ce n’est dénoncer avec gravité le comportement « cochon » de certains conducteurs de taxi. A la faveur de la nouvelle route, les jeunes chauffeurs se livrent à une course folle, alors que leurs véhicules sont agonisants. Il est arrivé, au sortir d’un village, entre Sindia et Mamou, que deux véhicules de transport en commun fassent le rodéo comme dans
Mali : Lancement de la remise des symboles d’autorité aux légitimités traditionnelles
Bamako, 19 juil (AMAP) Quelque 10.000 chefs de village, 664 chefs de fraction et 8.223 chefs de quartier recevront des insignes, symbole d’autorités, en vue de renforcer davantage leur rôle dans la gestion des affaires publiques de base, dans le cadre d’une imitative dont le lancement officiel a eu lieu, lundi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB). Lors de la remise symbolique de drapeau national, des insignes et des certificats aux chefs de village, de fraction et de quartier du District de Bamako, le chef de l’État, le colonel Assimi Goita, qui a présidé la cérémonie, a exprimé sa reconnaissance à ces autorités et légitimités traditionnelles pour leur soutien à la Transition. Cette remise symbolique, qui a concerné une soixantaine de chefs de villages et de quartiers de Bamako, a pour objectif de valoriser les fonctions des légitimités traditionnelles et de raffermir leur ancrage dans la société. Les attributions et rôles des chefs de village, de fraction et de quartier sont adossés aux dispositions législatives et réglementaires qui consacrent la prééminence de nos us et coutumes dans les conditions de désignation de ces autorités. Le statut relatif à la création et l’administration des villages, des fractions et des quartiers est régi par la loi n° 06-023 du 28 juin 2006. Le décret n° 2022-0128 /PT-RM du 4 mars 2022 instituant la Journée nationale des légitimités traditionnelles, le 11 novembre, renforcer le rôle de ces représentants des différentes communautés. C’est pourquoi, conformément aux dispositions de l’arrêté n° 2018-2279/MATD-SG du 5 juillet 2018, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisations a confectionné pour les chefs de village 10.000 insignes et 10.000 certificats. Le département de tutelle a fait 664 insignes et 5.000 certificats pour les chefs de fraction. Il est prévu 8.223 insignes et 10.000 certificats pour les chefs de quartier. Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation compte organiser des cérémonies similaires dans les 19 régions du Mali. Ainsi, les gouverneurs, les préfets et les sous-préfets procéderont, dans leurs circonscriptions administratives respectives, à la remise symbolique du drapeau national, des insignes et des certificats aux légitimités. La cérémonie solennelle a eu lieu en présence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw, et d’autres présidents d’institutions de la République. Elle a enregistré aussi la présence des ambassadeurs accrédités au Mali et plusieurs autres personnalités. RETOUR DE L’ETAT – Le président de la Transition a remercié les chefs de village, de fraction et de quartier pour le rôle qu’ils jouent dans la gestion des structures administratives de base. « En tant que relais de l’administration, ils aident dans la gestion des affaires publiques, » a expliqué le président Goïta avant de dire qu’ « ils sont aussi le garant de la cohésion sociale, de la stabilité et du vivre ensemble ». Dans le cadre de la prévention et de la gestion des conflits dans nos différentes localités, le colonel Assimi Goïta a dit que ces « autorités interviennent beaucoup pour apaiser les cœurs et les esprits ». Il a témoigné sa reconnaissance à ces chefs traditionnels, surtout, pour leur assistance à la population, à travers les sensibilisations pendant l’embargo. «Cette cérémonie est consacrée dans le cadre de la refondation de notre Etat et dont l’un des objectifs majeurs est la valorisation de nos légitimités traditionnelles et culturelles », a fait savoir le chef de l’Etat avant d’ajouter que cette remise symbolique des insignes, des certificats et du drapeau national « traduit à suffisance le début de la valorisation » de ce secteur. Le président de la Transition les a exhortés ensuite « à plus d’engagement non seulement pour soutenir tous les efforts du gouvernement dans le cadre de la refondation mais, surtout, le retour de notre Etat dans les différentes localités ». Parlant toujours de ces légitimités, Assimi Goïta a insisté sur leur le rôle de relais entre l’administration et la population. Convaincu de l’importance que ces représentants occupent au sein de nos communautés, le colonel Assimi Goïta leur demande « de faire plus afin de juguler les défis liés à la sécurité et ceux liés à la crise politique », promettant de les soutenir pour accomplir leurs missions. Pour sa part, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, a souligné que cette remise symbolique s’inscrit en droite ligne des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR) qui font de la valorisation des légitimités traditionnelles et coutumières un élément du Malikura (Mali nouveau). Selon lui, cela dénote une vision politique dont l’un des objectifs est de trouver un équilibre harmonieux entre la tradition et la modernité. Le ministre Maïga a ajouté que ces chefs traditionnels sont chargés d’une mission d’intérêt public à savoir la représentation de la communauté auprès des pouvoirs publics et celui de l’administration aux côtés de leurs communautés. « Ils appuient l’Etat, a-t-il dit, pour le recouvrement des impôts et des taxes. S’y ajoutent la mobilisation des populations à l’occasion des recensements, des campagnes de vaccination, de dépistage de maladies, de soins collectifs et de calamités ». « En retour, avec cette reconnaissance de la République, ces légitimités traditionnelles bénéficient d’une indemnité de fonction et de déplacement. Elles ont droit aussi à la réduction de leurs frais d’hospitalisation. NK/MD (AMAP)
La Banque mondiale a levé la suspension des décaissements pour les projets du Mali (Ministère de l’Économie et des Finances).
Bamako,19 juil (AMAP) Le groupe de la Banque mondiale a levé la suspension des décaissements pour les projets et programmes qu’il finance au Mali, a annoncé le ministère de l’Économie et des Finances, citant une correspondance du vice-président de la Région Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque, Ousmane Diagana. « […] Nous avons le plaisir de vous informer que la Banque mondiale a reçu tous les paiements en retard mentionnés dans l’avis de suspension et tous les autres paiements dus par le Pays membre et l’Emprunteur et échus depuis la date de suspension mentionnée dans ledit avis. Le Pays Membre et l’Emprunteur sont donc à jour de tous les paiements qu’ils doivent à la Banque au titre des prêts suspendus », a annoncé M. Diagana, dans cette correspondance datée du 18 juillet 2022 et adressée au ministre malien de l’Économie et des Finances, Alouséni Sanou. « Par conséquent, la suspension des retraits au titre des prêts suspendus a été levée à compter du 18 juillet 2022 » a précisé le vice-président de la Banque mondiale dans sa correspondance, à la suite du paiement par le Mali « de ses échéances dus à la Banque mondiale dès la levée des sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA ». « Cette diligence du ministère de l’Economie et des Finances permettra ainsi, dans les plus brefs délais, le déblocage des paiements en souffrance des entreprises concernés et, également, la relance immédiate des activités desdits projets et programmes », ajoute le département en charge de l’Economie et des Finances. MD (AMAP)
Bamako : Les restaurants ambulants ont le vent en poupe
Par Fatoumata M. SIDIBE Bamako, 19 juillet (AMAP) A Bamako, la capitale malienne, on rencontre, surtout aux endroits de forte concentration humaine, de plus en plus, de restaurants ambulants, un véhicule aménagé pour vendre des plats d’un emplacement à un autre et équipé pour la cuisson, la préparation et la vente de nourritures. «Kalaman» qui signifie plats chauds en français en fait partie. Ce nouveau service «Fast Food mobile» est installé à l’ACI 2000. Nous avons rencontré son promoteur Kassim Sidibé, en train de cuire un tacos. Ce diplômé en agro alimentaire a ouvert son restaurant mobile en janvier 2022. « Je travaille avec six employés pour le moment. J’ai choisi la zone ACI 2000 parce que c’est le centre des affaires à Bamako. Ici, nous ciblons les écoliers, les travailleurs, les passants. Nous vendons des sandwiches, des tacos, des paninis, des chawarmas», explique Kassim Sidibé, dont les prix vont de 1 000 à 3 500 Fcfa Le jeune restaurateur et son équipe peuvent vendre 100 à 150 repas par jour. «Nous avons obtenu de la mairie un permis de stationnement et une autorisation d’occupation. Nous travaillons de 7h à 18h, du lundi au vendredi. Nous faisons également des livraisons à domicile», confie le patron du restaurant «Kalaman». Mana Fatima est une cliente rencontrée sur place. Elle avoue être séduite par ce restaurant mobile. «C’est grâce à Facebook que j’ai découvert ce restaurant mobile. Les plats sont bons et les prix sont raisonnables. Aujourd’hui, je suis venue acheter des sandwichs au poulet», dit la jeune cliente. «Je peux venir ici 2 fois par semaine. Le repas est vite servi. La commande est aussi possible en ligne», se réjouit-elle. Il est 12 heures au «Resto Mobile Siby Center». Des chawarmas, hamburgers, nems, sandwiches, patés, KFC Chickens, brochettes sont déjà disponibles. Amadou Sanogo, le cuisiner principal, finit de nettoyer son matériel. Le jeune homme qui dispose déjà d’un restaurant fixe à Djicoroni, a choisi d’agrandir son business avec un restaurant mobile. «Nous avons ouvert ce camion-restaurant en décembre dernier. Il fonctionne bien. Certains clients se plaignent souvent des prix de la nourriture, mais ça ne les empêche pas de revenir», dit-il. Lors des grands événements comme Bama Art, Amadou Sanogo fait de bonnes affaires. «On peut vendre plus de 100 plats en quelques heures. Les prix vont de 500 Fcfa à 2 500 Fcfa. À l’avenir, nous envisageons d’ajouter les rafraîchissements», dit-il. MANGER SAIN – Alassane Togo est le promoteur du «Resto mobile Mandé volaille». Sa camionnette aux couleurs bleue et blanche est stationnée non loin du boulevard de l’Indépendance. Nous l’avons trouvé en train de découper des pommes de terre. Il précise que les poulets sont venus directement de sa ferme à Yirimadjio. «Nous avons choisi ce lieu, car il est situé en plein cœur de Bamako. Nous commençons le service à 15h jusqu’à 2h du matin. Les clients aiment beaucoup nos poulets grillés», fait-il savoir. Le restaurant-camion d’Alassane Togo fonctionne depuis des années. Il a obtenu son autorisation à la mairie de la Commune III. La policière Fatoumata Traoré travaille au commissariat de Sébénikoro. Malgré la distance, elle est l’une des clientes fidèles du «Resto mobile Mandé volaille». «Chaque fois que je viens ici, mes collègues me donnent l’argent pour acheter leur plat. Aujourd’hui, je suis venue acheter 3 poulets à 6 000 Fcfa l’unité», raconte celle qui fréquente ce restaurant depuis cinq ans. FMS/MD (AMAP)
Cérémonies de mariage : Le sel en passe de détrôner la cola
Par Mariétou KOITE Bamako, 18 juil (AMAP) Nous sommes le deuxième dimanche de mai, il est 12h 20 et le soleil répandait encore ses rayons sur les peaux humaines. Malgré la chaleur insupportable, la famille Coulibaly est en fête à Hamdallaye, en Commune IV du District de Bamako. Elle célèbre la cérémonie de fiançailles de l’une de ses filles. Des chants de griottes, accompagnés parfois des applaudissements, animaient la cour. Parallèlement à cette ambiance, certaines femmes, assises sur une natte, faisaient de petits sachets de sel qui seront ensuite distribués. Adam Traoré, venue pour la circonstance, est surprise de voir ce produit utilisé dans la célébration du mariage. «Le sel est en train de voler la vedette à la cola lors de nos cérémonies de fiançailles», murmure-telle. Effectivement, après plusieurs décennies de règne sans partage, la cola est en train de perdre sa place au profit du sel lors des cérémonie mariage. Ce phénomène s’explique par le fait que le panier de la noix de cola devient de plus en plus cher. «Le choix du sel par les femmes lors des cérémonies de fiançailles n’est pas un hasard. Il est dû à la hausse du prix du panier de cola», explique Mariam Diallo, une mère de famille. Pour la sexagénaire, le fruit de colatier n’est plus prisé dans notre société comme auparavant. Alors le sel devient beaucoup plus accessible et moins cher. En plus, il est utilisé par les femmes dans diverses tâches quotidiennes comme la cuisine. «Le sac de sel est vendu à 2500 Fcfa et c’est pour cette raison que nous le choisissons», ajoute la vieille dame. Si notre première interlocutrice se plaint de la cherté du panier de cola, Aminata Coulibaly, elle, met l’accent sur le prix de la dot de mariage. Selon elle, la dot ne dépasse pas 200 000 Fcfa et si l’on doit acheter le panier de cola à 75 000 Fcfa dans cet argent, il ne restera plus 125 000 Fcfa, «une somme largement insuffisante pour payer les ustensiles de cuisine et autres cadeaux pour la future mariée». Aissata Maiga a un avis différent sur la question. Pour elle, le sel ne peut, en aucun cas, remplacer la noix de cola lors des cérémonies de fiançailles. «La cola est donnée pour être croquée, ce qui n’est pas le cas du sel. Il faut respecter la tradition, parce que nos parents n’ont pas choisi la cola par hasard», dit-elle, avant de renchérir : «le sel peut même jeter un mauvais sort sur le foyer». Au marché de colas, communément appelé «Woro courou», le panier de cola est cédé entre 55 000 et 75 000 Fcfa. Adama Keita, vendeur de cola depuis plus de 20 ans, indique que le prix du panier varie en fonction de sa source de provenance (Côte d’Ivoire ou Guinée). Pour lui, la hausse du prix du panier de cola s’explique aussi par les tracasseries routières. Avant, le panier était vendu à 30 000 Fcfa, a révélé le commerçant. LA SAVEUR DANS UN FOYER – Pour un interlocuteur, la cola a un goût particulier qui représente l’union, la paix et la cohésion. Aussi, estime-t-il, le fruit marque des moments de solennité dans la vie de l’homme. «Partager le sel pour sceller une union sème beaucoup de zizanie dans un couple», affirme notre interlocuteur, ajoutant que l’utilisation de cet épice est à la source de conflits entre les époux, pouvant aboutir au divorce. « Fruit du colatier avec ses multiformes et plusieurs couleurs (blanche, rouge), la noix de cola a beaucoup de vertus », assure un homme habitué des démarches de mariage. Selon lui, l’utilisation de la cola lors des cérémonies de mariage renforce le lien entre l’homme et la femme et fait d’eux des noix de cola difficiles à séparer. Quant à la symbolique du sel, elle annonce la saveur dans un foyer, soutient notre interlocuteur. A chacun son interprétation. MK/MD (AMAP)
Ecole militaire interarmes (EMIA) : Les 68 officiers de la 44è promotion prêts à servir
Envoyés spéciaux Bembablin DOUMBIA Habib KOUYATE Bamako, 18 juil (AMAP) La 44è promotion de l’Ecole militaire interarmes (EMIA), qui compte 68 officiers dont 56 nationaux et 12 étrangers, est sortie vendredi dernier, lors d’une cérémonie à la place d’armes du Centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, près de Bamako. Sur les 56 officiers maliens, 8 sont des personnels féminins. Au terme de deux années d’intense formation, ces stagiaires ont acquis les savoirs de base nécessaires et indispensables pour servir dans les forces armées et de sécurité, comme leaders de contact. Ils ont, également, atteint un niveau opérationnel «satisfaisant» pour se hisser à hauteur de mission afin de commander une section d’infanterie motorisée en temps de paix, de conflit ou de crise. La 44è promotion de l’EMIA porte le nom de « l’équipage du Super Tucano TZ04C ». Il s’agit du commandant Moussa Maïga et du lieutenant Mamadou Boubacar Traoré décédés suite au crash de l’avion de chasse Super Tucano TZ04C, survenu le 07 avril 2020 à Sévaré (Centre). Alors qu’ils revenaient d’une mission commandée dans la zone de Tombouctou (Nord). Selon le commandant de l’EMIA, le colonel Joachim Famagan Cissoko, en choisissant comme parrains les membres de l’équipage du Super Tucano TZ04C, le président de la Transition « vient, une fois de plus, d’illustrer son engagement à galvaniser les troupes pour le sacrifice ultime ». NOUVELLE POSTURE – Le major de la 44è promotion de la prestigieuse école est le Malien. le sous-lieutenant Alhousseini Maïga, avec une moyenne de 17,22/20. La cérémonie a été marquée par la remise des sabres et des épaulettes aux stagiaires. Ces derniers ont, également, prêté serment devant le drapeau national et le chef suprême des Armées, notamment de servir la patrie avec loyauté, dévouement et honneur. Pour le chef d’état-major général des Armées, le général de division Oumar Diarra, l’évolution de la situation socio-politique et sécuritaire exige des Forces armées maliennes (FAMa) « d’adopter une nouvelle posture qui leur permettra de couvrir l’ensemble du territoire national et de sécuriser les différentes élections à venir ». « C’est dans cet esprit que j’ai décidé de fixer un cap renouvelé aux armées et services tout en réaffirmant, avec force, les principes qui garantissent leur efficacité», a déclaré le général Diarra. Ajoutant que les états-majors et directions de services ont reçu un nouveau contrat opérationnel pour parvenir à ce résultat. L’officier général a, en outre, réitéré l’engagement des forces armées et de sécurité à poursuivre les efforts en cours afin d’apporter la paix et la sécurité au peuple malien. Mais aussi à tous «ceux qui vivent parmi nous sur l’ensemble du territoire national, même au prix de leurs vies s’il le faut» Au terme de la cérémonie, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a, devant la presse, félicité les stagiaires pour avoir accompli cette formation initiale dont l’objectif principal est « de les préparer à l’exercice du commandement, conformément à la réalité du terrain ». D’après le colonel Assimi Goïta, aujourd’hui, le terrain est dominé par les opérations offensives terrestres et aériennes contre les groupes terroristes. « Donc, a-t-il poursuivi, ces officiers fraichement sortis de l’école auront l’opportunité de mettre en pratique leurs savoir-faire tactique et technique pour la réussite de leur mission ». Aussi, le chef de l’Etat a-t-il invité les stagiaires « à rester fidèles à leur serment d’officier. Mais, aussi, d’être à l’écoute des conseils des «aînés» et d’avoir le souci constant des «subordonnés» qui seront désormais le fer de lance de toutes les opérations qu’ils auront à mener sur le théâtre des opérations. Le chef suprême des Armées a, également, rendu un vibrant hommage aux deux parrains de la promotion. Avant de demander aux promus de défendre toutes les valeurs qui ont marqué la vie de ces derniers, notamment la loyauté, le dévouement et le sacrifice suprême. En souvenir de la bravoure et du professionnalisme des deux aviateurs militaires disparus, un Super Tucano a survolé la place d’armes de l’Emia de Koulikoro pendant la cérémonie de sortie. L’évènement a été présidé par le président de la Transition, chef suprême des Armées, le colonel Assailli Goïta, en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition, le colonel Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement. On notait également la présence de la hiérarchie militaire, des membres du corps diplomatique accrédité au Mali, des parents et proches des officiers stagiaires. BD/MD (AMAP)
Après la levée des sanctions de la CEDEAO : Le port de Dakar annule les frais de magasinage des marchandises du Mali
Bamako, 15 juin (AMAP) Une mission de la direction générale du Port autonome de Dakar (PAD), qui séjourne, depuis mercredi, au Mali, a rencontré jeudi les opérateurs économiques maliens au Conseil national du patronat du Mali (CNPM). L’objectif de cette rencontre avec les opérateurs économiques maliens était d’échanger sur les mesures annoncées par le PAD pour la reprise du transit malien et les moyens de renforcer le partenariat stratégique entre les deux parties. Ces mesures portent, notamment, sur l’annulation des frais de magasinage des marchandises maliennes en transit au PAD. « Cette décision (…) prend effet à compter du début d’entrée en vigueur de l’embargo contre le Mali (9 janvier 2022) jusqu’au 3 juillet 2022 date de la levée de celui-ci », a expliqué le directeur commercial et expérience client du PAD, Papa Ibrahim Sow. Selon représentant du directeur général du PAD à la rencontre, ce sont des centaines de milliers de marchandises (conventionnelles) du transit malien qui sont concernés par « cette importante décision » de l’autorité portuaire sénégalaise. « Par note circulaire du 05 juillet 2022, le directeur général du Port autonome de Dakar engage les opérateurs des terminaux à décider un examen bienveillant concernant les demandes de nos partenaires maliens en ce qui concerne les délais de franchise et la durée de séjour des marchandises », a expliqué le directeur commercial. Dans ce cadre, le responsable commercial du PAD a annoncé que des missions des opérateurs économiques sénégalais sont attendues très bientôt, à Bamako, la capitale malienne. « Et pour la définition de la stratégie nationale portuaire du Sénégal, la direction du Port autonome de Dakar a associé de façon inclusive les partenaires maliens à la préparation du document », a-t-il assuré. Évoquant l’assistance des acteurs sur le corridor pendant l’embargo, M. Sow, a rappelé, qu’outre les différentes instructions données pour assurer une plus grande fluidité des marchandises (produits alimentaires, pétroliers et intrants agricoles) non concernés par l’embargo, le directeur général du port a plaidé auprès des responsables au plus haut niveau en faveur des partenaires maliens et des populations. Pour sa part, le président de l’administration provisoire du Conseil malien des chargeurs (CMC), Souleymane Baba Traoré, a remercié la direction générale du PAD pour avoir annulé à 100% tous les frais de magasinage au niveau du port. « Toutefois, dans le cas de force majeur et pour éviter une double sanction, les opérateurs économiques maliens savent compter sur votre suivi et investissement personnel auprès des autres acteurs portuaires pour l’annulation et le remboursement des frais de magasinage de stationnement et de surestaries », a plaidé le président du CMC. Il a estimé qu’un avis favorable à cette demande rendra justice aux opérateurs économiques maliens qui sont étrangers à cette situation. « Et accéder à cette demande constitue un acte d’humanisme à l’endroit de la population malienne qui vit une situation socio-économique et sanitaire complexe », a ajouté M, Traoré. Le président du CMC a ajouté que dans le cadre de la relance économique, les opérateurs maliens comptent sur le corridor Dakar-Bamako pour un approvisionnement régulier et à moindre coût de notre pays. « Ceci est d’autant plus justifié qu’en raison du partage de la même aire culturelle, le Port de Dakar est l’un des ports stratégiques du Mali », a-t-il dit. La rencontre a eu lieu en présence du président de la Chambre du commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, du président de l’Administration provisoire du CNPM, Soya Golfa. BBC/MD (AMAP)
Exploitation pétrolière ou gazière : Le gouvernement du Mali opte pour le partage de production
Bamako, 15 juin (AMAP) Le gouvernement du Mali n’acceptera plus de contrat de concession mais plutôt celui de partage de production en cas d’éventuelles exploitations pétrolière, gazière ou d’hydrogène dans son sous-sol, a appris l’AMAP, jeudi, à Bamako. Le taux de partage va de 20 à 40% pour l’Etat, selon cette décision validée par un Conseil de cabinet tenu à la Primature et qui a porté sur des dossiers de recherche et d’exploitation pétrolière, gazière ou d’hydrogène, présentés par le ministre des Mines, de l’énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, s. Au sortir du Conseil, le chef du département s’est montré satisfait « en attendant l’exploitation pétrolière ou gazière au Mali ». Depuis l’éclatement de la crise en 2012, Le Mali n’a signé aucun contrat de recherche. Pis, toutes les sociétés étrangères se sont retirées, en invoquant un cas de force majeure. En 2015, il y a eu une réforme de la loi pétrolière mais qui n’a pas suffi à attirer les investisseurs. De cette date à nos jours, aucun contrat de recherche pétrolière ou gazière n’a été signé au Mali. En tenant compte de cette situation et dans la perspective de relancer le secteur pétrolier, selon le ministre Traoré, « le gouvernement de Transition, à la suite de la rectification, a procédé à la relecture de la loi pétrolière ». Ce qui a abouti à modifier la loi pétrolière pour adapter son décret d’application et le contrat type de partage adopté en juin 2022. Cette réforme a commencé à porter ses fruits. « Parce que nous avons eu déjà trois manifestations d’intérêts de trois sociétés, toutes maliennes. Cela est un bonheur, car les retombées seront essentiellement maliennes, après la découverte des richesses», s’est réjoui le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau. « Il s’agissait pour nous, a-t-il précisé, d’examiner et de faire en sorte que le contrat type de partage qui va être signé avec ces sociétés puisse permettre d’apporter de meilleures retombées possibles au pays. En cas de découverte de pétrole, de gaz ou d’hydrogène et lorsque l’exploitation va commencer ». Autrement dit, le gouvernement a opté pour le contrat de partage de productions, conformément au décret type déjà validé en Conseil des ministres, qui accorde des facilités pour la recherche. « Mais, aussi, qui assure à notre pays les meilleures retombées en cas de découverte du pétrole ou lorsque l’exploitation va commencer », a poursuivi le ministre. Lamine Seydou Traoré a expliqué que le Mali a prévu deux options pour ce faire. La première consiste à faire payer les sociétés une redevance sur leur chiffre d’affaires dès l’exploitation du pétrole, du gaz ou de l’hydrogène. «Le plafond exigé par la loi est de 15%», a-t-il précisé. Déjà, le gouvernement est parvenu à faire accepter à tous les investisseurs que cela soit le taux plafond applicable. « En plus de cela, a ajouté le ministre Traoré, l’Etat a décidé de ne plus évoluer dans le contrat de concession mais plutôt celui de partage de production. «Le taux de partage va de 20 à 40% pour l’état», a révélé Lamine Seydou Traoré. OD/MD (AMAP)
Macina : Rencontre d’informations sur la vie de la nation
Macina le 15 Juillet (AMAP) Le Préfet de Cercle Albaraka Ag Amarizag a présidé jeudi à Macina une importante rencontre d’information sur l’état de la Nation, a constaté l’AMAP. C’était en présence des chefs de village, des conseillers, des représentants des Jeunes, des femmes, des leaders religieux et coutumiers, de la société civile et les chasseurs. Le chef de l’exécutif local dans ses propos liminaires a abordé la levée de l’embargo injustement imposée au Mali, l’ouverture des frontières, les dispositions prises sur la mise en marche des réformes institutionnelles (Loi électorale, l’élaboration de la nouvelle constitution, les élections générales). Il a également donné des informations sur les attributions, les rôles et responsabilités des chefs de villages, le retour de la paix, le vivre ensemble et la cohésion sociale. Tous ces sujets ont été l’objet d’échanges entre les participants afin qu’ils comprennent davantage ces questions qui constituent de nos jours des préoccupations majeurs dans notre pays. Compte tenu de la situation de crise multidimensionnelle que vit notre pays depuis une décennie, le Préfet a invité la population à collaborer avec nos Forces de Défense et de Sécurité en fournissant des renseignements fiables à temps réel, sur toute personne suspecte. Il a également invité les populations à la vigilance, à la prudence et à la sérénité compte tenu du contexte dans lequel nous vivons, caractérisé fondamentalement par l’insécurité. La rencontre a pris fin par des prières et des bénédictions de l’Iman Lassane Kalapo afin que notre pays retrouve la paix, la quiétude et la cohésion sociale. AOK/KM (AMAP)
Pêche collective dans le Mandé : Un grand rituel
Par N’Famoro KEITA Bamako, 14 juin (AMAP) Au Mandé, dans une zone située à cheval entre le Mali et la Guinée, la pêche collective est un rendez-vous immanquable. Elle mobilise toutes les tranches d’âge avec des outils de pêche modernes et rudimentaires. Certains pêcheurs sont munis de paniers (soussou) en manding, de harpons (massaka). D’autres se contentent simplement d’utiliser de vieux sacs de céréale vides, des baignoires voire des bidons. Tous y viennent dans l’espoir de réaliser une bonne pêche. Au Mandé, tous les villages riverains du fleuve Niger (ou presque) disposent d’un ou de plusieurs mares destinées à la pêche collective. À l’occasion, le village hôte invite les voisins à prendre part à ce rituel. Les invitations sont envoyées une semaine avant le grand jour déterminé en fonction des mares et des considérations locales. La pêche collective qui est profondément ancrée dans les pratiques est un vecteur de paix et de cohésion sociale entre les communautés. Elle est perçue comme ce facteur de renforcement de la paix et de la cohésion sociale entre les communautés. Cet événement mobilise toutes les tranches d’âge. GRANDE MOBILISATION – Nous sommes un lundi du mois d’avril. La Commune de Nouga (dans le Cercle de Kangaba), à environ 4 km du territoire guinéen, lance sa saison de pêche collective. Tôt le matin, les pêcheurs préparent les filets et autres pièges à jeter dans les eaux de la mare, située à près de 3km du village. Ils arrivent, en grand nombre, à pied, dans des charrettes à traction animale, mais aussi sur des motos et des vélos. Les sentiers menant à la mare grouillent de monde. C’est la grande mobilisation autour de cette activité de pêche. Tous sont prêts et attendent le coup d’envoi de ce rituel, parce que tant que les autorités coutumières ne donnent pas le top départ, personne n’a le droit de pêcher dans la mare. En attendant, les pêcheurs amassés autour de la mare, affutent leurs outils. Quelques instants après, le clap de départ est donné. On entend des cris de joie : «an ka ta», on y va, en français. Sur ces entrefaites, on aperçoit une personne se dirigeant avec son filet au milieu de l’eau, c’est le libérateur du jour. Il plonge son filet dans l’eau, et tout d’un coup la mare est envahie par de nombreux pécheurs. Chacun y va de sa «science» de la pêche pour avoir une bonne collecte. Dans un brouhaha général, on se bouscule et s’invective parfois. Certains lancent des «i bô n’a jô kônô», prosaïquement retire toi de mon périmètre. À ce stade, la panique s’empare de la faune aquatique qui s’y trouve, car au-delà du poisson, il y a d’autres espèces qui y vivent. GROS SILURE – Quand un gros poisson est pris dans les mailles d’un filet, dans un piège, on s’extasie. Mme Hawa Magassouba, la trentenaire, trébuche dans l’eau et aperçoit un gros silure dans les mailles de son filet de pêche. Elle appelle à l’aide pour ne pas perdre cette grosse prise. Avec l’aide d’autres pêcheurs, elle arrive facilement à extirper le poisson des mailles de son filet. Elle se réjouit de sa moisson et explique avoir l’intention de préparer un repas copieux pour son époux avec ce gros silure. Daouda Keïta est aussi heureux de sa collecte du jour. «Cette moisson va permettre au moins d’améliorer un petit temps l’ordinaire», explique-t-il à qui veut l’entendre, avec une pointe de bonne humeur. Par contre, Adama Keïta avait toutes les raisons d’être triste avec une collecte désastreuse. Il prend les choses avec philosophie et explique que ce n’est pas forcement à toutes occasions qu’on réalise une bonne pêche. D’autres pêchent avec des harpons. Ceux-ci collectent généralement les plus gros poissons tandis que d’autres se retrouvent avec du menu fretin. Après quelques heures de pêche, la fatigue se fera sentir chez beaucoup de pêcheurs. Ils retournent heureux pour la plupart avec des collectes intéressantes. La pêche collective au Mandé est un événement périodique qui se tient, en général, au mois d’avril et peut s’étendre jusqu’au mois de juin. NK/MD (AMAP) Legde : L’événement mobilise toutes les tranches d’âges avec des outils de pêche modernes et rudimentaires Djenné : RESTAURER LA COHÉSION ENTRE ÉLEVEURS ET AGRICULTEURS Pour restaurer la cohésion sociale entre les communautés d’éleveurs et d’agriculteurs du Cercle de Djenné au centre du Mali, un projet intégré de gestion du pastoralisme y a été lancé en septembre 2021. Son objectif est de contribuer de façon significative à la stabilité de cette zone par la construction d’infrastructures pastorales et l’aménagement de parcours pastoraux au profit de près de 36 000 ménages. La Minusma a investi près de 495 millions de Fcfa grâce à une contribution du Royaume-uni au Fonds fiduciaire pour la paix et la sécurité. La zone ciblée comprend plusieurs communes du Cercle de Djenné. Elles ont été identifiées de manière participative et inclusive, avec le consentement des autorités et des communautés locales. Parmi les activités spécifiques du projet, figurent la cartographie, la démarcation et la réhabilitation de 225 kilomètres de pistes et d’infrastructures pastorales, la construction de trois forages, la distribution de 700 kilogrammes de semences fourragères, la régénération d’un espace pastoral de 70 hectares, la production de cartes pastorales et l’établissement de mécanismes de gestion de pistes pastorales et des infrastructures. Le projet prévoit également une série de séances publiques et de campagnes radiophoniques d’information sur le fonctionnement des Commissions foncières (CoFo) et la résolution des conflits. En 2021, à travers un projet séparé, la MINUSMA avait facilité l’établissement et la revitalisation des CoFo dans les 12 communes et 145 villages du Cercle de Djenné. Trois axes principaux de chemins de transhumance, appelés localement « bourtol », avaient été identifiés, et depuis le début du projet, 75 km de pistes pastorales ont été délimités, le forage de trois puits pastoraux a commencé et des campagnes de sensibilisation ont été menées dans 10 villages. Dans ces localités, des comités de gestion des projets ont également été mis en place. Ils ont facilité les discussions

