Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 19 juillet 2023

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 19 juillet 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté des projets de texte ; procédé à des nominations ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant création de la Médaille d’honneur de l’Administration du Territoire. L’animation du Territoire est assurée par les représentants de l’Etat appuyés par les élus des Collectivités territoriales, des Chefs de Village, de Fraction et de Quartier. Ces autorités travaillent parfois dans des conditions extrêmement difficiles au sein des Circonscriptions administratives et des Collectivités territoriales. Certains ont payé le sacrifice ultime dans l’exercice de leur fonction et d’autres ont fait l’objet de prise d’otage. Malgré ces difficultés, les autorités déconcentrées et décentralisées continuent de répondre aux sollicitations des usagers. A cet effet, les agents qui se distinguent par leurs exemplarités doivent être honorés pour les inciter et inciter les autres à plus d’engagement et d’abnégation pour le service public. Le projet décret adopté crée la Médaille d’honneur de l’Administration du Territoire et précise les conditions de son attribution et de son retrait. Cette Médaille est une décoration spécifique qui récompense : le personnel des services du Ministère en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation ; les Chefs et les agents des circonscriptions administratives ; les élus locaux et les agents des Collectivités territoriales ; les autorités et légitimités traditionnelles, notamment les Chefs religieux, chefs coutumiers, communicateurs traditionnels, Chefs de Village, de Fraction, de Quartier et leurs Conseillers ; les Associations, les Fondations et les associations signataires d’accord cadre ; et toute autre personne ayant rendu des services exceptionnels à l’Administration du Territoire et à la Décentralisation. Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de prêt signé le 03 mai 2023, entre le Gouvernement de la République du Mali et la Banque arabe pour le Développement économique en Afrique, concernant le financement de la contribution du Mali à l’augmentation du capital de la Banque Ouest africaine de Développement. Par cet accord, la Banque Arabe pour le Développement économique en Afrique accorde au Gouvernement du Mali, un prêt d’un montant de 50 millions de dollars américains, soit 30 milliards 681 millions de francs CFA environ Le prêt, destiné au paiement de la contribution du Mali à l’augmentation du capital de la Banque ouest africaine de développement en vue de la mise en œuvre de son plan stratégique, dénommé Plan Djoliba 2021-2025 qui permettra entre autres de promouvoir le Développement à travers la création d’emplois, d’infrastructures de transports et l’augmentation des capacités de production énergétiques. Le présent financement appuie les efforts du gouvernement à promouvoir l’investissement et à favoriser le développement socio-économique du pays. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGERES ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE Ambassadeur du Mali à New Dehli : Général de Brigade Felix DIALLO. AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE Chef de Cabinet : Monsieur Kalidou DIOMBERA, Auditeur Comptable et financier. Chargé de Mission : Monsieur Mahamadou CAMARA, Economiste. AU TITRE DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef de Cabinet : Monsieur Mamadou GUINDO, Juriste. Chargé de Mission : Madame Nianian Aliou TRAORE, Journaliste. AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’ÉNERGIE ET DE L’EAU Secrétaire Général : Monsieur Djoouro BOCOUM, Ingénieur de l’Industrie et des Mines. Chef de Cabinet : Monsieur Modibo CISSE, Expert en gestion et audit. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a informé le Conseil des Ministres du déroulement de la Biennale artistique et culturelle du Mali, édition 2023. La Biennale artistique et culturelle, édition 2023 s’est tenue à Mopti du 06 au 16 juillet 2023. La cérémonie qui constituait un véritable défi pour tous les maliens a été organisée en l’espace de 3 mois au lieu de 2 ans habituellement. Elle s’est tenue à la demande des populations et s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations des Assises Nationales de la Refondation. Le défi sécuritaire, un enjeu de taille a été relevé avec succès par les Forces de Défense et de Sécurité et les populations de Mopti qui ont été chaleureusement félicitées par les autorités de la Transition. Les cérémonies d’ouverture et de clôture, placées sous la présidence de Son Excellence, le Colonel Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’Etat, ont été présidées par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Choguel Kokalla MAIGA. Ces cérémonies ont été marquées par la présence des membres du Gouvernement, du Conseil national de Transition, du Haut Conseil des Collectivités territoriales, du Conseil économique social et culturel, des Gouverneurs de Région, des Présidents de Conseils régionaux et des Autorités intérimaires, d’anciens ministres, des membres du corps diplomatique et consulaire, des représentants d’organisations internationales, des représentants d’organisations de la société civile, des autorités traditionnelles, coutumières et religieuses de la Région de Mopti, ainsi que des délégations de haut niveau venues du Burkina Faso et de la République du Congo. Cette édition 2023 a vu la participation des troupes artistiques des 19 Régions administratives et du District de Bamako, d’au moins 2 500 artistes et animateurs et plus de 300 000 festivaliers. A l’issue des délibérations du Jury, la troupe de la Région de Ségou s’est classée première devant celles de Bougouni et de Dioïla. La Région de Tombouctou a été désignée pour accueillir la prochaine édition de la Biennale artistique et culturelle, prévue en 2025. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une stagnation du nombre

Le Forum de Liptako-Gourma prône une implication des jeunes dans la résolution des crises

Par Envoyé spécial Namory KOUYATÉ  Ouagadougou, 19 juil (AMAP) Les travaux de la 1ère édition du Forum des jeunes se poursuivent à Ouagadougou, la capitale burkinabè, pour la deuxième journée consécutive sur le thème : «Stratégie régionale de stabilisation de la région du Liptako-Gourma-la voix de la jeunesse : expériences et solutions locales par les jeunes femmes et hommes vivant dans les zones frontalières». La rencontre qui s’achève, aujourd’hui (Ndlr, mercredi) a été l’occasion pour le secrétariat exécutif de l’Autorité pour le développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG) d’impliquer les jeunes dans la résolution des crises. C’est pourquoi, elle fait sienne des messages clés à l’endroit de la jeunesse demandant « à écouter les jeunes pour mieux agir ; inclure la jeunesse pour mieux faire face ; voir en elle une force ; insuffler le changement grâce à la jeunesse. » L’accent est, également, mis sur des concepts comme « la jeunesse, vecteur de développement ou de déstabilisation ; investir dans la jeunesse pour un développement durable ; outiller les jeunes pour un avenir meilleur. » Mais, aussi, « de faire de cette couche le meilleur atout pour une paix durable et de l’autonomiser pour des solutions durables. » Les représentants du Burkina Faso, du Niger et du Mali ont exprimé les difficultés auxquelles leurs pays sont confrontés. Le président du Conseil national de la jeunesse du Burkina Faso, Dialla Moumouni, a remercié les autorités des trois pays qui travaillent d’arrache-pied pour permettre l’épanouissement, le bien-être des jeunes. « Cette détermination à nos côtés montre la volonté des dirigeants de voir les jeunes au devant du développement », a reconnu Dialla Moumouni. Selon lui, la jeunesse du Liptako-Gourma « n’attend que des meilleures conditions pour libérer son génie créateur. » Pour la secrétaire exécutive du Réseau africain jeunesse, santé et développement du pays des hommes intègres, Rachida Nikiena, ce forum est une bonne initiative parce qu’il permet de trouver des solutions communes aux différentes crises. Rachida Nikiena de dire que cette rencontre est l’occasion de réfléchir aux voies et moyens de mettre fin à l’extrémisme violent. Ajoutant que ce rendez-vous de la jeunesse permet également de porter la voix des jeunes dans les trois États membres du Liptako-Gourma. «Nous animons les séances de sensibilisation en faveur des jeunes qui ont pris des armes», a-t-elle précisé, affirmant que sa structure travaille pour ramener ceux-ci à la raison. «Et pour s’intégrer dans la vie sociale active afin de promouvoir la paix», un élément capital pour le vivre ensemble, a-t-elle fait savoir. Abondant dans le même sens, Lalaïcha Maïga, membre de l’Association des scolaires et universitaires du Cercle de Bourem, au Mali, a dit que cette rencontre est importante. «Il est nécessaire qu’à ce niveau que la voix des jeunes puisse être écoutée et entendue au-delà de nos frontières», a-t-elle souhaité. Parlant des solutions, elle a noté qu’au Mali, il y a la stratégie de stabilisation des Régions du Nord et du Centre. Lalaïcha Maïga, outre, la cohésion sociale, le vivre ensemble, la paix et la gouvernance, a souligné la pertinence du retour de l’État dans certains endroits afin d’avoir accès aux services sociaux de base. Enfin, le président du Conseil régional de la jeunesse de Tahoua, au Niger, Rachid Zakou, a mis l’accent sur les méthodes traditionnelles de gestion des crises. Rachid Zakou trouve que cela est à l’origine d’une certaine accalmie dans son pays. «Tout ce qu’on fait pour nous, sans nous, est contre nous», a-t-il martelé. Le Nigérien s’est réjoui que l’ALG ait compris le problème en impliquant la majorité de la population de la zone. C’est pourquoi, Rachid Zakou a insisté sur la formation professionnelle, l’agriculture et l’élevage « pour mettre fin aux crises multiformes dans l’espace de l’ALG. » NK/MD (AMAP)

Circulation routière : Des mesures fortes pour réduire les accidents (Communiqué)

Bamako, 19 juil (AMAP) Le gouvernement du Malin a pris des mesures fortes pour réduire les accidents de la circulation routière dont la recrudescence fait de plus en plus de victimes, endeuillant de nombreuses familles, annonce un communiqué conjoint de la ministre des Transports et des Infrastructures et de son collègue de la Sécurité et de la Protection civile. Dans ce communiqué, qui a sanctionné une réunion d’urgence, tenue le 14 juillet dernier au ministère des Transports et des Infrastructures, les deux départements précisent que ces mesures sont relatives à « l’interdiction de circulation des véhicules de transport public de voyageurs entre 00 heure et 05 heures du matin sur les axes routiers interurbains et internationaux, au respect strict par ces véhicules des limites de vitesse fixées à 50 km/h en agglomération et à 90 km/h en rase campagne, à la mise aux normes des ralentisseurs de vitesse installés anarchiquement sur les axes routiers et à la soumission des chauffeurs professionnels à la visite médicale périodique. » Les autorités exigent aussi l’application stricte de la réglementation sur le contrôle technique des véhicules, les sanctions administratives et les peines prévues par les textes en vigueur. Autre mesures annoncées : l’intensification des activités de formation et de sensibilisation à l’endroit des chauffeurs professionnels et des gérants des compagnies de transport de voyageurs. Ces décisions ont été prises lors de la rencontre, suite à l’identification par l’ensemble des acteurs (services techniques, compagnies de transport de voyageurs et chauffeurs) des causes d’accidents de la circulation routière impliquant les véhicules de transport de voyageurs. Des débats, il est ressorti que les accidents proviennent de la circulation des véhicules de transport de voyageurs pendant la nuit, de l’excès de vitesse des véhicules de transport public de voyageurs sur les axes routiers et de l’installation anarchique de ralentisseurs de vitesse par les populations, en violation de la réglementation en la matière.   Autres causes identifiées : les insuffisances dans la mise en œuvre des sanctions applicables aux violations du Code de la route et de la réglementation de la profession de transporteur routier, l’incivisme de certains usagers de la voie publique, l’occupation anarchique de la voie publique par les vendeurs ambulants. S’y ajoutent, l’inobservation des heures de conduite et de repos des chauffeurs, l’utilisation de chauffeurs doublons par certaines compagnies de transport public de voyageurs, en lieu et place de chauffeurs relais sur les longues distances, le dépassement du nombre de places autorisées dans les véhicules de transport public de voyageurs. Il faut aussi ajouter « le mauvais état technique de certains véhicules de transport de voyageurs, la consommation de stupéfiants et de substance psychotropes par certains chauffeurs professionnels, la non application des textes relatifs au contrôle routier. » BBC/MD (AMAP)  

Bancarisation du secteur informel au Mali : Que de chemin à faire !

Par Oumar SANKARÉ Bamako, 19 juil (AMAP) Téléphone portable à l’oreille, Bakary Bamba Kébé donne des instructions à un agent de sécurité au bout du fil. La vingtaine révolue, ce jeune homme de teint noir est peu loquace. Il gère au quotidien sa petite entreprise, «Mandé immobilier», depuis son «Grin» (groupe informel de discussions entre amis). Il dispose d’une dizaine d’appartements meublés qu’il loue aux particuliers et joue, quelquefois, les intermédiaires pour des ventes de maisons et de terrains nus. «Jamais, je n’ai songé à avoir un soutien d’une banque soit pour commencer ou étendre mon business. Le soutien des banques n’est qu’un mythe pour des gens comme moi», dit-il. Entre deux gorgées de thé à la menthe, Karim, membre du Grin, soutient qu’il est plus facile de se faire financer par une Organisation non gouvernementale (ONG) ou une institution de microfinance qu’une banque au Mali. Le trentenaire, qui évolue dans les domaines de l’élevage et de l’immobilier, a tenté à plusieurs reprises d’avoir un financement. Sans succès ! Il en déduit que les produits bancaires proposés ne correspondent pas aux besoins des jeunes entrepreneures. «Un agriculteur, un éleveur, un restaurateur ou encore ceux qui sont dans les domaines du numérique, de l’agroalimentaire… doivent tous avoir des produits adaptés à leurs besoins. On ne sait pas si le système est contre nous mais une chose est sûre, ce système n’est pas fait pour nous», renchérit Karim. « Il y a une corruption endémique dans le système», regrettent unanimement les membres du Grin. Chacun a une anecdote. «Les banques croulent sous de fausses garanties et titres fonciers qui n’ont aucune valeur. Des documents trafiqués par leurs experts en complicité avec des banquiers eux-mêmes », affirme l’un d’entre eux. Un autre affirme que des «projets avec des business plans bien élaborés traînent des mois, parce que les banquiers en charge de ces projets veulent leurs parts». «Des projets sont rejetés et paradoxalement repris par des proches des banquiers», enchaine un membre du Grin. Une voix incrimine l’Etat qui n’aurait « rien fait pour protéger le business modèle de la star up Telimani. Voici comment on tue l’innovation et la créativité». SOUS LES RADARS – S.T et H.B sont des hommes d’affaires réputés dans leur cercle. Ils sont respectivement dans le domaine des pierres précieuses et l’exportation de bétail dans la sous-région. Ils brassent des centaines de millions de Fcfa en marge du système bancaire. «Je ne pense pas à formaliser mes affaires. L’informel me convient parfaitement. Je suis sous les radars», explique S.T qui avouera plus tard qu’il a été témoin de la «destruction» de certains de ses pairs. «Certains princes du jour exigent de nous de contribuer à leur campagne politique ou alimenter leur bureau. Gare à toi si tu refuses. Les impôts et taxes seront utilisées pour te détruire», confie-t-il. Le terme bancarisation désigne un processus mené par les banques, qui consiste à ouvrir des comptes bancaires aux ménages, aux particuliers et aux entreprises dans un pays. Cette démarche vise un double objectif. D’abord, celui pour les banques d’élargir leurs ressources et leurs clientèles en vue d’optimiser et développer leurs activités financières. Pour les autorités publiques, la bancarisation permet de contrôler et gérer la création de monnaie ainsi que les différents mouvements monétaires. Elle donne, également, un indice sur le niveau de développement d’un pays. Une entreprise informelle, d’après Sanou Sarr, président du Réseau des petites et moyennes entreprises (REMAP) est une entreprise qui n’est pas connue de la fiscalité, du registre de commerce et de la fiscalité, d’aucune structure étatique ni consulaire. Ce sont des entreprises qui évoluent sans paiement de taxes, sans être connues des banques.Toutefois, il y a des entreprises informelles qui ont des comptes bancaires, précise-t-il. Quant à la structure formelle, elle possède un Numéro d’identification fiscal (NIF), un numéro de registre de commerce, un numéro NINA, un compte bancaire et peut postuler aux marchés publics. Une entreprise, qu’elle soit formelle ou informelle est une PME (Petite et moyenne entreprise) dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 Franc et 1 milliard de Fcfa. ENTREPRISE CRÉDIBLE – Pour le conseiller en investissement, Cheick Oumar Soumano, le financement est un processus : de la création de l’entreprise jusqu’à la possibilité pour elle de prouver que le financement va se diluer de lui-même à travers les opérations normales. En d’autres termes, c’est l’activité qui justifie le financement. Cela suppose que l’entreprise est crédible du point de vue financier (impôts, taxes, assemblées des actionnaires, réunion du conseil d’administration). Ces indicateurs permettent à la banque de mesurer le risque qu’elle va prendre. «Dès l’instant que la banque n’est pas en possession de ces éléments, elle ne va jamais vouloir accompagner l’entreprise», explique Cheick Oumar Soumano. Toute entreprise qui n’est pas formelle est donc exclue du champ d’action des banques. Et cette exclusion, selon le conseiller en investissement, ressort dans les textes règlementaires de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). En effet, les banques sont soumises à un contrôle de la BCEAO à travers la commission bancaire. Chaque financement doit obligatoirement être justifié par un certain nombre d’éléments techniques, juridiques et financiers. Et Hamidou Dicko, responsable du département partenariats et stratégies du Fonds de garantie pour le secteur privé (FGSP-Sa), de reconnaitre : «Beaucoup de nos micro-entreprises ont du mal à fournir des documents et informations pertinents pour convaincre la banque, car elles évoluent dans l’informel qui favorise l’asymétrie d’information». Selon les statistiques de l’Institut national de la statistique (INSTAT) de 2022, 98% des entreprises maliennes et 96% des PME opèrent dans l’informel. Le directeur national des PME, Dr Boubacary Cissé, en se référant au rapport du conseil d’administration du 5 avril 2022 de la Bank of Africa (BOA) Mali, rapporte que « le taux de bancarisation est faible, moins de 6%, avec une économie informelle qui échappe toujours à la bancarisation». « Malheureusement, analyse-t-il, beaucoup pensent qu’être informel leur permet de grandir et d’échapper au fisc. » Et M. Sarr de renchérir : « en réalité, les gens ont peur de

Présidence de l’OMVS : Le président Goïta passe la main au chef de l’Etat mauritanien

Bamako, 19 juil (AMAP) Le président sortant de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le colonel Assimi Goïta, a remis, mardi, le témoin au nouveau président en exercice, le Mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à l’occasion de la 19è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation, tenue en mode virtuel. Parmi les défis à relever, auxquels le président entrant va certainement s’atteler, figurent en bonne place la navigation et la réalisation d’autres infrastructures communes. Au regard de l’urgence de concrétisation des grands projets suscités, en raison des besoins pressants de nos populations en services de transport fluvial, d’énergie et de sécurité alimentaire, le colonel Assimi Goïta, a demandé au Haut-commissariat de l’organisation sous régionale d’accélérer l’élaboration, en cours, d’une stratégie de mobilisation de financements et sa mise en œuvre diligente. En plus du colonel Assimi Goïta, les chefs d’État de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et de la Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, ont participé à cette rencontre virtuelle. Le président sénégalais, Macky Sall, s’est fait représenter par le Premier ministre Amadou Bah. Les membres du Conseil des ministres, dont la ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mme Bintou Camara, ont également été associés à cette réunion qui intervient après celle de Bamako, tenue en décembre 2019. PROJET NAVIGATION – Le président de la Transition a fait le bilan de l’état d’avancement des activités depuis sa présidence à la tête de l’Organisation, avant de passer le flambeau au chef de l’État de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Tout d’abord, le colonel Assimi Goïta a déploré l’ampleur des contraintes qui ont marqué son mandat. L’Organisation a fait face à de profondes crises dont la plus importante, liée à la pandémie à Covid-19 survenue en début 2020, a secoué l’économie mondiale et bouleversé la mise en œuvre des projets de l’OMVS. Le projet de navigation, pilier manquant dans la réalisation du programme d’infrastructure régional, qui avait fait l’objet de signature d’un contrat commercial en octobre 2019, est buté à quelques contraintes financières. « Fort heureusement, a apprécié le chef de l’État, la Société de gestion et d’exploitation de la navigation (SOGENAV) a su proposer un schéma alternatif de phasage des activités d’exécution du projet. La première phase de ce projet est basée sur une stratégie de navigation rapide qui vise à rendre navigable le fleuve Sénégal, entre Saint-Louis (Sénégal) et Ambidédi (Mali), à partir de juin 2024. «À cet effet, il importe de diligenter le financement de cette stratégie, assortie d’un coût de 35 milliards de Fcfa, en guise de preuve d’engagement aux yeux des partenaires qui ne tarderont pas, j’en suis certain, à joindre leurs efforts aux nôtres», a dit le colonel Goïta. Par ailleurs, la mise en service, en décembre 2022, du barrage hydroélectrique sur le site de Gouina a rehaussé la puissance installée de l’OMVS à 400 mégawatts, avec une capacité additionnelle de 140 mégawatts d’énergie propre et bon marché. Du reste, la capacité de transport en sera fortement améliorée, avec les lignes du projet Manantali 2 qui feront de l’OMVS une véritable plaque tournante de l’énergie en Afrique de l’Ouest, « en réelle traduction de la volonté exprimée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’interconnecter les réseaux électriques de la sous-région. Selon le colonel Assimi Goïta, cela concerne la ligne biterne 225 kilo-Volt (kV) Kayes-Tambacounda, financée par la Banque mondiale et la mise en service en octobre 2022, permettant une interconnexion avec la Guinée, à travers le réseau de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG). Il s’agit, également, de la ligne 225 kV Kayes-Yélimané-Tintane-Kiffa-Aïoun « dont la recherche de financement est en bonne voie, qui rapprochera des réseaux maghrébin et européen. » ​ À LA CROISÉE DES CHEMINS – S’agissant de la portion guinéenne du bassin, toutes les études préalables à la construction du barrage de Koukoutamba sont réalisées. Aussi, « depuis la tenue, le 19 janvier 2021, de la 62è session extraordinaire du Conseil des ministres, les actions de recherche de financement se poursuivent pour nos trois projets prioritaires (Navigation, Koukoutamba et Gourbassi) », a annoncé Assimi Goita. Le président de la Transition au Mali a relevé que les diligences requises ont été faites auprès de nos partenaires de la Chine, au point que «nous espérons mobiliser bientôt la plus grande partie (85%) du financement du projet de Koukoutamba» « Quant au projet de barrage de Gourbassi, a-t-il poursuivu, la recherche de financement se poursuit avec le transfert du projet à la Société de gestion et d’exploitation de Manantali (SOGEM) qui a engagé les études préalables de faisabilité et d’impact environnemental et social. » «Vous conviendrez avec moi, au regard du tableau de mise en œuvre des projets structurants, que l’OMVS reste à la croisée des chemins», a estimé le chef de l’État malien. « Car, a-t-il renchéri, 50 ans, hormis la mise en service de quatre barrages, l’Organisation n’arrive pas à faire de la navigation une réalité et le potentiel agricole disponible reste pour moitié inexploité. » Au terme de la rencontre, la Conférence a pris acte du bilan présenté par le président du Conseil des ministres. Elle a, ensuite, donné des orientations et instructions engageant l’OMVS « à maintenir et renforcer la dynamique visant la poursuite des réalisations des infrastructures communes. » La Conférence a engagé le Conseil des ministres, en collaboration avec le Haut-commissariat de l’OMVS, de diligenter une équipe technique pour la mise en œuvre du projet du nouveau président. Le nouveau président de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’OMVS, tout en mesurant l’ampleur de la responsabilité qui lui a été confiée, entend s’impliquer « davantage pour la navigabilité du fleuve Sénégal et le développement des activités visant à renforcer la sécurité alimentaire. » OD/MD (AMAP)    

Les «Zarma» de Gourma Rharous : Une intégration réussie

Par Mohamed GAKOU Gourma Rharous, 19 juil (AMAP) Le «Zarma» se définit comme un groupe de dialectes parlés sur les rives du fleuve Niger, depuis Djenné, au Mali, jusqu’au pays Bariba, dans le Nord du Bénin. Les principaux dialectes de ce groupe sont le Sonhraï parlé au Mali, le Zarma au Niger et le Dendi au Bénin. Tous les Nigériens qui vivent à Rharous sont appelés «Zarma», en référence à l’ethnie qui parle ce dialecte au Niger, malgré le fait que certains d’entre eux ne le soient pas. Cette migration sous régionale a pris de l’essor, à partir des années 2010, même si, une colonie embryonnaire de commerçants nigériens a déjà pris racine ici, avant l’indépendance du Mali. Les «Zarma» sont visibles aujourd’hui, en grand nombre, sur tous les marchés hebdomadaires de la localité et même plus loin. Ils vivent et mènent leurs activités de commerce, en parfaite entente avec les populations locales. La trentaine révolue, teint noir anthracite, habillé d’une longue tunique blanche, Adamou est assis sur un banc, devant l’échoppe de son ami cordonnier, dans le quartier de Boya, à Rharous. Les traits réguliers de son visage semblent être taillés au burin. D’un regard presque absent, l’homme observe le mouvement de la rue, en égrenant nonchalamment un long chapelet d’une main, pendant que l’autre fouraille dans sa barbichette bien taillée. Il est arrivé ici, à peine sorti de l’adolescence, au sein d’un groupe de compatriotes, tous camelots, dans les années 2010. Aujourd’hui, il a épousé une femme autochtone qui lui a donné trois enfants et a bâti une grande maison, différente de la petite pièce de ses débuts quand ils dormaient à quinze ou plus, parfois. Avant, il retournait dans son village, au Niger, dès les premières pluies, pour aider à cultiver les champs familiaux. Aujourd’hui, il ne le fait plus. De son propre aveu, il dit se sentir bien ici. Il explique ce sentiment par l’hospitalité de ses hôtes, la communauté de langue avec ceux-ci et la prospérité de son commerce. Il ne manque jamais d’ajouter, un brin coquin que, c’est ici, qu’il a rencontré l’âme sœur. Ses rares voyages dans son pays d’origine consistent à aller, quelques fois, auprès de son fournisseur, à Niamey, pour se ravitailler en marchandises ou participer à quelques grands événements familiaux. FINS NEGOCIATEURS – Il passe le plus clair de l’année à Rharous, auprès de son épouse et ses enfants ou à parcourir les foires des localités environnantes, juché sur sa moto chinoise chargée de marchandises. Adamou est le prototype même du Zarma. Les témoignages des populations locales sur ces commerçants venus d’ailleurs sont flatteurs. Ils sont unanimement reconnus comme des personnes pacifiques, courageuses pas avares en effort, travailleuses, conciliantes, patientes et de pieux musulmans. À ces qualités, il faut ajouter leur talent commun de fins négociateurs en affaires et d’habiles joueurs, sachant toujours tirer leur épingle du jeu. Ce sont tous ces traits de caractère et de conduite qui ont permis leur intégration et la prospérité de leur commerce. Ils font leurs affaires dans des domaines distinctifs : articles ménagers et de décoration d’intérieur, habillement, médicaments et verroterie. Tout ce qu’ils vendent est estampillé «Made» in China, India, Hong Kong, Singapour et Nigeria. Ce commerce d’articles de bas de gamme s’aligne parfaitement avec le pouvoir d’achat des populations locales et crée un échange gagnant-gagnant. On peut difficilement évaluer cette population de migrants dont le nombre croit, chaque année. Ce sont des familles entières qui sont arrivées ici, durant ces dix dernières années. Le chef de famille s’installe en premier, crée les conditions d’accueil et fait venir femmes et enfants. Parmi ces derniers, nombreux ont débuté leur scolarité ici à Rharous. Cependant, jusqu’aujourd’hui, cette importante colonie nigérienne n’arrive pas à créer une association formelle qui permettra de connaître leur nombre, en les recensant et, aussi, répondre à la réglementation en vigueur, en matière d’immigration. La brigade territoriale locale de gendarmerie se réserve de donner un nombre. À la mairie de la Commune rurale de Rharous, l’édile affirme que la création et la formalisation d’une association est en cours. Parmi les membres de la colonie, certains n’hésitent pas à avancer le chiffre de plus de 400 familles. MG/MD (AMAP)    

Hivernage tour phase II : Le Mouvement An biko à Bagadadji

Bamako, 19 juillet (AMAP) Les jeunes de Bagadadji se mobilisent pour assainir leur quartier dans le cadre de la compétition citoyenne Hivernage tour, initiée par l’Association Anbiko. Il s’agissait pour eux de curer  les caniveaux, un geste qui incarne leur volonté de manifester leur citoyenneté. C’est avec détermination et enthousiasme que les jeunes de Bagadadji ont entrepris cette tâche essentielle. Ils comprennent l’importance de maintenir leur quartier dans la propreté, toute chose qui assure le bien être et la santé de la population. Le curage des caniveaux est une étape cruciale dans le processus d’assainissement. En débarrassant ces canaux des débris et des obstructions, les jeunes de Bagadadji contribuent à prévenir les inondations et à améliorer la qualité de vie de leur communauté. Ils comprennent que chaque petit geste compte pour créer un environnement sain et agréable à vivre. Hivernage tour est bien plus qu’une simple compétition qui incarne la prise de conscience collective des jeunes de Bagadadji quant à leur rôle en tant que citoyens responsables. Ils veulent montrer l’exemple et inspirer les autres à s’engager activement dans des actions similaires. La compétition « Hivernage tour » est un exemple inspirant de la façon dont les jeunes peuvent être des agents de changement positif dans leur communauté. Leur dévouement et leur volonté de prendre des mesures concrètes pour améliorer leur environnement sont dignes d’éloges. À travers cette compétition, ces jeunes en partenariat avec An-biko démontrent que l’engagement citoyen ne se limite pas aux discours et aux revendications mais qu’il peut se traduire par des actions concrètes. Ils nous rappellent que chaque individu a un rôle à jouer dans la construction d’une société meilleure. Ce geste du mouvement An-biko est un bel exemple pour tous ceux qui aspirent à un changement positif dans leur propre communauté. Il nous rappelle que le pouvoir de l’action citoyenne réside entre nos mains et que nous avons tous la capacité de faire une différence, quel que soit notre âge ou notre statut social. Siné S. Traoré

Forum des jeunes du Liptako-Gourma : la voix de la jeunesse dans la recherche de solutions aux crises

Envoyé spécial Namory KOUYATÉ Ouagadougou, 18 juil (AMAP) Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, accueille, depuis lundi, la première édition du Forum des jeunes de l’Autorité pour le développement intégré des Etats du Liptako-Gourma (ALG). Réunis dans un hôtel de la ville, les participants du Niger et du Mali sont venus se joindre à leur hôte burkinabè pour débattre du thème : «Stratégie régionale de stabilisation de la région du Liptako-Gourma/ la voix de la jeunesse : expériences et solutions locales par les jeunes femmes et hommes vivant dans les zones frontalières». La cérémonie d’ouverture de la rencontre a été présidée par le ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi du Burkina Faso, Dr Boubakar Sawadogo, en présence de son homologue du Niger, Sekou Doro Adamou. L’objectif de la rencontre est d’échanger avec les jeunes du Burkina Faso, du Niger et du Mali sur la situation actuelle dans les régions frontalières du Liptako-Gourma et de dégager avec eux les perspectives de leur engagement. Le ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi du Faso a félicité le Secrétariat exécutif pour l’initiative d’échanges des expériences des jeunes pour proposer des solutions locales pour une stabilisation de la région. Il a indiqué que la Région du Liptako-Gourma accueille, aujourd’hui, une population de plus de 20 millions de personnes, avec 80% vivant en zone rurale dont plus de 65% de jeunes. « Malgré cette population jeune, la région n’offre pas de perspectives de développement », a déploré Dr Boubakar Sawadogo. Selon lui, les jeunes et les femmes sont les plus vulnérables et les cibles faciles qui sont enrôlés de gré ou de force par les groupes terroristes et criminels. Le ministre burkinabé en charge de la Jeunesse a fait savoir que les Etats membres de l’Organisation « doivent redoubler d’efforts pour investir encore plus dans l’éducation, la formation professionnelle et l’entrepreneuriat afin de créer des opportunités d’emploi pour le développement économique. » DIALOGUE ET RÉCONCILIATION – «Une jeune population est un atout et peut contribuer à réduire des facteurs de vulnérabilité et d’instabilité», a souligné M. Sawadogo, affirmant que les jeunes peuvent également jouer un rôle crucial dans la promotion du dialogue et de la réconciliation. Pour sa part, le ministre de la Jeunesse et des Sports du Niger, Sekou Doro Adamou, a reconnu que les marchés de l’emploi accusent un déséquilibre chronique. Il a ajouté que l’insécurité structurelle entrave la bonne marche de l’économie. « C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, ces défis imposent une approche plutôt inclusive des jeunes qui sont de véritables vecteurs de changement et de transformation. » « Ce forum cadre avec notre vision en matière de consolidation de la paix chez les jeunes pour un changement de comportement afin de valoriser leur contribution au développement », a martelé le ministre de la Jeunesse et des Sports du Niger. Quant à la secrétaire exécutive de l’ALG, Hawa Aw, elle a déclaré que « jadis, la zone était un havre de paix et riche en ressources naturelles et minérales. Mme Aw a précisé qu’ « aujourd’hui, les conflits et l’insécurité ont entrainé des déplacements massifs de populations et la perte des moyens de subsistance. « C’est dans cette optique, a-t-elle indiqué, que l’ALG a entamé des consultations auprès de ses Etats membres et des communautés pour participer à la recherche des solutions à la crise qui perdure. » La secrétaire exécutive a promis l’élaboration d’une stratégie régionale de stabilisation, résilience et de relèvement de la région de Liptako-Gourma 2023-2027. Le représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Dieudonné Kini, a, lui, réaffirmé l’accompagnement de l’institution en faveur de ces pays dans la recherche de solution à ces crises. Selon lui, les investissements sont entrepris pour le rétablissement et l’opérationnalisation des infrastructures socio-communautaires et productives. L’ALG est une organisation intergouvernementale régionale entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Elle est dédié à la promotion de la coopération régionale et du développement durable dans la région, notamment sur les questions de sécurité, la gestion des ressources naturelles, en passant par le développement économique et social. Sur le plan de la sécurité, l’Autorité travaille à renforcer la collaboration entre les forces de sécurité des trois pays membres, afin de lutter contre le terrorisme, le trafic transnational et d’autres formes de criminalité. Elle encourage, également, les initiatives de dialogue et de réconciliation pour promouvoir la paix et la stabilité dans la région. NK/MD (AMAP)

Assemblage de PC/tablettes et téléphones : Des appareils made in Mali sur le marché

Bamako, 18 juil (AMAP) Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a inauguré, lundi, l’usine d’assemblage de PC/tablettes et téléphones de la société Danew Talla Electronics, avec un investissement initial de 550 600 000 Fcfa, à Niaréla, un quartier au centre de Bamako. Cet investissement sera porté à deux milliards Fcfa à l’horizon 2026, traduisant ainsi la volonté des promoteurs de doter l’usine d’équipements de dernière génération utilisant une technologie de pointe dans la production de matériels de téléphonie et d’informatiques. Son président, Renaud Amiel, a rappelé qu’il y a un an, en présence de plusieurs membres du gouvernement, la société Danew Talla Electronics s’était engagée à mettre en place une plateforme technique pour le développement du numérique au Mali, comprenant l’installation d’une usine d’assemblage de PC, de tablettes et de téléphones, la création d’un réseau de réparation et de maintenance couvrant tout le pays et l’appui aux grands projets de digitalisation du pays. Le tout devant correspondre à la création de près de 1 300 emplois d’ici fin 2025. «Au 1er juin, une première ligne d’assemblage de 18 mètres opérationnelle a été installée dans nos locaux à Niaréla, nous avons recruté 50 personnes dont 39 employés pour la ligne d’assemblage. En termes de production, ce sont près de 4 000 tablettes, PC ou Smartphones qui ont déjà été assemblés, reconditionnés ou customisés sur la ligne d’assemblage. En ce qui concerne le réseau national de réparation et de maintenance de Danew Talla Electronics, il sera composé de 1000 jeunes formés par nos soins», a expliqué M. Amiel. Le président de la société Danew Talla Electronics a encore rappelé qu’en septembre dernier, le CEDEX, un centre de formation spécialisé dans la formation aux métiers du numérique, a été créé en étroite collaboration avec le ministère en charge l’Entreprenariat national et celui de l’Économie numérique. La première formation en réparation et maintenance de matériels informatiques et de téléphonie a démarré le 1er novembre 2022 avec une promotion de 47 jeunes venant des régions de Ségou, Mopti (Centre) Tombouctou, Gao (Nord), et du district de Bamako, la capitale malienne. «Aujourd’hui, nous en sommes à la 4è promotion de 56 jeunes qui viennent de démarrer leur formation le 3 juillet, principalement des jeunes déplacés du Mali, et des jeunes réfugiés au Mali venant d’Afrique centrale. D’ici fin août, plus de 180 jeunes auront été formés au CEDEX», a-t-il souligné. RETOMBÉES – Pour donner quelques éléments sur le développement du CEDEX, un nouveau cursus de formation, «Diagnostic automobile numérique», sera lancé au quatrième trimestre avec deux promotions de 25 jeunes. Aussi un grand projet de «Digitalisation des coopératives dans la filière Karité» avec un premier pilote de 80 coopératives de 3 000 membres (toutes des femmes) de la Région de Ségou est en préparation pour la fin de l’année. Selon le président de la société Danew Talla Electronics, les prévisions et engagements, pris devant le Premier ministre en juin 2022, sont atteints sinon dépassés. Dr Choguel Kokalla Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement, a indiqué que, « la technologie de pointe utilisée dans cette usine permet d’affirmer, sans risque de se tromper, qu’elle est en parfaite adéquation avec la Politique de développement industriel de notre pays, qui encourage la création de nouvelles unités industrielles et l’utilisation des meilleures idées, technologiques, techniques et méthodes en s’appuyant sur les actifs de la propriété intellectuelle. » Selon le Premier ministre, cette unité contribuera, également, à l’atteinte des objectifs de la politique des 3D : (Défense, Diplomatie et Développement). Et son exploitation participera à l’atteinte de la vision du président de la Transition, à savoir : le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et des choix de partenaires opérés par le Mali et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. «D’ores et déjà, l’usine a créé 49 emplois permanents dont 11 femmes et 120 contractuels. Ce nombre sera porté à 300 permanents et 1 000 contractuels à l’horizon 2025. Ce qui cadre avec les politiques nationales du gouvernement en matière de création d’emplois, de formation professionnelle et d’amélioration des conditions de vie des Maliennes et des Maliens, conformément au Plan d’action du gouvernement», a indiqué le chef du gouvernement. Le Premier ministre a dit qu’ « en plus de la création d’emplois, cette unité industrielle aura des retombées significatives sur les populations et l’économie malienne. » Cela en termes de paiement d’impôts, taxes et droits, de paiement de cotisations sociales à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), de réduction des importations de matériels informatiques et de sorties de devises, à travers la production sur place de 100.000 appareils informatiques et de téléphonie, dès la première année et 500.000 à l’horizon 2025. BBC/MD (AMAP)

Drogue du zombie : La menace sur la jeunesse se profile

Par Jessica K. DEMBÉLÉ Bamako, 18 juil (AMAP) Depuis quelques temps, des vidéos étranges sont sur les réseaux sociaux montrant des personnes dans des postures désarticulées et des démarches bizarres de morts-vivants dignes d’un film d’horreur hollywoodien. Deux mots sont présents sur les hashtags en bas de ces vidéos : drogue du zombie. C’est une drogue de synthèse, c’est-à-dire fabriquée à partir de molécules chimiques produites clandestinement en laboratoire. Se présentant sous la forme d’un liquide injectable et incolore, elle est de la même famille que la Métamphétamine, l’Ecstasy et la Kétamine qui se différencient des drogues dites naturelles, comme le cannabis et la cocaïne. En menant nos recherches sur cette drogue, nous avons découvert qu’elle est issue du mélange de la Xylazine avec du Fentanyl. La Xylazine est un sédatif utilisé par les vétérinaires, depuis 50 ans, en guise d’antidouleurs pour les animaux, comme les chevaux ou les lions. Le Fentanyl, quant à lui, est une drogue analgésique, «50 à 100 fois plus puissantes que l’Héroïne et la Morphine», selon une enquête de la chaîne TF1 Info. Combinées, ces deux substances contribuent au ralentissement du rythme cardiaque et de la respiration à des niveaux dangereux. Après l’avoir injecté, le consommateur perd, durant des heures, toute faculté motrice. Et lorsqu’il arrive à bouger, sa démarche ressemble à celui d’un mort-vivant. Ces effets lui ont valu le tristement célèbre nom de drogue du zombie. L’application TikTok compte au total près d’un million de vues sur les vidéos de la drogue zombie. Les plus visionnées montrent des personnes déambulant dans les rues de Philadelphie, aux Etats-Unis, comme s’ils dormaient debout. La drogue semble faire des ravages dans ce pays : « 26% des morts par overdose sont provoquées par cette drogue de synthèse », révèle le journal 20 Minutes. Elle a donc été signalée aux Etats unis comme «menace émergeante». «C’est la première fois, dans l’histoire de notre nation, qu’une substance est désignée comme menace émergente», a déclaré lors d’une conférence de presse, le Dr Rahul Gupta, directeur du bureau chargé de la lutte contre la drogue à la Maison Blanche, aux Etats-Unis. Cette menace préoccupe fortement le gouvernement américain, l’amenant à débloquer des fonds, dans le budget 2024, afin de lutter contre le danger. Malgré l’expansion préoccupante de cette drogue, elle ne semble pas inquiéter nos services de lutte anti-drogues. L’Office central des stupéfiants au Mali (OCS) reconnait qu’elle fait certes des ravages en Colombie, aux Etats-Unis et dans certains pays Magrébins, mais qu’il «n’a fait face à aucun cas au Mali». Le 27 mai 2023, dans une émission radiophonique, le commissaire divisionnaire, Mamadou Samba Coulibaly, chef d’antenne de la rive gauche de l’OCS, précisait que l’héroïne peut aussi provoquer chez ses consommateurs des comportements assimilables à ceux dus à la drogue du zombie. « Ainsi, soutient-il, les gens pensent que les images qui circulent sur la toile sont celles des consommateurs de la drogue zombie. » DOPAGE – Pourtant, au cours de notre enquête, nous avons rencontré un individu qui a prouvé l’existence de la présence de cette drogue sur notre territoire. Il explique qu’il y a des années, quand il était sur un site d’orpaillage, il a commencé à prendre des substances, comme le Tramadol, pour se doper. Et ils étaient beaucoup à en prendre. « Un jour, on m’a proposé cette drogue. On m’a dit qu’elle est meilleure et plus puissante. Quand je l’ai injecté et que je suis descendu dans la mine pour creuser, j’ai été bloqué. Je ne sentais plus mes membres et je n’arrivais plus à bouger», a-t-il confié. L’homme ajoute qu’il a fini par s’endormir. Et quand il s’est réveillé, il était seul et il a fini par remonter à la surface. «Après cette expérience effrayante, je n’y ai plus jamais touché ni à aucune autre drogue», raconte notre interlocuteur. Un autre jeune, résidant d’un quartier de la Commune II, est formel : «Il y a bel et bien la drogue du zombie au Mali. Et je sais qu’elle est différente de l’héroïne que j’ai consommée plusieurs fois». Malgré les vidéos effrayantes présentes sur les réseaux, nos jeunes prennent cette menace à la légère. Comme un challenge, ils réalisent des vidéos sur Tik Tok, où ils imitent les consommateurs de la substance, leur manière de bouger ou de s’arrêter. C’est devenue tendance. Pire, ils se filment sur le titre «26 Mars» du chanteur, Adji One. Le clip, publié il y a un peu plus d’un mois, fait plus d’un million de visionnage sur YouTube. Le chanteur parle d’un médicament qui «bloque» les gens, faisant référence à cette drogue de synthèse. Une musique très appréciée par les jeunes, donnant encore plus de légèreté au danger que représente la drogue zombie. Le sociologue, Dr Lamine Sandy Haidara, trouve que ces jeunes jouent à un jeu dangereux. Pour lui, ce jeu de rôle auquel nous assistons peut-être reproduit dans la vie réelle, à cause de la curiosité, et les jeunes vont vouloir tenter la consommation de cette drogue zombie. «Plus les images deviennent virales, les représentations sociales et la construction mentale de la pratique vont plonger les jeunes dans le cercle vicieux de la toxicomanie», affirme le sociologue. Il ajoute que par la suite ces images sur les réseaux sociaux vont pousser les jeunes maliens à tenter sa consommation, histoire de dire qu’ils ont été les premiers à tenter le coup. «La banalisation, la plaisanterie voire la tendance ne doivent pas être négligées, l’avenir de notre pays risque de prendre un coup préjudiciable à notre développement», informe le Dr Haïdara. Pour lutter contre ce fléau, le sociologue conseille la prévention, l’encadrement des jeunes ainsi que leur surveillance. Tout parent doit particulièrement garder un œil sur les fréquentations de ses enfants. S’y ajoutent l’accompagnement, la prise en charge socio-sanitaire et socioéconomique des usagers de la drogue et de leur entourage ainsi que l’application des textes antidrogues. Malgré des cellules mises en place par l’Etat comme l’OCS, où des opérations spéciales sont menées contre l’éradication de la distribution et la consommation des drogues, la présence de