Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé,  directeur général de la CANAM : “De l’AMO, nous nous acheminons vers le RAMU”

1. L’assurance maladie est une réelle avancée en matière de protection sociale au Mali. Quelles sont les réformes majeures que vous y avez effectuées ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé : Dès notre arrivée, nous nous sommes attelés à la mise en place d’un certain nombre de stratégies afin de conforter au mieux les assurés. La fermeture des droits des assurés était une préoccupation essentielle pour de nombreux assurés qui avaient de la peine à accéder aux soins. Nos services ont procédé à une ouverture massive des droits des assurés, ainsi que leurs ayants-droits, notamment les fonctionnaires civils, les fonctionnaires des collectivités, des forces armées et de sécurité, les contractuels de l’Etat, les pensionnés des secteurs publics et privés. La CANAM a déployé à l’époque environ 150 bornes de mise à jour des cartes biométriques à Bamako, dans les régions et les cercles du pays. Des mesures fortes ont été prises pour la distribution des cartes. Il y avait également des difficultés liées à la prise d’empreinte, notamment pour les personnes âgées et les enfants de 0 à 10 ans. Pour conforter davantage ces deux catégories d’assurés, nous avons mis à leur disposition des cartes sans empreintes.  2. La nouvelle carte biométrique est entrée en service. Pourquoi avez-vous opté pour ce choix ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé : La lutte contre la fraude est impérative pour nous. Il y va de la survie de la CANAM. Si nous n’y mettons pas un frein, l’Organisme va mettre la clé sous le paillasson dans un avenir très proche. Tous les rapports d’audits y compris ceux de la CIPRES (Conférence Interafricaine de Prévoyance Sociale) l’ont relevé.  Avant, nos assurés utilisaient les cartes récépissés sans photos. Cela a conduit à des abus. La carte d’une seule personne pouvait servir à la prise en charge d’un nombre indéterminé des membres de sa famille. Nos feuilles de soins étaient devenues un fonds de commerce pour certains. Nous ne pouvions pas continuer avec ce système.  Il nous fallait des cartes biométriques pour juguler toute cette fraude massive.  3. Nous constatons une nouvelle liste de médicaments. Quelles sont les raisons ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé :  Effectivement, la CANAM a procédé à la révision de la liste des médicaments pratiquée depuis 2014 dans les pharmacies d’officines privées. Ce processus a abouti à l’élaboration et à l’approbation de la liste par l’arrêté N°2018-0230/MSAH/MSPH –SG du 09 février 2018 fixant la liste des médicaments et des dispositifs médicaux admis à la prise en charge du Régime de l’AMO. Après deux années de mise en œuvre et à la suite de la mise sur le marché de nouveaux produits génériques de marques efficaces, innovants et peu coûteux, une révision de la liste des médicaments s’avérait nécessaire. Une étude actuarielle réalisée en décembre 2014 par la CANAM a recommandé « d’éliminer plusieurs produits pharmaceutiques et non pharmaceutiques afin d’alléger la liste exorbitante des produits pharmaceutiques AMO ». C’est dans ce cadre que la Direction Générale de la CANAM a mis en place une Commission Technique chargée de la mise à jour de ladite liste. Dans le souci de rendre plus inclusive la liste, la CANAM a organisé un atelier de validation de la liste des médicaments avec la participation de tous les acteurs impliqués à savoir les sociétés savantes, les ordres professionnels et les syndicats de la santé, les autorités de régulation pharmaceutique et les organismes gestionnaires délégués. Les travaux de groupes ont porté sur 3966 items de la nomenclature des médicaments et dispositifs médicaux à usage humain autorisés au Mali à jour par les quatre groupes. Les exclusions ont porté sur 441 items soit 11,12% selon les critères d’exclusions des médicaments de la prise en charge par le Régime d’Assurance Maladie Obligatoire définis par la Commission. Cependant, 2844 nouveaux items ont été intégrés à la liste, soit 71,7% des items. Au total 3858 items de médicaments et de dispositifs médicaux ont été retenus dont : 571 items pour les médicaments de spécialités, 2540 Items pour les médicaments génériques de marque, 461 Items pour les médicaments génériques Dénomination Commune Internationale, 286 consommables et dispositifs médicaux. Au total 441 médicaments retirés et 2879 médicaments ont été rajoutés. 4. Le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) est en vue. A quand son opérationnalisation effective ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé : Le RAMU, faut-il le rappeler, est une volonté des plus hautes autorités de notre pays qui, en son temps, ont instruit d’engager, en 2015, un processus permettant de mettre en place, à partir de 2018, un système de protection sociale contre le risque maladie au profit de l’ensemble de la population malienne. C’est un dispositif de tiers payant mis en place par l’Etat, qui regroupe tous les mécanismes de prise en charge sociale de la maladie au Mali (AMO, RAMED, Mutualité, gratuités), qui existaient sans lien fonctionnel, dans le but d’optimiser le système de l’assurance maladie sociale par la mise en commun des ressources et des moyens, pour couvrir tous les risques liés à la maladie.  La mise en place du RAMU au Mali se justifie par la volonté des plus hautes autorités d’améliorer l’accessibilité géographique et financière de la population dans sa globalité aux services de santé de qualité. L’Etat, à travers ce régime, entend améliorer le taux d’utilisation des services de santé par les populations, mais aussi mettre en place un système pérenne de financement du système de santé. L’institution du RAMU vise à défragmenter les dispositifs de couverture du risque maladie existants (AMO, RAMED, Mutualité et gratuités), pour une offre de services de santé de qualité et attractifs aux assurés. Plusieurs textes ont déjà été adoptés, d’autres sont en cours de finalisation.  Le RAMU garantira, à terme, la protection sociale pour tous les citoyens, en introduisant la couverture maladie dans les branches de la sécurité sociale qui existaient et en l’élargissant à toute la population. Il va fortement améliorer le taux d’utilisation des services de santé au Mali qui était de moins d’un contact par personne et par an au Mali vers les

Spécial 22 septembre 2022-Trafic ferroviaire : Le train se remet sur les rails

Par Oumar SANKARE Le ministère en charge des Transports a organisé en juillet dernier un essai à blanc devant préparer la reprise du trafic entre la capitale et Kayes. Les préparatifs vont bon train. Cheminots et populations riveraines des rails retrouvent le sourire avec l’espoir que le train recommencera à siffler dans la durée Ce mercredi 13 juillet 2022, le soleil se lève sur la gare ferroviaire de Bamako. C’est le grand jour pour les cheminots et l’ensemble des travailleurs du chemin de fer. Les préparatifs de la reprise du trafic ferroviaire arrivent enfin à une phase cruciale. La Société de patrimoine ferroviaire du Mali (Sopafer) procède à «l’essai blanc» du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes. Le rêve est en passe de devenir réalité pour les travailleurs du chemin de fer privés d’activité depuis belle lurette pour cause de l’arrêt du trafic ferroviaire. L’événement ne passe pas inaperçu dans la capitale. Curieux, automobilistes et piétons sont alertés par le train qui se met à siffler. Il faut dire que les Bamakois avaient perdu l’habitude d’entendre le sifflement des trains. Alors que la foule de curieux grossit, les cheminots s’affairent pour le lancement de «l’essai blanc» du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes. Pour l’occasion, du beau monde est réuni à la gare ferroviaire de Bamako. Ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, directeur général de la Société de patrimoine ferroviaire du Mali (Sopafer), Ibrahim Maïga et autres responsables des chemins de fer, sont là. Tous visiblement enthousiastes et inquiets en mêmes temps. Makan Sissoko est électricien à bord du train. Sourire aux lèvres, il discute des derniers réglages avec d’autres agents, mécaniciens, maintenanciers, tous vêtus d’un uniforme (chemise et pantalon) de couleur bleu. «Le train est à l’arrêt depuis 2018 et c’est avec un grand plaisir que nous reprenons le boulot aujourd’hui», souffle-t-il. L’air excité, Makan Sissoko ajoute : «Ce sont des emplois qui sont créés avec le redémarrage du train, en plus des recrutements et des formations à venir.»  L’attente est également forte du côté des syndicalistes, qui saluent ce bond en avant et les efforts faits pour soulager les travailleurs. Coordinateur des syndicats et associations des cheminots, Moussa Keita Yao se dit satisfait des démarches entreprises par les autorités. «Après tant de détresses, nous sommes rentrés en possession de tous nos arriérés de salaire et un convoi de locomotive est mise en ligne même si c’est une phase d’essai», se réjouit-il. TROIS NOUVELLES LOCOMOTIVES – Une phase d’essai qui fait suite à plusieurs activités déjà réalisées pour la mise en marche du train. Il s’agit de la réhabilitation de 19 gares de Bamako à Kayes, des ateliers centraux de Korofina et de Kayes, de l’acquisition partielle des équipements mécaniques et outillages pour les travaux de la voie. S’y ajoutent les travaux de traitement des points critiques de la voie entre Bamako et Kayes, la pose des traverses en bois sur l’ouvrage d’art de Bamako à Diboli et les travaux de confortement des ponts de Galougo, Mahina et Toukoto. Ces infrastructures réhabilitées sont-elles opérationnelles ? «Les essais à blanc que nous allons réaliser les semaines à venir avec les deux locomotives CC2205 et CC2207, réhabilitées par les techniciens maliens, permettront de relever, entre autres, les anomalies sur le matériel roulant et sur la voie ferrée», explique la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. Après la relance du trafic voyageur, suivra l’exploitation commerciale avec des sources de financement déjà identifiées. En la matière, assure Mme Dembélé Madina Sissoko, «en plus d’une voie métrique, nous disposerons d’une voie standard, entre Bamako et Kayes ainsi que l’acquisition de trois locomotives avec la société russe STM». C’est avec cette société que le gouvernement a signé un mémorandum d’entente pour réhabiliter d’autres locomotives se trouvant dans les ateliers centraux de Korofina. Attendus à Bamako dans les jours à venir, les partenaires russes vont aider à réaliser l’étude de migration de la voie métrique vers la voie standard. Tout cela mis en ensemble devra permettre de redonner espoir à des milliers de Maliens qui vivent de l’activité ferroviaire. «Ce sont des villes entières qui revivront grâce au train. Le Mali étant un pays enclavé, ceci est une aubaine dans le transport des marchandises», relève-t-elle, en parlant de l’impact financier des chemins de fer. Aspect très important de la reprise du trafic ferroviaire : toutes les activités sont financées par le budget national. A cet égard, la ministre Mme Dembélé Madina Sissoko n’a pas manqué de saluer l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta pour la réalisation de cette relance du trafic ferroviaire. Elle a indiqué que c’est grâce à l’engagement des plus hautes autorités que les techniciens maliens ont réparé entièrement deux locomotives et les voitures voyageurs. Deux mois après l’«essai blanc» du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes, la gare centrale est toujours vide. Nous rencontrons Moussa Keita Yao, coordinateur des syndicats et associations des cheminots. Assi avec d’autres cheminots face au rail, ils savourent le thé, chacun la cinquantaine révolue. Nous le suivons dans ses bureaux pour l’entretien. Nous rentrons dans une grande salle vide au mur blanc qui d’ordinaire, toujours animé, abrite 280 agents. Le bureau du cheminot, depuis bientôt 40 ans, est sommairement meublé sans ordinateur. «Nous avons une impression positive de la relance du trafic ferroviaire. On attend incessamment la reprise des activités», espère-t-il. RENTABILITÉ – Cet «essai blanc» a permis de déceler les imperfections sur le plan technique : ouvrages d’art, locomotive, rails, assure-t-il. Mais aussi, tout ce qu’il y a à revoir concernant les ressources humaines. Plusieurs agents sont été admis à faire valoir leur droit à la retraite ou sont déflatés (restructuration par la Banque mondiale). Ils sont donc à remplacer. En la matière, des rapports techniques ont déjà été écris, assure Moussa Kéita. C’est donc à partir de ces rapports que l’on saura où se situer, dit-il.  En attendant, certains d’entre eux prêtent main forte à ceux qui sont encore en

Spécial 22 septembre 2022-Filière coton : Plus que jamais essentielle au tissu économique

Par Moriba COULIBALY L’or blanc se positionne comme la culture de rente leader et stratégique représentant 15% du Produit intérieur brut et 25% des recettes d’exportation. Il génère par an un chiffre d’affaires de 250 à 300 milliards de Fcfa en favorisant beaucoup d’activités qui font tourner l’économie à l’échelle locale, régionale et nationale L’économie malienne tient sur deux piliers essentiels et incontournables que sont la production agricole (agriculture, élevage, pêche) et la production aurifère. Pour la production agricole qui nous intéresse ici, le coton se positionne comme la culture de rente leader et stratégique qui occupe une place de choix dans les recettes d’exportation. En effet, la filière coton représente 15% du Produit intérieur brut (PIB) et 25% des recettes d’exportation. En moyenne, le coton représente un chiffre d’affaires de 250 à 300 milliards de Fcfa par an, ce qui justifie bien la place qu’occupe le Mali dans le peloton de tête des producteurs africains. L’importance de la filière coton se mesure également au nombre d’activités qu’elle génère et fait tourner l’économie à l’échelle locale, régionale et nationale. Par un effet d’entrainement, la production cotonnière implique outre les producteurs et plusieurs autres segments de l’économie comme les transporteurs, les transitaires, les douanes, les fournisseurs de pièces d’usine, de lubrifiants, d’engrais. Par ailleurs, les unités de production d’aliments bétail, d’huile alimentaire extraite de la graine de coton, les entreprises de travaux publics, les banques etc. sont autant d’activités en lien avec la production de coton. Au-delà de ses effets d’entrainement très bénéfiques pour l’économie nationale, la filière coton étend ses activités en dehors des frontières de notre pays. À ce titre, la Côte d’Ivoire représente une destination historique pour l’évacuation de la fibre vers le marché international, a révélé Cheick Tidiane O. Doucouré, directeur général adjoint de la Holding Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT). Le port autonome d’Abidjan est secondé par celui de San Pedro, ajoute notre interlocuteur. Ainsi, la Côte d’Ivoire représente près de la moitié des évacuations du coton vers le marché international (49%), le reste de la production est répartie entre les autres ports de Dakar (Sénégal, 2è position), Lomé (Togo)  tout récemment Conakry (Guinée Conakry) et Nouakchott (Mauritanie) qui sont venus s’ajouter depuis l’instauration de l’embargo de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) en janvier dernier. Ces deux dernières destinations ont représenté la bouée de sauvetage offerte par la Guinée Conakry et la Mauritanie en vue de desserrer l’étau que constituait l’application de l’embargo contre notre pays. 5 À 7 MILLIARDS DE FCFA – La Côte d’Ivoire représente une part non négligeable dans l’expédition du coton malien vers l’extérieur, confirme avec fierté Cheick Tidiane O. Doucouré. Ainsi au cours de la campagne agricole 2017/2018 ce sont 147.300 tonnes de fibres qui ont été évacuées vers ce pays voisin. La campagne suivante ce sont 136.500 tonnes et en 2019/2020, ce sont 129.000 tonnes, soit 44% de la production de coton qui ont été évacués sur la Côte d’Ivoire.  Pour la présente campagne d’exportation, la CMDT est à un peu plus de 50.000 tonnes de fibres évacuées par la Côte d’Ivoire. Et les opérations d’exportation se poursuivent normalement aussi bien sur la destination ivoirienne que sur les autres corridors comme Dakar, Conakry et Nouakchott, révèle le directeur général adjoint. Il précise ensuite que les évacuations de la fibre de coton représentent un chiffre d’affaires de l’ordre de 5 à 7 milliards de Fcfa qui sont versés pour assurer les frais d’assurance, de douane, de transit et de transport. Au retour, les transporteurs chargent du fret constitué généralement d’engrais minéraux qui sont commandés par la CMDT pour la prochaine campagne agricole. Cheick Tidiane O. Doucouré révèle aussi que la CMDT utilise les ports de la Côte d’Ivoire pour d’autres opérations. Il expliquera à ce propos que les commandes de pièces d’usine, les engrais minéraux (300.000 tonnes en moyenne par an), les produits pétroliers (gaz-oil et pétrole pour les unités d’égrenage et les véhicules), les emballages en polypropylène dans lesquelles est emballée la fibre de coton, arrivent généralement par les ports de ce pays voisin. Ces opérations génèrent des ressources et contribuent à renforcer l’économie ivoirienne. La valeur marchande de ces différentes opérations de transactions tourne autour de 193 milliards de Fcfa. Ainsi les produits pétroliers qui représentent plus de 13 millions de litres par an par la CMDT sont raffinés sur place et ensuite transportés vers le Mali. Il en est de même pour les engrais qui, arrivés en vrac par bateaux en Côte d’Ivoire, sont ensachés sur place avant d’être expédiés vers le Mali.  Signe de l’importance du transit par la Côte d’Ivoire : le géant du coton prévoit de construire un entrepôt à San Pedro pour un investissement de près de 4 milliards de Fcfa. C’est fort de la qualité des opérations dans les différents ports ivoiriens que la CMDT maintient sa coopération avec ce pays voisin. Toutefois, elle se réjouit de l’ouverture vers d’autres ports comme cela a été le cas pendant l’embargo. Cette bouée de sauvetage offert par les voisins guinéens et mauritaniens permet au géant du coton de ne pas mettre tous ses œufs dans un même panier et lui offre l’opportunité de trouver d’autres solutions de rechange si par malheur la situation de blocage de l’économie devrait se répéter. MC (AMAP) Encadré : Diversification Comme le dit l’adage, «l’appétit vient en mangeant» avec ces nouveaux débouchés trouvés, la CMDT élargit la voilure. Elle envisage d’augmenter progressivement sa production et d’agrandir en conséquence son parc industriel. Pour cela dans le cadre de son plan stratégique de développement de la filière, elle envisage d’améliorer la productivité du coton à travers la recherche agronomique et de s’ouvrir à d’autres filières agricoles rentables et prometteuses comme la culture du soja et du maïs. Le soja a pour particularité de fixer l’azote dans le sol dont les plantes ont besoin. De ce fait, l’introduction à grande échelle de cette plante va contribuer à

Spécial 22 septembre 2022-Sécurité alimentaire et nutritionnelle :  Plus de 34.000 tonnes à la disposition des couches vulnérables

Par Yacouba TRAORE Le nombre de personnes en insécurité alimentaire est en croissance constante dans notre pays.  De 2016 à 2022, il est passé de 500.000 à un peu moins de 2 millions (8,48% de la population). L’État a mobilisé des moyens pour une réponse adéquate Depuis quelques décennies, le Mali fait face à des défis majeurs en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle à savoir, le changement climatique, la sécheresse et la mauvaise répartition de la pluviométrie qui ont engendré une insécurité alimentaire et nutritionnelle devenue récurrente.  Il y a près d’une décennie bientôt, dans les régions du nord et du centre, notamment Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Ménaka, les terroristes harcèlent les producteurs agricoles en les empêchant d’accéder à leurs champs. Les rares producteurs qui arrivent à cultiver les champs, assistent à la destruction de leurs récoltes. C’est le cas dans la Région de Mopti et une partie de celle de Ségou. Le Sahel occidental à savoir les Cercles de Kayes, Nioro, Diéma, Yélimané et Nara sont devenus des poches endémiques d’insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë à cause des insuffisances pluviométriques et des attaques des terroristes.  Par ailleurs, les zones agricoles du Delta central du fleuve Niger de Macina à Ténenkou en passant par Diré, Goundam, Niafunké jusqu’à Tombouctou, connaissent d’importantes inondations suite aux constantes crues. En outre, depuis le début de la crise ukrainienne, les marchés internationaux subissent de plein fouet une inflation, avec une répercussion sur les prix de certaines denrées alimentaires, notamment le blé, le riz, le sucre, l’huile, et cela a impacté toutes les mesures d’anticipation prises. À cela s’ajoute la pandémie de la Covid-19 et les conséquences de l’embargo imposé à notre pays par les institutions régionales et sous régionales.   Le ministre commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, explique que son Service est l’instrument fondamental du gouvernement pour évaluer et analyser chaque année après la campagne agricole la situation alimentaire et nutritionnelle du pays, et  développer un plan de réponses, assorti d’une évaluation des besoins. La mission dévolue à cette structure, est d’assurer à tout moment, à l’ensemble des populations, la disponibilité d’une alimentation équilibrée, suffisante et saine afin de contribuer à la réduction de la pauvreté, à la consolidation de la paix sociale et à la réalisation d’un développement durable. Pour atteindre cet objectif majeur, précise Redouwane Ag Mohamed Ali, notre pays s’est doté d’une politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle qui constitue désormais le cadre fédérateur des problématiques.  INVASIONS ACRIDIENNES – Ce processus commence par le Système d’alerte précoce (SAP) qui est au début et à la fin du processus de sécurité alimentaire au Mali. Le SAP est au cœur des mesures qui permettent de limiter la perte de vies et de moyens de subsistance due aux aléas et aux catastrophes. Pour le coordinateur du SAP, Moussa Goïta, les aléas en l’occurrence sont ceux qui surviennent à la suite d’un événement avec peu ou pas de signes précurseurs, tels que les inondations, les invasions acridiennes, etc. Dans les deux cas, la capacité de faire face aux facteurs qui font qu’un aléa devient une catastrophe, peut aider à sauver les vies mais également les moyens de subsistance des populations à risque. Les données du SAP sont utilisées pour atténuer la perte en vies humaine et de moyens de subsistance due aux aléas et aux catastrophes. Ils sont constitués d’une série de mécanismes de surveillance organisée ou d’actions qui collectent des informations sur les aléas potentiels dans un lieu donné afin de déclencher en temps opportun des interventions coordonnées.  En effet, l’Observatoire des marchés agricoles (OMA) intervient pour nous renseigner sur les prix des produits de première nécessité sur les marchés agricoles mais aussi leur disponibilité. Et enfin, l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) est mobilisé pour procéder aux achats des stocks qui seront distribués gratuitement aux personnes en situation de vulnérabilité.  L’insécurité alimentaire dans notre pays connait une croissance constante de 2016 à 2022. C’est pourquoi dans le cadre du Plan national de réponse (PNR), certaines zones touchées bénéficieront d’une réponse adéquate. Le PNR 2022 couvrira les 1.2 million de personnes. L’État mettra à la disposition des couches vulnérables 34.147 tonnes qui seront distribuées sur l’ensemble des communes du Mali. Le coup d’envoi de l’opération de distribution de vivres a été donné en juillet dernier par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. La majeure partie des populations en urgence se trouve dans les Cercles d’Ansongo, Bourem, Gao, Ménaka, Nioro, Bandiagara, Bankass, Djenné, Douentza, Koro, Niono et Gourma Rharous. La situation des personnes déplacées internes des Régions de Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka et Bamako a été analysée par le cadre harmonisé et est évaluée à 140.401 personnes. Les zones de production en précarité recevront également de l’aliment bétail, de l’aliment pour les poissons mais aussi des appuis pécuniaires destinés aux ménages vulnérables. Le PNR comprend également des actions de soutien, d’appui aux maraîchers, en termes de semences, d’aménagement, d’accès à l’eau et d’outils agricoles. Pour atteindre les résultats escomptés, le gouvernement a mobilisé cette année sur le budget national, plus de 8 milliards de Fcfa en plus des 7,5 milliards mobilisés dans le cadre de l’indemnisation de l’assurance African Risk Capacity (ARC).  YT (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Œuvres sociales du président de la Transition : Le geste du cœur

Par Cheick Moctar TRAORE Le chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, a pris la décision inédite dans nos annales politiques de consacrer une partie de ses fonds de souveraineté à des actions de solidarité. Plus de 200 forages d’adduction d’eau potable ont déjà été inaugurés. Sans compter des appuis à des organisations de personnes défavorisées Mardi 7 juin 2022, à Bagadadji, en commune II du district de Bamako. L’ambiance est festive à l’école Place de la République. Là-bas le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, inaugure le 200è forage dans le cadre de ses œuvres sociales. Cela pour célébrer le premier anniversaire de son investiture comme président de la Transition.  Le chef de l’État a prêté serment le lundi 7 juin 2021. Intronisation solennelle lors de laquelle, le chef suprême des armées s’est engagé à consacrer une partie de ses fonds de souveraineté à la réalisation d’œuvres sociales et humanitaires envers les populations notamment défavorisées.   En la matière, le choix du Groupe scolaire : Place de la République est loin d’être fortuit. La symbolique est d’ailleurs jugée très forte. Située entre l’Assemblée nationale, la Grande mosquée de Bamako et la Maison des artisans (espace appelé Place de la République), cet établissement est «l’École élémentaire garçon» créée en 1905. Certaines grandes figures du Mali telles que le premier président Modibo Keita, l’écrivain Seydou Badian Kouyaté… l’ont fréquentée. Elle compte aujourd’hui plus de 1.200 élèves dont 700 filles, repartis entre 18 classes (premier et second cycles confondus).  Cet établissement mythique a, à l’occasion, également servi de cadre pour la remise de cinq véhicules dont deux véhicules à la Fédération nationale des associations de personnes handicapées (Femaph), deux à l’Office national des pupilles en République du Mali (Onapuma) et un à l’Association malienne des aveugles. Le Centre hospitalier universitaire de Kati, le Centre de santé de référence de la Commune IV et l’Institut national de santé publique reçoivent chacun un groupe électrogène.  Depuis, les actions sociales se poursuivaient dans d’autres domaines. Les travaux de réalisation de forages continuaient également. Finis ces activités, les campagnes de remise ont repris. C’est ainsi que le vendredi 29 juillet dernier, la conseillère spéciale du président de la Transition, le colonel Assa Badiallo Touré, a inauguré 13 nouveaux forages. Tous offerts à des établissements d’enseignement supérieur.  Cette série d’inaugurations commence au campus de l’École de médecine du Point-G. Au profit de ces futurs médecins, la conseillère spéciale inaugure le 201è forage. Cette adduction d’eau potable soulagera les étudiants en médecine. Après le campus de l’École de médecine du Point-G, le colonel Assa Badiallo Touré a mis le cap sur l’École nationale d’ingénieurs (ENI). Dans la cour de cet établissement de formation des ingénieurs maliens et africains, elle met en service deux forages, le 202ᵉ et le 203ᵉ. Elle n’a pas manqué d’inviter à une prise en charge optimale de ces joyaux offerts par le chef de l’État afin de réduire le stresse hydrique auquel les étudiants sont confrontés.  Quelques heures plus tard, la délégation s’est rendue à l’Institut polytechnique rural de formation et de recherche appliquée (IPR/IFRA) de Katibougou. Elle y inaugure huit forages au profit de ce centre universitaire. Les 204ᵉ, 205ᵉ, 206ᵉ, 207ᵉ, 208ᵉ, 209ᵉ, 210ᵉ et 211ᵉ forages ont été implantés respectivement dans les secteurs : élevage, verger, potager, à la Cité, à l’Internat du Centre des œuvres universitaires (CENOU) et à l’arboretum de l’IPR/IFRA de Katibougou.  Après c’était le tour des étudiants de la Faculté des sciences techniques (Fast) et de l’Institut universitaire de gestion (IUG), de recevoir leurs ouvrages d’adduction d’eau potable. C’était les 212ᵉ et 213ᵉ forages. Des actions qui témoignent de la considération du président de la Transition à l’égard de ces futurs dirigeants du Mali. «Les étudiants, qui constituent les futurs cadres du pays, méritent d’être mis dans les conditions d’études. Ces infrastructures hydrauliques contribueront à l’amélioration de leur cadre de vie et d’étude », explique sa conseillère spéciale. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a rappelé les raisons qui l’ont amené à initier ces actions sociales et humanitaires. «Nous avons été inspirés par cette initiative lorsque nous étions sur le théâtre des opérations. Lors des patrouilles, nous avons vu des villages abandonnés à eux-mêmes, souvent sans soins ni assistance au plan alimentaire. C’est au regard de toutes ces expériences que nous (le président de l’Assemblée nationale ici présent et moi-même) avons décidé d’apporter notre contribution à nos populations. Et nous assurons les Maliens que les œuvres sociales vont continuer jusqu’à la fin de la Transition». Le chef de l’État a fait cette révélation lors de l’inauguration du 200è forage la au Groupe scolaire: Place de la République.  CMT (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Barrage de Markala : Grand corps malade

Par Cheick Amadou DIA Le barrage de Markala est la pièce maîtresse du système d’irrigation de l’Office du Niger. Sa construction a commencé en 1934 pour s’achever en 1947. Il est construit en deux parties, un barrage mobile et un barrage fixe constitué de digues en terre.  La partie mobile est un barrage à hausses basculantes et de type AUBERT. Elle comporte une structure en béton constituée d’un radier sur lequel sont installées les hausses mobiles. Construit avec la technologie des années 1930, l’ouvrage vieux de 90 ans, présente des signes d’usure structurelle. Il connaît des pannes récurrentes, en particulier sur les chariots de manœuvre des hausses et sur le système électrique depuis 2016.  L’étude d’inspection technique et d’auscultation du barrage et des ouvrages connexes réalisée en 2017 a relevé des avaries multiples, causées par les pannes mécaniques et électriques. L’usure de la structure métallique est due à la corrosion. Il y a aussi l’état précaire des chariots de manœuvre des hausses, l’état défectueux des cabines de commande, des équipements mécaniques et électriques des chariots.  Le système électrique et mécanique dégradé et vieillissant, manque de pièces de rechange qui ne sont plus disponibles sur le marché. Ce qui conduit à un écoulement anormal des puits de drainage et le bouchage des piézomètres.  Le système hydromécanique et les ouvrages connexes sur le barrage sont défectueux. On constate des fuites d’eau au niveau du bajoyer de l’écluse de Thio. Des problèmes électriques et mécaniques sont enregistrés sur tous les ouvrages annexes. Devant l’urgence des travaux de réparation, la direction de l’Office du Niger a informé son département de tutelle en vue de prendre des dispositions pour réaliser les travaux de sauvegarde du barrage et de ses ouvrages annexes, pour un budget de 3,5 milliards de Fcfa. Une convention de partenariat a été signée avec les Ateliers militaires centraux de Markala (AMC) pour la réalisation des travaux de réparation.  Lors d’un conseil de cabinet restreint tenu à la Primature, le 14 décembre 2021, le gouvernement a décidé de prélever sur les fonds du département du Développement rural. Le montant est réparti entre le Fonds national d’appui à l’agriculture (1 milliard Fcfa), le Contrat-plan État/Office du Niger/exploitants agricoles 2019-2023 (1 milliard Fcfa) et le Programme de subvention des équipements agricoles (1,5 milliards Fcfa).  Après la signature de convention, des dispositions devaient être prises par les ministères de l’Économie et des Finances et du Développement rural pour procéder au paiement. à ce jour, les ressources financières n’ont pas été mises à la disposition des AMC, constate-t-on au niveau de l’Office du Niger. Malgré ce retard dans le paiement, les AMC sont à pied d’œuvre pour la réalisation des travaux. CAD  (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Office du Niger : L’insécurité plane sur le grenier à riz

Par Cheick Amadou DIA Dans leur combat pour imposer un islam obscurantiste dans notre pays, les terroristes empêchent les paysans d’accéder aux champs et détruisent les récoltes et le matériel agricole. L’objectif est de soumettre les populations par la terreur de la faim Qui veut asservir un peuple, l’affame. Tel semble être le « modus operandi » des groupes terroristes qui sévissent dans la zone Office du Niger, depuis plusieurs années. Véritable « grenier à riz » du Mali, c’est l’un des périmètres irrigués les plus étendus et les plus anciens de l’Afrique de l’Ouest, située sur la rive gauche du fleuve Niger, dans son delta intérieur du cours d’eau, à 250 km en aval de Bamako. Avec ses 100.000 hectares de terres irrigués, l’Office du Niger compte aujourd’hui parmi les plus grands aménagements hydro-agricoles du continent africain et contribue fortement à la sécurité alimentaire de notre pays, avec une production annuelle d’environ 500.000 tonnes de riz. Les productions principales sont le riz, le maraîchage, le sucre et les produits d’élevage. Depuis plus de 3 ans, l’Office du Niger n’arrive plus à atteindre ses objectifs de production à cause de l’insécurité qui s’est installée dans la zone. Pendant la campagne 2020-2021, cette situation a provoqué de nombreuses pertes en vies humaines, des destructions de biens et d’ouvrages hydrauliques, des vols de récoltes et de bétail, des incendies criminels de gerbiers et de champs à maturité, de matériels agricoles, l’impossibilité d’accéder à certaines parcelles et la réduction du rayon d’action de l’encadrement technique, regrette Abdel Kader Konaté, Président directeur général de l’Office du Niger.  MANQUE À GAGNER – La situation a conduit la direction et les Comités paritaires de l’Office à accorder aux producteurs victimes de l’insécurité, un dégrèvement total (abandon de la redevance-eau) sur 5 271,67 hectares et un manque à gagner de 303.157.002 Fcfa pour le budget 2021 de l’Office du Niger, qui a été également affecté par le non-recouvrement de 841 millions de Fcfa et une réduction de 600 millions de Fcfa opérée sur la contribution de l’État, précise Bamoye Keïta, directeur de l’Appui au monde rural à l’ON au moment de notre passage. Malgré ce niveau de dégrèvement sans précédent, au 31 mars 2021, date limite de paiement de la redevance, le montant recouvré était de 3,8 milliards de Fcfa sur un montant à recouvrer de 6,9 milliards de Fcfa qui représente un taux de 55,18% et un reliquat de 3,1 milliards de Fcfa. Face à ce constat alarmant, l’Office du Niger, à la demande des producteurs à travers leurs responsables, a reporté le délai de paiement de la redevance de 3 mois, le ramenant au 30 juin 2021. Aussi, les décisions d’éviction pour non-paiement de la redevance au titre de la campagne agricole 2020-2021, n’ont été signées que le 22 juillet 2021, signale-t-on à la direction de l’Appui au monde rural.  Suite à une requête du président de la Chambre régionale d’agriculture de Ségou, lui demandant le différé du paiement de la redevance jusqu’au 30 novembre 2021, au bénéfice des producteurs impactés par l’insécurité, le ministre du Développement rural a demandé à l’Office du Niger de convenir avec la Chambre, des modalités de recouvrement du reliquat, tout en préservant les acquis fondamentaux de l’entreprise. Un moratoire a été accordé à cet effet, sur l’application de la décision d’éviction, aux producteurs en difficulté qui acceptent de s’engager par écrit, à s’acquitter de leur dette au plus tard, le 30 novembre 2021.  20.678 PERSONNES DÉPLACÉES – Malgré toutes ces facilités accordées et les mesures d’apaisement prises par la direction de l’Office, le taux global de recouvrement n’a atteint que 87% avec un reliquat non recouvré de 840,8 millions de Fcfa. En prenant en compte le dégrèvement de 303 millions et la réduction de 600 millions de Fcfa opérée sur la contribution de l’État, la perte globale de ressources au niveau de l’Office du Niger, au titre de la campagne agricole 2020-2021, s’élève à 1,7 milliard de Fcfa. Dès le début de la campagne 2021-2022, des entraves à la circulation des personnes et des biens ont été constatées sur les principaux axes routiers de la zone Office du Niger et les chemins d’accès aux villages et aux périmètres. La recrudescence des attaques terroristes et la multiplication des groupes d’auto-défense ont de graves conséquences sur la vie des populations. On enregistre à ce jour, 298 pertes en vies humaines, 132 personnes portées disparues, 96 villages et hameaux déplacés, 20 678 personnes sont déplacées, 6 292 hectares de champs abandonnés pour une perte des récoltes estimée à 60.797,21 tonnes. Il y a aussi la destruction de 402 matériels agricoles, tous types confondus. La mise en valeur des terres a été énormément perturbée, signale Bamoye Keïta. Sur les 130.993 hectares prévus cette saison, seuls 106.098 hectares ont pu être mis en valeur, soit une différence de 24.894,93 hectares. En effet, les 2.548 hectares, en cours d’aménagement à M’Béwani et réalisés à 95%, n’ont pas pu être achevés à cause des attaques récurrentes sur le chantier avec des enlèvements de personnes et de véhicules et des destructions d’engins lourds de chantier. Il en est de même des 500 hectares, précédemment réalisés par le Projet d’accroissement de la productivité agricole au Mali (PAPAM), qui n’ont pas pu être mis en valeur parce qu’ils dépendent du même réseau que les 2 548 hectares non achevés. Les 400 hectares du projet Molodo Nord, réceptionnés et attribués, n’ont pas pu être mis en valeur à cause de l’insécurité. Interdiction ayant été faite aux attributaires d’y accéder. Dans l’ensemble des zones et, de manière plus prononcée à Kouroumari, N’Débougou et Molodo, ce sont 21.936,93 hectares qui n’ont pas pu être exploités à cause des déplacements de populations et de l’impossibilité d’accéder aux périmètres. INTERDICTION D’ACCÈS AUX PARCELLES – Les opérations de récolte en cours dans toutes les zones sont fortement entravées par l’insécurité avec l’interdiction d’accès aux parcelles en maturité. Ainsi, il n’est pas garanti que les 106.098 hectares mis en valeur puissent être entièrement récoltés, avertit le responsable

Spécial 22 septembre 2022-Accès à l’engrais subventionné : Parcours du combattant pour les producteurs

Par Cheick Mocatr TRAORE L’Etat a prévu de mobiliser 17 milliards de Fcfa, cette année, pour permettre aux paysans de disposer d’une partie de leurs besoins en fertilisants chimiques à un prix abordable. Mais les quantités commandées ne sont pas disponibles du fait de la défaillance de certains fournisseurs. Du coup, le sac de 50 kg à 12.500 Fcfa demeure un mirage pour beaucoup de producteurs agricoles La flambée et la volatilité des prix des engrais persistent à travers le monde. Au Mali, à cause des prix élevés, les engrais ne sont pas à la portée de la bourse de l’écrasante majorité des producteurs agricoles. Pour pallier la difficulté, l’Etat mobilise des ressources pour subventionner une partie de l’approvisionnement en engrais. Problème : l’accès à l’engrais subventionné est un parcours du combattant pour les producteurs. Administration et opérateurs économiques se rejettent la faute. Quelles en sont les raisons véritables ? Cette situation risque-t-elle de compromettre la sécurité alimentaire, cette année ? Est-il encore possible de rectifier le tir ? Pour la présente campagne agricole, l’engrais subventionné représente 15% des besoins des producteurs des zones hors CMDT. Il est cédé à 12.500 Fcfa. L’État paie les fournisseurs selon un prix convenu pour que les producteurs puissent obtenir le précieux fertilisant à 12.500 Fcfa le sac de 50 kg. Le montant total des ressources financières mobilisées, pour cette campagne, se chiffre à 17 milliards de Fcfa. C’est au prix du marché que producteurs achèteront les 85% de leurs besoins en engrais. Sur les six fournisseurs sélectionnés pour ravitailler l’Office du Niger en engrais subventionné, un seul a pu honorer entièrement son contrat. Cette situation est, de l’avis du ministre du Développement rural, Modibo Keïta, due essentiellement à l’accès difficile au prêt bancaire par certains fournisseurs.  Il faut dire que de nouveaux fournisseurs ont fait leur apparition dans le négoce de l’engrais cette année parce que les pouvoirs publics en ont décidé ainsi, avec l’objectif de casser le quasi monopole des sociétés Gnoumani, Toguna, Doucouré. Le ministre du Développement rural pense que l’ouverture du marché à d’autres opérateurs économiques n’a pas été du goût des fournisseurs traditionnels qui auraient exigé le règlement des impayés de 2019 et 2021, avant toute nouvelle fourniture d’engrais.  Le ministre Modibo Keïta croit savoir que les magnats de l’engrais ont rechigné à jouer le jeu parce qu’il leur est plus profitable de vendre l’engrais au comptant, en mettant en avant le prétexte de la «hausse mondiale des prix». C’est ainsi qu’ils aurient exigé de vendre le sac d’engrais à 50.000 Fcfa à l’État et continuer à servir les zones qu’ils ravitaillaient habituellement.   VRAIMENT TARD – Les fournisseurs d’engrais disent n’avoir jamais tenu de tels propos. Précisons que la Société Doucouré partenaires agro-industrie (DPA) et Gnoumani S.A sont les principaux fournisseurs d’engrais en zone Office du Niger.  Diadjé Ba, le patron de Gnoumani S.A, soutient que le ministère du Développement rural a exclu les fournisseurs traditionnels du marché de l’engrais subventionné. Il assure que la quantité d’engrais nécessaire à la campagne agricole en cours est disponible dans ses magasins.  Quant à la société DPA, elle dit disposer d’un stock estimé à 700.000 tonnes, suffisant également pour satisfaire les besoins des producteurs. La société DPA fournit de l’engrais à 193 organisations paysannes de l’Office du Niger. Le sac de 50 kg de NPK 162-612 est cédé à 37.500 Fcfa, soit 750.000 Fcfa la tonne. Celui de l’Urée est vendu à 33.750 Fcfa, soit 675.000 Fcfa la tonne. Pendant que les autorités et les fournisseurs se rejettent la responsabilité, les producteurs voient leurs cultures pâtir du manque de fertilisants. « L’engrais fait défaut cette année, déplore le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCAM). Les fournisseurs n’ont pas pu honorer leur contrat. C’est maintenant que certains disent qu’ils vont les honorer. Il est vraiment tard ». Selon Sanoussi Bouya Sylla, les responsables n’ont pas su anticiper. « Dès la crise de Covid-19, on savait ce qui allait se passer. Si des dispositions avaient été prises à temps, si on avait donné la fourniture de l’engrais à ceux qui ont la capacité technique et logistique, on n’en serait pas là. La responsabilité incombe à ceux qui ont donné le contrat à des gens qui n’ont pas pu livrer », fustige-t-il, estimant qu’il faut situer les responsabilités et tirer les leçons. Cette situation devrait être évitée, fulmine notre interlocuteur qui rappelle qu’une mission de la direction nationale de l’agriculture à laquelle un représentant de l’APCAM a participé avait fait l’état de l’engrais dans le pays, avant la période d’hivernage. « Si on avait par exemple écouté les paysans, on aurait plaidé pour réduire le quota en engrais organique en faveur de l’engrais chimique. Dans beaucoup de zones, il y a eu ce problème de reconversion », déplore Sanoussi Bouya Sylla.  Pour espérer rectifier le tir, « nous devons préparer la contre-saison de riz et une offensive maraîchère sur les tubercules…», propose le président de l’APCAM. Qui invite à revoir le mécanisme d’approvisionnement en engrais. Il plaide pour l’enregistrement des exploitations familiales avec la géolocalisation assortie de la carte professionnelle agricole comme le préconise la Loi d’orientation agricole (LOA) dans ses articles 16, 19 et 21.  Le manque de fertilisants peut fortement compromettre la sécurité alimentaire dans le pays, alerte Sanoussi Bouya Sylla. Le maïs et le riz ont nécessairement besoin d’engrais chimiques.  CMT (AMAP) Encadré : Avancées majeures Le président de la Transition ambitionne de faire de l’Agriculture le moteur du développement économique et sociale du Mali, en renforçant la traçabilité des investissements dans le secteur. «Je remercie le chef de l’État qui a instruit le ministre du Développement rural d’amorcer cet enregistrement des exploitations familiales agricoles avec géolocalisation pour voir la traçabilité de ses actions avec les paysans », s’est réjoui le président de l’Apcam.  Aujourd’hui, renchérit Sanoussi Bouya Sylla, le président Assimi Goïta parle de la loi de programmation des investissements du secteur agricole qui est le seul cadre définit pour le financement du secteur agricole dans la Loi d’orientation agricole (LOA). Le chef de l’État a également

Spécial 22 septembre 2022-Agriculture : Passage obligé par la réforme et la mécanisation

Par Babba B. COULIBALY Le monde rural réclame des équipements modernes et une loi de programmation et d’investissement du secteur agricole à l’image de la loi de programmation militaire. L’état est en train d’œuvrer dans ce sens, convaincu que ces conditions sont nécessaires au développement de la production et de la productivité agricole Adoptée en 2017, la Loi d’orientation agricole est un instrument juridique qui fixe les orientations de la politique de développement agricole de notre pays. à travers cette loi, les pouvoirs publics veulent donner à l’agriculture une dimension très solide permettant de produire plus et d’exporter. De l’avis des acteurs du secteur, cette loi enregistre des acquis notables et les perspectives sont bonnes.  Chargé de mission au ministère du Développement rural, Dr Daouda Diarra estime que la loi d’Orientation agricole offre au secteur agricole des outils structurants qui permettent d’apporter le changement nécessaire. De l’analyse de cet expert, l’application d’une loi est une demande structurante. Pour lui, un des enjeux majeurs aujourd’hui, c’est comment sécuriser les terres agricoles ? Sans la terre il n’y a pas d’agriculture. Aujourd’hui le Mali dispose d’une loi sur le foncier agricole, une politique foncière agricole. À partir de cet instant, tout ce que nous faisons, repose sur une dynamique qui donne des moyens permettant aux exploitants de se sécuriser, fait savoir Dr Diarra. Il ajoute que les terres agricoles aux alentours des grandes agglomérations transformées en construction, sont protégées par cette loi. Toute chose qui permet aux exploitants de ne plus être victime de certains abus.  Outre la mise en place et le fonctionnement du Conseil supérieur de l’agriculture, présidé par le chef de l’État, la mise en place du Fonds national d’appui à l’agriculture figure parmi les acquis de la loi d’orientation agricole. L’objectif recherché est de doter le secteur agricole des moyens financiers conséquents pour pouvoir faire face à des besoins cruciaux. S’y s’ajoute la mise en place des  inter-professions du secteur. S’agissant des perspectives, le spécialiste nous confie qu’il est nécessaire d’offrir des outils structurants. Notamment, l’organisation du monde rural, la protection sociale agricole, appelée instrument assuranciel. Un vaste chantier permettra, selon lui, de donner les moyens aux exploitants agricoles à l’image de l’Assurance maladie obligatoire (AMO).  UNE LOI AVANT-GARDISTE – Il ressort des explications de cet expert, que la loi d’orientation agricole, prévoit en son article 195 un chapitre de programmation et d’investissement du secteur agricole à l’image de l’armée. Les perspectives se déroulent autour d’un mécanisme de protection de revenus agricoles. Sans revenu, il n’y a pas d’agriculteurs. Le revenu agricole doit être renforcé par la contractualisation en agriculture. Ce sont des contrats juridiquement solides, établis entre l’exploitant et le transformateur ou le transporteur. Ces contrats s’étaleront sur 5 à 6 ans, sur des moyens solides qui permettront de travailler dans le sens de l’investissement à court et moyen termes, précise notre interlocuteur.  Abondant dans le même sens, le président de Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla, estime que s’il y’a une loi qui a été véritablement débattue par toutes les couches sociales du pays, c’est bien la loi d’orientation agricole. Cependant, il reconnaît que certains décrets d’application tardent à venir. Par exemple, il est prévu une loi de programmation et d’investissement du secteur agricole. à cet effet, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a donné des instructions pour l’application effective de cette loi.  Le patron de l’APCAM estime que si ce document est élaboré conformément à la vision des producteurs agricoles, c’est-à-dire, 75% d’investissement et 25% de frais de fonctionnement, ce sera le début de la relance de l’agriculture de notre pays. « Nous devons refonder l’agriculture et faire un plan maréchal agricole en profondeur avec l’avis des producteurs agricoles », suggère le président de l’APCAM qui plaide pour la loi de programmation et d’investissement du secteur agricole à l’image de la loi de programmation militaire.  En termes de perspectives, il estime que l’agriculture doit être repensée à travers un débat franc entre la profession agricole et l’encadrement. « à ce jour, malgré l’impulsion du chef de l’état et les directives données au Conseil supérieur de l’agriculture, la profession l’agricole a des difficultés à faire entendre sa voix », déplore le président de l’APCAM. MÉCANISATION – Notre agriculture est à 90% basée encore sur la traction animale et la daba, selon des experts en la matière. Et avec l’exode rural, trouver la main d’œuvre champêtre relève du parcours du combattant. Face cette situation, la mécanisation de l’agriculture s’impose. Selon Sanoussi Bouya Sylla, pour atteindre notre souveraineté alimentaire et exporter, ce qui est la vocation du Mali, il faut forcément mécaniser l’agriculture. à cet égard, il a félicité le chef de l’Etat pour les 225 tracteurs remis récemment aux producteurs agricoles. Pour le développement de la mécanisation agricole, notre interlocuteur préconise la création des coopératives d’utilisations des machines agricoles. De son point de vue, l’agriculture doit devenir quelque chose qui se pratique 12 mois dans l’année.  Pour Aghatam Ag Alhassane, directeur national du Génie rural, la mécanisation devient indispensable pour le pays dans la mesure où la main d’œuvre n’existe plus. Pour ce faire, la population agricole a besoin d’être équipée pour diminuer la pénibilité du travail et permettre d’emblaver beaucoup plus de superficie, poursuit-il. Grace à la mécanisation de l’agriculture, beaucoup de paysans se sont dotés en équipement agricole. La loi d’orientation agricole a été une révolution pour le secteur agricole du pays, qui s’est doté d’une unité d’assemblage des tracteurs (Mali tracteur sa) à Samanko, se réjouit le ministre du Développement rural Modibo Keïta. Pour une plus grande mécanisation de notre agriculture, outre la subvention des équipements agricoles, l’état a ouvert la voie aux investisseurs dans le domaine des équipements agricoles.  BBC (AMAP) 

Spécial 22 septembre 2022-Fonction publique de l’État et des collectivités territoriales : Opération fichier propre

Par Mohamed D. DIAWARA Les autorités de la Transition ambitionnent de parvenir à une base de données fiable pour les deux systèmes. Le but est de maîtriser les effectifs des agents et la masse salariale. Et surtout de lutter efficacement contre la fraude. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? L’assainissement des bases de données de la Fonction publique de l’état et des collectivités territoriales est l’un des chantiers phares du gouvernement de Transition. Cette action s’inscrit dans le cadre du projet Système intégré de gestion des ressources humaines de la Fonction publique de l’état et des collectivités territoriales (SIGRH), lancé le 24 mai dernier, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Il a pour objectif de doter ces deux entités d’un système de gestion des ressources humaines (GRH) intégrant les données du Recensement administratif à vocation d’état civil (Ravec). Le projet avance à un rythme soutenu. Le président de la sous-commission gestion des ressources humaines du projet SIGRH, et porte-parole du Comité technique d’exécution du projet, Mamadou Konta, explique que l’assainissement du fichier des deux fonctions publiques interviendra à la fin de la phase de recensement de leurs agents, lancé le 1er septembre dernier. Cette opération s’étalera de septembre à novembre 2022 à travers l’intégration des données du Ravec. En ce qui concerne les 400 enseignants fictifs, Mamadou Konta explique qu’il s’agit des agents dont la situation d’irrégularité avait été découverte lors de la transposition du personnel enseignant par la direction des ressources humaines du secteur de l’éducation dans la grille annexée à la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018 portant Statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. Depuis, ajoute-t-il, beaucoup ont procédé au reversement des sommes indument perçues, à la suite d’une mission de contrôle effectuée par le Contrôle général des services publics. 118.748 FONCTIONNAIRES – Le président de la sous-commission gestion des ressources humaines du projet SIGRH pense qu’au lieu de fonctionnaires fictifs, il s’agit plus de fonctionnaires réels. Ces derniers, indique-t-il, profitent des failles du système de gestion administratif et salarial et de la négligence de certains gestionnaires, pour percevoir à un moment donné les salaires qui auraient dû être payés à 2 voire 3 personnes. Mamadou Konta relèvera aussi que le chiffre approximatif de 400 concerne ceux dont les situations avaient été documentées en 2018 lors de la transposition. Il signale que nombre d’entre eux n’appartiennent plus au corps des enseignants parce qu’ils ont accédé à d’autres corps en se présentant à différents concours. Et d’ajouter que l’ampleur de ce phénomène ne pourrait être mieux appréhendée qu’à la fin du projet SIGRH, prévue pour juillet 2023. À l’état actuel des bases de données des deux fonctions publiques, précise-t-il, notre pays compte 118.748 agents, soit 54.802 agents pour la Fonction publique d’État et 63.946 pour celle des collectivités territoriales. Selon lui, le SIGRH procède de la volonté du gouvernement de Transition de réussir une refondation du Système de gestion des agents de l’état et des collectivités territoriales par la constitution d’une base unique intégrant les données biométriques de chaque agent. Il ajoute que tout cela participe du processus de refondation de l’état, avec la création des bases d’une modernisation de la gestion de l’administration publique.  Le président de la sous-commission relève que le SIGRH permettra d’avoir une  meilleure maîtrise des effectifs et de la masse salariale. Ses objectifs spécifiques visent notamment à disposer d’une base unique de données fiables sur les effectifs de l’état et des collectivités territoriales, de  lutter contre la fraude et de réaliser des économies sur les budgets de l’état et des collectivités territoriales. En perspective, le projet ambitionne l’intégration des données du Ravec, l’enrôlement des agents, la production des cartes d’agents publics.  En outre, le porte-parole du Comité technique d’exécution du SIGRH affirme que la fin de ce projet sera assortie de la disponibilité au niveau des deux fonctions publiques et de tous les services chargés de la GRH d’une base de données unique et fiable, integrant les données du Ravec et interconnectés.  Il explique aussi que les deux fonctions publiques sont confrontées à des difficultés liées à l’absence d’interconnexion entre les structures chargées de la GRH de l’état d’une part et celles chargées de la GRH des collectivités territoriales d’autre part, et de l’absence d’un fichier unique pour la gestion des salaires des fonctionnaires des collectivités territoriales. Le responsable de la sous-commission estime à plusieurs milliards de Fcfa, la perte qu’engendre la gestion inefficace des ressources humaines pour l’État.  MDD (AMAP) Encadré : Relever le défi de la transparence Le gouvernement de la Transition a placé le concours d’entrée à la Fonction publique de l’État au titre de l’année 2021 sous le signe de la transparence. Il entendait ainsi promouvoir la culture de l’excellence dans l’administration publique et procurer des services de qualité aux usagers de l’administration publique malienne, a indiqué la ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Mme Diawara Aoua Paul Diallo, lors du lancement du concours. Sur 883 postes, 807 ont été pourvus sur la base du mérite. Les 76 autres sont restés vacants. Les postulants à ces postes n’étaient pas nombreux et ceux qui ont concouru n’ont pu obtenir la moyenne d’admission minimale requise, c’est-à-dire 10 sur 20.  L’admission du vendeur de noix de coco, Abdoulaye Diabaté, a fait le tour des réseaux sociaux. Son cas a été cité en exemple par beaucoup de nos compatriotes comme une preuve de transparence dans l’organisation de ce recrutement de fonctionnaires.  Le directeur du Centre national des concours de la Fonction publique, Dr Ousmane Magassy, s’inscrit dans la même vision. Il assure que les résultats ont été unanimement acceptés. «Nous avons diffusé un communiqué, appelant ceux qui ne sont pas satisfaits à faire des réclamations sur les notes. Les huissiers de justice, commis par les intéressés, ont certifié la conformité des notes données», révèle le patron du Centre qui soulignera aussi que cette année, l’authentification des diplômes des admis a été pointilleuse, avant d’inviter la