Le président Mamady Doumbouya arrivé mercredi à Bamako

Bamako, 21 sept (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a accueilli, mercredi, son homologue guinéen Mamady Doumbouya à l’aéroport international de Bamako, a constaté l’AMAP sur place. Lors de sa visite de 24 heures au Mali, le chef de l’’État guinéen prendra part aux festivités du 62è anniversaire d l’indépendance du Mali, demain jeudi 22 seotembre. À sa descente d’avion, le colonel Doumbouya a été accueilli, avec tous les honneurs, en présence du chef du gouvernement et des membres du gouvernement et du président du Conseil national de Transition (CNT). Le président de la Transition guinéenne a évoqué l’objet de sa visite avant d’être accompagné au Palais de Koulouba.  « Je suis à Bamako, à côté de mon frère, le président Assimi Goïta, pour fêter l’indépendance du Mali et accompagner le peuple malien, qui est un peuple frère », a dit le colonel Mamady Doumbouya. Le colonel Doumbouya a, ensuite mis l’accent sur les liens historiques entre les deux pays. « La Guinée et le Mali constituent deux poumons dans un même corps. Pour moi, il est important d’être à Bamako pour fêter l’indépendance du Mali avec les frères maliens », a dit le colonel Doumbouya, selon un communiqué de la présidence. MT/MD (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Centre de médecine du sport Lassana Traoré : Incontournable dans le développement du sport

Par Seibou S. KAMISSOKO Depuis le 12 juillet 2022, le Mali dispose d’une structure en charge exclusive de la santé des sportifs du pays. Il s’agit du Centre de médecine du sport Lassana Traoré dit Ambiance, un marathonien décédé en juillet 1965 en pleine compétition. Bâti sur une superficie de 9.777 m², le Centre de médecine du sport Lassana Traoré Ambiance est construit sur 3 niveaux. Il comprend 55 salles et bureaux, 4 grandes salles, 2 magasins, 1 ascenseur et une loge-gardien. L’infrastructure a coûté 1,8 milliard de Fcfa sur les exercices budgétaires 2012, 2013 et 2014 avec des travaux de réaménagement des voies d’accès d’un montant de 59 millions de Fcfa.  Le Centre de médecine du sport Lassana Traoré «Ambiance» est organisé en six blocs : un bloc de consultation, un bloc d’imagerie, un bloc de kinésithérapie, un bloc de laboratoire, un bloc opératoire et un bloc d’hospitalisation. Quatre de ces six blocs sont d’ores et déjà fonctionnels. Il s’agit du bloc de consultation, du bloc d’imagerie, du bloc de kinésithérapie et du bloc de laboratoire.  Selon le Directeur national du Centre de médecine du sport, Dr Adama Sangaré, les deux autres blocs opératoires et d’hospitalisation seront fonctionnels dans un avenir proche.  «D’ici la fin de l’année, le centre sera doté de l’IRM 3 TESLA, la dernière génération de l’imagerie à résonnance magnétique et du scanner 128 barrettes qui permettront de faire tous les diagnostics, annonce Dr Adama Sangaré. «Les équipements déjà reçus en 2022 sur financement du budget national, se chiffrent à plus de 448 millions de Fcfa et atteindront 2,6 milliards de Fcfa avec les marchés en cours d’engagement sur les exercices budgétaires 2022-2023», a ajouté le premier responsable du centre.  De 2020 à 2022, des milliers de patients ont pu bénéficier des soins au niveau du département de la kinésithérapie. Il s’agit des athlètes qui se sont blessés lors des séances d’entraînements et des particuliers victimes d’accidents de la circulation. «Après leur opération nous prenons le relais pour leurs séances de rééducation. Nous recevons environ une vingtaine de patients par semaine pour des séances de kinésithérapie et physiothérapie» a confié Dr Alpha Coulibaly.  Le Centre de médecine du sport Lassana Traoré Ambiance fait également des tests Covid-19 et près de 6.000 personnes ont pu bénéficier de ce service depuis le début de la crise sanitaire. S’y ajoute la visite médicale d’aptitude qui concerne toutes les équipes de l’élite.  «Lors de ces examens, nous avons décelé 30 cas d’anémies, 60 cas de problèmes de cholestérol et 2 cas de surseoir définitif à la pratique du sport», a révélé Dr Adama Sangaré. Parallèlement, 10 tests anti-dopage ont été réalisés par le centre. Seïbou S. KAMISSOKO

Spécial 22 septembre 2022-Champ hippique : Le temple des sports équestres

Par Boubacar THIERO Construite dans les années 1946-1947, l’arène abrite aujourd’hui 35 écuries. On y trouve toutes les races chevalines et tout un monde de jokeys, d’entraineurs, de personnel d’entretien. L’écurie Chelsea Barouéli est la plus grande et elle domine les courses Depuis des siècles, le cheval occupe une place dans la culture des différentes ethnies du Mali en raison du rapport de cet animal avec nos populations. Dans les Cercles de Bankass, Koro (Région de Bandiagara) qui sont des terroirs d’élevage de chevaux, on utilisait cet animal lors des grandes manifestations culturelles populaires. Montés par de jeunes jockeys, les chevaux faisaient des parades et exécutaient des figures avec une dextérité époustouflante qui émerveillait le public. Il arrive souvent que ces chevaux spécialement dressés pour les exhibitions se déplacent à la demande d’autres localités. C’est dans ce cadre que la première réunion hippique moderne a été organisée en 1902 à Bamako sous l’égide du Gouverneur du Soudan, Vincent Auriol. C’était à Balassoko au pied de la colline de Koulouba.  Dans les années 1946-1947 avec la construction du Champ hippique, le monde du cheval a quitté Koulouba, direction le quartier Hippodrome. La construction du Champ hippique et la délocalisation des courses sur ce site, marqueront le début de la création des premières écuries. Au début, on pouvait compter ces écuries sur le bout des doigts, mais aujourd’hui, le Champ hippique abrite 35 écuries et on y trouve toutes les races chevalines. La plus grande est l’Ecurie Chelsea qui appartient à Mamadou N’Diaye dit Madoufing. «Pour créer une écurie, il faut avoir au minimum cinq chevaux coursiers qui participent aux différentes courses de l’année. L’obtention de la licence de propriétaire majeur délivrée par la Fédération malienne des sports équestres fait également partie des critères de création d’une écurie», indique le commissaire général des sports équestres, Mamoutou Diarrah dit «Thoune».  La plupart des entraîneurs et des jockeys vivent au Champ hippique avec leurs familles. Ainsi, ils passent toute la journée en compagnie des chevaux. Tous les jours, les entraîneurs et les jockeys font marcher les chevaux, s’occupent de leur entretien et de leur nourriture. Au Champ hippique, on trouve également des mulets et d’autres animaux comme les chèvres et les moutons.  L’écurie Chelsea Barouéli, la plus grande du Champ hippique, a été créée en 2006 par Mamadou N’Diaye. Aujourd’hui, elle emploie une vingtaine de personnes, composées d’entraîneurs, de jockeys et de personnel d’entretien des chevaux. « J’ai commencé avec un cheval mais au jour d’aujourd’hui, l’écurie compte plus d’une trentaine de chevaux. Nous avons plusieurs races de chevaux, dont quatre pur-sang, cinq demi-sang», indique Mamadou N’Diaye dit Madoufing. Et de poursuivre, « mes chevaux mangent du mil, du tourteau et des feuilles sèches d’arachide et d’haricot. Presque toute la nourriture vient de mon champ. Un cheval coursier a besoin au moins de deux sacs de mil par mois sans compter les feuilles d’haricot, d’arachide et de tourteau. Quand on sait que le sac de mil coûte aujourd’hui plus de 40.000 Fcfa, il faut débourser environ 100.000 Fcfa par mois ».  Le propriétaire de l’écurie Chelsea de Barouéli précisera qu’il a signé un contrat avec un vétérinaire pour s’occuper de ses chevaux. Cette année, l’écurie Chelsea de Barouéli a raflé presque tous les prix (meilleur entraîneur, meilleur jockey et meilleur cheval), ne laissant que des miettes aux autres écuries. Selon Madoufing, ce résultat est simplement le fruit du travail effectué par l’ensemble du personnel de l’écurie. «Le secret de la réussite de l’écurie Chelsea de Barouéli, c’est le travail. Le début n’a pas été facile, mes chevaux avaient du mal à s’imposer, avoue-t-il. Mais nous avons eu de bons entraîneurs et de bons jockeys et avec le travail, l’engagement et la solidarité nous sommes parvenus à faire la différence».  Ces dernières années, l’écurie Chelsea de Barouéli a participé à quelques compétitions africaines, avec ses pur et demi-sang. Une campagne couronnée par le sacre à la Coupe d’Afrique qui s’est déroulée en 2020 au Burkina Faso. Au total, huit pays étaient en lice pour la conquête du prestigieux trophée, à savoir le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal, le Tchad, le Niger, le Nigeria, le Soudan et le Cameroun.  Parmi les autres écuries qui animent le temple du cheval malien, on peut citer l’Ecurie Sylla Transit (25 chevaux), l’Ecurie Amadou Diatigui Diarra (15 chevaux), l’Ecurie Fidjira, l’Ecurie Sékou Djigué, l’Ecurie Iba Diallo. Toutes ces écuries travaillent, main dans la main sous l’égide du président de la Fédération malienne des sports équestres (FMSE), Mohamed Haïdara et des propriétaires d’écurie qui ont une passion commune : l’amour du cheval.  C’est ce qui fait avancer les sports équestres du Mali, souligne Mamoutou Diarrah. Selon le commissaire général des sports équestres, non seulement le nombre d’écuries a considérablement augmenté, mais celles-ci disposent également de toutes les races de chevaux. Et de conclure : «les sports équestres ont aujourd’hui la deuxième plus grande audience au Mali après le football et le monde du cheval grandit tous les jours».  BT (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Statuts types des fédérations nationales sportives : Bréviaire pour une gouvernance améliorée

Par Ladji M. DIABY Signé le 11 mai 2022, l’Arrêté fixant les statuts types des fédérations nationales s’appliquera désormais à toutes les instances sportives du pays. Les objectifs visés sont, entre autres, d’assurer la stabilité au sein des fédérations et de contribuer à asseoir l’entente, la cohésion sociale, la bonne gouvernance et l’alternance dans le milieu sportif   «Ce document constitue désormais une boussole et une guidance pour la gouvernance et la gestion transparente des fédérations nationales sportives». C’est en ces termes que le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Mossa Ag Attaher, a présenté l’Arrêté fixant les statuts types des Fédérations nationales sportives, signé le 11 mai dernier et remis aux fédérations, le 22 juin. Les fédérations sportives nationales sont tenues de se mettre en conformité avec les dispositions du document, au plus tard le 31 octobre 2022. Les objectifs principaux des statuts types sont de mettre fin aux crises au sien des fédérations et contribuer à asseoir l’entente, la cohésion sociale, la bonne gouvernance et l’alternance dans le milieu sportif. «Les fédérations auront désormais une organisation judicieuse pour minimiser les difficultés. On ne peut pas les interdire, mais s’il y a un canevas, qui met en place un mode de gestion transparente, des textes qui montrent le chemin par lequel tout le monde passe, je pense que c’est une solution aux litiges au sein des fédérations. Les textes vont améliorer la gouvernance», se félicite le président du Comité des experts d’élaboration des textes régissant le sport au Mali, Cheick Konaté.  INNOVATIONS – Le document comporte plusieurs innovations. La plus remarquée est la limitation de nombre de mandat de président des fédérations. Il s’agit d’un mandat de quatre ans renouvelable deux fois. «Il y a eu un grand débat là-dessus. Nous avons estimé qu’au bout de 12 ans, l’homme s’épuise avec l’usure du pouvoir quels que soient les moyens, la volonté. Et d’autres dirigeants peuvent émerger, il faut les prendre en compte. Nous avons tenu compte de nos réalités pour fixer le nombre de mandat», explique le président du Comité des experts, également directeur de l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS).  Autre grande innovation : la nomination du secrétaire général et du directeur technique national (DTN) qui seront désormais des salariés de la fédération. Désormais, tous les secrétaires généraux doivent être de la catégorie A, alors que les DTN seront nommés sur décision du ministre en charge des Sports sur proposition du président de la fédération. «Le développement de la discipline repose sur les épaules du directeur technique. S’il n’est pas un technicien chevronné, on ne peut pas obtenir les résultats recherchés», argumente Cheick Konaté, par ailleurs président de la commission éthique du Comité national olympique et sportif (CNOS-Mali). Dans le document, on peut aussi remarquer que les litiges sportifs ne sont pas du ressort des tribunaux ordinaires. Ainsi, en cas d’épuisement des voies de recours internes à la fédération, l’une des parties peut, en dernier ressort au plan national, saisir la Chambre de conciliation et d’arbitrage qui sera créée auprès du Comité national olympique et sportif pour le règlement des litiges. Les décisions de cette chambre ne peuvent faire l’objet de recours que devant les instances internationales de la discipline ou le Tribunal arbitral du sport (TAS).  ASSEMBLEE GENERALE ANNUELLE – Les textes obligent également chaque fédération de tenir une assemblée générale ordinaire annuelle avant le démarrage de la saison sportive. Aussi, à l’assemblée générale des fédérations des sports collectifs, les ligues sont représentées par leurs présidents et deux membres du bureau, mais seul le président dispose du droit de vote. Les associations et les sociétés sportives (clubs, ndlr) sont représentées par les présidents de leur organe directeur et chacun dispose d’une voix. S’agissant des sports individuels, les ligues, les associations et les sociétés sportives disposent chacune d’une voix au sein de l’assemblée générale. Désormais, en cas de vacance du poste du président, le 1er vice-président ou à défaut le 2è vice-président ne termine plus le mandat, mais dirige la fédération jusqu’à la prochaine assemblée générale ordinaire qui procédera à l’élection d’un nouveau comité directeur pour un nouveau mandat.  Sur le registre des incompatibilités, nul ne peut être membre de deux organes de fédérations différentes et de deux organes dirigeants  de clubs différents, nul ne peut être membre d’un organe d’une fédération s’il occupe une fonction administrative au sein du ministère en charge des Sports.  «Le document ne ferme pas et dit que chaque fédération se conforme aux instances internationales qui ont aussi des principes inviolables. Nous avons travaillé en harmonie avec les textes de toutes les fédérations internationales et en harmonie avec les textes nationaux. Je ne pense pas qu’il y aura des incompatibilités avec les textes des instances internationales. Nous avons toujours laissé une porte ouverte», souligne Cheick Konaté. Ajoutant que toutes les fédérations ont participé au processus d’adoption.  C’est donc après validation par le CNOS, par toutes les fédérations lors d’un atelier, qui s’est déroulé les 20 et 21 avril 2021 au centre de Kabala et par le cabinet du ministre en charge des Sports, que le document a été introduit dans le circuit administratif. La méthode du Comité des experts a donc été inclusive et participative.  En réalité, l’élaboration de ce document est le couronnement d’un long processus dans la recherche d’un esprit d’équipe au sein des instances sportives très souvent caractérisées par des crises profondes.  C’est en 2016 et suite à la multitude de crises au sien de différentes fédérations nationales sportives (football, sports équestres, etc.), le ministre des Sports de l’époque, Housseïni Amion Guindo a demandé au président du Comité national olympique et sportif (CNOS-Mali), Habib Sissoko de se pencher sur les textes allant dans le sens de la gestion du sport au Mali. C’est ainsi que la Politique nationale de développement du sport au Mali en 2016, la loi régissant les activités physiques et sportives au Mali en 2017, le décret d’application de loi en 2019 et

Spécial 22 septembre 2022-Textile malien : Retour en grâce du  «Made in Mali»

Par Amadou SOW Ce grand essor des tissus traditionnels maliens est perçu comme un symbole de fierté nationale et une expression de patriotisme. Mais surtout de soutien à la volonté de s’extraire du joug de la domination extérieure L’affirmation de notre identité passe-t-elle aussi par le textile malien ? Beaucoup répondent par l’affirmative au regard des actions de promotion de nos tissus traditionnels par les autorités de la Transition. Ainsi, celles-ci ont fait du développement du coton local, leur cheval de bataille. La valorisation des habits à base de cotonnade est un grand pas dans ce sens. Le processus remonte aux premières heures de l’indépendance de notre pays. Bien que l’état a réussi des actions comme la création d’usines, de centres de formation, l’organisation des foires et l’adoption de textes relatifs à la promotion et la vulgarisation du textile malien, le chemin à parcourir pour imposer le made in Mali à une plus grande échelle reste long et plein d’embûches. Le «Mali Kura» doit se nourrir d’une gouvernance vertueuse, de la volonté de retourner à certains fondamentaux. Il doit aussi reposer sur la mise en valeur de nos tissus «Malifiniw». C’est dans cette vision que les nouvelles autorités ont entrepris de mettre en exergue le label malien. Un accent particulier a été mis sur la production locale afin d’imposer la marque du pays.   PLUS DE 42% DE LA POPULATION – Le directeur général du Centre de développement de l’artisanat textile (CDAT), Ousmane Coulibaly, rappelle les efforts de relance du textile à travers le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Et l’adoption par le gouvernement de la Politique nationale de l’artisanat qui intègre le textile. Notre interlocuteur évoque aussi les mécanismes de production et de consommation du textile malien, l’organisation de la 3è édition du Salon international de l’artisanat du Mali (Siama) qui traduit la volonté du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, de répondre à l’aspiration profonde de faire de l’artisanat un moteur de croissance, de développement, de création d’emplois et de richesses. Ce secteur occupe plus de 42% de la population et contribue significativement au Produit intérieur brut (PIB) du pays.  Ousmane Coulibaly parle également des initiatives privées comme les Journées textiles du Mali à l’initiative de l’Alliance des journalistes pour le développement de la culture (AJDE). Le développement de la filière coton qui a servi de stimulant à la relance des usines et unités de fabrique de tissus, l’appui institutionnel aux faitières, la création de la route du textile (Bamako-Ségou-Markala), de plateformes promotionnelles du textile, entre autres, sont à mettre à l’actif des autorités. L’Etat a aussi relancé la Compagnie malienne de Textile (COMATEX) en injectant une première tranche de plus de 600 millions de Fcfa. Il y a eu aussi l’organisation d’un atelier national intitulé : «Vision concertée dans le secteur de l’industrie textile», la formation des acteurs de la chaine, l’augmentation de la production à travers la validation d’un programme quinquennal du CDAT.  Toutes ces actions ont permis à notre pays de retrouver son leadership dans la production du coton. Environ 2% seulement sont transformés. D’où la nécessité d’œuvrer à la promotion du made in Mali. Cela implique la disponibilité de ressources humaines qualifiées, la revitalisation des structures de formation comme le Centre de recherche et de formation pour l’industrie textile (Cerfitex) de Ségou.  ADHÉSION – «Oui, le textile malien a connu un grand essor pendant la Transition», constate le promoteur de Biotex, Moussa Bagayoko. Le sexagénaire rappelle que jadis, un tissu traditionnel à base de cotonnade était offert au marié par sa belle-mère qui confectionnait elle-même la matière première (le fil). Avec ce tissu, le beau-fils devait coudre un grand boubou.  Aujourd’hui la population adhère à la valorisation du textile malien. Tisserands, revendeurs, tailleurs et autres acteurs des métiers connexes se frottent les mains. Ce boom du made in Mali est perçu comme un symbole de fierté nationale et une expression de patriotisme et de soutien à la volonté de s’extraire du joug de la domination étrangère.  Premier ministre, membres du gouvernement et présidents des institutions s’habillent fièrement de tissus maliens. On se souvient du passage du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga à la tribune des Nations unies en septembre 2021, vêtu de son grand boubou en tissu de cotonnade. Aussi des millions de Fcfa ont été injectés dans des projets de relance d’usines de fabrique de tissus ou de fils. Le gouvernement et ses partenaires entendent convenablement approvisionner le marché en matière première. Un projet de labélisation du textile malien est actuellement en cours en vue de permettre à nos compatriotes de consommer malien.  Aïchatou Dembélé, styliste et promotrice de Farafina Design, souligne les difficultés à accéder aux matières premières : «l’accès aux matières premières est toujours difficile alors que la demande augmente».  Oumarou Tamboura, tisserand à Daoudabougou, confie que sa profession reprend des couleurs. Elle se réjouit du fait que l’accompagnement du ministère en charge de l’Artisanat y est pour quelque chose. Précisons que le CADT a été créé en 2012 grâce au projet Tissuthèque initié par le gouvernement et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel, avec l’appui financier du Japon. La structure a pour mission la transformation artisanale des textiles produits localement.   AS (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Etablissements universitaires : Du haut de gamme dans le privé  

Par Bréhima DOUMBIA Certains établissements de formation universitaire représentent un motif de satisfaction. La qualité des produits qu’ils déversent sur le marché de l’emploi, atteste du large crédit qu’on leur accorde. Contre les établissements qui font un enseignement au rabais, l’état dispose d’une structure d’assurance qualité Pendant trop longtemps, notre pays a souffert de la comparaison avec certains pays voisins en termes d’opportunités et de diversification des formations universitaires. On en était réduit aux seules universités publiques qui ne pouvaient absorber tous les postulants à une formation universitaire, si bien que certains ont cru ne jamais voir l’espoir pointer à l’horizon universitaire.   Aujourd’hui, la tendance est inversée avec la création de plusieurs universités privées. Et nos compatriotes ont la possibilité de suivre des formations universitaires dans divers domaines, notamment la médecine, l’informatique, la communication, l’ingénierie, l’urbanisme et l’architecture, entre autres. Certaines universités privées sortent du lot. C’est le cas de l’Université Kankou Moussa, dirigée de main de maitre par le Pr Sinè Bayo, une tête couronnée de la médecine au Mali. La parole de cet homme à «l’intégrité sereine» respire la sincérité et la détermination à n’admettre aucun compromis, aucune compromission dans la formation des ressources humaines de qualité.  Le recteur de l’Université Kankou Moussa admet qu’il y a toujours la nécessité de créer des structures privées dans le domaine de l’éducation et de la santé pour ne citer que ces deux secteurs. Il estime que c’est une question de développement que de diversifier les formations universitaires avec un pan pour le public et l’autre pour le privé.  RENOMMÉE – Le Pr Siné Bayo justifie les textes portant statut de l’enseignement privé au Mali par la nécessité d’encadrer et d’organiser ce secteur d’enseignement. Il explique qu’il ne sert à rien d’élaborer les textes si on ne peut pas les appliquer. La renommée de son université va au-delà de nos frontières. Il s’en réjouit, mais explique surtout qu’il n’y pas de recette miracle. Il faut simplement rester universitaire, c’est-à-dire avoir des enseignants qui répondent au statut et à la qualité d’enseignants de l’université, des infrastructures aux standards internationaux et avoir un programme conforme. Il explique être dans la rigueur en permanence et ne se voit pas changer même pour tout l’or du monde. Son université enseigne le programme harmonisé de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), conformément au système LMD (Licence-Master-Doctorat). Et le parchemin qu’il délivre est aussi homologué par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES). L’Ecole supérieure d’ingénierie, d’architecture et d’urbanisme (ESIAU) forme aussi en licence et en master. Le diplôme de l’établissement a été contesté par l’Ordre des architectes du Mali qui refuse d’inscrire ses sortants au tableau de l’Ordre des ingénieurs.  Mais la section administrative de la Cour suprême a tranché le différend en faveur de l’établissement universitaire dans son arrêt n°160 du 5 mars 2020. Mais jusque-là l’Ordre refuse d’enregistrer les diplômés de l’ESIAU. Le directeur de l’établissement, Youssouf Déyoko, explique que c’est le statu quo. Mais il espère aller à un dénouement avec la commission BTP du Conseil national de Transition qui a proposé ses bons offices.  Il y a également l’Institut supérieur d’informatique et de management (ISIM) qui ambitionne de former un vivier de cadres au quotient intellectuel (QI) largement au-dessus de la moyenne dans le domaine de l’informatique et du management.  FORMATION AU RABAIS – Le directeur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Pr Bakari Camara, apprécie la diversification de la formation universitaire et pense que cela permet de désengorger les structures publiques. L’universitaire s’insurge contre la formation au rabais qui est favorisé par l’esprit mercantiliste de certains promoteurs d’établissements universitaires privés qui s’asseyent sur les textes.  à ce propos, il invite la tutelle à s’assumer en obligeant les promoteurs d’établissements privés à se conformer à la législation. Il pense même qu’on peut aller à la sanction en retirant les agréments de ceux qui ne se conforment pas aux textes ou révoquer les administrateurs en cas de fautes graves pour les établissements publics.  Pr Bakari Camara explique aussi que la baisse de niveau se fait sentir dans tous les ordres d’enseignement du fait de la forte politisation de l’éducation et du désengagement des politiques et de l’état. Il déplore également l’insuffisance de financement de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique par l’état. Le directeur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique se réjouit de l’évolution des choses, notamment de la mise en place de l’Agence malienne d’assurance qualité (AMAQ-SUP) pour le contrôle de qualité. La structure a été créée en 2018, mais son cahier des charges a été signé cette année. Il est aussi bon de préciser que les autorités de la Transition ne cessent de pousser les feux en faveur de la qualité.   BD (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Société malienne de transmission et de diffusion (SMTD-SA) : Assurer le leadership pour la souveraineté numérique du Mali

Message Des Maliens fins observateurs se poseraient bien des questions en passant devant deux édifices, à Bamako et Kati, l’un assez récent et l’autre ancien. Le premier est situé sur la route de l’Aéroport, en face du siège de la Direction de la Météorologie. Sur la façade on peut lire : « SMTD ». Ce qui attire le passant, c’est l’aspect moderne, voire futuriste du Bâtiment dont le style architectural ne colle pas beaucoup au type de bâtiments publics que l’on aperçoit à Bamako. C’est le siège de la Direction générale de la Société malienne de Transmission et de Diffusion, construit en 2014 par le partenaire chinois dans le cadre du projet Mali numérique porté par le Ministère en charge de la Communication et de l’Economie numérique. Le deuxième édifice évoqué ci-dessus est situé sur la route de Kati, visible depuis Bamako à cause de la hauteur de nombreux pylônes dressés en son sein. Il s’agit du Centre émetteur de Kati. Ce haut lieu de la diffusion de la radio et de la télévision, est célèbre avec son jumeau situé à quelques encablures sur la colline du Point G. Connu depuis plusieurs décennies comme propriété de l’ORTM, le centre émetteur de Kati est passé sous pavillon SMTD depuis la création de cette nouvelle société en 2015. L’enseigne de l’ORTM a laissé la place à celle de la SMTD-SA et présentement un bâtiment R+3 est en construction pour abriter la Direction générale appelée à quitter son site actuel sur la route de l’aéroport.  Au-delà de ces enseignes, il est loisible de se demander pourquoi la SMTD-SA parle peu, pour ne pas s’interroger sur sa raison d’être. Alors que fait la SMTD-SA ?  Son histoire résulte de la volonté de la République du Mali de mettre en œuvre l’Accord GE06 de l’Union internationale des télécommunication (UIT) qui a imposé aux pays membres de cette agence onusienne de réussir la transition de l’analogique au numérique.  Au cours de sa Conférence régionale des radiocommunications de 2006 (CCR-06) à Genève, l’UIT a adopté un traité (Accord GE06) incluant un plan de fréquences pour le service de radiodiffusion de terre et fixant la date du 17 juin 2015 pour l’arrêt des émissions analogiques. Applicable à l’Europe, l’Amérique et l’Asie, cet accord s’est imposé au monde entier notamment au cours des conférences mondiales des radiocommunications de 2007 et 2012. C’est ainsi que le Mali va entamer un long processus de mise en place de la stratégie nationale de transition de l’analogique au numérique, notamment dans les domaines la radiodiffusion et la télévision. Il s’agit d’entrer dans l’ère de la télévision numérique terrestre (TNT).  LA TNT, la première raison d’être  La Société Malienne de Transmission et de Diffusion (SMTD-SA), Société d’Etat à capital détenu à 100% par l’Etat du Mali voit ainsi le jour dans le cadre de la stratégie nationale de transition de l’analogique au numérique, elle-même vite diluée dans un vaste projet de transformation numérique du Mali dénommée Mali numérique 2020 élaboré au niveau du département en charge de l’économie numérique. La SMTD-SA a été créée par Ordonnance n°2015-037/P-RM du 2 octobre 2015 et n’a commencé ses activités qu’en 2017. C’est un organisme personnalisé placé sous la tutelle du ministère en charge de l’Économie numérique.  Elle a pour missions, entre autres, d’assurer la transmission, la diffusion des multiplex de programmes de service public de télévision et de radiodiffusion en mode sonore et numérique. Elle est chargée en outre d’exploiter, d’entretenir et de développer les réseaux de transmission par satellite, par fibre optique en gérant les infrastructures nationales de fibre optique. De 2017 à ce jour, la jeune société compte un personnel qui avoisine trois cent employés et a eu trois directeurs généraux dont l’actuel est Dr Cheick Oumar TRAORé.  La SMTD-SA a hérité du patrimoine de diffusion issu de la restructuration de l’ORTM et assure aujourd’hui la diffusion des programmes radio -télé (ORTM1, ORTM2 et Radios Mali, Chaîne 2) sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger pour la diaspora (Afrique, Europe, Amérique du Nord). C’est la première mission qu’elle est chargée d’assurer pour la satisfaction de l’intérêt général, à savoir, le droit à l’information et le droit d’être informé des populations.  En plus de la gestion des infrastructures de diffusion, la société s’attèle à mettre en place le réseau de distribution des chaines de télévision et de radios à travers un bouquet. Si l’émetteur numérique est disponible avec un premier groupage de chaines nationales, il n’en demeure pas qu’à ce niveau il n’y a rien encore d’officiel en termes de commercialisation et de mise à disposition des foyers maliens. La TNT a la souplesse d’être reçue sans parabole mais avec un système de réception composé d’une antenne et d’un boitier appelé décodeur. La SMTD en partenariat avec d’autres structures étatiques mettra à disposition du public des décodeurs de haute qualité le moment venu. « Tout compte fait, en tant que société publique, nous nous devons de remplir nos obligations qui veulent qu’on assure la mise à disposition de multiplex de programmes de service public de télévision et de radiodiffusion en mode sonore et numérique. Sur ce point il y a déjà un bouquet gratuit en essai avec les chaines publiques du réseau ORTM et d’autres chaines privées maliennes. Le principal défi de la TNT, c’est en plus de la qualité de l’image (cela est assurée) il faut que les chaines offrent du contenu en termes de programmes attrayants et répondant aux attentes du public. Nous sensibiliserons nos partenaires sur ce point » affirme le Directeur général Dr Cheick Oumar TRAORE.  Le 20 décembre 2018, la SMTD-SA a signé un contrat majeur avec le groupement THOMSON et CAMUSAT pour le déploiement d’un réseau national clé en main de télévision numérique terrestre (TNT). Cette mission comprend la fourniture, l’installation et la mise en service de 51 sites de radiodiffusion  et d’une station terrienne. A terme ce projet stratégique fournira un système audiovisuel fiable et de haute qualité à la population malienne. A ce jour, si certains sites de diffusion ont

Spécial 22 septembre 2022-Guerres et conflits :  Sale temps pour la vraie information

Par Souleymane SIDIBE La communication est une arme redoutable que les protagonistes des conflits utilisent à profusion. Chacun manipule, travestit, tronque, dissimule les faits. Ala vois pour obtenir l’adhésion de l’opinion publique et pour nuire à l’ennemi. D’où l’adage : « Lorsque la guerre éclate, la vérité est la première  victime ». Le Mali est depuis plus d’une dizaine années confronté à une guerre double : un conflit armé dévastateur imposé par des Groupes armés terroristes et leurs supposés soutiens occultes, et un «terrorisme médiatique» perceptible à travers les contenus «tendancieux» visant à ternir l’image du pays et saper en même temps le moral de la troupe.  Tout comme le contrôle des positions stratégiques, le contrôle de l’information en temps de guerre est également un enjeu vital pour espérer remporter des victoires contre l’ennemi et consolider la confiance entre les hommes en treillis et la population. Les campagnes d’intoxication et de désinformation opérée par les médias prouvent à suffisance que l’information et la communication en temps de guerre constituent une arme redoutable que les protagonistes de la crise utilisent abondamment à leur avantage.  Pendant la crise, la désinformation et la propagande sont utilisées à profusion. La désinformation, selon les spécialistes, utilise des techniques qui permettent de travestir une information fausse en une information apparemment crédible et qui oriente l’action de celui qui la reçoit dans un sens qui lui est défavorable. Elle se traduit par la fabrication de faux documents, la falsification de données existantes, etc.  Quant à la propagande, elle consiste à produire des argumentaires selon des techniques bien précises pour obtenir l’adhésion de l’opinion publique à vos thèses. Il s’agit donc de manipuler l’opinion pour lui faire accepter les points de vue du propagandiste. Prenons l’exemple d’une super puissance qui occupe le territoire d’un pays pauvre afin de jouir des richesses minières ou énergétiques, ou encore, de contrôler une zone stratégique. D’abord, il justifiera sa présence dans ce pays en donnant des raisons nobles, comme le respect et l’instauration de la démocratie, la protection des minorités, la lutte contre le terrorisme. DIABOLISER L’ENNEMI – Ce type de manipulation se fait très généralement à l’aide de médias qui font des productions visant à faire accepter les décisions, les choix et les stratégies de la puissance qui entend imposer son influence. La désinformation et la propagande en période de crise se caractérisent donc par le fait de toujours blanchir les intérêts sordides d’une campagne pour leur donner une noble apparence. Les puissances coloniales ont longtemps utilisé ces techniques dans certaines régions du monde pour diviser et dresser les peuples les uns contre les autres. Cela se caractérise par la diabolisation d’un camp en le présentant comme un véritable danger. Ainsi, ils arrivaient à prendre le contrôle de tel pays ou de telle région.  Les mêmes techniques sont utilisées aujourd’hui pour obtenir le consentement de l’opinion ou de la dresser contre l’ennemi. Journaliste et chargé de mission à la Haute autorité de la communication (Hac), Hamèye Mahamadou Maïga explique : «C’est une période pendant laquelle les acteurs essayent, chacun de leur côté, de manipuler l’information. Ils essayent de falsifier et d’interpréter de manière inexacte l’information toujours pour désorienter l’opinion publique. Ils font cela pour qu’on puisse dire que ce sont eux qui détiennent la vérité et que la situation est en leur faveur ».Après avoir rappelé l’adage qui dit que « lorsque la guerre éclate, la première victime, c’est la vérité », Souleymane Drabo, journaliste et ancien directeur général de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap), rappelle que toutes les guerres modernes se remportent à la fois sur le terrain militaire et sur le plan de la communication. Pour lui, la guerre Russie-Ukraine illustre parfaitement cette réalité. « La Russie a l’avantage militaire sur l’Ukraine. Elle a bombardé et conquis une partie du territoire ukrainien, mais sur le plan de la communication, la balance penche indiscutablement du côté des Ukrainiens », explique Souleymane Drabo. Et d’ajouter : «Non seulement les Ukrainiens ont un président qui est lui-même un communicateur, mais ils ont aussi une communication rationnelle, organisée, méthodique et intelligente. En temps de crise, la communication se transforme donc en arme, les demi-vérités, contrevérités et mensonges prospèrent ». RESPONSABILITÉ – Dans une telle situation, quelle doit être le comportement du journaliste ? Comment prévenir les dérives et protéger le droit du citoyen à l’information ? L’ancien ministre de la Communication, Gaoussou Drabo, répond : « les réflexes qu’on a en temps normal, sont mis en pratique en période de crise mais de manière exponentielle parce que la crise crée des tensions. Elle fait perdre le sens de la mesure. Elle ne vous permet pas cette lucidité nécessaire à faire un jugement avisé ». Pour lui, la crise révèle une excroissance de l’attitude professionnelle en temps normal. « Si vous êtes posé et serein en temps normal, vous développerez les mêmes reflexes en temps de crise », soutient-il.     En temps de crise, le traitement de l’information implique davantage de responsabilité de la part du journaliste et vis-à-vis du public au profit duquel il collecte, traite et diffuse l’information. À cet égard, il importe de mettre en garde contre les dérapages susceptibles d’aggraver la situation, estime le sociologue Dr Fodié Tandjigora. « Si l’État ne protège pas l’information, s’il ne dicte pas la marche à suivre, cela risque de provoquer des dérives », souligne le chercheur, faisant allusion à la diffusion des informations susceptibles de « saper le moral des troupes au front et de discréditer l’État ». Beaucoup de dérives ne sont pas le fait des journalistes, relève le directeur de publication du bihebdomadaire Mali-Tribune Alexis Kalambry. «Malheureusement, avec les réseaux sociaux, tout détenteur de téléphone, de smartphone, est devenu un vecteur d’information. Ce qui ne devrait pas être le cas», regrette le patron de presse.  Abondant dans le même sens, Gaoussou Drabo fait remarquer aussi que sur internet, n’importe qui s’improvise journaliste. «Mais quand on est formé dans une école de journalisme, on apprend l’éthique et la déontologie qu’on

Spécial 22 septembre 2022-Communication, économie numérique et modernisation de l’administration : Plusieurs chantiers, de nombreuses innovations

Par Mohamed TOURE Dans le domaine de la communication, le département a réalisé de nombreuses infrastructures au profit des structures publiques. Sans compter les efforts pour la mise à disposition de l’aide à la presse et la contribution à la relecture des textes de loi sur les médias. L’intranet de l’administration, la cybersécurité, la certification de la signature électronique participent des actions entrant dans le cadre de la modernisation de l’administration Une meilleure communication institutionnelle et une administration moderne sont des atouts indispensables dans le processus de refondation entamé dans notre pays. Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration campe le décor en insistant sur le rôle et l’importance de l’information et les médias, notamment dans un pays en guerre comme le Mali. « L’information n’est plus qu’une nécessité, elle devient un élément majeur de l’art de la guerre. L’information est une arme redoutable pour celui qui la maîtrise, elle permet de gagner un conflit qu’il soit militaire ou économique avant ou pendant les hostilités, parfois sans tirer un coup de feu », explique Me Harouna Mamadou Toureh, dans cette interview accordée à la presse nationale. Concernant les médias, il souligne qu’ils « sont des armes, et l’information c’est la guerre ». Une mise au point qui justifie la décision du gouvernement de rompre, le 17 mars 2022, les signaux de Radio France internationale (RFI) en ondes courtes et FM et de la chaine France 24 ainsi que la suspension de l’accès à Internet de ces médias. « Cette mesure est intervenue suite à la diffusion d’informations infondées et mensongères par ces médias dans le but de déstabiliser notre pays et d’activer et entretenir la haine entre nos communautés », précise sans ambages le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration. MODERNISATION DES INFRASTRUCTURES – Ces mesures souveraines de protection des intérêts du Mali au plan de la communication ont été suivis par des actions de modernisation des infrastructures de communication. Il évoque à ce propos, entre autres, la poursuite de la réhabilitation de la station régionale de l’ORTM à Kidal. Le bâtiment de la radio nationale à Kidal a été totalement rénové avec un équipement ultra moderne.  L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) n’est pas restée en marge des actions du département en charge de la communication. Le ministre parle à ce sujet de la poursuite de la construction d’un bâtiment R+3 extensible à 5 pour l’AMAP à Bamako et la construction de la représentation de l’AMAP à Sikasso.  Le ministre Toureh rappelle également la rénovation du bâtiment de la Maison de Presse pour un montant de plus de 170 millions de Fcfa. «Nous sommes tous fiers du nouveau visage de la Maison de la Presse grâce aux travaux de rénovation »,  se réjouit-il.  L’aide à la presse fait partie des actions majeures du ministère en charge de la Communication. à ce sujet, Me Harouna Mamadou Toureh évoque le décaissement de 38,4 millions de Fcfa sur une dotation prévisionnelle de plus de 71 millions, au titre du second semestre 2021. Pour la période 2018 à 2021, « un montant de 607 601 950 Fcfa a été débloqué, dont 509 923 550 Fcfa virés intégralement sur le compte bancaire de la Maison de la Presse et 97 678 400 Fcfa en traitement », détaille le ministre Toureh.  Aussi précise-t-il que la somme de 50 millions de Fcfa, comptabilisée dans l’aide à la presse, a servi à équiper la Maison de la Presse et doit être considérée comme arriérés au titre de l’aide à la presse. Ce qui fait que les arriérés au niveau du département se chiffrent à un peu moins de 33 millions de Fcfa.  Toujours au sujet des actions pour une meilleure communication gouvernementale, il faut noter à l’actif du ministère la mise en œuvre d’un cadre d’échange avec les partenaires que sont la Maison de la Presse et le Groupement professionnel des agences de communication et des Régies publicitaires (GPAC). Les procédures ont été aussi lancées pour la validation et l’élaboration des projets de textes régissant la presse écrite et la presse en ligne. Des réformes qui sont, faut-il le rappeler, des vœux ardents des professionnels des médias. PRÉOCCUPATION MAJEURE – Dans le cadre de l’économie numérique, il faut noter des actions telles que la réalisation de l’audit organisationnel et institutionnel de l’ensemble des structures du département et du secteur des TIC. Mais aussi la validation technique de la stratégie nationale de la cybersécurité. à ce sujet, le ministre Toureh explique que la cybersécurité est, aujourd’hui, une préoccupation majeure dans le monde entier, car la sophistication des cyber-attaques et les dommages financiers causés aux pays ont augmenté à un rythme exponentiel. Ainsi, il a donné l’assurance que le gouvernement de la Transition a « l’ambition d’instaurer les conditions nécessaires pour susciter la confiance des citoyens et des entreprises en l’économie numérique ». C’est dans cette dynamique que s’inscrit les nouveaux projets d’entretien et l’extension de l’intranet de l’administration qui ont été lancés. « L’intranet de l’administration est une plateforme qui sécurise les informations de l’administration et offre aux usagers une collaboration plus dynamique en minimisant les coûts de déplacement, de communication », explique le ministre Toureh.  Les réflexions sont aussi lancées pour la création du pôle numérique agricole à Koulikoro et du pôle numérique alphabétisation à Sikasso. Le département, sur la même lancée, mise sur la poursuite des activités de renforcement de capacités des cadres et agents des services publics, parapublics et des collectivités territoriales connectés aux réseaux intranet de l’administration et la ré-délégation technique du point ml. Le gouvernement entend, à travers ses services techniques comme la Société malienne de transmission et de diffusion, l’Agence de gestion du fonds d’accès universel, l’Agence des technologies de l’information et de la communication et avec l’appui des opérateurs de télécommunication, travailler pour résoudre l’accès des populations aux services de communication (téléphone et connexion Internet) dans les localités affectées par les perturbations. Ce qui se manifestera

Spécial 22 septembre 2022-Hôpitaux de district : Pour un meilleur accès aux soins de qualité

Par Fatoumata NAPHO Le Centre de santé de référence (CSRéf) de la Commune IV est le premier à monter en gamme. Il dispose désormais d’un plateau technique plus relevé pour une prise en charge beaucoup plus efficace des malades. Au total, plus de 70 centres de santé seront progressivement transformés en hôpitaux de district La création d’hôpitaux de district est la réponse du gouvernement au besoin de renforcement des capacités de nos établissements de santé, en termes de plateau technique, d’amélioration des conditions de travail du personnel, et s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de la Réforme sur le système de santé, engagée en 2019. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde sur l’urgence et la nécessité de s’inscrire dans la quête permanente de soins de santé de qualité.  Les autorités de la Transition qui en sont aussi bien convaincues multiplient les bonnes initiatives dans ce sens. C’est dans cet esprit que le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a présidé en juillet dernier l’inauguration du premier hôpital de district, bâti sur les cendres du Centre de santé de référence (CSRéf) de la Commune IV). à cette occasion, il a déclaré que l’hôpital de district cadre parfaitement avec la vision du président de la Transition, le colonel, Assimi Goïta, qui consiste à soigner chaque Malien dans notre  pays.  Dr Kalifa Keïta, directeur général adjoint de la santé a souligné l’exigence de séparer les services de soins de la santé publique pour une meilleure prise en charge de la population. Selon ce dernier, un hôpital de district est un établissement public hospitalier doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Il est créé au niveau des districts sanitaires avec mission de participer à la mise en œuvre de la Politique nationale de santé sur le territoire du district sanitaire. Il est aussi chargé d’assurer le diagnostic, le traitement et la surveillance des malades, des blessés et des femmes enceintes. Mais aussi de prendre en charge les urgences et les cas référés, de participer à la formation initiale et continue des professionnels de santé et de conduire des travaux de recherche dans le domaine.  SYSTEME PLUS PERFORMANT – Le directeur général adjoint de la santé a souligné que la création d’hôpitaux de district a pris corps dans les discussions de l’atelier de haut niveau sur la Réforme sur le système de santé qui consiste à améliorer l’état de santé de la population. Il avait été requis de soulager les médecins chefs de la combinaison des services de soins et de ceux de santé publique. Ceux-ci ont pour rôle d’assurer le diagnostic, le traitement, la surveillance des malades, des blessés et des femmes enceintes ensuite prendre en charge les urgences et les cas référés. Mais également de participer à la formation initiale et continue des professionnels de la santé, de conduire les travaux de recherche et les activités de prévention des maladies maternelles et infantiles.  Pour rendre le système plus performant, il était nécessaire de séparer les deux services. D’où l’idée de créer ou plutôt transformer les Centres de santé de référence (CSRéf) en hôpitaux de district.  «En fait, les hôpitaux de district ne sont pas une création en tant que telle. Nous allons transformer les Centres de santé de référence en hôpitaux de district», a-t-il expliqué. Il précisera aussi que «ce changement veut dire que nous allons relever le niveau du plateau technique de ces centres pour qu’ils soient aux normes d’un hôpital, en termes d’équipements, d’infrastructures et voire de ressources humaines.  L’initiative vise à permettre à la population d’accéder à des soins de qualité, efficaces et efficients, depuis le niveau opérationnel. Ce sont tous les Csref existants qui seront concernés par cette transformation. Au total, plus de 70 centres seront progressivement transformés en hôpitaux de district.  Le CSRéf de la Commune IV est le premier à subir cette transformation. Il est ainsi devenu un hôpital de district avec toutes les commodités requises. Les travaux de transformation de la nouvelle infrastructure ont coûté 1,3 milliard de Fcfa. Le coût des équipements s’élève à 1,9 milliard de Fcfa.  FN (AMAP)